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Accueil du site > Tribune Libre > Le bois, l’eau et le pétrole : voici les ressources dont il faut (...)

Le bois, l’eau et le pétrole : voici les ressources dont il faut prévoir l’épuisement

La crise de l'eau de Brian Richter photo© d'illustration p122

L’abondance des ressources naturelles inhérentes à toute vie sur terre ne revêt plus ce caractère inépuisable qui pourrait expliquer l’étourderie des consommateurs et producteurs.

Les ressources naturelles comme le bois, l’eau et l’énergie sont des produits d’une nécessité absolue. Notre communauté est fondée sur elles car, indispensables à la satisfaction des besoins les plus simples comme les plus complexes. Leur épuisement progressif suscite de plus en plus de conjectures dans un contexte où tous les pays sont confrontés à la compétition économique et à la pression démographique. L’importance de ce trinôme nous emmène à nous interroger sur la situation qui pourrait découler de leur épuisement. Le bois, l’eau et l’énergie sont liés à des civilisations, à des climats, à des habitudes inchangeables et cela à tel point qu’il serait déterminant d’anticiper leur inévitable pénurie. Nous devons exploiter de façon plus significative, les pistes qui s’offrent à nous.

Il n’y a rien de plus normal que de prendre un nouveau cahier lorsque celui que nous avons sous la main n’a plus de pages vierges. Quoi de plus intéressant que de pouvoir changer les meubles de la maison lorsqu’ils deviennent vieillissants ? Quand l’hiver approche, quel foyer ne pense pas à l’idée de chauffage ? Pour tous ces besoins, le bois est la principale ressource. De ce fait, nous pensons que plus une matière est importante, plus il faut s’atteler à assurer sa pérennité, dans certains cas, son renouvellement ou dans d’autres, son remplacement. Dès lors, comment maintenir les avantages que nous tirons de cette ressource sans compromettre l’avenir ? Voilà une préoccupation qui nous pousse à avoir un regard prospectif.

Heureusement pour nous le bois est une ressource renouvelable et la sylviculture se pratique de plus en plus dans un certain nombre de pays qui ont compris la vision prospective. Au-delà de l’aspect didactique de ce terme, il faudrait en faire une pratique suivie dans tous les pays du monde. Quand on consomme, il faut remplacer. Chaque pays devrait avoir un calendrier sylvicole respecté selon ses capacités forestières et ses besoins. Au sein des organisations régionales, cela devrait faire l’objet d’un programme annuel. Selon Eurostat, parmi les pays membres de l’Union Européenne, la Suède a produit le plus de bois rond (74,3 millions de m3) en 2015, suivie de la Finlande, de l’Allemagne et la France et environ un quart de la production de bois rond est utilisé comme bois de chauffage et trois quarts sont du bois industriel utilisé pour le sciage et le placage ou pour la production de pâte de papier. La sylviculture est donc la meilleure alternative au besoin croissant de bois si l’on ne veut pas se retrouver à grignoter les forêts classées.

Aussi, là où il pourrait avoir débat quant à l’indispensabilité du bois dans la survie de l’homme, tout le monde s’accorde à dire que “ l’eau est source de vie “. On le dit sans véritablement saisir sa sacralité, vu qu’on peut en avoir à volonté, juste en ouvrant le robinet. Or c’est un bien rare, convoité et même source de conflit sous d’autres cieux. Brian Richter dans son œuvre la crise de l’eau traduite de l’anglais par Olivier Evrard rappelle certaines mises en gardes des dirigeants de l’ONU. Nous étions encore en 1985 lorsque Boutros Boutros Ghali, qui deviendra secrétaire général des Nations Unis sept ans plus tard, avertissait que « la prochaine guerre au Moyen-Orient porterait sur l’eau, et non sur des questions politiques ». Ce fut un coup de semonce dans le monde entier conduisant de nombreux pays à réfléchir sur leurs propres besoins futurs en eau. Koffi Annan le successeur de Boutros Boutros Ghali à l’ONU, a mis le monde en garde en 2001 en disant que « la concurrence féroce pour les ressources d’eau douce pourrait devenir une source de conflits et de guerres à l’avenir ». Parce que les dégâts économiques et sociaux du manque d’eau sont désastreux, il importe urgemment de trouver des solutions et Brian Richter dans son œuvre nous en propose six (6) qui selon un ordre de coût décroissant sont : le dessalement, la réutilisation de l’eau, l’importation de l’eau, le stockage de l’eau, la gestion des bassins versants et la conservation de l’eau. Le dessalement de l’eau de mer, bien que couteux (nécessite une grande quantité d’électricité), est une piste des plus rentables qu’on pourrait explorer car il protège les sources d’eau douce naturelles que sont les rivières, les lacs et les aquifères d’une exploitation accrue. À ces propositions louables nous ajouterons qu’il faut éduquer les populations au minimalisme. En juillet 2017, dans son rapport sur le sujet de l’eau, l’OMS estime à 844 millions, le nombre de personnes qui ne disposent pas d’un service de base d’approvisionnement en eau potable. Parmi ces personnes, 90 % vivent en zones rurales et ne bénéficient pas des avancées de leur pays, selon l’UNICEF. Il ne devrait donc pas avoir place au gaspillage dans les grandes villes où l’on ne connait pas ce problème : il faut éduquer les populations à juste utiliser ce qu’il faut et à faire réparer avec empressement les dispositifs défectueux.

Enfin, le calme sur le front géopolitique est toujours menacé à cause des guerres pour l’énergie. Le prix du pétrole ne cesse de grimper car la demande d’énergie se fait de plus en plus forte. Fixée à 53 dollars, le baril de pétrole devrait atteindre 56 dollars en 2018 sous l’effet de l’augmentation constante de la demande, des accords entre producteurs sur une diminution des volumes de production et de la stabilisation de l’extraction de l’huile de schiste aux États-Unis, indiquait la banque mondiale en octobre 2017. Qu’est-ce qu’il faut faire pour prévenir la crise de pétrole et toutes les autres sources d’énergie ? Maitriser la demande, accroitre le rendement des installations, se tourner vers les énergies renouvelables, lutter contre le gaspillage sont entre autres les choses à faire pour y arriver. À côté de tout cela, il y a de nouvelles formes de production d’énergie par le recyclage des déchets et autres matières dont il faut évaluer la productivité et si nécessaire les développer. Rien n’est à négliger, pourvu que cela participe à réduire la pression à quelque niveau que ce soit.

 

En guise de conclusion, nous pourrions affirmer aisément que le monde tel qu’il va, foncerait droit dans un mur si des mesures pratiques ne sont pas prises afin d’anticiper l’épuisement des ressources naturelles. Le bois, l’eau et l’énergie sont inhérents à notre survie si bien que prévoir leur épuisement ne serait pas une tâche de trop, tant s’en faut.

Yves-Landry Kouamé

kkylandry@gmail.com


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17 réactions à cet article    


  • Dzan 28 février 12:19

    En Limousin, je n’ai jamais vu autant des chênes centenaires, coupés pour en faire du bois de chauffage. Et surtout personne ne replante.


    • nono le simplet nono le simplet 28 février 13:46

      @Dzan
      cela va te sembler bizarre peut être mais la surface de forêts en France est en augmentation depuis un siècle avec 17 millions d’hectares soit prés de 30 % du territoire 


    • Yves-Landry Kouamé 28 février 14:21

      @Dzan Triste constat !! Quand on consomme il faut remplacer !


    • raymond 2 1er mars 10:23

      @Yves-Landry Kouamé
      On n’a pas besoin de replanter un chêne il repart direct de racines et beaucoup mieux qu’un jeune plan.


    • Yves-Landry Kouamé 1er mars 13:31

      @raymond 2 Le chêne occupe le quart du patrimoine de feuillis en France et c’est un grand avantage pour ce pays que de disposer de cette espère qui se régénère vite. Mais qu’en est-il des autres pays du monde ? L’Afrique de l’ouest est menacée par l’avancée du désert du fait de la pression humaine sur les activités forestière. Cela ne vous dit rien ? Pour ces pays en voie développement qui cherchent à peine à se sortir de nombreuses situations de mauvaise gestion, le désert apparaît comme une menace des plus destructrices car n’ayant pas une bonne capacité de résilience.


    • JC_Lavau JC_Lavau 1er mars 13:49

      @Yves-Landry Kouamé. Justement dans la zone sahélienne, l’atténuation de la pénurie en dioxyde de carbone diminue largement la fragilité aux sécheresses, pour toutes les plantes en C3.


      La réalité biologique est à l’opposé de la propagande carbocentriste.

    • Yves-Landry Kouamé 1er mars 20:10

      @JC_Lavau C’est un véritable problème. Au Niger pratiquement un enfant sur deux meurt avant l’âge de 5 ans du fait du manque d’eau, les gens peuvent passer 9 mois sans se laver. C’est aussi une zone d’élevage et quand il n’y a pas d’eau c’est toute une économie qui en paie le prix.


    • JC_Lavau JC_Lavau 1er mars 20:48

      @Yves-Landry Kouamé. Sur le Niger et son hydraulique fantasque, disons que je ne sais rien.

      Plus au nord, je vois deux projets qu’on ne sait ou ne veut financer :
      Turbiner l’eau de la Méditerranée vers la dépression d’El Qattara.
      Le retour d’investissement se compte en siècles : évaporation devenue importante qui améliore la pluviosité régionale, Egypte et Libye. Régions en impasses agricoles.

      Similaire : canaliser et turbiner l’eau du golfe d’Aqaba vers la Mer Morte.
      Les écolos locaux ont interdit. S’en foutent : ils pompent l’eau du Liban et du Golan.

    • Yves-Landry Kouamé 2 mars 00:33

      @JC_Lavau

      Merci de faire avancer le débat sur la question😉 Une chose est sûre : l’eau est une ressource inégalement repartie à la surface du globe. Il convient de réduire au maximum les disparités afin d’éviter cette une sanglante crise de l’eau. Cela passe par la matérialisation de toutes ces propositions que nous faisons.


    • pemile pemile 28 février 12:30

      @Yes-Landry Kouamé "Maitriser la demande, accroitre le rendement des installations, se tourner vers les énergies renouvelables, lutter contre le gaspillage sont entre autres les choses à faire pour y arriver."

      Merci de le rappeler, de nos jours, les solutions simples n’ont pas la cote  ! smiley


      • Yves-Landry Kouamé 28 février 14:20

        @pemile C’est cela, on préfère débourser de grands moyens pour organiser les grands sommets sur l’environnement sans toutefois mettre en pratique les premières résolutions. Les solutions sont là, sous nos yeux, encore faut-il vouloir pour pouvoir.


      • Jean Roque Jean Roque 28 février 12:34

        Il faut remettre le CO2 à sa place originelle, l’atmosphère d’avant que les sales bestioles l’enterrent en charbon et pétrole
         
        Il faut déforester pour des hlm aux migrants africains et leurs 7 enfants par femme. Sinon comment le Capital vendra ses merdes ?
         


        • Choukass 28 février 13:33

          @Jean Roque
          Mon ami, souviens toi du destin funeste de ton ancienne vie. Jean Roque va t’il finir pareil ?


        • pemile pemile 28 février 14:11

          @Choukass « ton ancienne vie »

          Y’a du Baudruche/Jo.Di/Victor/Choucas derrière Jean Roque ?


        • bibou1324 bibou1324 28 février 17:23

          « Le bois, l’eau et l’énergie sont inhérents à notre survie ».


          Je ne suis pas d’accord. L’énergie, une grande partie de la population mondiale vit sans, et vit même très bien sans. L’eau ? Elle ne disparaît pas, elle se pollue. Et boire de l’eau polluée réduit son espérance de vie certes, mais n’empêche pas de survire. Le bois ? Pourquoi serait-il nécessaire ? C’est un vecteur de confort, certes, pas de survie.

          Le français moyen est un ultra-riche qui flippe que les ressources sur lesquelles il compte quotidiennement disparaissent. La diminution des ressources va créer des tensions, peut être des guerres, des problèmes sanitaires locaux sans aucun doute. Bref, les conditions dans lesquelles vivent 90% de la population mondiale actuellement. Rien d’alarmant. Rien en rapport avec la « survie ».

          • Yves-Landry Kouamé 28 février 23:44

            @bibou1324 L’utilité de la forêt est aussi primordiale dans son rôle physique de protection. Elle régularise le climat en abaissant la température moyenne, en diminuant les écarts thermiques en augmentant l’humidité de l’air et en diminuant de l’évaporation et la force du vent. Elle freine l’érosion grâce au feuillage et à l’humus. Elle régularise le régime des eaux par le filtrage de l’eau qui est plus pure. Les feuilles, elles, purifient l’air en absorbant poussières et microbes, en détruisant le gaz carbonique qu’elles enrichissent en oxygène : l’air est plus pur. Les bois et les forêts occupent 28 % du territoire français et on en trouve toujours à côté de son domicile. Le bois est utile à tous les êtres vivants quels qu’ils soient et tout est utilisable en lui. Économique, écologique, même mort il rend service à tous.


          • Yves-Landry Kouamé 28 février 23:47

            @bibou1324 Vous pouvez survivre en buvant de l’eau polluée ?

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