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La nazification de l’Allemagne

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En Allemagne le parti nazi (NSDAP) s'impose dès la prise du pouvoir par Hitler dans toute la société avec une étonnante fulgurance par des moyens légaux et illégaux et surtout par un recours à la violence. En quelques mois la société allemande s'est métamorphosée.

Les nazis promulguent des lois leur donnant les pleins pouvoirs pour diriger le pays. Joseph Goebbels est nommé, le 11 mars 1933, ministre de la Propagande et se voit chargé de contrôler et de mettre en place une propagande habile et intensive dans la presse, la radio et le cinéma. Le 10 mai 1933, des étudiants et bibliothécaires " nettoient " les bibliothèques universitaires des ouvrages écrits par des auteurs jugés " indésirables " - libéraux, pacifistes, socialistes et juifs. Dans de gigantesques bûchers, des milliers de livres sont brûlés notamment ceux de Voltaire, Marx, Heinrich, Freud, Einstein, Brecht… L'ensemble des activités culturelles du pays est placé dès septembre 1933 sous l'autorité de la " Chambre culturelle du Reich ".

L'élimination des communistes et une des priorités d'Hitler. L'incendie du Reichstag qui survint dans la nuit du 27 au 28 février 1933 est immédiatement exploité pour accuser les communistes. La thèse du complot communiste a été rejetée lors d'un procès qui s'est déroulé à Leipzig en septembre 1933. Mais, entre-temps, toutes les dispositions ont été prises pour que la répression s'abatte contre les communistes et tout le mouvement ouvrier. Dès le lendemain de l'incendie, Hitler soumet un décret à Hindenbourg " pour la protection du peuple et de l'Etat ". Ce décret est aussitôt approuvé par Hindenbourg en application de l'article 48 de la constitution qui est similaire à l'article 16 de notre constitution de la Vème république. Il mentionne dans son préambule que ses dispositions sont ordonnées pour contrer les violences communistes qui mettent l'État en danger. En son article premier, le décret prévoit que les restrictions à la liberté personnelle, au droit de la libre expression des opinions, y compris la liberté de la presse, les restrictions aux droits de réunion et d'association, les violations du secret des communications [...], les mandats de perquisition, les ordonnances de confiscation [...] sont autorisées au-delà des limites légales. Un autre décret le 1er mars assimile l'incitation à la grève à de la haute trahison. Le 6 mars le KPD est interdit et tous les députés communistes sont emprisonnés. Au printemps 1933 plusieurs dizaines de milliers de communistes et sociaux-démocrates sont envoyés dans des camps de concentration.

La presse communiste ainsi que quelques journaux socialistes sont interdits et la milice du parti nazi, la SA, obtient le statut de police auxiliaire et se charge de traquer militants et responsables de l'opposition de gauche. Le KPD a été infiltré par les services de renseignements du parti nazi. Pierre Broué écrit (" Trotsky p. 729) :

"Des hommes connus jusqu'alors comme des dirigeants du Front rouge, des comités de chômeurs et autres organisations de masse, proches des organismes de direction, inflexibles dans la persécution des oppositionnels, apparaissent du jour au lendemain en uniformes de S.A. ou dans un bureau de police, dirigeant personnellement perquisitions et arrestations, interrogatoires même de militants arrêtés grâce à eux et par leurs soins. De telles découvertes, on s'en doute, accélèrent l'effondrement de l'appareil, le découragement et l'isolement des militants qui tentent de maintenir des éléments d'organisation.
Tout s'est déroulé très vite à partir de l'incendie du Reichstag, pièce maîtresse de la provocation au moyen de laquelle Hitler cherche à se débarrasser du Parti communiste dans un premier temps. Ce dernier est interdit le 1er mars, 4 000 de ses membres, des cadres essentiellement, sont arrêtés le jour même et le lendemain. A partir du 3 mars, se déroule, sur une plus vaste échelle, une véritable chasse aux communistes qui ne provoque que peu de réactions. Pourtant, à Oranienburg, un détachement de défense ouvrière organisé par un oppositionnel du P.C., Helmuth Schneeweiss, accueille à coups de feu le commando S.A. qui tente de pénétrer dans le quartier ouvrier. Le même jour, Thälmann, chef du K.P.D. est arrêté dans l'appartement où il se cachait à Berlin."

Dans ses priorités, Hitler vise aussi le milieu universitaire. Il veut que celui-ci soit contrôlé par les nazis. Ceux-ci s'appuient pour cela sur l'union nationale-socialiste des étudiants NSDStB créée dès 1926 et qui avait donc noyauté le milieu étudiant bien avant 1933. Les nazis ont opéré une véritable " purge " du corps des enseignants. Rien qu'entre 1933 et 1934 environ 1 680 enseignants universitaires ont été licenciés ou forcés de démissionner soit 14,4%. La Gleichschaltung (mise au pas) avait pour but de mettre la formation universitaire au service exclusif des objectifs du national-socialisme en obtenant, d'une part, qu'elle se concentre sur la propagation de la Weltanschauung (conception du monde) raciste et impérialiste nazie en éliminant toute voix discordante et, d'autre part en fournissant à la société totalitaire des cadres civils et militaires loyaux et dévoués.

A partir de 1933, seuls les nazis agréés pouvaient soutenir une thèse et faire l'objet de nominations universitaires. La " nazification " fut totale lorsqu'en 1936 tous les étudiants furent placés sous l'autorité du chef de la NSDStB (association des étudiants nazis). Au départ c'est l'association des étudiants nazis qui est le principal outil de la nazification. Ces étudiants fanatiques se chargent de faire la chasse aux enseignants juifs, communistes, socialistes… Une association d'enseignants nazis (NSDDB) s'est alors mise en place. Dès 1935 celle-ci était en mesure d'épauler l'association des étudiants dans cette " nazification " du milieu universitaire. Un enseignant sur quatre était alors membre de cette organisation nazie très sélective puisqu'en plus d'être membre du parti nazi il fallait être parrainé par deux nationaux-socialistes éprouvés. Cette association jouait un rôle dans les nominations, promotions et mutations des enseignants en épaulant et contrôlant l'administration universitaire. Le zèle partisan des enseignants nazis a eu dès lors plus d'importance que leurs qualités scientifiques et pédagogiques pour ceux qui voulaient obtenir des promotions. Pour les postes supérieurs (doyen, recteur, directeur…), il ne suffisait plus d'être membre du NSDAP. Une sélection plus sévère devait garantir qu'ils seraient prêts à participer activement à cette mise-au-pas de l'université. Parmi ceux qui ont été ainsi sélectionnés, rappelons que se trouvait Walter Hallstein qui sera le président de la CEE.

Le 14 juillet 1933, toutes les formations politiques sont interdites au profit du parti nazi, décrété parti unique. Ce parti avait été un instrument de la prise du pouvoir par Hitler. Il devient dès lors l'instrument de la nazification de la société. Le schéma selon lequel il y aurait eu deux minorités aux extrémités de la société : d'un côté une minorité de résistants et de l'autre une minorité de nazis doit être revu. Avec ce schéma, la grande masse des allemands auraient été des " monsieur-tout-le-monde " qui ne se mêlaient pas de questions de politique. Non ! Nous sommes très loin de ce schéma. Le parti nazi a compté environ 11 millions d'adhérents. J'ai calculé que cela faisait approximativement 1 homme adulte sur 2 et 1 femme sur 10 (voir le détail du calcul dans mon article : "Walter Hallstein était un nazi").

Précisons que diverses organisations directement liées au parti nazi ont joué un rôle de premier plan dans tout ce processus. Les plus connues sont sans doute les SA (sections d'assaut) et les SS (SchutzStaffel - groupe de protection). Mais il y en avait d'autres. Voici la liste de celles qui étaient intégrées au parti nazi :

-   SA : Les sections d'assaut.

-   SS : Schutzstaffel. "Escadron de protection".

-   NSKK : Corps de transport National-Socialiste (transport de troupes, de matériel, de munitions, déportation des juifs). Organisation para-militaire.

-   HJ : Les jeunesses hitlériennes.

-   NSDStB : Les étudiants hithériens.

-   NS : Les femmes nazies.

-   NSDDB : Association Nationale-Socialiste des enseignants.

Elles constituaient la colonne vertébrale du NSDAP. Elles ont joué un rôle majeur dans la montée en puissance de ce parti puis dans la diffusion et la suprématie de l'idéologie nazie dans tous les secteurs de la société. Elles étaient en fait, à elles seules, l'expression du nazisme autant voire plus que le parti lui-même.

Les syndicats sont remplacés par un nouvel organisme corporatiste, le " Front du travail ", contrôlé par les nazis. Les discours officiels sont désormais prononcés au cours de grandes cérémonies soigneusement orchestrées, rythmées par des musiques et des défilés.

Les mouvements de jeunesse, aux premiers rangs desquels figurent les Jeunesses Hitlériennes, enrôlent et mobilisent les jeunes Allemands. Au sein de son propre camp, Hitler ne garde que les éléments les plus dévoués et les plus disciplinés. Des militants de la SA sont éliminés lors de la " Nuit des longs couteaux, du 29 au 30 juin 1934 ", au profit des SS (Schutzstaffel - groupe de protection) dont le chef, Heinrich Himmler, est investi des pleins pouvoirs de police.

À partir de 1934, les fonctionnaires sont contraints de prêter un serment de loyauté à Hitler.

Une loi adoptée le 14 octobre 1933 permet la détention des individus pour une durée indéterminée, tant que les autorités de police l'estiment nécessaire et sans qu'aucun jugement ne soit prévu. En application de cette loi des camps de concentration sont ouverts dès 1933 : Dachau, Oranienburg et Emsland. Dès leur entrée dans les camps, les Juifs font l'objet d'un traitement particulièrement brutal, beaucoup y sont assassinés ou meurent d'épuisement.
Dans ce contexte, les communistes, les socialistes, les juifs, les intellectuels écrivains et artistes comprennent vite qu'ils sont menacés et beaucoup essaient de fuir le pays ce qui n'est pas toujours facile. Ce n'est pas d'aujourd'hui, qu'existe dans les États européens, une certaine obsession du " risque migratoire ". Les gouvernements barrent l'accès à leur territoire des exilés qui fuient en masse le nazisme. Les analogies sont troublantes entre l'attitude des États à l'égard des Juifs et des communistes dans les années 1930 et ce que nous connaissons aujourd'hui. Hitler pouvait faire de l'humour sur " ces juifs dont personne ne veut " car tous les Etats étaient réticents pour accueillir les réfugiés allemands.

Les réfugiés juifs, communistes et sociaux-démocrates qui arrivent cependant à l'étranger sont parqués dans des camps que ce soit en France ou en Russie. Dans ces deux cas, ils seront livrés aux nazis. Staline livrera ceux qui se sont réfugiés en URSS en application d'une clause secrète du pacte Hitler-Staline du 23 août 1939 et le gouvernement français les livrera en application de la convention de l'armistice du 22 juin 1940. Le PCF ne protestera ni dans un cas ni dans l'autre. En effet, jusqu'à l'opération Barbarossa du 22 juin 1941, la direction du PCF couvre la politique d'Hitler.


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21 réactions à cet article    



    • bernard29 bernard29 4 octobre 16:40

      @Emohtaryp

      En effet, il y a de quoi argumenter largement sur la nazification de la russie par Poutine et ses affidés. Heureusement les combats magnifiques des Ukrainiens organisent une riposte à la hauteur de l’enjeu. Notre devoir est de les aider à repousser les kremlinonazis hors de leurs frontières légitimes et légales.


    • Louis 3 octobre 21:50

      1939 : L’ALLIANCE DE LA DERNIÈRE CHANCE

      Une réinterprétation des origines de la Seconde Guerre mondiale

      Michael J. Carley

      © Presses de l’Université de Montréal, 2001

      https://books.openedition.org/pum/17689

      Au moment où l’Allemagne nazie prépare la guerre, les négociations entre la France, la Grande-Bretagne et l’URSS constituent la dernière chance de stopper l’agression hitlérienne. Pourtant, les gouvernements français et britannique se traînent les pieds. Finalement, les pourparlers entre les trois pays échouent et en août 1939, l’URSS signe un pacte de non-agression avec l’Allemagne.

      Le récit poignant que fait Michael Carley de ces négociations souvent secrètes n’est pas une belle histoire. La narration fascinante d’un jeu diplomatique très complexe, mettant en scène des personnalités souvent troublantes, repose sur des recherches de longue haleine menées par l’auteur dans les archives françaises, britanniques et soviétiques, accessibles au public depuis peu.

      En faisant de 1939 un moment fort de la guerre froide déjà amorcée après la Révolution bolchevique de 1917 et en montrant comment l’anticommunisme fut la cause majeure de l’échec de l’alliance contre Hitler, Michael Carley remet en cause les interprétations généralement admises sur les origines de la Seconde Guerre mondiale.


      • Gégène Gégène 3 octobre 23:11

        @Louis

        ça a l’air d’être un livre en accès libre, non ?
        sûrement très intéressant . . .


      • ETTORE ETTORE 3 octobre 22:33

        C’est fou, comme des saletés qui font vomir, font écrire !

        Avox, c’est devenu comme un baptême du saut à l’elaSTOC,....

        Faut juste arriver à vomir dans le sachet en plaSTOC, soit en descendant, soit en remontant....

        Soit comme certains savent si bien le faire, tenter le saut de l’espoir, et faire un PLOC en bas, et sauver son sachet !


        • zygzornifle zygzornifle 4 octobre 08:21

          Les nazis promulguent des lois leur donnant les pleins pouvoirs pour diriger le pays

          Comme en Russie, en Corée du nord et autres .....


          • Germain de Colandon Germain de Colandon 4 octobre 10:02

            @zygzornifle "Comme en Russie, en Corée du nord et autres .....

            "

            Comme la France ?

            http://drakkarfuribard.canalblog.com/archives/2022/04/25/39446047.html


          • zygzornifle zygzornifle 4 octobre 15:41

            @Germain de Colandon

            La Rance ....


          • Antoine 4 octobre 16:12

            Nazisme et communisme se ressemblent, le mensonge systématique en plus pour les cocos, réflexe porté à un haut degré par Poutine...


            • njama njama 5 octobre 02:28

              @ Jean Dugenêt

              bonjour, vous écrivez : « Ces Juifs dont personne ne veut » disait Hitler

              C’est bien possible qu’il aurait dit cela, mais pas avant l’échec de la Conférence d’Évian en juin 1938, et autres tentatives diplomatiques qui n’aboutirent pas davantage, quand bien même l’antisémitisme faisait très ouvertement partie de l’idéologie nazie, comme de la politique de l’Allemagne depuis l’élection de Hitler en 1933, pour in fine réduire l’influence des Juifs en Allemagne et les forcer à s’expatrier.

              Le régime nazi avait des liens étroits avec les sionistes de Palestine, qui partageaient d’une certaine manière une idéologie raciale et fasciste apparentée.

              Il n’est donc pas surprenant que les passagers du Saint-Louis aient été refoulés en 1939 de Cuba (pro US à l’époque), des États-Unis, du Canada et d’ailleurs.


              • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 7 octobre 15:40

                @njama
                Disposant de peu de temps, je ne peux, pour toute réponse, que donner un lien supplémentaire sur cette question qui n’est qu’un aspect connexe à la « nazification de l’Allemagne ».


              • njama njama 5 octobre 02:32
                Les contacts secrets : le sionisme et l’Allemagne nazie, 1933 – 1941
                Par Klaus Polkehn, Journal of Palestine Studies – 1976 traduit de l’anglais par Djazaïri
                L’antisémitisme devint une politique officielle du gouvernement allemand quand Hitler fut nommé chancelier du Reich allemand le 30 janvier 1933. Le printemps 1933 avait aussi vu le commencement d’une période de discrète coopération entre le sionisme et le régime fasciste allemand afin d’accroître le flux de capitaux et d’émigrants Juifs vers la Palestine. [.................................................]
                [.................................................]
                Conclusion

                Chaque fois que la coopération entre les sionistes et les fascistes est révélée, les auteurs sionistes recourent à l’excuse toute prête selon laquelle les contacts avec les nazis n’avaient été noués que dans le seul but de sauver des Juifs. Alors même que certains faits mentionnés précédemment contredisent cette thèse, on peut poser les deux questions suivantes aux tenants de cette thèse : N’y avait-il vraiment aucun autre moyen de sauver les Juifs Européens ? Etait-ce le véritable motif des sionistes pour pactiser avec le diable ?

                 On ne peut douter du fait que la seule possibilité pour empêcher le massacre de millions de Juifs (ainsi que d’éviter la seconde guerre mondiale qui a causé des millions de morts) consistait à renverser la dictature fasciste quand elle en était au tout début de sa phase de domination. Mais les dirigeants sionistes n’étaient pas intéressés par cette perspective – leur seul objectif étant d’augmenter le nombre de Juifs dans la population de la Palestine. Comme ils partageaient la vision anti-assimilationniste du nazisme concernant la race juive, ils ne considéraient pas la dictature fasciste comme une tragédie. Comme l’avait expliqué David Ben Gourion : « Ce que des années de propagande sioniste n’avaient pas pu faire, ce désastre l’avait réalisé en l’espace d’une nuit. »

                Non seulement les chefs sionistes ne firent rien contre le fascisme, mais ils entreprirent des actions qui sabotèrent le front antifasciste (en empêchant un boycott économique avec leur accord Haavara). En pratique, ils rejetèrent des tentatives pour sauver les Juifs Allemands dès lors qu’elles n’avaient pas pour but l’installation des Juifs en Palestine. L’exemple qui suit est celui de la conférence d’Evian : quand après 1933 la majorité des pays capitalistes refusa d’accueillir les réfugiés Juifs d’Allemagne, le président Américain Roosevelt appela à la réunion à Evian d’une conférence sur les réfugiés. Cette conférence se tint du 6 au 15 juin 1938 avec la participation de 32 pays capitalistes. La conférence échoua étant donné que les participants refusèrent d’accueillir les réfugiés Juifs. On aurait pu supposer que le mouvement sioniste, qui était aussi représenté à Evian, aurait essayé de faire pression sur les gouvernements pour qu’ils lèvent leurs restrictions. Mais les sionistes déposèrent au contraire une motion dès le début de la conférence pour demander l’admission d’1,2 million de Juifs en Palestine. Ils n’étaient pas intéressés par d’autres solutions et, comme l’écrira plus tard Christopher Sykes : « Ils avaient manifesté une indifférence hostile à l’égard de l’ensemble du processus dès le tout début… la vérité à ce propos est que la démarche tentée à Evian ne correspondait absolument pas à l’idée sioniste. »

                Les dirigeants sionistes partagent donc la responsabilité de l’échec à secourir un plus grand nombre de Juifs Européens. On doit en toute justice se souvenir que les Juifs qui ont survécu à la monstrueuse domination du fascisme ont été sauvés par les soldats du bloc antihitlérien, et particulièrement à ceux de l’armée soviétique qui a consenti un terrible sacrifice pour vaincre la dictature fasciste.

                https://mounadil.wordpress.com/2013/01/27/le-sionisme-et-le-regime-nazi-un-texte-important-de-klaus-polkehn-enfin-disponible-en-francais/


                • njama njama 5 octobre 02:36
                  A propos de la Conférence d’Évian, Israël Shamir résume les propos de Beit Tsvi :

                  Il [le mouvement sioniste] s’ingénia à faire échouer tous les plans de sauvetage (mis sur pied dans le cadre) de la Conférence d’Evian. Beit-Tsvi consacre un chapitre entier de son livre à ce sabotage, et il démontre l’influence absolument illimitée des sionistes sur la grande presse ainsi que leur capacité à se rendre maîtres des opinions. La conférence d’Evian avait été convoquée en mars 1938 à l’initiative du président américain Roosevelt, afin d’aider les Juifs à quitter l’Allemagne, qui venait d’annexer l’Autriche. Au début, le monde juif manifesta un grand enthousiasme pour cette initiative et il baptisa même cette conférence “Conférence de la conscience mondiale”. Le mouvement sioniste nourrissait l’espoir que la conférence accorderait la Palestine au peuplement juif, et qu’y serait prise une résolution enjoignant à la Grande-Bretagne – puissance mandataire en Palestine – d’y accueillir les réfugiés juifs.

                  Mais tel ne fut pas le cas. La conférence d’Evian se consacra à l’élaboration de plans pour le sauvetage des Juifs, et non pas à un quelconque plan de peuplement de la Palestine. Tous les représentants des différents pays participant à la conférence évoquèrent la possibilité d’accueillir des réfugiés sur leur territoire respectif, et ils se gardèrent bien d’exercer une quelconque pression (forcément vexatoire) sur l’Angleterre. “C’est alors que l’avis des sionistes sur cette conférence changea du tout au tout, écrit Beit-Tsvi, – la colère prit la place de l’enthousiasme et les espoirs se métamorphosèrent en déception. L’intervention du dirigeant du mouvement sioniste mondial, Chaïm Weitzman, fut remarquée : “Si la Conférence ne se met pas d’accord sur la résolution du problème des Juifs une bonne fois pour toutes au moyen de leur transfert en Eretz Israël- inutile de se fatiguer.”

                  Immédiatement, toute la presse sioniste lança une campagne hystérique, écrivant : “nous sommes rejetés et personne ne nous réconforte : le monde a perdu toute conscience.”

                  Mais les observateurs non sionistes étaient optimistes : la Conférence avait suscité l’espoir de voir tous les émigrants (juifs) potentiels admis dans les différents pays participants. Cet espoir était fondé, et c’est précisément la raison pour laquelle les sionistes s’ingénièrent de toutes leurs forces à le torpiller (avec succès).

                  Beit-Tsvi cite la lettre d’un dirigeant sioniste, George Landauer à un de ses homologues, Stiven Weiz : “Ce que nous (sionistes) redoutons, par-dessus tout, c’est que la Conférence (d’Evian) n’incite les organisations juives à rassembler des fonds afin de financer la réinstallation des réfugiés juifs (dans les pays participants), ce qui obérerait gravement notre propre collecte de fonds destinés à nos propres objectifs”.

                  Beit Tsvi résume les propos du chef des sionistes Haïm Weissman ; “Pour (financer) la venue des réfugiés juifs dans d’autres pays, il faudra beaucoup d’argent, ce qui signifie que les finances sionistes seront ruinées. Si la Conférence est couronnée de succès (c’est-à-dire, si elle permet aux Juifs persécutés de s’enfuir de l’Allemagne nazie), elle portera un préjudice irrémédiable au sionisme. Ce qu’à Dieu ne plaise : que les pays participants à la Conférence (d’Evian) proclament leur générosité et qu’ils invitent les Juifs d’Allemagne à venir se réfugier sur leurs territoires respectifs, et c’en serait fini du projet (sioniste) en Palestine : (il y aurait un éparpillement) entre (une multitude) d’autres pays d’accueil, les Juifs ne (nous) donneraient pas d’argent, et les Anglais n’accorderaient pas l’autorisation d’immigrer en Palestine !”

                  D’ailleurs, d’autres dirigeants du sionisme s’”intéressèrent” à l’idée de sauver les Juifs (à la conférence de la toute-puissance Agence Juive, tenue le 26 juin 1938) : Grinbaum évoqua l’”horrible danger d’Evian”, et David Ben Gourion en personne déclara qu’en cas de succès, la Conférence porterait un coup terrible au sionisme. La mission première des sionistes, ajouta-t-il, est de dénigrer la bonne image produite par la Conférence et de s’efforcer de la saboter, de ne pas lui permettre d’adopter une résolution (exécutive).

                  C’est ce qu’ils firent : une délégation de sous-fifres se rendit à la Conférence et, en substance, dissuada les délégués des autres pays, en leur susurrant : “mais pourquoi, grands dieux, avez-vous (absolument) besoin d’immigrants juifs chez vous, qu’allez-vous en faire ?”

                  ...
                  https://arretsurinfo.ch/comment-les-sionistes-ont-sauve-les-juifs-durant-la-seconde-guerre-mondiale/

                  • njama njama 5 octobre 02:43

                    note :Beit-Tsvi, un auteur que l’on peut supposer être une source très fiable, en raison de la position qu’il occupait :


                    "Sabbataï Beit-Tsvi, un vieux juif russe, avait travaillé toute sa vie aux archives de l’Agence juive à Tel Aviv. Une fois à la retraite, il avait “publié”, en 1977, un ‘samizdat’ (‘à compte d’auteur’), épais de quelque 500 pages au format in IV°, sous le titre fleuve et quelque peu nébuleux “La crise du sionisme post-ougandais aux jours de la catastrophe des années 1938-1945."

                    Le Titre anglais est : Post-Ugandan Zionism On Trial
                    A Study of the Factors that Caused the Mistakes Made by the Zionist Movement during the Holocaust. Volume I by, S.B. Beit Zvi.

                    On le trouve sur le Web en différents formats ... livre ou édition gratuite

                  • njama njama 5 octobre 18:49

                    @ Jean Dugenêt

                    Peut-être serait-il opportun de distinguer au moins intellectuellement, à titre d’hypothèse historique ? ce qui relèverait vraiment de l’idéologie nazie (ethnique, raciale...) j’en conviens, d’autres composantes économiques, d’intérêts géo-stratégiques majeurs (énergétiques par exemple) où là, l’opposition des communistes ou autres auraient eu ou non, voix au chapitre... la politique étrangère, celle du Quai d’Orsay pour ce qui nous concerne « français », est le pré carré de l’exécutif, qui échappe totalement ou presque au contrôle législatif.

                    Dans l’époque, la nôtre, je ne crois pas pour tout ce que j’en sais (...), que l’antisémitisme, clairement ouvert, exprimé, était l’apanage des seuls (allemands) nazis.*

                    Il parcourait l’Europe toute entière (pourquoi, je n’en sais rien) ... comme un virus codid pourrait-on dire pour imager

                    Preuve s’il en est, l’Exposition tenue à Paris, « Le Juif et la France » au Palais Berlitz (propagande Vichy) | Archive INA ( à Paris, propagande du r « Le Juif régime de Vichy ?) 12/09/1941

                    https://www.youtube.com/watch?v=ehFUV8z5oho

                    L’antisémitisme est très loin d’exprimer (à mon idée, pour ce que j’en sais,...) l’expression des coulisses de la politique allemande, et internationale (avant même les Bildelberg et autres consorts, clubs et chapelles obscures du même acabit...) de l’État profond, du moins opaques au commun des mortels, avec ces »Alliances" parfois conclues en dessous de table. ?

                    Essayons Camarade de ne pas être trop naïfs, bisounours diraient d’autres...
                    Bien à vous pour votre combat


                    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 7 octobre 15:42

                      @njama
                      Vous venez d’envoyer cinq commentaires à suivre probablement avec des copier/coller que vous avez sous la main. C’est en effet votre habitude. Je vous encourage à faire un effort de synthèse et à rester sur le sujet.


                    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 7 octobre 15:29

                      Je vous prie de m’excuser de ne pas avoir participé à la direction. Après m’être absenté quelques jours j’ai dû régler un problème avec mon antivirus qui bloquait la reconnaissance des codes de sécurité par mon navigateur pour les connexions sécurisées. Je viens seulement de corriger le problème.


                      • njama njama 12 octobre 13:56

                        @Jean Dugenêt

                        Bonjour, vous êtes tout excusé
                        Pour les copier-coller, vous n’avez pas faux, mais parfois il faut se répéter..., quant à l’essentiel de la publication initiale de ces commentaires à l’époque en août 2018, cet article n’avait probablement pas retenu votre attention

                        American Pravda : Juifs et Nazis
                        samedi 11 août 2018
                        Par Ron Unz*
                        Source : http://www.unz.com/runz/american-pravda-jews-and-nazis
                        Traduction : http://sayed7asan.blogspot.com
                        https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/american-pravda-juifs-et-nazis-206781


                      • njama njama 12 octobre 14:32

                        @Jean Dugenêt

                        Pour en revenir à cette citation non datée « Ces Juifs dont personne ne veut » disait Hitler, elle colle parfaitement avec les échecs successifs d’échanges diplomatiques internationaux sur ce sujet. Même si Hitler voulait se débarrasser des 500.000 Juifs* qui vivaient en Allemagne, cela n’explique pas (du moins pour moi) le cœur du nazisme, qui était avant tout une lutte à mort contre le communisme, subventionné par ailleurs par la finance internationale, notamment par la BRI en anglais Bank for International Settlements, BIS, créé en 1930** qui a permis le très spectaculaire redressement industriel, économique, et militaire de l’Allemagne en seulement une poignée d’années, après quelques années de grande dépression 29 /33. L’argent magique (sorti de la planche à billets) aurait « ébloui » le peuple allemand... (?)

                        Qui ne rêverait pas d’un redressement aussi spectaculaire après des années loin de la prospérité d’antan.

                        L’antisémitisme, sans être un épiphénomène, est (à mon sens) assez accessoire dans le paysage, une explication bien trop simpliste du nazisme, avatar de souverainisme et de capitalisme bourgeois. Qui se ressemble, s’assemble... ?

                        Les dirigeants sionistes partageaient pour la plupart, peu et prou suivant leurs factions, cette même fascination pour le fascisme (autoritarisme), de même que des penchants ethno-racialistes et le clivage de la société en classes sociales inégales, indispensables à l’ordre bourgeois.

                        ---------------

                        * Les dirigeants sionistes ne voulaient pas moins qu’une émigration en Palestine de 1,2 millions de Juifs (une logique genre, tous ou personne), le Livre Blanc sur la Palestine sous mandat britannique n’accordait qu’une émigration de 75. 000 Juifs sur 5 ans... ça coinçait forcément !

                        ** https://arretsurinfo.ch/a-la-rencontre-du-groupe-secret-qui-dirige-la-planete-la-banque-des-reglements-internationaux/


                        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 21 octobre 21:32

                          =====================

                          Le projet « AMELIORAVOX »

                          =====================

                          L’audience d’AgoraVox est en chute vertigineuse. Les démarches individuelles pour remédier à la crise ont toutes échoué puisque « l’équipe d’AgoraVox » fait la sourde oreille. Je vais tenter de constituer un groupe pour faire des propositions. Je demande à ceux qui sont intéressés d’envoyer un mail à « jeandugenet at gmail.com » avec en objet « amélioravox ».

                          Voir le texte en entier ici.


                          • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 28 octobre 08:21

                            Communiqué du groupe amélioravox

                            AgoraVox est un outil essentiel pour ceux qui veulent participer au « journalisme citoyen » c’est-à-dire à un canal d’information où les journalistes sont pleinement libres puisqu’ils ne sont pas tenus de respecter une ligne éditoriale.

                            AgoraVox est en danger puisque sa gestion est complètement opaque depuis 5 ans. Nous ne savons pas qui dirige, qui sélectionne les articles, qui ferme des comptes d’utilisateurs. Les critères ne sont pas affichés ou ceux qui sont affichés ne sont pas respectés. Les rédacteurs qui se plaignent n’ont aucune réponse. Les décideurs ne sont pas identifiés. Ils ne rendent aucun compte. Ils ne fournissent jamais d’explications. Leurs décisions sont donc arbitraires. Nous voulons connaître la vérité. Nous voulons retrouver la transparence qui existait avant novembre 2017. Nous ne trouvons aucun argument rationnel qui puisse expliquer cette opacité.

                            Nous voulons revenir à l’esprit qui était prôné par l’équipe de direction en place jusqu’en 2017. Elle écrivait dans son dernier article daté du 3 octobre 2017 :

                            « Si vous souhaitez vous impliquer davantage dans le fonctionnement d’AgoraVox, peut-être même en y collaborant de plus près (bénévolement ou pas), et si vous pensez avoir des idées novatrices ou un projet pragmatique pour innover et ainsi pérenniser notre média citoyen, n’hésitez pas à nous écrire, de préférence par e-mail (fondation at agoravox.fr). Les commentaires restent également ouverts ici bien entendu. Merci également pour les différents articles qui ont été publiés dans les dernières semaines dans l’optique d’améliorer AgoraVox et pour les commentaires qui les ont accompagnés. Ils contribuent grandement aux réflexions en cours. Même si nous intervenons rarement dans les commentaires, nous les lisons attentivement. »

                            Maintenant les articles qui sont écrits « dans l’optique d’améliorer AgoraVox » sont censurés. C’est inadmissible. Est-ce que ceux qui dirigent actuellement AgoraVox ont une légitimité pour agir ainsi ? Sont-ils les propriétaires du site ? Ont-ils été nommés ? Ont-ils été élus ? Notre avis peut-il et doit-il être pris en compte ? Nous voulons des réponses.

                            -=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

                            Les premiers signataires sont :

                            • Jean Dugenêt
                            • Jean J. Mourot
                            • Le Crapaud qui chante
                            • Martin
                            • Venceslas
                            • ZXSpect

                            -=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

                            Nous invitons les journalistes-citoyens d’AgoraVox qui sont d’accord avec ce communiqué à le contresigner. Nous proposons pour cela deux méthodes.

                            • Vous pouvez envoyer un mail à « jeandugenet at gmail.com » en mettant en objet « amélioravox ».
                            • Vous pouvez mettre un commentaire sur le site Bellaciao en indiquant votre pseudo. Pour cela suivez ce lien. Il faudra vous inscrire sur ce site.

                            La première méthode vous impose de donner une adresse email et la seconde vous impose de vous inscrire sur le site Bellaciao. L’inscription est gratuite et il peut être bon de fréquenter ce site au cas où il ne serait pas possible de revenir à une saine politique sur AgoraVox.

                             

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