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La loi des hommes en question

Les écoles privées sous contrat d’association (loi Michel Debré, décembre 1959) n’ont pas l’obligation d’appliquer la loi des hommes du fait de leur caractère « propre » terme dont le ministre de l’éducation nationale Boulloche ne voulait pas. Mais le secrétaire général à l’enseignement catholique obtint du Président De Gaulle qu’il fasse réécrire la loi préparée en commission, afin d’introduire ce terme. C’étai là une prise illégale d’intérêt de la part de ce Président, très catholique, qui était d’ailleurs à l’origine de la loi Debré . Il voulait rechristianiser la France à partir des écoles primaires catholiques.

De nos jours, les tribunaux administratifs sanctionnent la prise personnelle illégale d’intérêt. Encore faut il qu’un citoyen les saisisse !

 Voir en table alphabétique des news :

 Ecole catholique chessy, prise illegale d'intérêt, le cas SAEZ :

http//chessy2008.free.fr/news/news.php ?id=261

Nous sommes dans un Etat de droit, donc désormais le non respect de la loi des hommes décidée par la République peut être considéré légal du fait du « caractère propre » !

Il faudra un rapport de forces nouveau pour modifier cette loi d’exception. Ce rapport de forces va au contraire de plus en plus dans le sens de la possibilité, pour les partenaires de l’école catholique, de s’affranchir de la loi de la République.

C’est le cas des « APPEL », associations de parents d’élèves de l’école libre, une association par école, collège ou lycée catholique. C’est l’Ecole privée qui est sous contrat d’association, avec le leurre de la charte de la laïcité qui est affichée sans être appliquée. L’école fournit le fichier des parents à l’association, et souvent les élèves font passer à partir de l’école les tracts appelant à une action contre la loi ou le projet de loi de la République. Une sorte d’ Etat dans l’Etat. Avec tous ses soldats

Mon ami Guy Georges (Conseiller d’Etat, concepteur de l’ »école fondamentale », hélas décédé en 2018, a publié le 7 juin 2013 une très pertinente analyse. Lisons Guy Georges :

« Pendant cinq mois, une mobilisation conséquente de citoyens (et d'enfants) a eu comme mobile une forte opposition au projet puis à la loi du "mariage pour tous"
Cette mobilisation a eu comme animateurs des militants affirmés de l'Eglise Catholique, celle-ci s'engageant dès le début, y compris avec des arguments outranciers (Cardinaux Barbarin, Vingt Trois notamment)

Cette mobilisation avait un sens avant le vote de la loi( chacun est libre, y compris un mouvement religieux, d'affirmer ses convictions avant le vote d'une loi).
Elle en a pris un autre le 26 mai alors que la loi, votée par le Parlement, admise par le Conseil Constitutionnel, était promulguée. Quelle signification ? …..

Comment l'Eglise Catholique a-t-elle pu faire "monter" à Paris , à plusieurs reprises, des foules impressionnantes ? ( deux moments ont permis d'en estimer le niveau, avec le plus d'exactitude possible, " le rassemblement statique" avenue de la Grande Armée et celui du 26 mai esplanade des Invalides. Avec les prises de vues télévisées, un plan de Paris,. il était aisé par un calcul élémentaire de donner un ordre de grandeur le plus approché de la réalité : environ 4 à 500 000 participants. C'est incontestablement un succès.
L'Eglise Catholique a donc démontré avec force qu'elle peut s'opposer à la loi commune. C'est la première application- un test réussi- de sa définition de la "liberté religieuse".

Rappel : cette expression n'a pas d'existence juridique nationale ou internationale. Elle fut réinventée par le Concile Vatican II et décrite dans la déclaration "Dignitatis humanae" (décembre 1965) comme le "droit de la personne et des communautés à la liberté sociale et civile en matière religieuse".

Sa définition :"cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part soit des individus soit des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit de telle sorte qu'en matière religieuse nul ne soit forcé d'agir contre sa conscience en public comme en privé".

Son application : "les actes religieux par lesquels, en privé et publiquement, l'homme s'ordonne à Dieu transcendent l'ordre terrestre et temporel des choses".

Donc l'Église Catholique, au nom de la liberté religieuse, peut "légitimement", s'opposer à la loi commune (l'ordre temporel).Ce que le Pape Benoît XVI rappela en 2011 :"la liberté religieuse est le sommet de toutes les libertés"………..

Comment l'Église Catholique a-t-elle réussi à rassembler aussi fortement sur un mot d'ordre de refus de la loi ?
Où est sa" force de frappe" ?.....

-C’est le réseau catholique des établissements d'enseignement privés

Celui-ci a déjà fait ses preuves en juin 1984. Il était le noyau de la "mobilisation" sous le nom de "Mobapel". A partir d'un slogan mensonger ( "défendre la liberté de l'enseignement", qui n'était pas menacée) les associations de parents (APEL) avaient consigne d'affréter des cars et y faire monter le maximum de parents parents d'élèves...Et gare aux récalcitrants !

Un document atteste de l'initiative présente de ce réseau. Après avoir rappelé que "l'enseignement catholique est en désaccord avec une évolution législative ouvrant le mariage et la parentalité aux couples homosexuels" un "communiqué" du Secrétariat Général de l'Enseignement Catholique, daté du 14 décembre 2012 et adressé à tous les directeurs diocésains de l'enseignement privé catholique se terminait ainsi : "L'Enseignement Catholique appelle chaque membre des communautés éducatives des 8 500 écoles catholiques à prendre part, en conscience et avec clairvoyance, au débat qui doit enfin s'ouvrir".

C'était clair, contraire aux dispositions du code de l'éducation pour ces établissements sous contrat. Mais on n'y est plus à cela près. Le ministre fit les gros yeux et apparemment les ferma (il ne semble pas que les corps d'inspection soient allé contrôler ce qu'il se passait dans ces établissements comme le Code lui en fait obligation..

La communauté éducative, ce sont les parents, les élèves et les enseignants.

Il y a une quinzaine d'années, le recrutement de ceux-ci était assez ouvert et l'Épiscopat s'inquiétait d'une banalisation de son enseignement privé. Aujourd'hui, la formation, liée au recrutement, est bien verrouillée. L'une et l'autre sont tributaires de la tutelle de l'Église, comme en témoignent la "charte de la formation de l'enseignement Catholique" et "l'accord collégial" engagement dont dépend le recrutement auquel le futur enseignant n'a pas intérêt à essayer de se soustraire(1).

De même c'eût été pour lui vraisemblablement prendre de gros risques professionnels que de renâcler à obtempérer le 26 mai.

Faut-il
rappeler que ces établissements, fers de lance probables de l'opposition à la loi, sont entièrement financés par l'impôt de tous (plus de 7 milliards d'euros par an) formation des personnels comprise ?

Faut-il rappeler qu'ils transgressent avec impudence les modalités et obligations liées à la passation de contrats avec l'État, fixées par le code de l'éducation, c'est à dire la loi ?

L'Église Catholique est même devenue arrogante. En témoigne le "nouveau statut de l'école catholique" adopté le 18 avril dernier par la Conférence des Évêques de France (1).

Le Code de l'éducation stipule que les établissements sous contrat doivent enseigner les programmes officiels, respecter la liberté de conscience des élèves et des enseignants et sont soumis au contrôle de l'État ? La belle affaire ! La "liberté religieuse" est au-dessus de tout cela.

Réponse des Évêques "L'école catholique ne se situe pas sur une "ligne de crête" inconfortable entre mission publique et mission d'église ; elle naît au coeur de l'Église qui la met à la disposition de la société" (document de la Conférence des Évêques daté du 23 avril 2013) Rappelons-nous qu'il y a quelques décennies, elle justifiait son financement par l'État parce qu'elle "remplissait une mission de service public" !

Et le Cardinal Vingt Trois d'enfoncer le clou : "Nous n'avons pas fait la réforme des statuts de l'enseignement privé, mais la réforme de l'enseignement catholique. Il est d'abord confessionnel. Il a donc un caractère ecclésial".

Qu'attendent donc les autres religions pour en faire autant ? J'entends déjà les lycées musulmans Averroès ou Al Kindy affirmer :" notre enseignement est d'abord confessionnel ; il a donc un caractère ecclésial".

Pourquoi se gêner ? L'État-tirelire ne bronche pas et paie »…

L’arrivée confirmée des responsables musulmans sur ce terrain provoque déjà des réactions d’opposition dans les milieux catholiques et au niveau de l’Etat qui met de nouveau la laïcité en avant. Changement de donne à venir ?


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11 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 29 décembre 2020 16:21

    Les écoles privées sous contrat ne sont pas toutes catholiques. Certaines sont sans confession et sélectives par l’argent (Ecole des Roches), et d’autres sont musulmanes, juives ou n’affichent pas leur appartenance à une secte illégale.

    Quand l’ensemble de ces parasites coutera plus cher que l’éducation nationale, le libéralisme aura définitivement triomphé.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 29 décembre 2020 16:25

      @Séraphin Lampion

      Alors pose toi la question pourquoi même des prolos veulent foutre leurs mômes dans le privé.


    • Clocel Clocel 29 décembre 2020 17:01

      @Aita Pea Pea

      Réponse : Parce que l’école publique et les media en ont fait des abrutis.


    • artheslichepèdetologue arthes 29 décembre 2020 17:10

      @Aita Pea Pea

      Parce qu’ils croient qu’en payant ce sera mieux...Erreur !!!!!
      Ce sont des fabriques de gogos, comme les autres , mais plus encadrés, même si t’as des branques, et puis du moment que les parents payent....Et qu’ils y croivent ....


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 29 décembre 2020 17:45

      @Aita Pea Pea

      C’est comme ça que se constituent les réseaux d’initiés comme « skull and bones »
       dont les victimes peuvent en effet souhaiter que leurs enfants fassent à d’autres ce dont eux-mêmes ont souffert. Question de mentalité. La mienne (de mentalité), c’est celle du « petit joueur de fluteau  ».


    • troletbuse troletbuse 29 décembre 2020 17:46

      Au moment où la dictature s’installe, c’est vraiment intéressant cet article.


      • JPCiron JPCiron 29 décembre 2020 18:02

        Qu’attendent donc les autres religions pour en faire autant ? >

        .

        Et qu’attendent nos élus pour remettre les religions à leur place : exclusivement l’espace privé !

        .

        Sans doute prenons-nous trop souvent les routes qui laissent les lobbies (de toutes natures, dans tous les domaines) avoir plus de pouvoir que les électeurs.

        Lesdits Lobbies étant souvent transnationaux, nous acceptons par là même d’être lentement phagocytés ’’de l’intérieur par l’extérieur’’ dans un domaine, puis dans un autre.

        .



        • Jonas Jonas 29 décembre 2020 18:11

          Donc l’Église Catholique, au nom de la liberté religieuse, peut légitimement« , s’opposer à la loi commune (l’ordre temporel).Ce que le Pape Benoît XVI rappela en 2011 : »la liberté religieuse est le sommet de toutes les libertés"

          Tout à fait. Les Lois de Dieu inscrites dans le coeur de l’homme par la puissance divine de l’Esprit Saint enseignées par Jésus Christ dans les Évangiles sont effectivement au-dessus de la loi commune. L’Église peut s’opposer à la loi commune si elle déroge à la loi de Dieu.

          La loi commune, la loi des hommes change au gré des modes et des courants politiques, pas la loi de Dieu.

          En 1941, le loi des hommes stipulait qu’il fallait dénoncer les Juifs. Sous prétexte que c’est le gouvernement en place qui l’a officiellement décrétée, fallait-il y adhérer ?

          La même question se pose pour le mariage pour tous. Le mariage a été une institution purement catholique pendant des siècles, le mariage d’un homme et d’une femme pour fonder une famille, ce fut la base de la civilisation européenne, et c’est ainsi qu’elle a prospéré.
          Puisque le mariage pour tous est promulgué, et que le sens sacré du mariage est aboli, pourquoi ne pas marier 3 hommes et 5 femmes par exemple, au nom de quoi cela serait interdit, s’ils disent s’aimer tous, où placer la limite ?
          Ou marier une femme et son chien ?

          Le christianisme, c’est la vision de la civilisation sur le temps long, les révolutionnaires, eux, veulent tout changer tout de suite et ne pensent qu’à court terme, ils ne comprennent pas les conséquences des lois qu’il promulguent.

          Comme l’avortement, véritable génocide d’enfants innocents sans défense, massacrés avant de venir au Monde, plus de 220 000 avortements chaque année en France.
          Un vide comblé par l’immigration massive de gens venus du tiers-monde, qui dans moins de 40 ans transformeront la France en une succursale africaine du globalisme.


          • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 30 décembre 2020 08:52

            La loi, la voici dans les droits de l’homme de 1789 :

            ART. 4. — La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ; ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.

            ART. 5. — La loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas.

             

            En quoi la liberté d’enseignement pour ses enfants nuit-elle à autrui ?

            En quoi est-ce nuisible à la société ?


            •  C BARRATIER C BARRATIER 30 décembre 2020 17:27

              @Daniel PIGNARD
              article 4 ? Les femmes ne feraient pas partie d’autrui ? Le droit de disposer de leur corps le droit à l’avortement légalisé en France, au Brésil, en attendant qu’il le soit en Pologne.
              Depuis 1789 il y a eu la loi de 1905 ! La question de financements d’Etat à la propagation d’une religion...
              La liberté d’enseignement ne nuit pas à autrui, au contraire, mais les écoles catholiques qui prennent part au combat contre les femmes, c’est autre chose que la liberté de l’enseignement !


            • Taverne Taverne 30 décembre 2020 11:38

              La « loi des hommes » ? La loi qui n’est pas celle de Dieu ?

              « La liberté religieuse est le sommet de toutes les libertés » (Benoît XVI). Pas en France.

              La laïcité est une valeur qui trône au-dessus d’une pyramide (à côté d’autres valeurs suprêmes comme celles de notre devise). La laïcité relie tous les citoyens (c’est un lien) mais elle ne relie pas les consciences libres des hommes et des femmes qui ne sont tenus par la laïcité qu’en tant que citoyens et citoyennes.

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