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Accueil du site > Tribune Libre > La Méchante Semaine n°2020-29 du 13 au 19 juillet 2020

La Méchante Semaine n°2020-29 du 13 au 19 juillet 2020

Benjamin Morel, Maxime Tandonnet, Maurice Berger, Frédéric Mas, Pascal Salin, Linda Kebbab, Éric Delbecque, Thierry Wolton, Régis de Castelnau, Pierre Vermeren, Valérie Toranian, Luc Ferry, Guillaume Jeanson, Barbara Lefebvre, Gilles-William Goldnadel, Rémy Prud’homme, Céline Pina, Renaud Girard, Loïk Le Floch-Prigent et la rédaction de l’ASAF sont réunis dans cette méchante semaine pour nous assister dans la compréhension de sujets aussi divers que : Emmanuel Macron, les néo-féministes, la violence, l’Etat, les néo-fascistes etc…

Cette méchante semaine est dédiée à Philippe Monguillot, héros du quotidien.

 

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Emmanuel Macron et les horloges de la République

Professeur de sciences politiques, pour Benjamin Morel, maître de conférences en droit public à l’université Paris-II Panthéon-Assas, le problème d’Emmanuel Macron est le temps déjà perdu. Il estime que le passage du septennat au quinquennat a conduit à une hystérisation du débat politique.

Lors de son interview du 14 juillet, le président de la République a prononcé une phrase d’un intérêt notable sur le plan de la réflexion politique : « J’ai commis des erreurs ». La République est déglinguée constate Maxime Tandonnet. En principe, dans une république, une démocratie normale, le dirigeant suprême qui reconnaît, « j’ai commis des erreurs », assume ses responsabilités surtout quand celles-ci ont plongé le pays dans le chaos (gilets jaunes, mouvement social, etc.). Il les assume soit par le recours au peuple, à travers des législatives ou un référendum sur lequel il engage sa responsabilité, soit en démissionnant.

Selon Nicolas Lecaussin, directeur de l’IREF, si Emmanuel Macron s’en remet facilement à la volonté du peuple et creuse le sillon populiste, il ne rompt pas pour autant avec la tradition française de l’État centralisateur et dirigiste. Lorsqu’Emmanuel Macron organise un Grand débat national pour recueillir en direct les « doléances » des Français, ne méprise-t-il pas les institutions où siègent les élus ? Emmanuel Macron a été très clair, il n’y a pas de libertés individuelles qui tiennent si elles vont à contre-courant de l’écologie. L’État reste le guide et la tutelle suprême en tous lieux et en toutes circonstances, intouchable, incontestable, infaillible par nature.

 

Darmanin et Dupont-Moretti vs les néo-féministes

Les nominations de Gérald Darmanin et d’Éric Dupond-Moretti au gouvernement ont suscité l’émoi de certaines militantes féministes, mais leurs allégations tiennent davantage du lynchage que de la justice, affirme l’avocat Gilles-William Goldnadel. M. Darmanin n’a fait l’objet d’aucune mise en examen. Il est des accusatrices inspirant davantage de crédit pour exposer un homme à la honte publique avant tout procès. Éric Dupond-Moretti s’est vu reprocher par quelques tricoteuses de s’être désolé que siffler une femme dans la rue était devenue une infraction pénale.

 

La violence et la loi

Éric Delbecque, expert en sécurité intérieure, fustige notre aveuglement face à la montée de l'ensauvagement quotidien. Les communautarismes portent en eux une brutalité sans limite. Le "monopole de la violence physique légitime" détenu par les pouvoirs publics permet de ne pas régresser vers l'état de nature. Après la cérémonie du 14 juillet, la rue a été une nouvelle fois secouée par des violences à l’encontre des forces de l’ordre et des pompiers. L’ensauvagement de la société est symptomatique du déclin de l’État de droit. La France ne doit plus se sentir coupable de faire appliquer la loi. Des activistes ou petits délinquants minoritaires ont décidé de faire régner la loi de la jungle dans des zones qu’ils définissent comme leur « territoire ». L’insécurité, pour les Français, devient un enjeu quotidien.

Ne pas avoir honte de ne pas avoir honte ! A propos des manifestations contre le supposé racisme des Français qui ont suivi l’affaire George Floyd aux Etats-Unis, le pédopsychiatre Maurice Berger appelle à remettre la honte à sa juste place. Résultat de cette absence d’intégration de la loi, un jeune délinquant violent de 16 ans m’explique sa conception de la vie : « Je veux, je prends ». Imparable.

Si les combats antiracistes et féministes de notre temps rencontrent tant de résonance, c'est qu'ils puisent dans un cadre de valeurs chrétien analyse Laetitia Strauch-Bonart.

 

Meurtre de Philippe Monguillot

Pour Barbara Lefebvre, co-auteure des « Territoires perdus de la République », l’agression mortelle du chauffeur de bus de Bayonne témoigne de la passivité de nos dirigeants face à une barbarie devenue ordinaire : jusqu’à quand allons-nous tolérer l’intolérable ? Il est des pedigrees qu’il convient de révéler à l’opinion publique illico presto. Certaines communes sont des zones où règne la loi du caïdat, où les édiles locaux doivent pactiser avec la mafia locale pour qu’elle les laisse gérer le reste de la commune.

Après le meurtre de Bayonne, Régis de Castelnau se demande où (qui) sont les fascistes. Le mouvement ouvrier français issu du XIXe siècle et organisé au XXe avait lui aussi construit un roman national, avec ses mythologies, ses héros et ses mythes. Parmi les figures les plus marquantes, celles qui constituaient l’aristocratie ouvrière, il y avait les mineurs, aujourd’hui disparus, les métallos, les cheminots qui payèrent un lourd tribut à la Résistance, et les traminots, ceux qui assuraient les transports dans les villes. Philippe Monguillot était un traminot. Et c’est comme ça qu’on l’aurait appelé s’il y avait eu encore une gauche dans ce pays et un vrai Parti communiste.

 

Réponses pénales 

Le nouveau garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, s’est réjoui du taux d’occupation des prisons extrêmement bas. Mais il n’est pas certain que ce soit une bonne nouvelle quant au fonctionnement de la justice française, s’interroge l’avocat Guillaume Jeanson. De sa visite à la prison de Fresnes, la presse a principalement retenu les applaudissements et l’enthousiasme des détenus. La surpopulation carcérale est un fléau qui ronge les hommes. Les libérations à grande échelle sont contreproductives.

La proposition de loi des députés de durcir les mesures de sûretés envers les djihadistes sortis de prison part d’un sentiment louable mais l’esprit ultracommunautaire de ces groupes est tellement menaçant que la seule solution est l’isolement estime Yoann Nominet, spécialiste des questions terroristes. La surveillance pénitentiaire et l’isolement ne permettent pas d’éviter que les prisonniers communiquent entre eux. La technique de la taqīyya consiste à cacher ses sentiments véritables sous un masque de bon comportement pour mieux tromper l’ennemi.

 

Le souffle de l’esprit libéral sur la presse

Il a fallu que la crise touche toutes les rédactions pour qu’enfin la mobilisation se fasse en faveur des valeurs du libéralisme politique, au plus grand bénéfice de tous se réjouie Frédéric Mas. Mardi 14 juillet, démissionnait Bari Weiss, journaliste en charge des pages « opinion » du prestigieux New York Times, occasionnant une nouvelle crise au sein de sa rédaction. La journaliste, dont l’indépendance d’esprit avait été récompensée en 2018 par le Prix Bastiat de la Reason Foundation, explique avec franchise et amertume la guerre idéologique qui est en train de se dérouler dans la presse entre deux conceptions du métier.

 

45 ans de dépenses publiques

Comme on le sait, la France a un record mondial en ce qui concerne le montant des dépenses publiques et la fiscalité. Mais elle a aussi un certain record regrettable en ce qui concerne son faible taux de croissance et son taux de chômage élevé précise Pascal Salin. Or il en a été à peu près ainsi au cours des décennies passées quel que soit le gouvernement, qu’il soit de droite ou de gauche. Déjà sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing – qui prétendait représenter un « libéralisme avancé » – l’augmentation de la fiscalité avait été telle que la France avait presque atteint un niveau de fiscalité dont Valéry Giscard d’Estaing avait affirmé au début de sa présidence qu’il constituerait une manifestation du caractère socialiste du pays ! Bien entendu, avec son successeur, Frédéric Mitterrand, il y a eu une forte augmentation de la fiscalité, mais cette augmentation a continué par la suite (comme cela a aussi été le cas du taux de chômage...).

Le Premier ministre français, Jean Castex, a exprimé son souhait de restaurer le haut-commissariat au plan. Celui-ci avait été créé en 1946 par Jean Monnet et supprimé en 2005. Et il est envisagé de nommer François Bayrou à la tête de cette institution. Un tel retour au passé est-il souhaitable ? Pour Pascal Salin, il ne faut donc rien attendre de positif du retour de la France à ce qu’on appelle la planification et il conviendrait au contraire d’alléger les contraintes fiscales et règlementaires de l’État français.

La fausse monnaie des banques centrales a-t-elle un avenir ? Pour Jacques Garello, l’émission sans limite de monnaie est un passeport pour l’État-providence.

 

#JeSoutiensNosForcesDeLOrdre

Dans sa lettre mensuelle, la rédaction de l’ASAF souligne que l’urgence absolue est de restaurer l’autorité. La cérémonie du 14 juillet 2020 s’est limitée à une prise d’armes et à un mini défilé autour de l’obélisque, place de la Concorde. Souhaitons que cette décision n’ait pas été prise, comme nous pouvons le craindre par les temps qui courent, avec une arrière-pensée idéologique… Nous n’en aurons la certitude que l’an prochain. Les Champs-Élysées, qui furent le théâtre de nombreuses manifestations toutes plus violentes les unes que les autres au cours des mois passés, n’auront donc pas vu cette année l’armée présenter aux Français, mais aussi aux journalistes étrangers, le visage d’une jeunesse au service de la France, prête à défendre sa liberté, garantir son indépendance et se sacrifier, le cas échéant pour sauver ses concitoyens. Pas de droit de retrait pour elle, mais un seul but qui est aussi son engagement : remplir les missions confiées. C’est l’honneur de l’armée, c’est aussi l’honneur de la France et celui partagé par le plus grand nombre de Français.

Comme nous n’avons plus les moyens, ni politiques, ni diplomatiques, ni moraux, ni militaires, ni financiers, d’assurer la « mission civilisatrice de la colonisation » chère à Jules Ferry, nos armées n’ont pas vocation à stabiliser, pour de longues périodes, des régions entières d’Afrique. Aujourd’hui, pour Renaud Girard, les armées françaises doivent se concentrer sur deux grandes missions : préserver l’indépendance de la France et protéger dans le monde ses intérêts.

Linda Kebbab, représentante du syndicat Unité SGP-FO, s’insurge contre la vulgate antiflics. Des accusations de racisme systémique à l’affaire Adama Traoré, la policière rétablit les vérités qui dérangent : les policiers sont les fonctionnaires les plus sanctionnés de France !

 

L’Etat

Le criminologue Alain Bauer, membre du réseau international de gestion des crises, vient de faire paraître aux Éditions du Cerf, avec le Pr Roger Dachez, « Comment vivre au temps du coronavirus », une somme qui fait le point sur la pandémie. Dans l'entretien qu'il nous accorde, il rappelle que l'impréparation face aux risques se paye toujours et que l’état a vocation à investir pour protéger les populations.

 

Communisme, le temps de l’histoire pèse sur les libertés

Les régimes communistes ont commis une politique d’extermination par la famine qui a tué plus d’hommes que les deux guerres mondiales réunies. Un pan de l’histoire qui, hélas, ne figure pas dans les manuels d’histoire, regrette l’essayiste Thierry Wolton. La famine a servi de moyen d’extermination pour nombre de régimes communistes. François Mitterrand joua le rôle de l’idiot utile pour Mao, comme Herriot l’avait fait avant lui pour Staline.

Trente ans après la chute du Mur de Berlin, Edouard Husson décrypte les menaces qui pèsent sur les libertés en Occident et à travers la planète au regard de la crise du coronavirus, de la protection de l'environnement ou bien encore de la situation à Hong Kong.

 

L’Islam et le monde méditerranéen

L’historien Pierre Vermeren, spécialiste des mondes arabo-berbères, publie aux Éditions Tallandier « Le Maroc, un royaume de paradoxes ». Il répond à cent questions au sujet de la société, de l’histoire et de la vie politique de cette monarchie islamique.

Pour Valérie Toranian, avec la conversion de force de Sainte-Sophie à l’Islam, nous assistons à un véritable Munich civilisationnel. « Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casernes et les croyants nos soldats », déclarait Erdogan alors qu’il était maire d’Istanbul en 1998. Ce vers du poète turc Ziya Gökalp (1875-1924) déclamé publiquement avait valu à l’époque au futur Reïs une condamnation pour incitation à la haine religieuse… et le soutien enthousiaste des forces conservatrices qui le portèrent au pouvoir quelques années plus tard. Erdogan proclame qu’il est l’instrument de la volonté divine et des musulmans (bien au-delà du seul peuple turc) pour personnifier cette reconquête de l’islam. D’Ankara à Jérusalem, des Balkans à la Syrie et jusqu’à la Libye : sur tous les anciens territoires de l’empire ottoman, le néo-Sultan veut redéployer l’influence turque. Difficile de s’opposer à l’homme fort de l’Orient qui désormais contrôle deux robinets stratégiques des flux migratoires : celui qui passe par la Turquie et celui qui passe par la Libye... Kamel Daoud compare la « conversion au pas de charge » de la basilique avec « la destruction des bouddhas par les talibans il y a quelques années, ou le vandalisme contre les églises dans le territoire de l’État islamique.

 

Europe

La refondation de l’Europe est impossible sans un engagement sans faille de l’Allemagne, du fait de son poids économique affirme Nicolas Baverez. L’épidémie de Covid-19 a radicalement changé la donne, réussissant là où Emmanuel Macron avait échoué. La France peut apporter une contribution décisive à la refondation de l’Europe en inscrivant la défense, et notamment l’espace et la cyberguerre, parmi les priorités du plan de relance.

 

Environnement : le fascisme écologique

Economiste et professeur des universités (Paris XII, MIT), Rémy Prud’homme voit rééditer, aux éditions du Toucan/L’artilleur, son best-seller « L’idéologie du réchauffement ». C’est l’occasion de faire le point avec son auteur sur les rapports entre science et idéologie, en particulier autour des questions d’environnement et de la fermeture de Fessenheim au nom du CO2.

C’est ce même fascisme idéologique qui amène les élus Verts à vouloir « dégenrer » les cours d’école, accusées d’être conçues pour favoriser les activités des garçons, au détriment des filles. Avec leur sens des priorités bien connu, souligne Céline Pina, les mairies vertes entendent y remédier. L’aménagement urbain comme moyen de rétablir l’égalité femmes/hommes apparait pour ce qu’il est : une escroquerie intellectuelle.

L’Association des climato-réalistes a annoncé son engagement contre les propositions de la Convention citoyenne pour le climat, et appelle tous les citoyens à diffuser ses arguments le plus largement possible. Aujourd’hui, Rémy Prud’homme, économiste membre du comité scientifique, analyse sans concession les propositions sur le fret et la circulation des poids lourds. De quoi penser autrement qu’au travers de bonnes intentions mal informées.

Respecter l’environnement, c’est aussi ne pas massacrer les paysages rappelle utilement Loïk Le Foch-Prigent. Or depuis huit ans les Espagnols d’Iberdrola envahissent les Côtes d’Armor avec un projet de ferme éolienne en mer au large du cap Fréhel.

L’augmentation du nombre de voyageurs a fini par poser problème. Les lieux les plus accessibles, et les plus beaux sont donc vite saturés, ce qui oblige les « élites » à en inventer d’autres, si possible plus distingués. Luc Ferry s’interroge : faut-il rêver d’un monde sans tourisme ?

 

Procès Fillon

La condamnation de François Fillon, qui ne ressemble en rien à une décision judiciaire normale, n'a d'autre sens que d'entériner le raid judiciaire qui a faussé l'élection présidentielle de 2017. Les arguments juridiques reposant sur des principes fondamentaux ont été balayés, quasiment sans être vraiment réfutés.


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3 réactions à cet article    


  • Buzzcocks 21 juillet 16:50

    Frederic Mitterand, le successeur de VGE, c’est un scoop... Le reste de l’article est du même niveau... approximatif.


    • OMAR 21 juillet 18:28

      Omar9

      .

      Interlude « extrêmement » rigolo.

      .

      A quand le film ?


      • Le421 Le421 22 juillet 07:32

        « J’ai commis des erreurs »...

        Il aurait pu rajouter :

        « Ceci dit, j’en ai rien à secouer !! »

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