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Accueil du site > Tribune Libre > La Syrie : les Vainqueurs et les Vaincus

La Syrie : les Vainqueurs et les Vaincus

Il y a à peine un an, pas beaucoup de monde ne se serait aventuré à dire que Bachar al-Assad et l’Armée arabe syrienne (AAS) avaient une chance de gagner la guerre contre les rebelles, les combattants étrangers ou les terroristes. Appelons-les comme on veut, il s’agissait de plus d'une centaine de milliers d’hommes en armes souvent sophistiquées et avec de puissants soutiens arabes, turcs et occidentaux.

Tout au plus, le pouvoir syrien pouvait espérer négocier une paix et un partage du pouvoir en position de force.

Que s’est-il passé pour qu’aujourd’hui, cette Armée arabe syrienne vole de victoire en victoire ?

 

La Syrie : un pays à reconstruire.

Les rivalités des adversaires entre eux.

C’est certainement un des deux éléments les plus importants qui a permis l’actuelle série de victoires du gouvernement syrien.  L’AAS a résisté aux deux coups de butoir contre Alep et contre Damas en 2012. Cela a permis à l’État syrien de survivre, de voir l’opposition montrer son manque d’unité et de dévoiler ses côtés extrémistes et criminels voire terroristes pour certains groupes.

On peut distinguer cinq groupes armés principaux qui ont ou qui avaient des objectifs et des soutiens étrangers concurrents.

  • Jabhat al-Nosra s'est rebaptisé Jabhat Fatah al-Cham en 2016 pour faire oublier son allégeance à Al-Qaïda. C’est un groupe wahhabite qui a bénéficié de l'aide de princes saoudiens et d’autres émirs du Golfe. Il faudra un jour déterminer de quel niveau de pouvoir venait cette aide. Le pouvoir en Arabie saoudite est une nébuleuse de clans dans laquelle les princes pouvaient engager les deniers de l’État ou leurs avoirs mafieux avec l’accord tacite du roi. Il est certain que Jabhat al-Nosra a reçu de l’armement des monarchies du Golfe et que les pays occidentaux ont au minimum fermé les yeux. Ce groupe était au départ majoritairement composé de combattants irakiens sunnites et il avait pour but de prendre le pouvoir en Syrie pour y former un califat. Il a rallié de nombreux autres groupes de combattants syriens autour de lui.
  • Ahrar al-Cham est un groupe révolutionnaire islamiste idéologiquement lié aux Frères musulmans. Il est surtout présent dans le nord et le centre de la Syrie. Il avait le soutien de la Turquie et du Qatar qui l’approvisionnaient en armes. Du fait de sa proximité frériste, ce groupe est combattu par l’Arabie saoudite et est continuellement en conflit avec Jabhat Fatah al-Cham. Son but est d’arriver au pouvoir pour y installer une constitution islamique basée sur la Charia. Ahrar al-Cham a rallié autour de lui des dizaines d’autres groupes armés qui représentent ensemble environ 25.000 combattants. Ce groupe a un relatif soutien populaire grâce à un réseau de distribution d'aides à la population.
  • L’État islamique ou État islamique d’Irak et au Levant, ISIS en anglais et DAECH en arabe est apparu dans l’est de la Syrie en 2013. C’est un groupe lourdement armé originaire d'Irak qui a acquis un impressionnant matériel de guerre en s’emparant de Mossoul et des provinces sunnites d’Irak en 2014. Ce groupe a une idéologie proche de celle de l’Arabie saoudite et on pense que celle-ci l’a aidé à ses débuts. Il est formé de combattants expérimentés d’Al-Qaïda encadrés d’anciens officiers irakiens baasistes qui se sont rencontrés dans les prisons irakiennes après 2003. En passant la frontière syrienne et en étendant sa vision djihadiste à l’Afrique et à l’Asie, l’État islamique est devenu un danger planétaire que les États-Unis n'ont d'abord que mollement combattu en Syrie [i] dans l’espoir d’affaiblir le pouvoir du président syrien. C’est sans doute un mauvais calcul qui se retournera contre eux. Le premier objectif de l’État islamique était de former un proto-État à cheval sur les régions sunnites d’Irak et de Syrie sous le commandement du calife Abou Bakr al-Baghdadi. L’Arabie saoudite a alors compris le danger que représente cette organisation et a cessé de la soutenir. L’État islamique représente une concurrence qui pourrait un jour revendiquer des droits sur les lieux saints de l’islam. Il est difficile d’estimer le nombre de combattants actuels. Au plus fort de son extension, il devait y avoir entre 50.000 et 125.000 hommes en Syrie et en Irak, principalement sunnites irakiens mais aussi européens, tchétchènes, ouigours, tunisiens etc. Il est aussi à noter que l’EI ne correspond pas au dessein des États-Unis et d'Israël qui consiste à voir la région se morceler en une multitude de petits États de faible influence. 
  • L’Armée syrienne libre (ASL) est d’abord composée d’officiers et de soldats déserteurs à partir de 2011. Elle a reçu un soutien, quoique clandestin, des pays occidentaux dont notamment un transfert massif d’armes de Libye organisé par la CIA. C’était au départ une armée non confessionnelle qui s’est en grande partie délitée avec le départ de nombreux groupes avec armes et bagages vers les islamistes plus radicaux. Le Pentagone a essayé de les former et de les contrôler mais ce fut en vain. Une fois armés et prêts au combat, la plupart de ces hommes ont rejoint les groupes islamistes. L’ASL est encore existante dans le sud de la Syrie, autour de la ville de Deera. Cette armée reçoit un soutien logistique israélien et est entourée de conseillers occidentaux et israéliens. Vu les nombreuses défections, il est difficile d’estimer le nombre de combattants. Peut-être entre 5.000 et 6.000.
  • Les FDS qui regroupent des miliciens arabes et des milices kurdes syriennes (YPG) sont actuellement la principale force armée soutenue par les États-Unis au grand dam d’ailleurs de la Turquie. En 2011, les Kurdes n’étaient pas hostiles au pouvoir en Syrie. C’est l’arrivée des islamistes dans leur région qui les a fait prendre les armes et petit à petit, ils ont formé un groupe de combattants assez efficaces. Ils semblent instrumentalisés par le Pentagone pour constituer un État dans le nord de la Syrie où les États-Unis pourraient établir des bases militaires permanentes. Il faudra voir, une fois l’État islamique vaincu, si les États-Unis seront prêt enfreindre le droit international et à aller à la confrontation avec la Syrie pour accomplir leur dessein.

    Les Kurdes syrien ont trois gros obstacles pour obtenir une indépendance.
  • Un éventuel État Kurde en Syrie serait entouré de pays hostiles à son indépendance ; la Turquie, l’Irak, l'Iran et la Syrie. Comment dans ce cas assurer la survie de ce pays qui n’a pas de richesses sur son territoire ?
  • Le PYD (civil), l’YPG (militaire) et son parti frère, le PKK de Turquie, sont des partis kurdes néo-marxistes. Comment concilier cela avec l’idéologie conservatrice-libérale des États-Unis ?
  • Les Kurdes n'ont aucun droit historique sur les territoires syriens qu'ils contrôlent. À l'origine, le peuple kurde était un peuple nomade qui ne s'est progressivement sédentarisé que depuis un siècle. Il n'était majoritaire que sur une infime petite partie du nord de la Syrie.

La particularité de cette guerre, c’est que tous ces groupes se battent entre eux que ce soit pour s’approprier des territoires, des armes ou pour des raisons idéologiques ou d’alliance. Il n’est souhaitable pour personne de voir un groupe islamiste l’emporter et installer la loi islamique à Damas.

Il faut signaler au passage que toutes ces milices perçoivent des soldes. Si l’État islamique disposait aussi d’argent grâce aux trafics de pétrole et d’antiquités, les autres milices sont rétribuées avec des fonds d’origines inconnues mais on peut imaginer qu’il y a de riches donateurs du côté du Golfe.

Il y a au moins une centaine de milices d’insurgés qui s’allient ou se regroupent selon les opportunités avec d’autres groupes plus puissants. Elles ont souvent une implantation locale et elles font allégeance à l’armée la plus forte pour ne pas avoir à subir de représailles. Il sera intéressant de voir ce qui arrivera quand les milices islamistes les plus radicales seront éradiquées.

Carte de Syrie en octobre 2017. En rouge, zone tenue par l'AAS. En jaune, par les FDS (Kurdes). En bleu, des territoires non-contrôlés. Les zones grises ont depuis été prises par l'AAS et les FDS.

 

L’entrée en scène de la Russie et de l’Iran.

 

La concertation de la Russie avec l’Iran et leur coordination pour épauler l’Armée arabe syrienne est l’autre élément déterminant qui a permis de reconquérir une grande partie des territoires syriens perdus. 

Les détails d’une intervention ont été mis au point lors des visites de Qassem Soleimani, le général-commandant de la Force Al-Qods iranienne, à Moscou en été 2015.

La modernisation et le renouvellement de l’équipement lourd, la mise à niveau des forces aériennes, la formation de nouvelles unités de combat, le contrôle du ciel syrien et un nouveau schéma tactique ont permis les succès actuels de l’AAS. 

Des unités du Hezbollah libanais, de la Force Al-Qods iranienne, des milices pro-gouvernementales et des volontaires chiites étrangers apportent les renforts en hommes qui faisaient si cruellement défaut aux forces loyalistes.

Il est à noter que le coût de l’intervention russe en Syrie est insignifiant et qu’il est presque totalement pris en charge par le budget ordinaire de la Défense. 

En plus des avantages géopolitiques qui marquent le retour de la Russie au Moyen-Orient, l’Armée russe a renforcé sa présence militaire dans la région et elle y dispose à présent de deux bases permanentes. Elle a eu l’occasion de tester avec succès ses armes de dernière génération sur le champ de bataille. Cela booste aussi les exportations de l’industrie de la défense au grand bénéfice de l’économie russe.

L'aviation russe en action.

 

La lassitude et l’usure.

 

Le peuple syrien est las de ce conflit. Les autres belligérants aussi parce qu'ils ne voient aucune victoire militaire possible.

L'Arabie saoudite commence à ressentir le coût de cette guerre alors qu’elle est aussi en conflit sur d’autres fronts et que ses revenus pétroliers sont en forte baisse. 

Connaissant leur versatilité, les États-Unis hésitent à fournir de l’armement sophistiqué aux rebelles et ils ne veulent en aucun cas engager des troupes de combat au sol.[ii] Les souvenirs douloureux d’Irak et d’Afghanistan sont encore trop proches.

Après avoir repoussé les principaux groupes rebelles dans la province d'Idlib où ils s’entre-déchirent pour le moment et après avoir cantonné les autres dans des poches assiégées, l’AAS a entamé avec succès la libération de l’est du pays des griffes de l’État islamique. Une fois la jonction avec l’Armée irakienne consolidée, une liaison routière entre les deux pays sera rétablie. 

L’importance de cette jonction n’a pas encore été bien évaluée par les analystes. Elle va permettre un flux continu sans obstacles de renforts, d’armes et d’approvisionnement depuis l’Iran.

L’étape suivante pourrait être la sécurisation du sud du pays autour de Deera, la réduction des poches rebelles dans la Goutha ou la sécurisation du nord du pays avec une offensive vers l’aéroport d’Abou Douhour près d’Idlib actuellement tenu par Hayat Tahir al-Cham, une coalition dominée par Jabhat Fatah al-Cham (Al Qaïda).

La reprise de la rive droite de l'Euphrate est beaucoup plus problématique du fait de la présence de l'Armée américaine. Cela fera sans doute partie des négociations finales mais il y a une divergence à ce sujet entre d'un côté, les gouvernements syrien et iranien et de l'autre la Russie qui elle veut éviter une confrontation militaire (pour le moment) avec les États-Unis. 

Excepté pour les FDS, les approvisionnements des rebelles en armes et munitions se sont taris. Je n’arrive pas à savoir si les soldes sont encore partout payées. Il faut savoir que l’argent a été la principale motivation de l’engagement des rebelles syriens. Les motifs idéologiques ont toujours été secondaires exceptés pour une minorité de fanatiques. L’argent des trafics, des enlèvements contre rançon [iii] et du racket ont été le nerf de la guerre depuis plus de six ans.

Cette situation va immanquablement déboucher sur un ralliement de la plupart des petits groupes rebelles au gouvernement syrien grâce à la médiation russe et elle verra le retour à la vie civile de la plupart de ceux qui ont pris les armes.

Les FDS près de Raqqa.

 

Les vaincus.

 

« Vae victis » [iv] pour les rebelles. Ils payeront le prix fort pour avoir cru les promesses de leurs sponsors.

Les guerres civiles ont de tous temps été les plus cruelles et celle-ci ne fera pas exception.  On peut imaginer le sort des partisans du président Assad si les islamistes l’avaient emporté alors ne soyons pas sensibles quant à leur sort, il sera bien moins cruel.

Beaucoup de ces rebelles qui survivront, les plus fanatiques et ceux qui ont commis des crimes, n’auront d’autre choix que de s’exiler avec leur famille s’ils ne sont pas exécutés avant. Ce sera une charge pour les pays limitrophes et pour les pays de l’Union européenne qui ont soutenu cette guerre. Les États-Unis ne seront pas concernés vu qu’ils ont fermé leurs frontières aux ressortissants des pays arabes concernés.

On peut distinguer trois groupes de perdants. Les groupes rebelles/terroristes, les États qui les ont soutenus et les réfugiés syriens.

 

  • Parmi les groupes rebelles, l'État islamique aura réussi à faire l’unanimité contre lui et il ne survira sans doute pas dans sa forme actuelle à sa récente défaite militaire.

Combattants de l'Etat islamique.

  • Les groupes liés à Al Qaïda et aux Frères musulmans auront difficile à survivre dans la Syrie du futur sans le soutien des monarchies du Golfe, de la Turquie et du Qatar.
  • Le CNS, la branche civile de l'ASL, devra affronter l'épreuve des urnes et comme elle n'a pas d'assise locale, elle sera balayée par l'opposition non révolutionnaire (CNCD) qui a soutenu un processus pacifique de changement de régime.
  • Les mouvements autonomistes et indépendantistes kurdes sont dépendants de l'aide militaire étasunienne. Il est difficile de prévoir les décisions de l'administration Trump toute partagée qu'elle est entre son désir de nuire à la Syrie, à la Russie et à l'Iran et son impératif besoin de ne pas perdre son allié turc. Les Kurdes syriens peuvent difficilement espérer une indépendance qu'ils ne demandent d'ailleurs pas en Syrie. Ils peuvent tout au plus obtenir une autonomie culturelle.
  • À force de jouer des doubles jeux, les États-Unis perdront sur tous les fronts au Moyen-Orient. Sauf à se lancer dans un engagement militaire massif et à risquer une confrontation directe avec la Russie et avec l'Iran, les États-Unis n'auront d'autre choix que de se retirer de Syrie pour limiter leur perte d'influence. Il est à noter que le conflit interne entre le président Trump et l'establishment déforce la position des États-Unis et qu'il est impossible de prédire ce qui arriverait en cas de destitution (peu probable) du président Trump.
  • Monarchie du Golfe auront dépensé des milliards de dollars en pure perte. Le Qatar est en échec aussi bien en Libye et en Égypte qu'en Syrie. Sa politique de soutien aux Frères musulmans s'est en plus attiré les foudres de l'Arabie saoudite, de l’Égypte et des monarchies sunnites du Golfe.
  • La désastreuse politique saoudienne avait été initiée par feu le roi Abdallah pour étendre l'influence saoudienne sur l'ensemble du monde arabo-sunnite et pour affaiblir le rôle de l'Iran dans la région. Mohammed ben Salman (MBS), l'actuel homme fort du pays, semble faire porter la responsabilité de cet échec au proche entourage de l'ancien roi. MBS doit maintenant gérer un pays dont les revenus ont été largement réduits tout en maintenant la pression sur l'Iran.
  • L'Union européenne et la France en particulier auront fait fausse route depuis le début de la crise syrienne. En exigeant le départ de Bachar al Assad avant toute négociation avec le CNS, l'UE et la France auront raté l'occasion d'avoir une quelconque influence dans la région dans le futur. Il faudra retenir la parfaite transparence de Madame Mogherini et l'absence de la présidence européenne représentée par Monsieur Tusk. On est en droit de se demander quelle est l'utilité de ces fonctions. Même si la France avait fermé son ambassade à Damas sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la présidence de François Hollande aura été marquée par une profonde hostilité au régime laïc syrien qui ne voulait pas rompre avec l'Iran et le Hezbollah. Le passage de Laurent Fabius au Ministère des Affaires étrangères aura été un des plus désastreux de l'histoire de France. Les médias « mainstream » et les experts de plateaux de télévision auront manqué à leur devoir de neutralité de l'information en s’alignant sur la ligne politique du gouvernement. [v]
  • Israël peut être considéré comme perdant parce que les groupes rebelles qu'il a soutenus ont été militairement défaits par l'AAS et que ses objectifs politiques n'ont pas été atteints. De son côté, le Hesbollah s'est renforcé et a acquis de l'expérience au combat, l'Iran est tout près de la frontière israélienne et la Russie contrôle le ciel syrien. D'un autre côté, il y a un rapprochement avec les dirigeants arabes sunnites contre l'Iran.
  • Les réfugies syriens font partie des grands perdants. Ceux qui ont fui les islamistes ne trouveront bien souvent que des ruines à leur retour.
  • Les réfugiés islamistes syriens et leurs familles ne pourront pas se réinsérer dans une Syrie pluraliste et leur sort est un vrai casse-tête international.
  • Le sort des brigades djihadistes internationales est encore un plus grand casse-tête. Le mot d'ordre a été de les éliminer sur place mais quid de ceux qui rentreront quand-même au pays. Des rumeurs accusent les États-Unis de renforcer les FDS avec des daechistes récupérés et de transférer des autres en Afghanistan. Une affaire à suivre de près.
  • Il y a enfin le sort des centaines de milliers de jeunes syriens qui ont fui leur pays pour éviter leurs obligations militaires. Il s'agit principalement de fils de familles aisées sunnites dont le voyage a été payé par la famille. On les a vus forcer les postes frontières européens en 2015. Ce sont en grande majorité des hommes éduqués qui s'intégreront sans trop de problèmes en Europe. Leur absence se fera sentir quand il s'agira de reconstruire la Syrie mais, sauf à d'obtenir un pardon magnanime, leur retour sera difficile.

Le jeune émir du Qatar.

 

Les vainqueurs.

 

  • L'Armée arabe syrienne et ses forces d'élite sont les vainqueurs sur le champ de bataille. Si ce n'est le successeur de Bachar al-Assad, ce sera sûrement parmi ses généraux qu'on trouvera les futurs dirigeants syriens.

Souheil al-Hassan. Un des généraux les plus populaires en Syrie.

  • L'Iran était infréquentable au début de cette guerre en 2011 et il est maintenant un interlocuteur incontournable.
  • Il en est de même pour le Hezbollah. Il a acquis le respect des Libanais qui ne veulent pas d'une nouvelle guerre civile au bénéfice de puissances étrangères.
  • Il va sans dire que la Russie de Vladimir Poutine qui elle aussi comptait pour quantité négligeable en 2011 est redevenue un acteur de poids dans le landernau des puissances mondiales.
  • Le peuple syrien aura résisté à un complot international qui voulait le voir tomber sous la férule de fanatiques islamistes. Il devra reconstruire le pays en se passant sans doute des aides occidentales mais recouvrer sa souveraineté n'a pas de prix.

La conférence d'Astana : une victoire politique de la Russie à confirmer.

Il est actuellement difficile placer la Turquie dans le camp des gagnants ou des perdants. Son rapprochement avec la Russie lui permettra sans doute de tirer son épingle du jeu ou de limiter les pertes mais elle n'aura pas obtenu beaucoup d'avantages en s'engageant dans cette guerre. [vi] Il ne faut jamais oublier que la principale menace pour son intégrité vient de sa minorité kurde que ses ennemis peuvent à tout moment militairement soutenir.

Deux autres pays limitrophes, le Liban et la Jordanie, n'ont finalement pas été déstabilisés malgré les millions de réfugiés syriens qu'ils ont dû accueillir.

L'Irak, un autre voisin de la Syrie, a aussi vaincu DAECH. La plus importante zone du pays, le sud chiite, n'a pas été touchée par la guerre. L'Irak a les moyens de recouvrer sa totale indépendance et de se libérer de la tutelle étasunienne.

 

 

Conclusion.

 

Depuis 75 ans, les conditions pour gagner une guerre n’ont pas changé. Il faut une suprématie aérienne et des troupes combattantes au sol.

Seules les forces loyalistes et leurs alliés répondaient à ces deux critères. La suprématie aérienne était assurée par la Russie et les troupes combattantes, principalement des unités d’élite renforcées par le redoutable Hezbollah libanais ainsi que par des unités iraniennes, ont pu être déployées massivement dans l’ensemble du pays avec un parc de blindés modernisés. L'AAS a aussi pu compter sur l'aide des experts militaires iraniens et russes.

La Russie avait un objectif stratégique cohérent, la lutte contre le terrorisme islamique, le soutien à un gouvernement légal et la souveraineté du peuple, et elle n’a pas varié dans sa position. 

Le résultat est un retour des influences russe et iranienne au Moyen-Orient. [vii]

Cette guerre est une première lourde défaite pour les puissances occidentales, celles qui se sont auto-proclamées « la communauté internationale » depuis la fin de l'URSS.

Avec le recul, nous verrons aussi que ce conflit marquera la naissance d'un monde multipolaire dans lequel le bloc occidental aura un adversaire face à lui.

La guerre peut encore durer des années mais les vainqueurs sont connus.

Connaissant le réalisme de Vladimir Poutine, il laissera une porte de sortie honorable aux perdants pour qu'ils ne perdent pas la face mais lui et ses alliés sont les incontestables gagnants de cette partie de géostratégie et il faut espérer que les Occidentaux retiendront la leçon et qu'ils hésiteront dorénavant à encore se lancer dans une pareille expérience de déstabilisation d'un pays souverain.

Les historiens devront se souvenir de l'étonnante déclaration de Roland Dumas en 2011 avant de faire porter la responsabilité du conflit sur les épaules de Bachar al Assad et de maintenir le mythe d'un peuple opprimé qui se serait spontanément soulevé contre un régime honni.

Plus récemment, il y a aussi le document de la BBC avec les révélations de l'ancien Premier ministre qatari Hamad bin Jassen al-Thani qui admet qu'il y a eu des interventions étrangères dès le début de la crise.

Pour terminer, il faut en finir avec le mythe du retrait du président Assad pour des raisons morales. Sa légitimité ne peut être remise en cause que par le peuple souverain lors d'élections équitables. L'ONU peut éventuellement les superviser pour garantir l'intégrité du processus électoral. Dans les circonstances actuelles, Bachar al-Assad a toutes les chances de largement l'emporter ce qui délégitimerait les rebelles armés et porterait à faux tous les pays qui les ont soutenus. C'est pour remédier à cela que les Occidentaux demandent le retrait du président Assad ou sa non-présentation aux prochaines élections. Les raisons morales évoquées ne sont que des arguties servant à éviter une lourde déconvenue lorsque le peuple souverain se sera exprimé.

 

 

[i] Ce n'est que quand l'AAS et ses alliés ont victorieusement avancé vers l'est que les États-Unis et leurs alliés ont sérieusement combattu l'État islamique en Syrie au prix de la destruction quasi totale de Raqqa.

[ii] Les forces actuellement engagées en Syrie sont des unités d'élite qui ont une mission de formation et d'appui aux FDS.

[iii] Il n’y a pas de correspondants occidentaux en zones rebelles pour cette raison. Les analyses des médias occidentaux se basent sur des informations de correspondants locaux dont on ne connaît pas les sympathies et elles sont de ce fait peu fiables.

[iv] « Malheur aux vaincus. »

[v] En répétant à l'envi que Bachar tue son propre peuple, on peut légitimement se demander combien de vocations de djihadistes ce discours a suscité. Lors d'une guerre civile, tous les protagonistes tuent leurs compatriotes et insister sur les morts d'un camp, c'est prendre parti pour l'autre. D'après des estimations récentes, le nombre de victimes est assez partagé. Ce n'est que depuis peu que le pourcentage de morts rebelles a fortement augmenté.

[vi] Le transfert sans doute durable de nombreuses entreprises de la banlieue d'Alep avec leurs dirigeants et leur personnel vers la Turquie est par exemple un gain turc.

[vii] Il est loin le temps où les médias occidentaux et français en particulier affirmaient sur un ton péremptoire que la Russie n’avait pas les moyens de se mesurer aux Occidentaux et que pour des raisons économiques, elle devra tôt ou tard baisser pavillon. Le sommet du G8 de Belfast en 2013 est encore dans toutes les mémoires. Vladimir Poutine avait résisté à la pression des sept autres membres et il n'avait pas cédé sur son soutien à la Syrie.

 


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118 réactions à cet article    


  • microf 29 décembre 2017 09:53

     A l´auteur @Pierre. " Il y a à peine un an, pas beaucoup de monde ne se serait aventuré à dire que Bachar al-Assad et l’Armée arabe syrienne (AAS) avaient une chance de gagner la guerre contre les rebelles, les combattants étrangers ou les terroristes ".

    Je l´avais bien dit et écris dans ce Forum non seulement il ya un an, mais dès le début de l´agression contre la Syrie, que les terroristes n´entreront pas á Damas, c´est á dire, ne gagneront pas cette guerre, mes commentaires devraient encore être en ligne si ces articles existent toujours.
    Je donnaient ces raisons.
    1- C´est en Syrie que se trouvent les plus anciennes Communautés Chrétiennes du monde.
    2- C´est en Syrie que pour la première fois, ceux qui suivent le Christ ont récu le nom de Chrétiens.
    3- C´est en route vers Damas aller pour aller arrêter les Chrétiens et les persécuter, que SAUL a été terrassé par le Christ..., SAUL se convertira et prendra le nom de PAUL, sera très actif pendant son Apostolat en faisant connaitre le Message de PAIX et d´AMOUR que le Christ était venu propager.
    4- C´est grâce á PAUL que la Religion Chrétienne s´est répandue dans le monde, il mourra martyr sur la voie d´Ostie aux environs de Rome, devenant Saint PAUL, l´Apotre des Nations.

    Il était impossible alors que la Syrie tombe car si la Syrie tombait, il n´y aurait plus aujourd´hui aucun Chrétien dans ce pays, ils auraient tous été passé au fil du couteau, et c´est toute la Chrétienneté qui aurait subit un choc, et cela, le Dieu des Chrétiens ne le permettra jamais, et toute personne qui va s´attaquer á la Religion Chrétienne, que ce soit en Syrie ou ailleurs, se détruira lui même.
    Les Romains les plus barbares contre cette Religion Chrétienne, n´ont pas réussit, ce ne sont pas les coupeurs de têtes d´enfants, de femmes, de vieillards et d´hommes et leurs commanditaires qui réussiront.


    • Pierre Pierre 29 décembre 2017 10:32

      @microf

      Merci pour votre commentaire.
      Je n’ai pas abordé l’aspect religieux du conflit dans mon article parce que je ne crois pas que c’est la raison principale de la guerre.
      Des populations des banlieues, appauvries par le tournant libéral en Syrie et manquant de nourriture suite à la crise mondiale des céréales de 2009-2010 ont été manipulées par des organisations étrangères, souvent islamiques, pour renverser le pouvoir en place. Il y avait une collusion entre les Occidentaux et les monarchies sunnites du Golfe pour provoquer un changement d’alliance en Syrie. La Turquie a pris le train en marche par pur opportunisme. Je me suis focalisé sur l’aspect politique de cette guerre parce que je crois que c’est la raison fondamentale de son déclenchement. Aucune religion n’était opprimée en Syrie et un conflit religieux y était donc absurde.
      Pour moi, dès 2012 quand Damas a été attaquée, je savais que le pouvoir syrien tiendrait parce que la population de la ville est restée solidaire avec ses dirigeants.
      Dès 2013, mes article et mes commentaires en témoignent, je mettais en garde contre le retour inévitable des djihadistes en France. Ils étaient partis pour ne pas revenir mais la déroute militaire des groupe islamistes était inévitable et il fallait dès ce moment bloquer leur départ.


    • microf 29 décembre 2017 10:56

      @Pierre

      Merci @Pierre pour votre réponse, j´ai basé mes commentaires dès les débuts de cette agression contre la Syrie, sur l´aspect religieux, et j´ai bien compris votre article qui va aussi dans le sens de mon commentaire, á savoir, que les Islamistes et leurs commanditaires ne gagneraient pas.

      Bonne Année 2018.


    • Eric F Eric F 29 décembre 2017 13:07

      @Pierre
      Très intéressant article, sur ce thème où nos grands médias ont été unanimement dans le sens des thèses occidentales -comme ce fut le cas pour la Libye, du reste-. Heureusement il existe désormais la possibilité d’accès à des informations « non alignées » ...quoiqu’il faille une grande circonspection pour éviter de tomber dans les mailles d’une information parfois manipulée par d’autres courants.
      Concernant l’aspect religieux, il entre en ligne de compte notamment au niveau du clivage sunnites fondamentalistes versus les autres religions. Le régime syrien pluraliste au niveau religieux est soutenu par les diverses minorités religieuses attaquées par les « exclusivistes » sunnites fondamentalistes. Quelle sera la position des population sunnites « modérées », dont certaines villes ont été durement traitées par les forces armées gouvernementales ?


    • Pilule Rouge Pilule Rouge 29 décembre 2017 18:10

      @TOUT LE MONDE ! MESSAGE URGENT !

      Macron nous fait un magnifique cadeau pour Noël !

      La chaîne RT France contrairement à ses excellentes consoeurs RT America et International, serait passée entre les mains du système, de l’ennemi :

      Plusieurs choses confirment mes dires :

      1. Le co-directeur du CRIF, Gilles-William Goldnadel était présent le jour de son lancement avec Michaël Darmon et d’autres soutiens virulents du régime Israélien. > lire l’excellent article de Panamza à ce sujet : http://www.panamza.com/201217-russia-today-goldnadel/

      2. Propagande anti Bashar et pro-israélienne dans les JT

      3. Les thèmes des documentaires sélectionnés font étrangement penser à ceux de la chaîne pro-israélienne américaine : « VICE » > violence, criminalités, drogue, etc.

      Question : Comment Russia Today a-t-elle pu obtenir l’aval du CSA en France ainsi que des studios flambants neufs comparables en taille à ceux de TF1 ou de Canal+ à Boulogne-Billancourt ? C’est impossible sans qu’un compromis n’ai été signé. Rapelez-vous de l’hostilité de Macron des médias et de tout le système envers la « propagande » russe !

      Réfléchissez, ne tombez pas dans le panneau, RT France n’a rien à voir avec RT America, c’est la version française de VICE, un mélange indigeste entre BFMTV et l’idéologie Zémourienne.

      Sa présidente, Xenia Fedorova, s’est curieusement engagée à « ne pas donner la parole aux conspirationnistes ».
      Lesquels ? À quel prétendu « conspirationnisme » Xenia Fedorova -qui rêve d’embaucher Éric Zemmour (le promoteur/affabulateur du mythe du « grand remplacement » islamique de la France)- fait-elle allusion ?



    • Ouallonsnous ? 29 décembre 2017 19:15

      @pierre

      Vous auriez considérablement raccourci la rédaction de votre article et fait oeuvre de vérité, en citant les véritables agresseurs de la Syrie, les sionistes anglo-yankees et leurs valets européistes agissant par proxys whahabites sous captagon !


    • Pierre Pierre 29 décembre 2017 21:42

      @Eric F
      La Syrie n’est pas l’Arabie saoudite et ce n’est pas la religion qui rythme la vie des gens. 

      D’abord berceau du christianisme, ensuite capitale des Omeyyades puis terre de croisades suivie d’une longue domination ottomane qui prit fin avec le mandat français de 1920 à 1946, la Syrie a su garder sa diversité culturelle et religieuse intacte pendant tous ces siècles.
      Deux courants religieux d’origines étrangères, le salafisme et celui des Frères musulmans ont été introduits dans le pays le siècle passé. Tous les deux veulent que l’islam sunnite devienne la source du droit et que tout le monde se soumette y compris les non sunnites.
      C’est une aberration absolue vu l’histoire du pays et les dirigeants occidentaux qui ont soutenu cela devraient être enfermés et subir une sérieuse rééducation. (Al-Nosra fait du bon boulot smiley )
      Je ne condamne pas les populations pauvres des campagnes et des banlieues qui ont été instrumentalisées par des prédicateurs souvent étrangers (comme en Europe d’ailleurs) pendant une période de crise économique mais je pense que les responsables et les instigateurs doivent être éliminés sans pitié et qu’ils ne doivent en aucun cas participer à la reconstruction de la Syrie.
      Tous ceux qui ont adhéré aux thèses révolutionnaires violentes ont effectivement été durement réprimés mais ils sont minoritaires et il doivent se soumettre aux vainqueurs ou partir.
      PS. Les formes de sunnismes plus modérés s’opposent, avec les autres religions, au sunnisme fondamentaliste qui est largement minoritaire mais militairement bien organisé et soutenu par des puissances ennemies.
      Je fais le pari qu’une fois les groupes les plus radicaux et leurs mercenaires étrangers éliminés, les « katibas » locales vont désarmer et retourner à la vie civile.
       

    • Byblos 30 décembre 2017 21:41

      J’ajouterais que le wahhabisme ainsi que son frère jumeau/adversaire les frères musulmans sont moins des branches du sunnisme que son instrumentalisation politique.

    • Eric F Eric F 31 décembre 2017 18:53

      @Pierre
      il y a néanmoins en Syrie une certaine structuration communautaire liée à des caractéristiques religieuses, même si le régime baasiste semblait les estomper.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 31 décembre 2017 20:46

      @Pierre


      Merci pour ce bref passage en revue qui remet les choses en ordre. Un article éclairant, comme il y en a de moins en moins sur ce site. Je m’étonne seulement qu’il ait été publié, car il est si factuel que je ne vois pas quel clan a eu intérêt à sa publication. Je trouverai sans doute ma réponse à la lecture des commentaires... en ordre inverse de leur pertinence....

      PJCA


    • Pierre Pierre 1er janvier 10:04
      @Pierre JC Allard
      Bonjour et bonne année,
      La rapide publication de mon article ne m’a pas vraiment surpris parce que même si AgpraVox traite encore de très bons sujets, les articles traitant de la politique internationale se font de plus en plus rares.
      Ce qui m’a davantage étonné, c’est le taux d’approbation de 4,9 / 5 sur 40 votants. Je crois que c’est le meilleur que j’ai eu. Il ne doit donc pas y avoir eu beaucoup d’opposition en modération.
      Ce qui m’a aussi surpris, c’est son placement dans Google News et sa publication sur de nombreux autres sites d’informations alternatives.
      Une explication est peut-être qu’il faut tout doucement préparer les opinions publiques à un changement de point de vue sur la Syrie. 


    • Eric F Eric F 1er janvier 11:48

      @Pierre
      Meilleurs voeux pour 2018. A propos du « point de vue sur la Syrie », la ficelle politico-médiatique était trop grosse, les « citoyens de base » ont quand même trouvé suspect que d’emblée la position occidentale ait été « Bachar doit partir », alors que jusqu’ici le pays paraissait plutôt stable et pluraliste. L’expérience libyenne avait également créé le doute dans l’opinion concernant l’expression « il massacre son peuple », dans le cadre de rebellions visiblement télécommandées. En outre, la chimère d’une « opposition démocratique » est rapidement devenue évanescente.
      Bref, le tout un chacun s’était fait une idée moins binaire que la thèse officielle, et était demandeur de « réinformation ». Votre article, complet et non-manichéen, répond bien à cette attente, d’où la bonne audience et approbation.


    • Pierre Pierre 1er janvier 14:25
      @Eric F
      Bonjour et meilleurs vœux pour 2018 aussi.
      Je vous trouve bien optimiste en croyant que le « citoyen de base » s’intéresse à la Syrie.
      En vérité, la grande majorité des citoyens se foutent royalement de ce qui se passe en Syrie. Cela n’a aucun impact sur leur quotidien.
      Quelques faiseurs d’opinions, pas tous, commencent à se rendre compte du fiasco (Georges Malbrunot par exemple) mais les autres restent majoritairement alignés sur la politique étrangère du gouvernement. Quand la ligne du gouvernement changera, les medias mainstream suivront.
      C’est monstrueux à dire mais ce n’est que quand il y a des attentats chez nous que les opinions publiques prennent consciences du danger universel du terrorisme.

    • Eric F Eric F 1er janvier 18:11

      @Pierre
      Il me semble qu’un bon nombre de citoyens s’intéressent à la question syrienne, notamment du fait des combats contre Daesh et du problème des réfugiés. Maintenant, quelle proportion a l’impression de se faire un peu rouler dans la farine par l’information des grands média, difficile à dire, mais je le constate autour de moi.


    • Pierre Pierre 1er janvier 19:18

      @Eric F
      J’espère que vous avez raison. 


    • maQiavel maQiavel 29 décembre 2017 11:02

      « Il y a à peine un an, pas beaucoup de monde ne se serait aventuré à dire que Bachar al-Assad et l’Armée arabe syrienne (AAS) avaient une chance de gagner la guerre contre les rebelles, les combattants étrangers ou les terroristes. »

      ------> Oui, enfin depuis l’intervention russe , ça devenait tout de même une possibilité , particulièrement après la chute d’Alep. 

      « Tout au plus, le pouvoir syrien pouvait espérer négocier une paix et un partage du pouvoir en position de force ».

      ------> Sur ce point, la situation n’a pas changée. Il ne faut pas oublier que les FDS occupent une part non négligeable du territoire syrien, dont Raqqa et que les américains sont toujours présents à Al Tanaf. Et il n’y aura aucun moyen de les déloger militairement. Reste la négociation. C’est maintenant que les choses sérieuses commencent.

      Merci pour cet article. 


      • Gorg Gorg 29 décembre 2017 20:18

        @maQiavel

        "Il ne faut pas oublier que les FDS occupent une part non négligeable du territoire syrien, dont Raqqa et que les américains sont toujours présents"

        Tout à fait... Et bien qu’ils soient présent d’une manière complètement illégale, les Etats-uniens vont s’accrocher comme des morpions. J’attends de voir leur prochain coup tordu...

        @Pierre

        Merci pour cette excellente synthèse... comme d’habitude.


      • Pierre Pierre 29 décembre 2017 22:15

        @maQiavel
        Je ne sais pas si la Russie joue un double jeu en prônant des négociations tout en écrasant les islamistes sous les bombes ou si elle est sincère.

        Ce dont je suis sûr, c’est que la Russie ne veut pas être entraînée dans le piège d’une longue et coûteuse guerre. 
        Elle va donc tenir compte des intérêts israéliens et étasuniens non par complaisance mais par pur pragmatisme. 
        Donc oui, pour elle, il faudra négocier notamment avec l’ASL dans le sud et avec les FDS dans l’est. Peut-être aussi avec les protégés des Turcs une fois que tous les islamistes radicaux auront été écrasés.
        Les Etats-Unis ont illégalement construit une dizaine de bases dans le nord-est de la Syrie qu’ils ne veulent pas quitter. Il me vient une idée sachant que la Russie a souvent une démarche parallèle sur d’autres fronts. En se basant sur la même illégalité, la Russie pourrait très bien construire des bases dans le Donbass.  Une idée à creuser et à suivre !

      • Gorg Gorg 30 décembre 2017 01:07

        @Pierre

        « la Russie pourrait très bien construire des bases dans le Donbass »

         Effectivement, ce serait une excellente réponse du berger à la bergère... Je me demande d’ailleurs si Poutine ne regrette pas de n’avoir pas aidé les insurgés à pousser jusqu’au Dniepr, en 2015...
         Si l’intervention en Crimée ne m’a absolument pas surpris, je pensais par contre qu’il aiderait la RPD et la RPL a avancer jusqu’à une ligne Kharkov Mikolaiev... Je n’ai toujours pas compris qu’il se soit arrêté... Le pont de Kertch serait inutile aujourd’hui...
         Si Kiev a la mauvaise idée de rallumer le conflit c’est ce qui risque de se produire...
         A mon humble avis, la situation n’est pas encore figée, il faut s’attendre encore à des surprises.


      • maQiavel maQiavel 2 janvier 02:35

        @Pierre

        « Je ne sais pas si la Russie joue un double jeu en prônant des négociations tout en écrasant les islamistes sous les bombes ou si elle est sincère ».

        Vous avez-vous-même parfaitement répondu à votre interrogation dans les deux phrases suivantes : « Ce dont je suis sûr, c’est que la Russie ne veut pas être entraînée dans le piège d’une longue et coûteuse guerre. Elle va donc tenir compte des intérêts israéliens et étasuniens non par complaisance mais par pur pragmatisme ». 

        C’est exactement cela. Les Russes savent pertinemment qu’une victoire militaire est impossible. Alors , ils misent sur des négociations et pour être en position de force , ils écrasent les islamistes sous les bombes. Les forces armées au service d’un objectif politique, une approche très classique. 


      • Pierre Pierre 2 janvier 05:48
        @maQiavel
        Cette volonté des Russes de ne pas se trouver embourbés dans de longues et coûteuses guerres comme en Afghanistan et en Tchétchénie est une constante depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine. Vous remarquerez que la Russie n’engage ses forces que dans des pays où la population la soutien : Ossétie du Sud, Abkhazie, Crimée, Donbass ou Syrie. Cela lui permet d’intervenir ponctuellement et de très vite se retirer en laissant des gouvernements amis en place.
        C’est tout le contraire des Américains qui doivent laisser de vulnérables troupes d’occupation en sur le terrain après leurs interventions.
        Si le même schéma est appliqué en Syrie, les Russes soutiendront les assauts syriens contre les poches rebelles de la Goutha, des environs de Homs et de Hama et ils aideront l’AAS à libérer la province d’Idlib des apparentés à al-Qaïda.
        Les forces aériennes russes n’interviendrons pas contre les FDS du nord-est soutenus par les Etats-Unis, contre les Turkmènes et les apparentés aux Frères musulmans soutenus par les Turcs et contre l’ASL dans le sud qui est soutenu par Israël.
        Si l’AAS, le Hezbollah et les unités iraniennes veulent intervenir là, cela risque d’être à leurs risques et périls.
        C’est cela le double jeu. Avoir des accords tacites avec les pays soutenant les rebelles et en même temps être allié à la Syrie et à l’Iran. J’espère pour lui que Bachar al-Assad s’en rend compte et qu’il ne va pas faire de conneries.

      • maQiavel maQiavel 2 janvier 13:42

        @Pierre
        Tout à fait d’accord. Ce que vous appelez double jeu , moi j’appelle celà jouer le role d’une puissance stabilisatrice. Pour jouer ce rôle pleinement, il faut être capable de dialoguer avec tous les acteurs, y compris ceux dont la politique est diamétralement opposée, la Russie essaie au contraire de les faire participer à un équilibrage de la région. C’est grâce à cette attitude que la Russie occupe la place centrale dans le jeu Syrien. 

        La classe dirigeante syrienne en général et Bachar en particulier l’a très bien compris, raison pour laquelle il est très méfiant envers les russes et qu’il s’oppose parfois ouvertement à leur politique, souvent poussé par les iraniens d’ailleurs. Mais je me dis que s’il devient vraiment un facteur perturbateur, les russes envisageront son remplacement à la tête de la Syrie, d’autant plus qu’ils ont noués de nombreux contact politique et militaire avec de brillants syriens, ils n’auront pas de difficulté à trouver un général sunnite prêt à jouer le jeu. Contrairement aux iraniens, les russes ne sont pas attachés à la personne de Bachar mais au maintient de l’appareil d’Etat syrien … 


      • Pierre Pierre 2 janvier 14:00

        @maQiavel

        C’est toujours satisfaisant de parler à quelqu’un qui arrive aux mêmes conclusions qui sont finalement simplement du bon sens. 
         « ils n’auront pas de difficulté à trouver un général sunnite prêt à jouer le jeu. » Il n’y a pas que des généraux sunnites qui peuvent remplacer Bachar al-Assad.
        Souheil al-Hassan par exemple dont la photo se trouve dans l’article est alaouite et il commande une unité essentiellement composée de sunnites..

      • maQiavel maQiavel 2 janvier 19:29

        @Pierre
        Je pensais aussi à Souheil al-Hassan ... 


      • QAmonBra QAmonBra 29 décembre 2017 11:33

        Merci @ Pierre pour le partage.

        Excellent article résumant de façon « pointue » le conflit syrien.

        Comme microf et vous, je pronostiquais sur AV un Stalingrad pour les occidentaux en Syrie, car je suis formellement convaincu que les puissances occidentales sont les principaux responsables de ce bain de sang en Syrie et, en notre nom, nos prétendus dirigeants n’y sont pas de reste.

        Mon analyse était surtout intuitive et pouvait se résumer ainsi : Un Peuple possédant une culture millénaire et très riche du vivre ensemble, ne peut pas être vaincu par la division, malgré la jeunesse politique de sa nation et quels que soit les moyens mis en œuvre par ceux voulant sa perte.

        Autre point que j’estime important de préciser, les occidentaux et leurs supplétifs locaux boiront jusqu’à la lie le tonneau qu’ils ont ouvert, j’entends par là que s’en est fini au moyen orient d’une quelconque influence de leur part, cela commencera concrètement par ne pas avoir une miette du gigantesque marché de reconstruction de la Syrie et il est probable que cette tendance fera tâche d’huile dans la région. . .


        • Pierre Pierre 30 décembre 2017 00:10

          @QAmonBra


          « Un Peuple possédant une culture millénaire et très riche du vivre ensemble, ne peut pas être vaincu par la division, malgré la jeunesse politique de sa nation et quels que soit les moyens mis en œuvre par ceux voulant sa perte. » Voila une pensée positive que j’approuve absolument.

          Ma prédiction sur la victoire des forces loyalistes a toujours été plus factuelle, je me méfie des intuitions qui sont souvent inspirées par de l’émotion et qui peuvent donc être subjectives.
          Quelques points qui ont forgés ma conviction.
          • Si les Alaouites dominent l’armée et la présidence syrienne depuis si longtemps, c’est avec l’appui de la bourgeoisie sunnite des villes qui a toujours préféré s’enrichir dans les affaires plutôt que de servir dans une armée où il n’y a rien à gagner. Les Alaouites étaient une minorité considérée comme inférieure et qui a été encouragée à prendre l’armée en main vu que les sunnites, assez divisés (problème des tribus), étaient incapables de se rassembler derrière un leader. Si vous lisez « Les Sept Piliers de la Sagesse » (Edition Phébus) de T. E. Lawrence, vous verrez qu’il en était déjà ainsi il y a un siècle. Vous ne lirez pas cela sous la plume de journalistes mainstrean, s’intéresser à l’histoire d’un pays est trop leur demander. Ils préfèrent s’en tenir à l’explication simpliste qui consiste à dire que la minorité alaouite a confisqué le pouvoir et qu’elle opprime la majorité sunnite. C’est tellement plus commode et cela conforte les discours belliqueux de changement de régime en Syrie. Je n’ai pas de donnée précise, c’est difficile d’en faire en temps de guerre, mais en considérant le nombre de sunnites qui se sont réfugiés en zones loyalistes plus les sunnites des villes qui n’ont pas fui le pays, on peut affirmer sans beaucoup de risques de se tromper qu’environ 50 % des sunnites soutiennent le président Assad.
          • Je n’ai jamais cru que la Russie lâcherait la Syrie en ces circonstances. Les liens entre les deux pays datent du temps de l’Union soviétique. Des centaines de milliers de Syriens ont fait leurs études à Moscou. Les militaires syriens ont été formés en Russie et tout leur équipement vient de ce pays. Il y a plus de 20.000 mariages entre Syriens et russes ou l’inverse. Finalement, il n’y a que Bachar al-Assad qui a fait ses études en Angleterre. Si un jour la Russie le lâchait, ce serait certainement pour placer quelqu’un d’encore plus fidèle à sa place.
          • La Russie veut retrouver sa place de puissance mondiale et elle ne pouvait de ce fait perdre son centre d’appui naval de Tartous pas plus qu’elle ne pouvait perdre Sébastopol. Elle devait intervenir sans s’enliser bien sûr. C’est ce qu’elle a fait.
          • Il était clair dès le début que l’opposition était divisée. Cela ne se remarquait pas trop quand le vent de la victoire soufflait en leur faveur mais dès que le vent a tourné, c’est devenu de plus en plus flagrant. Dans la vidéo, Hama bin Jassen al-Thani dit « Nous nous sommes disputés pour le butin ». C’est clair, pour eux, il y avait un butin (et un pays) à se partager. Ils ont perdu et ils peuvent à présent régler leurs comptes entre eux s’ils le veulent.

           C’est vrai que ce n’est pas avec leur arrogance que le président et le Ministre des Affaires étrangères français ont une chance de revenir en Syrie. Ce seront l’Iran, la Russie et la Chine qui reconstruiront le pays. Exit la France !


        • Massada Massada 29 décembre 2017 11:41

          Les Etats-Unis et Israël ont signé un accord secret pour contrer les menaces croissantes de la République islamique d’Iran.

          Il a été précédé de discussions approfondies entre les hauts responsables de la défense et du renseignement et les experts des deux parties.



          • maQiavel maQiavel 29 décembre 2017 11:50

            @Massada
            Ce n’est même pas secret, c’est de notoriété publique. 


          • Eric F Eric F 29 décembre 2017 14:23

            @Massada
            l’Iran, non frontalier d’Israël, ne menace pas celui-ci, et moins encore les Etats Unis. Les monarchies sunnites lui sont hostiles pour raison d’influence géopolitique, et ceux qui avaient voulu l’éclatement de la Syrie sont dépités de l’aide apportée par l’Iran contre les jihadistes.


          • Pierre Pierre 29 décembre 2017 14:58
            @Massada
            J’ai aussi lu qu’il y a un plan « secret » entre Israël et les Etats-Unis pour contrer l’Iran. Un secret pas si bien gardé que cela vu qu’il a paru sur Zerohedge.


            Je crois que Donald Trump en a informé Vladimir Poutine et que l’Iran et la Syrie sont prévenus.
            Je vois que l’aviation russe n’intervient pas près de la frontière israélienne, c’est un signe que la Russie reste neutre dans cette zone.

            Ceci dit, je ne comprends pas cette iranophobie en Israël. 



          • maQiavel maQiavel 29 décembre 2017 15:35

            @Pierre
            Le besoin d’un ’ennemi pour surmonter ses contradictions internes peut l’expliquer ... 


          • JP94 29 décembre 2017 19:39

            @maQiavel

            Seul Israël l’ignorait et pensait lutter héroïquement face une coalition mondiale visant à lui interdire de construire un mur de 750 km ( à présent ) pour emmurer les Palaestiniens... 

          • wesson wesson 29 décembre 2017 11:54

            Bonjour Pierre, 

            comme d’habitude, vous nous livrez un article brillant. Merci.

            • Pierre Pierre 30 décembre 2017 00:29

              @wesson
              Bonsoir Wesson. Cela fait toujours plaisir de recevoir un commentaire de vous. Je suis content que vous avez apprécié l"article.

              Bonne fête de Nouvel-An et bonne année à vous et à tout ceux qui suivent ces commentaires.

            • Attilax Attilax 29 décembre 2017 12:41

              Bravo pour ce post clair qui expose le bilan de 7 ans de guerre. Je trouve que certains de nos dirigeants mériteraient d’être inculpés et traînés devant un tribunal international pour leurs mensonges et leur soutien à ces groupes de fanatiques... Il n’est d’ailleurs pas impossible que la Syrie, qui a apparemment trouvé des preuves de l’ingérence occidentale lors de la libération d’Alep, finisse par le faire pour dévoiler au monde ce qui s’est réellement passé.


              • Pierre Pierre 30 décembre 2017 00:49

                @Attilax
                Merci. S’il y a de éléments compromettants pour les ennemis de la Syrie, il est beaucoup plus intéressant de ne pas les dévoiler mais plutôt de s’en servir comme monnaie d’échange.  La diplomatie intelligente, ce n’est pas de réagir avec un coup de sang.

                D’accord pour les dirigeants inculpés mais je crois que c’est un rêve. Ils ont quand même souvent été punis indirectement et ont été écartés du pouvoir par les peuples. Je pense à Clinton, Sarkozy, Hollande par exemple.
                Vous ne croyez pas que si Alain Juppé avait démissionné en 2011 lors de l’agression contre la Libye pour laquelle il n’avait pas été consulté, il serait aujourd’hui président de la république. Moi, j’en suis convaincu.

              • Attilax Attilax 30 décembre 2017 19:29

                @Pierre

                Ça l’aurait grandi aux yeux de l’opinion, c’est sûr. Exactement comme Chirac, dont on se souviendra surtout pour son refus d’entrer en guerre aux côtés des ricains en Irak et pour le discours de Villepin à l’ONU. Hélas, l’élève n’a apparemment pas retenu cette leçon de son mentor.


              • Attilax Attilax 30 décembre 2017 21:34

                @Pierre

                Vous avez raison : ils vont probablement garder les preuves et s’en servir plus intelligemment (et moins médiatiquement). Je crois qu’ils ont chopé des hommes aussi, des militaires de différents pays, dont la France... J’ai pensé à ça quand j’ai vu que Assad jetait la France hors des négociations en disant qu’elle avait supporté le terrorisme depuis le début : une telle affirmation ne peut se faire publiquement sans preuves. C’est donc qu’il est prêt à les révéler si besoin est... Mais vu qu’on est en train de s’écraser (enfin !) je crois qu’il va suivre votre stratégie, sans doute plus payante.


              • JMBerniolles 29 décembre 2017 14:01
                Pierre, merci beaucoup pour cet article très bien développé et balancé.

                Pour avoir suivi de près cet affrontement que remodèle les rapports de forces dans le monde, j’ai naturellement quelques remarques :

                * Après être parti sur le mantra asséné par les médias « Bachar Al Assad bourreau de son peuple » la réalité qui s’est révélée au fil du temps est tout autre. C’est au contraire la mobilisation du peuple syrien avec des unités populaires importantes, ainsi que le soutien du Hezbollah, lui-même force populaire de défense, autour de Bachar Al Assad qui a choisi la résistance plutôt que l’exil dans les pires conditions d’agression de son pays, qui a déterminé l’issue de la guerre. Qui n’est pas terminée, mais gagnée (cela a été le cas de la WWII dont le sort a été scellé en 1943 mais qui a duré deux années de plus avec surtout plusieurs millions de morts inutiles). En fait, une guerre ne peut se gagner qu’au sol. C’est pourquoi les USA ne vaincront jamais la Corée du Nord quand bien même il peuvent ravager ce pays par leurs frappes.

                * Les occidentaux et notre pays en particulier ont organisé, armé y compris avec des armes modernes, mortiers, missiles, armes anti aériennes...... éléments motorisés... , et encadré (il y a des conseillers militaires et militaires français pour cela en Syrie où comme vous le soulignez il y a très peu de forces rebelles d’origine locale) les mercenaires sanguinaires. 

                * Les ressources en pétrole et gaz naturel du Moyen Orient sont évidemment une des causes de cet affrontement à multiples facette (l’Arabie saoudite lorgne sur le gaz du Qatar, Israël veut aussi mettre la main sur le gaz maritime du Liban, de Gaza .... ). L’Arabie saoudite réfléchit depuis longtemps à l’après pétrole (dont le pic est différé par la très forte récession économique mondiale). Un des moyens mis en œuvre pour garder la puissance de la royauté du moyen âge qui gouverne ce pays a été le vecteur religieux avec la diffusion mondiale du wahhabisme. Qui comporte obligatoirement une composante de conquête militaire. ....

                * Quant à la Turquie après une phase offensive basée sur la volonté utopique de récréer un empire ottoman, elle est maintenant dans une phase défensive opportuniste après que la CIA ait échoué à éliminer Erdogan.

                * En ce qui concerne Israël, il y avait aussi au départ une position offensive qui consistait à liquider le pouvoir en Syrie, pour s’en approprier une partie et pour pouvoir atteindre l’Iran. Dernier rempart avant la Russie sur cet axe important. Comme vous le soulignez les gains de l’armée syrienne dans le sud vers le Golan occupé, avec de plus une route d’approvisionnement depuis l’Iran, placent ce pays sur la défensive. 

                Le fait principal est malheureusement l’incapacité chronique des USA a reconnaître l’état de fait et à basculer sur une phase diplomatique plus adaptée au rapports de forces réels. 







                • Eric F Eric F 29 décembre 2017 14:27

                  @JMBerniolles
                  Concernant la diplomatie yankee, alors que certains attendaient de Trump une politique moins interventionniste et plus indépendante, c’est au contraire le retour aux positions néo-conservatrices

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