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Accueil du site > Tribune Libre > La stratégie de l’intimidation par Alexandre Del Valle

La stratégie de l’intimidation par Alexandre Del Valle

Ce livre sous titré : «  du terrorisme jihadiste à l'islamiquement correct » décrit précisément la stratégie de conquête de l’islam, en s’appuyant sur une documentation variée, riche et complète. Docteur en histoire contemporaine, Alexandre Del Valle - nom de plume de Marc d’Anna (1) - nous propose une véritable enquête loin des clichés, des poncifs et de la confusion entretenus par les médias officiels. 

Dès les premières lignes, nous lisons sans grand étonnement une analyse pertinente : « cette expression Allah ouakbar (Dieu est le plus grand), alors qu’elle est utilisée pour l’appel à la prière quotidienne des musulmans, est surtout devenue familière pour le public occidental depuis qu’à chaque attentat terroriste (Paris, Bruxelles, Manhattan, Londres, Barcelone, Berlin, Nice, Manchester etc. ), elle est scandée par les agresseurs comme le cri de ralliement au jihad contre les ennemis de l’islam ». Cependant, il est important de s’interroger sur les motivations de ces combattants et de comprendre réellement leurs parcours de vie. A ce titre, l’auteur écrit : « les jihadistes-martyrs sont avant tout des idéalistes, des idéalistes sanguinaires au sens prosélyte et extrême du terme, certes, mais dont la fanatisation idéologique est si forte qu’elle les pousse à sacrifier leur vie  ».

L’expérience montre et démontre que ces terroristes furent très souvent des délinquants sans envergure, attachés aux plaisirs terrestres, avant de devenir des combattants d’Allah. En définitive, ils profitaient pleinement de la vie et baignaient joyeusement dans cette société de consommation, qu’ils dénoncent avec virulence et de manière caricaturale une fois devenus musulmans. Del Valle poursuit son analyse : « Un simple voyou qui aime profiter des plaisirs ici-bas avec le fruit de ses braquages ne songe pas à se faire sauter et il ne renonce pas naturellement aux plaisirs terrestres issus de la juteuse manne des trafics. Le fait même que des jeunes, désoeuvrés ou pas, meurent pour l’islam prouve qu’ils ont été idéologisés et que la vision d’un monde qui les pousse à l’acte dont on ne revient pas est très puissante  ». 

De fait et selon l’auteur, il convient de ne pas cloisonner le jihadisme de l’islamisme. En effet, il écrit : « pour se convaincre que le jihadisme n’est pas séparable de l’islamisme, y compris « respectable », il suffit de reprendre les paroles même de Hassan al-Banna, fondateur des Frères Musulmans (organisation présentée aujourd’hui, par contraste avec Al-Quaïda et Daesh, comme une voie modérée de l’islamisme) : l’islam est idéologie et foi, patrie et nationalité, religion et Etat, esprit et action, livre et épée. Dieu est notre but. Le Coran est notre loi. La guerre sainte est notre chemin. Le martyre est notre désir » (2). De plus, Del Valle prend le soin de rappeler que leur devise (celle des Frères Musulmans ) rejoint celle des jihadistes d’aujourd’hui : « la mort est un art. Le Coran a ordonné d’aimer la mort plus que la vie ». Sans aucun doute possible, les combattants musulmans appliquent cette maxime à la lettre, partout où ils commettent leurs méfaits.

Pour Del Valle, il est clair que «  terrorisme est une continuation de la religion et de la politique par d’autres moyens pour paraphraser Clausewitz  ». Le vrai problème pour l’auteur est que « cette idéologie suprémaciste fondée sur le règne de la charia et du Califat planétaire qui soumettra de gré ou de force l’Humanité, est portée depuis des décennies par les grands pôles étatiques et institutionnels de l’islamisme : l’Université sunnite d’Al-Azar en Egypte, l’Arabie saoudite, gardienne des Lieux Saints, le Pakistan co-fondateur d’Al-Quaïda et des Talibans, le Quatar, parrain du Hamas et des Frères Musulmans, mais aussi la Ligue islamique mondiale, l’Organisation de la Coopération islamique, « l’ONU des musulmans , l’Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ISESCO), ou même la Turquie néo-ottomane de Recep Taiyyp Erdogan  ». L’auteur prouve avec de nombreuses sources à l’appui - l’une des grandes forces du livre - qu’ils mettent en place une stratégie globale et offensive en dépit de divergences de façade. Nous y reviendrons.

L’autre point marquant soulevé par ce livre reste la différence de traitement entre l’islam et le catholicisme en France par le gouvernement, les médias et toutes les institutions plus ou moins officielles. Del Valle écrit : « les blasphémateurs bouffecurés dont la république française laïcarde regorge sont bien plus convaincus par les demandes des lobbies islamiques qui exigent qu’on arrête d’offenser les musulmans que par les requêtes polies des clercs catholiques qui luttent contre la christianophobie et les attaques contre l’Eglise  ». Cependant la gentillesse et la politesse ne suffisent pas à l’Eglise Catholique pour se défendre car « celle-ci ne peut se prévaloir en effet d’aucun effet dissuasif comparable à celui des pôles islamistes  ». Ainsi, il n’est guère étonnant que le catholicisme soit le plus attaqué en France (et dans bien d’autres pays du monde) pour la simple raison que « si les blasphémateurs se moquent bien plus massivement des prêtres, des Papes et de Jésus, si les profanateurs s’en prennent chaque jour mille fois plus aux lieux de culte et symboles chrétiens qu’à leurs équivalents musulmans c’est parce que ceci est mille fois moins dangereux pour leur intégrité physique ».

Del Valle revient également sur le mensonge historique fabulant que l’Occident chrétien serait redevable à l’islam pour la transmission des savoirs de l’Antiquité (3). Il explique avec arguments et faits circonstanciés que les savants en « terre d’islam » parlaient arabe, car il s’agissait de la langue du conquérant. Toutefois et en réalité, ils étaient pour la très grande majorité de religion chrétienne et surtout non arabes (perses, syriens, maronites, amorrites chaldéens, juifs etc. ). Il précise également que les opposants à l’islam sont pris entre deux feux : « les coupeurs de tête » (islamo-terroristes) et « les coupeurs de langues (lobbies anti-islamophobes). Il conclut en développant une idée séduisante : « le fil rouge du présent essai est que même si elles font des choix tactiques divergeants, les forces islamistes (jihadistes minoritaires ou pôles institutionnels majoritaires) se nourrissent mutuellement  ». Sa démonstration vise à prouver que le jihadisme et l’islamiquement correct fonctionnent main dans la main. La grande idée du livre est la suivante : «  plus on tue au nom d’Allah, plus l’Occident combat l’islamophobie et plus on parle en bien de l’islam pour ne pas faire d’amalgame ». Le syndrome de Stockholm - encouragé et entretenu par les médias dominants - a malheureusement encore de beaux jours devant lui.

 

                                                                                     Franck ABED

 

 

(1) En 1997, il publie son premier ouvrage Islamisme et Etats-Unis sous le pseudonyme « Alexandre del Valle ». Il dit alors que del Valle est le nom de sa mère et Alexandre un nom de plume, qu'il a dû prendre pour respecter son devoir de réserve de fonctionnaire.

 

(2) Un martyr (du grec ancien μάρτυς / mártus, « témoin ») est une personne qui va jusqu’à se laisser tuer en témoignage de sa foi, plutôt que d’abjurer. « Martyr » appartient essentiellement, et à l'origine, à la terminologie chrétienne. De fait, le catholique ne doit pas chercher ou provoquer le martyr en tuant ou en provoquant sa propre mort. Le martyr ne se suicide pas mais accepte les sévices et la souffrance causés par ses ennemis en haine de la foi catholique.

 

(3) Lire Aristote au mont Saint-Michel : les racines grecques de l'Europe chrétienne, essai de Sylvain Gouguenheim, historien médiéviste français.


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27 réactions à cet article    


  • Decouz 25 avril 09:55

    « Aristote au Mont St Michel » a quand même été contesté par un certain nombre d"historiens.
    Sans doute il y eut plusieurs voies de transmission, mais par exemple de nombreux écrits d’Aristote traduits en arabe ne l’ont pas été en latin, ce qui montre que les sources européennes étaient moins complètes.
    Il est vrai que l’arabe était une langue pratiquée non seulement par les musulmans, mais par tout intellectuel habitant les pays de l’islam, Maïmonide a écrit en arabe, inversement il y a une autre langue très importante le persan, qui a son génie propre, et d’origine hindo européenne, les Iraniens ont écrit aussi bien en persan qu’en arabe.


    • Franck ABED Franck ABED 25 avril 12:45

      @Decouz
      «  Moshe ben Maïmon, plus couramment connu en français sous le nom de Moïse Maïmonide est n rabbin séfarade du xiie siècle (Cordoue, 30 mars 1138 - Fostat, 13 décembre 1204), considéré comme l’une des plus éminentes autorités rabbiniques du Moyen Âge.

      Talmudiste, commentateur de la Mishnajurisconsulte et décisionnaire, il est l’auteur du Mishné Torah, l’un des plus importants codes de loi juivePhilosophe, métaphysicien et théologien, il entreprend comme son contemporain Averroès une synthèse entre la révélation et la vérité scientifique, laquelle est représentée de son temps par le système d’Aristote dans la version arabe d’Al-Fârâbî. Médecin de cour et astronome, il publie aussi des traités dans ces domaines qui accroissent son prestige parmi ses contemporains juifs et non juifs. Dirigeant de la communauté juive d’Égypte, il s’emploie à juguler l’influence du karaïsme et répond aux questions et requêtes de centres aussi éloignés que l’Irak et le Yémen. Il est cependant accueilli avec plus de circonspection voire d’hostilité en France et en Espagne, où ses écrits et son rationalisme sont sujets à controverse des siècles durant. » Wikipédia. 


      Il n’était pas musulman.


    • Cateaufoncel 25 avril 13:16

       @Decouz

      "Sans doute il y eut plusieurs voies de transmission, mais par exemple de nombreux écrits d’Aristote traduits en arabe ne l’ont pas été en latin, ce qui montre que les sources européennes étaient moins complètes."

      Lu dans le quotidien suisse Le Temps, daté du 10 mai 2008, sous la signature de Beat Kappeler, sociologue, journaliste et essayiste :

       « Et bien, il ne faut pas ergoter longuement - les témoignages matériels d’une transmission autochtone et indépendante en Europe même reposent dans la fameuse bibliothèque du couvent de Saint-Gall. Je les ai vus de mes propres yeux lors des expositions bisannuelles de ses trésors, au cours des quarante dernières années. Il s’agit, par exemple, de pratiquement tous les écrits de Saint-Augustin, né en 354 dans l’Afrique du Nord romaine, et du catalogue de toutes ses œuvres. Les traductions d’Aristote par le romain Boèce, né en 480, se trouvent à Saint-Gall. Mieux, elles ont été traduites en un allemand ancien par le fameux moine Notker dit « l’Allemand », né en 950.

       «  La synthèse du savoir antique en sciences, réalisée par l’anglais Beda Venerabilis, né en 672, a été collectionnée par Saint-Gall à partir de l’an 750. Et l’œuvre d’Isidore de Séville (http://www.cesg.unifr.ch), né en 560, une somme du savoir scientifique antique, se trouve à Saint-Gall en des versions datant de l’an 650 environ. Ces écrits d’Isidore, sous le titre grec d’Ethymologiae, ont été cités dans pratiquement chaque œuvre scientifique du Moyen Age. La très riche abbaye de Saint-Gall les copiait à tour de bras pour les envoyer et les troquer partout. Elle en conserve un exemplaire magnifique réalisé en 760 par le moine Winithar.  »

      La contestation vient d’intellectuels engagés qui pensent essentiel de rendre notre civilisation, pour une large part, dépendante de la science musulmane du Moyen Age. Comme si cela pouvait modifier la perception que nous avons de la présence de millions d’Arabo-musulmans sur notre sol en l’an 2000 !!!


    • Decouz 25 avril 14:17

      @Franck ABED
      C’est ce que je voulais dire, si le prestige est lié à l’arabe, il y avait des intellectuels de toutes confessions écrivant en arabe, si le prestige est lié à la philosophie ou/et à l’islam, il y a une philosophie autonome islamique en langue persane, ou en langue arabe ou même en langue urdu, (intégrant Aristote mais intégrant également la révélation islamique, voire Corbin, Jambet, Ben Makhlouf).


    • Decouz 25 avril 14:37

      @Decouz
      erreur : voir et non voire, Corbin, Jambet etc et contrairement à ce que dit Renan et qui est repris généralement, ce n’est pas par ignorance du développement philosophique européen, qui était connu, Grecs>idéalisme>Hegel etc, mais par un choix délibéré.
      Maintenant selon Guénon, c’est ce développement philosophique qui a entrainé entre autres facteurs le monde moderne que vous semblez combattre.
      La conclusion était terrible pour l’Occident, mais aussi pour le monde entier : la modernité entrainerait un désordre croissant, l’occidentalisation par la force et la colonisation cherchant sans fin à s’étendre entrainant en fin de compte une réaction « orientale » qui « de gré ou de force » (selon Michel Vâlsan) chercherait à mettre fin au désordre, ce qui serait (selon Guénon) très pénible pour l’Occident et nécessiterait des « révolutions ethniques », mais toujours préférable à une auto destruction.
      Heureusement, ou malheureusement selon les points de vue, l’occidentalisation a atteint, du moins extérieurement, toute la planète, que ce soit l’Inde ou la Chine, donc si aide orientale il y a, pour le sauvetage général, il vaut mieux entendre « Orient » dans un sens purement spirituel, éventuellement eschatologique.


    • Jonas 26 avril 01:26

      @Decouz "Sans doute il y eut plusieurs voies de transmission, mais par exemple de nombreux écrits d’Aristote traduits en arabe ne l’ont pas été en latin, ce qui montre que les sources européennes étaient moins complètes."

      C’est plutôt l’inverse.
      La philosophie était interdite en Islam. Très peu de textes d’Aristote ont été traduits en Arabe, tout ce qui concernait la philosophie pure était rejeté.


    • Gollum Gollum 26 avril 14:25

      @Decouz

      Heureusement, ou malheureusement selon les points de vue, l’occidentalisation a atteint, du moins extérieurement, toute la planète, que ce soit l’Inde ou la Chine, donc si aide orientale il y a, pour le sauvetage général, il vaut mieux entendre « Orient » dans un sens purement spirituel, éventuellement eschatologique.

      Bien d’accord que l’Orient s’est complètement occidentalisé. Guénon ne semble pas, dans ses écrits, s’attendre à une telle occidentalisation aussi complète. Seul reste un Orient spirituel qui, de façon paradoxale, émerge en Occident principalement.

    • Jean Roque Jean Roque 25 avril 11:22

      Alexandre del Valle | Site officiel | Géopolitique
       
       
       
      LE PARTI « ISLAM » DU FRITTELAND
      REFUSE DE MÊME REGARDER LES SOUCHIENNES

       
      UE, chiure finale des soumis glands remplacés.
       
      https://francais.rt.com/international/50132-charia-refus-regarder-femmes-republique-islam-belgique
       


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 25 avril 14:12

        Bonjour,

        merci pour ce petit rappel, qui ne nous rajeunit pas :

        Alexandre Del Valle a publié son premier livre en 1997 et nous sommes en 2018.

        20 ans qu’il écrit grosso modo la même chose.

        On pourrait dire à peu près pareil d’Eric Zemmour.

        Indépendamment du fond et de la pertinence de leurs analyses, quel bilan peut-on tirer de ces « messages d’alerte » répétitifs ?

        Quelles solutions proposent-ils ?

        Je sais bien que pour convaincre on doit rabâcher, mais enfin...


        • covadonga*722 covadonga*722 25 avril 19:26

          @Olivier Perriet
           Ezechiel  33/6


        • genrehumain 25 avril 14:33


           Qui a mis la méthode scientifique sur la bonne voie  ? Galilée ?
           Non Bien avant lui, c’était Ibn al-Haytam au XIe siècle.

          « La vérité est recherchée pour elle-même. Et ceux qui sont engagés dans une quête de la connaissance pour le bien de la vérité ne s’intéressent à rien d’autre. La recherche de la vérité est difficile et le chemin qui y mène est difficile. »

          Ibn al-Haytham, (965–1039)

          Pendant 6 siècles - entre le 8e et le 13e siècle - les progrès des sciences naturelles et des mathématiques ont été centrés dans le monde perso-arabe. Dans la recherche scientifique, l’arabe joue le rôle joué aujourd’hui par l’anglais. 2015 a été proclamée par les Nations Unies « Année internationale de la lumière et des techniques d’utilisation de la lumière » à l’occasion du 1000e anniversaire du « Traité d’optique  » d’al-Hasan Ibn al-Haytham (connu en Occident sous le nom d’Alhazen).
          Il est considéré comme le père de l’optique moderne et de la méthode scientifique. Ce dernier est basé (1) sur la dialectique entre expérience et théorie (exprimée ici en langage mathématique) et (2) sur la primauté du verdict de l’expérience. Ibn al-Haytham, connu en Europe occidentale sous le nom d’Alhazen, est né à Bassora (Irak) en 965 et est mort au Caire (Egypte) en 1039.

          À Bassora, il a reçu une première éducation qu’il a complétée à Bagdad. Il est considéré comme le père de l’optique moderne et de la méthode scientifique.
          Il pratiquait l’expérimentation contrôlée et raisonnée et s’appuyait sur les mathématiques (géométrie). Entre 1015 et 1021, il écrit son ouvrage majeur, « Traité d’optique », en arabe « Kitab al-Manazir », en latin « De Aspectibus » ou « Opticae Thesaurus : Alhazeni Arabis »].
           Ce livre a eu une influence importante sur le développement de l’optique et de la physique en général, car il a radicalement transformé la connaissance de la lumière et de la vision et introduit la méthode scientifique.


          • Pascal L 25 avril 22:03

            @genrehumain
            Alhazen est décédé en 1039 et en 1058 naissait bû Ḥamid Moḥammed ibn Moḥammed al-Ghazālī, ce joyau de la pensée musulmane et père de l’obscurantisme. Selon al-Ghazālī, la seule science était l’exégèse des textes fondateurs de l’islam et les autres sciences sont réduites à de simples techniques utilitaires. Je crains que cette période prospère n’ait pas duré 6 siècles.


          • popov 26 avril 15:35

            @genrehumain 


            Je reconnais, et salue au passage, l’engouement soudain pour la connaissance qui s’est produit dans le monde islamique vers le 9ème siècle au contact de la Chine, de la Perse, de l’Inde, de la Mésopotamie et du monde gréco-romain.

            Mais les théologiens, comme Al Ghazali, étaient là pour que cette passion soudaine ne dépasse pas de beaucoup le stade de la compilation.

            Cet éminent intellectuel, auteur de plusieurs dizaines de livres de philosophie islamique, était sans doutes le mieux placé pour comprendre où frapper pour étouffer dans l’œuf cette pensée rationnelle naissante. Il construit donc une philosophie dans laquelle le concept de relation causale est remplacé par ce que l’on appelle l’occasionnalisme : quand on approche une flamme d’une bougie, on donne à allah l’occasion de manifester son pouvoir en enflammant la mèche. Il n’y a aucune relation de cause à effet. Allah pourrait très bien ne pas enflammer la bougie, mais il le fait de façon prévisible pour ne pas déconcerter les humains.

            Le pilier de la pensée rationnelle est le concept de relation de cause à effet. Quand on approche une flamme d’une bougie, la mèche de la bougie s’enflamme. La cause, c’est la flamme qu’on approche ; l’effet c’est la flamme de la bougie. On peut alors raffiner l’analyse, voir que la chaleur de la flamme vaporise des matières contenues dans la mèche, qui à une certaine température se combinent à l’oxygène de l’air pour produire à leur tour la chaleur qui entretient la réaction chimique.

            Il est clair que l’occasionnalisme a été inventé pour préserver le statut des « savants » islamiques qui voyaient en cette science naissante une concurrence au coran qu’ils prétendaient contenir tout ce qu’il y a lieu de savoir, et dont ils étaient les interpréteurs attitrés.

            Sans cette théologie, les arabes auraient marché sur la lune au 17e siècle. Mais voila, cette théologie a pris racine. Et la seule science qui a pu encore se développer un peu après Ghazali, c’est la mathématique, qui menaçait beaucoup moins la théologie que les sciences naturelles.

            Aujourd’hui, ceux qu’on appelle « savants islamiques » sont des ânes avec de gros pansements sur la tête et qui rivalisent en ridicule en émettant des fatwas.


          • popov 26 avril 17:00

            @genrehumain 

             
            On trouve déjà un début de méthode scientifique chez Eratosthène et Archimède. On ne peut donc pas dire que c’est Alhazen qui l’a inventée.
             
            En optique, Claude Ptolémée avait déjà dressé des tables expérimentales de l’angle de réfraction en fonction de l’angle d’incidence au IIe siècle. Archimède utilisait déjà le miroir convergent.
             
            Je ne dis pas ceci pour minimiser l’apport des intellectuels du début de l’islam, mais pour le mettre en perspective. La science est un édifice qui se construit petit à petit et divers acteurs ont posé une brique.
             
            Le monde islamique n’a produit aucune connaissance utile à l’humanité depuis au moins un demi-millénaire. Les islamiques en ressentent un profond complexe d’infériorité qui les pousse à exagérer la contribution du monde islamique à la révolution scientifique européenne, ou à proclamer que toutes les découvertes scientifiques étaient déjà annoncées dans le coran.
             
            Ce n’est pas avec cette attitude qu’ils vont rattraper leur retard.
             

          • Decouz 25 avril 15:02

            Certes l’islam s’est endormi, ses réveils extérieurs revêtent une forme cauchemardesque, et donc inefficace, qu’il ne sert à rien de revendiquer des gloires scientifiques passées si cette science est désormais ailleurs.
            Mais il y a une multitude de versets qui appellent à la réflexion, donc l’oubli de cette réflexion (fikr-taffakur) est de la responsabilité des hommes, non de la révélation.
            Je distingue bien cette réflexion individuelle de ce qui est proprement supra individuel et qui est mentionné sous d’autres termes (aql-dhikr), que l’on peut très bien traduire par « méditation » ou « rappel » au sens platonicien.
            Simplement la reflexion que ce soit au sens philosophique ou au sens scientifique moderne est inscrite dans le texte coranique sous la forme d"une incitation, incitation à la recherche de la sagesse pour l’aspect philosophique, incitation à la recherche scientifique pour tout ce qui concerne le cosmos, après ce sont les hommes qui sont responsables de figer les textes d’une manière monolithique.


            • popov 26 avril 15:17

              @Decouz 

               
              S’il existe des injonctions à la réflexion scientifique dans le coran, force est de constater qu’elles ont été largement ignorées depuis plus de 5 siècles. Le monde islamique n’a rien produit d’utile à l’humanité depuis au moins un demi-millénaire. Toute la matière grise islamique a été utilisée pour produire des listes de plus en plus précises de ce qui est permis et de ce qui est interdit, une espèce de coupe du monde des fatwas plus ridicules les unes que les autres.
               
              Même aujourd’hui où les connaissances sont plus que jamais accessibles à un grand nombre, le monde musulman (plus d’un milliard de croyants) ne compte qu’un prix Nobel en physique : le pakistanais Abdus Salam qui est un des pionniers de la théorie du boson de Higgs. 
               
              Et encore, comme il appartenait à la secte des Ahmadis, considérée comme hérétique par les crétins sunnites, lui qui était un des piliers du programme nucléaire pakistanais, il a du s’exiler. 
               
              A sa mort, son corps a été rapatrié et sur sa tombe, il était écrit : « Premier prix Nobel musulman ». Un imbécile de juge sunnite a fait effacer le mot « musulman ». Le seul prix Nobel de physique du monde islamique ayant été « débaptisé » à titre posthume par un âne, le monde islamique compte donc exactement zéro prix Nobel de physique.

            • popov 26 avril 16:00

              @Decouz 

               
              Je ne crois pas qu’on puisse dire que l’islam s’est endormi : l’islam est le somnifère et c’est la population islamique qui s’est endormie sous son effet. 
               
              Si le monde islamique a connu une effervescence intellectuelle dans les premiers siècles de l’islam, ce n’est qu’indirectement grâce à l’islam. Tout ce que l’islam a fait, c’est mettre en contact diverses cultures : Chine, Inde, Perse, Mésopotamie, Égypte, monde gréco-romain. 
               
              Au fur et à mesure que l’islam s’est consolidé dans les territoires conquis, l’islam a systématiquement étouffé la recherche scientifique en qui les théologiens voyaient une rivale. Voyez mon autre commentaire parlant de Ghazali.
               
              Les arabo-islamiques avaient ramené la boussole, l’idée de l’imprimerie, la poudre à canon. Ils possédaient ces technologies bien avant les Européens.

              En Europe, ces technologies ont catalysé la Renaissance. Dans le monde arabo-islamique, la boussole a été utilisée pour éviter de pisser dans la direction de La Mecque, pas pour s’aventurer loin des côtes et découvrir l’Amérique. 

            • covadonga*722 covadonga*722 25 avril 19:58

              Certes l’islam s’est endormi,


               bonsoir , non c’est plutôt l’islam qui a endormi et anesthésié dans un long sommeil les sociétés arabes turques perses ..... quand imam et cadi ont pris le pas sur les philosophes et docteurs .

              Depuis plus de cinq cents ans, [...] les règles et les théories d’un vieux cheikh arabe, et les interprétations abusives de générations de prêtres crasseux et ignares ont fixé, en Turquie, tous les détails de la loi civile et criminelle. Elles ont réglé la forme de la Constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, la coupe de ses vêtements, ce qu’il apprend à l’école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu’à ses pensées les plus intimes.
              K .ATTATURK

              • DACH 25 avril 20:23

                @l’auterur =votre résumé nous semble complet. Ce travail d’A del Valle peut contribuer à ouvrir les yeux sur les enjeux et les tentatives en cours. Pour ceux qui chercheront à comprendre sans rester prisonnier de ce qu’ils ont envie de croire....Ce livre me semble présenter une démonstration de ce qui se joue en Europe principalement. Sorte de revanche de ce qui s’est passé dans le RAJ avec la partition. Jaffrelot a dénombré les massacres faits en majorité par les musulmans.


                • L'Astronome L’Astronome 26 avril 02:34

                   
                  « En définitive, ils profitaient pleinement de la vie et baignaient joyeusement dans cette société de consommation, qu’ils dénoncent avec virulence et de manière caricaturale une fois devenus musulmans. »
                   
                  En somme, c’est leur « chemin de Damas ». Mais ce chemin les mène à l’assassinat.
                   


                  • bob14 bob14 26 avril 05:31
                    Les djihadistes sont des « bâtards » décérébrés..
                    Il n’y a pas d’Islam modéré...des trous du culs qui vivent uniquement par leur religion !

                    • genrehumain 26 avril 09:10
                      1.  Écoutons notre ami Voltaire :

                       « Sa religion ( à Muhammad ) est sage, sévère, chaste, et humaine : sage, puisqu’elle ne tombe pas dans la démence de donner à Dieu des associés, et qu’elle n’a point de mystères ; sévère, puisqu’elle défend les jeux de hasard, le vin et les liqueurs fortes, et qu’elle ordonne la prière cinq fois par jour ; chaste, puisqu’elle réduit à quatre femmes ce nombre prodigieux d’épouses qui partageaient le lit de tous les princes de l’Orient ; humaine, puisqu’elle nous ordonne l’aumône bien plus rigoureusement que le voyage de la Mecque. Ajoutez à tous ces caractères de vérité la tolérance. »

                      • « Il faut prendre un parti » (1772), dans Oeuvres complètes de Voltaire, Voltaire, éd. Moland, 1875, t. 28, chap. 23-Discours d’un Turc, p. 547

                      1.  
                      1. Pour ce qui concerne l’apport de l’Islam à la civilisation européenne il suffit de lire les nombreux scientifiques qui ont écrit à ce sujet.

                      2. Tel le célèbre scientifique américain  : John William DRAPER  , qui démontre  qu’une étude attentive et approfondie des récits historiques, établi le fait, que la majeure partie de la civilisation de l’Europe provient de l’Islam.

                      3. Et pour les tenants du « chocs des civilisations »  ou d’incompatibilité présumée des messages religieux il est bon de constater avec humour que finalement qu’est ce qu’un Chrétien ? sinon qu’ un Juif qui a reconnu le Christ et qu’est ce qu’un Musulman ? tout simplement aussi un juif devenu chrétien qui a reconnu Muhammad.
                      4. Lire la bible et le Coran

                      5. Comme nous le disait Einstein
                      6. «  Il est plus facile de briser l’atome que de casser les préjugé »





                      • popov 28 avril 05:30

                        @genrehumain
                         

                        Pour ce qui concerne l’apport de l’Islam à la civilisation européenne il suffit de lire les nombreux scientifiques qui ont écrit à ce sujet.
                         
                        C’est un mythe entretenu d’une part par les arabo-islamiques qui sont profondément complexés vis à vis de l’Occident, et d’autre part par les islamo-pétainistes européens qui essayent par tous les moyens de faire accepter l’islam par les occidentaux.
                         


                      • Franck ABED Franck ABED 28 avril 09:31

                        @popov


                        C’est pour cette raison que les européens émigrent en masse dans des pays musulmans...

                      • popov 28 avril 09:44

                        @Franck ABED

                         
                        Bonjour et merci pour l’article.
                         
                        Aujourd’hui, les mahométans faisant plus d’enfants qu’ils ne peuvent en nourrir, le premier lieu saint de l’islam, c’est la CAF.
                         
                        Ce n’est pas la France qui a besoin des mahométans, ce sont les mahométans qui ont besoin de la France pour pulluler sans crever de faim.

                      • Franck ABED Franck ABED 28 avril 12:54

                        @popov
                        Merci de votre commentaire au sujet de mon article. J’adopte une démarche intellectuelle qui repose sur l’étude objective des faits.


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