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Accueil du site > Tribune Libre > Le blues du pilote de drone tueur

Le blues du pilote de drone tueur

"Guerre asymétrique" nous bassine-t-on depuis des année maintenant. En réalité un bel euphémisme, cachant les bombardements massifs de civils, la plupart du temps, par des bombardiers géants type B-1B ou B-2, capable d'emporter pour le premier cité plus de 56,7 tonnes d'armement maximum sur 214,6 (les soutes et les containers extérieurs pleins à ras bords). De quoi raser des villages entiers en une seule passe (*). Mais il y a une autre technique employée depuis pour se débarrasser de l'adversaire : celle du tir de drone, le plus souvent de missiles dévastateurs, car thermobariques, dont les effets sont terribles. Et là encore un euphémisme, car cela se résume en fait à des assassinats ciblés, pourtant interdits par une commission américaine réunie en 1976 à la suite de la vague d'attentats commise par la CIA en amérique du sud et dans le monde (en Afrique, avec celui de Patrice Lumumba, dont on reparlera en 2013). Ces massacres à distance, dont Barack Obama a augmenté sérieusement le nombre, sont l'objet aujourd'hui de questionnements divers, l'un d'entre eux n'étant pas le moindre : hier, un pilote à distance de ce genre d'engin a fait une bien étrange confession, relatée par Courrier International, reprenant le témoignage original fait au Der Spiegel allemand. Massacrer des enfants à distance, certains militaires US ne le supportent plus, visiblement.

L'homme s'appelle Brandon Bryant, il a 27 ans et il vient de jeter un beau pavé dans la mare en révélant à la presse ses états d'âme. Il sont symptomatiques : après la "guerre propre" vendu lors de l'offensive Desert Storm, qui dissimulait des massacres de masse, voilà que la "guerre invisible" se montre être la même chose selon lui. Son témoignage est... sans appel, raconte aujourd'hui Courrier International en se basant sur Der Spiegel. Cela commence par la description de son lieu de travail, un container muni de l'air conditionné, de plusieurs écrans et deux fauteuilsplutôt moelleux. La guerre tout confort, vu de ce côté-là :  "pendant plus de cinq ans, Brandon Bryant a travaillé dans un container allongé de la taille d’une caravane, sans fenêtres, à température constante de 17 °C, et dont la porte était condamnée par mesure de sécurité. Devant les yeux de Brandon et de ses collègues scintillaient quatorze écrans. Sous leurs doigts, quatre claviers. Il suffisait que Brandon presse un bouton au Nouveau-Mexique pour qu’un homme meure à l’autre bout de la planète. " La guerre, version new-style.

Et puis, un jour, le manipulateur à distance de drones Brandon a eu le blues, en sortant de son container. Ce qu'il venait de re-visionner, dans cette guerre filmée de bout en bout et dont on ne voit que quelques images, l'avait révulsé. On ne vomit pas, pour sûr, dans le "cokpit" des drones. Mais on a les trippes à l'air, parfois, quand on se rend compte sur quoi on vient de tirer : "Brandon était l’un d’entre eux. Il se souvient très précisément des huit que décrivait le Predator dans le ciel afghan, à plus de 10 000 kilomètres de l’endroit où il se trouvait. Dans le réticule du drone, une maison aplatie en terre, avec une étable pour les chèvres, se rappelle-t-il. Lorsque l’ordre de faire feu tombe, Brandon presse un bouton de la main gauche, “marque” le toit au laser, et le pilote assis à côté de lui déclenche le tir à l’aide d’un joystick. Le drone lance un missile de type Hellfire. Il reste alors seize secondes avant l’impact. “Les secondes s’écoulent au ralenti”, se souvient Brandon aujourd’hui. Enregistrées au moyen d’une caméra infrarouge orientée vers le sol, les images sont transmises par satellite et apparaissent sur son moniteur avec un décalage de deux à cinq secondes. Plus que sept secondes, pas l’ombre d’un humain. A cet instant, Brandon aurait encore pu détourner le missile roquette. Trois secondes. Brandon scrute le moindre pixel sur l’écran. Soudain, un enfant qui court à l’angle de la maison. Au moment de l’impact, le monde virtuel de Brandon et le monde réel d’un village situé entre Baghlan et Mazar-e Charif se télescopent. Brandon voit une lueur sur l’écran – l’explosion. Des pans du bâtiment s’écroulent. L’enfant a disparu. Brandon a l’estomac noué". Aurait-il commis une bavure ? L'irréparable ? Les images sont là, hélas, pour le lui confirmer.

“On vient de tuer le gamin ?” demande-t-il à son collègue assis à côté. “Je crois que c’était un gamin”, lui répond le pilote. “C’était un gamin ?” continuent-ils de s’interroger dans la fenêtre de messagerie instantanée qui s’affiche sur leur écran. C’est alors que quelqu’un qu’ils ne connaissent pas intervient, quelqu’un qui se trouve quelque part dans un poste de commandement de l’armée et qui a suivi leur attaque : “Non, c’était un chien.” Ils se repassent l’enregistrement une nouvelle fois. Un chien sur deux jambes ? Lorsque Brandon Bryant sort de son container ce jour-là, le cœur de l’Amérique profonde s’étale devant lui : l’herbe drue de la steppe à perte de vue, des champs, l’odeur du lisier. A intervalles de quelques secondes, la tour de radar de la base de Cannon [au Nouveau-Mexique] de l’US Air Force projette un éclair dans le crépuscule. Une guerre est en cours." 

C'était bien un gamin et ce jour-là la vie de Brandon Bryant, a basculé. De militaire, le voilà meurtrier d'enfants. Avec une hiérarchie qui, en tentant de faire d'un enfant un chien, tentait ostensiblement de minimiser les erreurs, comme lorsque Dick Cheney était venu raconter que des enfants réfugiés dans un abri en Irak avaient été placés-là sciemment pour "couvrir" un lieu de communication irakein dont l'existence n'a jamais pu être prouvée (voir l'article sur le décès de l'organisateur de Desert Storm). Ce jour-là, le jeune pilote qui avait commencé sa carrière de pilote de drones à 21 ans à peine, après 6 années passées à viser à distance des cibles désignées par ses supérieurs ou la CIA en avait eu assez. L'enfant volatilisé devant ses yeux par le missile Hellfire qu'il avait lui-même actionné était la victime de trop, pour lui. Un traumatisme trop pesant, désormais.

Surtout que notre soldat n'avait pas vraiment la vocation au départ ; et qu'il avait saisi l'opportunité de devenir pilote de drone au hasard, en quelque sorte comme un autre "job" dans une Amérique en proie elle aussi au chômage rampant : "Bryant a rejoint l'armée par accident quand il a accompagné un ami qui a été enrôlé dans l'armée et entendu qu'il ne pouvait aller à l'université gratuitement, s'il s'engageait à l'US Air Force. Il a excellé dans ses études et a été affecté à une unité de collecte de renseignements où il a bientôt appris à contrôler les caméras et les lasers sur un drone, pour analyser des images au sol, les cartes et les données météorologiques. "C'était en fait un opérateur des capteurs, l'équivalent de co-pilote, et à seulement 20 a volé sa première mission en Irak - assis dans la sécurité d'une salle de contrôle dans le Nevada". Il avait été vite mis dans le bain : "mais cela à commencé à faire sentir ses effets immédiatement. La première fois qu'il a tiré un missile, il a tué deux hommes immédiatement et a pleuré sur le chemin du retour. « Je me suis senti déconnecté de l'humanité pendant presque une semaine, dit-il". Devenir Dieu et avoir le pouvoir d'ôter la vie en quelque secondes sans être pris de remords, l'armée américaine ne l'apprend pas à ses jeunes recrues, considérées au même stade que leur environnement : du matériel, devenus des presse-boutons.

Ce qu'avait judicieusement décrit un grand observateur de cette déshumanisation des guerres récentes qu'est.... Paul Virilio  : "La désintégration de la personnalité du guerrier est à un stade très avancé. En levant les yeux, il voit l'affichage numérique (opto-électronique ou holographique) du collimateur pare-brise, en regardant vers le bas, l'écran du radar, l'ordinateur de bord, la radio et l'écran vidéo, ce qui lui permet de suivre le terrain avec ses quatre ou cinq cibles simultanées, et de surveiller ses missiles Sidewinder à navigation autonome dirigés par une caméra ou un système de guidage infra-rouge. Cependant, cette guerre des ondes a quelques inconvénients majeurs, comme le dit le colonel Broughton, un pilote de F-105 Thunderchief au Vietnam, qui l'a ainsi expliqué : les alertes radios était vraiment massives à cette époque - en fait, elle était si denses avec toutes les Mig et les Sam, les avertissements, et tout le monde qui criait les directions et les commandes qu'il était presque impossible d'interpréter ce qui se passait. Le projectile qui détruit, n'est plus qu'une image ou une « signature » sur un écran, et l'image de télévision est un projectile à ultrasons propagent à la vitesse de la lumière.  La projection ancienne de la balistique a été remplacé par la projection de la lumière, de l'œil électronique de guidée ou la "vidéo" des missiles" (...) En 1974, stimulée par la crise du pétrole, ce processus de déréalisation a acquis des proportions fantastiques avec le boom des vols militaires et les simulateurs de combat, qui a effectivement pris la place de l'ancien "home trainer". Un Virilio capable d'expliquer les crises métaphysiques qui secouent les militaires de retour de conflits récents, où on leur a demandé de faire des choses pour lesquelles ils n'avaient pas du tout été préparéss psychologiquement, à une époque où les programmes télévisés s'épanchent en sensibleries diverses (c'est fou ce qu'on pleure en direct dans les shows américains !) : On ne peut pas comprendre la terreur sans comprendre la vitesse, l'affolement, le fait qu'on soit pris de vitesse, occupés par une information. Pour cela, la phrase d'Hannah Arendt est capitale : « La terreur est l'accomplissement de la loi du mouvement ». C'est ce qui se passe en ce moment à travers l'accélération de l'information, qu'il s'agisse de l'effondrement du World trade center, du krach boursier, de la tempête Xynthia ou de la coupe du monde de football, ..., nous vivons une synchronisation de l'émotion, une mondialisation des affects. Au même moment, à l'échelle de la planète, on peut ressentir la même terreur, la même inquiétude pour l'avenir ou ressentir la même passion. C'est quand même incroyable. Ce qui me porte à croire que nous sommes passés de la standardisation des opinions -rendue possible grâce à la liberté de la presse- à la synchronisation des émotions. La communauté d'émotion domine désormais les communautés d'intérêt des classes sociales qui définissaient la gauche et la droite en politique, par exemple. Nos sociétés vivaient sur une communauté d'intérêt, elles vivent désormais un communisme des affects." Des affects non touchés par les images d'enfants déchiquetés, ou de femmes massacrées à la mitrailleuse d'Apache, l'armée empêchant toute communication en ce sens. On aurait révélé ses images atroces, le mouvement anti-guerre contre l'Irak ou l'Afghanistan aurait pu prendre l'ampleur de celui de 1969, par exemple aux Etats-Unis. Mais la chappe de plomb de l'omerta sur les crimes de guerre commis n'a jamais été aussi lourde, aux USA. L'effarant nombre de tués des drones n'est jamais apparu sur les écrans US. A la place, on diffusera plutôt les épisodes de "Generation Kill".... pour rassurer les masses. Hollywod, tant apprécié des fêlées...(**) genre "Desparate GI" ....des GI filmés dans les décors d'entraînements de l'armée US.

 

Les dégâts sont là, en tout cas ; connus et même chiffrés : le 11 août 2011, le Telegraph anglais annonçait qu'un rapport avait répertorié 168 enfants tués par des attaques de drones sur les 775 civils tués parmi les 2275 victimes de toutes le attaques ces 7 dernières années, rappelant le massacre d'une madrassah en 2006 ayant tué 69 enfants d'un coup. Un second rapport de 2012, effectué à la suite des enquêtes menées par deux universités US, celles de Stanford et de New York expliquait combien la campagne d'assassinats ciblés était dangereuse pour l'image de marque des USA à l'étranger. Les chiffres cités étant les mêmes à peu près, reprenant l'enquête affirmant que de juin 2004 au milieu de septembre 2012, les drones avaient tué entre 2,562 et 3,325 personnes au Palistan dont 474 sur 881 étaient des civils et parmi eux 176 enfants. L'article expliquant les conséquences des attaques et surtout des doubles tirs, ceux faits sur les secours apportés après une première attaque, ou la désaffection des enfants de l'école après des tirs, soit sur les écoles, soit sur le chemin de l'école... voir lors des funérailles consécutives à des attaques. Chiffres ou pas chiffres, les drones sont bien présents, indiquait Wired en septembre dernier encore. Et les opérations de désinformation pour en minimiser les dégâts civils aussi.

Pour réussir à continuer une telle campagne, il aura donc fallu plusieurs choses, la première étant de faire tirer les drones par des contractuels civils, engagés momentanément par des militaires, ce qu'on appelle bel et bien des mercenaires : ce sont les gens de Blackwater qui chargaient les drones de missiles Hellfire, comme on a pu le vérifier sur des photos (voir ci-contre), ensuite de déléguer à la seule CIA la responsabilité des tirs, de manière à ne pas montrer à l'extérieur de noms de cibles ou d'individus à supprimer (le "secret" étant si pratique !), et ensuite venir... mentir, devant les caméras, sur les prétendus objectifs militaires, ce qu'a fait Barack Obama, sans beaucoup sourciller ; malgré des rapports affligeants affirmant le contraire : "la campagne de drones de la CIA au Pakistan a tué des dizaines de civils qui s'étaient rendus à aider en sauvetage les victimes, ou assistaient à des funérailles a révélé une enquête menée par le Sunday Times-. Les résultats sont publiés quelques jours après que le président Obama ait affirmé que la campagne de drones au Pakistan était « ciblée, des efforts ciblés » qui « n'ont pas causé un grand nombre de victimes civiles". S'exprimant publiquement pour la première fois sur les tirs de drones controversés de la CIA, Obama a en effet affirmé la semaine dernière qu'ils étaient utilisés sur des cibles strictement terroristes, en rejetant ce qu'il appelait « cette perception que nous ne faisons de l'envoi de tout un tas de tirs au hasard". Mais la recherche par le "Bureau" (du Sunday Times) a révélé que depuis qu'Obama a pris ses fonctions il y a trois ans, entre 282 et 535 civils ont été tués, selon un rapport jugé crédible, dont plus de 60 enfants. Une enquête de trois mois, y compris les rapports des témoins oculaires a trouvé la preuve qu'au moins 50 civils ont été tués dans les tirs qui ont suivi quand ils s'étaient rendus pour aider les victimes. Plus de 20 civils ont également été attaqués dans les attaques délibérées sur les funérailles. Ces tactiques ont été condamnés par les plus grands experts juridiques. Il ya eu 260 attaques par des prédateurs sans pilote ou Reapers au Pakistan par l'administration Obama - en moyenne une tous les quatre jours. Parce que les attaques sont menées par la CIA, aucune information n'est donnée sur le nombre de victimes". A l'époque, Obama avait même été soutenu par Joe Klein, l'éditorialiste du Time, supporter d'Hillary Clinton, qualifié par certains autres journalistes de "sociopathe".... en allant jusqu'à remettre en cause la mort constatée d'un enfant de quatre ans. "Nous devons tuer leurs enfants pour protéger les nôtres" était-il allé jusqu'à dire... révoltant un bon nombre de commentateurs.

L'Amérique ne peut aujourd'hui qu'être embarrassée par ce genre de témoignages de pilotes écœurés par ce qu'on leur a demandé de faire. Car lui revient en retour une habitude historique, à cette Amérique, en quelque sorte, rappellée ici crûment par Margaret Kimberley du Freedom Rider  : "l'Amérique a une longue histoire de meurtres d'Etat ​, et ces meurtres n'excluaient pas les enfants. Les enfants indiens en ont été victimes partir du moment où les premiers Européens sont arrivés dans leur pays. Les Britanniques, les espagnols et les français ont apporté d'emblée la maladie, l'asservissement, aux premières nations américaines. Le 29 Novembre 1864, les troupes de la milice du Colorado a tué plus de 200 Arapahos et Cheyennes à Sand Creek. Les victimes étaient presque toutes des femmes, des enfants et des vieillards. Les témoignages des enfants parlent d'enfants abattus, d'un foetus retiré de sa mère et de scalps, et de mutilations de nombreuses victimes telles que le chef chef Cheyenne Antilope Blanche. « En plus de scalper les soldats lui ont coupé le nez, les oreilles, et les testicules - ces dernières pour en faire une blague à tabac ..." Revient alors en tête le film "Soldat Bleu", relatant ce massacre gratuit, un film qui, je me souviens bien, avait soulevé des haut-le-cœur dans la salle où j'étais allé le voir, à Lille en 1970. Un film fort, pour l'époque, alors peu encore habituée à voir ce côté des guerres indiennes.

Les massacres incessants se sont poursuivis au Pakistan : le 3 janvier dernier, c'était au tour du mollah (Maulvi) Nazir de mourir sous un tir de drone. Un personnage fort représentatif de la duplicité entretenue par l'ISI pakistanaise et la CIA, comme l'avait écrit Schmidle, porte-parole officieux du Pentagone comme on a pu le lire ici : "Votre deuxième question - oh, à propos des agences de renseignement, je veux dire, à partir du point de vue pakistanais sur la sécurité nationale, les organisations djihadistes ont toujours été actifs nationalement. Ils ont toujours été actifs stratégiquement, et pourraient être utilisés pour faire avancer les objectifs nationaux du Pakistan et des objectifs dans la région - en Afghanistan et en Inde. Donc, il ya certainement encore des relations entre les agences de renseignement avec certains membres de ces groupes. Il y a aussi - et je pense que c'est vraiment important de le comprendre - il existe une division - et cela devient aussi de retour au thème que j'ai mentionné au sujet de la sorte de schizophrénie au sein de l'Etat - il ya une division dans l'esprit de l'appareil de renseignement pakistanais comme quoi certains talibans sont de bons talibans et certains talibans sont de mauvais talibans. Voici ce qu'est cette division : dans le Sud-Waziristan, Baitullah Mehsud est, sans doute, dans l'esprit du gouvernement pakistanais, un taliban "mauvais" parce qu'il concentre la plupart de ses efforts pour combattre le Pakistan, alors que le Maulvi Nazir (ici en photo en haut à gauche devant ces hommes), qui est un autre commandant militant dans une autre partie du Sud-Waziristan, est considéré comme un "bon taliban" bon parce qu'il est seulement intéressé dans la lutte contre les Américains et les Afghans en Afghanistan. Donc, vous le savez, je parlais à un officier pakistanais, un officier de très haut niveau général il ya un an. Et nous parlions d'un incident qui s'était produit dans le Sud-Waziristan en Avril 2007, dans laquelle les talibans locaux avaient chassé les éléments étrangers ouzbeks d'Al-Qaïda hors de leur zone. Et la question était de savoir comment - vous savez, comment pourraient-ils faire cela ? Il y avait des rapports - non, des rumeurs - comme quoi l'armée pakistanaise les a aidés. Et ce général m'a dit plus tard que, oui, c'est vrai, que nous, l'armée pakistanaise, nous avons dit à nos soldats d'enlever leurs uniformes, de porter des vêtements locaux, et de s'engager à lutter avec les talibans pour pousser ces étrangers Ouzbeks hors de cette de zone". L'ISI qui ferait la chasse aux militants d'Al-Qaida recrutés à l'étranger ? 
 
Une bien étrange façon de faire.... que j'avais relevé que pendant que l'on faisait la chasse aux "mauvais talibans", les "bons" étaient épargnés et vivaient même plutôt... tranquillement au Pakistan même, protégés par l'ISI, au vu et au su de la CIA qui n'ignorait rien de leur localisation : "Vous aurez noté le nom du Maulvi Nazir dans sa catégorisation du "bon taliban" selon l'ISI (et donc celui à éliminer, pour les USA)... c'est la définition qu'en donne... Wikipedia. Pour quelqu'un ayant vécu deux ans au Pakistan, il est fort étrange de ne pas citer Abdul Kabir, plutôt... celui qui, de 2006 à 2008 habite une vlla bien connue à Abbottabad... Les "bons militants" soutenus par l'ISI... et objets des tirs de missiles Hellfire à partir des drones... ou des opérations commandos... quand le tir de drone s'avère risqué." Un mollah Kabir qui aurait été capturé le 21 février 2010 (selon Fox News)  et dont on n'a plus rien entendu depuis... le 3 octobre 2011 c'était Al-Awlaki et son fils qui étaient tués  : celui qui avait visité le Pentagone peu de temps après le 11 septembre, comme invité à déjeûner... Les drones servent décidément à effacer beaucoup de traces embarrassantes, en plus de tuer des enfants à la pelle !
 
Ces visions d'enfants abattus ont fini par miner notre pilote nous conte le Daily Mail : "un jour, il s'est effondré au travail, et s'est même mis à cracher du sang. Le médecin lui a ordonné de rester à la maison et de ne pas retourner au travail jusqu'à ce qu'il puisse dormir plus de quatre heures par nuit pendant deux semaines d'affilée. "Six mois plus tard, j'étais de retour dans le cockpit, pilotant des drones," a dit Bryant au Spiegel Online. Mais il a été ensuite diagnostiqué avec le syndrome de stress post-traumatique. Maintenant, M. Bryant a quitté l'armée et est de retour à la maison dans le Montana où il se remet tranquillement. « Je n'ai pas rêvé en infrarouge depuis quatre mois", dit-il avec un sourire..."
 
 
Document à consulter : "Drone Warfare : Killing by Remote Control" de Benjamin Medea 

 

(*) "Aucun militaire digne de ce nom ne peut expliquer la décision prise. Aucun. Même si Petraeus parle après coup de "repère de talibans", car il lui faudra alors passer tout le pays au tapis de bombes pour les éradiquer tous, à ce rythme. On lui souhaite bon courage. A part une énième et inutile démonstration de force, on ne comprend toujours pas l'intérêt, pour rallier des populations à sa cause, de raser ses villages et de vouloir les remplacer par des maisons "made in america" (ou des bungalows type Katrina ?). Un seul village de rasé, croyait-on au départ ? Non, trois : Tarok Kolache, Khosrow Sofla et Lower Babur, qui ont été passés à la moulinette du tapis de bombe version opération Linebacker, revue et corrigée. Pour tenter d'expliquer pourquoi, Wired est allé interviewer le responsable véritable des trois bombardements, le Lt. Col. David Flynn qui n'en démord pas : les villages ont été anéantis car ils étaient bourrés de bombes talibanes, selon lui. Pour Tarok Kolache, il affirme avoir employé la bagatelle de 49,200 lbs comme poids de bombes : 22,3 tonnes de munitions. Ce qui revient cher le kilo de "roadside bomb" détruit ! Mais selon lui, les trois villages seront bel et bien reconstruits : le Père Ubu n'aurait pas fait mieux ! Alfred Jarry doit être aux anges ! Les raisons invoquées tiennent difficilement la route : en fait, le désormais célèbre David Flynn est une personne traumatisée. Sa photo, peu flatteuse (terrible cliché), présentée dans l'article de Wired semble en dire long sur son état d'esprit. Si tenté qu'il en ait un encore."
 
(**) capable d'écrire ceci  : "Eh bien cette fascination morbide, que ce soit pour les feux d'artifices ou pour les trucs atroces que les boys voient le long des routes et qu'ils filment tant qu'ils peuvent, parfois avec un sourire jusqu'aux oreilles, je ne l'avais jamais vue aussi bien rendue que dans Generation Kill. Le contraste avec les quelques scènes de pure poésie qui ponctuent l'épisode est d'autant plus fort." Avec une petite lueur de lucidité ici : "Mais d'une part, je me dis que déshumaniser ainsi l'ennemi et les civils, c'est sans doute une manière de se protéger contre une culpabilité qu'ils ne peuvent pas se permettre d'éprouver. Et la lucidité dont fait preuve la plupart des guys, si elle ne rattrape pas tout, aide un peu à leur pardonner leur excès d'arrogance." Drôle de "sorcière" : "la Sorcière a la chance d'avoir un oncle très éloigné qui vit en Amérique et lui envoie gracieusement tout ce qui se fait de meilleur ou presque en matière de séries. Dans ma liste (sur le côté, là, si si, regarde bien, banane !), tous les titres sont en VO. Et attention aux spoilers car forcément, il y a parfois une saison d'avance sur ce qui a été diffusé en nos contrées gauloises."
 
 
 

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31 réactions à cet article    


  • jako jako 9 janvier 2013 14:58

    Bonnes infos même si dans ce cas « bon » est peut être déplacé devant de telles ignominies.



      • OMAR 9 janvier 2013 17:00

        Omar 33

        Obama restera peut-être dans l’histoire comme le Prix Nobel de la paix qui a le plus de morts innocents sur la conscience.
        Car non seulement les dégâts collatéraux sont inévitables, mais en plus, ces assassinats ciblés sont souvent fomentés sur des hypothèses bâties par les services secrets.
        Des mises à mort sans procès.
        C’est une guerre d’intellectuels qu’il a déclenchée, disent ses détracteurs. En pointillé, une guerre sans honneur....

        Mais existe-t-il une notion de l’honneur chez les américains ?


        • morice morice 9 janvier 2013 17:22

          oh vous savez il a déjà été battu en 1973...



          et largement.... comme quoi, voyez, l’histoire est importante....


          • chems eddine Chitour 9 janvier 2013 17:48

            Merci Morice

            Votre article rejoint le mien et est plus documenté. Vous avez raison d’avancer que les guerres assymétriques sont dépassées. C’est de mon point de vue des assassinats voire des c rimes de masse . 
            Quand un kamikaze ( la première fois qu’on en parle, c’était avec les pilotes japonais qui se lancaient avec leurs avions sur les bateaux américains).
            Quand un damné de la terre veut se battre, l a le choix de le faire avec des arbalètes, et là il n’y a pas photo, le résultat est connu d’avance. Il peut aussi se dévouer pour une cause à laquelle il croit contre un envahisseur en donnant sa vie. C’est à dire délivrer son pays meme si lui sait qu’il ne profitera pas des bienfaits de la liberté. Il est vrai qu’il y a des bavures, et la situation est tellement complexes qu’il est facile de de loin de porter des jugements de valeur.
            Vouloir mettre sur le même plan l’agresseur et l’agressé n’est pas moral. 
            Le marché de la mort ne s’est jamais aussi bien porté. 1200 milliards de dollars, alors que 50 milliards pourraient selon la FAO éradiquer la famine. La doxa occidentale devrait se prononcer honnêtement sur ce paradoxe qui est d’imposer une paix aéroportée au nom des droits de l’homme de tous les hommes, que ce même Occident n’arrête pas de bafouer. Ainsi va le monde

            Pr. Chems Eddine Chitour
            Alger

            • morice morice 9 janvier 2013 18:40

              Merci, je suis ravi qu’on soit deux à avoir perçu cette réflexion de ce qui a été un tueur sous les ordres, mais le terme « la doxa occidentale » m’ennuie un peu. L’expression est trop liée à des extrémistes pour que je la retienne. Je reviendrais bientôt sur les dépenses américaines en armement. Une gabegie qui empêche les pauvres, dans le pays, d’avoir une couverture sociale correcte  : la société US est VIOLENTE avec les autres peuples, mais aussi avec elle-même !!!


            • Rensk Rensk 9 janvier 2013 21:26

              Vous n’êtes vraiment pas les « deux seuls » (envie d’être vu comme martyr ?)

              Ben tiens, en France, Georges Moréas... Commissaire principal honoraire de la police nationale est lui aussi sur « Le Monde » a se poser « gentiment » la question de la légalité...

              Ce que je sais c’est qu’à Genève, au siège de l’ONU, il y a aussi pleins de questions de divers États (même pas attaqués par des drones) qui demandent des règles bien plus (mieux) définis vu que parait-il... ces outils sortent des règles de la guerre et de ses abus (crimes)...



            • ptimarc 9 janvier 2013 21:06

              la guerre assymetrique,ou la guerre des laches.

              les larmes de crocodile des anti heros.ils tuent,mais ne peuvent meme pas s’en« vanter » car ils n’ont plus comme leurs ancetres des guerres traditionnelles,l’excuse d’avoir eu à se défendre. d’avoir au moins risqué « leur » vie.

              ce ne sont que des tueurs à gage.

               


              • Rensk Rensk 9 janvier 2013 21:35

                Tiens morice, beaucoup de visiteurs qui ne savent quoi dire mais savent cliquer... une fois de plus...

                Ce sont peut-être des gens qui sont prêt a prendre la place de Brandon... A voir certains commentaires dans divers pays... semble qu’il y en a beaucoup qui aiment la guerre sans risque pour eux-même. Jusqu’au jour où ils seront eux-même attaqués par des drones... dans leurs lieu de « travail », un container muni de l’air conditionné, de plusieurs écrans et deux fauteuilsplutôt moelleux.


                • rouge sang 9 janvier 2013 22:41

                  et vous, vous écrivez d’ou ?


                • Rensk Rensk 10 janvier 2013 22:25

                  Anarchiste jurassien, qui a eu droit a son État dans l’État... Dick Marti nous « surveille » au nom de l’État « central » (et éventuellement non centralisateur)...

                  La France a accepté 2 de nos réfugiés (bien après la 2ème)...

                  Ayant un appartement au Valais, a 10 minutes a pieds de la tuerie de Daillon... Je précise que nous n’avons pas de montagnes... mais faisons quand-même du ski quand il a assez neigé.

                  Je travail pour 5.40 de l’heure a mi-temps (22.- jour = 11.09% de mon salaire journalier y passe pour un café et un ballon (petit pain) a la pause de 9 heures...

                  Dites moi si vous voulez en savoir plus... suis ouvert a la causette. (moi !)

                  PS : morice, je sais voir, comprendre et réagir... Même si je dois « déplier » les choses smiley


                • rouge sang 9 janvier 2013 22:40

                  on peut éspérer que les drones serviront un jour a ne tuer que militaires et ou assassins au lieu de bombarder et de tuer aussi des milliers:millions d’innocents. Les méthodes par exemples Israéliennes de raser un paté de maison ne sont certainement pas mieux.. La guerre propre ce n’est pas pour demain.


                  • zomboid zomboid 9 janvier 2013 22:44

                    Quand le ricain a du plomb dans la tête il se souvient qu’il a une conscience avec pleins de morts dessus alors il gerbe prend un cacheton oublie tout et ré appuie sur la gachette.


                    • morice morice 9 janvier 2013 23:15

                      celui là ne s’est pas suicidé, on va dire heureusement.


                      combien l’ont fait alors qu’ils étaient pilotes de drones ? Aucune étude là-dessus.

                    • Rensk Rensk 10 janvier 2013 22:42

                      @ morice,

                      Très juste, rien trouvé dans mes propres recherches et de celles de mes « amis » de part le monde...

                      Y en a un qui m’a demandé de vous demander si les psys et pharmacologues ont fait de très bonnes affaires comme dans son pays, l’Australie...


                    • bernard bernard 10 janvier 2013 09:29

                      Dans leur esprit, les ricains sont les sauveurs du monde,

                      ...de la liberté...la leur. smiley
                      ...de l’égalité...leurs intérêts. smiley
                      ...de la fraternité...tous le américains naissent libres et égaux... smiley

                      Alors après, ce que pense les autres n’est visiblement pas leur...problème. :p)


                      • DanielD2 DanielD2 10 janvier 2013 12:52

                        Tout le monde sait que croire à une guerre propre, c’est comme croire aux licornes. 


                        Après, quel différence fondamental ça fait si le pilote d’un avion est dans le cockpit ou si il télécommande à distance ? Et un artilleur qui va bombarder une ville à 30 kilomètres de lui ?

                        • morice morice 10 janvier 2013 13:35

                          le problème s’était déjà posé au Viet Nam, comme je l’ai écrit et comme l’a dit Viriiio. Mais aujourd’hui on ne possède PAS les photos des objectifs bombardés... RÉSULTAT, ON PEUT MENTIR SUR TOUT. Ce qu’ont fait les américains durant Desert Storm. Comme je l’ai écrit ici.


                          pour VIRILIO, l’dée est venue de la VITESSE des avions : avant, on avait le temps de VOIR les gens mourir sous le feu.

                          avec la réaction non, et encore plus avec les missiles en presse-bouton = plus de sentiment d’avoir tué.

                          donc ce n’est PAS la même chose, historiquement.

                          donc, votre avis est un peu « léger » et surtout mal informé.



                          • Pyrathome Pyrathome 10 janvier 2013 14:04

                            Grincheux est cerné de toute part...
                            http://www.europe1.fr/France/Karachi-Sarkozy-sera-mis-en-examen-Me-Morice-1374021/

                            Karachi : Sarkozy sera mis en examen (Me Morice).....

                            • morice morice 10 janvier 2013 14:27

                              faut ressortir la vidéo sur la fable...



                              regardez ces rictus, ses regards et ses gesticulations qui l’enfoncent...

                              ’« respectons la douleur des victimes », j’espère qu’on lui le rebalancera.... au procès.

                              SON RIRE obscène le tuera, politiquement. Le même rire que devant les cercueils de soldats....

                            • dom y loulou dom y loulou 10 janvier 2013 14:38

                              salutaire et excellent billet en ce jour morice, merci



                              • Gaetan de Passage Gaetan de Passage 10 janvier 2013 17:32

                                Il n’y a jamais de guerre propre. C’est bien sûr un mythe absurde

                                Brandon Bryant n’aurait pas dû être militaire, qu’a-t-il donc cru ?




                                • morice morice 10 janvier 2013 18:24

                                  Il n’y a jamais de guerre propre. C’est bien sûr un mythe absurde

                                  Brandon Bryant n’aurait pas dû être militaire, qu’a-t-il donc cru ?

                                  vous savez ce n’est pas avec le niveau de ce qui passe dans les écrans de Fox News qu’il aurait pu le comprendre. On a affaire à de quasi-demeurés là... 

                                  En période de chômage, tout est bon à prendre et l’armée recrute à tour de bras.

                                  les 3/4 des violences faites par les soldats US sont le fait d’un racisme latent jamais canalisé, d’une éducation qui baigne dans la violence et d’un patriotisme de pacotille qui cache la défense d’intérêts capitalistes et rien d’autre.

                                  Je ne cherche pas à l’excuser, je cherche à le comprendre.

                                  Vous vivriez aux USA, nul ne dit que vous auriez le recul suffisant pour le blâmer.

                                  Et je pense comme vous : la guerre propre est un mythe, que j’ai expliqué récemment encore ici :


                                  • Gaetan de Passage Gaetan de Passage 10 janvier 2013 19:46

                                    Oui, le contenu de l’enseignement dépend largement des états aussi je crois. Quand je pense qu’on enseigne le créationnisme à certains endroits. Ce n’est pas rassurant.


                                    • morice morice 10 janvier 2013 21:28

                                      Oui, le contenu de l’enseignement dépend largement des états aussi je crois. Quand je pense qu’on enseigne le créationnisme à certains endroits. Ce n’est pas rassurant.


                                      en 2007, un copain m’a appelé des Etats-Unis. ll me décrivait ce qu’il était en train de voir dans l’école où il était arrivé : les bibliothécaires apposaient sous des textes historique des auto-collants proposant la version créationniste de l’événement décrit au dessus de l’auto-collant. Son commentaire : « tu ne va pas me croire, mais je viens d’atterrir chez les fous »

                                      rien n’a changé depuis.

                                      • Defrance Defrance 13 janvier 2013 22:03

                                        Bonsoir Morice, 

                                          Chez les étasuniens tout ce qui peut se transformer en Fric est intéressant ! Créationniste, pourquoi pas, ils vont dans des écoles payantes pour faire des prêche sur n’importe quoi, avec bien sur dollars à la clé comme Clinton ou Sarko en politique ! 

                                          Un de mes collègue de Houston a quitté son poste de responsable de division software pour suivre des cours de prêche et en faire son nouveau métier ! 

                                          Un autre de la même boite m’a demandé un jour de passer le prendre à son hôtel (prés des champs Elysés) pour l’emmener à aéroport, il est sorti de l’hôtel avec deux jerricanes de 20l d’eau de Lourdes qu’il m’a demandé de lui envoyer par DHL ! C’était m’a t il dit pour faire des baptêmes « High Cost » ! 

                                         Chez ces gens là, la vie, la mort, sont largement suplantés par LE FRIC ! 

                                         

                                          


                                      • Gaetan de Passage Gaetan de Passage 10 janvier 2013 22:22

                                        Heureusement, les USA sont assez diversifiés. C’est un véritable patchwork ethnique, culturel et religieux. Dans le nord et les grandes villes on peut trouver un enseignement scientifique de bonne qualité.


                                        • morice morice 10 janvier 2013 22:30

                                          patchwork certes, mais le problème quand il fait une guerre c’est un pays, pas un groupuscule.



                                          • morice morice 12 janvier 2013 00:18

                                            La modération, pour la énième fois, ce ne sont pas les posts de rouge sang ex magma/gamma que je vous demande d’effacer, mais bel et bien de supprimer son compte, après ses dernières saloperies postées.....



                                            cela n’affiche pas ses saloperies.... reprises des délires... de TALL.

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