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Accueil du site > Tribune Libre > La souffrance de l’enfant précoce

La souffrance de l’enfant précoce

 Un tiers des enfants surdoués serait en échec scolaire, une grande partie d’entre eux présentant des signes d’une souffrance psychologique importante : pour quelles raisons et par quels mécanismes, c’est ce à quoi cet article tente de répondre.

Le sujet que je vais développer n’est pas politiquement correct : me préoccupant ici d’une partie de la population infantile qui a comme point commun la vivacité d’esprit et l’avance intellectuelle, je sais que je risque fort de me faire taxer d’élitiste. Comme ma pratique concerne des adultes et des enfants de tous niveaux d’efficience, voire pas efficients du tout, je ne me sens pas concernée par cette étiquette. Cependant, recevant nombre d’enfants doués en difficulté et en grande souffrance, j’ai trouvé tellement de similarité dans leurs parcours que j’en ai peu à peu tiré des conclusions que je souhaite livrer ici.

 

Il vient pour la première fois avec ses parents. Il ne me regarde pas en face, il a 4 ans, 6 ans, 8 ans... Ses parents n’en peuvent plus. Il est insupportable en classe, n’écoute rien, oublie de prendre les devoirs à faire, se fait remarquer. A la maison, cela commence à ne pas aller non plus. Il est à la fois exubérant, ne se contenant pas, et taciturne, se livrant peu. Ses parents ont du mal à reconnaître l’enfant gai et éveillé qu’il était petit, curieux de tout, posant plein de questions, stupéfiant l’entourage par ses réflexions très mûres. C’est assez vite après l’entrée en maternelle qu’une certaine morosité s’est installée. Mais celle-ci passe au moment des vacances, moment où l’enfant retrouve sa joie de vivre.

A moi, l’enfant livre un vécu douloureux. Les autres se moquent de lui. Lui n’apprécie pas leurs jeux violents, et ne trouve pas malin de répondre par des coups quand on le brutalise. Résultat, il est rapidement devenu bouc émissaire de phénomènes de groupes avec rejet et d’humiliations, et, s’il en parle aux adultes, on lui conseille simplement de s’éloigner de ses bourreaux. Parfois on lui dit que c’est lui qui le fait exprès. Il décide de ne plus en parler à personne.

En classe il ne se sent pas bien. Il s’ennuie à entendre répéter des choses qu’il a comprises tout de suite, et cesse d’écouter. On dit de lui qu’il est dans la lune, en fait, il pense au jeu de stratégie auquel il joue chez lui, ou au livre en cours, en attendant que l’enseignant introduise une notion nouvelle. Mais quand celle-ci arrive il a parfois tellement décroché qu’il ne sait plus de quoi on parle, et l’enseignant se met à douter de ses capacités, ce qui l’amène, lui, à se croire idiot.

Au fur et à mesure que nous parlons tous les deux, son visage s’éclaire, et je découvre une pensée précise, un vocabulaire riche, qui tranchent avec le tableau décrit par les parents ou l’enseignant.

La passation du test a un effet thérapeutique. Mais inquiétant pour les parents. Nous sommes dans une telle idéologie anti-élitiste que prétendre avoir un enfant intelligent semble être un crime de lèse-démocratie, en tout cas, l’annonce de difficultés certaines.

C’est curieux : autant nul ne doute du fait qu’il existe des personnes aux potentialités intellectuelles réduites nécessitant un enseignement particulier et, plus tard, un emploi adapté (voire des structures de prise en charge plus lourdes quand la déficience est au niveau du handicap sévère), autant un grand nombre de professionnels fait preuve d’une prudence extrême dans l’affirmation d’un surdouement, prudence qui confine quelquefois à la négation pure et simple du phénomène. J’ai entendu, de la part de professionnels : « Avec ce QI-là (128), ce n’est pas un enfant doué, c’est un enfant poussé », «  Avec ce QI-là (146), cette enfant est anormale », « Le surdouement est un symptôme comme un autre »... Parfois, des psychologues ne donnent pas le résultat du QI aux parents, alors qu’ils le paient. Probablement pour ne pas donner la « grosse tête » à l’enfant ou à sa famille. Moyennant quoi, le jeune continue d’être persuadé que ses difficultés viennent d’un manque d’intelligence de sa part.

Je suis assez frappée du fait que la stigmatisation de l’intelligence à l’école ou au collège est telle que nombre de parents sont extrêmement inquiets quand on leur annonce la précocité de leur enfant.

Et un certain nombre de jeunes sabotent volontairement leur parcours scolaire pour ne pas être traités d’ « intellos » et mis au ban du groupe. Un jeune de primaire dont les résultats chutaient me l’a dit. Son meilleur copain a été clair : « C’est les copains, ou les bonnes notes »... Et j’ai eu pas mal de témoignages de stratégies d’échec délibéré pour ne pas sortir du rang, quitte à se faire condamner par les parents ou les profs...

Alors, d’où vient le mal ?

L’intelligence élevée s’accompagne en général d’une grande sensibilité. Le goût pour l’abstraction, la résolution de problèmes complexes, la curiosité d’esprit, mènent assez souvent à des interrogations métaphysiques assez éloignées de celles qu’abordent les compagnons de la même classe d’âge, ce qui isole le jeune précoce. Du moins tant qu’il n’a pas trouvé le copain aussi en avance que lui avec lequel il pourra refaire le monde dès la communale...

Ces caractéristiques ont toujours existé chez l’enfant particulièrement intelligent, et si l’on revisite l’enfance de nos grands artistes et inventeurs de génie, on y retrouve davantage de vécus douloureux que d’images rose bonbon. Cependant, depuis une vingtaine d’années, cette souffrance se généralise, et s’accompagne d’une augmentation massive du taux d’échec scolaire chez l’enfant précoce, ainsi que du nombre de dépressions, avec parfois passage à l’acte suicidaire. Des associations de parents d’enfants doués se sont créées, et des spécialistes se sont penchés sur la question. Quand on fréquente un peu ces associations, on est frappé de cette douleur, autant chez les parents que chez les enfants.

Que se passe-t-il donc ? Qu’est-ce qui a changé dans nos modes d’éducation qui conduit à cet échec, et qui fait que ce qui devrait être source de joie devient malédiction ? Je vais émettre quelques hypothèses concernant des éléments divers concourant au même résultat, sans pouvoir les développer ici comme cela le mériterait.

En premier lieu, le découragement par l’institution scolaire des sauts de classe, avec la limitation à un saut de classe par cycle. Un enfant qui est prêt à apprendre à lire et à écrire à 4 ans va s’ennuyer pendant deux ans en maternelle, perdre le goût d’apprendre, faire parfois ses apprentissages seul et sans méthode, et avoir un déficit de communication avec ses pairs. D’où ce que l’on appelle la « dyssynchronie » : il va, à la maison, continuer à écouter les adultes, les informations, déchiffrer seul, etc. Et, pendant le même temps, ne pas apprendre à lacer ses chaussures parce que ses petits camarades n’en sont pas là... Son énergie psychique peu mobilisée par ce qu’on lui enseigne va se libérer en pitreries ou hyperactivité. De plus, tout étant facile, il ne développe pas de méthode, ce qui va le pénaliser plus tard.

Ensuite, l’attaque, pour des raisons idéologiques, du talent. Dans ma jeunesse, celui qui avait une idée pertinente et originale était plutôt valorisé. Maintenant, on lui dit : « Tais-toi, laisse parler les autres. » Une enseignante disait d’un enfant doué de sa classe de CP, qui savait lire à la rentrée de septembre : « C’est bien, parce qu’il ne se met pas en avant par rapport aux autres ! » Oui, à part que ce petit garçon s’est retrouvé très déprimé après quelques mois de ce régime. Il n’y a pas de reconnaissance de ce qui est important pour l’enfant, sa capacité et son appétence à comprendre des choses nouvelles.

Enfin, la forme de l’enseignement. Pas le contenu, mais le mode d’approche. L’enseignement dans les petites classes privilégie de nos jours, pour une pédagogie d’éveil, l’introduction des notions par l’exemple. Or, ce qui intéresse l’enfant doué c’est le plus souvent la compréhension analytique des phénomènes. Il peut se retrouver en échec si les éléments de cette compréhension ne lui sont pas donnés. Et, même s’il parvient à suivre, son intérêt est émoussé.

C’est pourquoi je suis pour une scolarisation de l’enfant au niveau maximum de ses compétences, qu’il soit précoce, normal, ou peu efficient.

De nombreux aspects ne sont pas abordés ici, notamment celui de la validité des tests d’intelligence. Beaucoup de choses ont été dites sur cette question. Je m’en tiens à une conception très basique du test dont le résultat n’est, de toute façon, qu’approximatif : une échelle permettant d’évaluer la quantité d’épreuves réussies par un individu, comparativement à ce que parvient à faire la moyenne des gens de son âge. Je ne fais pas non plus la différence que font certains entre les enfants précoces et les enfants doués ou surdoués. Je trouve que ces distinctions, et surtout l’assimilation d’une certaine qualité de fonctionnement intellectuel, à un profil psychopatologique particulier, tendent à ostraciser encore plus ces enfants, qui ont besoin, davantage que d’être étiquetés, d’être compris.

 


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145 réactions à cet article    


  • orange orange 12 juin 2008 10:18

    Cet article devrait faire bouger bien des parents de ces enfants dont vous parler si bien.

    Triste histoire, ses enfants surdoués en échec scolaire, alors qu’ils seraient un appui pour ceux qui sont dits sous doués ( n’arrivant pas à apprendre à lire et à écrire) . Faire sauté des classes à ses enfants surdoués est à faire refuser. Ne les laissons pas grandir plus vite que la société veux évoluer.

     

     


    • spartacus1 spartacus1 12 juin 2008 11:24

      Triste réalité, effectivement, mais réalité tout de même.

      Beaucoup de cancres sont en réalités des enfants qui ont des aptitudes supérieures à la moyenne.

      L’école telle qu’elle est conçue est faite pour les cas moyens, inadaptée, aussi bien pour les "sur-doués" que pour les "sous-doués".

      C’est essentiellement une question financière, on ne peut pas pratiquer une pédagogie différentielle avec des effectifs à 30 (ou plus) élèves.

      On ne peut faire des cadeaux fiscaux aux plus riches et avoir des écoles performantes, il faut choisir.

      De toute façon, les enfants des classes aisées n’ont pas vraiment de problème, s’ils sont moyens, l’école actuelle leur convient, s’ils sont "sous-doués" les parents ont de quoi leur payer cours privés d’appui, répétiteur, voir précepteur, s’ils sont "sur-doués", il existe des écoles privées (onéreuses) pour leur cas.

      Intéressant de voir qu’il y a une corrélation positive entre les pays qui s’en sortent plutôt bien sur le plan économique et le montant des dépenses consacrées à l’éducation.


    • Rage Rage 12 juin 2008 14:56

      Bonjour,

      Votre article est très intéressant mais la fin tombe un peu à "pic" : dommage.

      Il y a quelque chose de fondamental que l’on ne dit pas en France, une façon de voir les choses qui induit bon nombre de vos constats :

      Quand on constate par évidence qu’un individu (enfant ou pas) est clairement au dessus du lot dans la capacité intellectuelle à analyser, synthétiser, produire des propositions etc..., le français fait plutôt le choix de vouloir écarter ce "talent" de la vue des autres par peur de paraître moins bon plutôt que le choix de mettre en avant ce talent, non seulement pour lui permettre de s’exprimer mais aussi pour en bénéficier.

      N’avez vous jamais remarqué cette capacité qu’ont les français à encenser les champions puis à les lapider vivant à la moindre baisse de régime ?

      Qu’un enfant puisse avoir du talent au sport : cela est admis. Qu’un enfant en ait "intellectuellement", cela ne passe pas.

      Le fait d’accepter qu’un autre individu soit en mesure de percevoir certaines choses plus rapidement et par conséquent de faire en sorte de "minimiser" vos faits : c’est rejeté.

      Toute l’éducation nationale est une broyeuse à talent (la fabrique du crétin), modelant par le nivelement par le bas et le "programme" statitique et répétitif.

      Le "surdoué" se nourrit de projets, d’idées, de projections. Il a soif d’informations, il veut en savoir plus pour être lui même en capacité d’analyser les tenants et aboutissants. Il ne se satisfait pas des analyses pré-machées. Difficile donc pour lui de survivre à une machine où l’on répète, où l’on attend et où l’on dit comment il faut penser et recracher.

      La France tue ses talents intellectuels à la racine.

      Pas étonnant que les plus brillants intellectuels ait été d’une autre époque et dans bon nombre de cas, des reclus du pays qui ont triomphé hors des frontières.

      La France n’aime pas l’originalité et les idées neuves parce que ceux qui sont à sa tête détestent qu’on puisse les montrer à nu dans leur insolente médiocrité.


    • Halman Halman 12 juin 2008 16:04

      Orange, cela ce voit que nous n’ètes pas passé par là.

      Supporter des hordes de gamins de votre classe qui hurlent et courent partout en gesticulant leurs loghorées enfantilles quand vous en êtes à calculer les trajectoires des planètes, vous ne supportez pas l’idée de devoir être entouré de ces gamins qui se prendront plus tard pour des adultes parce qu’ils sont mariés, ont un emploi, la belle voiture, la télé, l’ordinateur, la belle maison, la chaine hi fi dernier cri, jusqu’à votre retraite, parce que rentrés dans le rang, parce tout espoir d’innover leur est politiquement et philosophiquement incorrect. Parce qu’on leur a dit de ne pas s’écarter du chemin et qu’en bons moutons cela leur répugne de faire autrement que la troupe.

      Avoir envie de parler de simulations gravitationnelles à des gens qui en sont encore à ne pas comprendre les fractions, je ne le souhaite à personne.

      Alors vous restez dans votre coin et vous vous emmerdez comme il n’y a pas de mot pour le dire en attendant de pouvoir enfin faire des études supérieures.

      Et quand vous arrivez à l’âge adulte, c’est trop tard, le mal est fait, il a fallu bosser pour gagner votre croute avec des gens qui ne savent que vous parler Star Ac, bagnole, foot et jeux vidéos débiles. Et le temps perdu ne se rattrape pas, même si par hasard une psy vous détecté un putain de QI et alors que 99% des conversations et des thèmes des forum vous emmerdent, vous gavent comme ce n’est pas immaginable.

      Pas le temps, pas l’argent et trop épuisé pour reprendre des études.

      Alors on cause pas, on fait son boulot, et à la maison on développe les logiciels dont on rêvait gosse sans en parler à personne et au lieu de regarder le foot et les polars on pionce et on s’emmerde.

      Et on préfère passer ses week end derrière un télescope plutôt que de se saouler et de baffrer en répétant toujours les mêmes discussions de repas du dimanche sans le moindre intéret.

      Parce qu’on en est encore à considérer que précoce ou surdoué c’est une tare, surtout quand c’est trop tard.

      Parce qu’on en est encore à considérer que s’occuper d’autre chose que de se trouver un boulot pour faire carrière c’est faire preuve d’immaturité.

      Parce qu’on met encore les surdoués dans des lycées et instituts spécialisés comme des rats de laboratoires et ils ne le supportent pas.

      Alors on ferme sa gueule et on fait comme si de rien.

      Et putain qu’est ce qu’on s’emmerde.

      Et on a la haine que l’autre andouille ait eu des parents friqués pour lui payer ses études supérieures, même s’il décroche ses examens de fin d’années à l’arrache, limite limite, préférant se fumer des pets et se taper des pétasses en lousdé parce qu’on lui a fourré dans le crâne que pour en être un, un vrai, il fallait se payer des greluches de son âge même si c’est en cachète, parce qu’il faut bien finir les études qu’on lui paie, pour faire plaisir aux "vieux", pour avoir un boulot qui lui assure un avenir pépère peinard pour donner à bouffer aux chiarres que lui même traitera comme des attardés.

      La boucle se boucle.

      Et les imbéciles de nous prendre pour des mysanthropes élitistes.

      Parce qu’il faut bien qu’ils soient dans la critique pour Etre, pour se donner de l’importance, alors ça critique tout, même ce qui les dépasse. Ca les occupe. Opium du peuple.

      Mais heureusement il y a ceux qui réussissent et qui deviennent astrophysiciens.

      Alors ceux là, on se régale à les lire et on s’évade mieux qu’avec des pets et qu’en se saoulant devant un match de foot.

       


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 13 juin 2008 06:18

      @ spartacus : " On ne peut pas pratiquer une pédagogie différentielle avec des effectifs à 30 (ou plus) élèves". Mais, oui, justement, on pourrait. voir le concept d’éducation préceptorale au lien en référence.

      Pierre JC Allard


    • K K 12 juin 2008 10:33

      L’intelligence reelle n’est-elle pas la capacite d’adaptation au milieu ? Excusez moi, ce n’est pas un jugement sur vos opinions ou votre texte que je trouve bien ecrit et tres interessant, juste une question.

      Car personnellement, j’ai toujours cru que la veritable intelligence etait ce talent pour vivre le mieux possible dans une atmosphere donnee.


      • Piotrek Piotrek 12 juin 2008 11:06

        Oui ; cependant il faut deja avoir conscience de soi et du milieu, ensuite, il faut envisager la distance entre soi-meme et le milieu. Pour un enfant c’est beaucoup demander.

        L’enfant va essayer de s’adapter mais en fonction de la logique qu’il possede. Il se fera remarquer, arrivera ensuite un cercle vicieux dont le resultat sera justement ne plus se faire remarquer.


      • Marc P 12 juin 2008 11:11

        Bonjour K,

        Oui mais selon ce critère là, bien des animaux sont plus intelligents que les humains...

        Et puis beaucoup de "cloches" ensemble (disons des personnes hyper-adaptées, souvent hyper-structurée et donc rigides, qui se croient mieux que les autres, mais sans capacité de distanciation ou d’introspection) imposent un environement peu stimulant à celui qui n’en a pas besoin... Que veut dire alors s’adapter ?

        Cordialement...

        Marc P


      • K K 12 juin 2008 13:25

        merci pour vos reponses.


      • JeanLuc75 12 juin 2008 21:26

        "L’intelligence reelle n’est-elle pas la capacite d’adaptation au milieu"

        oui en arrétant de se faire remarquer, dans mon cas personel en classe de cp en 1965

        les profs on refusé de croire que mes rédactions étaient de moi et m’on accusé de fraude en les

        lisant devant toute la classe, avec rigolades de crétins général, ensuite le directeur

        a convoqué mes parents, voyant qu’il étaient d’origine ouvrière il les a sommé de lui indiquer "le véritable

        auteur" ensuite mes parents mon harcelé de questions autant vous dire que j’ai arrété mes conneries

        tout de suite

         

        aujoudhui je suis mécanicien et

        je trouve toute les pannes du 1er coup

        et j’ai aussi appris pour m’amuser le developpement de logiciel en c++

        en ce moment j’apprend l’anglais j’aimerais bien lire les romans de SF en VO

         comme quoi, il vous restera toujour un fond.

         

         


      • Internaute Internaute 12 juin 2008 10:46

        Peut-être que l’article n’est pas politiquement correct, par contre la photo choisie pour l’illustrer est tout à fait politiquement correcte.


        • Piotrek Piotrek 12 juin 2008 10:57

          En fait, je ne crois pas qu’il existe des enfants "Doués" ou "Précoces" Ce n’est qu’un effet d’optique.

          Je crois plutôt qu’il existe une seule forme d’enseigment monolithique, et que les enfants réagissent differment a son contact, et je pense qu’il faut au contraire commencer a étiquetter les enfants le plus tôt possible pour leur proposer l’enseignement adequat. Etre compris ne résoud rien, cela permet juste de nous amener au problème suivant.


          • Marc P 12 juin 2008 11:13

            Un petit coréen calculait des intégrales à 5 ans (il y a 20 ou 30 ans)...

            en l’espèce, l’anomalie ou plutôt l’exceptionnalité est patente.

            Marc P


          • Lisa SION 2 Lisa SION 12 juin 2008 11:15

            "...Le goût pour l’abstraction, la résolution de problèmes complexes, la curiosité d’esprit, mène assez souvent à des interrogations métaphysiques assez éloignées de celles qu’abordent les compagnons de la même classe d’âge, ce qui isole le jeune précoce..." avez vous écrit.

            Vous avez parfaitement résumé les symptomes les plus lisibles qui peuvent aider tous les parents qui se posent la question. Vous n’avez pas pensé à relater des parents qui chantent sur les toits que leur enfant l’est, ce qui nuit autant à l’enfant qu’à eux même. Ce sont ceux qui en parlent le moins, au risque de l’occulter...

            une émission sur le sujet présentait une famille dont tous les enfants étaient surdoués. L’un d’eux entraina la caméra dans leur sous-sol qui était entièrement équipé en jeux d’adresse, casse tête chinois, livres revues, BD, ping-pong, fléchettes, puzzle, etc... Toutes les cloisons étaient complètement garnies de bibliothèques murales bourrées de quoi s’instruire et se détendre...Il y a peut être la dessous une raison de l’expliquer, ce surdouament.


            • Cbx Cbx 12 juin 2008 11:17

              Je trouve l’article très pertinent dans la mesure ou je retrouve tout à fait mon histoire.

              Comme j’étais plutot précoce j’ai commencé l’école un an plus tôt que les autres enfants. On a donc tenter de me faire redoubler de force en moyenne section (sans même avertir mes parents !), mais voyant que je ne faisait plus rien ils ont bien été obligés de me laisser continuer avec un an d’avance.

              Puis arrivé en primaire j’ai du passer toute une série de tests pour prouver que je méritais mon année d’avance et cela en CP et en CE1. Comme je les ai tous passés sans problèmes ils m’ont laissé continuer.

              Arrivé au collège le problème ne venais plus des profs mais des élèves. J’ai totalement arrêté de travailler à partir de la 5ème car chaque bonne note signifiait être regardé de travers par l’ensemble de la classe, et parfois même me faire tapper dessus. J’ai très vite arrêté d’en parler, car les seules réaction que j’obtenais de la part des adultes c’était "ignore ceux qui t’embêtent" ou "ça doit forcément venir de toi". Je me contentais donc d’être dans le milieu de classe pour passer inaperçu. J’ai continué comme ça jusqu’au bac que j’ai eu de justesse, ayant complètement désappris à travailler.

              Il a fallut attendre la classe prépa (et oui, le fameux système éliste qui tire certains vers le haut au lieux de tirer l’ensemble vers le bas) pour que je me remette à bosser, ce qui m’a permis d’intégrer une école d’ingénieur et de finalement m’en sortir.

              Coté école je dirais un grand merci à monsieur Mitterand, qui à coup de démagogie avec "l’enfant au centre du système éducatif qui doit participer à son éveil", à mis l’éducation nationnale à genoux en la transformant en jungle. Coté élèves je dirais un grand merci aux médias, ou la médiocrité et la bêtise sont mises sur un piedestale. Regardez les séries pour ado, vous y verez des jeunes moyens très surs d’eux, plutot mauvais à l’école, qui ridiculisent les profs et les premiers de classe.

              Hélas la seule solution proposée actuellement est l’école privée. Je suis contre. Je pense encore qu’on peut trouver un système qui arrive à éduquer les français sans faire un tri en fonction du niveau social des parents. Cela dit je ne me fais aucune illusion, une grande partie de la population applaudissant à deux mains le démantelement du service public.


              • ze_katt 12 juin 2008 11:42

                Vous avez eu de la chance. J’ai redoublé mon CP alors que je savais lire à 5 ans (lire, pas déchiffer, j’ai traité ma grand mère de mère Mac Miche parce qu’elle prétendait m’envoyer au lit). J’ai trainé péniblement mon ennui de classes en classes en ouvrant un oeil distrait par moments. J’ai fini par faire une dépression sévère qui m’a fait abandonner l’école à 17 ans. Je traine de petits boulots en périodes de chomage depuis 20 ans avec une lassitude de plus en plus grande. Cerise sur le gateau, mon dernier fils suit le même parcours, bien que de manière plus violente. Quand j’ai demandé de l’aide pour lui, personne n’a daigné me prendre au sérieux. Je n’ai même pas réusi à lui faire passer de test. Pardon. Il a passé un test une fois au collège. Bien que je n’aie pas reussi à avoir les résultats complets, il semblerait que son QI frôle les 70. J’essaie tant bien que mal de le maintenair à l’école le plus longtemps possible en espérant qu’il finira par tirer son épingle du jeu.

                Formidable.


              • Radix Radix 12 juin 2008 11:42

                Bonjour CBX

                Bienvenue au club, moi aussi eu un an d’avance en primaire et j’ai décroché en 5ème et terminé en roue libre ma scolarité en trouvant dans la lecture un dérivatif à l’ennui des heures de cours interminables.

                J’ai dévoré tout ce qui me tombait sous la main et j’ai appris plus de choses utiles de cette façon que lors de ma scolarité.

                Je ne me considère pas vraiment comme un enfant précoce (QI 132), j’ai rencontré des enfants beaucoup plus intelligent que moi et encore plus paumés.

                Je suis père de deux filles qui commencent a montrer des signes d’une petite précocité mais pour l’instant rien d’inquiétant sinon pour l’une une passion de la lecture...

                Radix


              • Cbx Cbx 12 juin 2008 11:57

                Bonjour et merci pour vos réponses.

                Disons que j’ai eu la chance d’avoir assez de facilitées pour avoir mon bac sans travailler. Le collège a été très dur (dépression mon amie), mais j’étais bien plus tranquille au lycée. Cela dit ma belle mère qui est enseignante dans le supérieur raconte que le lycée actuel ressemble au collège d’il y a 5 ans donc ça ne doit même plus être vrai maintenant.

                Je rejoint les commentaires précédents lorsqu’ils parlent d’avoir un enseignement spécialisé pour les enfants en avance. J’irais même plus loin : nous ne sommes pas égaux vi à vis de l’intélligence, nous le savons le collège unique était une vaste fumisterie. Il faudrait donc revoir le système éducatif pour l’individualiser et amener chaque élève à utiliser pleinement ses capacités, et non pas à lui en demander trop ou pas assez, ce qui dans les 2 cas mène à l’échec.


              • libre dissidence 12 juin 2008 12:54

                Bonjour à tous,

                J’interviens par le biais d’un commentaire pour vous faire remarquer que à défaut de vouloir ou pouvoir changer le systéme il faudra aussi revoir les désirs et les motivations des parents.

                Tous (ou) une large majorité veulent que leurs enfants aient le bac , ’’ passe ton bac ’’ sinon tu ne trouvera s pas de travail. La pire des aneries rabachées depuis des années et devenue une loi incontournable...

                Quel besoin d’avoir son bac pour (sans dénigrement) conduire une pelle mécanique ou débroussailler des jardins ? Et je ne parlerai pas du niveau du bac !!!

                Formons, ne déformons pas... n’infligeons pas à nos enfants nos peurs et nos angoisses... Combien de bacheliers à l’Anpe , avant que nous changions nos attitudes ? Seulement il faut accepter d’avoir un enfant (et toujours pas de Moin...ismes) éboueur , chauffagiste ...Etc ...

                Mais la culture du *Résultat* étant présente des deux cotés de l’éducation : Nationale et Parentale ; l’échec et le mur sont là . La vrai réforme serait celle des mentalités et des moyens : combien d’ingénieurs pour combien d’ouvriers ? Quels sont nos besoins ?

                Que celui qui a les capacités(je ne parle pas volontairement de moyens) suivent des études et que les autres travaillent plus tôt en fonction de ces mêmes capacités !

                 


              • skirlet 12 juin 2008 13:16

                J’ai grandi dans le pays où se faire remarquer entraînait des conséquences encore plus désagréables. J’ai appris à lire à 3 ans (d’accord, c’est loin du petit Coréen surdoué smiley ), ensuite mes parents m’ont freinée autant qu’ils ont pu. J’ai demandé d’apprendre l’alphabet latin (celui de ma langue natale est cyrillique) - c’est non. Alors je me suis mise à déchiffres les lettres par mes propres moyens. Apprendre les chiffres, le calcul - toujours non. En classe (équivalent du CE1) j’étais souvent punie, car d’autres apprenaient péniblement à lire, et je finissais la lecture d’un texte en quelqes minutes, ensuite je l’écoutais plus. Il y a de quoi s’ennuyer... Sauter une classe, c’est encore une fois "non" de la part de la direction. Ma foi, je peux dire que j’ai tout fait pour m’adapter. Elève tranquille, avec de bonnes notes... mais là aussi, j’ai dû choisir "notes ou copains". Comme les copains ne vivraient pas ma vie à ma place, et comme j’ai déjà choisi mon futur métier à l’âge de 7 ans, j’ai choisi les notes et j’ai passé les 10 ans de ma scolarité dans la peau du bouc émissaire. Chaque jour (avec une semaine de 6 jours, seul le dimanche était férié) il fallait faire un effort colossal pour aller à l’école, supporter des moqueries et parfois des coups. Non, ce n’est pas toujours la bénédiction d’être précoce, même à un niveau relativement faible, comme le mien.

                J’ajoute que la psychologie n’existait pour ainsi dire pas, considérée comme "fausse science bourgeoise", et aucun réseau n’était prévu pour aider ces enfants. L’article m’a fait remonter bien de souvenirs, merci, cher auteur...


              • Halman Halman 12 juin 2008 16:14

                Moi je suis arrivé avec 2 ans d’avance en 6ème.

                Et je me suis retrouvé avec 2 ans de retard en 3ème.

                Au lieu d’en profiter et de s’en servir comme tremplin pour aller plus haut et plus vite, à tous les niveaux on enfonce.

                On connait tous le problème, ne pas se faire remarquer, qu’on soit nul ou bon, ni par les profs, ni par l’éducation nationale, et surtout pas par les autres de la classe.

                Rester dans la moyenne, c’est l’idéal du paradigme social français, la réussite...

                Quant aux parents...


              • Lisa SION 2 Lisa SION 12 juin 2008 18:42

                CBX,

                "...Je rejoint les commentaires précédents lorsqu’ils parlent d’avoir un enseignement spécialisé pour les enfants en avance... " Ce que vous dites est essentiel. Si l’école portait en haie d’honneur les meilleurs élèves comme dans les tournois de sport, la France serait un nid de cerveaux hautement qualifiés et reconnus, comme ils le sont de partout ailleurs dans le monde entier. Nous sommes de mauvais touristes, mais de brillants inventeurs souvent autodidactes. 


              • skirlet 12 juin 2008 19:23

                "Partout dans le monde" ?.. Ne vous faites pas d’illusions, la psychologie humaine est assez similaire, et la France n’est pas la seule de ce point de vue. Je peux citer plusieurs pays où les "intellos" ne se sentent pas très à l’aise.


              • DUTER220 12 juin 2008 11:28

                C’est une exellente description de ce qui peut se passer avec ce type d’enfant, j’y reconnais exactement, trait pour trait, mon fils qui a maintenant 20 ans, n’a pas eu son bac et travaille en ce moment dans une laiterie, alors qu’il a su lire à 4 ans, jouer (et gagner) aux échecs à 5 ans...A ces moments libre il lit le Monde diplomatique ou courrier internationnal....

                C’est un vrai gachis de voir comment se comportent (le plus souvent) leur entourage, enfant rejeté par les profs qui n’aiment pas les questions dérangeantes ou trop pointues, autres enfants qui ne comprennent rien à ces comportements qualifiés de polars, et nous aussi parents, souvent dépassés et dans l’incompréhension. Ce sont la plupart du temps des enfants très affectifs et très fragiles.

                 


                • Saï 12 juin 2008 11:34

                  Article intéressant mais je n’en rejoins pas les conclusions. Faire sauter une classe à l’enfant précoce peut avoir des effets désastreux en termes d’intégration sociale, qui est déjà la principale difficulté à laquelle il est naturellement confronté. Un enfant qui s’ennuie continuera à s’ennuyer dans la classe supérieure, et risque de ressentir davantage une différence avec ses pairs. La pression sociale est souvent bien plus forte que le désir d’exploiter au maximum ses propres capacités intellectuelles.


                  • ze_katt 12 juin 2008 11:45

                    Dans ce cas la, pourquoi trouve-t-on normal d’avoir des ecoles adaptées pour les enfants handicapés mentaux, mais injuste de fournir un enseignement adapté à ces enfants ?


                  • Saï 12 juin 2008 12:24

                    Ce n’est pas une question d’injustice, et merci de ne pas confondre handicap mental et facilités d’assimilation. Quand il y aura des programmes spécifiques d’enseignement pour enfants précoces ou surdoués, on verra. Pour le moment ce n’est pas le cas, et un enfant qui s’ennuie dans une classe de sa tranche d’âge a de fortes chances de continuer à s’ennuyer dans la classe supérieure, l’impression de déracinement en plus. Les enfants qui ont un an d’avance et arrivent dans une nouvelle classe avec de nouveaux visages sont souvent étiquetés, et en souffrent.


                  • ze_katt 12 juin 2008 15:49

                    Merci de ne pas confondre s’ennuyer en classe et vivre completement à l’ecart parce que les autres ont l’air d’etre sur une autre planete.

                    D’ailleurs quand on sait que la moitié des enfants precoces sont incapables de s’inserer normalement dans la société une fois devenus adultes, la notion de handicap n’est plus si loin que ca.

                     


                  • Halman Halman 12 juin 2008 16:30

                    C’est justement là l’erreur de croire qu’il faut des écoles spécialisées pour surdoués.

                    Le seul service qu’on puisse leur rendre est de leur foutre la paix.

                    S’ils ont envie de faire des études à leur rythme, de quel droit les empécher ?

                    Au contraire s’ils ont envie de glander et de devenir ouvrier ou secrétaire malgré un QI colossal, c’est tout aussi respectable.

                    Je conseille à tout le monde le film Will Hunting. L’histoire d’un super génie qui résoud en quelques minutes les problèmes mathématiques historiques mais qui préfère son boulot d’ouvrier. Un gachis intellectuel oui, mais si c’est son choix c’est parfaitement respectable. Le tout agrémenté de discussions des plus édifiantes.

                    Quant à les mettre dans des instituts spécialisés, on l’a vu dans un reportage récent, ils se sentent comme des animaux de laboratoire, mais les parents sont super fiers et les exhibent comme des singes savants devant la caméra, les voisins, la famille.

                    Laisser les surdoués qui en ont envie de faire des études et ne pas les traiter comme des surdoués sujets de thèses pour des psys et des neurologues ratés en manque de sujets et de reconnaissance professionnelle, mais comme des gens normaux, c’est le meilleur service à leur rendre.

                    D’ailleurs eux même n’en ont rien à faire d’être des génies, c’est la société qui leur plaque l’étiquette "génie" avec toute la fantasmagorie débilitante d’idées préconçues qui en découle et qu’on leur pose sur les épaules comme un fardeau.

                     


                  • dom y loulou dom 12 juin 2008 23:23

                    comme c’est exact Halman

                    il faudrait peut-être oublier que les enfants sur-doués sont des génies... ils sont aussi différents entre eux que les autres enfants peuvent l’être d’un individu à un autre... stigmatiser une forte capacité intelectuelle rabaisse aussi les autres enfants qui du coup jalousent un état qui n’est souvent que solitude et souffrance pour un surdoué et il y toutes sortes de dons chez les êtres.

                    Rechercher la moyenne de l’intelligence en fonction de laquelle on définit les enfants hors norme, cette obsession de la normalité... voilà bien une pratique qui engendre l’isolement des surdoués et de tous ceux qui ne cadrent pas dans cette norme ... c’est à dire TOUS SANS EXCEPTION puisque la caractéristique de l’être est justement la diversité. 

                    Il n’y a pas de surdoués... parce que cela impliquerait qu’il y a des sous-doués... quelle insulte à l’être dans sa diversité ! TOUS les enfants ont de grandes qualités qu’il suffit de nourrir de beaucoup d’amour pour qu’ils fleurissent comme les roses, même ceux présenant un vrais handycap.

                    Ce n’est pas la question des établissements qui tentent d’inculquer des connaissances aux élèves... c’est la trame de fond qui définit une société, la nôtre est submergée d’abrutissements sans nom qui relèguent les hypersensibles dans les asyles de fous quand ce sont ceux qui tirent le plus d’informations de leur environnement.

                     

                    C’est l’état d’esprit sociétal qu’il conviendrait de changer et non multiplier les divisions entre les enfants, mais leur inculquer le droit à la différence, la multiplicité des êtres, honorer la diversité au lieu de leur faire croire qu’ils seront jetés aux oubliettes s’ils sortent du lot et que l’unité du vivant swe résume à un ensemble d’uniformes.

                    La médiocratie, voilà ce qui est en cause, l’encouragement à l’abrutissement au lieu de l’apprentissage du vivant alors que s’il y a un sens profond à la vie c’est bien celui d’apprendre d’elle, sinon autant se tirer une balle tout de suite.

                     


                  • Krokodilo Krokodilo 12 juin 2008 11:44

                    Article intéressant et bien écrit. J’approuve en gros, mais en apportant un bémol : n’aurait-il pas été plus juste il y a dix ans, ne date-t-il pas un peu ?

                     

                    Car si l’enseignement a longtemps été agacé par ce sujet, avec des arguments divers, variations sur le thème de "il a déjà de la chance d’être doué, on ne va pas en plus le favoriser", ou la volonté de ne pas créer trop tôt les filières scolaires et le regroupement des élèves par catégories, la nécessaire hétérogénéité des classes, etc., cette position a nettement évolué depuis quelques années.
                    J’ai même personnellement vu affiché à la grille d’entrée une circulaire informant les parents sur les enfants précoces et les invitant à prendre contact le cas échéant.

                     

                    De plus, le saut de classe que les enseignants déconseillaient systématiquement voire bloquaient, est maintenant souvent possible, et si vous dites qu’il est limité à un saut par cycle, cela fait tout de même deux sauts possibles à l’école primaire, ce qui est peu courant, même parmi les enfants précoces. Je n’ai pas le même nombre d’exemples que vous, mais parmi ceux que j’ai vus, un saut d’un an a toujours suffi à soulager grandement l’enfant, à l’épanouir.

                    "et s’accompagne d’une augmentation massive du taux d’échec scolaire chez l’enfant précoce, ainsi que du nombre de dépressions,"

                     

                    Je ne crois pas qu’il y ait de statistiques fiables à ce sujet, d’autant plus que la notion d’enfant précoce est incertaine et n’a pas fait l’objet de recensement systématique dans la population scolaire.
                     


                    • Wlad Wlad 12 juin 2008 13:43

                      "n’aurait-il pas été plus juste il y a dix ans, ne date-t-il pas un peu ?"

                      Avec la débilisation ambiante et l’enfoncement de la valeur du bac vers des profondeurs insoupçonnées même par les plus grands océanographes du monde, non. Le manque de structures et de modèles d’enseignement adaptés se fait de plus en plus cruellement sentir.

                      Néanmoins je pense tu pointes avec raison une légère amélioration de l’environnement scolaire. Je me base sur mon seul exemple, mais les conclusions que j’en tire me paraissent sensées : j’ai nettement plus souffert en primaire / collège que mon frère (qui passe son brevet dans quelques jours, si je me rappelle correctement les dates de l’épreuve), qui est très bien accepté par ses petits camarades (pourtant pas des lumières, l’histoire se passant en Lorraine ), alors que nous suivons un parcours sensiblement identique.

                      L’enfant précoce, à mon avis, dérange moins, suscite moins la jalousie, pour cette même raison que les modèles des jeunes mis en avant par la télé (footballeurs illettrés, jeune glandus dans les séries, etc.) indiquent à l’enfant "normal" qu’il est tout à fait possible (et même légitime, après tout) d’être brillant dans un domaine, quel qu’il soit, pas forcément en cours, et d’en retirer un certain succès.


                    • Halman Halman 12 juin 2008 16:33

                      Il n’y a peut être pas de statistiques, mais c’est tout de même une réalité bien présente.

                      Attendre des statistiques et des études pour prouver une réalité, c’est assez inquiétant.


                    • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 12 juin 2008 12:03

                      C’est à l’éducation a s’adapter à l’enfant et non pas a l’enfant a s’adapter à une éducation formatée (qui a peu évolué depuis 40 ans). Bien sûr qu’il y a beaucoup d’enfants intelligents qui ne s’adaptent pas à un tel système éducatif.

                      La faculté d’adaptation à des contraintes stupides ne favorise que les élèves à l’échine souple, donc médiocres. Les écoles de commerce,d’ingénieurs, sont pleines de ce type d’élèves dociles, sans personnalité,sans culture, souvent sans scrupule capables de tout pour "arriver". Sarkozy en est l’archétype poussé à son paroxysme.

                      Je trouve les termes "précoce" ou "surdoué" très impropre, je préfère intelligent...Même si l’intelligence n’est pas mesurable ni quantifiable.

                      Un ex-enfant surdoué qui a beaucoup souffert d’un système éducatif stalinien ou (et) pétainiste (comme vous le voulez..)

                       


                      • Crazy Horse Crazy Horse 12 juin 2008 12:31

                        T’as bien raison ! J’emmerde tous ces cons qui voudraient me dire comment je dois me comporter, quel avenir je dois désirer, quelle vérité je dois accepter, etc.

                        S’il y a bien quelques profs qui savent apprécier la pertinence de certaines interventions, la plupart du temps on brime l’esprit critique. Il s’agit d’un véritable formatage !

                        "Surtout, ne réfléchissez pas trop. Non, ne regardez pas par là ! Croyez-moi sur parole : ce que je vous transmets est parole d’Evangile."

                        Je me souviens du regard foudroyant que me lançait le directeur lorsque j’ouvrais ma gueule en conseil, dans un langage soutenu et tout à fait respectueux, pour dénoncer certaines absurdités dans les jugements prononcés contre des élèves que je connaissais bien. La fuite de certains professeurs, qui ne voulaient pas discuter en adulte des problèmes rencontrés avec la classe ou certains élèves... Pitoyable.

                        Être intelligent ce serait s’adapter à cette société absurde, renoncer à sa dignité et faire la pute pour une oligarchie financière qui se prend pour the master of puppets ?

                        Dans ce cas je dois être sacrément débile...


                      • pallas 12 juin 2008 12:18

                        Mes pauvres petits choux, sa va mal hein ?. Que des etres mediocres, une societe qui s’ecroule, plus personne pour prendre le challenge, plus d’inovations, rien, le neant, c’est magnifique n’est ce pas ?. Il est un peut tard pour s’occuper de ce probleme, d’ailleur, vous assumez vos responsabilités, ah oui j’oubliai, ces enfants, ont la Haine, et donc, et la ou l’auteur manque d’information, c’est qu’une fois adulte, ces ledits enfants, ne partageront pas leurs savoir, et ne le voudront pas. Vous ne savez pas que la pire chose est de ne pas donner son savoir ?. Grosso modo, notre civilisation crée et privilie des etres mediocres, et violent, et les fusibles, ont ete systematiquement eliminé. Comprennez bien une chose, seul les enfants precoces, qui deviennent des elites ont fait evoluer la societe, depuis toujours, la technologie, l’ecriture, l’art, la medecine, sa n’est pas sorti d’un debile profond, ainsi meme que la politique, la strategie, tout est sorti d’etre superieur intellectuellement a la moyenne qui ont oeuvré pour leurs groupes, famille, ou bien nation. Si la Civilisation actuel, ne veut pas d’eux, alors la civilisation s’ecroule, l’empire romain en est un exemple, sa en est de meme pour tous les empires. Vous avez voulu par votre betise, que les enfants doué d’une conscience superieur soit eliminé d’une maniere ou d’une autre, vous avez gagnez. Ne confondé pas un surdoué qui ressemble plus a un ordinateur qu’un etre humain a un enfant precoce qui a deja conscience de son Moi et du monde qui l’entoure. Vous avez peur de ces enfants, instinctivement, car ce sont les vrais maitres, les enfants qui sont intellectuellement superieur, sont les futurs dominants de demain et ils sont tous Pacifiques, ne sont jamais des TYrans, contrairement aux etre mediocres qui une fois ont le pouvoir acquis deviennent de veritable monstre. La societe ne vous convient pas ? a qui la faute ? la Notre ? assumé, point barre, car il est trop tard, dans la vie toute cause amene a consequence, et celle ci vont etre tres lourdes, c’est un phenomene mondial la chasse a l’intelligence, la betise et la mediocrité etant consideré comme bien, ne vous etonnez pas que se monde se meurt, que des guerres de plus en plus violentes se fasse, que la technologie devient de plus en plus defaillante, que les pouvoirs politique sont plus des aristocraties bureaucratique qu’autre chose.

                        A bon entendeur, Salut.

                         

                         


                        • Crazy Horse Crazy Horse 12 juin 2008 12:19

                          Le problème quand on a des facilités (que ce soit génétique ou de par l’éducation reçue), c’est que plus on cherche par soi-même et plus on se rend compte à quel point l’enseignement donné par le système scolaire est BIDON.

                          Moi j’ai décroché en première S. Jusque-là, je trouvais ça plutôt amusant de me pointer en cours les mains dans les poches et de passer aux yeux des profs pour un élève studieu. Et puis on se tirait la bourre avec trois amis qui, comme moi, se balladaient en classe. C’est ce qui fait, je pense, que je n’ai pas trop déprimé. Rejeté je l’étais, mais pour moi ce n’était pas parce que j’étais plus bête que les autres, non. Ce sont les autres qui étaient tous des cons ! Bon certes, il a fallu ensuite que je désenfle un peu mes chevilles, et il y a encore du boulot...

                          C’est quand il a fallu bosser sur des trucs qui me paraissaient complètement stupide que je me suis rebellé.

                          Avec le recul aujourd’hui, je me dis que si on ne m’avait pas donné un enseignement parcellaire et qu’on avait donné du sens à ce qu’on voulait m’apprendre, je ne me serais peut être pas fâché ainsi. Cela dit, je n’aurais sans doute pas découvert certaines vérités, historiques notamment, qui ne sont pas enseignées par l’Education Nationale.

                          Certes j’aurais pu être médecin ou docteur en psycho ou encore ingénieur. Mais je m’en ballance ! Ce qui compte c’est que je continue à engranger des connaissances et à réfléchir sur moi-même et sur le monde. Ca ne me rapporte pas d’argent mais c’est tellement fondamental pour moi.

                          Et puis il n’y a rien de plus jouissif que de se retrouver avec une étiquette de prolo devant un ingénieur ou un patron qui se croit hautement supérieur par sa prétendue instruction et de détruire son ego en démontant point par point son discours. Moins jouissif mais tout aussi utile, c’est de se retrouver dans la situation inverse et d’accepter la remise en question...


                          • docdory docdory 12 juin 2008 12:32

                             @ Liliane Bourdin

                            Il y a quand même des stratégies dans les écoles pour mettre les élèves doués ensemble :

                            - à l’école primaire , on suggère fermement aux parents des très bons élèves de mettre les enfants dans la seule classe qui fait allemand plutôt que dans les classes qui font anglais , ( ce genre de phénomène explique peut-être que les " élites " françaises parlent mal l’anglais ! )

                            - au collège , ce rôle de sélection est confié aux classes bilingues , aux classes " européennes " ou aux classes avec latin ou grec ancien . Pour le latin et le grec ancien , les parents se retrouvent avec l’opposition frontale des enfants qui refusent d’avoir trois heures de cours de plus pour apprendre des langues mortes ( ils n’ont évidemment pas compris qu’il s’agissait en fait de se retrouver avec les " meilleurs " , et s’ils l’apprennent , déclarent s’en foutre ) .


                            • skirlet 12 juin 2008 13:25

                              Ca ne marche plus, les classes en allemand et le gréco-latin. L’astuce est percée à jour smiley


                            • Wlad Wlad 12 juin 2008 13:53

                              Surtout maintenant que c’est la lutte pour entrer en classe d’allemand !

                              Par contre, pour le latin/grec, je ne suis pas très bien renseigné, mais ça doit rester un discriminant certain, non ? Tokio Hotel ne chante pas encore en latin, que je sache.

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LilianeBaie


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