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La vérité n’est qu’un « élément de langage » du Kremlin

Par Caitlin Johnstone − Le 17 octobre 2019 − Source medium.com

En réponse à une déclaration faite lors des débats primaires démocrates par le candidat à la présidence, Andrew Yang, disant que la Russie et les États-Unis se sont livrés à une ingérence électorale, l’experte libérale Molly McKew a tweeté :« Je retire maintenant toutes les choses vaguement gentilles que j’aie jamais pu dire à propos des connaissances de Yang en matière de technologie, parce qu’il a répondu à la question sur Poutine par une équivalence morale et un élément de langage du Kremlin. »

Si vous êtes d’humeur badine pour quelque chose de déprimant, tapez simplement les mots « Kremlin talking point », sans guillemets, dans le moteur de recherche de Twitter et faites défiler tous les résultats. Continuez simplement à faire défiler et observez comment cette étiquette, « Kremlin talk point », est ânonnée par la masse des loyalistes à l’empire traditionnel pour écarter des sujets allant de la tricherie aux primaires démocrates, jusqu’aux critiques des guerres américaines de changement de régime, en passant par les appels incessants à la guerre, et les inquiétudes sur la nouvelle escalade de la guerre froide, la détestation de John McCain ou à la critique de Nancy Pelosi. Toute critique du statu quo qui ne peut être qualifiée de fausse ou mensongère devient un « élément de langage » de la Russie, de Poutine ou du Kremlin pour ceux qui soutiennent et défendent le statu quo de l’hégémonie mondiale impérialiste centralisée.

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La déclaration de Yang à propos de l’intervention américaine dans les élections à l’étranger est incontestablement vraie, bien sûr. Les médias alternatifs et traditionnels ont largement documenté le fait que, selon les propres données du gouvernement américain, celui-ci s’est ingéré dans des dizaines d’élections à l’étranger, bien plus que n’importe quel autre pays du monde. Cela inclut une ingérence tellement effrontée dans les élections russes au cours des années 90 qu’ils ont tourné un film hollywoodien à ce sujet. L’ancien directeur de la CIA, James Woolsey, a ouvertement admis sur Fox News l’année dernière que les États-Unis s’ingéraient encore aujourd’hui dans les élections à l’étranger.

Ce ne sont pas des théories du complot. Ce ne sont même pas des secrets. Ce sont des faits. Mais parce que ce sont des faits qui dérangent, ils sont qualifiés d’« éléments de langage du Kremlin » par ceux qui ont pour tâche de défendre le statu quo.

Tulsi Gabbard, membre du Congrès, représentante de Hawaï, a également été accusée d’avoir formulé des « éléments de langage du Kremlin » dans les remarques qu’elle a faites lors du débat de la nuit dernière. Dans son cas, ces « éléments de langage » étaient constitués du fait incontestable que le bain de sang en Syrie pouvait être imputé aux politiciens américains des deux partis et du fait aussi incontestable que les États-Unis avaient armé des milices extrémistes dans ce pays dans le but de changer de régime.

« C’est un éléments de langage du Kremlin, et alors quoi ? », a tweeté Leah McElrath, spécialiste de #Résistance, en réponse aux commentaires du débat de Gabbard.

« C’est un fait que depuis des années, les Russes évoquent le fait que les États-Unis arment Al-Qaïda en Syrie. Tulsi Gabbard vient de le dire à la télévision nationale », a tweeté le journaliste Scott Stedman.

« Comme c’est étrange d’entendre Tulsi Gabbard parler des sujets syriens et russes sur la scène du débat démocrate … désolée mais personne ne pense que les troupes américaines retirées par Trump étaient là dans le cadre d’une ‘guerre de changement de régime’ menée par les États-Unis », a déclaré Susan Glasser de CNN et The New Yorker.

Ainsi, les responsables des narratifs de l’establishment ont maintenant une réponse officielle en trois mots face à toute critique contre les maîtres qui les font vivre, ce qui s’applique même lorsque cette critique est pleinement fondée sur des faits et sur la réalité. Les faits sont un élément de langage du Kremlin, et quiconque les croit est russe. Les faits sont russes. La vérité est russe. Le scepticisme est russe. Poser des questions, c’est russe. La dissidence est russe. La révolution est russe.

Alors, passons tous au russe, mes amis. Remplissons nos crânes avec les arguments objectivement vrais du Kremlin, et dansons avec les cosaques sur le chemin qui nous conduira à une relation factuelle avec la réalité. Goinfrez autant de russe que possible. Devenez agressivement russe. Devenez russe à en avoir mal. Devenez russe au point de défriser Louise Mensch – une journaliste farouchement russophobe. S’ils commencent à nous dire que la vérité est russe, alors la seule chose à répondre est dasvidaniya : À la prochaine…

Caitlin Johnstone

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone


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9 réactions à cet article    


  • JPCiron JPCiron 30 octobre 16:00

    Que l’on aime la Russie ou bien non, il n’en demeure pas moins qu’elle est un allié FIABLE.

    .


    • eddofr eddofr 30 octobre 16:52

      @JPCiron

      La Russie est un allié fiable pour un dictateur qui cherche à maintenir son pouvoir, pour un état qui cherche à préserver son indépendance, pour un peuple qui cherche à préserver sa liberté ou son indépendance.

      Mais la Russie n’est certainement pas un allié fiable pour les grands financiers, les banques et les actionnaires en général.

      Une Nation qui considère que le « Business » doit être au service de l’Etat et non le contraire ne peut pas être un allié fiable, même pas un allié tout court, juste un outil temporaire et par opportunité. Et même comme ça, il n’est pas très fiable ...


    • Kapimo Kapimo 31 octobre 20:50

      @eddofr
      Une Nation qui considère que le « Business » doit être au service de l’Etat et non le contraire ne peut pas être un allié fiable, même pas un allié tout court,

      Disons que les années Eltsine ont montré aux Russes ce que le « Business » était capable de faire à l’état : le piller sans limites.
      Le « Business » tel que pratiqué en Occident ’libre", c’est la corruption et l’avidité mises sur un piédestal.


    • Pere Plexe Pere Plexe 2 novembre 11:20

      @JPCiron
      Là n’est pas la question.
      Elle est de la vérité, de l’éthique de médias et de leurs gourous faiseur d’opinion.
      Informé correctement, chacun pourrait ensuite ce faire un avis sur la loyauté, la moralité et les actions des pays et de leurs dirigeants.
      Pour le sujet de l’interventionnisme dans des élections de pays tiers les USA ont de loin la palme. Depuis des décennies.
      Comme le rappel l’auteur ce n’est pas un avis mais des faits connus de tous , vérifiés, admis voir reconnus.



      • kimonovert 30 octobre 21:18

        C’est une poupée russe qui fait non...non...non...non... Toute la journée elle fait non...non..non...non... Michka Trollgarev !


        • xana 31 octobre 14:32

          @kimonovert
          Ben non, l’auteur(e) c’est Caitlin Johnstone...


        • Pere Plexe Pere Plexe 2 novembre 11:06

          @kimonovert
          ...et sinon ?
          Rien sur les faits ? 


        • Pere Plexe Pere Plexe 2 novembre 11:04

          Donc l’expression Kremlin talking point est, par le fait, un élément de langage massivement utilisé par les chiens de gardes de l’empire ?

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