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Accueil du site > Tribune Libre > La loi des moteurs de recherches

La loi des moteurs de recherches

Ils sont le plus souvent américains et s’adressent au monde entier. Ils sont soumis à une règle : généralement celle de l’état américain qui leur semble la plus adaptée à leur stratégie économique (et parfois « philosophique »). Ils érigent la transparence en vertu cardinale et occupent une place prépondérante dans la nouvelle société de l’information. Les moteurs de recherche ne sont pas les propriétaires du web mais ils se sont progressivement (et rapidement) retrouvés en position d’en être les arbitres.

Lorsque Google propose son nouvel algorithme Panda de « ranking » (classement hiérarchique des sites), il impose une vision du monde qui lui est spécifique. Les communautés de SEO pour Search engine optimization (chercheurs en optimisation du référencement des sites pour les moteurs de recherche) travaillent en fonction de ce qu’ils pensent être la réponse à apporter aux moteurs de recherche et au plus important d’entre eux, et ce pour intégrer dans une requête type les places les plus intéressantes.

La faculté de prescription pour le leader des moteurs de recherche est aujourd’hui incontestable. Google est le moteur de référence et ne se contente pas de refléter le web. Il le façonne en imposant sa norme. L’espace de liberté fantastique qu’offrait l’internet ne s’affaiblit-il pas lorsqu’il propose une seule réponse à une question ? De même, lorsque google suggest propose à l’internaute d’associer des termes spécifiques à sa requête, reflétant en cela ce que la majorité des internautes a souhaité demander au moteur de recherche, n’assistons-nous pas à un affaiblissement du libre arbitre individuel sous couvert de nous prémâcher le travail ? En effet, dans la fable des moutons de Panurge de Rabelais, il suffit de quelques bêtes pour entrainer le reste troupeau. C’est ainsi, que Google suggest accole à des personnes privées des qualificatifs parfois discutables. On retrouve des références à une religion, ou même des termes à la limite de l’injure ou de la diffamation. La recherche des patronymes pour accéder à des données certes publiées (pas toujours avec l’accord de la personne ciblée) devient un sport national.

Ces aspects ne sont pas neutres. Ils transforment progressivement nos pratiques professionnelles. Nous savons que potentiellement la frontière entre l’espace public et l’espace privé devient de plus en plus ténue. Des fichiers privés peuvent se constituer autour d’une orientation politique, syndicale pou encore sexuelle.

La loi informatique et libertés de 1978 peut jouer à cet égard en France un rôle modérateur souhaitable, toutefois la mise en œuvre est très souvent couteuse, longue et aléatoire. La régulation du web n’est pas encore aboutie. Elle impliquera sans doute de devoir s’inscrire dans un processus plus global associant les pays membres de l’Union européenne pour peser plus efficacement et imposer un réel droit à l’accès et à la rectification des données individuelles dans un cadre simple, compréhensible et rapide aux citoyens sans pour autant compromettre la liberté d’expression. Une perspective qui, tout au moins à court terme, semble encore bien lointaine.


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2 réactions à cet article    


  • Txotxock Txotxock 3 novembre 2012 11:13

    Les solutions existent :

    Il suffit de les utiliser...

    • HELIOS HELIOS 3 novembre 2012 13:27

      ... a tous les etats, les organistions et les structures qui critiquent Google et sa politique, PERSONNE ne les obligent a se servir de Google.

      Ils n’ont qu’a eux-mêmes faire une moteur de recherche respectant les regles qu’ils pensent les meilleures, l’exposition de tous les sites du monde a ces moteurs est la même.

      Pour une fois qu’il a une vrai egalité d’acces a tous, les pires ennemis de cette egalité se manifestentn, bien entendu pour « notre bien ».

      NOTRE BIEN a nous tous, humanité, c’est qu’on laisse vivre Google et les autrres. Le jours ou le public ne trouve plus en Google le même interet, il se retournera vers d’autres moteurs.

      Rappellons au passage que les sites qui ne veulent pas que Google les indexe, il suffit de mettre a la racine un tout petit fichier appelé « robots.txt » et qu’a l’interieur contiendra :

      user-agent : Googlebot
      disallow : /

      et c’est tout... Google ne vous indexera plus.

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