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Accueil du site > Tribune Libre > La voie du Juste - 2 - Le précepte « Connais-toi toi-même »

La voie du Juste - 2 - Le précepte « Connais-toi toi-même »

Le premier article consacré à la recherche du juste avait pour objet de montrer la nécessité de revenir à une conception pré religieuse de la morale de la justice. Cette suite est consacrée au premier précepte de Delphes : "connais-toi toi-même" dans son rapport avec l'idée du Juste. Ce précepte nous dit « regarde-toi et sois indulgent envers l’autre », reconnais que les causes sont en toi, en un mot "sois responsable de toi". En effet, le sentiment d’injustice que nous ressenton en nous-même souvent nous conduit à rejeter la faute sur le sort, sur les dieux, sur les autres, sur la société ou un système. Le précepte antique résonne comme un conseil de responsabilité et d’autonomie.

I - Considérations générales sur le précepte

Connaître son âme est impossible

Voltaire, dans son Dictionnaire philosophique, écrit : « Ce serait une belle chose de voir son âme. Connais-toi toi-même, est un excellent précepte, mais il n’appartient qu’à Dieu de le mettre en pratique : quel autre que lui peut connaître son essence ? » (…) « Nous appelons âme, ce qui anime. Nous n’en savons guère davantage, grâce aux bornes de notre intelligence. Les trois quarts du genre humain ne vont pas plus loin, et ne s’embarrassent pas de l’être pensant ; l’autre quart cherche, personne n’a trouvé ni ne trouvera. » (…)

Il faut la perfectionner

Voltaire poursuit : « O homme ! Ce Dieu t’a donné l’entendement pour te bien conduire, et non pour pénétrer dans l’essence des choses qu’il a créées. C'est ainsi qu'a pensé Locke et, avant Locke, Gassendi, et avant Gassendi une foule de sages ; mais nous avons des bacheliers qui savent tout ce que ces grands hommes ignoraient. » (…)

Selon Platon, Socrate exhortait les Athéniens à perfectionner leurs âmes : « …car toute mon occupation est de vous persuader, jeunes et vieux, qu’avant le soin du corps et des richesses, avant tout autre soin, est celui de l’âme et de son perfectionnement. Je ne cesse de vous dire que ce n’est pas la richesse qui fait la vertu ; mais, au contraire, que c’est la vertu qui fait la richesse, et que c’est de là que naissent tous les autres biens publics et particuliers. » (…)

Même face à un choix entre la mort et la vertu, il n’y a pas à hésiter : « Mais quelqu’un me dira peut-être : N’as-tu pas honte, Socrate, de t’être attaché à une étude qui te met présentement en danger de mourir ? Je puis répondre avec raison à qui me ferait cette objection : Vous êtes dans l’erreur, si vous croyez qu’un homme, qui vaut quelque chose, doit considérer les chances de la mort ou de la vie, au lieu de chercher seulement, dans toutes ses démarches, si ce qu’il fait est juste ou injuste, et si c’est l’action d’un homme de bien ou d’un méchant. » (Apologie de Socrate)

L’autonomie est notre dignité

La dignité de l’homme est d’être juste et l’exhortation à la dignité d’homme se trouve dans le commandement « connais-toi toi-même » du dieu Apollon. Il faut l’interpréter ici dans le sens suivant : « hommes, soyez dignes de paraître devant moi. Et pour être dignes, observez-vous vous-même ».

La dignité nous rend responsables de nous-mêmes. Le précepte incite à l’autonomie, l’autonomie elle-même étant synonyme de responsabilité individuelle. Le « Connais-toi toi-même » guida la vie de Thalès de Milet (né vers -625 et mort vers -546 av JC) à une époque où la vénération des dieux était telle que l’on s’en remettait à eux pour tous les grands choix et évènements de la vie. Le « toi-même » du précepte invite à l’éveil de soi-même, à ne plus s’en remettre aux dieux pour tous les choix à faire et, par conséquent, à ne pas faire porter aux dieux la responsabilité de toutes ses erreurs.

Ainsi devenu autonome, et responsable de lui-même, l’homme se connaît enfin et il est digne de paraître devant dieu. La responsabilité implique la notion de justice, car nous ne sommes pas seulement responsables de nous-mêmes. Se montrer juste est avec la responsabilité liée à l’autonomie, l’autre pendant de notre dignité.

II - Le précepte et la question du Juste

L’action juste qui en découle renforce notre dignité

Dans l’action que nous devons mener pour être juste, nous devons fatalement prendre en considération la dimension de l’altérité. Le principe de réciprocité comporte plusieurs degrés qui vont du degré minimal (ne maltraite pas autrui) jusqu’à des degrés d’amour désintéressé.

Mais la réciprocité ne suffit pas pour être juste, il faut aussi savoir se regarder soi-même (autre sens ici du « connais-toi toi-même ») et savoir faire son autocritique.

A / Le principe de réciprocité

1er niveau de réciprocité : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils te fassent. »

Traite l’autre comme tu traiterais toi-même. A condition d’avoir le sens du respect de soi-même et de ne pas imposer à l’autre sa manière de voir les choses. Ce précepte du confucianisme, « ce que tu ne souhaites pas pour toi, ne l'étends pas aux autres. », on le trouve aussi dans le bouddhisme : « Ne blesse pas les autres de manière que tu trouverais toi-même blessante. » – Udana-Varga 5:18 (environ 500 av. J.-C.).

Ce premier niveau de réciprocité signifie que c’est par intérêt pour soi-même que l’on s’abstient de causer du mal à autrui. Comme dirait Kant, c’est un impératif hypothétique et non pas catégorique, à savoir que le premier repose sur l’évaluation des conséquences de son action (si je fais ceci alors je m’expose à cela…).

Il s’agit d’un principe négatif, puisque c’est un commandement d’abstention et non une injonction à agir de façon positive et charitable envers l’Autre. D’ailleurs, pour faire comprendre le sens de ce précepte, on se réfère à l’ego : c’est par égoïsme (par figuration du mal qui peut nous advenir) que l’on saisit la signification du précepte. C’est parce que nous sommes naturellement tournés vers notre ego que le premier principe de la morale s’adresse à notre ego pour lui inculquer un début de compréhension du juste :

2ème niveau de réciprocité : l’empathie

La Bible va plus loin en disant « tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22:36-401). L’hindouisme et l’Islam ne disent pas autre chose : « Aucun d'entre vous ne croit vraiment tant qu'il n'aime pas pour son frère ce qu'il aime pour lui-même. » (Islam : Hadîth 13 de al-Nawawi - Mahomet). Il s’agit ici de dépasser son seul égo pour véritablement entrer dans la bienveillance active. Le verbe « aimer » a un sens plus fort que la simple abstention de commettre le mal par seule référence à son propre ego.

Le respect de soi-même est indispensable à la bonne application de ce commandement. D’où le précepte bien connu « charité bien ordonnée commence par soi-même ». Cette loi morale insiste sur le respect préalable de soi avant de pouvoir prétendre porter assistance convenablement à autrui. Il ne doit en aucun cas être entendu comme un empêchement ou une excuse pour s’abstenir de faire preuve d’empathie.

L’esprit se focalise sur la dernière partie de la phrase, soi-même. C’est l’ego qui parle. Or, ce qui compte le plus dans cette proposition c’est l’idée exprimée par le mot « ordonnée ». Le bon ordonnancement des choses place la justice avant la charité l’amour propre et le soin de soi-même avant la charité envers les autres. Deuxième erreur possible de l’esprit : ne pas comprendre que si la charité commence par soi-même, elle ne doit pas s’y limiter.

Pour appliquer le précepte de façon juste, il convient donc de contrôler son ego et de faire preuve d’un certain altruisme. Le proverbe ne doit pas servir d’alibi à l’abstention de porter secours. La plus grande charité est de préserver la personne dans ce qui lui est dû : son intégrité physique et morale, ses droits, ses créances…

Les niveaux les plus élevés de la réciprocité sont le désintéressement, le sacrifice de soi. Ce sont des degrés de réciprocité qui excèdent le niveau juste. Ils sont cités seulement ici à titre d’indications.

B / L’autocritique

Le bilan pythagoricien

Les Vers Dorés, attribués à Pythagore (né aux environs de 580 av. J.-C. mort vers 495 av. J.-C.), qualifiés de «  dorés  » parce qu’ils renferment la doctrine la plus pure aux yeux des Anciens, recommande à chacun de faire le bilan quotidien de sa journée :

Que jamais le sommeil ne ferme ta paupière

Sans t’être demandé : Qu’ai-je omis ? Qu’ai-je fait ?

Si c’est mal abstiens-toi, si c’est bien persévère. (…)

Il ne s’agit pas d’un bilan moral au sens religieux mais plutôt d’un bilan pratique.

Le regard de l’ami du soi

Depuis l’Antiquité, il est recommandé de se choisir un ami franc et sincère pour échanger avec lui des conseils utiles. C’est déjà dans ce but que la quatrième loi du décalogue de Solon disait « Ne vous hâtez point à choisir vos amis. » Les Vers Dorés des pythagoriciens préciseront « Choisis pour ton ami, l’ami de la vertu ; / Cède à ses doux conseils, instruis-toi par sa vie… » La sixième loi de Solon dit « Ne donnez pas le conseil le plus agréable, mais le plus utile. » C’est bien ainsi que l’on doit entendre une amitié réciproquement utile, une relation franche qui permet de se corriger l’un l’autre. Plus près de nous, Voltaire l’explique dans son Dictionnaire philosophique, « Catéchisme chinois » (5ème entretien) :

Cu-Su : ... « Vous aurez sans doute des amis ?

KOU. J’en ai déjà, et de bons, qui m’avertissent de mes défauts ; je me donne la liberté de reprendre les leurs (...). »

C / Ne pas juger autrui

« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. » (Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu chapitre 7, versets 3 à 5) Une variante se trouve dans l’Évangile de Luc, 6, versets 41 à 45.

Avant de juger l’autre, il faut s’examiner soi-même. Il arrive bien souvent que l’on désigne l’autre et qu’on le dénigre pour apaiser sa propre culpabilité ou son propre doute.

Le second principe de Delphes, "rien de trop", est l'autre précept pré religieux qui aide l'être humain dans sa quête du juste (à suivre).

 


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25 réactions à cet article    


  • Bonjour Taverne. J’ai un autre point de vue concernant la rencontre avec les âmes soeurs. Il est parfois utille de rencontrer des personnes qui au départ, nous emblent nocives. Je me rappelerai toujours de l’huissier de justice venu sonner à ma porte un 1er janvier pour une confrontation au Tribunal (conflit routier). Relevez le sadisme du jour choisi,... Voici un autre point de vue que je partage : http://elishean-portesdutemps.com/voici-les-principaux-types-dames-soeurs/. et contrairement au dicton (notez qu’aujourd’hui nous sommes un vendredi 13 : faut-il ou non acheter un billet de loterie ??? grand dilemne philosophique smiley. Et bien contrairement à mon appréhension du type : l’année commence bien,...avec cet huissier de malheur : l’année fut une excellente année.


    • sls0 sls0 13 octobre 15:33

      De mémoire : Dogen disait de se connaitre soi-même.

      Se connaitre permet de s’oublier et s’oublier c’est être reconnu des 10.000 choses. (L’univers).
      Le principe du non attachement est un bon outil pour s’oublier.


        • Taverne Taverne 14 octobre 10:54

          @Sozenz

          Certes...


        • Étirév 13 octobre 16:33

          Bonjour,

          Lorsqu’on commence à travailler sur soi, c’est-à-dire à apprendre à se connaitre matériellement, chimiquement et psychiquement, on apprend entre autre que le mot Pythagore ne désignait pas un homme, mais une science. Pythagore est un nom composé ; sa terminaison gore est un dérivé du gourou (curé en sanscrit) ou guru des Hindous, et il signifie « celui qui enseigne », le Maître. En décomposant le nom, nous avons Pytha-gore. Or ce mot Pytha, c’est la Pythie qui enseigne.

          https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.fr/2017/07/la-grece-antique.html

          Cordialement.


          • Sozenz 13 octobre 17:05

            @Étirév
            très bon lien !


          • @Étirév

            Merci :


            Ce qui rejoint parfaitement ma lecture actuelle (jour de Venus et de la fin des Templiers) : Pierre DUJOLS DE VALOIS : La chevalerie amoureuse, Félibres et Rose-Croix.

            Notons au passage qu’ORPHEE était opposé au culte de Bacchus et à le consommation de fèves. Dit simplement en passant. J’avoue ne pas suivre entièrement ce chemin : ce soir : fèves des marais.

          • Taverne Taverne 14 octobre 11:04

            @Étirév

            Le site que vous mettez en lien réinvente à sa sauce l’étymologie des mots. Poésie vient de « poiein » (créer) et Pythagore signifie « annoncé par la Pythie ». En effet, la pythie avait annoncé au père de Pythagore qu’il allait avoir un fils.


          • @Étirév

            Eliminer Orphée de notre histoire relève du déni. Qu’importe qu’il ait ou non existé. Il fait partie de l’inconscient collectif et doit aussi être intégré. Mon père me parlait toujours d’un ancêtre de notre famille qui aurait fait le tour du Monde. Je n’en ai jamais touvé la trace. Même s’il s’agissait d’une fable de mon père (une sorte d’Avatar), je l’intègre aussi dans mon arbre. Grâce à cette histoire, je me prise de passion pour Jules Verne.

          • Étirév 14 octobre 14:58

            Bonjour,

            Je ne cherche pas à convaincre.
            Aussi, si la philologie et l’étymologie vous intéressent, je me permets de vous adresser le lien qui conduit à l’ouvrage de Monsieur Oscar Vignon.
            Cordialement.

          • @Étirév

            L’étymologie est ma passion. Je viens d’acheter un livre : La Philosophie Egyptienne du Christ. Je suis aussi plongée dans Rennes le château de Guy-Claude Mouny. Après avoir parcouru :  Laura Knight-Jadczyk. Il faut savoir une chose (avant d’entamer la lecture de ces livres) : s’armer du filtre de notre esprit critique. La plupart du temps, ces écrivains sont des personnes passionnées d’histoire et d’ésotérisme. Et le propre de l’ésotérisme est justement d’être voilé (Le Voile d’ISIS). Plusieurs lectures sont possibles, dépendant de notre clairvoyance du jour. Mon histoire personnelle étant directement liée au Roses-Croix, je peux me faire mon idée personnelle, tout en tenant compte de mes propres refoulements. La vérité n’est jamais nue (ou une).

          • Étirév 14 octobre 16:57

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            Quelques mots sur l’ordre des Rose-Croix, pour ceux qui ne connaissent pas :
            De 240 à 270, un événement important se produisit en Orient. Un Perse, Curbicus, surnommé Manès, ressuscitait les Principes de l’ancienne religion naturelle tels qu’ils avaient été formulés dans l’Avesta.
            Il en fit, du reste, un ordre fermé que nous retrouverons plus tard sous le nom de Rose-Croix lorsque les modernes le restaureront.
            C’est pour protester contre la profanation du culte de Vénus dans l’empire romain que ce mouvement se produisit.
            La rose était consacrée à Vénus. Elle est, par excellence, l’emblème de la Femme. Les vrais fidèles sont dits sub rosa (sous la Rose).
            Mais la femme a été avilie dans son sexe, elle a souffert à cause des péchés de l’homme ; c’est sa couronne d’épines, elle représente une vallée de larmes, alors que jadis elle portait sur la tête une couronne murale appelée en, latin Vallaris Corona.
            On va la réhabiliter en l’appelant Vénérable, mot qui rappellera son nom divin Vénus, et qui restera dans les ordres secrets.
            C’est elle, Vénus-Uranie ou Vénus-Lucifer, qui portait le flambeau de l’Esprit avant la grande profanation ; on en fera sainte Lucie, mais on fera aussi de Lucifer un ange déchu.
            Cette nouvelle doctrine, qui se propagera sous le nom de Manichéisme, va surtout protester contre la prétention de ceux qui veulent donner à l’homme les facultés divines de la Déesse.
            L’homme est un demi-dieu parce qu’il se dédouble en deux principes qui se combattent de toute éternité : l’esprit, qui représente le Bon Principe, et le corps de l’homme, qui contient le mauvais principe. Donc on doit honorer l’esprit et haïr le corps.
            Mais, si l’homme est un demi-dieu, il n’y a pas de demi-Déesse ; la divinité féminine est totale, intégrale.
            La doctrine secrète des Manichéens a servi à faire la légende masculiniste de ceux qui renversèrent le premier Christianisme.
            Ils l’ont copiée en mettant au masculin ce qui était au féminin.
            L’ordre des Rose-Croix a été repris et intercalé dans la Franc-Maçonnerie par les modernes.
            Dans les Sociétés secrètes modernes, on en a fait le 18ème degré :
            Symbolisme secret des Rose-Croix
            Tout le monde sait que la religion catholique se compose de deux doctrines :
            L’une cachée, l’Esotérisme ;
            L’autre enseignée ouvertement, l’Exotérisme.
            Mais ce que l’on ne sait pas assez, c’est, que les deux doctrines se contredisent ; c’est aussi que l’Esotérisme, si bien caché par l’Eglise, était la doctrine enseignée par le premier Christianisme et que son culte a été conservé dans les Sociétés secrètes.
            C’est, dans la Franc-Maçonnerie actuelle, le grade de Rose-Croix qui perpétue l’Esotérisme, c’est-à-dire la doctrine des premiers Chrétiens.
            Cet Ordre de chevalerie fut fondé au 3ème siècle par ceux qu’on allait appeler « les Manichéens ».
            Le grade de Rose-Croix est le 18ème dans les Mystères. Son but est surtout de protester contre la profanation du culte de Vénus à l’époque romaine. La rose était consacrée à cette Déesse. Vénus Uranie, ou Vénus Lucifer, porte le flambeau de l’Esprit qui dirige et organise, elle est parmi les Grands Architectes de l’Univers.
            De son nom vient le mot Vénérable.
            Elle porte sur la tête une couronne murale, appelée en latin Vallaris corona. De ce mot on a fait Vallum (retranchement, rampart, défense, protection), d’où le mot vallée, resté dans le grade.
            Certains auteurs croient qu’il a été institué contre la Kabbale juive pour rétablir Lucifer détrôné par Adonaï, ce qui veut dire la Déesse vaincue par le Dieu, quel que soit le nom qu’on lui donne.
            Le nom de ce Mystère vient de ce qu’il est symbolisé par une croix de bois sur laquelle est clouée une rose, emblème de Vénus.
            Ce grade va s’occuper des deux Principes, c’est-à-dire des deux sexes. Ce qui explique ce discours conservé dans les rituels : 
            « Tout a été renversé, de profondes ténèbres enveloppent la Terre, elles y ont semé le désordre et le deuil, la force règne partout en souveraine maîtresse. La parole, autrefois si puissante, ne peut plus convaincre les hommes ; ils sont devenus rebelles à la Raison, à la Justice, à la Vérité ; ils n’écoutent plus que la voix de leurs passions et de leurs appétits...
            « Dans ce fatal cataclysme, les travaux (les Mystères) ont été troublés, les ouvriers (les initiés) ne se reconnaissent plus, les colonnes de la Maçonnerie sont brisées, les outils sont dispersés, le voile du Temple est déchiré, la lumière qui nous éclaire est éteinte... Hélas ! trois fois hélas ! La parole est perdue ! que pouvons-nous attendre ?...
            «  Nous fuyons les contrées misérables où l’erreur a détruit la Vérité, où toutes les notions de la Justice sont éteintes, où l’homme dépérit sous le souffle de l’égoïsme et de l’ambition. Nous cherchons une patrie favorisée pour accomplir notre destinée terrestre, le mal ne peut plus régner partout !...  »
            Le président, appelé « Très-Sage », ouvre la séance en disant :
            D. — Pourquoi sommes-nous ici ?
            R. — Nous cherchons la parole perdue.
            «  Mes Frères, travaillons à retrouver la parole perdue, afin que, ensemble, tous pour chacun et chacun pour tous, nous parvenions à la recouvrer.  »
            Suit une exclamation : Hoscheah, qui se dit aussi Houché, et qui signifie Sauveur (1) « Que la Foi, la Charité (l’Amour) et l’Espérance nous sanctifient !  »
            Les travaux des Rose-Croix commencent au moment où la lumière s’obscurcit par la destruction du Temple. Ils finissent au moment où la lumière reparaît (époque de Johana - St Jean).
            Le temple est éclairé par 33 bougies, pour rappeler que David a régné 33 ans à Jérusalem.
            L’initiation se fait dans trois chambres :
            La Chambre noire (le passé) ;
            La Chambre infernale (le présent, époque romaine) ;
            La Chambre rouge (l’avenir, c’est l’espérance).
            (1) Dans le monde supérieur, le rédempteur qu’on attend n’est pas désigné par le mot « oint  », mais par le mot « Soter » (sauveur). Le Soter, c’est la Sota, l’ancienne reine en Egypte.
            Désolé pour la longueur.
            Cordialement.

          • @Étirév

            Un peu d’espoir dans les ténèbres. Je suis l’amie de la cousine de Françoise Nyssen( directrice des Editions ACTES SUD à ARLES, cela doit vous parler,... ?.). Et Françoise est disons proche de Audray LARZUL. L’année 2018 sera associée à la 18ème carte du TAROT . Je ne dois pas trop dévoiler. Mais j’ai remarqué que peu de personnes comprennent mes commentaires et me prennent pour une « folle ». D’ailleurs je suis née à Renaix (où se trouve un des des seules églises Saint Hermès et on dit que tous les renaisiens sont « fous ». Mon troisième prénom est : FLORE et du côté de mon compagnon, il y a des Galtier et des Agulhons (Tapez : Maurice). Je n’ai pas trop peur. Peu de personne me lisent. C’est l’avantage de passer pour une « timbrée ». D’autre part, certains ne craignent pas de dire que Macron est une ré-incarnation du HOHENSTAUFFEN. Pour la petite histoire, mon grand-oncle était ami de COCTEAU. Je suis un peu passe-muraille, ne me saisissent (en référence à la Salamandre et au lézard) que les "initiés. Allez lire mes commentaires sur MATA-HARI.

          • @Mélusine ou la Robe de Saphir.
            Corrigé : Un peu d’espoir dans les ténèbres. Je suis l’amie de la cousine de Françoise Nyssen( directrice des Editions ACTES SUD à ARLES, cela doit vous parler,... ?.). Et Françoise est disons proche de Audray LARZUL. L’année 2018 sera associée à la 18ème carte du TAROT La lune) . Je ne dois pas trop dévoiler. j’ai remarqué que peu de personnes comprennent mes commentaires et me prennent pour une « folle ». D’ailleurs je suis née à Renaix (où se trouve une des seules églises Saint Hermès et on dit que tous les renaisiens sont « fous ». Mon troisième prénom est : FLORE et du côté de mon compagnon, il y a des Galtier et des Agulhons (Tapez : Maurice). Je n’ai pas trop peur. Peu de personne me lisent. C’est l’avantage de passer pour une « timbrée ». D’autre part, certains ne craignent pas de dire que Macron est une ré-incarnation du HOHENSTAUFFEN. Pour la petite histoire, mon grand-oncle était ami de COCTEAU. Je suis un peu passe-muraille, ne me saisissent (en référence à la Salamandre et au lézard) que les "initiés. Allez lire mes commentaires sur MATA-HARI. Merci pour notre échange.


          • @Étirév

            A propos du prénom Frédérique (et ses dérivés, fêté un 18, il est intéressant de noter que ce jour est celui de la naissance de Nietzsche. Certains prénoms sont plus proches du divin. Michel, Marguerite, Jean, Pierre, Emmanuel...Frédérique (HOHENSTAUFFEN). Le troisième prénom de Macron est Frédéric. https://www.prenoms.com/prenom/signification-prenom-FREDERIC.html

          • Pour se « con »naître, l’homme doit intégrer sa part féminine. Raison pour laquelle seuls les homosexuels (Rimbaud, Vinci) et les hommes qui ne craignent pas d’être confrontés à la perte de leur virilité ont accès à la connaissance divine. Idem pour les femmes ayant intégré que le phallus n’était pas un signe extérieur de valeur. Le féminisme est l’inverse de la féminité.


            • mmbbb 14 octobre 12:04

              @Mélusine ou la Robe de Saphir. phallus t il que je sois donc homo ? 


            • @mmbbb


              et que je sois de lesbos (sapho, saphir). smiley

            • Étirév 15 octobre 07:12

              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

              Bonjour,
              En Vérité, l’homosexualité n’a aucun rapport avec une absence de virilité.
              Aussi, qu’est-ce que la virilité ?
              Le mot viril sert actuellement à indiquer tout ce qui est masculin. Il exprime entre autres une idée de force ; mais de force génératrice. Par extension, nous voyons qu’on employa le mot viril pour qualifier tout ce qui appartient à l’homme, supposant que tout, dans l’homme, est viril c’est-à-dire que tout est fort. S’il s’agit de la puissance musculaire le mot n’est pas déplacé, l’homme est fort, donc il est viril. Mais il arriva que l’homme, ignorant ou méconnaissant les lois physiologiques qui le régissent, s’avisa d’étendre ce terme à tous ses organes, même à son cerveau, ignorant que c’est parce que l’organe génital est fort, que le cerveau ne l’est pas ; c’est-à-dire que c’est parce que la force est dans le membre générateur qu’elle n’est pas dans l’organe intellectuel, donc un cerveau viril signifie un cerveau faible, puisque, plus l’homme est mâle, plus son intelligence décroit.
              Cependant les hommes disent, en parlant d’un esprit fort : c’est un esprit viril, deux mots qui se contredisent. Si l’homme est viril, c’est-à-dire mâle, son esprit est faible, si son esprit est fort, c’est qu’il est peu viril.
              Aussi, le mot viril ne signifie pas seulement force, il signifie aussi vertu, La vertu masculine, c’est-à-dire le contraire de la force génératrice, la continence.
              Mais cette signification du mot s’est altérée et on a confondu vir  avec vis (force). Le mot vertu du latin virtus dérive du mot vir (homme), et forme le mot virilité qui indique le courage moral de l’homme. La base de la vertu, était pour l’homme, la résistance à son instinct ; il faisait acte de courage moral s’il résistait à l’entraînement sexuel ; pour cela il lui fallait mettre en jeu la volonté. De là, courage, volonté, vertu, étaient considérés comme des actions viriles, morales, parce que c’est chez l’homme seulement que les impulsions de l’instinct ont les fatales conséquences que nous avons énumérées. Mais le mot vertu qui dérive de viril a été démasculinisé, malgré son étymologie, et appliqué à la continence de la femme, non plus à celle de l’homme.
              Cordialement.

            • Hermès ne pouvait être qu’une femme : hermétique, occulte, caché, invisible, cet obscur objet du désir. Hermès est clairement un Dieu LUNE (FESTUGIERE) et Bacchus un Dieu solaire. Son aspect double, androgyne, mercuriel vient de la Rome Antique.


              • Selon ces sources https://fr.wikisource.org/wiki/Origine_du_Phallus_et_de_son_culte.&nbsp ;, le phallus au départ était un symbole de puissance génitrice apparu durant l’ère du taureau (signe le plus féminin) https://fr.wikisource.org/wiki/Origine_du_Phallus_et_de_son_culte. C’est sous l’Empire romain qu’il a pris un sens plus perverti (puissance-domination). La puissance et le rejet du féminin maternel est propre à Saturne (Chronos qui mangeait ses enfants). La naissance de Jésus (sous Aurélien) est fêté le mois du capricorne.


                • Taverne Taverne 14 octobre 11:35

                  @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                  D’après une autre source, le « connais-toi toi-même » a pour origine une scène de ménage. Cela se passe en Grèce sept cent ans avant JC. Madame dit à monsieur de faire le ménage sur un ton injurieux. Monsieur lui répond sur le même ton. Cela donna ce dialogue :

                  - « nettoie espèce de con !
                  - conne, nettoie toi-même ! »


                • @Taverne

                  Cela s’appelle une scène de méninges. smiley

                • Sozenz 15 octobre 09:35

                  le chamin de la vie , nous amène à notre connais toi , toi même . il a cet avantage de quoique l on fasse nous mettre face à nous meme selo notre capacité et nos « necessicité , de nous mette face à nos contradiction , et à nos » pouvoir et capacités " nous mettre face aux choix de notre vie ; ceux de l essentiel ou ceux du superficiel ...
                  le libre arbite ce trouve dans l acceptation de ce connais toi , toi meme , et de l acceptation du lacher prise .

                  l effort du se perfectionner est un frein à l acces total.
                  l accès total est de dépasser la contrainte ; c est la sagesse atemporelle qui librement reçoit et emploie toute chose ( à chaque instant )
                  c est à partir de celà , que nous comprenons que la volonté mentale est un frein , puisqu’ il va chercher à analyser pour tenter de s adapter à la situation et agir pour le mieux , au lieu de suivre l inspiration de l instant , etre ce qu il est ( vivre sa nature profonde et divine ) .


                  • Emmanuel Jean-Michel Frédéric MACRON. J’ai lu tout Barjavel. Il a écrit que nous avons tous un deuxième prénom caché. Le mien étant : Michèle, J’ai pris ma Sainte Bible. René Char dans la PLEIADE. J’ai ouvert une page au hasard et je suis tombée sur : MARGUERITE.

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