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Le bipolarisme de la dictature du capital est en danger : les élections de 2017 vont régénérer le mécanisme

 « Le complément naturel des tendances économiques et politiques du révisionnisme a été son attitude à l’égard du but final du mouvement socialiste. Le maître mot de Bernstein “le but final n’est rien, le mouvement est tout” traduit mieux la nature du révisionnisme que de longues dissertations. Définir sa conduite en fonction des circonstances, s’adapter aux évènements du jour, à la versatilité de menus faits politiques, oublier les intérêts vitaux du prolétariat et les traits essentiels de l’ensemble du régime capitaliste, de toute l’évolution capitaliste, sacrifier ces intérêts vitaux au nom des avantages réels ou supposés de l’heure : telle est la politique révisionniste-opportuniste ». VI Lénine « Marxisme et révisionnisme ».

 

1-Le bipolarisme de la dictature du capital

 

Le mode de production capitaliste connaît une grave crise et qui n’a jamais été aussi longue dans le temps. La crise que nous subissons actuellement est moins brutale que celle de 1929 (qui a déclenché la Seconde Guerre mondiale), mais elle confirme l’aspect parasitaire et pourrissant du mode de production capitaliste arrivé au stade du capitalisme monopoliste : l’impérialisme.

Ce capitalisme néfaste, parasitaire et pourrissant retarde le développement des forces productives, nécessaire pour la bonne marche de l’humanité. La crise du mode de production capitaliste touche tous les domaines : culturel, le mode de vie, la politique, l’économie (et non l’économie uniquement comme aiment à le dire les économistes opportunistes).

Mais la classe capitaliste n’est pas touchée par cette crise du capital étant donné qu’elle est la classe exploiteuse et qu’elle empoche les profits créés par la force de travail exploitée : c’est donc le prolétariat qui est la principale victime de cette crise. Seul les révolutionnaires peuvent structurer, organiser, regrouper le prolétariat pour renverser les citadelles du capitalisme, mais le mouvement révolutionnaire éprouve lui aussi des difficultés immenses à rompre avec l’opportunisme.

La contre-révolution bourgeoise en URSS, ainsi que la transformation des partis communistes du Kominterm en formation politique de type social-démocrate et s’orientant vers un accompagnement « social » des mutations de l’impérialisme, ont poussé à la victoire de l’opportunisme dans le mouvement révolutionnaire, en France notamment.

Depuis la Ve République, le pouvoir du capital que Marx appelait « dictature du capital », est exercé en France sous la forme d’un bipolarisme politique : d’un côté, le courant libéral-conservateur (LR) et de l’autre, la social-démocratie (PS).

Ces deux partis représentent les deux grands partis du capital et gouvernent en alternance au service des mêmes intérêts capitalistes : il s’agit d’une alternance entre réactionnaires et sociaux-démocrates qui en réalité a la même fonction. En fait, ce bipolarisme est la forme politique par laquelle s’exerce la dictature du capital et n’est donc qu’une alternance fictive qui se consolide par une mystification droite/gauche dans un même système d’oppression.

Deux grands partis politiques (Les Républicains et le Parti Socialiste) déterminent ce bipolarisme qui génère un mensonge consistant à faire croire que ces partis seraient des ennemis : ce sont en réalité des partis frères et amis, car issus de la même classe sociale et dont leurs membres ont suivi des trajectoires identiques, élevés dans les grandes écoles du capital.

La social-démocratie historique (celle née de la trahison de 1914) avait accédé au pouvoir et ses dirigeants avaient été intégrés à l’appareil d’Etat bourgeois. De par le pillage des colonies, des néo-colonies, de la formation de ces cadres dans les écoles bourgeoises vouées à l’élargissement de la classe capitaliste, ils se sont transformés en parti du capital ayant pour base sociale certains secteurs ouvriers et des couches moyennes : mais toujours dirigés par la bourgeoisie.

La droite ne suscite que très peu d’attente dans les couches populaires en France (sauf Sarkozy en 2007), mais la gauche de 1981, 1988 et 1997 a suscité beaucoup d’espoir dans ces mêmes couches populaires : espoirs très vite déçus. Il y eut ensuite l’expérience de la gauche plurielle (PS/PCF/écologiste) sous la direction de Lionel Jospin qui s’est terminée en catastrophe pour les couches populaires.

En effet, les couches populaires ont été trahies par des records de privatisations s’élevant à 210 milliards de Francs, l’engagement dans les guerres impérialistes de l’OTAN en Yougoslavie, l’Afghanistan, le soutien au processus européen de Lisbonne ou encore l’allongement de la durée du travail (et donc de l’exploitation) à 65-67 ans.

Avec ce bilan catastrophique, Lionel Jospin fut éliminé dès le premier tour de l’élection présidentielle de 2002. Le Pen père, perturba alors le traditionnel bipolarisme en accédant au second tour de l’élection présidentielle. Cette stratégie du capital avait pour objectif de déclencher le « front Républicain » afin de créer autour de la personne de Chirac, et de son parti l’UMP, un large consensus. De plus, avec le Traité constitutionnel européen de 2005, et en accord avec le PS, le bipolarisme fut relancé.

Ce fut un véritable coup d’état institutionnel fomenté par l’UMP (renommé depuis Les Républicain) et le PS qui confirmaient la droite et la gauche comme étant les maillons d’une seule et même chaîne. En 2007, Sarkozy l’emportait à la présidentielle avec un style de type néo-bonapartiste : et ainsi le bipolarisme du capital fut totalement relancé. D’ailleurs ce bipolarisme se matérialisait en parole avec des références à Jaurès, Gramsci, Guy Moquet et l’appel à certains « socialistes » comme Besson, Kouchner, Amara, etc…

Les médias du capital participent très bien de ce système du bipolarisme et ils sont des acteurs clefs du système capitaliste. Par exemple, alors que François Hollande était très bas dans les sondages à la même époque, il devint l’un des personnages les plus populaires (en quelques jours !) après la chute de DSK et fut considéré ainsi comme étant le « meilleur adversaire » de Sarkozy. Le bipolarisme, forme prise par la dictature du capital se traduit donc par une cogestion LR/ PS au gouvernement et dans les régions soumises aussi à cette alternance.

 

2- L’opportunisme contemporain et son analyse du capital

 

Marx, Engels et Lénine avaient salué la troisième constituante du matérialisme historique, concernant notamment les luttes de classe du mouvement ouvrier français et le socialisme utopique, mais ils ont aussi critiqué leur tendance à subordonner leurs actions à la bourgeoisie républicaine : de là découle un manque d’indépendance et la perte de son identité de classe.

Le PCF est le principal représentant de l’opportunisme contemporain. Le PCF a combattu pour le prolétariat, l’internationalisme prolétarien et le socialisme scientifique (le vrai selon Marx) durant plusieurs années. Mais, en raison de la ligne opportuniste du 20ème congrès du PCUS (parti communiste d’Union Soviétique), le PCF se transforma en une formation sans aucune caractérisation de classe.

En Europe occidentale, sous prétexte de « spécificité nationale », certains partis communistes adoptèrent la ligne opportuniste de l’eurocommunisme qui niait les lois du matérialisme dialectique, de la dictature du prolétariat et du socialisme scientifique. Ils empruntèrent alors la « voie parlementaire » de transformation vers le socialisme, une stratégie sociale-pacifiste qui était une stratégie opportuniste/réformiste/révisionniste.

Les partis communistes d’Europe abandonnèrent les principes politique et idéologique de la lutte des classes et c’est ainsi que le mouvement révolutionnaire se noya dans la boue de l’opportunisme contemporain. Cette noyade fut la conséquence de l’adoption de la stratégie qui avait été imposée après le 20ème congrès du PCUS en février 1956, qui était alors une stratégie d’entente avec le capital, c’est-à-dire une conciliation de classe (voir les thèses du KKE, c’est-à-dire le parti communiste de Grèce, études Marxistes numéro 88 P. 61/62).

De cette entente, émergea l’idée utopique de pouvoir satisfaire les besoins sociaux dans le cadre des rapports de production capitaliste : c’est le socle de l’opportunisme contemporain.

Actuellement, c’est Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle, qui prétendrait incarner le « vrai socialisme » ! Etrange incarnation, puisque Jean-Luc Mélenchon et le PCF ont participé au gouvernement social-libéral de la gauche plurielle de Jospin qui a procédé à des privatisations massives et ainsi asséné au prolétariat des dommages considérables.

Macron tente de se distinguer des deux grands partis du capital. En effet, Macron est un représentant typique du capital financier (et donc des banques et des monopoles) et a compris que les deux grands partis du capital et leur mécanisme qu’est le bipolarisme sont en danger : car les couches populaires commencent à se révolter contre tous ces voleurs.

Fillon est un libéral-conservateur sur la défensive. Il incarne une droite en passe de perdre cette élection, car en très grande difficulté de par les affaires de corruption dont il est l’un des acteurs. L’objectif de ces affaires de corruption ultra médiatisées est d’orienter les électeurs de droite vers l’extrême droite par dégoût : permettant ainsi de faire basculer Le Pen au second tour et de déclencher alors le fameux « front Républicain ».

Le Pen est l’épouvantail que le capital aime à agiter afin de susciter la peur dans les masses et de ramener les suffrages vers la droite ou la gauche. En effet, de par le « front Républicain », les gens voteront pour « le moindre mal » et c’est ainsi que les deux grands partis du capital décrocheront ou conserveront leurs mandats et tout le fric qui va avec...

Hamon essaie de régénérer en interne l’un des partis du capital qu’est le PS. Hamon souhaiterait créer un consensus à l’intérieur du PS, car si Macron était élu à la prochaine présidentielle, il y aurait nécessairement un ralliement d’une partie du PS à Macron et ainsi une régénération d’un des deux grands partis du capital. 

En réalité, tout ceci s’intègre dans un même mécanisme s’orientant vers un seul objectif : régénérer le bipolarisme du capital, la conservation de l’exploitation de la classe ouvrière et de tous les travailleurs par la classe capitaliste. Et ce mécanisme doit être mené coûte que coûte, car la classe capitaliste a compris que les Français sont dégoûtés de tous ces voleurs, pilleurs et menteurs et qu’il pourrait donc y avoir un accroissement du danger révolutionnaire.

Le capital est une valeur qui, de par l’exploitation des ouvriers salariés, rapporte de la plus-value, caractéristique essentielle du mode de production capitaliste. Marx disait : « Le capital est du travail mort, qui semblable au vampire, ne s’anime qu’en suçant le travail vivant et sa vie est d’autant plus allègre qu’il en pompe davantage ».

Au stade impérialiste, les banques sont devenues copropriétaires des entreprises industrielles, commerciales, de transport, en achetant les actions et obligations. En effet, c’est le capital financier qui est la principale caractéristique du capitalisme monopoliste : fusion entre les capitaux industriels et bancaires.

La dictature du capital s’étend à tous les secteurs de production et la loi dominante du système est l’exploitation de l’homme par l’homme et donc la suraccumulation du profit. Tous les candidats de l’élection présidentielle de 2017 sont les acteurs d’un même système d’oppression. Les candidats dénoncent les conséquences du mode de production capitaliste, mais ne veulent pas en finir avec le mode de production lui-même : ils sont dans la dénonciation uniquement et refusent d’aller à la solution !

Staline avait défini très justement la loi économique du capitalisme : « assurer le profit capitaliste maximum par l’exploitation, la ruine et l’appauvrissement de la majorité de la population d’un pays donné, par l’asservissement et le pillage systématique des peuples des autres pays, surtout des pays arriérés, et enfin par les guerres et la militarisation de l’économie nationale utilisées pour assurer les profits les plus élevés » (les problèmes économiques du socialisme en URSS P.128 ‘derniers écrits’).

Le suffrage universel bourgeois est un indice de mesure servant à mesurer la maturité de la population : et selon les résultats de cet indice de mesure, la classe capitaliste s’adaptera toujours avec le bipolarisme...

 

La seule solution pour changer nos vies est la révolution !

 


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3 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 1er avril 11:42


    « 
    La seule solution pour changer nos vies est la révolution ! » ou la...

    Refondation du Capitalisme & Instauration d’un Dividende Universel financées par l’Épargne.

    http://www.sincerites.org/article-le-dividende-universel-83909790.html​




    • Daniel Roux Daniel Roux 1er avril 13:00

      Il y a les dogmes, les idées, le doux plaisir de fantasmer sur ce qui pourrait être et la vie des gens.

      La société humaine, quelque soit l’époque historique, est construite sur le mode féodal. Un seigneur, des vassaux, des gens d’armes, des serfs, plus des artisans pour produire des outils, des marchands pour faire circuler les marchandises, les prêtres pour satisfaire la demande spirituelle, des guérisseurs pour les maux du corps et même, des improductifs, incapables ou invalides.

      Cette structure hiérarchisée ne s’est pas établie par hasard dans toutes les régions et sur tous les continents. Elle n’est pas justifiée autrement que par la survie, à tout prix, du groupe.

      Chaque personne assume une position indispensable au groupe. Tout le monde est indispensable mais tout le monde ne bénéficie pas à égalité des richesses produites par le groupe.

      Les richesses sont distribuées en fonction du rapport de force qui existe entre les différents sous groupes, ou classes avec l’impératif de survie de tous. Celui qui domine prendra la plus grosse part mais pas tout.

      On remarquera que, contrairement aux animaux, les sociétés humaines attribuent une part aux improductifs, la part du pauvre, sans réelle nécessité sinon celle de satisfaire l’âme par le sacrifice.

      Les idéologies cherchent à justifier cette structure ou à la combattre. Leur point commun est de s’adresser à des hommes parfaits, idéaux c’est à dire à rejeter la condition humaine réelle, qui est celle de la vie réelle et parfois de la survie.

      Ce qu’on ne peut maîtriser, organisons-le.

       

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Auteur de l'article

Jimmy Dalleedoo


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