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Accueil du site > Tribune Libre > La Méchante Semaine n° 2020-33 du 10 au 16 août 2020

La Méchante Semaine n° 2020-33 du 10 au 16 août 2020

Que s’est-il passé lors de cette méchante semaine en France, en Europe et dans le monde ? Que faut-il craindre de la loi bioéthique, de l’ensauvagement de la France ou encore de la libération de détenus radicalisés ? Pourquoi est-il important de s’interroger encore et toujours sur le devenir de nos libertés ? Où va le monde, les tensions internationales en Méditerranée n’ayant jamais été aussi fortes… 

Méchant Réac ® a sélectionné les textes et réflexions de Anastasia Colosimo, Edouard Husson, Nicolas Baverez, Caroline Breashears, Alain Bauer, Barbara Lefebvre, Michèle Tribalat, Renaud Girard, Charles de Meyer, Benjamin Blanchard, Jean-Eric Schoettl, Guillaume Jeanson, Yannick Chatelain, Alexandre del Valle, Denis Tillinac, Edouard Balladur, Vladimir Volkoff, Fabrizio Ferrari, Chantal Delsol, Philippe Bilger, Guillaume Bigot pour éclairer ses lecteurs. 

Avec Jean Castex s'est ouverte une nouvelle page de narration communicante du pouvoir. Les premiers pas du gouvernement en disent pourtant long sur la permanence idéologique du macronisme. Les Français seront-ils capables de dépasser leurs légitimes tourments économiques pour déjouer cette énième tragicomédie ? Barbara Lefebvre liste ses légitimes inquiétudes… 

BIOETHIQUE 

Si nous n'y prenons garde, les « progressistes » obtiendront l'autorisation de la GPA d'ici quelques années, au grand dam de la majorité silencieuse et pour le malheur de l'humanité, selon Denis Tillinac. Les politiques savent tous que la PMA n'est que l'étape d'un processus. 

La philosophe Chantal Delsol s’interroge sur l’amendement qui élargit la possibilité d’une interruption médicale de grossesse jusqu’à 9 mois au cas de « détresse psychosociale ». Le meurtre individuel est puni partout. Pourtant les sociétés, de la plus primitive à la plus sophistiquée, ont besoin de se protéger, et nourrissent des impératifs supérieurs qui légitiment des exceptions. La suppression de la peine de mort a été justifiée par le refus absolu de tuer, quelle que soit la raison et si légitime soit-elle. L’existence de l’IMG, et les tentatives de sa facilitation et de son extension, montre que nous légitimons aujourd’hui d’autres exceptions au « tu ne tueras pas ». 

ENSAUVAGEMENT 

Un document dressé par les services de police et de gendarmerie montre l'extrême violence qui monte en France. Une violence face à laquelle l'Etat semble désarmé. Philippe Bilger et Guillaume Bigot tentent d’expliquer la faillite de l’Etat face à cette explosion de violence

La culture de l'excuse semble de plus en plus ancrée au coeur de la pensée politique de la gauche. Quel rôle la gauche a-t-elle joué dans la création du vide politique actuel ? Quel est l'impact de cette culture de l'excuse sur les mouvements sociaux anti-racistes et de Social Justice Warriors ? Edouard Husson nous alerte contre la pseudo justice sociale, cette culture de l’excuse qui (co)produit la violence qui nous envahit

STATISTIQUES, UNE SCIENCE UTILE ? 

Au regard de l'insécurité, de la délinquance ou de la crise du Covid-19, les imprécisions statistiques peuvent être préjudiciables pour l'Etat. Quelles conséquences ces défaillances peuvent-elles avoir sur notre société, notamment sur les questions liées à l’insécurité ? Et Alain Bauer de s’interroger : mais pourquoi l’Etat s’apprête-t-il à tuer le seul outil statistique un peu fiable ? 

Au cœur du débat sur les statistiques ethniques, il peut être intéressant de regarder ce qui se fait ailleurs. L’exemple du Danemark nous prouve qu’il est possible de mettre en place des statistiques claires, lisibles et utiles. L’Insee pourrait en prendre de la graine selon Michèle Tribalat. 

DEBOULONNAGE DE L’HISTOIRE 

Ceux qui tentent de refaire l'histoire au nom de la morale d'aujourd'hui cherchent en réalité à fracturer la France et avilir son passé. Aucun doute pour Edouard Balladur, ces polémiques sont inspirées du désir de détruire l’unité de la Nation

SECURITE 

Entre 2020 et 2022, 153 condamnés pour crimes ou délits terroristes recouvreront leur liberté, et 42 d’entre eux sortiront déjà d’ici la fin de l’année. En mars 2020, le renseignement pénitentiaire dénombrait 853 personnes détenues pour des faits de droit commun identifiées comme radicalisées, dont 327 sortiront dans les trois prochaines années. 

Une telle décision marque une hostilité envers le principe de mesures que la gravité de la menace justifie, s’inquiète Jean-Eric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel de 1997 à 2007. Le dispositif censuré respectait les règles auxquelles la jurisprudence constitutionnelle soumet l’édiction des mesures de sûreté. Voici désormais entérinée au plus haut niveau juridictionnel une position qui manifeste la tendance de l’État de droit contemporain à sacrifier l’intérêt général aux droits individuels. 

En censurant la loi permettant des mesures de sûreté contre les nombreux djihadistes qui vont être libérés, le Conseil constitutionnel a fait une interprétation maximaliste de la liberté individuelle des intéressés, déplore le pénaliste Guillaume Jeanson. Pour les magistrats spécialisés, le risque principal en matière de terrorisme viendra désormais des personnes condamnées qui doivent sortir de prison dans les prochaines années. Selon une étude britannique, c’est la France qui possède le plus d’islamistes radicaux. 

DEMOCRATIE ET LIBERTE 

Démocratie et liberté ne sont pas synonymes : le pouvoir au peuple n’est pas le pouvoir aux individus. Vladimir Volkoff le montre avec brio dans « Pourquoi je suis moyennement démocrate  ». 

Les idéologies anticapitalistes méprisent la liberté individuelle et ont une vision mystique du rôle et de la nature de l’État. Elles finissent en dictatures et apportent la misère nous dit Fabrizio Ferrari. 

« Nouvelle censure » selon Le Nouvel Obs, débat « impossible » s’interroge France Culture, la Cancel Culture fait grincer des dents en France. La « Cancel culture » ou comment lyncher sans réfléchir sur les réseaux sociaux ironise Yannick Chatelain. Située dans la même mouvance que le « call out » ou culture de la délation, très présente aux États-Unis, cette tendance trouverait son origine dans les affiches « Wanted » omniprésentes dans les Westerns, comme le relève le politologue Jean‑Eric Branaa. La Cancel Culture, issue du verbe anglais « cancel » : « supprimer », « éliminer », « retirer »… pourrait se traduire par la culture de l’élimination appliquée à des hommes et/ou des organisations. Cette pratique préexistait ipso-facto bien avant sa dénomination « officielle ». Elle s’est paradoxalement concrétisée dans un monde dématérialisé. 

De récents législateurs, activistes et réformateurs de l’éducation ont promis de nous mener vers un nouveau monde d’équité. Il n’y aura plus de groupes ayant un mode de vie différent des autres. Il n’y aura plus de groupes ayant une éducation différente des autres. Il y aura la réforme ou sinon, nous avertit Hawk Newsome, « nous détruirons le système pour le remplacer ». Pour avoir un avant-goût de ce temps glorieux, il nous suffit d’ouvrir Hymne d’Ayn Rand. Dans ce roman dystopique, les collectivistes atteignent leur idéal en brûlant villes et livres puis en instaurant une planification centralisée, remarque Caroline Breashears. À partir de là tous sont égaux : également pauvres, également logés, également limités dans ce qu’ils peuvent dire, faire et penser. 

Le gouvernement d’Edimbourg défend un projet de loi contre les déclarations « incitant à la haine ». Des humoristes comme « Mr Bean » ont manifesté leur inquiétude. Selon Anastasia Colosimo, la notion floue de « discours de haine », promue par des militants, jette une suspicion sur de nombreuses opinions. En résulte autocensure et peur de s’exprimer. La protection des sentiments des uns et des autres – chose ô combien subjective et aléatoire – l’emporte sur la sauvegarde de la liberté d’expression. On élargit à des groupes la sanction de l’injure, de la diffamation, de l’incitation à la haine, à la discrimination ou à la violence qui protégeaient initialement l’individu. Un principe archaïque qui ne dit pas son nom. Personne n’ose affronter les groupes et associations qui font pression sur le législateur ou le juge. 

TENSIONS INTERNATIONALES : SAHEL, LIBAN, BIELORUSSIE, TURQUIE, AFRIQUE 

Le meurtre de six humanitaires français au Niger confirme l’impossibilité pour les 4500 militaires de l’opération « Barkhane », d’éliminer la menace djihadiste sur un territoire aussi vaste que le Sahel, analyse Renaud Girard. La France doit se comporter comme Israël le fait depuis un demi-siècle : toujours châtier les tueurs de Français, aussi long et coûteux que cela puisse être. À lui seul, le Mali fait deux fois et demi la taille de l’Hexagone. À Bamako, les jeeps des marsouins et des légionnaires ne sont plus accueillies avec des fleurs ; certains jeunes les caillassent. Avec des moyens gigantesques, les Américains ne sont pas parvenus à stabiliser l’Afghanistan. La France réussira-t-elle sur un territoire bien plus vaste ? Nos armées ne doivent pas se laisser entraîner dans l’administration au long cours de territoires faillis. Retirer « Barkhane » du jour au lendemain serait une erreur, car un immense chaos lui succéderait. Mais il est impératif de retrouver une visibilité et d’élaborer une stratégie de sortie progressive. 

Emmanuel Macron s'est rendu au Liban dans le cadre d'une urgence absolue. Alexandre Del Valle revient sur cette intervention et sur le rôle de l'Union européenne en politique internationale. Quel sens y a-t-il pour l’Union Européenne à vouloir intervenir au Liban et non pas en Biélorussie ? 

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit adopter une résolution qui fasse du Liban un pays officiellement neutre et fixe définitivement ses frontières. Et s’employer à faire respecter cette résolution, par la force si nécessaire analyse Renaud Girard. Le système confessionnel, qui apparaissait au départ comme un modèle de justice, d’équilibre, de tolérance, est petit à petit devenu un poison paralysant l’État libanais. La recherche par les Libanais d’une sécurité que leur fourniraient les puissances régionales (Israël, Égypte, Arabie saoudite, Iran, Turquie) est illusoire. 

Les provocations du président turc envers la Grèce et sa décision de transformer Sainte-Sophie en mosquée confirment son agressivité et sa fuite en avant. Les pays occidentaux doivent en tirer, enfin, les conséquences et s’opposer à Erdogan sans faiblesse, argumentent Charles de Meyer et Benjamin Blanchard, dirigeants de SOS Chrétiens d’Orient. La Turquie reprend ses rêves millénaires en attentant régulièrement à la souveraineté des îles grecques voisines de son territoire. Le gouvernement turc n’hésite pas à soutenir des groupes terroristes islamistes en Syrie ; ou un groupe extrémiste et ultranationaliste comme « les Loups gris », en Europe. Le traité de Sèvres, signé voilà cent ans jour pour jour, imposait, sous contrôle international, la démilitarisation ottomane des détroits de la mer Égée à la mer Noire. 

La pandémie de Covid-19 a provoqué, en Afrique, un choc sanitaire, économique et humanitaire. Mais elle a aussi renforcé l'Union africaine. Un espoir pour le continent ? Nicolas Baverez répond.

 

Laurent SAILLY, directeur de la publication


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1 réactions à cet article    


  • McGurk McGurk 17 août 14:33

    Tout ça pour en venir à ???

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