• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > La modernité et sa morale en spray.

La modernité et sa morale en spray.

La morale a mauvaise presse. Tant pis, nous allons en parler, parce que nous constatons que notre modernité est en manque de morale adaptée pour répondre aux défis de notre époque. Du coup, hésitant entre fanatisme religieux et individualisme, l’homme moderne est déboussolé. Perdu entre son envie de compatir face à la souffrance d’autrui présentée dans les JT et son incapacité à y répondre, cette blessure l’amène à se replier sur son cocon familial, et à se désintéresser de ces sujets qui le blessent, et dans le même temps, à se détourner d’autrui. Et pourtant, avec les médias qui nous lient au monde, et les dangers réels de la technique sur le monde, la manie moderne de se détourner d’autrui est très mal venue. Plus personne n’ose s’interroger sur la morale et poser la question qui fâche : quand allons-nous enfin donner un nouveau souffle à la morale ? Et quel type de morale serait adapté aux défis de notre époque ?

Une morale édulcorée et facile.

Auscultons la modernité et faisons une petite analyse morale.
Depuis la mort de Dieu proclamée joyeusement par Nietzsche, et la mort du père (c’est-à-dire la destruction des valeurs de nos parents) proclamée par Gérard, on en a fait du chemin !

La morale moderne est caractéristique d’une société de loisirs, de consommation, de recherche de bien-être, où la retraite devient une aspiration de masse, où l’on se réjouit de la fin du service militaire, ou l’abstention est croissante, où la politique intéresse au même titre que le tiercé et la météo. C’est la morale d’une société apathique, sans grand but, recherchant le divertissement, se lovant dans sa vie privée, le jardinage, le bricolage, et la perspective de partir en congé.

Le moins que le puisse dire, c’est que la mode est à une morale facile, indolore, édulcorée, qui n’a rien d’une morale sacrificielle ou rigoriste. La modernité, allergique aux devoirs, et aux sacrifices, prône une morale minimale, mais cela ne signifie pas pour autant un état d’indifférence totale. L’ère est à la moraline, la petite morale, le minimalisme éthique. Ce minimalisme éthique, intermittent, est comme ce que Jankélévitch, au chapitre I du Paradoxe de la morale, appelle « l’homo éthicus », l’éthique du l’homme du dimanche matin. La morale de l’époque est «  sans obligation, ni sanction ». C’est-à-dire que l’on veut bien aider les autres, mais sans trop s’engager, sans trop donner de soi-même.

Le don humanitaire.

Mais cette société, malgré la faillite de la morale et de la religion, a vu son exigence éthique monter. Lipovetsky dans Le crépuscule de la morale appelle cela le « réveil éthique ». Mais cette éthique est facile, gadgétisée, superficielle, peu mobilisatrice. Le don humanitaire est l’exemple le plus frappant : il suffit de signer. Le don ne lie pas à autrui, il ne crée aucune responsabilité, puisqu’il ne crée aucun lien. Ce n’est pas pour x ou y que je donnais, mais contre « la faim en Afrique », « pour le cancer », « pour les sans-abri ». On ne donne pas à des personnes, mais à des causes, à des concepts. "On ne s’apitoie plus sur des individus, mais sur des catégories" regrette Domenach (Une morale sans moralisme, chapitre 7)

Les questions morales deviennent ambiance, coloration d’un instant, mode, apitoiement furtif et vite oublié. Elle mobilisent un temps et disparaissent aussi vite qu’elles sont apparues. C’est la « vertu minute », vertu « intermittente » de l’instant larmoyant devant son poste de télévision, sans même que l’on se sente coupable de ne rien faire. Ce qui est remarquable dans la logique du don, c’est le rejet de la responsabilité à un autre. Le donneur veut bien permettre indirectement l’aide, en apportant les moyens financiers pour aider, mais en donnant, il compte immédiatement sur celles et ceux qui, sur le terrain, agiront. Très prosaïquement, nous sommes tous volontaires pour donner des paquets de riz, mais peu le sont pour les distribuer dans les pays en voie de développement.

Récemment, le don facile s’est développé, avec le don par SMS, des dons avec déductions d’impôts, des dons par un pack d’eau minérale acheté, par des timbres achetés, par une petite peluche, un sac à sapin... Comme s’il fallait que ce soit facile, ou qu’on ait autre chose en retour !

Le Charity Show.

La morale, non contente d’être sans douleur, sans devoir, sans sacrifice, sans les affres de la conscience, s’apparente au divertissement. L’on ne compte plus les charity-shows, comme les soirées des Enfoirés pour les restos du cœur, les singles d’artistes au profil d’associations, les soirées de dons qui s’apparentent plus à des compétitions de dons, qu’à un réel élan de solidarité et de moralité. En effet, comme tout élan, cet élan est bien éphémère, et sera vite oublié. « La charité s’associe aux décibels, l’humanitaire au show-biz ; il n’est plus de noble cause sans stars ; il n’est plus de grande collecte sans sono », déplore Lipovetsky, au chapitre 4 du Crépuscule de la morale. La morale est associée aux strass, aux chants, à la fête.

Le 5 mars 2004, l’émission « Les Enfoirés dans l’espace », diffusée sur TF 1, a rassemblé près de 11 millions de téléspectateurs. Le débat qui suivait le concert n’en a intéressé que 1,5 million. « C’est facile à comprendre, résume Cécile Prévost Thomas, sociologue. Il n’y avait plus les paillettes. » Donc, que l’on ne se trompe pas : « À travers l’effervescence caritative et humanitaire c’est encore et toujours l’éclipse du devoir qui est à l’œuvre », conclurait Lipovetsky.


Une morale moderne inadaptée à la globalisation.

Sans religion, sans morale, la modernité compte sur les éthiques (éthique des médias, éthique de l’éducation, éthique de la santé...) pour se refaire une santé. Cependant, ces éthiques s’avèrent pour le moment incapables de répondre aux défis du moment.

« De nos jours, la morale laïque, qui avait pris le relais de la morale religieuse, est à bout de souffle », nous dit Domenach. Les valeurs éthiques passées, même détruites, continuaient encore à apporter leur carburant éthique, mais à présent, elles ne peuvent plus rien.

Car c’est le monde qui a changé. L’éthique post-moraliste, émotionnelle, au cercle de responsabilité restreint, ne correspond pas au monde tel qu’il est : avec ses dangers pour le futur, ses dangers pour la planète, ses inégalités Nord-Sud, sa super médiatisation de la douleur d’autrui.

L’éthique classique centrée sur le prochain et la proximité des buts ne suffit pas.
La technique moderne a engendré des effets si inédits, si potentiellement catastrophiques que l’homme ne sait plus qui est son prochain. Jadis, c’était si simple, le prochain c’était la famille, les proches, les amis, les villageois. Avant, on rencontrait son prochain au coin de la vie, on en avait une cinquantaine tout au plus. Et désormais, il semblerait que le monde entier puisse être mon prochain, et pourtant ceux que je croise dans la rue et le métro ne me disent jamais bonjour, et c’est le regard vague, et sans sourire que l’on se croise. Comment et par qui commencer ? Rien ne nous a préparé à avoir des devoirs envers le monde entier.

Le besoin de théorisation morale.

Il faudrait tout en acceptant la modernité, (c’est-à-dire sans faire marche-arrière, sans replonger dans la morale théologique ou déontologique) que s’effectue un ressourcement moral. Sans que cette morale soit pour autant contraignante ! (De toute façon, il ne faut pas se leurrer, personne n’en voudrait).
Mais il serait peut-être temps de songer à une morale ou à une politique de la responsabilité qui puisse jouer de conserve avec l’humanitaire ! On ne peut pas s’en tenir qu’à l’humanitaire ! Il serait probablement souhaitable de mêler humanitarisme et éthique de la responsabilité d’autrui. « C’est justement parce que le politique fait défaut, que le recours à l’humanitaire apparaît comme la panacée pour se donner bonne conscience. L’humanitaire comme forme unique de politique étrangère c’est considérer que la seule finalité d’une action est d’éteindre les incendies. On ne saurait bâtir une politique étrangère sur le développement des casernes de pompiers », explique Yves Méaudre dans l’article coécrit avec Rony Brauman, « Humanitarisme et bonne conscience »

Pour finir nous répondrons que Nietzsche et ses petits frères comme Marx, Freud, Lévi-Strauss, les soixante-huitards se sont amusés (et ils avaient raison) à philosopher au marteau en détruisant la morale, c’est bien beau, mais depuis, plus personne ne se porte volontaire pour en reconstruire une nouvelle. Nous ne disposons de plus rien qui nous permettre de savoir comment vivre, ni au nom de quoi agir. Pourtant, Nietzsche, lui-même, qui se présentait comme de la dynamique destructrice, attendait avec impatience les nouvelles aurores... Des volontaires ?

Sources :
N. Czerwinski, « L’humanitaire en tube »,
L’Express, 5 juillet 2004.
R. Brauman, « La responsabilité humanitaire » colloque organisé par le Comité international de la Croix-Rouge, 27 et 28 novembre 2001, http:/www. msf.fr
Article « Assistance humanitaire », Rony Brauman, in Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale, sous la direction de Monique Canto-Sperber,
J.M. Domenach,
Une morale sans moralisme, Paris, Flammarion, 1992. A. Etchegoyen, La valse des éthiques, Paris, F. Bourrin, 1991.
A. B.L. Gérard,
Le cadre d’une nouvelle éthique, Ramonville-Saint-Agne, Érès, 1998
J.C. Barreau,
Quelle morale pour aujourd’hui ?, Paris, omnibus, 1994.
V. Jankélévitch,
Le paradoxe de la morale, Paris, Ed. Seuil, 1989.


Moyenne des avis sur cet article :  4.27/5   (55 votes)




Réagissez à l'article

67 réactions à cet article    


  • Adolphos (---.---.59.170) 20 juin 2006 12:31

    « un ressourcement moral. Sans que cette morale soit pour autant contraignante »

    Heu, ca m’a l’air complétement contradictoire.. La morale, qui vise la perfection intérieure, est forcément contraignante. Par ailleur mélanger morale et politique, c’est n’importe quoi. Le politique est amoral. Elle ne vise que des interets et l’efficacité. Ce n’est pas du tout le cas de la morale.

    Par ailleur tu définis implicitement la morale comme « l’humanitaire ». Rien n’oblige de voir la dedans de la morale, et il y a des morales qui n’en ont strictement rien à faire de « l’humanitaire ».


    • Jigmy Jigmy 20 juin 2006 12:33

      C’est morale au sens le plus général possible, comme éthique pouir la vie, but fixé pour l’avenir et les hommes....


      • Jigmy Jigmy 20 juin 2006 12:38

        Puis je ne rejette pas d’emblée l’alliance morale et politique, je crois sincèrement qu’il serait possible d’union des deux, non sans grande difficulté bien sur. Parce que en effet les penseurs juifs voudraient allier politique et morale, et on voit les problèmes... :-P Mais, il pourrait y avoir plus de considération pour les pays africains, au niveau européen par exemple, en instaurant plus de commerces etc... C’est a dire qu’on essayerait de trouver une solution pour les aider, sans forcément répondre en urgence en envoyant des sac de riz ! parce que ca, ca ne change rien.


      • faxtronic (---.---.127.73) 20 juin 2006 13:38

        Oui la morale et l’humanitaire sont deux choses differentes. Enfin, il est difficile de definit l’humanitaire :

        http://stephanie.dupont3.free.fr/humanitaire.htm

        Disons qu’une action humanitaire est une action qui vise a soulager la vie des victimes de catastrophes ou des guerres, et cela sous le seul et unique pretexte que les victimes sont des hommes.

        Enfin cela était vrai. Peut on considerer les guerres d’afgnanistan, du kosovo ou d’irak comme humanitaire, poutant presentees comme telles, car on delivre des humains oppressé par d’autre humains, donc l’humanitaire devient de plus en plus pretexte à guerre. L’action humanitaire est alors pervertie, car on tue des familles (bombardement belgrade bagdad, kaboul) au pretexte de sauver d’autre familles, jugés plus meritantes et plus morales.

        Une guerre humanitaire est elle morale ?


      • Adolphos (---.---.59.170) 20 juin 2006 13:45

        « Puis je ne rejette pas d’emblée l’alliance morale et politique, je crois sincèrement qu’il serait possible d’union des deux, non sans grande difficulté bien sur. »

        Non, car la politique c’est la défence d’interets, or la morale est désintéréssé par définition ; par ailleur la politique ce n’est pas l’individu, mais la fonction, au nom du groupe. Qu’est-ce qui pourrait justifier d’appliquer une morale personnel au intéret d’un groupe ? C’est complétement inadapté !

        « éthique pouir la vie, but fixé pour l’avenir et les hommes.... »

        Pourquoi ? Ca ne m’a pas l’air d’être de la morale, ca.


      • Jigmy Jigmy 20 juin 2006 15:46

        La politique c’est la défense des intérets, vous dites. Des intérets de qui ? Ce serait vraiment contraire à nos intérets de permettre à l’Afrique de se développer ? Est-ce normal que les médecins africains soient obligés de devenir travailler chez nous s’ils veulent exercer correctement leur métier ? En ne les aidant pas, on favorise l’immigration. Mais a part empecher les immigrés de venir, personne ne propose quoi que ce soit.

        Etant donné la mondialisation, etc, je ne suis pas certaines que nos intérets soient toujours contraires aux intérets des autres... Tout est tellement devenu interdépendant à notre époque ! J’ai l’impression que nos apriori et nos catégories de pensée sont complètement dépassés par rapport au monde présent !


      • Adolphos (---.---.59.170) 20 juin 2006 16:42

        « La politique c’est la défense des intérets, vous dites. Des intérets de qui ? »

        Pour nous, de la France (chacun selon son camps, quoi).

        « Ce serait vraiment contraire à nos intérets de permettre à l’Afrique de se développer ? »

        L’Afrique est indépendante depuis 60 ans, et vit encore à nos crochets..

        « Est-ce normal que les médecins africains soient obligés de devenir travailler chez nous s’ils veulent exercer correctement leur métier ? »

        Et les 2.200.000 français qui ont dû quiter leur pays, à cause de l’ISF, des fonctionnaires et du chomage, c’est normal ?

        « En ne les aidant pas, on favorise l’immigration. Mais a part empecher les immigrés de venir, personne ne propose quoi que ce soit. »

        Vous faites erreur : l’immigration est une politique voulu par la France (suffit de lire les papier officiel) et on ne fait rien du tout pour « lutter contre », au contraire.

        « Etant donné la mondialisation, etc, je ne suis pas certaines que nos intérets soient toujours contraires aux intérets des autres... »

        Oui, dés fois il faut soutenir les nazi contre l’URSS, dés fois l’inverse : sans probléme.


      • Zamenhof (---.---.18.221) 9 août 2006 20:52

        Les guerres humanitaires ?

        ben, vous savez, quand on pense aux guerres humanitaires qu’a livré Hitler ... Vous ne le saviez pas ? Si ! (ça laisse rêveur sur les guerres humanitaires qu’on nous a « vendu » récemment non ?) Hitler a justifié toutes ses guerres par des raisons humanitaires, lisez :


      • miaou (---.---.12.99) 20 juin 2006 13:32

        Il est de la morale comme de tout ce qui compose la vie de l’homme post-moderne (amour, travail, consommation...) : superficialité, jetabilité, grand choix, absence de long terme...

        On ressent ici un besoin de revenir à la morale traditionnelle (tant en le niant, bien évidemment), ou du moins à, certains de ses éléments (en tout cas, pas de morale sexuelle). On met en évidence le fait que la morale laïque ne pouvait exister que face à un adversaire, en l’occurence la morale religieuse, et que face à l’évaporation de cette dernière, elle s’est elle-même décomposée.

        On peut mettre ,malgré tout en avant certaines nouvelles modalités :

        * une « morale environnementale » : il faut trier, recycler, ne pas polluer...=> cela reste au niveau du simple slogan

        * une « morale esthétique » : il ne faut pas être gros, ni moche (si tu l’es, c’est de ta faute) =>conduit à des discriminations et des souffrances.

        ...


        • zen (---.---.60.192) 20 juin 2006 14:22

          Et si l’on parlait d’abord de justice (sociale) ?...


        • Jigmy Jigmy 20 juin 2006 15:36

          Oui parfaitement, après la morale, c’est « la valse des éthiques » smiley Oui c’est déjà un bon début. Mais ces morales là n’obligent pas beaucoup.. au fond elles ne sont que ces genres dé déontologies. Déontologie des médias, déontologie de l’éducation etc... Mais, vous avez peut être raison, il serait au moins nécessaire de leur laisser leur chance, et de voir ce qu’on pourrait faire avec, en les développant un peu plus. Ces éthiques là ont au moins le mérite d’avoir bonne presse et de ne pas susciter les réactions violentes que la morale suscitent. La preuve, je suis vue comme une réactionnaire, une « gnangnan », une pieuse, une mauvaise étudiante de philo...Comme si j’avais proposé de revenir à la religion, ou de crer le monde des bisounours !

          La morale est devenue privée et en parler dérange, semble indécent et inquisiteur. C’est dommage, parce que a éviter le sujet on laisse se réveiller les fondamentalisme religieux, les sectes...


        • Adolphos (---.---.59.170) 20 juin 2006 16:43

          « la morale laïque »

          C’est quoi cette « morale » ? Les dix commandements déguisés, non ?


        • Zamenhof (---.---.18.221) 9 août 2006 21:04

          Oui, on commence à s’apercevoir qu’un certain retour à la morale traditionelle serait bien. La fidélité par exemple. Je regrette, mais comme dit la sagesse des nations « amour rime avec toujours », si dès le départ on considère que ça ne doit pas rimer avec toujours il y a qq chose de pourri dans le royaume de Danemark, pourri profondément, bien au fond du fruit.

          Et quand je dis la fidélité je dis la fidélité (et ce n’est pas incompatible avec le réalisme, et l’humanité) ainsi, j’admettrais, dans certaines circonstances, qu’on puisse être infidèle envers qq de vivant, mais profiter de ce qu’il/elle est mort/e pour le/la « remplacer » ça je n’admet pas. Ca pue la mort ; à tous les sens du terme.

          Joachim Ringelnatz a écrit « Ewig rein bleibt nur die Träne »

          c’est hautement vrai ; et le corollaire est qu’à partir du moment où on ne pleure plus on est impur.


        • prince2phore (---.---.207.253) 20 juin 2006 14:33

          finalement j’ai trouvé pire qu’un mauvais prof de philo, une mauvaise étudiante de philo... désolé mais votre article est sans grand interet. vous confondez tout et n’importe quoi. votre compréhension de Nietzsche et des autres laisse pour le moins à désirer et votre compréhension de la politique internationale (dont l’humanitaire fait partie) est nulle.

          Enfin comme celà a déjà été dit dans les commentaires, la morale est une affaire privée, nous nous sommes battu pour celà en France. Faites-vous votre propre morale jeune fille et respectez les lois de la république, on ne vous demande rien d’autre. si vous manquez d’imagination c’est vers la religion qu’il fallait vous tournez, pas vers la philo. Je vous conseille malgré tout de commencer à vous interesser à M. Onfray et Bourdieu (méditation pascalienne) si vous voulez voir le chemin parcouru par de vrais penseurs depuis (et grace à) Nietzsche...

          désolé si j’ai été rude, je dois être de mauvais humeur aujourd’hui et j’ai la flemme de réécrire mon commentaire... faites abstraction du ton méchant smiley


          • Marsupilami (---.---.162.202) 20 juin 2006 15:04

            Ouaf !

            Cet articulet est certes du gnangnan à l’état pur, mais dire d’Onfray qu’il est un « vrai penseur », c’est pousser le bouchon un peu loin. Onfray n’est qu’un ayatollah de l’athéisme rationaliste qui raconte à peu près n’importe quoi. Et je précise que cette critique est celle d’un agnostique...

            Houba houba !


          • Jigmy Jigmy 20 juin 2006 15:23

            Oh comme c’est gentil toutes ces critiques !Je me demande comment on peut arriver à etre aussi catégorique et péremptoire dans ces jugements avec une inconnue... Je ne me permettrais pas ça... Enfin, je suis peut etre trop morale :-P

            Vous ne comprenez pas ce que je veux dire par morale, parce que justement c’est une chose qui reste à faire : trouver celle qui sera adaptée à notre époque. Donc, ce dont je parle n’existe pas encore. Vous avions la morale théologique, puis la morale du devoir, maintenant on a plus rien. Avouez le quand meme ! mis a part quelques valeurs qui se perdent, on a rien.. Je ne suis pas là pour en inventer une, mais pour souligner que notre époque est perdue niveau morale. A quoi riment les dons par sms ? a quoi riment le peu d’engagement et les charity show ? A quoi rime cette morale de pacotille ? A quoi rime cette incohérence qui consiste à regretter le travail des enfants et à le permettre ?

            Je ne faisais que dire, qu’il faudrait clarifier tout ça. Que nous devrions nous poser certains questions comme nous donner les moyens de faire réellement appliquer les droits de l’homme, réfléchir à notre responsabilité vis à vis d’autrui, de la planète etc...

            Et vos réactions confirment ce que je pensais : notre époque est alergique à la morale, et plein d’apriori selon lesquels morale et politique sont incompatibles, morale et religion se ressemblent etc... Il faudrait secouer un peu tout ça. Et accepter de se débarasser des catégories du passé, pour voir ce qui pourrait etre inventé de parfaitement inédit, d’adapté à la mondialisation et au village global.

            je suis peut etre une mauvaise étudiante en philo, mais j’ai au moins compris la leçon de socrate qui consiste à s’étonner que le présent soit ainsi, parvenir à imaginer que l’on puisse en faire table rase, et ouvrir un débat. J’ai pas les réponses, c’est sur, mais la réponse doit être collective, donc j’ai au moins eu le mérite d’ouvrir le débat. Navrée que ce soit mal compris.

            Le renouveau moral est finalement encore un peu inactuel..


          • Marsupilami (---.---.162.202) 20 juin 2006 16:08

            Ouaf !

            Heureux les simples d’esprit, le royaume des Cieux leur appartient...

            Bon, c’était une boutade. D’où vient notre morale Occidentale ? Du croisement de la philosophie hellénistique et du judéo-christianisme. Même si les sociétés occidentales sont largement sécularisées, elles vivent toujours selon les préceptes moraux issus de cet héritage. Même un agnostique comme moi le reconnaît. J’ai dans mon background moral les évangiles.

            Et il est vrai que la morale « à la carte » née de l’apparition de l’hyper-individualisme narcissique et moutonnier contemporain est une non-morale. Nous ne pouvons pas vivre ensemble sans des valeurs morales communes.

            Tu as donc raison de dénoncer la morale « spray ». Mais tu le fais de façon si évanescente et nunuche que cela disqualifie ton propos.

            Quelle solution pour sortir de ça ? Personnellement, je pense qu’il faudrait réintroduire une éducation civique et morale dès le plus jeune âge, basée sur un axiome fondamental : Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse.

            Mais bon, on verra...

            Houba houba !


          • Adolphos (---.---.59.170) 20 juin 2006 16:44

            Quant à Bourdieu, il est aussi intellectuellement honnete que Marx, c’est dire le niveau !


          • Marsupilami (---.---.162.202) 20 juin 2006 17:08

            Ouaf !

            Adolfosse qui la ramène sur l’honnêteté intellectuelle ! Faudrait déjà qu’il connaisse ce que sont l’honnêteté et l’intellect !

            Houba houba !


          • Johan Johan 21 juin 2006 11:16

            A Prince 2 phore,

            Il me semble que votre ressenti soit dicte par un positivisme qui a nie les fondements psychologiques de la regulation de notre societe. A s’oublier ainsi, en s’etant affranchi de sa responsabilite vis a vis de Dieu, vis a vis de la Justice, pensant que « ce qui est juste, c’est le Droit », bref que le Droit preexiste a la Justice, il ne reste qu’une seule loi : l’amoralisme.

            Or l’Humain merite plus.


          • xenos (---.---.139.123) 21 juin 2006 13:21

            @ marsupilami

            « Quelle solution pour sortir de ça ? Personnellement, je pense qu’il faudrait réintroduire une éducation civique et morale dès le plus jeune âge, basée sur un axiome fondamental : Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse. »

            je n’avais pas lu ta phrase. je t’invite à lire ce que j’ai écrit sur cette phrase au titre : la morale du paresseux


          • xenos (---.---.139.123) 21 juin 2006 13:45

            «  » D’où vient notre morale Occidentale ? Du croisement de la philosophie hellénistique et du judéo-christianisme. Même si les sociétés occidentales sont largement sécularisées, elles vivent toujours selon les préceptes moraux issus de cet héritage.«  »

            remarque des plus judicieuse et qui à mon sens, ouvre une bonne explication sur la « nature » ambiguë de la morale occidentale. ( cela n’exclus pas d’autres systèmes moraux mais ce serait faire digression )

            car certaines philosophies dont l’occident fut héritière sont l’épicurisme et son pendant l’hédonisme. ces philosophies ont, entre autre, pour corollaires la recherche du plaisir et surtout le refus de la douleur. peut être considéré comme douleur, la culpabilité voire la discipline.

            ainsi dans son application absolue l’épicurien et l’hédoniste pourront être amené à transgresser certains critère moraux judéo-chrétiens pour s’exonérer d’une douleur.

            ex : mentir pour ne pas subir de punition.

            ces philosophies grecs qui eurent véritablement un impact dans la culture occidentale firent que l’individus de culture chrétienne se voit en perpétuel contradiction.

            les religions traditionnelles chrétiennes intégrèrent dans leurs propres dogmes les philosophies grec de ce type si bien que cela ajouta à la schizophrénie morale de l’occident qui dit une chose et son contraire ; fait une chose et son contraire.

            la morale devint donc un concept plus difficile à identifier par la présence de ces multiples philosophies qui s’entre-choc dans divers contradictions.


          • Jigmy Jigmy 20 juin 2006 16:34

            mdr :-P La manière nunuche c surement mon coté gamine blonde sur les bords smiley Non sans dec’ c’est pas évident de savoir comment écrire un article :-P. Si c’est trop sérieux, rébarbatif on nous lit pas ^^ Et si c’est facile on nous dit que c’est une analyse de surface

            Sinon c’est vrai que l’éducation peut être une bonne solution.. Mais j’ai du mal à y croire. Si les parents et les médias détruisent tout ce que l’école essaye de faire de bien... Puis, meme l’éducation civique c’est fait à la va vite, et mes cours portaient sur le rôle des délégués de classe ! lol Faut dire, j’ai peut etre eu que les boulets :-P ^^


            • miaou (---.---.226.88) 20 juin 2006 17:03

              « La morale est une affaire privée »

              Absolument pas (ne confondons pas morale et religion)....

              La morale est un ensemble de règles de conduite, de relations sociales, qu’une société se donne et qui varient selon la culture, les croyances, les conditions de vie et les besoins de la société (Wikipedia)


              • miaou (---.---.226.88) 20 juin 2006 17:06

                (Jigmy, où est donc passé votre joli avatar ?)


              • Adolphos (---.---.59.170) 20 juin 2006 23:02

                Non, la morale c’est privé, puisque c’est la recherche de la perfection intérieur. Mais certain on du mal à séparer l’espace privé de l’espace public, comme les Musulmna et les Socialistes. Comme quoi la laïcité est encore un combat d’avant garde.


              • Zamenhof (---.---.18.221) 9 août 2006 21:18

                Oui, la morale, LA pure, LA vraie, c’est privé, mais il y a aussi et nécésairement une morale publique, et forcèment dans une certaine mesure d’Etat. Bien sûr dans une société qui se veut non totalitaire (qui que ... de nos jours elle dérive beaucoup dans ce sens ....mais c’est un autre sujet !) c’est un problème, mais il y a forcèment des solutions, simplement il fAUT qu’elles soient non-rigides, capables d’adaptation ; De toutes façons une société idéale par principe ça n’existe pas, je pense que bous en êtees conscient. Et la tension entre la morale de la conscience et la morale de la cité, comme Antigone ou comme durant l’occupation, ou plus récemment c’sur, Education sans frontières, les faucheurs, etc (et ne fussent que les vieilles dames qui donnent à manger aux chats au nez des arrêtés municipaux, il ne faut pas les oublier, elles sont aussi fondamentales que les reste). Bref il y a de facto une morale « publique » officielle (il n’y a qu’à voir la mutitude de « responsabiltés » et de devoirs qu’on nous fourgue sur le dos actuellement dans les innombrables campagne de propagande des organismes d’Etat ! et la tendance de plus en plus poussée à CULPABILISER et criminaliser le citoyen ordinaire), de facto, et bien sûr aussi en légitimité (mais là, attention !! c’est pas simple, voir plus haut).


              • pingouin perplexe (---.---.89.224) 20 juin 2006 17:31

                A mon avis, il serait intéressant de procéder à un certain approfondissement des tendances que vous décrivez. Au départ, vous faites une allusion au retrait du patriarcat. La question peut sembler vue et revue, mais pourquoi pas l’approfondir ? Dans l’ouvrage de Charles Melman « L’homme sans gravité », il est question de comprendre la portée du passage d’une économie de la subjectivité placée sous le primat du désir à une autre placée sous le primat de la jouissance. L’auteur s’attache à analyser les conséquences, en demandant aux lecteurs attentifs si c’est effectivement là ce qu’ils veulent.

                A mon avis, les grands textes philosophiques et religieux que l’on assigne volontiers à résidence dans un oubli résolu, voire, dans des lectures superficielles, littérales et rapides qui ne parviennent plus à en restituer l’esprit, gagnent à un effort d’approfondissement afin d’éloigner les facilités consuméristes de ce que vous appelez « la morale en spray ».

                En philosophie contemporaine, vous trouverez peut être intérêt, si ce n’est pas déjà chose faite, à la lecture de Paul Ricoeur, qui a eu aussi, entre autres mérites, celui de contribuer à divulguer les apports de la philo analytique anglo-saxonne.

                Voici trois liens :

                http://www.magazine-litteraire.com/archives/ar_390.htm

                http://www.arretauxpages.com/magazine/article.php?id=7

                http://elec.enc.sorbonne.fr/document8.html

                Dans tous les cas, ne vous découragez pas o)

                Le pingouin


                • Jigmy Jigmy 20 juin 2006 20:35

                  Merci pour ce commentaire et vos indications ^^


                • Virgile (---.---.132.39) 20 juin 2006 18:15

                  Ca vole super-haut !! Ca analyse, ca conceptualise, ça paraphrase et ça cite !!

                  A mon grand dam, je n’ai pas pu pousser très loin mes études de philo !! Excusez amalgames de notion, confusions et autres exemples... Je parlerai de choses un peu concrètes ! Mais j’essaierai de m’élever... :-P

                  Je considère qu’on est d’accord sur le fait que :
                  -  « la morale à la carte née de l’apparition de l’hyper-individualisme narcissique et moutonnier contemporain est une non-morale. Nous ne pouvons pas vivre ensemble sans des valeurs morales communes. »
                  -  la morale, ça consiste à penser à autre chose que son intérêt personnel ou celui de ses proches, et agir plutôt pour l’avenir de son prochain.

                  De mon point de vue, Jigmy a identifié une raison essentielle à cela : le citoyen lambda (j’en suis !) s’y perd ! « Rien ne nous a préparé à avoir des devoirs (moraux) envers le monde entier. ». Faute aux profs, à nos parents ??? Je pense qu’ils n’étaient simplement pas mieux préparés (à nous préparer) et qu’ils ont vécu eux aussi des changements rapides sans avoir le temps de s’adapter.

                  Je suis surpris que personne n’est parlé de ce qui est, selon moi, l’autre raison essentielle : Notre société est basée sur l’argent (mondialement !!) et il y a souvent conflit entre Morale et argent. Parfois non, économie d’argent et d’énergie vont qd même de paire. Mais généralement, tous ceux qui ont une activité à but commercial et lucratif à l’échelle d’une vie, vous le confirmeront.

                  Par ailleurs, aujourd’hui, les médias, et la télévision en tête, conditionnent la pensée de la majorité (désolé, plus grand monde se réfère à Nietzsche & co... merci de nous rappeler ces grandes pensées, mais TF1 a plus d’aura !). Et à coup de spots pub ou plus insidieusement, ils replacent toujours le besoin d’argent au centre de nos préoccupations car il faut avoir, acheter, sortir, voir, voyager...

                  A part ceux qui ont assez d’argent pour se débarrasser de ces considérations bassement matérielles et quelques résistants, derniers adeptes des morales d’antan, notamment religieuses et philosophiques (là y a amalgame non ?)..., tout le monde se concentre sur le fric. Et même ceux qui prétendent ne pas vouloir gagner plus, ben ils aimeraient bien payer moins quand même !(pour les autres surtout !)

                  Pourtant, quand on fait un peu de pub à la morale, elle reprend le dessus ! Exemple de la « morale environnentale » : Qui n’a pas changer quelques habitudes pour mieux respecter l’environnement et laisser une Terre viable à son prochain : couper l’eau pendant qu’on se savonne, éteindre les lumières en quittant la pièce, ne pas laisser la TV en veille... C’est vrai que sur ces exemples, en plus on économise un peu d’argent... mais on le redonne aux restos du Cœur au final ! smiley

                  Bref. C’est là que la politique intervient ! Il y a des valeurs morales qui peuvent partager par la majorité, autour l’avenir de l’Homme, de sa dignité et de sa survie : lutte contre la misère, aide à l’instruction, sauvegarde de la biodiversité, protection de la santé ... Et qui peut permettre de diffuser ces valeurs morales dans les canaux disponibles, comme l’ont fait les autres courants de morales : aujourd’hui, les pouvoirs publics dirigés par... les politiques !

                  Voilà ! Moi j’ai un espoir. Je pense qu’on peut unir les gens autour des certaines valeurs morales. Je pense qu’il faut s’en donner les moyens à travers une politique volontariste d’éducation des citoyens, enfants à l’école comme disait Marsupilami, et des adultes... par les spots de Nicolas Hulot ! Et pour les entreprises, je sais trop que seules les contraintes réglementaires avec risques de ne pas vendre et de s’aquitter d’amendes colossales peuvent influencer les comportements. Je crois peu à l’entreprise citoyenne.

                  @+ Désolé, j’ai fait long. Soyez indulgents si vous avez des remarques ! ;-P).


                  • Jigmy Jigmy 20 juin 2006 20:45

                    médias, argent... c’est clair que les entraves à la morale ça ne manque pas smiley C’est vrai aussi que la morale n’a pas dit son dernier mot, lipovetsky appelle cela le réveil éthique, c’est a dire une exigeance éthique accrue depuis quelques décennies. Ca donne une mode de la morale, comme la morale environnementale, mais justement c’est le mot mode qui pose problème, et c’est tout a fait juste le crois ! La morale est une mode :-P Donc c’est par intermittence... On a décrété que la mode c’était de relacher des ours, mais si l’ours est passé de mode, ben tant pis pour lui, qu’ils crèvent ! Avec cette petite morale basée sur le divertissement et la petite larme de l’instant, on risque de relacher les causes, sans raison. A un moment par exemple, vers les années 98-2000, le Tibet c’était la mode. Le Tibet, les végétariens, le Dalai lama...Ben maintenant personne en parle, on a pas célébré le Tibet mais le Brésil l’année dernière (pour ne pas froisser la chine) et la chine a les jeux olympique... peut etre que si Dan Brown nous pond un livre sur le tibet, ou Spielberg un film, ( ou qui sait, si Paris Ilton se met au bouddhisme...) ça redeviendra à la mode. :-P


                  • Adolphos (---.---.59.170) 20 juin 2006 23:05

                    En gros, tu expliques que tu as besoin d’être dominé par quelqu’un pour resister à tes penchants profonds.

                    C’est sur que c’est étrange comme psychologie, mais je ne vois pas ce que vient faire l’arent ou la télé la dedans. C’est plutôt à toi de faire un travail sur toi même pour comprendre que tu es un individu.


                  • toto (---.---.68.74) 21 juin 2006 00:12

                    en parlant du bouddhisme, j’aimerais connaître la place de cette pensée dans la philosophie, car il s’agit d’un système de pensée cohérent et très construit, qui s’approche quelque peu de la pensée des grecs, mais je n’en ai jamais entendu parler dans mes études en cours de philo...


                  • Zamenhof (---.---.18.221) 9 août 2006 21:30

                    On EST toujours dominé de toutes façons ! Vaut mieux que ce soit par de choses de valeur et qu’on a choisi ! Et justement la télévision ça tombe bien, par la télévision et par la pub, de manière conscient, et surtout de manière inconsciente, la plupart des gens le sont, et pas un peu !

                    Et bien sûr par l’« esprit du temps » ? le CONDITIONNEMENT, la peur de ne pas penser comme il faut penser.

                    Sinon comment expliquerez -vous que quand quelqu’un fait l’éloge d’une toute nouvelle traduction de Tintin au Tibet en Espéranto (et de ramener bien sûr, à en avoir plein la bouche, la fraternité, l’anti-racisme, l’amitié avec un tibétain, etc) on ne peut s’empêcher (en 2006, mais les lecteurs de 1936 n’y pensaient pas un seul instant eux) de « tiquer » en voyant sur une image une salle de restaurent où des gens fument. Oh ! scandale ! oh shoking, comment a-ton pu représenter une chose aussi malsaine !! heureusement que maintenant il y a des lois ! On n’a pas encore fini de découvrir le bon sens de Pascal et de Montaigne visiblement.

                    « Ce n’est pas tellement de liberté qu’on a besoin, mais de n’être enchaîné que par ce qu’on aime. » (Pierre Reverdy)


                  • Tournez Menage (---.---.3.90) 20 juin 2006 18:25

                    On en apprend tous les jours ! Moi qui croyait que la morale avait été inventée pour que Momo arrête de raler :o


                    • Drôme Drome 20 juin 2006 20:36

                      Eh Oui c’est bien l’heure du contrat résiliable a la seconde. La morale déjà sortie des écoles ( qui se souvient de l’éducation civique ?), a des accents de vieille dame désuette au yeux de nos comptemporains. Et pourtant elle est si nécéssaire dans le contrat social ; que le pourrissement qui s’opère sous nos yeux vides et morts (dont la sensibilité n’est plus que rétinienne), n’est que la figure d’un corps dont la tête n’a plus de regard.

                      Comme le disait Jean Baudrillard dans « Cool Memories » : Bientôt les lunettes ne seront plus une prothèse, mais l’attribut héréditaire d’une civilisation dont le regard aura disparu.


                      • Zamenhof (---.---.18.221) 9 août 2006 21:32

                        Bravo ! excellent


                      • Aurélien (---.---.147.124) 20 juin 2006 23:21

                        A l’équipe Agora Vox,

                        Il n’y a pas de bouton pour signaler un abus, pour un article, comme sur les commentaires.

                        -> Contenu à caractère commercial (photographie)


                        • toto (---.---.68.74) 21 juin 2006 00:08

                          j’ai trouvé l’idée de l’article intéressante, mais il faut faire attention, et ne pas se laisser emporter par les expressions qui sonnent bien et rester dans le raisonnement rigoureusement construit.

                          il y a différentes morales possibles : kantienne, conséquentialiste...

                          distribuer du riz n’est pas forcément un acte moral au sens conséquentialiste : si on distribue du riz gratuit, le producteur local ne pourra plus vendre son riz et ça fera un affamé de plus.

                          je pense qu’on aide plus facilement les gens dont on se sent proche, et on ne se sent pas forcément proche de quelqu’un qui est proche dans l’espace (un voisin). La notion de proximité a évolué depuis le temps où on vivait dans les villages et où les deux notions coïncidaient. Maintenant les réseaux de connaissance sont délocalisés dans l’espace à cause des moyens de transport performants, d’internet...


                          • Zamenhof (---.---.18.221) 9 août 2006 21:41

                            eh oui ! c’est bien connu ! Diderot disait que celui qui n’aurait jamais le courage d’étrangler un boeuf de ses propres mains, n’hésiterait pas un instant à tuer un homme d’un coup de fusil depuis une distance où il n’est pas plus gros qu’une hirondelle.

                            Mais, justement la morale elle est là pour ça !

                            Pour nous rappeler que comme dit Ray Bradbury (Dans « Le Carnaval des ténèbres ») : « En vérité c’est connaître qui est le bien, et ne pas connaître ou refuser de connaître qui est le mal ou la source du mal ». La morale et la conscience ce n’est pas la même chose, la conscience c’est un sentiment, on l’éprouve ou on ne l’éprouve pas, et c’est très capricieux. La morale rationalise, nous fait réfléchir, nous éduque. On ne peut pas en faire l’impasse, sinon on revient, comme dans l’idéologie capitaliste actuelle, au cynisme des flibustiers.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires