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Accueil du site > Tribune Libre > La neutralité au service de l’idéologie dominante

La neutralité au service de l’idéologie dominante

 Si l’on écoute les bobos bien-pensants et leur troupeau de moutons agissant comme des prêtres de la pensée modérée auprès des masses, certaines informations, certains constats historiques et certains schémas de pensée sont indiscutables. Ainsi, leur façon de voir le monde se retrouve répandue de manière assez efficace partout où ces apôtres du “progressisme” (hic !) sévissent, c’est à dire principalement dans les médias et à l’école, deux instances très influentes dans notre monde actuel. En effet, les médias regorgent de journaleux prêts à tout pour imposer leur vision du monde aux autres, même à imposer une sorte de censure soft sur internet en dénonçant le complotisme et le populisme. De même, il faut être naïf pour croire que l’Education Nationale, qui certes permet l’éducation de tous, éduque de manière objective et neutre. Or, c’est justement ce que les membres de l’EN prétendent : la neutralité. C’est aussi ce dont certains journalistes, certainement plus malins que d’autres scandant haut et fort qu’ils sont partisans de certaines politiques, se réclament. En fait, ce qui fait de leur pratique quelque chose de criminel, c’est que, et les médias type BFM-TV, et l’Education Nationale, se disent neutres tout en faisant passer une vision du monde qui ne l’est pas. En outre, le comble est que les professeurs certifient former à l’esprit critique et que les journalistes se voient du côté de la Vérité, tels des combattants de Daesh après avoir reçus l’illusion divine d’Allah. Néanmoins, ce n’est pas tout, car leur vision du monde, conformiste au possible, remplie de sentiments bobos, s’accomode très bien, voire renforce l’idéologie dominante, qui est je le rappelle à toute époque celle de la classe dominante, c’est à dire de nos jours celle de l’oligarchie capitaliste. Cette oligarchie capitaliste voit en les valeurs suivantes le salut de l’Humanité, ou tout au moins son salut à elle :

  • néolibéralisme

  • européisme (important à retenir)

  • mondialisme

  • rejet du populisme et de tout ce qui s’en rapproche et qui menace son hégémonie.

  • fanatisme de l’innovation technologique

  • culte de l’entrepreneur et du rôle de l’actionnaire ainsi qu’effacement de la tâche des travailleurs.

Cette oligarchie capitaliste actuelle s’est construite lors de la contre révolution néolibérale qui a débuté dans les années 80 grâce au couple de l’enfer (au sens propre) Margaret Thatcher et Donald Reagan. Cette contre révolution a réussie grâce à de multiples facteurs qui vont de la chute du Bloc de l’Est à l’affaiblissement des mouvements populaires en Occident en passant par le renforcement de la bourgeoisie capitaliste un peu partout où celle-ci régnait. Les conséquences funestes s’éclaircissent de nos jours avec l’avènement d’un capitalisme mondialisé, financiarisé à l’extrême, mettant à mal les conquêtes populaires et socialistes et surtout faisant courir un grave risque à la planète toute entière par sa dynamique productiviste. De même, sur le plan idéologique, et c’est ce qui nous intéresse dans cet article, le fait que le pouvoir de la bourgeoisie capitaliste se soit renforcé a pour répercussion le développement de sa domination idéologique mise à mal suite aux deux guerres mondiales. Et elle s’est tellement renforcée qu’elle est parfois si omniprésente qu’on en vient à croire qu’elle est neutre, alors que c’est tout le contraire. Par conséquent, cette pensée idéologique se retrouve dans les livres scolaires des jeunes européens ou à midi dans l’écran plat diffusant le J-T. Cependant, il me faut tout de suite informer le lecteur que je ne blâme pas les profs qui ne font généralement même pas exprès de répandre cette propagande de la neutralité dominante. Bref, cette propagande masquée et non voulue prend à l’école plusieurs aspects. Etant moi-même lycéen en première j’ai pu les observer de près :

  • vision partielle de l’Histoire : On insiste sur certains évènements et on en laisse d’autres de côté. Les points sur lesquels le cours s’effectue sont politiquement correcte puisque officiellement on ne fait pas de politique au lycée. Or, ces points politiquement correct sont en plein dans le conformisme ambiant, c’est à dire qu’ils ne doivent pas dévier de l’esprit dominant, celui des bonnes-gens et des personnes raisonnablement raisonnables. Sauf que l’esprit dominant est très proche voire similaire dans sa façon d’interpréter le monde à l’idéologie dominante. Ainsi, les évènements sur lesquels on insiste sont ceux qui arrangent la classe dominante tandis que les faits non-abordés car non conformes au conformisme viennent mettre à mal les principes de l’oligarchie capitaliste.

  • vision superficielle de l’Histoire : On reste en surface, on analyse pas vraiment les tenants et aboutissants historiques et on ne remet pas en cause en profondeur les régimes et systèmes politiques. Par exemple, le communisme est abordé sans expliquer ni même mentionner le poids des luttes ouvrières dans l’Histoire et leur lien (plus ou moins proche ça se discute) avec le régime soviétique.

  • pure propagande : On rapproche ce qui n’a rien à voir pour dédouaner le camp du Bien. En effet, si l’oligarchie capitaliste ou encore les politiciens américains veulent réhabiliter leurs prédécesseurs auprès des jeunes, ils n’ont qu’à faire appel à ma prof d’Histoire.

Les aspects et formes (ci-dessus) pris par la propagande neutre faite à l’école conforte les valeurs de l’idéologie dominante exposées quelques lignes plus haut. Maintenant, je vais faire part au lecteur de plusieurs anecdotes concernant mon vécu en cette année de 1ère ES.

 

Tout d’abord, avant d’aborder des exemples précis et concis, il me faut m’attarder sur les termes historiques, économiques ou sociologiques vus en cours, leur utilisation et le sens que les professeurs en donnent. Beaucoup de ces termes sont employés en économie pour décrire l’ensemble des mécanismes économiques d’une manière qui se veut neutre, mais qui évidemment ne l’est pas. Ces mots-clés sont utilisés afin de répondre à une des valeurs de l’idéologie dominante ; celle du culte des actionnaires et investisseurs ainsi que la mise de côté du rôle des travailleurs. En effet, en économie, lorsque l’on traite du processus de production, les travailleurs qui sont à l’origine de toute production, sont classés au même titre que les machines, simples outils de production utilisés par les ouvriers, dans les facteurs de production. Pire, ils sont vus comme une charge pesant sur l’entreprise puisqu’on parle bien de coût du travail. Ainsi, les travailleurs ne seraient pas à l’origine de la production, ils seraient de simples outils coûtant à la collectivité et pesant sur l’économie. Or, c’est tout le contraire qui est vrai. En réalité, les travailleurs sont la base de la production économique, sans qui rien ne sortirait des usines, et aucun profit n’arriverait dans la poche des actionnaires. En effet, les machines, les outils de production, ne servent à rien sans salariés pour les utiliser afin de produire. Le travail est pourtant inhérent à la production économique, alors pourquoi est-il vu comme un coût, si ce n’est dans un but idéologique. Au contraire, on devrait plutôt parler de coût du Capital, puisque contrairement aux travailleurs, les actionnaires ne sont pas indispensables à la production comme le démontre les coopératives, malheureusement souvent écrasées par la concurrence capitaliste. En outre, loin de voir les actionnaires comme des charges, l’Education Nationale les dessine comme des êtres rationnels, en faisant donc des individus primordiaux qui éclaireraient de leur savoir les autres membres de l’entreprise. Mieux, ces capitalistes ou investisseurs (TPE) se voient transformés en producteurs dans la bouche de ma prof de SES. En fait, le producteur est rationnel et cherche à maximiser ses profits. Or, effectivement un capitaliste ou un investisseur cherche à maximiser ses profits, peut-être il est rationnel, mais ce n’est pas un producteur dans le sens où (dans le cas de l’actionnaire surtout) il ne travaille pas et ne produit donc aucune valeur. On a donc une vision partiale de la production où les travailleurs sont de simples outils, des coûts, utilisés par le patron, sorte de demi-dieux producteur et rationnel. Ensuite, du côté politico-historique, la logique est la même. En témoignent les cours d’Histoire où, et ce n’est pas une blague, ma prof a fait l’éloge d’un nazi, sans même évoquer cet aspect immonde de cet homme. En effet, Henry Ford, le nazi éhonté, l’auteur de l’ouvrage L’Internationale Juive, celui qui n’a pas hésité à financer le IIIe Reich et qui a soutenu Hitler jusqu’au bout de ses délires criminels, cette immonde crapule, est devenu par je ne sais quel tour de passe-passe l’initiateur du capitalisme du bien-être. Donc, on promeut un nazi qui, bien qu’il payait en effet plus les ouvriers que la moyenne des industriels yankees, a quand même exploité durement ses ouvriers dans des tâches qui n’avaient rien à voir avec le bien-être. Et encore une fois, on fait l’éloge du capitaliste, tout en mettant de côté le rôle des salariés. Enfin, il y a un réel problème avec le mot démocratie qui est utilisé à tort et à travers. En fait, sans polémiques, la démocratie est incompatibles avec le mode de production capitaliste tout simplement parce que dans une société capitaliste le peuple n’a pas la main sur la majorité du secteur économique détenu par les propriétaires lucratifs. Donc, la démocratie est incomplète pour cette raison. Néanmoins, même si l’on admet que la démocratie se concentre sur le plan politique et que le système représentatif est un type de démocratie, même dans ce cas là le terme de démocratie est usité en dehors du réel dans une logique de défense de l’héritage capitaliste et même de notre société capitaliste actuelle. Ainsi, les USA sont vus comme le pays de la démocratie, alors même que les afro-américains n’ont obtenu le droit de vote que récemment, et que les Etats-Unis, par l’intermédiaire de la CIA, sont à l’origine de multiples tentatives d’instauration de dictatures fascisantes dans le but de préserver les intérêts des capitalistes américains et du fameux monde-libre, représentant le monde non-soumis aux régimes bureaucratiques. De même, de nos jours les pays membres de l’UE sont décrits comme des démocraties alors même que les traités, imposés par la ruse à l’encontre du référendum de 2005, détruisant la souveraineté économico-politiques des états et instaurant le règne des banques, sont antagonistes à la démocratie. Ainsi, cette pure propagande vise à réhabiliter l’héritage des sociétés capitalistes et de leurs dirigeants, muselant dès l’école tout esprit critique à leur encontre.

 

Ensuite, abordons sans tarder la SES à travers différentes anecdotes qui démontrent la propagande qui se cache derrière les bonnes intentions faussement généreuses de l’arrière chambre de l’oligarchie capitaliste... oups... de l’Education Nationale. Tout d’abord, ce bourrage de cranes tend à faire disparaître l’Histoire sociale française, c’est à dire l’Histoire des luttes populaires qui se sont déroulées depuis 1789. Par exemple, notre prof de SES introduit de manière tout à fait particulière la protection sociale en France. D’une part, il explique que notre modèle de protection social oscille entre deux logiques : l’assurance et l’assistance. Jusque là il n’y a pas grand chose à dire. Mais, d’autre part, il explique que l’origine de la logique d’assurance nous vient de Bismarck. Bon, certes Bismarck a bel et bien développé une protection sociale en Allemagne, mais déjà celle-ci était minime et ne protégeait que de la vieillesse, et surtout c’était dans le but d’éviter la propagation des idées socialistes en calmant les travailleurs. De plus, le prof n’a même pas mentionné le rôle du mouvement ouvrier français dans l’instauration de la protection sociale en France. Pourtant, l’idée de Sécurité Sociale nous vient bien du socialisme français qui, dès Jaurès a pris le problème à bras le corps, et qui a, par l’intermédiaire du Parti communiste, mis en place la Sécurité Sociale au sein du Conseil National de la Résistance. Bref, encore une fois l’héritage des luttes sociales est mis de côté pour nous faire croire que l’on doit nos acquis sociaux à un Etat-providence, voire à la gentillesse de nos classes dirigeantes. Sur le même plan, celui de l’effacement de l’Histoire ouvrière et sociale, on explique aux jeunes français que l’amélioration des conditions de vie des travailleurs sont dues principalement au progrès technologique. Ainsi, on gomme le rôle des luttes sociales dans la conquête des acquis sociaux, et le fait que ce sont majoritairement les avancées sociales qui sont à l’origine de l’évolution positive des conditions matérielles d’existence de la classe productive. Car, même si le progrès technologique joue un rôle dans cette évolution, celui-ci est minime. En fait, rien n’empêche les capitalistes, en plaçant les bénéfices quantitatifs de production obtenus grâce au progrès technique dans leurs dividendes, de continuer à laisser les travailleurs dans la misère. Alors que les avancées sociales fixent un seuil de salaire qui, lui ne varie pas selon les envies des actionnaires puisqu’il est obligatoire et mis en place (plus ou moins) par le peuple via l’Etat. Et pour ceux qui veulent rétorquer qu’il faut faire confiance aux actionnaires dans la juste répartition des revenus au sein de l’entreprise, laissez-moi dire que je ne fais pas confiance à des individus qui la plupart du temps fraude fiscalement car ils ne veulent même pas contribuer à l’intérêt général par les impôts. Voilà en ce qui concerne la SES, mais ce ne sont que deux exemples parmi tant d’autres. Les élèves se retrouvent donc perdus, à ne même pas savoir ce qui est à l’origine de la montée du bien-être au travail.

 

Maintenant, il nous faut nous attarder sur le programme d’Histoire si l’on veut bien comprendre le contenu de la neutralité dominante. Avant d’entamer ce programme, le lecteur doit savoir que c’est un peu n’importe quoi qui est enseigné dans nos lycées. Tout d’abord, sans même rentrer dans le détail du contenu, cela saute aux yeux que la manière dont l’Histoire du 20e siècle est rapporté ne peut que donner un apprentissage mauvais. En effet, à l’Education Nationale on aime séparer. D’une part, on sépare assez souvent l’Histoire de l’économie ou de la philosophie. Par exemple, on en arrive à expliquer que la première guerre mondiale a été provoquée par l’impérialisme, ce qui est vrai, mais on ne dit jamais aux élèves le rôle au combien important de l’évolution du capitalisme dans la mise en place de ces politiques impérialistes. Celles-ci sont le fruit de la crise de 1873, qui a eu pour conséquence de mettre fin au libre-échange et de faire monter prodigieusement le protectionnisme le tout sur fond de conquêtes coloniales. Or, au lycée on résume l’impérialisme à un nationalisme 2.0, ce qui n’éclaire pas les élèves. D’autre part, le 20e siècle est disséqué en deux thèmes, qui sont “La guerre au 20e siècle”, englobant les deux guerres mondiales, la guerre froide et les nouvelles conflictualités, et “Le siècle des totalitarismes”. Or, on voit ces deux thèmes séparément, l’un après l’autre, et comme ils sont longs, on en arrive à voir la seconde guerre mondiale 4 mois avant de s’intéresser à ce qu’ils appellent les régimes totalitaires, alors qu’il y a un lien direct entre ces deux points. Par conséquent, l’enseignant est obligé d’apprendre aux élèves une Histoire superficielles, où on ne rentre pas en profondeur dans la matière historique et où on se contente d’exposer des suite de faits en essayant de les relier à l’aide d’une pseudo analyse qui ne fait pas avancer bien loin la réflexion. Cependant, si le mal s’arrêtait à ici, on pourrait se dire que ça passe encore. Mais, en fait, ce n’est pas du tout le cas. Pour décrire le gros du programme d’Histoire, je vais m’appuyer sur un document trouvé dans mon manuel d’Histoire et qui résume à lui tout seul ce qui va suivre.
 

Le document en question est ci-dessus. Comme vous pouvez le voir il matérialise les deux alliances qui se sont affrontées durant le conflit, c’est à dire la Grande Alliance et l’Axe, ainsi que leurs pays membres. Néanmoins, à travers cette simple récapitulation de faits historiques, toute la propagande de l’idéologie dominante se déchaîne. Premièrement, vous observez que trois régimes se retrouvent liés les uns les autres à cause d’un concept provenant d’une pseudo philosophe, Hannah Arendt. Il s’agit des régimes nazis, fascistes et “communistes”. Si classer ensemble les deux sortes de fascisme qui ont participé à la guerre ne pose aucun problème, venir y rattacher le régime bureaucratique stalinien, qui plus est en le qualifiant de communiste est une énormité qui est, soit une erreur, ce que je ne pense pas, soit une volonté manifeste de salir le communisme auprès des élèves, ce qui s’avère être le cas. En effet, car si le régime stalinien partage en commun avec les deux autres le fait d’être une dictature aux mains d’un seul homme, ses bases économiques et sociales n’ont rien à voir. Dans le cas des régimes fascistes, le dictateur s’est appuyé sur les classes dominantes d’un mode de production qui leur est antérieur : le capitalisme. En effet, Hitler, Mussolini et Franco doivent leur succès à la bienveillance financière de la bourgeoisie capitaliste. Celle-ci était près à faire appel au fascisme et, par conséquent à abandonner le libéralisme, afin de réprimer le mouvement ouvrier en prétextant une menace bolchevique. Quant au régime soviétique, Staline s’appuyait sur la classe dominante d’un autre mode de production, qui lui est apparu avec le stalinisme, en aboutissement de la bureaucratisation progressive des institutions issues de la Révolution Russe : c’est le mode de production bureaucratique, ayant pour classe dominante la bourgeoisie bureaucratique, c’est à dire l’ensemble des apparatchiks s’enrichissant grâce à leurs fonctions et voulant à tout prix se faire une place au sein du régime, même s’il faut accepter les horreurs staliniennes. De plus, le terme de communisme est utilisé de manière absurde pour décrire un régime qui ne l’est pas. En effet, le communisme représente une société égalitaire et sans classes sociales. Or, l’URSS n’avait rien d’égalitaire car la bureaucratie tirait son opulence du peuple travailleur qu’elle contrôlait et, s’il le faut, réprimait dans le sang. Ainsi, le concept de communisme est sali auprès des élèves afin, en dernière instance, de dissuader les jeunes français de se révolter et de se battre pour la société égalitaire. Et cette propagande devient encore plus efficace quand on l’accouple avec un autre boniment. En fait, lorsque l’on aborde les régimes fascistes on n’explique pas, ou très peu et de manière confuse, les liens entre le capitalisme et le fascisme. On ne dit pas que le grand Capital s’est servi du fascisme comme d’un outil pour détruire les forces populaires. Par conséquent, on fait croire que le capitalisme est propre et qu’il n’a pas de responsabilité dans la barbarie fasciste. Par conséquent, alors que l’URSS est lié pour l’éternité au fascisme par le cordon du totalitarisme, les régimes libéraux, qui sont plus ou moins aux mains des bourgeois sont lavés de tout soupçon. En résumé, on fait croire que le communisme est similaire au fascisme dans le sens où il a pour conséquence le totalitarisme, et que le capitalisme est propre et représenté uniquement par les pauvres régimes libéraux agressées par les ogres totalitaires. Ainsi, la moralité est toute simple, l’Education Nationale arrangue les lycéens en disant : “Surtout ne votez pas pour la radicalité, sinon vous aurez un dictature sur les bras. Continuez à voter pour les candidats modérés et ne vous inquiétez pas, vos dirigeants s’occupent de tout”. Ensuite, on présente d’une manière un peu particulière les régimes libéraux qu’on surnomme les démocraties libérales. Avant tout, il faut informer le lecteur que le capitalisme et le libéralisme sont incompatibles avec la démocratie comme je l’ai déjà expliqué plus haut. En effet, dans une société capitaliste le peuple n’a pas la main sur la majorité du secteur économique détenu par les propriétaires lucratifs. Donc, la démocratie est incomplète pour cette raison,puisque le pouvoir économique n’est pas aux mains du peuple. En fait, le pouvoir économique est possédé par ceux qui détiennent la propriété, les possesseurs des moyens de production et des banques, c’est à dire la bourgeoisie capitaliste. Or, ceci est tout sauf démocratique. Le peuple lui est obligé de travailler pour ces charognes en se faisant exploiter, voire aliéner. Surtout qu’une société démocratique complète ne peut pas se concevoir sans que l’égalité règne entre ses membres, car celui qui est privilégié sur l’autre va toujours acquérir plus de pouvoir et donc faire capoter la démocratie complète. Or, comme vous le savez l’égalité sociale n’est pas possible avec le mode de production capitaliste. Cependant, comme je l’ai écrit plus haut, même si l’on admet que la démocratie se concentre sur le plan politique et que le système représentatif est un type de démocratie, même dans ce cas là le terme de démocratie est usité en dehors du réel dans une logique de défense de l’héritage capitaliste et même de notre société capitaliste actuelle. En fait, on désigne par démocratie le Royaume-Uni et les Etats-Unis, qui ne sont pas des modèles. Commençons par le plus soft, le RU. Il ne faut pas oublier que la “démocratie représentative” anglaise ne l’était pas vraiment. Les quartiers pauvres n’avaient qu’un nombre limité de circonscriptions (donc de députés) alors que les quartiers riches, bien moins peuplés, en avaient bien plus. Cela permettait aux bourgeois d’avoir leurs représentants majoritaires dans les chambres. Les bourgs pourris au 19e siècle en sont le cas le plus extrême avec une circonscription d’un seul riche électeur. De plus, c’est bien le royaume-uni qui, sous prétexte de lutte contre le communisme, a favorisé la dictature en Grèce. Et les cas de corruption, d’accords entre les politiciens et les capitalistes, de fraudes et de mensonges sont similaires (même si ça dépend des moments historiques) à ceux que nous connaissons actuellement en France, à la différence près que le problème de l’Union Européenne ne se posait pas (encore). Passons maintenant au plus hard, les USA. Déjà, la vie politique est confisquée par deux partis depuis plus de 150 ans. Grâce au système des grands électeurs et de toutes les barrages constitutionnels, ce sont toujours les mêmes politiciens qui règnent depuis des lustres. En outre, tout au long de la guerre froide, le soi-disant pays de la liberté et de la démocratie interdisait à ses membres de couleurs de voter et les ségréguait violemment. De même, ce pays n’a pas hésité à multiplier les coups d’états contre les régimes socialistes via la CIA. En témoigne du fond de sa mort Salvador Allende qui a subi le coup d’état d’un certain Augusto Pinochet, arrivé dans les valises de la CIA. Et ceci n’est rien par rapport aux masses de choses pas très démocratiques ayant gravé sur leur étiquette “Made in USA”. Les jeunes ne savent pas la vérité sur ce pays semi-barbare ce qui enchante certainement les partisans de l’atlantisme et du mondialisme. On parvient en outre à faire croire aux jeunes français que ces différents pays ont été des démocraties et par ricochet que nous sommes actuellement en démocratie.

 

Ensuite, intéressons nous au cours de géographie dans lequel l’influence européiste est bien palpable. En fait, l’européisme est une valeur fondamentale de l’oligarchie capitaliste européenne, car celle-ci assoit grandement son pouvoir sur les traités libéraux violant la souveraineté des nations dans le cadre de l’UE et de la Zone Euro. Pour faire vite, on reste en superficie, on n’aborde pas tous les problèmes politiques et socio-économiques engendrés par ce que l’on appelle l’Europe. Par exemple, on voit bien les inégalités entre les différents pays membres mais on ne précise pas que l’Europe agrandit ces disparités, et ce pour diverses raisons. Rien que la monnaie, forte, adaptée à l’économie allemande, rend la vie économique des pays du sud encore plus compliquée comme en Italie et en Espagne. Et le viol de la population grecque par les créanciers européens, ce qui pousse à la misère et à la pauvreté des millions de grecs, n’est même pas mentionnée dans les programmes. En outre, ma prof d’Histoire raconte avec enthousiasme la possibilité d’instauration d’euro-régions à cheval sur plusieurs pays, ce qui détruirait le peu de souveraineté nationale qu’il nous reste. Bref, la volonté des européistes est simple. Il faut que les élèves sortent des cours de géographie en s’exclamant : “Vive l’Europe !”.

 

Enfin, pour couronner le tout, en guise de cerise sur le gâteau, les rares personnes ayant adhéré aux combats populaires, communistes et anti-impérialistes, que le système reconnaît, parce qu’il est obligé dans des soucis de crédibilité, voient leur passé socialiste gommé et passé sous silence. Juste un exemple, car l’article est suffisamment long comme ça, Pablo Picasso. En cours d’Espagnol on a vu son engagement antifasciste, mais pas une trace de son orientation communiste. Les élèves sont poussés à respecter (et il en va de soi) certains personnages historiques, sans savoir leur cause car elle rentre pas dans le politiquement correct assis sur l’idéologie dominante.

 

Pour conclure, à travers ces anecdotes sur mon vécu en 1ere ES, mon objectif est de faire comprendre que la neutralité promue dans les médias et à l’écoles, deux grandes instances de socialisation, n’est pas neutre du tout, s’assoit et renforce l’idéologie dominante.


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6 réactions à cet article    


  • Choucas Choucas 5 février 2018 14:45

    ALIBI : NATURE + INDIVIDU
     
    féminisme, biobio, « make the planet great again », jouer au foot avec petits colons, végan, gouinisme, pédérastisme, transgenrisme, snas-frontièrisme, migrantisme, anti-spécisme, anti-racisme, consumérisme, gpa, droit de l’individu contre droit de la communauté etc.
     
    = alibi mondialiste = l’individualisme et naturalisme
    <> concept politique
    <> communauté politique
     

    « L’informatisation de la société au service de la convivialité, sera l’idéologie humaniste de la nouvelle société [...] la convivialité est la morale de la société de consommation [...] La société assistée [fesses-boucs] devient celle de la libido assistée »
    Clouscard 1981 ‘le capitalisme du gogochon’
     
    « Il ne faut jamais céder à ne indignation morale »
    Karl Marx


    • Choucas Choucas 5 février 2018 14:48

      LES PETITS BLANCS DE TRUMP NE SE FONT PAS PIÉGER PAR LE DISCOURS DES VERTUS
       
      Démocrates : vertus sociétales, gouines, pédérastes, mexicains, noirs, biobio, nature, c.a.d « jouer au foot avec petits colons noirs », « Oradour » et “make the planet great again”
       
      Républicains : vertus religieuses (le “sifflet infrason des chiens blancs”) avortement, créationnisme, mission américaine universel, Israël, racisme, etc.
       
      Trump : recentrage sur le social américain, chômage, délocalisations, et divisions de réserve du Capital passant le mur.
       
      75% de blancs = divide et impera pas encore fait = Trump l’improbable anti-système = démocratie encore possible = démocratie demande mono-culturelle (Todd !)
       
      Ainsi le vote de la ceinture de rouille, et certains noirs, des souchiens en fait aux US, ne sont pas dupes du discours gogochon vertueux, ils s’abstiennent.
       
      Todd chez Taddeï sur ce que veut dire le vote Trump, très clair (20mn) :
       
      https://www.youtube.com/watch?v=Zg5uMV7h9PU
       


    • gardiole 5 février 2018 18:49

      Ok, Staline and Co n’étaient pas communistes. Mais ils prétendaient conduire leurs peuples vers le Communisme. S’il faut passer par là pour accéder à la société sans classes, ma réponse est « Non merci ! ».


      • Dictature du peuple Dictature du peuple 5 février 2018 18:56

        @gardiole
        Oui, comme la réponse de tout marxiste ayant compris ce que doit être le communisme. 

        En fait, Marx pensait que c’est par la dictature du prolétariat, c’est à dire de la classe ouvrière organisée, que l’on pouvait bâtir le socialisme puis à terme voir naître le communisme. 
        Lénine, lui, pensait que le prolétariat avait besoin d’une avant-garde auto-proclamée communiste pour le guider. Il n’y a donc jamais eu de dictature du prolétariat après Octobre 1917, mais plutôt une dictature de l’avant-garde du prolétariat, soit le parti bolchevique. 
        Par la suite, l’avant-garde communiste a laissée la place (petit à petit) à une classe d’apparatchiks, pas forcément communiste d’ailleurs, juste là pour profiter des avantages. Ceux-ci ont pris le pouvoir sous Staline à tous les échelons, ce qui explique le fiasco qui suit. 
        En fait, selon moi, Trotsky incarne l’avant-garde communiste éclairée croyant pouvoir changer le monde sans les ouvriers, tandis que Staline s’est appuyé pour arriver au pouvoir suprême sur la masse d’apparatchiks voulant s’enrichir sur le dos du peuple. 

      •  C BARRATIER C BARRATIER 5 février 2018 19:12

        Les bourgeois font partie du peuple, ou bien faut il appeler peuple seulement les ouvriers, -qui heureusement s’embourgeoisent- les chomeurs, les sans abri.....Pour moi le peuple est l’ensemble de la population française, les citoyens.

        La neutralité, n’est ce pas la laïcité ? Qui respecte toutes les opinions....

        Laïcité de notre République et de chacun http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=196

        • Dictature du peuple Dictature du peuple 5 février 2018 20:06

          @C BARRATIER
          Les bourgeois ne font pas partie du peuple. En fait, le peuple c’est l’ensemble des dominés qui, dans notre société actuelle, élisent les pantins de l’oligarchie capitaliste. Par oligarchie capitaliste j’entend donc la bourgeoisie capitaliste (de l’industrie, des banques ou du secteur tertiaire), les politiciens, les hauts bureaucrates....

          Les ouvriers s’embourgeoisent ? Il est vrai que grâce aux luttes sociales et à l’ensemble des acquis sociaux conquis par le peuple ouvrier celui-ci a vu ses conditions matérielles d’existence nettement s’améliorer. Néanmoins, il est faux de dire qu’avec la crise ce processus « d’embourgeoisement » (ce mot n’a pas de sens théorique) se poursuit, alors que les ouvriers se font marcher dessus plus que jamais. Le tout sur fond de remises en compte des avancées sociales, bientôt les ouvriers retourneront aux conditions d’avant Mai 68 (et à l’époque déjà le patronat disait que les ouvriers s’embourgeoisaient).

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