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Accueil du site > Tribune Libre > La Nouvelle Tour Montparnasse, Contre-projet

La Nouvelle Tour Montparnasse, Contre-projet

J’ai toujours aimé la Tour Montparnasse, depuis ses premières années jusqu’à aujourd’hui, même démodée par les réalisations et les audaces techniques faites de par le monde. Elle est là, en effet bien seule sur cette place sur laquelle vient buter la rue de Rennes, fermée par la gare Montparnasse. Rien de comparable n’a été construit dans ce quartier qui évolue à son rythme en conservant des repères d’une ambiance passée en toile de fond, comme parfois un décor de cinéma. Pendant cette première vie de 45 ans elle a été démolie par la critique, ostracisée, ridiculisée… mais elle a résisté, encore debout pour envisager une deuxième vie. Ceux qui voulaient la démolir pour de bon ont perdu, savaient-ils qu’il est parfois plus difficile de démolir que de construire ? Et l’objet qui nous est présenté, respectant sa ligne – c’est-à-dire cette symétrie de deux arcs terminés par deux dièdres – est beau comme un camion ! Beaucoup de transparence, du verre pour remplacer les panneaux marron bouse de vache, de la technique partout avec comme cerise sur le toit ce nouveau toit débordant qui en fera un signal fort dans l’espace. Spécialistes des lumières urbaines, préparez-vous ! Les parois sont traitées avec des ruptures pour éviter ces courants d’air verticaux qui créent beaucoup de désagrément au sol, renforçant ainsi l’effet du toit, et ceux qui ont connu les « tornades » qu’il y avait au pied des Twins Towers à New York les jours de petite brise seront sensibles à ce choix. L’insertion de la Tour dans l’espace urbain pour donner aux piétons le maximum de confort et de sécurité est une priorité. Beaucoup de réalisations passées, notamment celles faites sur dalle, ont ignoré cette contrainte, l’esthétique ayant la priorité sur des considérations purement fonctionnelles d’environnement. On va supposer que tout est fait pour la mise en œuvre des techniques d’isolation thermique, phonique, etc., des économies d’énergie et de la production d’énergie renouvelable, etc.

Bravo donc pour ce projet résultat d’un concours ouvert. Mais est-ce bien tout ? Une autre question se pose depuis que l’on a vu, un 11 septembre à New York, des mouchoirs s’agiter par des fenêtres ouvertes au-dessus des zones d’impact des avions ; ces gens-là étaient condamnés car ils ne pouvaient ni prendre les ascenseurs ni les escaliers ; aller les chercher avec des hélicoptères était impossible ! Mais on construit comme si l’attaque du 11 septembre n’avait pas eu lieu… L’évacuation des personnes au-dessus d’un point critique résultant d’un sinistre majeur n’a encore jamais été prise en compte par les maîtres d’ouvrage, les urbanistes et les architectes, que ce soit en Europe, aux Etats-Unis, en Chine et ailleurs. Elle ne l’est pas davantage dans ce projet parisien. Pourquoi ne pas avoir profité de ce projet de refonte de la Tour pour en construire deux ou trois à ses côtés… en les reliant ? Seule solution pour répondre à cette exigence d’évacuation : faire des blocs de deux ou de trois Tours reliées à différents niveaux par des passerelles. Les personnes bloquées dans une Tour passent dans une autre pour retrouver des issues de secours accessibles. Sinon… elles sont condamnées à bruler vives ! J’imagine alors cette place parisienne avec ces trois Tours se répondant les unes les autres pour constituer un ensemble original, un geste architectural fort… dont pourrait s’enorgueillir les élus. Original ? pas tout à fait car on pense bien sûr aux Tours jumelles Petronas de Kuala Lumpur en Malaisie, conçues par l’argentin Cesar Pelli et inaugurées en 1998 : 88 étages, 452 mètres, soit deux fois la hauteur de la Tour Montparnasse ! Mais on ne fait pas un concours de hauteur… mais de créativité !


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13 réactions à cet article    


  • nono le simplet nono le simplet 23 septembre 17:02

    dans les années 70 je suis venu dans ce quartier avec un ami, auteur à la SFP ...

    il y avait plein de petites salles de théâtre, des bistrots, super sympa ...
    et cette énorme verrue qui dominait le quartier ...
    je respecte ton affection pour cette tour mais, à mon avis, elle n’avait pas sa place dans ce quartier, tout du moins à l’époque ...


    • Christ Roi Christ Roi 23 septembre 19:27

      Cette tour est de la merde en barre, et ce n’est pas parce qu’on va lui badigeonner un isolant dessus qu’elle ne sera plus de la merde en barre.


    • Christian Labrune Christian Labrune 24 septembre 18:37

      et ce n’est pas parce qu’on va lui badigeonner un isolant dessus

      @Christ Roi

      Encore un homme de peu de foi, qui refuse de croire aux miracles de la technique !


    • Christian Labrune Christian Labrune 23 septembre 23:50

      à l’auteur,
      Je suis un peu surpris que vous puissiez aimer cette tour. Ce n’est pas qu’elle soit laide, mais quand on l’a construite, je crois bien qu’on envisageait d’en faire surgir d’autres dans le voisinage, qui auraient pu composer un ensemble assez harmonieux, une sorte de petit Manhattan. Finalement, elle est restée seule, et comme elle n’est pas aussi extravagante par sa forme que la tour Eiffel, elle ne parvient pas à se suffire à elle-même. Je suis assez vieux pour avoir connu l’ancienne gare avant la tour ; mon souvenir est de plus en plus imprécis, mais il me semble que cette tour a quand même beaucoup nui à un vieux quartier qui n’avait rien de bien exceptionnel mais où elle n’a pas apporté grand chose. Le grand espace qui la sépare de l’entrée de la rue de Rennes, où le piéton a l’impression de risquer sa vie quand il veut seulement traverser le boulevard du Montparnasse, on ne peut vraiment pas dire que ce soit ne réussite.

      On finit par s’habituer à tout, mais plus ou moins. J’aurais l’impression qu’on veut me tuer si on voulait supprimer le centre Pompidou, mais je ne pleurerais pas si on rasait la nouvelle bibliothèque nationale ou la tour Montparnasse. Je serai quand même curieux de voir ce qu’elle va devenir après le désamiantage et les transformations que vous évoquez, qui paraisssent assez considérables.

      Ce que vous écrivez dans la seconde partie de votre article me paraît très pertinent. Le calcaire de Paris ressemblant à du gruyère, il vaudrait bien mieux, dans beaucoup de cas, construire vers le centre de la terre. J’évoquais la bibliothèque. Outre qu’elle est hideuse, si un avion la percutait, pour reprendre votre hypothèse, ce serait une catastrophe nationale puisqu’il semble qu’il y ait des millions de volumes rangés dans ces tours d’apparence plutôt fragile. Il aurait été d’autant plus intelligent des les conserver à trente pieds sous terre qu’on pouvait déjà prévoir que tout serait bientôt numérisé et qu’il ne serait même plus question, au milieu de ce siècle, de consulter sur place. Dans l’avenir, les villes seront souterraines : la question de la lumière n’est déjà plus un problème, la dimension des écrans sera bientôt si peu limitée qu’on pourra faire passer sur des plafonds lumineux, sous le béton, tous les nuages qu’on voudra et faire surgir sur les murs, en trompe-l’oeil, des forêts vierges à perte de vue. A cent mètres sous terre, on aura des vues sur des plages filmées en temps réel aux antipodes, ou sur d’autres villes. On ne sera plus nulle part puisqu’on sera partout « en même temps », comme on dit aujourd’hui.


      • GéraldCursoux GéraldCursoux 24 septembre 08:50

        @Christian Labrune
        Merci pour ce commentaire. J’ai aussi travaillé dans les bureaux au-dessus de l’ancienne gare et donc connu assez bien ce quartier, et pratiqué le centre commercial au pied de la Tour. Tout ça fonctionne assez bien, avec une circulation comme vous le soulignez qui est un peu agressive pour les piétons. Mais c’st aussi vrai ailleurs dans Paris. La vie dans ce quartier a été boostée par cette Tour et je ne partage pas le discours des nostalgiques des petits bistrot crasseux et petits hôtels miteux qui veulent tout raser pour retrouver un passé mythifié. Tendance écolo en pls !

        Le contre-projet que je propose consiste justement à construire deux autres Tours pour faire le petit Manhattan que vous évoquiez et qui était dans le projet initial. Il y a de la place pour cela, mais c’est bien aussi haute que la Tour actuel que je les vois, avec des passerelles de liaison pour assurer l’évacuation des gens en cas de gros sinistre. On peut densifier ce quartier.

        Quand je pense Tours je me réfère plus à Chicago qu’à New York. Les Français rejettent les Tours même à la Défense car ils n’ont pas la culture de base pour comprendre cette urbanisation, à laquelle on est condamné à cause de la croissance démographique et de l’activité. A Chicago les chauffeurs de taxis peuvent vous dire le nom des architectes de chaque Tour ! Une autre culture.

        Le « j’aime la Tour Mont... » était une façon d’avoir une entrée choc. En fait c’est toujours un ensemble de Tours qu’on juge, le skyline. Celle-là a eu le tord d’être seule. D’où la nécessité de lui donner deux sœurs...


      • sarcastelle sarcastelle 24 septembre 09:05

        @GéraldCursoux

        .
        Je ne partage pas le discours nostalgique des petits hôtels miteux
        .
        Moi si. 
        Quand vers 1970 je traversais la France en Solex je dormais à dix francs la nuit, ce qui avec l’inflation ne représente guère plus de dix euros. Pour ce prix le lit avait trois pied plus un parpaing, et on atteignait sa chambre par un escalier large comme les épaules. 
        .
        Aujourd’hui quand je traverse l’Europe dans ma 106 diesel à moins d’un franc le kilomètre je dors dedans faute d’hôtels à moins de trois jours de ma pension. Monde de merde. 

      • Christian Labrune Christian Labrune 24 septembre 18:32

        @GéraldCursoux
        Je n’avais pas très bien compris que vous étiez l’auteur même du projet que vous évoquiez. Lu trop vite, probablement. Si vous parveniez à convaincre de faire sortir de terre deux ou trois autres tours à proximité, ce serait vraiment très bien. Il me semble que depuis quelques dizaines d’années, la législation interdit de construire trop haut. J’étais tout à l’heure aux Olympiades où l’alignement de façades un peu quelconques aura suscité bien des critiques, mais l’ensemble a quand même de la gueule. Je ne déteste pas non plus le Beaugrenelle, mais son défaut est de s’étirer un peu trop le long de la Seine ; cela forme une sorte de haie, mais aussi longtemps qu’une haie reste clairsemée, c’est déprimant. et on retrouve le même défaut à la Défense qui ressemble à une grande table où on aurait exposé une série de maquettes sagement rangées pour qu’on puisse les examiner séparément. Le principe de relier les tours par des passerelles serait évidemment très séduisant : les illustrateurs de la science-fiction ont souvent rêvé de ces sortes de structures qui ne devraient plus, avec les techniques dont on dispose aujourd’hui, présenter des difficultés de réalisation insurmontables, même au centième étage. Reste la question du vertige : je n’aimerais pas que ce soit aussi vitré qu’à Beaubourg. 
        Bon courage, et faites-nous quelque chose d’inouï et de renversant !


      • ZenZoe ZenZoe 25 septembre 11:21

        @GéraldCursoux
        Les Français rejettent les Tours même à la Défense car ils n’ont pas la culture de base pour comprendre cette urbanisation

        Vous vous prenez pour qui ? Votre culture à vous ne vous permet-elle pas d’envisager que peut-être les Français, au vu de la laideur et de l’uniformité désolantes de milliers de villes modernes dans le monde, préfèrent peut-être en rester prudemment à un style de bâtiments certes ringard, mais à l’échelle humaine, harmonieux et tellement apprécié par des millions de touristes (à moins que les touristes manquent eux aussi de culture de base ?).

        Tenez, je vous invite à lire un article du Point sur le sujet de la fameuse tour, à aimer uniquement parce qu’elle nous a protégés pendant 40 ans d’un Paris ressemblant à Manhattan, Dubai etc... C’est dit avec humour, mais lucidité...
        http://www.lepoint.fr/chroniques/quiriny-vive-la-tour-montparnasse-25-09-2017-2159548_2.php


      • GéraldCursoux GéraldCursoux 24 septembre 09:18
        Quand je suis arrivé au Québec en 68 j’ai loué une Ford Mustang cabriolet alors qu’en France j’avais une Simca 1000 branlante, et descendu à l’Hôtel des Gouverneurs (du niveau de Mercure) alors qu’en France on n’avait que des hôtels de préfecture (pas encore de Novotel, Ibis..). et je me suis dit que l’avenir serait bien meilleur ! Ce qui fut malgré vos expériences contraires. Mais j’ai aussi couché dehors à la même époque sur la pierre (dure est la pierre au dormeur) au Crack des Chevaliers et à Jérusalem, et parcouru en stop tout le Moyen-Orient... Je connais les petites nuits à la dur et les caisses pourries... Mais rouler en Mustang décapotée et siroter un Coca en écoutant chanter Pierre Roche (le compère d’Aznavour) au bar de l’Hôtel des Gouverneurs a aussi son charme. Les plaisirs ne s’excluent pas, ils s’ajoutent...

        • sarcastelle sarcastelle 24 septembre 10:11

          @GéraldCursoux

          .
          Les plaisirs ne s’excluent pas, ils s’ajoutent
          .
          Judicieuse appréciation. Vous approuverez donc les protestations des sans-dents contre la disparition des hôtels borgnes sous le coup de normes imposées par des gens qui ne goûtent que les novotels et qui de par leur situation et leurs revenus planent bien au-dessus des réalités de la plèbe.
           

        • Djam Djam 25 septembre 11:21

          @ GéraldCursoux

          La bonne issue eut été de ne pas construire de tour. Ces prétentions érectiles n’ont rien d’esthétique une fois réalisées dans la vraie vie. De plus, ces horreurs, fussent-elles en verre, en matériaux « écolos » et dessinées par des Franck Gehry (l’architecte des « papiers verre froissés » et des doigts d’honneur aussi « élégants » que la tour Montparnasse) sont des lieux de mort lente.

          Entassement d’étages, donc des tranches d’individus séparées par des ascenseurs aveugles. Bureaux plateaux, prétentieusement appelés « open spaces ». Pièces bulles transparentes pour faire, disent-ils, des réunions transparentes (!). Salles de réunion aussi vivante qu’une fleur plastique. Air conditionné qui assèche à coup sûr l’air et provoque allergies et rhumes précoces. Cantines bruyantes décorées façon résidences pour handicapées et agrémentées de comptoirs à bouffe estampillés « grillades ; mer & océan ; diététique... » et on en passe. Salle de sport dans lesquelles on attend les roues à courir comme pour les rats en cage...

          Bref, la prochaine nouvelle tour Montparnasse achèvera de toute façon de tuer l’esprit du 14ème qui avait déjà été bien entamé par Giscard l’énarque à accordéon. S’émerveiller de ces verrues urbaines en dit long sur l’esthétique intégrée de la pathétique modernitude...


          • GéraldCursoux GéraldCursoux 25 septembre 12:19

            @Djam
            Avec une population mondiale de plus de 7 milliards d’individus et qui va passer à 10 et +, vous croyez qu’on peut vivre comme un robinson ? L’utopie est une fuite devant la réalité. La réalité est que dans ce monde surpeuplé il faut accepter des trucs pas possibles pour survivre... Et les Tours c’est pas le pire !


          • Rincevent Rincevent 26 septembre 00:08

            faire des blocs de deux ou de trois Tours reliées à différents niveaux par des passerelles. Ça existe à Singapour. Mais là-bas c’est pour faire son jogging, par manque de place en bas...

            Comment gérer l’espace quand on en a peu. Un peu long mais instructif : https://www.bing.com/videos/search?q=singapour&&view=detail&mid=24B8C83FC5FC98D43C6524B8C83FC5FC98D43C65&FORM=VRDGAR

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