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La menace climatique principale pour la Russie

La Russie se situe dans une zone où la superficie de la surface terrestre est supérieure à celle de l'eau. C'est pourquoi le réchauffement climatique s'y déroule bien plus rapidement qu'ailleurs sur la planète. 

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Andreï Kisselev, chercheur en chef à l'Observatoire de géophysique principal Voeïkov, a qualifié le réchauffement mondial de principale menace climatique pour la Russie. Selon lui, sur le territoire du pays il se déroule 2,5 fois plus vite que dans d'autres Etats, et encore plus vite en Arctique. D'après les estimations, la température globale a augmenté de 0,18 degré en dix ans. 

"En parlant de la Russie dans l'ensemble, en effet, le climat s'y réchauffe 2,5 fois plus vite que dans d'autres pays. Alors que dans la zone de l'Arctique russe la hausse de la température est encore plus rapide – 3,5 fois", explique Andreï Kisselev. 

Ce dernier explique que la zone dans laquelle se situe le pays (les latitudes moyennes de l'hémisphère Nord) est unique sur toute la planète, où la superficie terrestre est supérieure à celle de l'océan. Dans toutes les zones c'est l'inverse : il y a beaucoup d'océan et peu de surface terrestre. C'est la raison pour laquelle la Russie se réchauffe plus rapidement que dans le reste du monde. 

"L'océan est un immense accumulateur de chaleur : quand il fait chaud, la partie de la chaleur qui se trouve dans l'atmosphère part dans l'océan, et quand l'atmosphère se refroidit, alors une partie de cette chaleur de l'océan revient dans l'atmosphère. Un échange se produit entre l'océan et l'atmosphère. Ce qui entraîne un assouplissement de la situation", poursuit le climatologue. 

Dans le langage scientifique, la capacité thermique de l'eau est supérieure à celle de la surface de la terre. Cette dernière réagit assez rapidement au refroidissement et au réchauffement, contrairement à l'océan qui agit relativement lentement. Par exemple, en se promenant au bord de l'eau par une chaude journée d'été, vous remarquerez forcément que le soir la température de l'air diminue. Alors que la température de l'eau restera la même qu'en pleine chaleur en conservant relativement longtemps sa chaleur. 

"Cela montre que la surface terrestre ne peut pas échanger aussi efficacement avec l'atmosphère car sa capacité thermique est inférieure à celle de l'eau. C'est pourquoi le réchauffement se déroule plus rapidement dans notre zone. Nous ne sommes pas les seuls à être dans cette situation, d'ailleurs, c'est le cas pour toutes les latitudes moyennes de l'hémisphère Nord", précise Andreï Kisselev. 

D'après le scientifique, un tel réchauffement implique à la fois des facteurs positifs et négatifs. Par exemple, le réchauffement perce plus tôt la glace dans les mers de l'Arctique, ce qui permettra d'exploiter plus activement la route maritime du Nord, qui est l'itinéraire maritime le plus court entre la partie européenne de la Russie et l'Extrême-Orient. 

"De plus, il sera possible de cultiver des plantes qu'il était impossible de cultiver auparavant à cause d'un climat relativement froid. Mais cela possède également un revers de la médaille : avec ces nouvelles cultures arriveront différents parasites, des criquets pèlerins et d'autres organismes nuisibles. Mais la plus grande et importante menace pour nous, c'est la dégradation du pergélisol", met en garde le climatologue. 

Et de poursuivre que les deux tiers du territoire russe se trouvent dans le pergélisol. La dégradation peut entraîner différents incidents et catastrophes. Cela impactera avant tout les sites construits à l'époque soviétique, car ils ne tenaient pas compte de l'éventuelle fonte du pergélisol. Il est question des conduites, des lignes électriques et des routes. 

"Il existe un autre aspect désagréable : le pergélisol contient une immense quantité de gaz à effet de serre, qui sont précisément à l'origine du réchauffement climatique actuel – le CO2 et le méthane. Qui seront donc libérés et se retrouveront dans l'atmosphère, ce qui ne fera que renforcer l'effet de serre", indique le climatologue. 

La montée du niveau de l'océan mondial est un autre facteur indirect, poursuit le spécialiste. Au siècle dernier, il a augmenté de 17 cm, soit 1,7 cm par décennie. Au cours de la première décennie du XXIe siècle, la montée atteignait déjà 3,1-3,2 cm par décennie, en atteignant 4 cm en 2020. Cela risque d'inonder les territoires bas, notamment les petits pays insulaires. Quant à l'Europe, l'eau menacera Venise, les Pays-Bas et, en Russie, Saint-Pétersbourg. 

"D'après les estimations actuelles, la montée du niveau d'eau au XXIe siècle s'élèvera à environ 60-90 cm", a conclu le climatologue.

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs

Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2561


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8 réactions à cet article    


  • Jeekes Jeekes 22 mars 19:43

    Bon, c’est pas l’avis de tout le monde :

    https://reseauinternational.net/ou-est-passe-le-rechauffement-du-climat-tant-attendu-depuis-30-ans/

     

    Et puis les criquets pélerins, dans le Nord de la Russie, comme en Afrique quoi. Rien que ça ?

     

    Et pi le céhodeux, ah ben ça alors.

     

    Et la montée des z’eaux, quasiment d’un mètre ?

    Merde, on va tous se noyer !

     

     


    • binary 22 mars 20:25

      Putain : 0.18° de plus dans l arctique tous les 10 ans !

      Et il y en a encore pour douter de la fin du monde ???

      Juste une question :

      Ils utilisent quoi, les « scientifiques » pour mesurer la température de l atmosphère au centième de degré ? Un truc de ouf, made in PRC ?


      • samy Levrai samy Levrai 23 mars 00:13

        La vache, le climat ne serait plus stable alors qu’il l’a toujours été, c’est dingue cette histoire, tout fout le camps... Je propose un confinement avec couvre feu , masque et amende à 135.


        • Ben Schott Ben Schott 23 mars 00:22

           

          « Cela risque d’inonder les territoires bas, notamment les petits pays insulaires. »

          C’est ce que racontaient déjà tous ces charlots il y a trente ans, et les Maldives sont toujours là.

           


          • slave1802 slave1802 23 mars 11:53

            @Ben Schott
            C’est pourtant écrit correctement :
            3 cms de plus par décennie, soit 9 cms en 30 ans, l’altitude maximale des Maldives est peu élevée (2,4 m) mais quand même supérieure à ce chiffre et laisse encore quelques belles décennies à leurs sommet enneigés...

            Pour ceux qui vivent au bord de la plage par contre...
             Z’ont qu’à monter des pilotis ces faignasses !
             Z’ont qu’à nettoyer leurs lunettes, la montée des eaux n’existe pas, c’est George Soros et Bill Gatte qui déplacent leur foutu baraque en bambou dès la nuit tombée !


          • Ben Schott Ben Schott 23 mars 11:58

            @slave1802
             
            « C’est pourtant écrit correctement »
             
            Oui, on écrit correctement un paquet de conneries, triple buse.
             

             


          • JC_Lavau JC_Lavau 23 mars 15:23

            Gober la propagande n’est pas une preuve de clairvoyance.


            • Jean Keim Jean Keim 23 mars 17:36

              La vérité est toujours entre les deux positions extrêmes.

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Patrice Bravo

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