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Accueil du site > Tribune Libre > La vie en Russie vers 1927/1930

La vie en Russie vers 1927/1930

Nous avons vu qu’en 1921, après la révolution et la guerre civile, la Russie était dans une situation de grande misère avec des régions touchées par la famine. La situation politique était également désastreuse. La révolution prolétarienne était finalement victorieuse mais dans un pays où les prolétaires étaient minoritaires. La grande masse de la population était la paysannerie. Les bolchéviques n’ont pu l’emporter que parce qu’ils ont su s’allier avec la paysannerie. Cependant, celle-ci a été durement touchée par la guerre civile. La conscription qui a envoyé les jeunes paysans sur le front et les réquisitions pour alimenter l’armée et les villes ont soulevé des révoltes qui ont culminé avec celle de Cronstadt. (Voir : « Le capitalisme en Russie après la révolution de 1917 »)..

Nous avons vu aussi qu’en mai 1927, une opposition à Staline se manifeste pour la dernière fois au sein du parti (voir : « Le combat de l’opposition de gauche en Russie  »). Trotsky rédige une déclaration qui est envoyée au Comité Central du PCUS. Ce texte est signé par 83 militants presque tous anciens bolchéviques d’octobre 1917 dont Zinoviev, Préobrajensky, Radek, Smirnov, Smilga. Il a été ensuite contresigné par 3 000 autres militants. C’est donc plus qu’un simple texte de Trotsky. C’est en fait le manifeste sur lequel s’est rassemblée l’opposition. Ce texte dénonçait essentiellement les fautes commises par Staline en politique extérieure lesquelles avaient contribué à la défaite de la deuxième révolution chinoise (Voir « L’échec de la deuxième révolution chinoise  ») et à l’échec la grève générale en Angleterre le 4 mai 1926 (Voir « La grève générale de 1926 en Angleterre  »). Mais, dans ce texte, Trotsky critiquait aussi la politique intérieure de Staline. Je vais donc revenir sur ce qu’il disait.

Je vais en effet essayer de montrer ce qu’était la vie des russes vers 1927/1930. C’est le moment où Staline met brutalement un point final à la politique de la NEP mise en place en 1921 par les bolchéviques à l’initiative de Lénine. Le 1er octobre 1928 est officiellement adopté le premier plan quinquennal. L’objectif affiché est de combler en quelques années le retard accumulé en matière d’industrialisation par rapport aux puissances occidentales. Or, l’opposition à Staline qui se manifeste en mai 1927 demande un infléchissement de la politique de la NEP pour réduire les inégalités sociales. Elle ne demande pas une rupture brutale avec cette politique. Mais, à ce moment, Staline refuse de voir que les inégalités sociales se creusent. En fait, il s’appuie sur les privilégiés pour isoler les anciens bolchéviques. Il minimise l’importance des paysans riches : les koulaks. Ceux-ci sont surreprésentés dans les organes du parti où se prennent les décisions.

Mais, soudainement, Staline change d’avis. Trotsky écrit dans « La révolution trahie  » (p. 19) :

« La population apprit avec stupeur, le 15 février 1928, par un éditorial de la Pravda, que les campagnes n’avaient nullement l'aspect sous lequel les autorités les avaient dépeintes jusqu'à ce moment, mais ressemblaient fort au tableau qu’en avait tracé l'opposition exclue par le congrès. La presse qui, la veille, niait littéralement l'existence du koulak, le découvrait aujourd’hui, sur un signal d'en haut, non seulement dans les villages mais encore dans le parti. ».

Deux ans plus tard, Staline lance une politique de collectivisation à outrance

 « En novembre 1929, Staline, rompant avec ses propres hésitations, annonce la fin de l'agriculture parcellaire : Par villages entiers, par cantons, par arrondissements même, les paysans entrent dans les kolkhozes. »

Revenons donc à la déclaration de 1927, pour voir ce qu’était la situation après six années d’application de la Nouvelle Politique Economique.

« L'économie de l'Union soviétique en général a terminé sa période de reconstitution. Pendant cette période, on a enregistré dans la construction économique des victoires sérieuses. L'industrie, l'économie rurale et d'autres branches de l'économie sont prêtes à atteindre le niveau d'avant-guerre et même le dépassent (dans le domaine de la coopération on enregistre des succès analogues). Ces victoires sont les meilleures preuves de la justesse de la formule de la Nouvelle Politique Economique, proclamée par Lénine et la meilleure réponse aux ennemis de la Révolution d'Octobre.

Le pays de la dictature prolétarienne s'est révélé tout à fait capable de travailler à la construction socialiste, il a démontré les premiers succès dans ce domaine, préparant ainsi avec le prolétariat d'autres pays la victoire définitive du socialisme dans le monde entier. »

Dans « La révolution trahie », Trotsky sera plus précis à ce sujet. Il explique que la NEP a permis en cinq ans de revenir au niveau de la production industrielle d’avant-guerre c’est-à-dire qu’elle a permis à la Russie de se sortir de la misère dans laquelle elle s’était enfoncée à la suite de la guerre impérialiste puis de la guerre civile (de 1914 à 1921).

« La production industrielle de 1921, l'année qui suivit la fin de la guerre civile, s'éleva, dans le meilleur des cas, au cinquième de celle d'avant-guerre. (p. 13) »

« Dès 1923, grâce à la première impulsion venue des campagnes, l'industrie se ranima et ce fut pour faire preuve aussitôt d'une intense activité. Il suffit d'indiquer que la production double en 1922 et 1923 et atteint en 1926 son niveau d'avant-guerre, ce qui signifie qu'elle a quintuplé depuis 1921. (p. 14) »

Il explique aussi que l’introduction d’une part d’économie libérale dans l’agriculture décidée par la NEP s’est depuis amplifiée.

« L'emploi de la main-d'œuvre salariée dans l'agriculture et la location des terres furent légalisés en 1925. (p 15) »

Cela a contribué à faire apparaître de plus en plus d’inégalités sociales dans les campagnes.

 
 

Dans sa déclaration de mai 1927, Trotsky remarque aussi que les progrès réalisés depuis 1921 se heurtent maintenant à la politique stalinienne du socialisme dans un seul pays. Rappelons que pour les marxistes (i.e. les trotskystes) une révolution socialiste dans un pays doit nécessairement s’étendre géographiquement à d’autres pays mais aussi à l’intérieur du pays en amenant plus de justice sociale, plus de libertés, plus de démocratie. Si cela ne se produit pas la révolution aboutira d’une façon ou d’une autre à un échec. Or, Trotsky remarque que bien des difficultés font craindre que la révolution ne s’étende pas plus à l’intérieur qu’à l’extérieur où il a constaté que la politique de Staline a mené à des défaites en Chine et en Angleterre.

« Dans le bilan de l'époque de reconstruction, on constate, en même temps que des acquisitions sérieuses, de grosses difficultés. Ces difficultés proviennent de l'insuffisance du développement des forces productives et de notre retard économique. Elles sont renforcées du fait qu'on les cache aux larges masses du parti. Au lieu d'une analyse marxiste de la situation réelle de la dictature prolétarienne en URSS, on apporte au parti une fausse théorie petite-bourgeoisie, « théorie du socialisme dans un seul pays », qui n'a absolument rien de commun avec le marxisme et le léninisme.

Ce grossier recul du marxisme fait que le parti a plus de difficultés à voir le contenu de classe des processus économiques qui se produisent actuellement.

Les phénomènes négatifs de l'époque de la révolution que nous visons sont concrétisés par la situation très pénible des larges masses de la population et par des regroupements de classes hostiles au prolétariat. »

Trotsky constate que les inégalités sociales se creusent. Les privilégiés sont les koulaks (riches exploitants agricoles) ; les nepmans (hommes d’affaires) et les bureaucrates (cadres administratifs).

« Les questions des salaires et du chômage prennent un caractère plus aigu.

Une fausse politique accélère la croissance des forces hostiles à la dictature prolétarienne : les koulaks, nepmans, bureaucrates. Ceci mène à l'impossibilité d'utiliser dans la mesure voulue et dans la mesure due les ressources matérielles qu'il y a dans le pays pour l'industrie et pour l'économie d'État. Le retard de la grosse industrie sur les demandes qui lui proviennent de la part de l'économie nationale (disette de marchandises, hauts prix, chômage) et de tout le système soviétique en entier (la défense du pays) amène le renforcement des éléments capitalistes dans l'économie de l'Union soviétique, surtout à la campagne. »

La NEP a dans un premier temps permis d’augmenter les salaires mais ce n’est plus le cas en 1927. L’ouvrier ne peut augmenter ses revenus qu’en travaillant davantage, avec plus de rendement…

La croissance des salaires s'est arrêtée, il y a même des tendances à les baisser, pour certains groupes d'ouvriers. A la place du système qui existait avant et qui consistait à augmenter les salaires suivant la croissance de la production, actuellement, on applique comme règle générale que les salaires ne peuvent augmenter qu'à condition de l'augmentation du rendement de l'ouvrier (intensification du travail : voir § 2 de la décision du Congrès des Soviets sur le rapport du camarade Kouibichev). En conclusion, l'ouvrier en URSS ne peut, à l'heure actuelle, améliorer son bien-être, non suivant le développement de l'économie du pays et de la technique comme autrefois, mais il ne peut le faire qu'à la condition de se dépenser davantage et de fournir un plus grand effort physique. C'est pour la première fois qu'on pose ainsi le problème, au moment où l'intensification du travail en général, à l'heure actuelle, a atteint le niveau d'avant-guerre et par endroits l'a dépassé, une telle politique atteint les intérêts de la classe ouvrière ».

Le chômage s’accroit et les logements sont plus onéreux.

Le chômage grandit, non seulement alimenté par les éléments paysans qui quittent la campagne, mais il englobe aussi les cadres du prolétariat industriel, L'augmentation de l'armée des sans-travail empire en général la situation économique de la classe ouvrière.

Les conditions locatives des ouvriers, dans divers endroits, empirent dans le sens du surpeuplement et de la restriction des droits locatifs.

Les dangers grandissants provenant de cet état de choses sont clairs, car les rapports entre le parti et la classe ouvrière sont les éléments décisifs pour l'avenir de notre État ouvrier,

La baisse des prix sur les marchandises manufacturées n'a été acquise que dans une petite proportion. Malgré le vote de l'opposition au plenum en février de cette année pour la résolution qui se prononçait pour la baisse des prix, toute l'agitation officielle est employée à accuser l'opposition de ne pas vouloir la baisse des prix. Une telle agitation induit en erreur le parti et éloigne son attention des problèmes essentiels de notre politique économique. Tandis que le mécontentement et l'impatience à la ville et à la campagne grandissent, le problème de la baisse des prix par ces moyens n'avance pas du tout. »

La grande masse des paysans pauvres n’est plus représentée dans les instances politiques.

« La différenciation de la paysannerie va de plus en plus vite. Du mot d'ordre : « Enrichissez-vous », de l'invitation aux koulaks à « s'intégrer dans le socialisme », le groupe dirigeant du CC (Comité Central) en est arrivé à passer sous silence le processus de différenciation à la campagne, à sous-estimer ce facteur d'une part, et d'autre part, dans la pratique, sa politique a consisté à s'appuyer sur le paysan économiquement fort. Au 10ème anniversaire de la Révolution d'Octobre, la situation est la suivante : plus de 3 millions d'ouvriers agricoles jouent un rôle infime dans les soviets, la coopération et les cellules communistes ; l'attention et l'aide apportées aux paysans pauvres sont encore insuffisantes. La résolution du dernier Congrès des Soviets sur l'économie agricole ne dit mot de la différenciation à la campagne. C'est-à-dire qu'elle se tait sur la question essentielle du développement économique, et politique de la campagne. Tout ceci affaiblit notre soutien à la campagne et entrave l'union de la classe ouvrière et de la paysannerie pauvre avec le paysan moyen. Cette union peut se développer et se renforcer uniquement dans la lutte systématique contre les aspirations exploiteuses des koulaks. On sous-estime chez nous la croissance et le rôle joué par le koulak. Une telle politique a ses dangers qui s'accumulent et qui peuvent subitement exploser. Cependant, l'appareil officiel du parti et des soviets frappe à gauche, et ouvre ainsi largement les portes au véritable danger de classe qui vient de droite.

La proposition d'exonérer de l'impôt agricole 50 % des économies rurales, c'est-à-dire les paysans pauvres et peu aisés, est condamnée avec acharnement bien que la situation politique et économique de la campagne la confirme complètement. Quelques dizaines de millions de roubles sur un budget de 5 milliards sont d'une importance tout à fait minime, alors que prendre cette somme sur les économies rurales peu aisées, c'est accélérer la différenciation à la campagne et affaiblir les positions de la dictature du prolétariat à la campagne. »

J’arrête ici la citation de ce texte que vous pouvez consulter en entier. Nous voyons que l’opposition faisait en 1927 des propositions pour infléchir la politique de la NEP. Il ne s’agissait pas de la remettre entièrement en question puisqu’elle avait assurément permis d’énormes progrès mais il fallait maintenant combattre les inégalités sociales qui apparaissaient et, par la même, combattre les forces réactionnaires. « La proposition d'exonérer de l'impôt agricole 50 % des économies rurales » allait dans ce sens.

Cette vision lucide de la réalité du bilan de ces six années de NEP tranche avec la propagande stalinienne qui vise à faire croire que le socialisme s’édifie rapidement en Russie. La propagande occidentale est loin de rétablir la vérité car, en voulant donner une image repoussante du « socialisme », elle montre qu’en abolissant l’économie libérale toutes les libertés individuelles étaient aussi abolies. Ces deux propagandes s’accordent pour dire que le capitalisme disparait en Russie. En fait, comme nous l’avons déjà montré, vingt ans après la révolution d’octobre le capitalisme n’a pas été aboli.

Pour compléter l’analyse de Trotsky voici maintenant un extrait du « Livre rouge » écrit par son fils et collaborateur : Leon Sédov. Ce livre est écrit en 1937 mais les questions qu’il évoque, dans ce texte, sont très proches de celles qui existaient en 1930. Ce « Livre Rouge » visait, pour l’essentiel, à dénoncer les manipulations du premier procès de Moscou (août 1936) mais nous n’aborderons pas cette question ici. Il dresse un tableau de la situation en Russie bien différent de celui de la propagande stalinienne :

« Le socialisme est édifié, les classes sont abolies, proclame la doctrine officielle du stalinisme. « Le socialisme est édifié », et jamais encore l'Union soviétique n'a connu une telle inégalité, actuellement, presque vingt ans après la révolution d'Octobre : des salaires de 100 roubles et des salaires de 8 à 10 000 roubles. Les uns vivent dans de misérables baraques, ils ont des souliers éculés ; d'autres ont des automobiles somptueuses et vivent dans des appartements magnifiques. Les uns luttent pour se nourrir, eux et leur famille ; d'autres ont leur voiture, des domestiques, une maison de campagne dans la banlieue de Moscou, une villa au Caucase, etc. « Les classes sont abolies », mais quoi de commun entre la vie d'un directeur de trust et celle d'un manœuvre ? Celle d'un maréchal et celle d'un kolkhozien ? Certes, même actuellement, une certaine inégalité serait encore inévitable, mais, et c'est là toute la question, cette inégalité s'accentue d'année en année, prenant les proportions les plus monstrueuses, et l'on fait passer cela... pour le socialisme.

Dans les domaines les plus divers, l'héritage de la révolution d'Octobre est en train d'être liquidé. L'internationalisme révolutionnaire fait place au culte de la patrie dans le sens le plus étroit. Et patrie signifie avant tout autorités. On réintroduit les grades, les décorations, les titres. On rétablit la caste des officiers avec les maréchaux en tête. Les vieux ouvriers communistes sont rejetés à l'arrière-plan ; la classe ouvrière est scindée en couches différentes ; la bureaucratie mise sur le « bolchévique sans-parti », sur le stakhanoviste, c'est-à-dire sur l'aristocratie ouvrière, sur le contremaître et, avant tout, sur le spécialiste et l'administrateur. On rétablit l'ancienne famille petite-bourgeoise, qu'on idéalise de la façon la plus conventionnelle ; malgré les protestations générales, on interdit l'avortement, ce qui, dans les conditions matérielles difficiles, dans l'état primitif de la culture et de l'hygiène, signifie l'esclavage de la femme, le retour aux temps d'avant la révolution. On a abrogé le décret de la révolution d'Octobre sur l'école nouvelle. L'école est réformée sur le modèle de la Russie tsariste : on réintroduit l'uniforme pour les élèves, non seulement pour enchaîner leur indépendance, mais aussi pour faciliter la surveillance hors de l'école. Pour apprécier un élève, on se base sur ses notes de conduite, on s'oriente vers l'élève soumis et docile, et non pas vers l'écolier vivant et indépendant. La vertu fondamentale de la jeunesse, c'est aujourd'hui le « respect des aînés », à côté du « respect de l'uniforme ». On a créé toutes sortes d'inspecteurs pour surveiller la conduite et les mœurs de la jeunesse. On a dissous l'Association des vieux bolchéviques et celle des anciens forçats politiques. Ils rappelaient trop le « maudit » passé révolutionnaire.

Dans le domaine de l'économie, c'est une marche à vive allure vers la droite, on rétablit le marché, le système de l'équilibre financier des entreprises, le travail aux pièces. Après l'abolition administrative des classes, la direction staliniste en est venue à miser sur les gens aisés ; c'est sous ce signe que s'effectue la différenciation entre les kolkhozes et à l'intérieur des kolkhozes.

« Le socialisme est édifié » ... Mais il y a dans le pays un nombre immense de prostituées, et la prostitution croît. Or, la prostituée est le plus souvent une ouvrière ou une employée mal payée, ou encore une ancienne kolkhozienne chassée de son village par la faim. La plaie des enfants abandonnés est loin d'être fermée.

« Le socialisme est édifié », c'est dire que l'État doit dépérir et qu'en tout cas le rôle de la contrainte doit diminuer de plus en plus. C'est le contraire qui se passe. Jamais encore la répression n'a eu un caractère aussi général et aussi rigoureux, et cette répression, dirigée dans le passé contre les ennemis de classe du prolétariat, est dirigée maintenant contre le prolétariat lui-même, car c'est contre lui que la nouvelle couche sociale dominante, la bureaucratie, défend ses privilèges matériels. Par tous les moyens, la bureaucratie s'approprie une part énorme du revenu national. Elle a quelque chose à défendre ! La bureaucratie soviétique, qui s'engraisse et prospère, défend avec rage ses privilèges, sa vie « aisée et heureuse », contre les masses privées de droits.

Mais en même temps, la situation matérielle des masses s'améliore, quoique à une extrême lenteur, bien moins rapidement que croît l'inégalité. »

Retenons trois traits essentiels qui ressortent de cette description :

  1. Les revenus de la population ont globalement augmenté. Les russes vivent mieux que dans les années qui ont suivi la révolution.
  2.  Ce sont surtout les koulaks, nepmans et bureaucrates qui profitent du progrès. Les inégalités sociales augmentent.
  3. De nouvelles mesures vont à l’encontre des décisions prises après la révolution. Par exemple : l’interruption de grossesse est à nouveau interdite.

Au lieu d’infléchir la politique de la NEP pour résorber les inégalités sociales en combattant par la même occasion les forces hostiles à l’édification du socialisme, Staline va mettre en place une politique radicalement différente. Après avoir minimiser l’importance des koulaks, il va subitement découvrir leur existence et se lancer dans une politique qui, sous prétexte de dékoulakisation, va s’attaquer à une grande masse de paysans. La politique d’industrialisation va s’y ajouter pour faire migrer les paysans vers les villes dans des conditions de misères épouvantables car aucune politique ne sera menée pour qu’ils puissent y être accueillis décemment. A la campagne, Staline va mener une politique de collectivisation forcée alors que le retard industriel ne permet aucunement de mécaniser l’agriculture. Trotsky écrit, p. 19, dans la « Révolution Trahie  ») :

« Yakolev (commissaire du peuple à l’agriculture) qui, deux ans avant, démontrait que les kolkhozes ne seraient pendant de longues années "que des oasis au milieu des parcelles innombrables", reçoit en qualité de commissaire à l'agriculture la mission de "liquider les paysans riches en tant que classe" et d'implanter la collectivisation complète "dans le plus bref délai". En 1929, le nombre des foyers entrés dans les kolkhozes passe de 1,7% à 3,9%, il atteint 23,6% en 1930, 52,7% en 1931 et 61,5% en 1932. »

L’ensemble de ces mesures va amener une effroyable famine qui repoussera la Russie tout entière dans des conditions pires, du point de vue social, que celles de 1921. (Voir mon article « De la dékoulakisation à la famine »)

La famine en Ukraine

 


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59 réactions à cet article    


  • Clark Kent Clark Kent 22 novembre 10:01

    À l’époque de "Tintin chez le Sooviets", milou était déjà là, mais pas le Capitaine Haddock.



    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 22 novembre 11:17

      @Clark Kent
      Merci de me faire part de votre culture.


    • DeRussie 22 novembre 11:46

      @Clark Kent

      En 1925, le « blocus de l’or » a été légalisé. Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et plusieurs autres grands pays occidentaux ont annoncé qu’ils refusaient de commercer avec l’Union soviétique contre de l’or et, au lieu du métal précieux, ils ont exigé que les bolcheviks paient les marchandises et les matières premières occidentales achetées en nature - avec du pétrole, du bois et des céréales... Le principal objectif de cette innovation restrictive était de provoquer des pénuries de matières premières et de nourriture en URSS. Il faut reconnaître que l’entreprise a été un succès pour l’Occident. Selon un certain nombre d’historiens, ces conditions du commerce international ont été en grande partie responsables du tristement célèbre Holodomor en Russie et dans d’autres républiques de l’Union soviétique en 1932-1933, qui a entraîné la mort de plus de 7 millions de personnes. Ce n’est qu’au début des années 1930 que l’or est à nouveau accepté comme moyen de paiement par les Soviétiques.


    • Yann Esteveny 22 novembre 11:49

      Message à avatar Clark Kent,

      Très bonne référence ! Ceux qui sont parvenus au bout de la lecture exhaustive des oeuvres de Marx et de Lénine n’ont pas de temps à consacrer à l’excellent « Tintin au pays des soviets ». Un siècle d’idéologie et de falsification terrassé en une bande dessinée mérite un modeste mais honnête hommage à Monsieur Georges Rémi ! 
      J’espère qu’un dessinateur russe a la bonne idée de produire une bande dessinée équivalente sur ce que vivent actuellement les français !

      Respectueusement


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 22 novembre 12:06

      @DeRussie
      Bonjour,
      Merci de votre contribution.
      Je doute que la famine qui a touché plusieurs régions de la Russie soit une conséquence de la politique des puissances occidentales à l’égard de la Russie. J’ai écrit tout un article sur le sujet. Je me permets de vous y renvoyer.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 22 novembre 12:09

      @Yann Esteveny
      Bonjour et merci à vous aussi d’enrichir ma culture. Je ne savais pas que le vrai nom d’Hergé était « Monsieur Georges Rémi ».


    • DeRussie 22 novembre 13:05

      @Jean Dugenêt

      La famine a frappé la quasi-totalité de la partie européenne de l’Union soviétique. La tragédie de la famine est due à plusieurs causes :
      L’épuisement des principaux greniers à blé du pays (Ukraine, Basse Volga et Caucase du Nord).
      En raison de la liquidation des koulaks, les villageois ont été privés de l’aide des riches qui les soutenaient en période de famine.
      En raison de la migration des habitants des villages, la production de pain a diminué.
      En raison de l’échec du plan, des mesures administratives répressives ont été appliquées - toutes les denrées alimentaires ont été retirées aux gens, les taxes ont été augmentées. Des conditions climatiques défavorables (sécheresse) dans la région de la Volga, au Kazakhstan et dans le Caucase du Nord ont entraîné des pertes de récoltes.


    • LOST on Earth LOST on Earth 22 novembre 14:15

      @DeRussie
      Captain Marlo sors de ce corps
       smiley


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 22 novembre 15:01

      @LOST on Earth

      « Captain Marlo sors de ce corps »

      Je crois que vous faites erreur.
      Je ne pense pas que le « fifi Captain-Marlo » ait rédigé des dizaines de milliers de commentaires et aucun article pour le plaisir... Qui ferait cela pour s’amuser ? Il y a bien quelques cinglés qui font des trucs de ce genre mais ils seraient incapables d’écrire des articles. Ce n’était pas le cas du Captain Marlo.

      Les échecs de l’UPR font que leurs finances diminuent. Asselineau a beau augmenter le tarif des cotisations, ils ont perdu tellement d’adhérents qu’il faut bien réduire les dépenses. Le Captain Marlo est probablement au chômage. Elle n’a plus aucune raison de venir s’em... à rédiger des commentaires.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 22 novembre 15:28

      @DeRussie
      Vous cherchez à excuser Staline en accusant le soleil... « des conditions climatiques défavorables ».

      Vous expliquez qu’en supprimant les riches (les koulaks) cela fait mourir les pauvres... Vous feriez un excellent idéologue pour la défense du capitalisme.

      La « dékoulakisation » a surtout existé dans les discours. Ce fut en fait une attaque contre toute la paysannerie surtout quand elle faisait preuve de trop de virulence pour se défendre.

      La migration des habitants des villages a plutôt été des déplacements forcés pour amener de la main d’œuvre dans les villes afin de réaliser des projets d’industrialisation plus ou moins débiles. Aucun plan d’urbanisation pour donner des habitations à ces paysans arrivant dans les villes. Ils se sont entassés dans des gares, des wagons, des entrepôts... dans des conditions abominables d’hygiène et bientôt sans nourriture. Ce sont ces paysans arrivés dans les villes qui ont été les premières victimes de la famine.

      Les paysans obligés d’abandonner leurs petites exploitations soit pour aller dans les villes, soit pour rejoindre les kolkhozes ont abattus leurs animaux : volailles, bœufs, moutons et chevaux. Ces derniers étaient les principaux « moteurs » de l’agriculture car il n’y avait aucun tracteur.

      Les paysans étaient complètement démotivés pour travailler dans les kolkhozes. La collectivisation forcée a été un pitoyable échec. Chacun était surtout préoccupé d’assurer sa propre survie et celle de sa famille au jour le jour sans attendre un hypothétique salaire.

      J’ai expliqué tout cela en détail dans l’article « De la dékoulakisation à la famine ». Je n’ai d’ailleurs fait que reprendre les explications données par Trotsky dans « La révolution trahie » et ce qu’explique Jean Jacques Marie dans son livre « Staline » ou ce que dit Pierre Broué dans « Le parti bolchévique ».

      Tout cela a préparé la phase suivante de la politique stalinienne : les procès de Moscou et la grande terreur : Pendant 500 jours entre 1937 et 1938, il fait fusiller en moyenne 1500 personnes par jour et il en déporte 1600.

      Pendant la phase de la famine la politique stalinienne a fini de briser toute velléité de résistance tout en créant un énorme appareil bureaucratique de petits et de grand chefs avec tout un appareil policier de répression. Il fallait devenir tueur, délateur ou mouchard pour survivre... sans oublier de lécher les bottes à ceux qui étaient déjà en place pour mâter le peuple, briser les résistances...


    • voxa 22 novembre 16:15

      @Clark Kent

      Mais où était donc le capitaine Haddock ?

      Mille sabords !


    • V_Parlier V_Parlier 22 novembre 19:17

      @V_Parlier
      (S’il SAVAIT. Ooh...)


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 22 novembre 19:35

      @voxa
      Je signale comme étant hors sujet les commentaires de ceux qui affirment ne pas lire l’article.
      Je signale aussi les interpellations impolies comme « notre auteur » ou « notre trotskyste »
      J’invite les intervenants à faire l’effort de rester corrects.


    • DeRussie 23 novembre 09:47

      @Jean Dugenêt

      « Vous essayez de justifier Staline en accusant le soleil... » - Non, je suis contre le fait de déformer l’histoire du pays où je suis né et où je vis.

      « La migration des villageois était plutôt une délocalisation forcée pour apporter de la main d’œuvre dans les villes afin de réaliser des projets d’industrialisation plus ou moins faibles » - l’industrialisation était vitale pour le pays et lui a permis de survivre et de gagner la guerre de 1941-1945.

      « D’ailleurs, je n’ai fait que répéter les explications données par Trotsky dans »Révolution trahie" - il est incorrect d’écrire sur l’histoire de l’Union soviétique selon les explications de Trotsky. Cela revient à évaluer la Grande Révolution française de 1789 uniquement en lisant les discours de Maximilien Robespierre


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 23 novembre 12:24

      @DeRussie
      « je suis contre le fait de déformer l’histoire du pays où je suis né et où je vis. »

      Dans ce cas j’espère que vous vous insurgez contre l’histoire fabriquée par Poutine. Voir notamment le fascicule de Nicolas Werth : « Poutine historien en chef ». J’espère que vous regrettez aussi que l’organisation « Mémorial » ait été interdite par Poutine alors qu’elle faisait la lumière sur toutes les atrocités staliniennes.

      Personne ne nie qu’il fallait industrialiser la Russie. Tout le monde était d’accord là-dessus. Employer la force pour contraindre n’a jamais été une bonne méthode.

      "il est incorrect d’écrire sur l’histoire de l’Union soviétique selon les explications de Trotsky. Cela revient à évaluer la Grande Révolution française de 1789 uniquement en lisant les discours de Maximilien Robespierre« 

      Il faut prendre toutes les sources pour »écrire l’histoire". Aucun historien ne nie l’intérêt des livres de Trotsky sur l’histoire de la Révolution Russe. Les discours de Robespierre sont des pièces importantes pour comprendre la révolution française. Je ne dis pas qu’il ne faut pas en ajouter d’autres.

      Personne ne montre un désir de falsification dans les écrits de Trotsky. Toute l’histoire fabriquée par les staliniens n’est par contre qu’une immense accumulation de mensonges. Maintenant, c’est l’histoire fabriquée par Poutine qui prend la relève.


    • DeRussie 23 novembre 13:26

      @Jean Dugenêt

      J’espère que vous regrettez également que Memorial ait été interdit par Poutine alors qu’il dénonçait toutes les atrocités staliniennes. - La Cour suprême de la Fédération de Russie a décidé de liquider la société internationale historique et éducative Memorial (reconnue dans la Fédération de Russie comme un agent étranger à but non lucratif) en raison du manque de publicité, de la tromperie des citoyens et d’autres violations de la loi sur les organisations à but non lucratif. Que penseriez-vous d’une organisation opérant en France, financée par d’autres pays, qui ne respecterait pas la loi française ?


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 23 novembre 13:42

      @DeRussie
      "La Cour suprême de la Fédération de Russie a décidé de liquider la société internationale historique et éducative Memorial (reconnue dans la Fédération de Russie comme un agent étranger à but non lucratif) en raison du manque de publicité, de la tromperie des citoyens et d’autres violations de la loi sur les organisations à but non lucratif. Que penseriez-vous d’une organisation opérant en France, financée par d’autres pays, qui ne respecterait pas la loi française ?« 

      Vous avez avalé ça ! Je suppose que les jugements rendus par les tribunaux des procès de Moscou vous convenaient aussi. Si c’est la »La Cour suprême de la Fédération de Russie« qui le dit c’est donc vrai. Cela ne vous parait pas étrange que cette »Cour suprême« prend des décisions conformes à celle de l’autorité politique du moment. Pourquoi n’y avait-il pas pensé auparavant ?

      Pouvez-vous préciser par qui, selon vous, était payée l’organisation Mémorial ? En quoi elle ne respectait pas la loi Russe ? Pourquoi elle était reconnue comme un »agent étranger" ? Vous avalez tout ça très facilement. C’est radio-Moscou qui vous dicte ce qu’est la vérité.

      Pour l’instant, nous en sommes à chercher la vérité sur « La vie en Russie vers 1927/1930 ».


    • DeRussie 24 novembre 07:49

      @Jean Dugenêt
      Pouvez-vous préciser par qui pensez-vous que Memorial a été payé ? En quoi cela a-t-il violé la loi russe ? Pourquoi a-t-il été reconnu comme un « agent étranger » ?
      Les sources de financement peuvent être consultées dans les rapports annuels de Memorial : Amnesty International, Human Rights Watch, la Fédération internationale des droits de l’homme, le Comité Helsinki norvégien, le Partenariat international pour les droits de l’homme, le Comité Helsinki suédois, la Commission des droits de l’homme des Nations unies, ainsi que les ambassades et consulats d’Allemagne, de Grande-Bretagne, de France, des Pays-Bas, de Suède, de Norvège et de Corée. Selon la loi russe n° 121-FZ du 20.07.2012, les agents étrangers doivent s’enregistrer en tant que tels auprès du ministère de la Justice, et indiquer leur statut dans toutes les publications dans les médias et sur Internet. « En dissimulant des informations sur ses fonctions d’agent étranger, l’organisation n’assure pas la publicité de ses activités, empêche un contrôle public approprié de celles-ci et viole les droits des citoyens à des informations fiables sur ses activités » - extrait de la décision du tribunal de liquider Memorial.
      Ai-je répondu à suffisamment de vos questions ?


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 24 novembre 10:00

      @DeRussie

      « Ai-je répondu à suffisamment de vos questions ? »

      C’est très bien ! Vous connaissez à merveille les actes d’accusation des prétendus juristes aux ordres de Poutine. Il reste que, dans ces conditions, l’organisation Mémorial aurait pu être interdite avant (sous Eltsine). De fait, avant Eltsine, elle ne pouvait pas exister. D’ailleurs Sakharov était en prison. Justifiez-vous cela aussi ?

      Pour justifier les décisions des procès de Moscou vous pouvez, sur le même ton, lire les actes d’accusation de Vichinsky. J’en parlerai dans mon prochain article.

      Heureusement que tous les russes ne sont pas comme vous. Je vous invite à écouter ce que disent vos compatriotes internationalistes dans ce meeting. Entre 46mn25s et 1h02mn25s vous pourrez écouter deux militants de l’Union des Marxistes de Russie, qui risquent fort d’être emprisonnés, et un militant de Biélorussie (Belarus). J’essaierai d’en parler dans un autre article.


    • DeRussie 24 novembre 11:20

      @Jean Dugenêt
      Il reste que, dans ces circonstances, le Mémorial aurait pu être interdit auparavant (sous Eltsine).
      "Le Mémorial de 1988-1989 est très différent du Mémorial 2018-2022.
      Ils ont commencé par faire des recherches sur l’histoire de la répression politique en 1930-1937, et à la fin de leurs activités, ils avaient atteint le point de falsification. Comment pouvaient-ils classer comme victimes de la répression politique des criminels nazis condamnés pour avoir assassiné des Juifs dans les ghettos nazis pendant la guerre ?
      Vous devez comprendre la différence entre la recherche historique et la réécriture de l’histoire avec des falsifications et des contrefaçons ?


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 24 novembre 13:38

      @DeRussie
      "Comment pouvaient-ils classer comme victimes de la répression politique des criminels nazis condamnés pour avoir assassiné des Juifs dans les ghettos nazis pendant la guerre ?« 

      Là encore, vous récitez très bien votre leçon. Auriez vous quelques sources à ce sujet ?
      Je sais très bien que Nicolas Werth a montré que des accusateurs russes du procès de Nuremberg avaient été auparavant des accusateurs au service de Staline pour organiser la répression en Russie. Il est facile de glisser à partir de cette vérité... Ce sont effectivement les mêmes qui ont accusés les nazis après la guerre que ceux qui ont accusés les victimes de Staline avant la guerre. D’ailleurs, rien a changé...

      Le fait d’avoir accusé les nazis (après les avoir encensés pendant toute la période du pacte Hitler-Staline) ne les innocente pas des crimes qu’ils ont commis ou couvert pendant la grande terreur stalinienne.

       »Vous devez comprendre la différence entre la recherche historique et la réécriture de l’histoire avec des falsifications et des contrefaçons ?"

      La recherche historique permet d’y voir clair dans tous les retournements de position consécutifs aux fluctuations de la politique stalinienne.

      1. Les criminels participent à la grande terreur en 1937/38. Ils massacrent 750000 innocents
      2. Ces mêmes criminels adoptent le pacte Hitler-Staline de 1939 à 1941 (opération Barbarossa). Ils s’accommodent très bien du nazisme. Ils livrent à Hitler les communistes allemands qui se sont réfugiés en Russie...
      3. Ces mêmes criminels deviennent les accusateurs des nazis à la libération.
      Maintenant, ceux critiquent les assassins de 1937/38 sont accusés de défendre les nazis puisqu’ils critiquent, par la même occasion, ceux qui ont accusés les nazis en 1945.

      La politique de Poutine consiste a bien tout mélanger et vous l’adoptez avec brio et satisfaction.


    • V_Parlier V_Parlier 24 novembre 18:25

      @Jean Dugenêt
      Je signale aussi les interpellations impolies comme « notre auteur » ou « notre trotskyste » => Comme par hasard le commentaire où je démonte l’interprétation bidon de l’affiche d’illustration par des gens (et pour des gens) qui ne comprennent pas ce qui y est marqué en Russe...
      (en résumé : que c’est une affiche pour la promotion de l’utilisation des engrais).


    • DeRussie 25 novembre 09:26

      @Jean Dugenêt

      Avez-vous des sources à ce sujet ?

      Aron Šneiers (letton : Ārons Šneiers ; né en 1951, Ludza, RSS de Lettonie) est un historien, auteur de livres et de publications sur la Seconde Guerre mondiale, et collaborateur de longue date de Yad Vashem (Israël), l’Institut national des victimes nazies et des héros de la résistance. Cherchez ses déclarations sur le « Mémorial ».

       

      Les procureurs russes des procès de Nuremberg étaient auparavant des procureurs au service de Staline pour organiser la répression en Russie.

      Il ne pouvait tout simplement pas y avoir d’autres procureurs en Russie.

       

      Ces mêmes criminels ont accepté le pacte Hitler-Staline de 1939 à 1941 (opération Barbarossa).

       

      Ici, je voudrais être en désaccord avec vous. L’opération Barbarossa est un plan d’attaque contre l’Union soviétique dont l’élaboration a commencé au milieu de l’année 1940.

      Vous avez pris le pacte Hitler-Staline - une interprétation très étrange de l’histoire. Vous n’avez sorti qu’un seul point de l’histoire générale. Pourquoi avez-vous oublié (laissé de côté) le pacte de Pilsudsky-Hitler, le pacte oriental, le pacte franco-soviétique de 1935, les accords de Munich, les négociations trilatérales soviétiques-françaises-britanniques à Moscou en 1939 ?

      Le pacte Hitler-Staline a été signé en 1939, et le fait que des traités similaires avec l’Allemagne aient été signés auparavant par la Pologne (1934), la Grande-Bretagne (1938), la France (1938), la Lituanie (1939), la Lettonie (1939), l’Estonie (1939) ne vous dit rien ?

       

      La politique de Poutine consiste à mélanger les choses gentiment, et vous l’acceptez avec brio et satisfaction.

      La politique de Poutine vise la souveraineté et l’indépendance de la Russie. Et il le fait avec dignité. Pour comprendre, essayez de comparer la position de la France dans le monde à l’époque de Charles de Gaulle et maintenant.


    • Cassandre Cassandre 22 novembre 14:29

      Bonjour,

      Je suis effarée par le nombre de commentateurs jouissant d’une culture historique incontestable. J’aurai grand plaisir à lire leurs prochains articles publiés sur AgoraVox.

      S’agissant du présent article, je le trouve infiniment enrichissant pour qui s’intéresse à l’histoire russe si passionnante 

      • quand on la compare à celle de la France : à partir de l’anéantissement du régime des tsars en Russie, à partir de la révolution de 1789 en France
      • quand on se pose des questions sur les guerres inciviles menées par Poutine pour annexer des pays qui avaient acquis leur indépendance.

      • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 22 novembre 15:16

        @Cassandre
         
         ’’Je suis effarée par le nombre de commentateurs jouissant d’une culture historique incontestable.’’
         
         Pour ma part, je serais plutôt émerveillé.
         smiley


      • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 22 novembre 15:30

        @Francis, agnotologue
        « Pour ma part, je serais plutôt émerveillé. »

        A moins qu’il y ait une dose de second degré.


      • voxa 22 novembre 16:11

        @Cassandre

        "des pays qui avaient acquis leur indépendance.

        "

        Vous voulez parlez de la Crimée qui a toujours refusé d’être Ukrainienne ?
        Ou du Dombass bombardé par l’l’Ukraine depuis 2014 ?

        Ou, peut-être de la Palestine ?

        ...


      • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 22 novembre 16:39

        @voxa

        Le « Dombass bombardé par l’l’Ukraine depuis 2014 »

        Quand Poutine fait bombarder Grozny, Alep, Marioupol pendant quelques semaines, il ne reste que des ruines. Vous voulez nous faire croire que le Dombass aurait été bombardé pendant 8 ans par l’Ukraine... Il ne devrait rien rester. Surtout que, sur le Dombass, il est tombé surement plus de bombes russes que de bombes ukrainiennes...

        Voulez vous parler de la Crimée ? Ses habitants étaient les tatars. Ils réclament leur droit au retour qui leur est refusé par... Poutine. Les habitants de la Crimée n’ont jamais demandé à être russes. C’est vrai que, sous occupation militaire, Poutine obtient facilement des 95 % de voix favorables quand il organise un référendum comme tout bon dictateur (El Assad a des résultats du même genre et quelques dictateurs africains aussi). Vous en déduisez quoi ?

        Vous voulez parler de la Palestine. Très bien. Quand a-t-elle été indépendante ? En attendant, il faut demander que tous les citoyens de la Palestine aient les mêmes droits quels que soient leur religion ; leur origine ethnique, leur langue, leur couleur de peau...


      • Lynwec 22 novembre 17:09

        @Jean Dugenêt

        Poutine obtient facilement 95% de voix favorables, comme tout bon dictateur .

        Par chance, nous, qui, en fRonce, ne subissons PAS une dictature, nous avons pu effectuer un référendum « honnête » (....) en 2005, lequel, comme nous ne sommes PAS en dictature, a eu l’issue que nous connaissons ...permettant entre autres aux néo-nazis de l’UE de nous gouverner avec bienveillance, avec le cortège de mesures libérales telles que les contraintes à l’injection, les passeports vaccinaux etc...

        Bienheureux ceux qui ne subissent pas la tyrannie des vilains dictateurs...


      • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 22 novembre 17:55

        @Lynwec
        Il est certain que nous avons connu un déni de démocratie manifeste mais nous n’avions pas de dictature militaire c’est pourquoi nous avons pu voter à l’inverse de ce que voulaient les puissants. S’ils ont pu réaliser ce déni de démocratie c’est parce que les dirigeants des organisations ouvrières (politiques et syndicales) sont des traitres patentés.
        Ce n’est tout de même pas le même processus que les votes à la mitrailleuse organisés par les dictateurs. Mais vous aimez tellement tout mélanger. Il n’y a pas un seul régime politique qui me convienne actuellement dans le monde. Ce n’est pas pour autant que je les mets à égalité.
        Un déni de démocratie dû à des traitres n’est pas une dictature imposée par une soldatesque.


      • voxa 22 novembre 19:48

        @Jean Dugenêt

        Ce n’est pas avec vous que je parle.


      • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 22 novembre 20:50

        @voxa

        « Ce n’est pas avec vous que je parle. »

        J’ai compris. Ceux qui interviennent sur ce fil de discussion sont censés avoir lu l’article et cela quelle que soit la personne à laquelle ils s’adressent.


      • SilentArrow 23 novembre 07:14

        @Jean Dugenêt
         

        Un déni de démocratie dû à des traitres n’est pas une dictature imposée par une soldatesque.

        Vous étiez en Crimée au moment du referendum et vous avez constaté des irrégularités ou bien vous avez une source fiable allant dans ce sens ?
        Ou vous sortez cela de votre imagination ?

      • DeRussie 23 novembre 11:26

        @Jean Dugenêt

        « Vous voulez nous faire croire que le Donbass aurait été bombardé par l’Ukraine pendant huit ans... ». - Le bombardement des villes du Donbas a commencé en 2014 après la tenue de référendums sur l’autodétermination à Donetsk et Luhansk. Plus de 4 000 civils pacifiques, dont des enfants, ont été tués en huit ans. Recherchez « Angel Alley » sur Internet (« Аллея ангелов » en russe).
        « Voulez-vous parler de la Crimée ? Ses habitants étaient des Tatars » - votre récit est très étrange. Vous ne dites pas que les habitants de la Corse étaient des Romains et des Génois et que la Corse devrait leur être rendue, n’est-ce pas ? Les habitants de la Crimée étaient d’abord des Hellènes, puis des Romains, des Turcs, des Pechenegs, des Génois et, au milieu du 14e siècle, après la désintégration de la Horde d’or, le khanat de Crimée a été formé et, en 1475, il a été subordonné à l’Empire ottoman. Ces nationalités ont changé à mesure que le territoire de la Crimée était conquis par d’autres États. Après la guerre russo-turque, la noblesse de Crimée a prêté serment d’allégeance à l’impératrice russe, et depuis lors, la Crimée est considérée comme russe.


      • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 23 novembre 11:39

        @SilentArrow
        "Vous étiez en Crimée au moment du referendum et vous avez constaté des irrégularités ou bien vous avez une source fiable allant dans ce sens ?
        Ou vous sortez cela de votre imagination ?"

        L’armée russe venait d’envahir et d’occuper la Crimée pour imposer la volonté de Poutine. Un référendum fait sous occupation militaire est une infamie.


      • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 23 novembre 11:53

        @voxa

        J’ai eu tort de vous répondre. Votre post est hors sujet.

        Pour commenter un article, il faut le lire...

        Manifestement, sur AgoraVox une quantité d’intervenants viennent mettre des remarques diverses, avec parfois un prétexte, à la suite d’articles dont ils ne se préoccupent pas du tout. S’ils ont vraiment des choses à dire qu’ils trouvent très importantes, ils peuvent écrire un article et le proposer. S’ils n’en sont pas capables, ils peuvent aller jouer aux billes.
        Je vous prie de ne plus envoyer de posts hors sujet.


      • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 23 novembre 12:10

        @DeRussie
        Je vous prie d’essayer de revenir au sujet. Les tatars de Crimée ont été déportés par Staline et non pas dans l’antiquité et ils réclament aujourd’hui leur droit au retour. Tout ce que vous dîtes est sans aucun rapport avec la situation actuelle.
        Sur le Donbass, vous ne répondez pas à mon objection. S’il était vrai qu’il a été bombardé pendant 8 ans il ne devrait rien rester. Les chiffres sur le nombre de morts varient énormément. Beaucoup trop de civils sont morts. Qui les a massacrés ? Qui a invité le groupe Wagner au Donbass ?

        Voir ici ce bilan :
        "Le 12 mars 2020, les Nations Unies publient un rapport dénombrant la mort de 3 350 victimes civiles (indépendamment du camp), environ 4 100 membres des forces armées ukrainiennes, et environ 5 650 membres parmi les groupes armés pro-russes. Le bilan des blessés est estimé de 7 000 à 9 000 côté civils, d’environ 10 000 côté forces armées ukrainiennes et environ 13 000 côté rebelles pro-russes. Sur les 3 350 morts de civils, sont décomptés 1 812 hommes, 1 056 femmes, 98 garçons et 49 filles"


      • SilentArrow 23 novembre 12:35

        @Jean Dugenêt
         

        Un référendum fait sous occupation militaire est une infamie.

        Pourquoi ? Qu’est-ce qui empêchait les gens de voter contre le rattachement à la Russie ?

      • pemile pemile 23 novembre 12:46

        @SilentArrow "Pourquoi ? Qu’est-ce qui empêchait les gens de voter contre le rattachement à la Russie ? "

        La présence des militaires russes ?

        Le fait que la constitution impose que toute l’Ukraine devait voter pour une modification du territoire ?

        Et tu peux nous rappeler quels étaient les deux seuls choix sur les bulletins de votes ?


      • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 23 novembre 13:30

        @pemile @silent arrow

        Merci de vos interventions.

        Je vous prie de revenir au sujet de l’article qui n’était ni la Crimée ni l’époque contemporaine.


      • https://www.observateurcontinental.fr/?module=news&ac... Gaston Besson, l’ancien parachutiste français et mercenaire dans le conflitentre l’Ukraine et la Russie et dans la guerre du côté croate contre la Serbie a été liquidé dans des combats en Ukraine.

        Le Français Gaston Besson, fondateur de la Légion internationale ukrainienne, est mort au front en défendant l’Ukraine, a tweeté EuroMaydan. 

        En 2014, Gaston Besson avait repris du service en devenant coordinateur du recrutement international du bataillon Azov en Ukraine.


        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 23 novembre 12:12

          @SPQR audacieux complotiste chasseur de complot
          Tout cela est sans aucun rapport avec mon article.


        • Jean 24 novembre 16:13

          @Jean Dugenêt
          mais là on ne supprime pas ?


        • ETTORE ETTORE 23 novembre 12:43

          Tiens, on dirait bien des images de la France, fin quinquennat MacroGNANgnan !

          Jean Dugenêt, Je ne savais pas que vous faisiez dans la fiction ( sans la science) .

          Après tout, si tout est dans la divination, il est facile de comprendre que tout ce qui était, seras, puisque ce sont les mêmes qui critiquent le temps passé, ET qui se réclament du présent, pas plus glorieux, si ce n’est pire encore.


          • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 23 novembre 13:32

            @ETTORE

            Bonjour,
            Le sujet de l’article est donné par le titre :

            « La vie en Russie vers 1927/1930 »

          • ETTORE ETTORE 24 novembre 12:13

            Jean Dugenêt

            @ETTORE

            Bonjour,
            Le sujet de l’article est donné par le titre :

            « La vie en Russie vers 1927/1930 »

            ........
            Je le sais bien, j’ai lu, j’ai vu !

            Mais quand on parle d’histoire, le temps présent sert de borne de référencement, Surtout quand on regarde en arrière, ( et même chez nos voisins).
            Et, personnellement, je trouve que ce tiers monde, qu’est devenu la France, aujourd’hui, n’as rien à envier, au passé de certains pays, dont vous faites l’apologie affamée, photos à l’appui.
            Si les textes peuvent démontrer, expliciter, le cursus de l’histoire, les photos elles, sont plus représentatives du temps présent .....d’un ailleurs .
            Présentes comme un calque, qui interroge sur notre propre positionnement.
            Et, non plus « l’histoire » du pays que vous citez, mais, celle, de plus en plus criante d’actualité, du pays, depuis lequel, vous écrivez.
            On ne peut pas s’absoudre de cette comparaison.
            Faire de l’histoire, quelle soit « accusatrice » ou « explicative », sans prendre en considération, l’état lamentable de notre société, n’est plus crédible.
            ( Tenez, juste pour exemple, les « anciens arrières arrières petits fils d’esclaves, qui demandent des comptes, à la France négrière, et qui se font élire au Faciès Politichien, Reine de la Franconnerie, vous ne trouvez pas que » l’Histoire« , avec un grand » H«  » est remise sur le plateau de l’actualité ?)
            Car notre positionnement, n’est plus sur le haut de l’estrade du veilleur, mais civilisationnellement étalé « graveuleusement » en état de décrépitude avancée, sur la grève .
            La critique n’as pas de passé, pas de présent, pas de futur  !
            Il s’agit, pour être crédible, pour les états, comme pour les hommes, d’avoir le cul propre, quand on veut torcher celui des autres, juste en se moquant !
            Car à un moment donné, de cumulation en accumulation, de similitudes décadentes, en décadences, la preuve est faite, que l’espace temps, peut se replier, et que les distances séparant les faits, deviennent plus qu’insignifiantes .


            • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 24 novembre 13:52

              @ETTORE

              « passé de certains pays, dont vous faites l’apologie affamée, photos à l’appui. »

              Vous expliquez que vous avez réagi davantage aux photos qu’au texte de mon article. C’était précisément mon reproche. Comme beaucoup d’autres, vous vous contentez de regarder le titre et les photos et il ne vous en faut pas plus pour écrire un commentaire sur un article.

              Maintenant que vous avez lu le texte, vous avez peut-être compris que j’ai choisi des photos essentiellement pour montrer les inégalités et l’injustice sociale dans la Russie en 1927/1930. C’était donc tout le contraire d’une « apologie affamée ».

              Pour le reste, je vous abandonne à vos considérations hors-sujet.


            • ETTORE ETTORE 24 novembre 15:04

              @Jean Dugenêt
              Soit, mais je constate que vous avez du mal à vous projeter hors de votre article, et de prendre en considération, tout autre réalité, à laquelle vous êtes parfaitement étanche.
              Celle de la nature même, dont vous dites faire partie, celle des « auteurs ».
              Si vous êtes auteur de ce que vous écrivez, je ne comprend pas pourquoi, vous restez en point fixe, sur votre texte, sans avoir une vision plus exacerbée de ce en quoi, vous vous êtes commis ?
              Mais c’est peut être un manque de jus, et je peux le comprendre !
              Une fois expulsé tout le grimoire, il reste peu de chance que le temps restant, et la volonté, suffise à un regard plus « généraliste », que celui de pointer continuellement un diagnostic d’ « archéologie civilisationnelle », au risque de laisser pour compte des vérités qui sautent aux yeux, aujourd’hui, en temps réel !


            • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 25 novembre 23:52

              @ETTORE
              "Soit, mais je constate que vous avez du mal à vous projeter hors de votre article, et de prendre en considération, tout autre réalité"
              J’organise mon activité en fonction de mes objectifs et je n’ai aucune raison de me plier aux désirs des autres. J’écris et je publie un article sur un site où il est possible ensuite de discuter de cet article. Certains auteurs ne le font pas. Ils ne regardent même pas les commentaires. Je fais le choix d’essayer de répondre à ceux qui critiquent mon article. Je n’ai nullement l’intention de me laisser entraîner dans d’autres discussions.
              Il ne s’agit pas d’avoir du mal à... C’est un choix délibéré.


            • Mozart Mozart 24 novembre 13:03

              Cher Jean, vous savez que nous sommes en contradiction dans nos idées. Ce que vous exposez ici démontre tout simplement la supériorité du capitalisme sur le communisme. En effet, ce dernier a eu recours au premier dans l’espoir de redresser la production agricole soviétique. La capitalisme reposant sur la récompense de l’effort personnel, est donc bien plus productif que la dilution de la personnalité dans un conglomérat étatique. Donc le recours au capitalisme a réussi au-delà des espérance soviétique. Sauf qu’en face l’état soviétique qui s’était arrogé le droit de production industriel a été incapable de suivre les progrès agricoles, ce qui donna la fameuse courbe en ciseau (Trotsky) de décalage entre les revenus industriels et agricoles. En suivi une inflation mal maitrisée et l’arrivée du tyran qui écrasa tout et fit perdre des décennies économique à son pays.

              Voici donc, cher Jean, une nouvelle fois, la démonstration de la supériorité du capital. L’homme ne se donne du mal qu’en récompense de quelque chose et d’un but et ce quelque chose et ce but c’est de la liberté achetée avec du capital. Travailler pour la gloire ne sied qu’aux riches et aux puissants qui ont déjà tout le reste par ailleurs.


              • pemile pemile 24 novembre 13:08

                @Mozart "Ce que vous exposez ici démontre tout simplement la supériorité du capitalisme sur le communisme. [...] La capitalisme reposant sur la récompense de l’effort personnel, est donc bien plus productif que la dilution de la personnalité dans un conglomérat étatique. "
                Uniquement dans une société où le cerveau reptilien mène la danse ?


              • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 24 novembre 14:08

                @Mozart

                Bonjour,

                Ce que vous dîtes est intelligent. Il a effectivement fallu réintroduire une part d’économie libérale pour sortir la Russie de l’Etat de misère dans laquelle elle se trouvait et pour que les paysans reprennent confiance dans la politique du pays.

                Les véritables combattants pour le socialisme qui étaient les opposants à Staline dans le parti étaient conscient que cela, inévitablement, ramènerait de l’inégalité et de l’injustice sociale. Ils estimaient, en 1927, qu’il fallait prendre une autre direction pour continuer à édifier le socialisme. Il fallait maintenant davantage d’égalité et il fallait donc s’opposer aux nouvelles forces réactionnaires qui avaient de plus en plus de poids y compris dans le parti communiste (les koulags, les nepmans et les bureaucrates). L’édification du socialisme n’est pas une totale abolition du capitalisme mais la mise en place d’un système intermédiaire permettant d’aller de plus en plus vers davantage de production socialisée (sans patrons), davantage de justice, d’égalité, de démocratie... jusqu’à l’avènement d’une société... que nous ne connaîtrons pas.

                C’est ce que proposait Trotsky et toute l’opposition qui s’est regroupée avec le texte de 1927 que j’ai abondamment cité. Ce n’est pas du tout ce qu’a fait Staline.

                Cela ne démontre en rien la supériorité du capital puisqu’il s’agissait de diminuer de plus en plus son influence et cela aussi fut un succès. Il s’agissait seulement de trouver le bon dosage pour évoluer dans la bonne direction c’est-à-dire vers une influence de plus en plus faible du capital jusqu’à sa suppression totale.

                Staline a voulu rompre avec cette progressivité qui nécessitait un bon dosage.


              • Mozart Mozart 24 novembre 17:13

                @Jean Dugenêt
                Oui, j’avais bien compris l’évolution théorique d’une industrie et agriculture qui auraient évolué vers un monde idyllique de Bisounours rouge. Malheureusement ce qui n’est pas pris en compte c’est l’individualisme humain. Et c’est celui-ci qui fait évoluer les choses (en bien ou mal). La preuve nous est montrée chaque jour. Les sociétés d’état ont des rendements bien moindre que les sociétés privées. Il doit bien sur y avoir des régulations régaliennes pour assurer une libre concurrence et respecter des règles. Mais à chaque fois, l’étatisation se fait tailler des croupières par le privé. Il n’est du domaine de l’état de produire des tondeuses à gazon, des TV, des brosses à cheveux.... Et c’est le drame de la France d’avoir un état qui veut s’occuper de tout et qui finalement est mauvais en tout ! En face, aux USA (qui n’est pas un paradis), l’initiative privée anime l’économie et fait de cette dernière l’une des plus actives au monde. Aucun pays communiste n’a pu y résister, justement parce que leurs industries ont toutes périclites par manque de rendement, manque d’innovations.... Et il suffit de voir ce qui advient généralement des scops : dans les 3/4 des cas un désastre. Mon bon vieux Winston (ennemi acharné des communistes) disait : On considère le chef d’entreprise comme un homme à abattre, ou une vache à traire. Peu voient en lui le cheval qui tire le char." Il avait raison (ce qui n’empêche pas les moutons noirs dans la profession).
                Pour vous taquiner il disait aussi :Le défaut du capitalisme c’est qu’il répartit inégalement la richesse ; la qualité du socialisme c’est qu’il répartit également la misère.


              • CN46400 CN46400 25 novembre 08:47

                @Mozart
                Le capitalisme n’est ni supérieur ni inférieur, il correspond à un certain niveau de développement de la société. Niveau que n’avait pas atteint la Russie en 1917. Lénine en a pris conscience et a proposé la NEP. Avec toutes les inégalité qui vont avec le capitalisme, et qui étaient incompatibles avec le communisme égalitaire sommaire qui prévalait chez les bolchevics, lesquelles ont été utilisées par Staline pour asseoir son pouvoir en abandonnant la NEP.
                 Les solutions autarciques ont prévalu, mais en face des salaires il n’y avait pas les produits manufacturés attendus. C’est ce qui a conduit au travail forcé, jusqu’en 53, pour l’industrie lourde au détriment, jusqu’en 89, de la production des besoins en produits manufacturés.
                 L’article proposé a le mérite de mettre la NEP au centre ces contradictions entre Staline et Trotski. Mais je regrette que celui-ci n’est pas plus complètement utilisé dans sa critique de Staline ce fait.


              • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 26 novembre 00:31

                @Mozart

                « Malheureusement ce qui n’est pas pris en compte c’est l’individualisme humain. »

                Précisément, il s’agit de prendre en compte les besoins des humains afin qu’ils puissent exprimer leurs aspirations individuelles ou collectives. Il faut lire toute la suite des articles que je propose sur ces questions notamment les premières mesures prises par les bolchéviks avec en particulier la diminution du temps de travail.

                Le capitaliste a pour tout objectif l’enrichissement en s’accaparant la plus-value produite par les exploités. L’objectif du socialisme est de permettre à tous les individus de s’épanouir. Actuellement, cela nécessite de vivre plus longtemps, en meilleure santé, avec davantage de loisirs (moins de travail), plus de culture, plus de participation consciente à la vie de la collectivité (démocratie)... A terme cela devrait amener à faire disparaître la distinction entre travail et loisir puisqu’il s’agira dans les deux cas d’activités humaines bénéficiant à la fois à l’individu et à la collectivité.

                Dans toute la période intermédiaire où il faut que subsiste une part « d’économie libérale » c’est-à-dire de concurrence, de loi de l’offre et de la demande... l’édification du socialisme consiste notamment à augmenter la collectivisation ce qui élimine l’investissement capitaliste. Progressivement, il ne sera plus possible pour les capitalistes de vivre et de faire du profit du seul fait qu’ils sont capitalistes c’est-à-dire suffisamment riches pour pouvoir tirer du profit de la propriété des moyens de production.

                Vous argumentez en disant que vous auriez la preuve, au vu des expériences vécues, que des entreprises ainsi « nationalisées » sont moins « rentables » que lorsqu’elles sont privées. Mais, pendant toute cette période intermédiaire, il n’est pas question de se mettre en dehors des lois du marché qui sont internationales. Ce sont les entreprises les plus rentables qui, dans tous les cas, se développent et les moins rentables qui disparaissent. Les prétendues expériences socialistes faites dans ce sens ont toutes été perverties par l’apparition d’une immense caste parasitaire qui visait bien plus à s’accaparer des privilèges qu’à se préoccuper d’efficacité.

                Le plus important est de bien voir que les contradictions internes du capitalisme amène l’humanité à sa perte. Pour faire toujours plus de profit les capitalistes doivent diminuer les coûts de production pour vendre des quantité toujours plus importantes de produit manufacturés à... à des travailleurs tellement surexploités qu’ils ne peuvent pas se payer ces produits. Pendant ce temps les besoins les plus élémentaires (comme se nourrir) ne peuvent plus être satisfaits. Le fonctionnement de cette économie est essentiellement basé sur l’énorme production d’armes. Les budgets militaires atteignent des sommes astronomiques. L’humanité produit essentiellement ce qui sera nécessaire pour qu’elle se détruise.

                Tirons le bilan de la chute du bloc de l’Est. Maintenant, six anciennes républiques soviétiques sont en guerre. C’est la suite logique du retour au capitalisme en plein exercice. Le droit des peuples à disposer d’eux mêmes fut la solution des bolcheviques pour unir l’URSS avant que Staline en fasse une dictature qui ne pouvait se terminer que de deux façons :
                la bureaucratie se faisait chasser par une révolution populaire pour reprendre le combat pour le socialisme.
                le retour au capitalisme permettait à la caste des bureaucrates d’asseoir leurs privilèges sur la propriété privée. Ils devenaient ainsi des capitalistes.

                C’est cette deuxième option qui a fini par l’emporter. Poutine est un grand capitaliste. Est-ce que ce qui se passe en Russie prouve la supériorité du capitalisme.


              • Martin 28 novembre 22:45

                @Jean Dugenêt
                Bonjour Jean, 

                petite remarque sur ce propos soumit à Mozart : « Tirons le bilan de la chute du bloc de l’Est. Maintenant, six anciennes républiques soviétiques sont en guerre. C’est la suite logique du retour au capitalisme en plein exercice. »
                Cet argument me semble mince car est-ce vraiment le capitalisme en lui-même qui provoque ces guerres ? Il y a derrière ces guerre une mentalité impérialiste qui par le biais du capitalisme (outil d’enrichissement ici utilisé à des fins impérialiste) tente de devenir plus puissant. Reprécisons que beaucoup de pays qui ont un système économique capitaliste ne sont ni impérialistes, ni prompts, malgré la concurrence liée au capitalisme, à vouloir embêter les autres pays en leur faisant la guerre. Dire que six anciennes républiques soviétiques en guerre est la suite logique du retour au capitalisme, n’est-ce pas supposer que le fascisme, le nazisme, le stalinisme, le franquisme, que sais-je, l’impérialisme japonais et aujourd’hui le poutinisme, sont en fait le fruit du capitalisme, sont capitaliste et que c’est à cause de leur capitalisme qu’ils sont ce qu’ils sont ? Le racisme, l’antisémitisme, ou encore la répression contre les l’homosexuels (par exemple en Russie et plus encore en Tchétchénie), tout cela serait-il du capitalisme ? J’imagine que tu ne le penses pas. Il y a du profit, de l’intérêt financier, une volonté de puissance économique, cela se fait aujourd’hui par le biais du capitalisme mais je ne crois pas que ces guerres impérialiste russes contre des anciennes républiques soviétiques puissent s’expliquer par un retour au capitalisme. La Russie d’ailleurs aurait pu s’enrichir d’avantage sans sa guerre actuelle ; elle aurait pu accentuer ces relations commerciales avec l’Europe et avec l’Allemagne en particulier, et affaiblir ainsi un peu le succès des US auprès de l’Europe. Elle aurait pu, avec une autre politique, un respect de la démocratie, etc. convaincre les européens de relier à elle. Compte tenu de ses richesses, elle aurait pu être un soutien pour l’Europe et un enrichissement pour les russes, et tout cela dans un système dit capitaliste. Difficile d’expliquer avec le seul argument du capitalisme ce qu’il se passe.


              • Martin 28 novembre 22:52

                @Martin
                Quelques corrections :

                petite remarque sur ce propos soumit à Mozart : « Tirons le bilan de la chute du bloc de l’Est. Maintenant, six anciennes républiques soviétiques sont en guerre. C’est la suite logique du retour au capitalisme en plein exercice. »
                Cet argument me semble mince car est-ce vraiment le capitalisme en lui-même qui provoque ces guerres ? Il y a derrière ces guerre une mentalité impérialiste qui par le biais du capitalisme (outil d’enrichissement ici utilisé à des fins impérialiste) tente de devenir plus puissant. Reprécisons que beaucoup de pays qui ont un système économique capitaliste ne sont ni impérialistes, ni prompts, malgré la concurrence liée au capitalisme, à vouloir embêter les autres pays en leur faisant la guerre. Dire que six anciennes républiques soviétiques en guerre est la suite logique du retour au capitalisme, n’est-ce pas supposer que le fascisme, le nazisme, le stalinisme, le franquisme, que sais-je, l’impérialisme japonais et aujourd’hui le poutinisme, sont en fait le fruit du capitalisme, sont capitaliste et que c’est à cause de leur capitalisme qu’ils sont ce qu’ils sont ? Le racisme, l’antisémitisme, ou encore la répression contre les l’homosexuels (par exemple en Russie et plus encore en Tchétchénie), tout cela serait-il du capitalisme ? J’imagine que tu ne le penses pas. Il y a du profit, des intérêts financiers, une volonté de puissance économique et cela se fait aujourd’hui par le biais du capitalisme, mais je ne crois pas que ces guerres impérialiste russes contre des anciennes républiques soviétiques puissent s’expliquer par un retour au capitalisme. La Russie d’ailleurs aurait pu s’enrichir d’avantage sans sa guerre actuelle ; elle aurait pu accentuer ces relations commerciales avec l’Europe et avec l’Allemagne en particulier, et affaiblir ainsi un peu le succès des US auprès de tous les européens voisins de la Russie. Elle aurait pu, avec une autre politique, un respect de la démocratie, etc. convaincre les européens de se relier à elle. Compte tenu de ses richesses, elle aurait pu être un soutien pour l’Europe et un enrichissement pour les russes, et tout cela dans un système dit capitaliste. Bref, difficile d’expliquer avec le seul argument du capitalisme ce genre de guerre.


              • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 29 novembre 11:10

                @Martin
                Bonjour Martin,
                Les questions que tu poses sont les plus importantes. Du coup, je ne sais pas où dois-je placer mes priorités. Faut-il que je m’adresse aux quelques personnes qui ont un niveau de réflexion permettant d’avancer ou faut-il que j’écrive en priorité des articles pour contrer les plus énormes mensonges qui ont, malgré tout, beaucoup de succès ?

                Parmi tes diverses formulations autour de la même question, je retiens celle-ci :

                "Dire que six anciennes républiques soviétiques en guerre est la suite logique du retour au capitalisme, n’est-ce pas supposer que le fascisme, le nazisme, le stalinisme, le franquisme, que sais-je, l’impérialisme japonais et aujourd’hui le poutinisme, sont en fait le fruit du capitalisme, sont capitaliste et que c’est à cause de leur capitalisme qu’ils sont ce qu’ils sont ?"

                Je réponds « Oui ». C’est le capitalisme qui engendre tous ces maux : fascisme, nazisme, stalinisme... C’est le capitalisme qui risque de pousser à l’ultime barbarie : l’anéantissement de l’humanité dans une guerre nucléaire. C’est le capitalisme qui amène les idéologies ultra-nationalistes dans lesquels chacun cherche des boucs émissaires pour expliquer les malheurs qui en réalité proviennent tous du capitalisme lui-même avec ses contradictions. Assurément, le poutinisme est un produit du capitalisme. Ce n’est plus le même que le stalinisme qui lui aussi était un produit du capitalisme.

                A partir du moment où Staline a été celui qui a mis fin à la lutte de la IIIème internationale pour le socialisme, il s’est rangé du côté de l’ordre capitaliste tout en maintenant certaines conquêtes ouvrières comme l’expropriation du capital. C’était donc déjà une première victoire du capitalisme. A partir de ce moment, l’URSS s’est trouvée devant une alternative :
                soit les peuples par des révolutions politiques chassaient les bureaucraties staliniennes pour reprendre la lutte pour le socialisme ;
                soit la bureaucratie restaurait le capitalisme pour asseoir ses privilèges sur la propriété des moyens de production.

                C’est la deuxième solution qui a mis fin aux dernières conquêtes ouvrières de l’URSS, 75 ans après la révolution russe. Le capitalisme a alors remporté sa deuxième victoire dans cette région du monde. Pendant un moment, la Russie de Poutine s’est trouvée proche de faire un bloc uni avec les autres capitalistes. L’adhésion à l’OTAN a même été envisagée. Mais, le capitalisme porte aussi en lui la lutte impérialiste entre les grandes puissances pour dominer le monde. Une unité d’une vaste Europe capitaliste (de la pointe de la Bretagne jusqu’à l’Oural) viendrait mettre en péril la domination américaine sur le monde. Les guerres intraeuropéennes sont indispensables pour assurer la domination des USA. Comme toujours, ce sont en apparence des heurts sur des questions de nationalités qui justifient ces guerres, mais elles sont bien le produit du capitalisme. Les luttes inter-impérialistes sont une composante du capitalisme. C’est, comme disait Lénine : « l’ère des guerres et des révolutions ».

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