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Accueil du site > Tribune Libre > La reconquête allemande de la Mitteleuropa est achevée

La reconquête allemande de la Mitteleuropa est achevée

En tant qu’il réunit une pléiade d’Etats nationaux, l’euro tisse, entre les différents pays concernés, des relations impérialistes déterminées. Les mouvements qui le concernent sur la scène internationale servent aussi à modeler les structures internes des différentes économies en leur fixant une place dans l’ensemble des rapports de force à l’intérieur même de la zone euro.

C’est un aspect essentiel qu’Alexandre Mirlicourtois a choisi de mettre en valeur dans cette vidéo datée du 11 février 2013 sous un titre très bien venu : « L’euro flambe : les forts sont plus forts, les faibles plus faibles  »

S’il « flambe », c’est aussi sans doute qu’ « on » le laisse flamber… Qui ?… Et pour quelle raison ?…

Jetons tout d’abord un œil sur les chiffres de la fin de 2012 et du début de 2013…
« En deux mois seulement, l’euro s’est apprécié de plus de 4% face au dollar. Mais ce n’est pas le plus spectaculaire. Face à la livre sterling, le compteur indique près de 6% et face au yen il grimpe même jusqu’à 15%. »

Alexandre Mirlicourtois relève immédiatement un paradoxe :
« C’est le comble pour une région à la traîne de la croissance mondiale depuis des années, et un temps menacée d’explosion. »

Que s’est-il passé pour qu’il en aille ainsi ? Si la montée de l’euro ne correspond pas à l’ensemble de l’évolution de la zone euro au sein des rapports de forces qu’elle noue au plan international, d’où vient qu’elle puisse tout de même se produire ? Pour Alexandre Mirlicourtois, cela ne fait aucun doute :
« Si l’euro remonte, c’est pour de mauvaises raisons. S’il remonte, c’est bien à cause de la passivité de la BCE alors que la guerre monétaire fait rage. »

En effet, la gestion de l’euro est assurée par la Banque centrale européenne… Tout ce qui touche cette monnaie la concerne très directement… Si la trajectoire de l’euro devient aberrante, c’est elle qu’il faut incriminer, quitte à l’entendre avouer son éventuelle faiblesse devant certaines évolutions planétaires… Mais, en l’occurrence, selon Alexandre Mirlicourtois, ce n’est pas cela… Certes, il y a une guerre :
« Guerre des monnaies, guerre des changes, guerre des devises, dévaluation compétitive, tous ces vocables décrivent la même ambition : déprécier sa monnaie pour doper ses exportations et donner un coup de pouce à son économie. »

C’est donc dans cette guerre-là que la BCE refuse de s’engager… Un peu comme cette France de 1940 qui ne voulait surtout pas nuire à une Allemagne qui devait économiser un maximum de forces avant de se retourner contre… l’Union soviétique.

Mais, désormais, il ne s’agit plus d’Union soviétique. Il s’agit de régler des comptes à l’intérieur même de la zone euro…
« En fait, cette absence de réaction est une stratégie. Cette stratégie, c’est celle de l’euro fort. Une stratégie qui répond parfaitement aux intérêts de l’Allemagne et de ses satellites. »

L’Allemagne aurait donc des satellites… un peu comme le soleil. De quoi Alexandre Mirlicourtois veut-il donc nous parler ? Se peut-il qu’un pays ait des satellites ? Et si ces « satellites » doivent à peu près exclusivement tourner autour de lui, de lui seul, peut-il être lui-même autre chose que le titulaire de l’impérialisme le plus caractérisé ?

Si c’est le cas, voyons comme s’expliquerait celui de l’Allemagne… La formulation qu’utilise notre analyste est par elle-même assez curieuse dans la mesure où elle réunit « l’Allemagne et ses satellites » pour aborder le résultat d’ensemble de leur activité et le cadre idéal que leur offre un euro fort :
« D’abord, parce que le haut niveau de gamme de leurs produits (le fameux « Deutsche Qualität ») les place dans une compétition hors-coûts à l’abri, donc, des évolutions de changes. »

Mais, à l’intérieur de ce hors-coûts qui caractérise la façade impériale, il faut savoir reconnaître la marque de la domination qu’offre le champ de l’exploitation – bête et brutale – de l’être humain à travers la structuration pyramidale des rapports plus directement impérialistes. D’où ce second argument d’Alexandre Mirlicourtois :
« Et aussi, et surtout, parce qu’un euro fort diminue le coût des produits intermédiaires importés de la Mitteleuropa. »

Voilà donc à l’avantage de qui l’euro exerce son pouvoir discriminant…
« L’industrie allemande neutralise l’appréciation du change par une baisse de ses prix de production. »

En résumé, et parce que la structure impériale se trouve infligée par certains pays à d’autres à travers le coût d’accès à la monnaie commune :
« Le business model de l’Allemagne consiste à délocaliser une partie de la chaîne de valeur dans les PECO. Et ensuite, à importer des modules aux coûts réduits. »

Quant à la liste complète de ces Pays d’Europe Centrale et Orientale, elle nous rappelle tout à coup le mouvement des troupes hitlériennes parties pour investir… l’Union soviétique : Bulgarie, Croatie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, République Tchèque, Slovénie, Slovaquie.

Mais cette fois, ce ne sera pas que momentané… Quant à la France elle-même, où donc en est-elle dans ce nouveau schéma de l’Europe allemande ?

NB. Cet article est le cinquante-neuvième d'une série...
« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? »
Pour revenir au document n° 1, cliquer ici


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4 réactions à cet article    


  • baldis30 22 mai 19:17

    bonsoir

     « L’Allemagne aurait donc des satellites… un peu comme le soleil. »

     L’Allemagne a trouvé ce qu’elle cherchait depuis longtemps de façon stable sans intermédiaire ( comme l’Autriche-Hongrie dont elle sut se débarrasser quoiqu’ion en dise par son action fin du XIXème siècle) : un débouché sur la Méditerranée via les républiques de l’ancienne Yougoslavie ( ne pas oublier la façon dont les germains ont toujours traité les slaves ...). faute d’avoir remis en route ( pour combien de temps ?) leur projet bismarckien B.B.B. déjà réalisé sur le plan chair à canons par le deuxième B importé !

     Pour le deuxième B ils ne sont pas allés chercher bien loin l’exemple et la méthode... il est parfaitement décrit par Montesquieu dans « considérations sur les romains » !

    mais Montesquieu n’est plus étudié à l’ENA ( s’il l’a jamais été ...)


    • victormoyal victormoyal 23 mai 07:08

      P’tain..Hitler voulait une grande europe, et c’est Merkel qui l’à faite avec la complicité de ses pays collabos ?


      • baldis30 23 mai 08:46

        @victormoyal

        bonjour,
         une nuance : il voulait une Europe aryenne, grande, blonde aux yeux bleus et les petits latins bruns de chevelure et mats de peau eussent été leurs larbins ... et les slaves leurs esclaves ... .
         Merkel réalise une belle préparation pour WWIII préservant les grands blonds aux yeux bleus en promettant aux immigrés, à la condition qu’ils soient des blancs, des destins futurs sur le dos des latins et des slaves à la condition immédiate de défendre les intérêts des grands blonds aux yeux bleus.
         C’est exactement ce que firent les romains dans la construction de leur empire : l’armée romaine composée d’ethnies considérées comme « inférieures » ( barbares pour ceux qui n’ont pas compris ) offrait quelques lopins de terre pris sur les vaincus à ceux qui les avaient servis, protégés et enrichis pendant vingt ans .... le tout dirigé par des bons romains au-dessus de tout soupçon.....
        Lisez ou relisez Montesquieu ...
        Merkel fait exactement la même chose avec les Turcs... auparavant Bismarck et les Habsbourg, autre composante germanique prirent le même chemin, mais durent s’arrêter en route... ( voir par exemple l’Histoire de l’Italie du Nord, de la Tchécoslovaquie, de la Hongrie, de la Turquie dont B.B.B. pour ne pas déclamer toute la litanie à asservir ) !
         C’est ainsi que se sont construits les empires.. Montesquieu l’a analysé pour les romains , mais auparavant ils eurent des maîtres avec les Hittites, les Egyptiens , et bien d’autres ...
        L’histoire des immigrations organisées via l’intégration par les armées de colonisation est bien corrélée avec celle de la construction des empires ... jusqu’au jour où cela ne fonctionne plus malgré les promesses d’une religion et d’un futur garanti dans l’au-delà ( x vierges, y bouteilles de Château-Margaux, z participations à des orgies....) ... La religion joue alors le rôle de dernier recours politicien ... avant la chute....


      • Djam Djam 23 mai 11:52

        Mon père qui a fait 39-40 dans les corps francs (oui, à l’époque les hommes n’étaient pas des tapioles manucurées et avaient le courage d’aller en 1ère ligne face à l’ennemi...) se retourne beaucoup dans sa tombe depuis l’avènement de l’UE. Il me dit « mais quoi ?? j’ai risqué ma peau et été blessé gravement pour une guerre censée nous libérer d’une Allemagne dominatrice et vous retournez vous aplatir sous sa politique unilatérale ??? ».

        Bien obligée de lui répondre la vérité.... que nous sommes devenus des vassaux consentis et que la trouille au quotidien (trouille pour absolument tout) est notre nourriture de chaque jour.

        Pathétique « guvernance » française qui, malheureusement, sera poursuivie après Macron le pervers. Attali et son gang oligarque prépare depuis longtemps déjà la suite du dispositif d’aliénation globale.

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