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Accueil du site > Tribune Libre > La théorie des Cygnes noirs qui a été déterminante sur les présidentielles (...)

La théorie des Cygnes noirs qui a été déterminante sur les présidentielles US depuis 1964, le sera-t-elle en 2020 pour Donald Trump ?

 Que peut-on dire des élections présidentielles américaines qui auront lieu le 3 novembre 2020 ? Le président sortant Donald Trump sera-t-il réélu ? Ou c’est son opposant Joe Biden qui l’emportera, et deviendra par conséquent le 46ème président des États-Unis. Pour répondre, tentons de faire parler l’histoire.

Tout d’abord, il faut énoncer une vérité. L’homme n’a pas de prise sur son destin. Il n’a de prise que tant que la conjoncture lui sourit. Ce qui nous fait dire qu’il y a des forces historiques extrêmement puissantes capables de changer du jour au lendemain l’existence d’un homme, l’existence d’un peuple, l’existence d’une nation. La crise sanitaire du Covid-19 a bouleversé le monde entier.

Aussi posons-nous la question : « Sommes-nous maîtres de notre histoire ? » Nous sommes certes les acteurs de notre histoire, mais dans nos actions, combien même nous les commandons puisque ce sont nous qui agissons, il demeure que nous agissons qu’en fonction des événements qui nous arrivent et dont nous n’avons aucune idée de ce qu’ils sont avant qu’ils nous arrivent. Par exemple, qui a pensé qu’une pandémie virale va venir et confiner plus de 4 milliards d’êtres humains ? De même qui a pensé que la vidéo montrant la mort en direct de George Floyd va faire le tour du monde ? George Floyd, un Noir américain, mobilisé à terre par plusieurs policiers blancs jusqu’à, par étouffement, il meurt.

C’est précisément cette mort de George Floyd et par la façon dont il est mort qui a révulsé le monde qui va agir, entre autres, dans la destinée de l’Amérique et du monde. Aussi interrogeons-nous sur le sens à la fois humain et métaphysique de ces deux grands événements, pandémie et mort d’un Noir américain ? Tout d’abord sur le plan général.

« Si nous ne sommes pas maître de notre histoire, peut-on penser que ce qui arrive aux hommes relève du hasard ? » Les forces de l’histoire agissent-elles de manière aveugle et arbitraire ? Cette impossibilité pour l’homme de prévoir ce qui lui arrive en termes d’événements heureux ou malheureux fait qu’il dépend réellement des forces supérieures. Et ces événements suivent un cours inéluctable, indépendamment de la volonté de l’homme. Et on ne peut que se référer à la Providence divine, puisque c’est à elle que lui revient le fonctionnement du monde, par elle que nous existons. Nous n’avons pas été puis nous sommes, nous existons.

Par ce qui précède, trois points ressortent et légitiment la situation de l’homme dans l’Etant du monde. Le premier point, ce sont les forces historiques. Elles ne relèvent pas du hasard et ne sont pas arbitraires. Force de dire aussi que ce postulat dépasse l’homme. « Il y a un Esprit qui gouverne le monde. » C’est la Providence divine. La marche de l’humanité procède donc selon une Intelligence qui transcende les hommes. Et, par le principe de causalité qui en découle, tout effet qui suit la cause est nécessaire et toute cause qui l’a générée est aussi nécessaire.

Le deuxième point, c’est le progrès de l’histoire qui est bien une réalité pour l’entendement humain. L’être humain comprend facilement que les époques de l’histoire sont solidaires entre elles. L’humanité a toujours évolué positivement malgré les guerres atroces et les calamités, cela est témoigné par ce qu’a été l’humanité durant l’Antiquité, avant l’Antiquité, ensuite au Moyen-Âge, et passant par d’autres phases, jusqu’à ce qu’elle est à nos jours. Et donc pour le début du 3ème millénaire qui est aussi transitoire.

Le troisième point est la « parfaite inconnaissance » de l’homme sur son destin en perpétuelle marche, en perpétuelle mutation. L’homme est et devient. Ce devenant humain est non seulement nécessaire mais constitue la substance même de son existence. Sans cette « inconnaissance  », l’histoire de l’humanité aurait perdu de sa substance, ou plus simplement son essence d’exister. Le sens de l’histoire si l’homme était connaissant de son essence ne serait tout simplement pas. De même pour l’univers. L’histoire comme le monde ne serait alors pas néant et rien n’existerait. Donc on peut dire que la connaissance des êtres humains est délimitée par l’Essence par laquelle procède leur existence.

Par cette présentation métaphysique mais aussi objective du sens de l’humanité, on peut alors s’interroger sur l’élection présidentielle américaine à venir, prévue en novembre 2020. Pour répondre, et avant de voir ce qui ressort du 1er mandat du président Donald Trump, reportons-nous d’abord sur les 50 dernières années. Regardons les contextes historiques qui ont existé lors de chaque élection présidentielle précédente. Quelles ont été les forces qui ont porté les candidats à la magistrature suprême ?

Tout d’abord le président Lyndon Johnson, du parti démocrate. Vice-président, il devient président des États-Unis, le 23 novembre 1963, suite à l’assassinat du président de J. F. Kennedy. En 1964, il est réélu. C’est la plus grande victoire électorale de l’histoire des États-Unis. Comme une revanche contre l’assassinat d’un président. L’engagement américain dans la guerre du Vietnam suite aux incidents du golfe du Tonkin, survenus les 2 et 4 août 1964, ne laissait pas présager une guerre désastreuse pour les États-Unis.

Précisément, à partir de 1965, les États-Unis interviennent massivement au Vietnam. Durant quatre années, malgré des bombardements barbares, massifs contre le territoire nord-vietnamien, la guérilla au Sud restait toujours opérante. L’enlisement de l’armée américaine, le conflit dans l’impasse de plus en plus impopulaire dans l’opinion publique américaine ont constitué un cygne noir pour le président Johnson qui a compris qu’il n’avait aucune chance d’être réélu. Il a renoncé à se représenter en 1968 pour un deuxième mandat.

En 1968, c’est l’ancien vice-président de D. Eisenhower, Richard Nixon, un républicain, qui est élu. Il devient le 37ème président des États-Unis. Il corrige les erreurs du précédent président, procède au retrait des troupes américaines, reconnaît la République populaire de Chine. C’est le premier président américain à se rendre en Chine et en URSS. C’est le dégel dans la guerre froide, le début de la Détente entre les grandes puissances. 

En 1974, il démissionne à la suite du début d'une procédure d’impeachment consécutive à l’affaire du Watergate. Que peut-on dire de la démission de Nixon ? Le retrait des forces américaines et la reconnaissance de la RPC ont été dictés par les forces de l’histoire. Pour Nixon, cela aurait été une folie de continuer la guerre comme l’a faite l’administration démocrate précédente.

S’il a été réélu en 1972, un cygne noir latent existait néanmoins durant le deuxième mandat. Une grave crise monétaire opposait l’Europe aux États-Unis. Ce qui a poussé le président américain à mettre fin à la convertibilité du dollar en or, le 15 août 1971, le stock d’or américain étant arrivé à une limite qu’il ne pouvait dépasser (ligne rouge). Les crises monétaires successives entre 1971 et 1972 n’ont trouvé solution qu’avec le premier krach pétrolier suite à la 4ème guerre israélo-arabe. La démission en 1974 du président Nixon n’a finalement été qu’un processus naturel qui s’est enclenché et qui allait toucher aussi le vice-président Gérard Ford.

38ème président des États-Unis, en 1974, en remplacement du Président Nixon, Gérard Ford ne sera pas élu en 976. Là aussi la crise économique, financière et monétaire, dans les années 1970, était pendante, laissant un cygne noir peser sur l’économie américaine. La forte inflation durant son mandat due à la guerre économique entre les pôles occidentaux (Europe, États-Unis et Japon), l’évolution erratique du système monétaire international et les crises pétrolières ont eu un effet très négatif dans l’opinion publique américaine. Poussant le contexte historique favorable aux démocrates.

En novembre 1976, Jimmy Carter, un démocrate, est élu. Il devient le 39ème président des États-Unis. Plutôt président antisystème, surtout pragmatique, il a cherché à relancer l’économie américaine. Humaniste, il privilégie le multilatéralisme, la non-intervention et le rapprochement des États-Unis avec les pays pauvres et en voie de développement. Tous ces progrès dans sa politique étrangère n’ont pas suffi sur le plan interne pour relancer l’économie américaine. Et la population américaine est très sensible au problème du chômage, c’est le problème N°1 pour l’Amérique. La Grande Dépression des Années 1930 qui a amené l’Amérique pourtant un pays prospère, riche et puissant à subir la plus grande crise économique de tous les temps est encore présente dans la mémoire du peuple américain. Un chômage d’au moins 40%, des soupes populaires, des émeutes de la faim, des millions de familles jetées dans la rue, durant la Grande Dépression.

Le cygne noir était bien là. Le 2ème krach pétrolier, en 1979, suivi de la hausse brutale du taux d’intérêt directeur par la Banque centrale américaine (Fed) qui passe de 10% à plus de 20% pour contrer l’inflation galopante – elle était à deux chiffre (15%) – ont provoqué un désastre économique mondial dans les années 1980 – l’endettement a frappé une grande partie du monde. Et l’inflation galopante était due dans la guerre financière et monétaire qui opposait l’Europe et le Japon aux États-Unis. Les deux premiers pôles se sont mis aussi à émettre des liquidités internationales pour répondre aux liquidités émises par la Fed américaine pour financer ses déficits commerciaux extérieurs. En fait, une monétisation de fait du surplus d’importation sur les exportations par les États-Unis qui, s’assimilant à un financement basé sur la création monétaire et donc gratuit, a poussé les autres puissances partenaires à faire de même. Cette crise qui s’est traduite par la hausse des prix dont le prix du carburant à la pompe et le chômage ont été le cygne noir dans la non-réélection de Jimmy Carter, pour un deuxième mandat.

Que peut-on dire des quatre présidents américains entre 1968 depuis que le président Johnson a renoncé à se représenter en 1968 pour un deuxième mandat et 1980 qui a vu Jimmy Carter privé d’un second mandat ? A chaque fois, c’est le cygne noir, i.e. le contexte historique qui, par les forces historiques sous-jacentes mais essentielles, détermine en dernier ressort les élections présidentielles américaines. On doit comprendre que ce ne sont pas les candidats eux-mêmes qui choisissent de se présenter pour être président ou pour postuler un 2ème mandat, mais l’histoire qui a anticipé et a déjà fait son choix, amenant le peuple à avaliser ce qui était déjà en puissance. Comme on le constate encore dans les élections qui ont suivi.

En novembre 1980, Ronald Reagan, un ancien acteur de cinéma et républicain, est élu. Il devient le 40ème président des États-Unis. Après la récession de 1982, due à la force hausse des taux d’intérêt et de la forte hausse du taux de change du dollar américain, la reprise économique a été rapide. Il est réélu en 1984. Malgré le krach de 1987, le taux d’inflation et le taux de chômage en forte baisse, l’économie américaine est restée stable durant le deuxième mandat. On peut considérer qu’il n’y a pas eu de cygnes noirs potentiels qui ont terni sa présidence. Donc des retombées positives pour son parti, un autre républicain est élu à la fin de son deuxième mandat.

En novembre 1988, George H. W. Bush, vice-président de Ronald Reagan, est élu. Il devient le 41ème président des États-Unis. Après l’effondrement des pays socialistes de l’Est, suivi par celui de l’URSS en décembre 1991, marquant l’émergence d’un monde unipolaire, les États-Unis, sous son mandat, assument leur rôle de gendarme du monde. A la tête d’une coalition internationale, les États-Unis ont libéré le Koweït (Première guerre du Golfe), en 1991.

Si Bush sénior enregistre de forts succès internationaux, deux cygnes noirs vont assombrir son triomphe extérieur. Le premier cygne noir porte sur les émeutes raciales à Los Angeles (avril-mai 1992). Le passage à tabac d’un automobiliste noir américain par quatre officiers de police blancs, acquitté par un jury composé de 10 Blancs, un Asiatique et un Latino a mis le feu aux poudres. Plusieurs jours d’émeutes (53 morts, 2300 blessés, 1100 bâtiments détruits, plusieurs milliers de personnes arrêtées). C’est le premier cygne noir.

Le deuxième cygne noir, c’est l’entrée en récession de l’économie américaine en 1991-1992. La récession économique américaine est compréhensible si on rappelle qu’une grande partie du monde était endettée dans les années 1980, en particulier les pays en développement d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Les pays émergents, à cette époque, n’étaient que les quatre dragons asiatiques suivis des tigres tous localisés en Asie. Au total 9 pays et se trouvant tous dans le giron occidental. I.e. la Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hong Kong suivie de la Thaïlande, la Malaisie, l’Indonésie, le Vietnam, les Philippines…

Le Bloc Est était en état de délabrement, la Fédération de Yougoslavie a suivi. On comprend dès lors que c’est toute l’économie mondiale qui était en dépression. Le cygne noir qui frappait les États-Unis était à la fois intérieur puisque provoqué par la hausse des taux d’intérêt mondiaux dès 1980, dont l’initiateur a été la Fed américaine et extérieur, et extérieur, i.e. le feed-back de la politique monétaire américaine sur elle-même (contre-réaction). Manquant à sa promesse de ne pas augmenter les impôts, l’économie en récession, le chômage qui augmente, George Bush n’est pas réélu en 1992.

En novembre 1992, Bill Clinton, du parti démocrate, est élu. Il est le 41ème président des États-Unis. Des avancées sur le plan extérieur (accords d’Oslo), la reprise économique, la baisse du taux de chômage grâce à la révolution technologique et l’Asie dont l’Inde et surtout la Chine qui, converti au socialisme de marché, était en pleine croissance. La mutation de la Russie, l’Amérique du Sud ont aussi joué un rôle de moteur pour l’économie américaine, contrairement à la décennie 1980 où le reste du monde était embourbé dans l’endettement. Une situation qui a amené la Banque centrale américaine (Fed), en finançant ses déficits extérieurs, à «  financiariser » en fait les pays du reste du monde. Avec l’« appoint » de l’Europe et le Japon, en tant qu’émetteurs de monnaies internationales, via leurs déficits extérieurs. Sans les déficits extérieurs occidentaux, le reste du monde qui a besoin de liquidités internationales ne pouvait se développer. Bill Clinton est réélu en 1996.

Malgré plusieurs scandales politiques et autres liés à des affaires privées, et plusieurs interventions armées (Irak, Kosovo…), il n’y a pas eu de cygnes noirs proprement dits pour les deux mandats de Bill Clinton. L’économie était en pleine croissance, le taux de chômage au plus bas depuis 30 ans, une embellie économique, à la fin du 2ème mandat, marquée par un excédent budgétaire.

En novembre 2000, G. Bush junior, gouverneur du Texas est élu. Il devient le 43ème président des États-Unis. Le vote a été très serré entre le candidat républicain, G. Bush, et le candidat démocrate, Al Gore. Durant le premier mandat, la guerre contre le terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001, les guerres en Afghanistan, en Irak, la reprise économique après la récession de 2001, ont constitué un triomphe pour le président au point qu’il a été réélu en 2004, avec la majorité absolue des suffrages populaires.

Mais le 2ème mandat va être le contraire absolu 1er mandat. Ou plutôt les succès du premier mandat qui n’étaient au fait qu’apparents, portaient en germe les cygnes noirs. D’abord l’enlisement de l’armée américaine en Irak au point que les médias ont comparé la guerre à celle du Vietnam. Le 2ème cygne noir a éclaté en 2007, c’est la crise des « subprimes », i.e. des créances hypothécaires à risque qui ont pollué une grande partie des bilans des banques américaines et celles du reste du monde, en particulier l’Europe. En 2008, la grande crise financière de 2008 suit, conséquence de la première. Le système bancaire américain est paralysé.

Sans compter un autre cygne noir annonciateur, le cyclone Katrina en 2005, en Louisiane. Après avoir atteint un sommet, le triomphe de Bush se transforme en désastre pour les États-Unis.

Que constate-on dans ce retournement de situation en Amérique ? En réalité, malgré les succès du 1er mandat qui portaient, cachaient le désastre à venir, l’histoire avait en fait déjà construit au cours même du premier ce qui allait advenir du second. Ce qui signifie en clair que les cygnes noirs qui ont préexisté au premier mandat n’ont éclaté qu’au second mandat. Une situation qui va mettre les Républicains dans une situation politique délicate telle qu’il y eut un renversement de tendances habituelles et c’est un candidat démocrate noir qui va emporter l’adhésion du peuple américain.

En novembre 2008, un sénateur de l’Illinois, un Noir américain, fils d’un Kényan et d’une Américaine blanche, qui est élu. Il devient le 44ème président américain, et premier président noir à la magistrature suprême des États-Unis. Il fit à peu près comme Jimmy Carter. Il accélère le retrait des troupes américaines d’Irak. En décembre 2011, les troupes conformément à l’accord dit SOFA, se retirent de l’Irak. L’économie se reprend progressivement grâce à des plans massifs de dépenses publiques, l’aide aux ménages, la main tendue à l’Iran, la loi dite l’obamacare sur l’assurance maladie. Il est réélu en 2012.

Comme Reagan et Clinton, il n’y a pas eu de cygnes noirs proprement dits. Cependant, à la fin du second mandat d’Obama, c’est un républicain blanc atypique qui va prendre la relève.

En novembre 2016, Donald Trump, un magnat milliardaire de l’immobilier, est élu. Il devient le 45ème président américain. Candidat antisystème, il le clame lui-même. Il se caractérise par des positions isolationnistes et protectionnistes. Président atypique, un cas à part dans l’histoire américaine, marqué par l’affaire Russiagate et plusieurs scandales, il a pris, durant son mandat, des décisions qui ne vont pas dans le sens de l’apaisement du monde. Il décrète une sortie de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015. Il reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël. Il annonce le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat et de l’UNESCO. Le 8 juillet 2020, il lance officiellement une procédure pour se retirer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), alors que le monde entier est encore en pleine crise sanitaire.

En Asie, à part l’accord avec la Corée du Nord qui a évité un conflit nucléaire, le président Donald Trump a mis fin dès le début de son mandat, le 23 janvier 2017, à la participation des États-Unis au traité de libre-échange transpacifique (TPP). Pour ce dernier point, pour appréhender le sens géostratégique et géoéconomique du TPP, il est intéressant de lire une analyse du journal Le Monde.

« Selon la Commission américaine du commerce international (USITC), le TPP aurait permis d’accroître le produit intérieur brut américain de 0,15 % d’ici à 2032 et ses exportations de 1 %. Mais le véritable enjeu d’un traité qui, dès le départ, a laissé Pékin sur la touche, est diplomatique. Le Partenariat transpacifique était au cœur de la stratégie du « pivot » vers l’Asie défendue par M. Obama. Avec l’ambition assumée de contrebalancer l’influence grandissante de la Chine. » (1)

Elle est révélatrice des enjeux qui se jouent aujourd’hui, entre les puissances, dans le monde. En 2020, le bras de fer États-Unis-Chine a atteint une situation presque de non-retour. On peut même dire que la situation sur le plan économique est très grave aujourd’hui. Quand deux grandes puissances du monde ne se mettent pas d’accord, il y a des risques très graves qui vont peser sur les pays du reste du monde.

Ceci étant, il n’empêche que le premier mandat de Donald Trump a été un véritable succès sur le plan économique. Une analyse faite en avril 2019 en témoigne. « Pressentant une victoire en 2020, les démocrates et les groupes libéraux ou progressistes salivent déjà. Toutefois, les élections présidentielles de 2020 pourraient leur réserver une surprise de taille : la réélection de Donald Trump. Avec le soutien constant d’au moins 40 % de l’électorat américain, un tel scénario est fort plausible.

Si les démocrates ont pu bénéficier d’une vague bleue aux élections de mi-mandat de novembre 2018, les élections de 2020 risquent fort d’être différentes. Celles-ci seront ni plus ni moins un référendum sur Donald Trump et son administration. Or, les derniers sondages démontrent que 2020 pourrait réserver une mauvaise surprise aux démocrates. […]

L’administration Trump surfe littéralement sur la reprise économique mise en place par l’équipe Obama. Non seulement le taux de chômage se situe constamment en bas de 4 % et la croissance économique dépasse les 3 %, mais les salaires des travailleurs américains, après deux décennies de stagnation, ont commencé à augmenter. De plus, les taux d’intérêt et l’inflation demeurent toujours très bas. Et finalement, non seulement le prix de l’essence demeure abordable, mais les États-Unis sont redevenus le plus grand producteur mondial de pétrole et de gaz naturel. En un mot, les Américains ne ressentent pas de morosité économique. […]

Par ailleurs, le discours populiste de Trump peut apparaître à beaucoup comme des plus grossiers, même si en 2016 il s’est montré très habile à susciter la grogne au sein de l’électorat américain et à raviver ses peurs. C’est ainsi qu’il a été capable d’attirer des millions d’électeurs qui votaient traditionnellement démocrate. Les données préliminaires indiquent qu’il est en train de faire de même à l’égard des membres des minorités ethniques. […]

Plus encore, la majorité des Américains ont le sentiment, en regardant son bilan sur la réduction des impôts, le nettoyage du marais washingtonien ou la révision des accords commerciaux, qu’ils ont un président qui tient ses promesses. Cela est particulièrement vrai avec ses insistances sur la construction d’un mur et le contrôle de l’immigration. » (2)

Cette analyse montre que le président Donald Trump est assuré d’être réélu en novembre 2020. Un « référendum » tout au plus avance l’analyse tant la situation économique des États-Unis est au beau fixe. Le taux de chômage est de 3,5%, en 2019.

Sauf que l’histoire étonnera toujours. Deux cygnes noirs extrêmement négatifs apparaissent à moins d’une année des présidentielles pour un 2ème mandat pour Donald Trump. Le premier cygne noir, c’est la pandémie qui a frappé les États-Unis. Entre mai 2020 et août 2020, les États-Unis sont devenus l’épicentre du Covid-19, avec plus de 150 000 décès et plus de 5 millions de contaminés, le 9 août 2020.

Le deuxième cygne noir, c’est la mort de George Floyd qui a provoqué un mouvement planétaire contre le racisme, avec ce slogan « Black lives Matter », La vie des noirs compte. Et le président Donald Trump a plus appuyé les services de police que la population américaine blanche et noires qui ont manifesté durant des semaines. Et le Black lives Matter s’est étendu aux autres parties du monde.

Arrivé au bout de cette analyse sur les élections américaines prévues le 3 novembre 2020, et au vu de ce qui précède, l’auteur se pose la question : La théorie des Cygnes noirs va-t-elle s’appliquer aussi à Donald Trump ?

L’auteur de ces lignes ne peut aller plus loin, il ne peut entrer dans les Lois divines. Tout au plus analyser des situations historiques et les forces historiques qui s’y jouent. Aussi réfléchit-il pourquoi ces deux cygnes noirs ont surgi dans le cours de l’année même des élections. Alors qu’ils auraient pu survenir en 2021, ou plus tard, et donc après les élections présidentielles du 3 novembre 2020, laissant le champ libre à l’élection du président sortant.

Or, les deux cygnes noirs sont apparus l’année même où vont avoir lieu les présidentielles américaines, mettant en sérieuse difficulté le président en exercice. La seule réponse qui nous apparaît objective est que l’histoire de l’humanité a ses raisons que les hommes ne connaissent pas. Comme nous l’avons dit plus haut, si les hommes connaissaient leur destin, l’histoire humaine n’aurait tout simplement pas existé parce qu’elle perdrait son sens. L’histoire de l’humanité ne se fait que grâce à ce principe supérieur qui régit l’humanité et qui est l’« Inconnaissance » de leur destinée.

Aussi interrogeons-nous sur la théorie des cygnes noirs, tient-elle la route ? Et si elle se confirme en novembre 2020, ne serait-il pas intéressant pour la pensée humaine de l’étendre aux autres régimes quelle que soit leur obédience politique. Puisqu’il n’y a que deux acteurs, le peuple et le système politique, et entre les deux les forces historiques. L’humanité évolue, progresse, ce qui signifie que peuples et régimes politiques sont confrontés en permanence aux forces de l’histoire. Par elles, les crises, i.e. les cygnes noirs qui tranchent et font progresser les peuples, l’humanité.

La portée des cygnes noirs peut s’appliquer à d’autres versants humains. Par exemple, la Russie tsariste n’a pu devenir une Union soviétique que parce que des cygnes noirs sont venus la libérer du régime tsariste absolutiste. De même l’Union soviétique, pourtant deuxième puissance mondiale, n’a pu devenir une fédération de Russie que parce que de nouveau des cygnes noirs sont venus l’éclater, la débarrasser des républiques qui n’étaient intégrés en fait à l’URSS que provisoirement. Par conséquent, ce n’est pas l’Union soviétique qui a voulu éclater mais les forces historiques qui l’ont éclatée. L’Union des républiques soviétiques telle qu’elle a été constituée n’était viable que durant un temps déterminé.

De même, l’Union européenne n’est pas devenue l’Union européenne par elle-même. La mutation de l’Europe a demandé un travail de l’histoire de plusieurs siècles. De cygnes noirs en cygnes noirs, l’Europe s’est transformée et est devenue ce qu’elle est aujourd’hui, une Union de 27 nations. Qu’en sera-t-il des autres régions du monde ? De l’Asie, de l’Afrique, du monde arabe ?

C’est cela qui doit être compris dans les cygnes noirs et la mutation des peuples et des nations. La théorie des Cygnes noirs peut être d’une grande utilité dans la compréhension de l’histoire de l’humanité et de son devenir.

 

Medjdoub Hamed
Auteur et Chercheur indépendant en Economie mondiale,
Relations internationales et Prospective

 

Note  :
 

1. «  Libre-échange : Trump signe l’acte de retrait des Etats-Unis du Partenariat transpacifique  », par le journal Le Monde. Du 23 janvier 2017
https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/01/23/libre-echange-trump-signe-l-acte-de-retrait-des-etats-unis-du-partenariat-transpacifique_5067840_3222.html

2. « Pourquoi Trump pourrait être réélu en 2020  », par Le Droit. 15 avril 2019

https://www.ledroit.com/chroniques/pourquoi-trump-pourrait-etre-reelu-en-2020-e2b0f929314ed677a84bba52cc56f90a


Moyenne des avis sur cet article :  1.86/5   (14 votes)




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11 réactions à cet article    


  • samy Levrai samy Levrai 13 août 13:19

    Assez service servile à l’Empire qui s’effondre, non ?


    • Samson Samson 13 août 14:11

      Quand l’orchestre du Titanic prépare la partition du « Plus près de toi, mon Dieu » final, se passionner encore à spéculer sur le choix « démocratique » de son capitaine paraît des plus vain !


      • binary 13 août 14:31

        La marche de l’humanité procède donc selon une Intelligence qui transcende les hommes. Et, par le principe de causalité qui en découle, tout effet qui suit la cause est nécessaire et toute cause qui l’a générée est aussi nécessaire.

        Vous pouvez détailler ce que vous appelez « principe de causalité » ?


        • Ausir 13 août 14:58

          Le plus probable :Trump réélu , tous les voyants sont au vert , 

          g floyd va disparaitre comme il est venu , il faut être naif comme un perdreau de l’année pour ne pas voir que l’histoire est orchestrée par les mondialistes comme soros , et que la population elle, s’en fout .

          Trump a été providentiel contre le mondialisme , biden est manipulé par les forces de l’ombre .Ce n’est pas que Trump soit un saint mais il est nécessaire pour lutter contre les forces obscures .


          • Emohtaryp Emohtaryp 13 août 15:13

            Cygne noir :

            Un certain événement imprévisible qui a une faible probabilité de se dérouler

            -

            Beaucoup de « cygnes noirs » sont en fait des cygnes blancs qui a ont été repeints en noir ! il existe même les « grands spécialistes habituels » pour ce genre d’opération délicate....vous n’y voyez que du feu ! smiley

            Enfin, surtout pour ceux qui ne veulent pas voir de plus près.... smiley


            • Heureusement que notre destinée n’est pas entre les mains de l’homme. Sa connaissance de ce qui est préférable pour les humains ne sera jamais égale à celle des Dieu. Et quoi qu’il arrive ce sera un progrès. Bien sûr pas pour la moitié des habitants de la planète.


              • Selon le principe que le bonheur des uns fait le malheur des autres et qu’il faut toujours une perdant pour qu’il y un gagnant.


                • Jeekes Jeekes 13 août 16:08

                  Mouais.

                   

                  Enfin, trompe ou pas trompe, une seule chose est sûre, le prochain président ricain sera une pourriture de la même espèce que tous ses prédécesseurs !

                   


                  • Le cygne noir est une vision manichéenne de l’histoire. Certains ont bien vécu 2008 y voyant enfin l’échec du capitalisme. L’écologie pour certains peut être un progrès et pour d’autres un désastre.


                    • robert 13 août 16:32

                      Puissant, le prochain président sera trump ou biden... et si le cacochine biden décède en octobre ?


                      • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 17 août 07:54

                        Dommage que le résumé utilise la rétorque démocrate.

                        Le « russiagate est une fable ». C’est totalement inventé par l’équipe Clinton.

                        Aujourd’hui c’est c’est le "OBama gate.

                        Quand a expliquer que la croissance Economique de Trump a été engendrée par OBama, la encore c’est une farce.

                        C’est Trump qui a débureaucratisé, réduit les impôts sur les sociétés et libéré des contraintes écolo-hystériques sur le schiste.

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