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Accueil du site > Tribune Libre > La Valeur Travail est ce que l’on Mange !

La Valeur Travail est ce que l’on Mange !

Je vais te raconter une histoire. Un homme a hérité d'un terrain il y a une grosse pierre qu'il soupçonne de cacher ce qu'il convoite. Il tente de la soulever sans succès. 
Il ne peut lever que 80 kg et la pierre semble en faire 100. Il n'a pas d'amis à qui demander une aide bienveillante, il décide de louer l'aide d'un tiers, chose faite. 
Il lui dit qu'il loue son aide, sa force de travail de 20 kg. Sur quelle base quelle mesure ils vont prendre pour estimer le travail d'aide. S'entendre tout de suite ou attendre de voir le résultat sous la pierre.

Immédiate ils connaissaient le travail à accomplir 20kg en supplément, mais pas le temps, ni l'énergie humaine nécessaire. 
L'on va donc suggérer. À bon, la suggestion est une valeur travail ?
Y a-t-il égalité entre un kilo de plumes et de plomb ?

 De quoi à besoin celui qui aide, d'une voiture. 
 Si l'héritier accepte cela fait une voiture contre la levée de 20 kg. Est-ce égal ? 
 Certainement s'ils sont d'accord et que l'héritier espère que sous sa pierre il en retirera plus de la valeur d'une voiture. C'est à dire qu'il aura un gain grâce au travail fournit par son aide supérieur à la voiture. 
 Mais rien n'est moins sûr, c'est un parie, un risque à prendre.
Mais l'héritier n'a pas de voiture à donner dans l'immédiat. il suggère à l'aide de reconnaître par écrit qu'il lui doit une voiture. Ils tombent d'accord chacun signe le papier. il viennent entre eux de créer de la monnaie d'échange.
L'aide voulait une voiture et il n'a qu'un bout de papier de la valeur d'une voiture, mais ni l'un ni l'autre n'a de voiture. 
Il faudra que l'héritier trouve un marchand de voiture pour l'échanger contre ce qu'il y a sous la pierre.
Mais un accord et un accord.
Tous deux se mettent à lever la pierre.
Deux possibilités, la pierre est soulevée en 2 minutes.
2 minutes pour une voiture c'est une affaire.
S'ils y passent l'année c'est moins évident d'autant qu'il n'y a pas de voiture et qu'avec son papier il ne peut pas rouler dessus.
Finalement en 1 h la pierre et levée, surprise il y a rien dessous. L'un et l'autre donc déçus, particulièrement l'héritier qui a dû s'engager à donner une voiture pour 1h d'effort. 
L'on connait donc maintenant la valeur de l'heure, une voiture.

Mais pas toujours l'énergie dépensée par l'un et l'autre, c'est à dire la réalité du travail accompli (sans aller plus loin ), la quantité de nourriture dont tous deux auront besoin pour compenser l'effort qu'ils ont fait, seule cela est la Réalité avec le temps passé.
Un calcul rapide.
La levée de la pierre coûte 2h pour 100kg l'héritier et l'aide, mais 80 calories pour l'héritier et 20 calories pour l'aidant total 100 calories.
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Toutes ces données sont imaginatives.
Le temps c'est la durée entre deux événements.
Le kg est celui d'un litre d'eau.
La calorie est égale à 4,1855 joule pour élever la température de 1 degré.
La voiture est un choix basé sur le désir de posséder un bien utile. 
Cela aurait pu être des lentilles si l'aidant avait eu ce désir. C'est devenu une référence pour 1 h.
Il serait possible alors de faire un billet qui aurait la valeur de la reconnaissance de dette et de sous unités que garantirait ce que nous voulons pourvu que tous soient d'accord.
Pourvu que cela repose sur la confiance réciproque dans les accords d'échanges sur une valeur référence pour un temps donné. Quitte qu'un tiers par désir soit prêt à acquérir un objet équivalent à 1 h au prix de dix.
Jh
Pour l'héritier c'est un débit, pour l'aidant un crédit.

Mais en ce moment de mon histoire aucun de deux n'a rien pour un travail qui a été accompli. Rien sous la pierre pour avoir une voiture à donner contre une heure de travail pour soulever 20kg qui ont demandé 20 calories soit 81,738 joules.
Pour remplacer ces joules l'aide devra se nourrir.
Les 20 calories seront égales à la nourriture qui les lui auront fourni. C'est cela le réel coût du travail ce que l'on mange.

L'on comprend que c'est le désir de leurs espérances en l'utilité qui a déterminé un accord et non une valeur quelconque. Chacun a conclu sur une espérance une action collective pour un résultat qui ne pouvait pas être atteint individuellement.

La même histoire avec de la monnaie. 

Comment vont-ils fixer le coût de l'aide. De la même manière, en estimant ce qu'il désire suggestivement car ils ne connaissent que le poids de la pierre.
L'héritier a toujours la prise de risque dont il espère que cela couvrira les frais, la Charge que représente l'aide. Face à cette situation l'héritier a intérêt à avoir l'aide gratuitement (la servitude, l'esclavage).
S'il n'y a rien sous la pierre il n'aura perdu que l'effort de son travail dont il ne sait pas combien il va durer. L'aidant et dans une situation aussi incertain, son intérêt est de vouloir le maximum car lui non plus ne sait pas combien de temps ce travail va durer et l'effort qu'il va devoir accomplir. Tout lui est donc permis du centime au gain d'une vie. 
C'est donc au regard du travail à accomplir, avec ces inconnus, qu'ils vont devoir estimer le prix de l'aide.
Ils conviennent de 200 €, la monnaie existe, c'est qu'il existe un système qui garantit sa valeur, ce qui n'était pas le cas avec la voiture. 
Au bout d'une heure la pierre est soulevée et dessous il y a 1000 €. 
L'affaire est faite, l'héritier a gagné 800 €, chacun a bénéficié par le plus grand des hasards de ma plume d'un partage équitable par rapport à l'effort et le temps qu'ils connaissent maintenant.

La même situation avec un choix d'aide.
L'héritier peu fixer un montant qu'il propose aux aidants. S'ils sont égoïstes et individualistes c'est le moins disant qui l'emportera, c'est à dire celui dont la situation et la plus critique.
Dans le cas où les aidants se solidarisent en se regroupant (syndicats) ils peuvent décider d'une estimation de la valeur du travail à faire avec l'héritier et se mettre d'accord sur un montant. Il tombent d'accord pour 20 €. Aucun aidant n'acceptera le travail pour moins (solidarité) et l'héritier choisira son aidant suivant le travail à accomplir, en l'espèce le plus musclé (sélection professionelle).
La pierre levée au bout d'une heure les 1000€ sont là. Bonne affaire pour l'héritier qui sur l'estimation d'un travail à accomplir où n'était connu que le poids il gagne 980€.
C'est le jeu du marché avec ses inconnus et ses estimations, rien de bien scientifique.
Ce cas de figure est-il équitable.
L'héritier est propriétaire et pour espérer faire un gain et satisfaire ses désirs il doit soulever une pierre que seul il ne peut pas. Il ne peut pas réaliser le travail nécessaire pour satisfaire ce qu'il désire.
Il aura donc à sa portée une richesse qu'il ne peut obtenir tout seul, il est donc contraint de se faire aider. Il ne crée pas un emploi pour faire plaisir à l'aidant, mais bien dans son intérêt.
L'aidant qui cherchait un revenu trouve là l'occasion d'en avoir un. Ainsi leur situation est complémentaire et chacun y trouve un intérêt.
Pourtant rien ne dit qu'elle est équitable tant que l'aidant ne recevra pas la valeur de son travail..

Comment y parvenir dans le cas d'espèce le résultat est inconnu. Disons qu'ils tombent d'accord sur 20€.
Une heure suffit à trouver les 1000€.
L'héritier a gagné 980€.
L'engagement est respecté mais ce n'est pas équitable par rapport au resultat du travail.
Pour être équitable il faut que chacun reçoive en rapport à son travail. 
L'aidant devra donc recevoir pour 20kg puisqu'il a été employé pour cela.
Il recevra 200€ moins les 20€ déjà perçu au titre de l'engagement soit 180€.' !

Supposons que sous la pierre il n'y ait que 20€.
Il semblerait équitable que l'aidant restitue 18€ pour que le partage soit équitable, mais le contrat ne serait pas respecté. L'aidant conserve donc ses 20€.
Est-ce équitable ?
L'on peut le considérer comme tel ou non, car il n'y a pas égalité entre l'aidant et l'héritier. L'aidant ne possède rien, l'héritier de ce qu'il a reçu de par l'histoire et on ne peut le lui reprocher.
Seule la conception des rapports économiques sur la vision que l'on a de l'humain au travail portera le choix. À savoir si on le regarde comme un partenaire ou un outil un OBJET comptable.

 


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20 réactions à cet article    


  • Samson Samson 22 mai 17:25

    Une autre solution à mon sens plus équitable serait le partage tant du risque que de l’espoir de gain par un pourcentage convenu du gain pour l’aidant.

    Autre point : si sur 100 calories, le propriétaire dispose de 80 calories et n’a besoin que de l’apport supplémentaire de 20 calories pour accomplir le travail, le travail effectif se partage en 50 calories pour le propriétaire et 50 pour l’aidant. Le propriétaire épargne dans le cas d’espèce 30 calories.

    Bref, j’aime bien l’histoire !

    Cordiales salutations à vous ! smiley


    • ddacoudre ddacoudre 22 mai 20:12

      @Samson

      Bonjour L’homme seul n’existe pas il meurt. Nous sommes donc obligés de vivre ensemble et chacun a une place unique qui fait que son existence en dépend et que c’est d’elle qu’il voit un monde différent des autres, ce qui donne toute la richesse aux rencontres et partages de son monde. Il n’y a pas de place pour l’exploitation sauf si l’on n’a rien compris. Cordialement ddacoudre ovreblog


    • HELIOS HELIOS 23 mai 11:38

      @Samson

      Exellente démons,ration, mais : demandez au petit épicier s’il paye au marchand de lessive le paquet d’Omo au même prix que Leclerc ?


    • Albert123 22 mai 17:26

      la prise de risque, une notion essentielle que vous évacuez

      c’est pourtant la prise de risque qui est ici récompensée ou non. pas l’effort dont la rémunération est déjà préétablie entre les contractants. 

      En plus, vous faussez inutilement votre exemple avec la notion d’héritage qui n’apporte rien :

      je te donne 20 brousoufs pour m’aider et si j’en trouve mille sous la pierre tant mieux pour moi si je ne trouve rien j’en suis de 20 brousoufs de ma poche, c’est pourtant simple à comprendre.


      • Xenozoid Xenozoid 22 mai 17:31

        @Albert123

        utilitarist


      • Xenozoid Xenozoid 22 mai 17:53

        @Xenozoid

        la valeur de l’esclavage est le temps de vie,même payé,surtout payé,la temps de vie n’est pas le même pour tout le monde,et pourtant tout les comptes en banque obligatoire vous les organisent en forme de bon, qui vous permetent de vous sentir bien en prison,hum. desolé,dans votre boîte,a conditions d’avoir des amis,surtout


      • Albert123 22 mai 18:00

        @Xenozoid

        l’esclave n’est pas libre de choisir de travailler 1 heure ou non pour 20 €.

        pour le reste votre formulation est assez peu compréhensible, du coup on voit mal où vous voulez en venir.


      • Xenozoid Xenozoid 22 mai 18:04

        @Albert123

        il n’est pas libre car c’est obligatoire,il est né avec un compte en banque,tout le monde le sait,


      • Xenozoid Xenozoid 22 mai 19:48

        @Xenozoid

        dans la rome on pouvait etre esclaves et avoir des « droits »on pouvait même payer ses dettes en devenant esclave pour un temps


      • ddacoudre ddacoudre 22 mai 20:32

        @Albert123

        Bonjour Absolument pas j’en parle deux fois, tu as pas par ailleurs saisi la notion d’héritage. Ce que j’écris, est une métaphore. L’héritage n’est que l’histoire des hommes qui nous ont précédé et dont on a hérité.l l’égalité de droit ne fait pas l’égalité des hommes ni de leurs histoires. L’aptitude à entreprendre, dépend des aléas de chaque histoire. Ce qui prennent des risques sont ceux qui partent vers l’inconnu. Il y a pratiquement personne qui fait cela. Ceux qui entreprennent ont une place nécessaire. Mais sont ils des découvreurs, c’est autres choses Marie Curie fut un découvreur,et elle est morte d’un risque qu’elle ignorait. Les hommes ne sont pas égaux ni biologiquement, ni geohistoriquement, mais leur histoire est faite pour se compléter. Hydrogène complète Oxygène pour donner de l’eau, ils n’ont pas la même valeur, mais l’un dans l’autre il n’y a pas d’eau. Qui c’est qui prend un risque. Si ce n’est celui qui veut justifier son droit à exploiter l’autre. Il ne le tient pas de sa nature mais de son histoire culturelle. Cordialement ddacoudre ovreblog


      • foufouille foufouille 22 mai 17:49

        exemple mauvais car il suffit d’un levier et 100kg est un poids assez ridicule que n’importe qui en bonne santé peut déplacer.


        • ddacoudre ddacoudre 22 mai 20:37

          @foufouille Bonjour Tu es pas sérieux, ça demande un travail, il vaut mieux qu’il aille à la banque que de s’emmerder à soulever une pierre qui lui demande rien. Cordialement ddacoudre ovreblog


        • Jean De Songy 22 mai 19:52

          « Tant que la production des états du sud de l’Union américaine était dirigée vers la satisfaction des besoins immédiats, le travail des nègres présentait un caractère modéré et patriarcal. »  Marx  smiley

           

          « Beaucoup d’entre nous, dit-il, sont d’avis que tant que nous ferons travailler à mort nos jeunes femmes, en employant l’aiguillon de la faim au lieu du claquement du fouet, nous aurons à peine le droit d’invoquer le fer et le feu contre des familles qui sont nées esclavagistes, et nourrissent du moins bien leurs esclaves et les font travailler modérément. » Times 2 juillet 1863

           

          " Pierre du Nord veut à toute force casser la tête à Paul du Sud, parce que Pierre du Nord loue son travailleur quotidiennement, tandis que Paul du Sud le loue pour la vie." Macmillian’s Magazine. Ilias Americana in nuce (livraison d’août 1863).

           

          (Cit Le Capital)


          • Jean De Songy 22 mai 20:05

            La valeur d’usage est celle de la bêche pour arracher les patates.

            La valeur d’échange est le prix de la bêche à Casto (où échange direct avec le voisin contre des patates, échangiste archaïque aussi)

            La valeur travail est la valeur d’échange de la force de travail, c.a.d le prix de la location du benêt pisseux sur le Marché (fonction du + ou niveau PISA en chute libre du multiethniqué concerné). Elle s’établit par le coût de nourrissage de l’esclave (Iphone et autres branlettes)

             

            « Dans le progrès de la production capitaliste, il se forme une classe de plus en plus nombreuse de travailleurs, qui, grâce à l’éducation, la tradition, l’habitude, subissent les exigences du régime aussi spontanément que le changement des saisons [TINA]. Dès que ce mode de production a acquis un certain développement, son mécanisme brise toute résistance ; la présence constante d’une surpopulation relative [traite négrière de La Baudruche] maintient la loi de l’offre et la demande du travail et, partant, le salaire dans des limites conformes aux besoins du capital, et la sourde pression des rapports économiques achève le despotisme du capitaliste sur le travailleur. Parfois on a bien encore recours à la contrainte, à l’emploi de la force brutale, mais ce n’est que par exception. » Le Capital


            • ddacoudre ddacoudre 22 mai 20:44

              @Jean De Songy

              Bonjour

              C’est beau l’immobilisme. Heureusement que l’univers en se dilatant change de place et nous oblige à faire de même car nous avons un poids qui nous leste dans la tête, tu viens de m’en balancer un. Cordialement ddacoudre ovreblog


            • Jean Keim Jean Keim 23 mai 07:43

              Article intéressant qui se lit comme une parabole.

              Comme Samson, je crois que la solution du partage serait une bonne mesure, mais sans l’attente du gain, simplement parce que l’aidant estime qu’apporter son aide serait une bonne chose, un peu comme on aide une personne qui est tombée à se relever, simplement parce que c’est naturel, simplement parce que c’est humain.


              • zygzornifle zygzornifle 23 mai 08:57

                Quand les pauvres font les poubelles et vu le nombre de repas distribués par les assoces on se rend compte que le travail est rare et très mal rétribué et de ce fait beaucoup de retraités sont miséreux, heureusement que l’on a un président a la bouche carnassière et a l’œil de vélociraptor ....


                • Spartacus Spartacus 23 mai 09:04

                  Découvrir l’importance du contrat.... On verse une larme ?


                  • Le421 Le421 23 mai 09:06

                    Si l’aidant est mis au courant du but recherché, il peut éventuellement négocier un pourcentage du gain envisagé, prendre à son tour le risque de ne rien gagner ou peut-être une belle somme. C’est un peu le rôle des actionnaires dans une entreprise. Ils doivent, normalement, aider financièrement une personne qui tente de gagner quelque chose et ensuite, partager les gains selon un barème.

                    Bon, je m’éloigne un peu de la métaphore, d’accord...


                    • eddofr eddofr 23 mai 10:17

                      Le prolétaire (pardon, toi tu appelles ça un « aidant ») devrait crever la panse de se salopard de nantis (l’héritier) et appeler deux ou trois camarades pour soulever cette putain de pierre et la balancer sur la tronche du premier banquier qui passe ... Qui sait, il y a peut-être de quoi nourrir tout le village pendant un an sous cette caillasse de merde ...

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