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Accueil du site > Tribune Libre > La provocation d’une guerre nucléaire par les médias

La provocation d’une guerre nucléaire par les médias

Si la guerre avec la Russie éclate, à dessein ou par accident, les journalistes en porteront une grande part de responsabilité.

http://www.legrandsoir.info/la-provocation-d-une-guerre-nucleaire-par-les-medias

La disculpation d’un homme accusé du pire des crimes, le génocide, n’a pas fait les manchettes. Ni la BBC ni CNN n’en ont parlé. The Guardian s’est permis un bref commentaire. Un tel aveu officiel et rare fut, sans surprise, enterré ou occulté. Cela révélerait trop de choses sur les dirigeants du monde.

Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a discrètement blanchi le feu président serbe, Slobodan Milosevic, de crimes de guerre commis pendant la guerre de Bosnie de 1992 à 1995, y compris du massacre de Srebrenica.

Loin d’avoir conspiré avec le leader des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, qui a été condamné, Milosevic avait en réalité « condamné le nettoyage ethnique », s’était opposé à Karadzic et a tenté d’arrêter la guerre qui a démembré la Yougoslavie. Enterré vers la fin d’un arrêt de 2,590 pages sur Karadzic, publié au mois de Février dernier, cette vérité démolit un peu plus la propagande qui justifia l’assaut illégal de l’OTAN sur la Serbie en 1999.

Milosevic est mort d’une crise cardiaque en 2006, seul dans sa cellule à La Haye, au cours de ce qui équivaut à un procès bidon par un « tribunal international » inventé par les Etats-Unis. Une intervention chirurgicale, qui aurait pu lui sauver la vie, lui fut refusé et son état s’est empiré et il fut surveillée et maintenu au secret par les autorités US, comme WikiLeaks l’a révélé depuis.

Milosevic a été victime de la propagande de guerre qui aujourd’hui coule à flots sur nos écrans et journaux et signale un grand danger pour nous tous. Il était l’archétype du démon, vilipendé par les médias occidentaux comme le « boucher des Balkans » qui était responsable de « génocide », en particulier dans la province yougoslave sécessionniste du Kosovo. Le Premier ministre Tony Blair l’a dit, a invoqué l’Holocauste et a demandé des mesures contre « ce nouveau Hitler ».

David Scheffer, l’ambassadeur itinérant des crimes de guerre [sic], a déclaré que jusqu’à « 225.000 hommes albanais ethniques âgés de 14 à 59 ans » ont pu être assassinés par les forces de Milocevic.

Ce fut la justification des bombardements de l’OTAN, dirigés par Bill Clinton et Blair, qui tuèrent des centaines de civils dans des hôpitaux, des écoles, des églises, des parcs et des studios de télévision et détruisirent l’infrastructure économique de la Serbie. Ce fut un geste manifestement idéologique ; à une fameuse « conférence de paix » à Rambouillet, en France, Milosevic a été confronté par Madeleine Albright, la secrétaire d’Etat US, qui allait entrer dans les annales de l’infamie avec sa remarque sur la mort d’un demi-million d’enfants irakiens qui « en valait la peine ».

Albright a communiqué une « offre » à Milosevic qu’aucun leader national ne pouvait accepter. À moins de convenir d’une occupation militaire étrangère de son pays, avec des forces d’occupation « en dehors d’un processus juridique », et de l’imposition d’un « marché libre » néo-libéral, la Serbie serait bombardée. C’était contenu dans une « Annexe B », que les médias n’ont pas lue ou ont censurée. L’objectif était d’écraser le dernier Etat « socialiste » indépendant de l’Europe.

Une fois que l’OTAN a commencé à bombarder, il y eut une ruée de réfugiés kosovars « fuyant un holocauste ». Quand tout fut terminé, les équipes internationales de police se sont rendues au Kosovo pour exhumer les victimes. Le FBI n’a pas réussi à trouver une seule fosse commune et ils rentrèrent chez eux. L’équipe médico-légale espagnole a fait de même, son chef dénonçant avec colère « une pirouette sémantique par les machines de propagande de guerre ». Le décompte final des morts au Kosovo est 2788. Cela inclut les combattants des deux côtés et les Serbes et les Roms assassinés par le pro-OTAN Front de libération du Kosovo. Il n’y a pas eu de génocide. L’attaque de l’OTAN fut à la fois une fraude et un crime de guerre.

Tous sauf une fraction des tant vantés missiles à « précision guidée » des Etats-Unis ont touché non pas des cibles militaires mais des civils, y compris les studios de la Radio Télévision de Serbie à Belgrade. Seize personnes ont été tuées, dont des cameramen, des producteurs et une maquilleuse. Blair qualifia les morts, de manière profane, comme « le commandement et le contrôle » de la Serbie.

En 2008, le procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte, a révélé qu’elle avait subi des pressions pour ne pas enquêter sur les crimes de l’OTAN.

Ceci devint le modèle pour les invasions futures par Washington de l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et, de manière furtive, la Syrie. Toutes ces invasions pouvaient êtres qualifiées de « crimes suprêmes » selon la norme établie à Nuremberg ; toutes dépendaient de la propagande des médias. Alors que le journalisme à sensation a joué son rôle habituel, c’était le journalisme sérieux, crédible, souvent progressiste qui a fut le plus efficace - la promotion évangélique de Blair et de ses guerres par le Guardian, les mensonges incessants sur les armes de destruction massive inexistantes de Saddam Hussein dans The Observer et leNew York Times, et les battements de tambours ininterrompus de la propagande du gouvernement par la BBC dans le silence de ses omissions.

Au plus fort des bombardements, Kirsty Wark de la BBC a interviewé le général Wesley Clark, le commandant de l’OTAN. La ville serbe de Nis venait d’être pulvérisé par des bombes à sous-munitions états-uniennes, tuant femmes, personnes âgées et enfants dans un marché ouvert et un hôpital. Wark n’a pas posé une seule question sur ce sujet, ni sur tous les autres morts civils.

D’autres furent plus effrontés. En Février 2003, au lendemain de l’écrasement de l’Irak par Blair et Bush, le rédacteur en chef politique de la BBC, Andrew Marr, se trouvait à Downing Street [Bureaux du Premier Ministre Britannique – NdT] et prononça ce qui équivaut à un discours de victoire. Il déclara avec enthousiasme à ses téléspectateurs que Blair avait « dit qu’ils seraient en mesure de prendre Bagdad sans bain de sang, et qu’en fin de compte les Irakiens allient célébrer. Et sur ces deux points, il a eu totalement raison ». Aujourd’hui, avec un million de morts et une société en ruines, les interviews de Marr à la BBC sont recommandées par l’ambassade des Etats-Unis à Londres.

Les collègues de Marr s’alignèrent pour qualifier les actions de Blair de « justifiées ». Le correspondant à Washington de la BBC, Matt Frei, déclara : « Il ne fait aucun doute que la volonté d’apporter le bien, les valeurs américaines au reste du monde, et en particulier au Moyen-Orient ... est désormais de plus en plus liée au pouvoir militaire. »

Cette prosternation devant les États-Unis et leurs collaborateurs comme une force bienveillante qui « apportent le bien » est profondément ancrée dans le journalisme occidental moderne. Il veille à ce que la catastrophe actuelle en Syrie soit exclusivement de la faute de Bachar al-Assad, contre qui l’Occident et Israël conspirent depuis longtemps, non pas pour des considérations humanitaires, mais pour consolider le pouvoir agressif d’Israël dans la région. Les forces jihadistes déchaînées et armées par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Turquie et leurs mandataires de la « coalition » sont là pour ça. Ce sont eux qui dispensent la propagande et les vidéos qui deviennent des informations aux États-Unis et en Europe, et qui fournissent un accès aux journalistes et garantissent une « couverture » partisane de la Syrie.

Aux informations, on parle de la ville d’Alep. La plupart des lecteurs et téléspectateurs ne seront pas au courant que la majorité de la population d’Alep vit dans la partie occidentale contrôlée par le gouvernement. Le fait qu’ils souffrent quotidiennement des bombardements d’artillerie d’al-Qaida parrainé par l’Occident n’est pas mentionné. Le 21 Juillet, les bombardiers français et américains ont attaqué un village du gouvernement dans la province d’Alep, tuant jusqu’à 125 civils. Cela a été rapporté en page 22 du Guardian ; il n’y a pas eu de photos.

Après avoir créé et soutenu le djihadisme en Afghanistan dans les années 1980 dans le cadre de l’Opération Cyclone - une arme qui visait à détruire l’Union soviétique - les États-Unis sont en train de faire quelque chose de similaire en Syrie. Comme les moudjahidin afghans, les « rebelles » syriens sont les fantassins de l’Amérique et de la Grande-Bretagne. Beaucoup combattent pour al-Qaida et ses variantes ; certains, comme le Front Nosra, se sont rebaptisés pour se conformer aux sensibilités américaines post-11 Septembre. La CIA les dirige, avec difficulté, comme elle dirige des djihadistes partout dans le monde.

L’objectif immédiat est de détruire le gouvernement de Damas qui, selon le sondage le plus crédible (YouGov Siraj), est soutenu par la majorité des Syriens, ou tout au moins qui se retournent vers lui pour sa protection, quelle que soit la barbarie qui peut régner en coulisses. L’objectif à long terme est de nier à la Russie un allié clé du Moyen-Orient dans le cadre d’une guerre d’usure de l’Otan contre la Fédération de Russie qui finirait éventuellement par détruire cette dernière.

Le risque nucléaire est évident, bien qu’occulté par les médias du « monde libre ». Les éditorialistes duWashington Post, ayant promu le mensonge sur les Armes de destruction massive en Irak, demandent à Obama d’attaquer la Syrie. Hillary Clinton, qui se réjouissait publiquement de son rôle de bourreau lors de la destruction de la Libye, a indiqué à plusieurs reprises que, en tant que présidente, elle « ira plus loin » qu’Obama.

Gareth Porter, un journaliste basé à Washington, a récemment révélé les noms de ceux qui sont susceptibles de faire partie du cabinet Clinton, qui planifient une attaque sur la Syrie. Tous ont des passés de belligérants de la guerre froide ; l’ancien directeur de la CIA, Leon Panetta, a déclaré que « le prochain président devra envisager d’envoyer des forces spéciales supplémentaires sur le terrain ».

Le plus remarquable dans la propagande de guerre qui bat actuellement son plein est son côté absurde et familier. J’ai visionné des films d’archives des années 1950 à Washington, à l’époque où des diplomates, des fonctionnaires et des journalistes étaient traqués et ruinés par la chasse aux sorcières déclenchée par le sénateur Joe McCarthy contre ceux qui contestaient les mensonges et la paranoïa au sujet de l’Union Soviétique et de la Chine. Comme une tumeur renaissante, le culte anti-Russe est de retour.

En Grande-Bretagne, Luke Harding du Guardian entraîne ses lecteurs qui détestent la Russie dans un flot de parodies journalistiques qui attribuent à Vladimir Poutine tous les malheurs de la terre. Lorsque la fuite desPanama Papers fut publiée, la première page du quotidien mentionna M. Poutine, et il y avait une image de Poutine ; peu importe si le nom de Poutine n’était mentionné nulle part dans les documents.

Comme Milosevic, Poutine est le Diable en chef. C’est Poutine qui a abattu un avion de ligne Malaisienne au-dessus de l’Ukraine. Le titre auquel on a eu droit est le suivant : « En ce qui me concerne, Poutine a tué mon fils. » Pas besoin de preuves. C’est Poutine qui est responsable du renversement du gouvernement élu à Kiev en 2014, organisé (et financé) par – documents à l’appui - Washington. La campagne de terreur qui a suivi, déclenchée par les milices fascistes contre la population russophone de l’Ukraine était le résultat de « l’agression » de Poutine. Prévenir que la Crimée de devienne une base de missiles de l’OTAN et protéger la population majoritairement russe qui s’était prononcée par référendum pour son intégration à la Russie – à la suite de quoi la Crimée fut annexée - étaient autant d’exemples de « l’agression » de Poutine. La calomnie par les médias devient inévitablement une guerre par les médias. Si la guerre avec la Russie éclate, à dessein ou par accident, les journalistes en porteront une grande part de responsabilité.

Aux Etats-Unis, la campagne anti-Russe s’assimile à la réalité virtuelle. Paul Krugman du New York Times, un économiste lauréat du prix Nobel, a appelé Donald Trump le « candidat Sibérien » parce que Trump est l’homme de Poutine, dit-il. Trump a osé suggérer, dans un moment rare de lucidité, qu’une guerre avec la Russie pourrait être une mauvaise idée. En fait, il est allé plus loin et a retiré les livraisons d’armes US à l’Ukraine de son programme. « Ne serait-ce pas merveilleux si nous nous entendions avec la Russie, » a-t-il dit.

C’est pourquoi l’establishment libéral belliciste des Etats-Unis le déteste. Son racisme, sa démagogie et ses rodomontades n’ont rien à voir avec ça. En matière de racisme et d’extrémisme, Bill et Hillary Clinton n’ont rien à envier à Trump. (Cette semaine marque le 20e anniversaire de la « réforme de la protection sociale » de Clinton qui a été une guerre contre les Afro-Américains). Quant à Obama : tandis que les armes de la police US abattent ses frères afro-américains, le grand espoir de la Maison Blanche n’a rien fait pour les protéger, rien fait pour soulager leur misère, tout en menant quatre guerres rapaces et une campagne d’assassinat sans précédent.

La CIA a demandé que Trump ne soit pas élu. Des généraux du Pentagone ont demandé qu’il ne soit pas élu. Le pro-guerre du New York Times – pendant les pauses de leur campagnes anti-Poutine - demandent qu’il ne soit pas élu. Il y a quelque chose qui se mijote. Ces tribuns de la « guerre perpétuelle » sont terrifiés que le business de plusieurs milliards de dollars de la guerre par laquelle les Etats-Unis maintiennent leur domination serait compromis si Trump trouvait un accord avec Poutine, puis avec Xi Jinping de la Chine. Leur panique devant la possibilité d’une grande puissance parlant de paix dans le monde - ce qui est peu probable - serait une farce macabre si l’avenir n’était pas aussi sombre.

« Trump aurait aimé Staline ! » hurla le vice-président Joe Biden lors d’un rassemblement de soutien à Hillary Clinton. Avec Clinton hochant la tête, il a crié : « Nous ne nous inclinons jamais. Nous ne plions jamais. Nous ne nous agenouillons jamais. Nous ne cédons jamais. La victoire est à nous. Voilà qui nous sommes. Nous sommes l’Amérique ! »

En Grande-Bretagne, Jeremy Corbyn a également provoqué l’hystérie des faiseurs de guerre du Parti travailliste et d’un média qui se consacre à lui rentrer dedans. Lord West, ancien amiral et ministre du Travail, l’a bien formulé. Corbyn prenait une position anti-guerre « scandaleuse » « parce que cela lui attire le vote des masses irréfléchies ».

Lors d’un débat avec son challenger à la direction du parti, Owen Smith, le modérateur a demandé à Corbyn : « Comment réagiriez-vous en cas de violation par Vladimir Poutine d’un Etat-membre de l’Otan ? »

Corbyn a répondu : « Vous voudriez d’abord éviter que cela n’arrive. Vous établiriez un bon dialogue avec la Russie ... Nous pourrions tenter une démilitarisation des frontières entre la Russie, l’Ukraine et les autres pays frontaliers de la Russie en l’Europe de l’Est. Ce que nous ne pouvons pas faire c’est de laisser une série d’accumulations de troupes calamiteuses de chaque côté, ce qui nous conduit inéluctablement vers un grand danger »

Pressé de dire s’il autoriserait la guerre contre la Russie « s’il le fallait », Corbyn a répondu : « Je ne veux pas faire la guerre - ce que je veux c’est parvenir à un monde où on n’aurait pas à faire la guerre ».

Poser une telle série de questions doit beaucoup à la montée des libéraux bellicistes en Grande-Bretagne. Depuis longtemps, le Parti travailliste et les médias leur ont offert des opportunités de carrière. Pendant un certain temps, le tsunami moral du grand crime commis contre l’Irak a provoqué un flottement, leurs contre-vérités flagrantes sont devenues un fardeau embarrassant mais passager. Indépendamment du rapport Chilcot et de la montagne de faits qui l’incriminent, Blair est toujours leur source d’inspiration, parce qu’il est un « gagnant ».

Le journalisme et enseignements dissidents ont depuis été systématiquement bannis ou accaparés, et les idées démocratiques vidées pour être remplacées par la « politique identitaire » qui confond genre et féminisme, l’angoisse de la société et libération, et qui ignore volontairement la violence d’Etat et le mercantilisme des armes qui détruisent d’innombrables vies dans des pays lointains, comme le Yémen et la Syrie, et qui invitent la guerre nucléaire en Europe et à travers le monde.

La mobilisation de personnes de tous âges autour de la montée spectaculaire de Jeremy Corbyn peut constituer une certaine résistance. Il a passé sa vie à dénoncer les horreurs de la guerre. Le problème pour Corbyn et ses partisans est le Parti Travailliste. Aux Etats-Unis, le problème pour les milliers d’adeptes de Bernie Sanders est le Parti Démocrate, sans parler de l’ultime trahison de leur grand espoir [son ralliement en rase-campagne à H. Clinton - NdT].

Aux Etats-Unis, pays des grands mouvements pour les droits civiques et contre la guerre, ce sont les mouvements comme Black Lives Matter et CODEPINK qui constituent les graines d’une version moderne.

Seul un mouvement qui grossirait à chaque coin de rue, qui déborderait des frontières et qui n’abandonnerait pas pourrait arrêter les fauteurs de guerre. L’année prochaine, cela fera un siècle que Wilfred Owen a écrit ce qui suit. Chaque journaliste devrait le lire et le retenir.

Si vous entendiez, à chaque cahot, le sang
Qui gargouille et s’écoule de ces poumons empoisonnés,
Cancer obscène, tel le reflux amer de plaies
Infectes et incurables sur des langues innocentes,
Mon ami, vous mettriez moins de zèle à répéter
À des enfants en mal de gloire désespérée,
Le vieux mensonge : Dulce et decorum est
Pro patria mori.

(Traduction française par Georges Gernot)

John Pilger

Traduction "quand organiserons-nous un nouveau Nuremberg ?" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

Journaliste, cinéaste et auteur, John Pilger est l’un des deux journalistes à avoir remporté deux fois la plus haute distinction du journalisme britannique. Pour ses documentaires, il a remporté un Emmy, un British Academy Award, un BAFTA. Parmi de nombreux autres prix, il a remporté un Prix du meilleur documentaire du Royal Television Society. Son épopée de 1979 ,Cambodge année zéro, est classé par le British Film Institute comme l’un des dix documentaires les plus importants du 20e siècle.

Source en anglais : http://johnpilger.com/articles/provoking-nuclear-war-by-media


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35 réactions à cet article    



    • Patrick Samba Patrick Samba 2 septembre 2016 01:44

      " La disculpation d’un homme (le feu président serbe, Slobodan Milosevic), accusé du pire des crimes, le génocide, n’a pas fait les manchettes"
      .
      Et pour cause : Non, Slobodan Milosevic n’a pas été « blanchi » par le Tribunal pénal international (c’est un article du Monde) !!!


    • Patrick Samba Patrick Samba 2 septembre 2016 01:56

      @roman_garev :
      .

      Par contre on trouve nombre d’articles commis par des zozos sur le sujet sur Internet. Et il y en a eu un précédemment sur AV...
      Faut vous renseigner mon vieux !


    • trobador 2 septembre 2016 06:47

      @Patrick Samba

      « (c’est un article du Monde) !!! »
       smiley


    • Patrick Samba Patrick Samba 2 septembre 2016 10:33

      @trobador

      votre réaction est curieuse : vous dénoncez la manipulation médiatique par une vidéo qui ne manque pas d’intérêt (d’après les premières images que j’en ai vu du moins), et vous vous mettez vous-même à utiliser une vieille ficelle de la manipulation qui consiste à tronquer une phrase !!??
      .

      La critique lucide des médias consiste aussi à déceler ce qui dans un même média est manipulateur et ce qui ne l’est pas, et non pas rejeter en bloc ce média qui se serait montrer manipulateur à une ou plusieurs occasions...


    • trobador 2 septembre 2016 10:52

      @trobador

      « Le monde » n’est plus un média depuis très longtemps. C’est un vecteur de la propagande libérale occidentale dont la fonction est de nous vendre la guerre.


    • Alren Alren 2 septembre 2016 12:09

      @Patrick Samba

      Milosevic n’a pas été blanchi par le TPI

      Ni la presse de caniveau façon Le Monde ni le TPI ne sont neutres, alors ce qu’ils disent et interprètent est sans valeur morale.

      Le TPI est au service des USA. Il n’a ainsi pas le droit de mettre en cause un citoyen US. Bon, après ça, il n’est plus question de justice !

      Le Monde a sorti tout un tas d’articles pour vomir sur les vilains Serbes et encenser les gentils Kossovars non-serbes, ceux qui alimentent actuellement en kalachnikovs les trafiquants de drogue en France.

      Ce torche-cul ne va pas reconnaître son infamie maintenant. Faut pas rêver !


    • JBL1960 JBL1960 4 septembre 2016 22:25

      @trobador = Merci pour cet excellent rappel. D’ailleurs dans ce film, y est fait le constat que 10% de civils furent décimés lors de la 1ère guerre mondiale, 50% lors de la 2nde, 70% au Vietnam et 90% en 2003 en Irak... Et ce film démonte la propagande pour « vendre » la guerre à la population via les Merdias. Notre complicité passive est tout aussi criminelle finalement. Pourtant nous avons le pouvoir d’être acteur en retirant notre consentement. Un mot, un tout petit mot ; NON !
      Mais ça semble bien compliqué tout de même et on va le payer cher, très cher à mon avis =
      https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/09/01/dechirons-une-a-une-les-pages-de-lagenda-21/


    • sophie 1er septembre 2016 18:28

      Guerre nucléaire = impossibilité car ce serait effectivement la « der des der » et le business ne le veut pas


      • François Vesin François Vesin 1er septembre 2016 18:42

        @sophie
        ...« le business » survit à tout et partout 

        il saura se mettre à l’abri au bon endroit
        tandis que les gueux seront vitrifiés...what else !!!

      • roman_garev 1er septembre 2016 19:04

        @sophie
        « Guerre nucléaire = impossibilité... le business ne le veut pas »

        Vous êtes libre de vous rassurer vous-même, mais vous n’arriverez pas à rassurer les autres.
        Il suffit de lire le début de l’article :
        « Si la guerre avec la Russie éclate, à dessein ou par accident... »
        Que peut le business, soit-il tout-puissant, contre un accident ? Dont la probabilité croît sans cesse...


      • sophie 1er septembre 2016 20:38

        @roman_garev
        accident effectivement c’est possible, mais cela serait une sorte de « one shot », dès les premières explosions, il n’y aurait presque plus rien, et notamment plus d’énergie.


      • mmbbb 1er septembre 2016 21:21

        @roman_garev c’est tres simple le nouveau missille Titan 2 russe peut ratiboiser la France , 10 missilles les USA , en rispote les amerloques feront de même et se sera l hiver nucléaire pendant des siecles Nous aurons regle en une seule fois la surpopulation le chomage la pollution et les problemes existentielles des angoisses Beau programme L homme redevenu a l’etat de poussiere comme au debut des temps


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 1er septembre 2016 18:38

        félicitation pour cet article intelligent et bien documenté. Evidemment, les partis sont pris et personne ne changera d’opinion sur le chamo.... mais, peu a peu, le consensus populaire évolue et l’impact sur la politique intérieure des pays de l’UE pourrait être déterminant. 


        • UnLorrain (---.---.52.98) 1er septembre 2016 21:41

          La guerre par pays interposes, c est ce qui se fait et cela continuera ainsi, si une guerre est declaree contre l Iran, personne ne l aidera, comme elle est redoutable peut etre que des ogives nucleaires seront en service,je pense que la puissance de ces ogives seront inferieurs a ce qu on a pu voir et au Japon et tous les essais des pays detenteur du feu nucleaire,ce que je veux dire c est que s il y a usage du nucleaire contre l Iran,ce sera une premiere dans le fait d usage du nucleaire de 2016,et tous seront..curieux des effets,cela n aura rien a voir avec le passe,en bref,ce sera utiliser parcimonieusement si j ose dire, le reste,n est que dissuasion et le restera.


          • roman_garev 1er septembre 2016 23:22

            @UnLorrain

            « si une guerre est declaree contre l Iran, personne ne l aidera »


            Ah bon ? C’est comme cela que les choses se présentent en Lorraine ?
            Tandis que tout les autres (USA, Israël, etc.) savent parfaitement que la guerre contre l’Iran est désormais impossible, vu son rapprochement très étroit avec la Russie.

          • UnLorrain (---.---.110.130) 2 septembre 2016 10:29

            @roman_garev

            Loin de moi un temperament belliqueux cependant ! L Iran enrichissait son uranium dans des usines,enfouies dans des montagnes,il fut envisager l usage de tete nucleaire pour etre sur d atteintre les complexes... Preuve que la russie n exclue pas d etre quasiment demoli par une attaque massive, c est qu ils possederaient une main invisible pour une riposte postmortem,cela demontrerait que malgre leurs defenses bien plus performantes que celle de l Iran,ils seraient vulnerables,alors que dire de la vulnerabilite de l Iran. L effrayant, impressionnant plutot, F117 est un vieux coucou a cette date..si les US n ont pas une evolution poussee de cet appareil qu ils gardent secret donc, j en serais bien etonne... US sont pionniers dans l innovation d attaques, les autres nations se defendent comme elles peuvent, la russie a une defense qui semble bien impenetrable, l Iran c est moins sur.


          • roman_garev 2 septembre 2016 11:26

            @UnLorrain

            « l Iran c est moins sur. »
            De plus en plus sûr depuis qu’il a reçu et déployé des systèmes russes de défense contre-aérienne S-300 en en recevra davantage.

            Mais je n’arrive toujours pas à comprendre quelle est la relation entre la capacité de l’Iran de se défendre et être défendu par son allié la Russie et le thème de l’article, à savoir le rôle abject des journalopes occidentaux dans la préparation d’une WW3.
            Peut-être pour comprendre cela il faut être un vrai Lorrain smiley 


          • UnLorrain (---.---.22.134) 2 septembre 2016 13:24

            @roman_garev

            J avais fini de vous repondre et encore une enieme deconnection intempestive...Vivement que le wifi soit 50 fois plus puissant ! Comme les ondes hertziennes par exemple,qui ne m ont jamais fait mal a la tete ni ailleurs depuis le temps qu il y a des rateaux et paraboles sur nos toits !


          • sarcastelle sarcastelle 1er septembre 2016 22:01

            Si la guerre éclate comme nous l’espérons tous, nous aurons peut-être le fabuleux spectacle d’un duel au canon entre un B-52 et un Tu-95 !


            • JBL1960 JBL1960 2 septembre 2016 00:04

              @sarcastelle « Si la guerre éclate comme nous l’espérons tous ? » Bah non... Pas du tout, perso, j’ai suffisamment bramer billet après billet que ceux qui aiment la guerre aillent la faire eux-mêmes !
              Bon sur le même article de Pilger voici ce que, modestement, j’essaie de dire sur le sujet = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/08/26/la-guerre-perpetuelle/

              Et aujourd’hui j’en suis là = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/09/01/dechirons-une-a-une-les-pages-de-lagenda-21/

              Et entre les deux, notablement on peut considérer ce billet-là s’il vous le voulez bien = https://jbl1960blog.wordpress.com/2016/08/30/le-reveil-des-gens-ordinaires/


            • baleti baleti 1er septembre 2016 22:15

              les journaliste porte une grande partie des responsabilité, de tous les maux de la planète .


              mais nous aussi on a une par de responsabilité

              si les va en guerre on besoin des journalistes pour préparer et explique leur méfait, c’est que l’opinion des population (ou les producteur de richesse), les préoccupe.

              la grève général, est la bombe nucléaire de la population.
              mais sa ils fond gaffe, que sa n’arrive pas, 
               

              • tf1Groupie 2 septembre 2016 01:40

                Non il n’y aura pas de guerre car le vaillant et généreux Poutine ne sombrera pas dans le sordide piège tendu par les forces maléfiques de l’OTAN.

                Il nous sauvera tous de l’enfer nucléaire.


                • zzz999 2 septembre 2016 09:13

                  @tf1Groupie
                   :
                  En plus des journaleux on oubliait l’armée de trolls dont vous faites partie qui auront du sang sur les mains lors du prochain conflit.


                • Aristide Aristide 2 septembre 2016 17:06

                  @zzz999


                  Et il sera condamné comme Milosevic ?

                • ENZOLIGARK 2 septembre 2016 06:02

                  Aloha * Дорогой Рома ... ; ... perso , ( pas marie , pas divorce , pas d ’ enfants malheureusement vu le merdier planetaire ... ) j ’ espere un jour partir a la chasse aux deputes , senateurs , ministres et ex - presidents gOOlois ... , [ et quelques extras chez les journaleux de TFmoins quand meme ... ] ... j ’ ai ( presque ) tous les noms des crevards versaillistes a abattre pire que des chiens enrages  !!! . Si un pays venait a agresser notre grande Russie * - РОССИЯ * - , j ’ hesiterais pas a abattre les provocateurs et leurs caniches comme sont devenus les gOOOlois avec les yankees  !!! . ... A FRANCIA FORA ,,, INDIPENDENZA SOLA SOLUZIONE per Corsica * ...



                    • leypanou 2 septembre 2016 08:42

                      La mobilisation de personnes de tous âges autour de la montée spectaculaire de Jeremy Corbyn peut constituer une certaine résistance : quand il y a des tirs croisés contre un un homme politique, c’est que cet homme dérange l’oligarchie.

                      Ce qui est arrivé et ce qui arrive à J Corbyn est vraiment caractéristique de çà. Cela prouve que si le peuple prend conscience qu’il n’est pas complètement impuissant, il peut modifier le cours des choses.

                      John Pilger, c’est un des commentateurs de la chose politique que j’aime bien lire.


                      • michel49 (---.---.196.6) 2 septembre 2016 09:49

                        La CIA ramollit, depuis JFK elle n’ose plus assassiner les presidents...


                        • Analis 2 septembre 2016 11:28

                          Les rebelles syriens sont les fantassins des USA, et en aucun cas de l’ « Amérique », de la Grande-Bretagne, et aussi de la France, chose très importante que l’auteur oublie de préciser.


                          • meslier meslier 2 septembre 2016 14:49

                            l’homme est capable du pire comme du meilleur , après la première guerre mondiale , les hommes ont dit plus jamais ça , 20 ans après il y avait la deuxième guerre mondiale .

                            Un jour viendra où l’accés pour les dernières ressources pétrolières et gazières précipiteront les choses .

                            l’homme sera engagé dans le conflit nucléaire .

                            Ceux qui en échapperont diront plus jamais ça ....


                            • cg61 3 septembre 2016 00:18

                              Le siège de Sarajevo, le massacre de Sbréniça une invention des médias ? les guerres civiles c’est sale, les héros disparaissent , les victimes restent.

                              Personne n’est totalement innocent ni coupable dans ces guerres qui s’entretiennent elles même.
                              Il fallait trouver un moyen de l’arrêter., l’ONU l’a fait et je n’aurais pas voulu être à la place des soldats qui l’ont fait. Plutôt que refaire sans fin des procès, qui s’occupe d’aider à reconstruire un pays en ruine ?


                              • berry 3 septembre 2016 00:39

                                @cg61

                                c’est une invention des médias, en effet.


                              • tf1Groupie 3 septembre 2016 12:13

                                @berry

                                Faut pas avoir honte pour dire de telles âneries.
                                Combien d’autres événements historiques avez-vous choisi de réviser ainsi ?

                                Et vous, vous êtes également une invention des médias ?


                              • Bertrand Loubard 4 septembre 2016 21:12

                                Merci pour cet article. Le point de vue qui y est critiqué est bien entendu celui de ceux qui osent encore espérer que la troisième guerre mondiale (débutée par la Corée, l’Indochine, l’Iran, l’Algérie, le Vietnam, l’Angola, le Chili, Cuba, le Timor et qui ne sont que de batailles « perdues » par l’impérialisme occidental) est encore toujours à gagner.

                                J’ignore "quasiment tout" de ce qui s’est passé et se passe encore, en relent de déroute, dans les Balkans, en Irak, en Iran, en Libye, en Syrie, en Ukraine.....Mais pour avoir eu l’occasion d’approfondir , un tout petit peu, la question du génocide rwandais, en dehors des versions ayant reçues l’« imprimatur », je suis effrayé de voir que la structures des récits de chacune de ces « défaites » présente une homologie frappante : d’Hitler à Staline, de Mao au Che, d’Allende à Mobutu, d’Habyarimana à Nkurunziza. Le calcul des Clinton et consorts serait-il aussi simple ? Si les adeptes de nos valeurs perdent 50 % de leurs populations (50 % de l’OTAN = l’Europe et ses dépendants : FUCK THE EU : sic Nuland !), il faut que le reste (c’est à dire 5 milliards d’être humains, qui ne partagent pas notre culture, donc qui présente une menace pour nous) perde 4 milliards de sa population. Avec le bouclier nucléaire de l’Amérique du Nord, le compte est bon en sacrifiant le reste des impérialistes Otanesques : ce qui serait le prix à payer (Albright). Les USA n’auront qu’à regarder ailleurs !!!! (Susan Rice).....Qui osait en 1933 dire qu’Hitler, Mussolini, Hiro Hito, Franco étaient des fous dangereux.....après 1945 c’est facile à dire....avant la fin de la troisième WW, c’est à dire maintenant ; ne serait-il pas prudent de se poser la question à propos d’Hillary Clinton, de Nicolas Sarkozy et dans une moindre mesure (et oui  !) de Dobald Trump ?

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