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Accueil du site > Tribune Libre > Le chômage serait-il devenu une fatalité ?

Le chômage serait-il devenu une fatalité ?

La loi d'Okun (1928-1980), après avoir établi une relation entre le PIB et le taux de chômage, ce conseiller de Kennedy a déterminé un taux de croissance minimum afin d'enrayer une baisse du chômage. Si la population active augmente, le PIB se doit d'augmenter du même ordre de grandeur pour parvenir à stabiliser les chiffres du chômage, il en va de même pour la productivité qui s'accroît en continu : standardisation, automatisation, formation, progrès technique, management, etc. Pour que la courbe s'inverse, la France se doit de gagner 2 % de PIB, ce qui revient à créer plus de 100 000 emplois pour seulement « étaler » l'augmentation d'actifs ! Le plein emploi est devenu une utopie, en cause : la réduction du temps de travail sans véritable création de nouveaux postes et l'augmentation de la population active (démographie, immigration, recul des départs à la retraite). Si la croissance n'est pas au rendez-vous, le chômage devient endémique.

Comment inciter des secteurs en berne à réduire leurs activités, et d'autres à augmenter leur production tout en assurant des passerelles pour la main d'œuvre ? Si le turn over ou la flexibilité améliore l'embauche, il ne crée pas d'emplois. Les entreprises recrutent pour faire face à une augmentation de productivité et licencient en cas de difficultés. Une main-d'œuvre nombreuse permet de produire davantage, mais il ne saurait être question d'apprécier la prospérité d'un pays par sa production globale. Le PNB de l'inde dépasse celui de certains pays européens, et pourtant, l'Inde reste un pays pauvre. On doit donc évaluer la production per capita, diviser la production totale par la population totale et non la seule population active. L'objectif de la croissance n'est donc plus la production du plus grand nombre de biens, mais de produire la plus grande quantité de biens par personne.

Le chômage a bien plus d'incidences sur la vie sociale que la seule privation d'emploi ; il accroît les inégalités entres les strates sociales par le jeu de l'âge, de la formation, de la qualification. On parle d'inégalité du chômage. L'allongement de l'espérance de vie, la dénatalité ont une répercussion sur le droit à la retraite. Le mode de financement des retraites et autres bénéfices sociaux repose en grande partie sur les salaires à la charge de l'employeur et du salarié, ce qui ne fait qu'accroître le coût du travail et celui du capital investi. On va travailler de plus en plus longtemps (recul de l'âge du départ à la retraite, nécessités financières), les jeunes ne pourront accéder aux postes de responsabilité occupés par les « seniors » ou les pantouflards, alors qu'ils seront les plus aptes à offrir une meilleure capacité d'adaptation et de perception aux mutations sociétales et/ou technologiques.

La progression des dépenses de santé va de pair avec le vieillissement d'une population grande consommatrice des soins et médicaments, auxquels il convient d'ajouter les coûts liés à la haute technologie des équipements médicaux qui sont de plus en plus sophistiqués, ce qui entraîne leur obsolescence rapide et leur remplacement. Près de deux tiers des européens placent la recherche médicale et pharmaceutique au premier rang des actions prioritaires de l'État. La médecine est devenue un secteur majeur de l'économie et de la recherche fondamentale et appliquée. La croissance en rapport avec la recherche appliquée requiert une main d'œuvre hautement spécialisée de façon à pouvoir toujours innover et participer à la captation de nouveaux marchés.

Le PNB ne traduit que la production des biens et de service, il néglige les effets de la croissance sur la qualité de vie. La volonté de toujours vouloir produire plus entraîne d'autres coûts sociétaux : pollution, saturation des biens, prolifération des déchets, nuisances, burn-out, couples monoparentaux, etc., facteurs qui contribuent à réduire le bien être collectif. Pour l'Organisation mondiale pour la santé, la notion de santé est : « le complet bien être physique, mental et social ». Les dépenses liées à la santé sont de plus en plus des dépenses visant à l'épanouissement personnel, ce qui ne manque pas d'entraîner une incidence sur les coûts. On s'oriente vers la création et l'essor de sociétés de services, de soins, de loisirs car la productivité n'y joue qu'un rôle faible. En contre partie, ces activités sont liées au niveau du pouvoir d'achat des consommateurs.

Les années de croissance rapide qu'on connu les pays industrialisés ont été marquées par l'arrivée massive de travailleurs étrangers. Au coût social des étrangers venus travailler, il convient d'y inclure celui des membres de la famille venus les rejoindre et qui sont parmi les premiers touchés par le chômage. Cette population d'origine étrangère croît dans des proportions nettement supérieures à celle des nationaux, personne n'a l'idée de comparer la courbe des actifs qui iront grossir les rangs des chômeurs avec celle de l'immigration..., phénomène aggravé par leur plus grande jeunesse et son dynamisme démographique. Plus une population est nombreuse, plus elle augmentera d'année en année, augmentation qui viendra s'ajouter à celle de l'année précédente. Si nous faisons appel de plus en plus à de la main d'œuvre pour un secteur donné, nous atteindrons un seuil pour lequel chaque travailleur supplémentaire ajoutera une production supplémentaire inférieure à celle de l'ouvrier précédent. La MO augmentera, mais la production par travailleur diminuera !

Une économie stagnante qui ne créée pas d'emplois nouveaux enregistre une hausse du chômage. En matière de stabilisation de l'économie, les choix relèvent essentiellement de la politique menée. Les tentatives pour réduire le taux de chômage sont diverses. En premier, les programmes de formation et de recyclage. Si un travailleur d'un secteur en difficulté réussit sa reconversion vers un secteur émergent, il y aura un demandeur d'emploi de moins, mais cela contribuera aussi à atténuer la pénurie de la main d'œuvre qualifiée. Pour que la formation débouche sur un emploi, elle se doit d'être la plus courte possible, sinon, le marché peut avoir évolué et l'emploi visé n'être plus adapté aux réalités économiques. Lorsque le chômage est plus élevé dans une région qu'une autre, le gouvernement peut y favoriser les initiatives grâce à divers avantages fiscaux dans l'espoir d'accroître la mobilité des travailleurs.

L'utopie du plein emploi semble avoir vécu, d'autant que la robotique capable de produire plus avec moins de personnel détruit des emplois... Une croissance modérée ne saurait plus suffire à enrayer la progression du chômage. Une croissance soutenue est un phénomène qui date de la révolution industrielle. La plupart des personnes estime qu'il est souhaitable de produire d'avantage de richesses, pour elles, une économie saine reste une économie capable de produire toujours de plus en plus. C'est le chien qui se mord la queue, nos enfants iront rejoindre la cohorte des sans emplois. On a de plus en plus de vendeurs de pizza, de caissières titulaires d'un troisième cycle (niveau 1). Selon certains économistes, seulement 10 % des postes nécessitent un niveau d'étude supérieur au brevet des collèges, de s'interroger sur la nécessité à vouloir toujours plus de bacheliers alors que des CAP ou BP seraient suffisants, et du surcoût engendré. Une solution possible passe par la réduction de la population active ou le revenu universel..., pour ainsi espérer stabiliser la dette au lieu de la laisser à nos enfants et accroître la pauvreté et la précarité.

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32 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 8 juin 09:22
    Le meilleur outil de l’ingénierie sociale pour manipuler les masses serviles zombifiées par l’EN et les media...

    Le Grand œuvre, la pierre d’achoppement qui réduit les sociétés les plus socialement avancées à l’état de jungle, l’état inférieur à l’état de nature dont parlait Rousseau.

    Nous allons devenir des sous-primitifs, intéressant comme perspective, non !?

    Non ?

    • NEMO Clark Kent 8 juin 09:33
      Contrairement au concept de « surplus relatif de population » qui intègre les personnes étant dans l’incapacité de travailler, celui d’ « armée de réserve de travailleurs » permet d’analyser le phénomène du chômage dans les sociétés capitalistes. 
      Ce n’est pas nouveau et le phénomène lui-même ne disparaitra qu’avec ce système car il constitue un de ses leviers qui, outre l’adaptation de l’ « emploi » aux fluctuations de la conjoncture, permet de diviser les salariés et de briser les luttes par l’instrumentalisation des migrants et des travailleurs détachés de l’UE transformés, sans en avoir conscience, en soldats de l’ordre établi.

      • Spartacus Spartacus 8 juin 09:35

        Bon en Bavière le chômage est à 1,2% de la population.

        Bien des pays ont un chômage inexistant ou très faible.
        Les USA sont redescendu à 3%.
        En Suisse, Hong Kong, Singapour, Nouvelle Zélande, Pologne, Israël, Pays bas, Corée du Sud, Tchéquie, etc tu trouves un job en 2 jours...
        Mais êtes vous prêt à bouger ?

        Dans un pays ou le secteur marchand est chargé de financer à 57% l’état et sa gabegie et ses castes privilégiées et statutaires....
        Ou le chômage depuis 30 ans n’est jamais descendu en dessous de 7%.
        Ou la résistance aux changements, l’immobilisme est exacerbé.
        Le fatalisme est devenu une croyance...

        Les besoins des hommes sont infinis. Donc d’emplois aussi.
        Mais les barrières à la création et la protection des rentes, de ceux qui refusent le changement empêche la création et l’évolution du secteur marchand seul créateur de richesses et d’emplois.

        • NEMO Clark Kent 8 juin 09:47

          @Spartacus

          à Monaco, le chômage n’existe pas (pour les citoyens monégasques, mais vous n’allez pas chipoter rien que pour m’embêter !), ce qui prouve que les paradis fiscaux, les carrefours de la drogue et de la prostitution, les casinos et les marinas sont les meilleurs systèmes socio-économiques du monde !

        • ZenZoe ZenZoe 8 juin 11:02

          @Spartacus

          La comparaison entre les taux de chômage dans le monde est sujette à caution. En effet, dans certains pays, être chômeur ne donne droit à rien ou presque, et les radiations sont la règle etc ... les gens privés d’emploi n’ont donc aucune raison de s’inscrire ou ne le restent pas longtemps ...d’où un taux de chômage forcément plus bas.
          En France, être chômeur ouvre des droits à plusieurs aides sociales, des réductions sur les transports, des formations rémunérées, des points retraite etc... .. d’où l’intérêt pour un chômeur de rester inscrit ... d’où un taux de chômage forcément plus élevé...

          Le taux de chômage ne veut pas dire grand chose en fait. Il y a surtout un problème partout dans le monde avec l’offre d’emploi, la rémunération du travail, la répartition des richesses et la grande pauvreté, mais c’est un autre débat.


        • aimable 8 juin 11:18

          @Clark Kent
          dans les pays cités il y moins de chômeurs mais plus de travailleurs pauvres voir très pauvres, c’est le principe des vases communiquant ce qui ne change pas grand chose a la situation des individus, mais pour les statistiques le chômage baisse et cela permet a Spartacus de le chanter sur son tas de fumier .


        • Buzzcocks 8 juin 11:23

          @Spartacus
          Avec des taux de chômage inférieurs au chômage structurel, et des taux d’inflation quasi nuls dans les pays cités, et bien, c’est simple, on est dans la science fiction. Si le chômage est quasi nul, les salariés vont aux plus offrants, le niveau de vie augmente et on est dans une spirale inflationniste.
          Or, ça ne se passe pas comme ça, notamment aux USA.

          Trichet dont le mandat à la BCE consistait à juguler l’inflation, disait clairement qu’il ne fallait pas que les salaires augmentent.
          https://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110220trib00060 2790/augmenter-les-salaires-la-derniere-des-betises-a-faire-previent-trichet.html

          Donc pour maintenir des salaires bas pour que les amis de Trichet (des rentiers qui n’aiment pas l’inflation) se gavent, il ne faut surtout pas le plein emploi. C’est dans les mandats de la BCE.

          Bref, vous vivez dans la science fiction... il faut atterrir.... et retourner à la FAC. 


        • Yaurrick Yaurrick 8 juin 13:11

          @aimable

          Un chômeur pauvre est entièrement à la charge de la collectivité, tandis que ce n’est pas le cas d’un travailleur pauvre... Et je ne parle pas du sentiment d’exclusion des chômeurs.




        • Yaurrick Yaurrick 8 juin 13:36
          @Buzzcocks
          Il n’existe aucun pays où le chômage descend sous le taux de chômage naturel (c’est à dire qui correspond à la période de transition entre 2 emplois), celui tendant forcément à 0.
          Par contre il y a divers niveaux de chômage structurel, et la France est plus lotie dans ce cas de figure que ses voisins.
          La volonté de juguler l’inflation, c’est surtout à cause des souvenirs de la république de Weimar. Ne pas oublier qu’en pratique l’ajustement à la hausse des salaires et retraites se font avec un décalage et trop souvent sous le niveau réel d’inflation : les citoyens sont victimes d’une illusion monétaire ce qui se traduit en un impôt indolore et caché.


        • Rmanal 8 juin 14:10

          @Buzzcocks
          Houlà, vous essayez de discuter économie avec qqun qui est juste dans la propagande : vous perdez juste votre temps.
          Le pire c’est que ce sont ses copains Libéraux qui le disent eux-mêmes. Mais lui il peut pas comprendre...

          Je cite, et vous apprécierez la référence je pense : « ..mais une politique monétaire se définit entre deux forces, cette protection du capital et la recherche du plein emploi. »


        • Spartacus Spartacus 8 juin 14:22

          @ZenZoe


          Si la comparaison du taux de chômage est sujette a caution, ce qui n’est pas inexact, il existe aussi le taux d’activité des 18-64 ans qui permettent de croiser et vérifier.

          La encore, avec 71 actifs sur 100 en France, on retrouve les mêmes pays libéraux en tête.
          Suisse, Islande, Allemagne, Nouvelle Zélande, Corée, Australie qui sont entre 82 et 78 actifs sur 100.

          Il y a des pays qui se portent mieux..

        • foufouille foufouille 8 juin 17:27

          @Spartacus

          en zunie, tu as 45 millions se super pauvres aux food stamps.
          tu es toujours une bille, pauvre péripate.


        • ZenZoe ZenZoe 8 juin 18:09

          @Spartacus
          Tout dépend de ce que vous voulez dire par un pays qui va bien.
          Pour moi, le marqueur est celui de la pauvreté persistante et dont les gens ne peuvent pas sortir. Et là, on voit une évolution dangereuse même dans les pays mentionnés.

          Le taux d’activité est en effet plus parlant - mais de quels emplois parle-t-on ? J’ai été voir votre lien, il est très intéressant. On y voit aussi que dans les pays que vous mentionnez il y a un taux non négligeable d’emplois à temps partiel, non rémunéré, temporaire etc...
          Aux Etats-Unis, des vieux de plus de 70 balais sont obligés de bosser quelques heures de ci de là pour survivre, et pas que des vieux d’ailleurs. Pareil pour l’Allemagne, où le phénomène des travailleurs pauvres est reconnu. En Australie, les chômeurs sont tenus d’accepter n’importe quel job sous peine de se retrouver sans rien. Etc Etc. La Suisse semble en effet être une exception ceci dit.

          Quoi qu’il en soit, on peut pinailler avec des chiffres, mais la vérité est que le monde entier est en train de se casser la gueule, avec des écarts de richesse démentiels et une crise du travail sans précédent. On en revient toujours à la même question : quelle société voulons-nous ?


        • mmbbb 9 juin 10:43

          @Buzzcocks avec tous ces diplomes nous devrions justement avoir une bonne sante economique Etre universitaire et creer une boite il y deux mondes La ou je suis d accord avec Spar et que notre elite ne vient pas du monde de l economie reel Elle vient de l universite et des grandes ecoles et in fine les fonctionnaires n en en ont rien a cirer hormis de palper leur salaire et de pondre des rapports des theses . Le monde du travail etouffe sous l administratif , vous parlez de rente , justement l immobilier a Lyon flambe et cette ville devient tres cher ou est l economie reel ? Il vaut mieux faire du speculatif que de monter une boite dans ce pays CQFD Quant a notre production elle a ete delocalisee Les objets manufactures d usage courant ne sont plus « Made in France » depuis tres longtemps Je veux retourner a la Fac pour glander aux frais du contribuable 


        • gogoRat gogoRat 9 juin 12:05
          @mmbbb
           Il vaut mieux faire du speculatif que de monter une boite  
            
          Sans compter que les pionniers ne font qu’amuser les spéculateurs qui observent les ’prétentieux’ tout en n’ayant plus qu’à récupérer plus tard le rare petit pourcent des idées qui s’avèreront lucratives. 
           Le débroussaillage , souvent bien plus long qu’il n’y paraîtra quand des ’gros poissons’ seront réputés avoir su ’réussir’ ... aura été opéré gratuitement par ces ’prétentieux’ devenus d’illustres inconnus
            
           Pensons, par exemple : 
           - au système d’exploitation informatique universellement connu, développé par l’inconnu Tim Paterson
           
           - au bateau volant
          de l’inconnu  Jean-Marie Le Bris ... ou au premières expérimentations de foils par les inconnus Thomas Moy ou de Lamberts
           - à la technique d’imagerie 3D, appelée initialement « allioscopie » et inventée par l’illustre inconnu  Pierre Allio

           - etc , etc ...

           « Piller les jeunes pousses c’est bien. Mais avec le risque que les projets ne tiennent pas leurs promesses . Il est beaucoup plus rentable de plumer des entrepreneurs expérimentés. Surtout lorsqu’ils font preuve de bonne volonté » ...



        • McGurk McGurk 8 juin 10:56
          Comme je le dis à chaque fois, la réduction significative du chômage est complètement possible, ce sont les entreprises qui mettent des obstacles artificiels pour ne pas embaucher ou pas payer : stages à profusion (coûte moins cher qu’un employé), « volontariat », offres d’emploi avec des demandes ridiculement élevées, critères d’embauche subjectifs et complètement flous, etc.

          Chaque jour je regarde les annonces et j’ai l’impression qu’il faut être Superman pour décrocher un job, même les plus minables et bien sûr il faut être payé au lance-pierre ! On doit être au moins trilingue, avoir déjà de l’expérience avant même d’avoir commencé,

          L’autre jour j’ai été convoqué une réunion de PE dont le sujet n’était pas vraiment défini (ça commence bien). Je me paye une heure chiante de trajet (le bâtiment étant situé à l’autre bout de la ville et donc difficile d’accès, bien planqué). Les 3/4 des bureaux étaient archi vides (et on dit que ces gens-là bossent ?!!).

          Après 15mn de digressions - pendant lesquelles on nous a dit sur tous les tons « c’est un accompagnement global pour les chômeurs longue durée » -, je leur demande « mais qu’est-ce que vous apportez de nouveau par rapport à d’habitude, parce que PE au quotidien n’a pas les outils pour nous aider ! ». Réponse « bah heu, ça dépend...c’est un accompagnement global et... ». Impossible de leur tirer les vers du nez (j’ai demandé plusieurs fois tout de même).

          Il est normal qu’avec une agence de tire-au-flanc, qui n’a pas d’outil adapté ni de politique cohérente en matière d’emploi, on ait aucun résultat. C’est comme donner une calculatrice à un singe.

          • Yaurrick Yaurrick 8 juin 13:40

            @McGurk
            Vous faites le constat de la situation du marché du travail français, qui a rendu l’embauche d’un salarié comme un risque en raison de la législation et de la fiscalité. C’est exactement le même problème que dans le cas du marché de l’immobilier locatif , où les propriétaires demandent tout un tas de garanties car ils savent qu’en cas d’impayés ou de dégradations, ils auront toutes les peines du monde à se séparer de leur locataires.


          • McGurk McGurk 8 juin 13:50

            @Yaurrick


            Je ne suis pas d’accord en terme de « fiscalité ».

            Les entreprises se plaignent que les employés « coûtent trop cher » mais elles se font une marge insolente en les payant trois cacahuètes. La grande distribution doit des milliards à l’Etat (donc à nous) qui s’en fout, les grandes entreprises fraudent dans des micro-Etats du type Liechtenstein, on leur a fait des cadeaux fiscaux gigantesques et elles s’en sont servi pour reconstituer leur marge tout en prenant soin de ne pas employer (la condition initialement prévue), etc.

            D’autre part, elles éliminent 99% des candidats potentiels, même ceux comme moi qui n’ont « pas le profil exact » mais qui peuvent faire aussi bien. Et ensuite elles balisent de « ne pas trouver de main d’œuvre qualifiée », la bonne blague vu tous les candidats potentiels - plus tous ceux qui ont été rayés des listes de PE.

            Je trouve honteux de mettre les gens au chômage parce qu’on assume même pas le défi de l’emploi pour relever l’économie. Alors on les fait tous passer par la case PE - un attrape nigaud - et on leur demande, du coup, de faire « des petits boulots en attenant »...en attendant quoi ? Comme si moi, avec mon diplôme moisi on allait me proposer un super poste. La blague.

          • Spartacus Spartacus 8 juin 14:44

            @McGurk
            «  » les employés « coûtent trop cher »«  »


            Vous ne voulez pas l’entendre, mais c’est une vérité !.
            Le job de l’entreprise est de produire, et pour cela elle a besoin de travailleurs.
            Mais il faut aussi que l’employé rapporte plus que ce qu’il coûte...
            Le SMIC chargé est trop haut, et exclut un nombre important de nos concitoyens « non-rentables » de l’emploi.
            Personne n’emploie pour le plaisir, mais parce qu’elle a besoin.

            «  »les payant trois cacahuètes«  »
            Voici l’exemple concret d’une feuille de paye à 1500 et 1550€ net qui toute fraîche qui date de quelques jours.
            Le logiciel calcule en instantané le coût de la totalité des charges sociales (patronales+salariales). 

            1500€ =1207€ de charges sociales. Brut de Brut= 2707€
            (hors mutuelle et incidence congés payés)
            Le même salaire majoré d’une prime.
            1500€+50€ net de prime(1550€)= 1274€ de charges sociales, soit Brut de Brut = 2824€

            Pour payer 3 cacahuètes en plus (50€), l’employeur paye 67€ de charges en plus parce qu’un seul est passé...... Payer 3 cacahuètes de plus ça coûte cher. 
            Moralité tu donnes des primes ou tu emploie plus cher, tu t’achètes des problèmes.





          • foufouille foufouille 8 juin 17:30

            @Spartacus

            toujours aussi nul. si ton emplyé te revient plus cher que ce qu’il produit, c’est que tu es une grosse tache.
            tout le monde n’achètes pas du caviar mais il se vend hors de prix.


          • titi 8 juin 21:32
            @foufouille

            Bah voilà vous avez tout dit.

            Cela explique pourquoi l’emploi peu qualifié ne reviendra pas en France.

            Sauf que les gens peu qualifiés on en fait quoi ?

          • McGurk McGurk 9 juin 01:59
            @Spartacus

            Sauf qu’on est pas au fin fond du Sahara à vivoter avec une poignée de dollars.L’une de mes connaissances a fait une alternance dans une grosse boîte qui se fait une marge d’enculé et bien sur trois apprentis successifs ils n’en ont engagé aucun, ils ont tous terminé leur contrat et hop à la porte.

            Lorsqu’on voit le nombre hallucinant de stages - même les petites boîtes font pareil maintenant - par rapport à la quantité dérisoire de jobs, on voit vite que c’est une nouvelle forme d’esclavage. Plus simple de faire tourner deux pauvres stagiaires que d’avoir un employé.

            Et encore, la forme nouvelle d’esclavage via « le bénévolat d’entreprise » pousse le bouchon encore plus loin parce que maintenant on ne paye même plus rien, il faut bosser gratos pendant que les
            autres gagnent leur vie. Magnifique état d’esprit.

            Lorsque, comme moi, tu as le choix entre un stage et le chômage, tu es dans une pure impasse simplement pour une question de pognon - parce qu’en tant que demandeur d’emploi c’est impossible d’en faire (la loi est conne mais bon...).

            Alors ouais, on nous dit qu’on « coûte trop cher » mais par contre parmi les hauts cadres le champagne et le caviar coule à flot...bizarre non ? Mieux, un type avait calculé que pour obtenir la fortune d’un grand patron du CAC 40 (me rappelle plus du nom), il faudrait passer plus de deux millions d’années au RSA !

          • gaijin gaijin 9 juin 07:42

            @Spartacus
            " « » les employés « coûtent trop cher »« » Vous ne voulez pas l’entendre, mais c’est une vérité !.« 
            en effet c’est une vérité mais comme souvent avec vous c’est une vérité partielle : les employés coutent ( et couteront toujours ) trop cher dans la mesure ou ils sont en concurrence avec des esclaves ........
             »

            Le job de l’entreprise est de produire,"
            oui mais elle a aussi besoin de clients et comme les capacités de production augmentent .......on se dirige dans une impasse ...........d’autant que la plupart des jobs de ne servent déjà objectivement a rien

          • Spartacus Spartacus 9 juin 13:22

            @McGurk


            Une alternance est un contrat avec un début et une fin.
            L’alternance permet d’obtenir une qualification, c’est pas un passe droit pour un emploi.

            Pour autant, embaucher un apprenti n’est pas sans risque pour l’entreprise. 
            Cela demande un investissement énorme en termes de formation et certains étudiants sont trop scolaires et ne mesurent pas forcément l’implication et le professionnalisme nécessaire dans une entreprise, et sont plus là pour le diplôme que la réussite de l’entreprise.

            Les stages et alternants ont au contraire de vos dires, beaucoup de mal a trouver des jobs, le moins cher souvent, c’est plus cher quand on voit le résultat.

            Quand au « haut cadre », ou le « patron de CAC40 », ils ne sont pas responsable de ta situation personnelle. Ça sert a rien de les stigmatiser.

          • sweach 8 juin 12:23

            Mauvaise analyse comme d’habitude.


            *une relation entre le PIB et le taux de chômage*
            Il n’y en a pas, par contre il y a une relation entre la consommation d’énergie et le PIB

            Pour que la courbe s’inverse, la France se doit de gagner 2 % de PIB
            N’importe quoi !
            Il n’y a pas de relation direct entre le PIB et le travail, vous pouvez prendre pour exemple des nations où tout le monde travail avec un PIB faible voir en diminution.

            *Le plein emploi est devenu une utopie, en cause : la réduction du temps de travail sans véritable création de nouveaux postes et l’augmentation de la population active* 
            Encore des affirmations sorti de nul part et très démagogique dans leur jugement.
            Réduire le temps de travail est forcement créateur d’emploi, on appel cela la répartition, une tache répartie sur plusieurs personnes, c’est obligatoirement créateur d’emploi.

            Notre démographie commence a être négative, la population active entame un déclin dans les pays développé, c’est un faux argument, puis l’immigration est imposé par le patronat.

            *Si le turn over ou la flexibilité améliore l’embauche*
            FAUX !!!!!
            Ça, je crois que c’est le pire, un employeur qui a besoin d’un employé fera son maximum pour avoir l’employé le plus performant possible, le payer le moins possible et pouvoir s’en débarrasser au maximum. C’est juste les lois et le system éducatif qui fait la différence.
            Interdit le licenciement et les patrons embaucheront tout autant, permet qu’ils soient licencier comme ils veulent et ils embaucherons tout autant. (ça n’a aucun impact)

            Un emploi est lié à un besoin et une demande, les conditions sont une barrière d’ajustement.

            Le turn over et la flexibilité n’ont que pour conséquence de détruire notre société et de pourrir nos relations qui sont faite d’échange et de confiance. (Hors sans échange et sans confiance il n’y a pas d’économie) En faisant ça ils se tirent une balle dans le pied.

            On pourrait continuer longtemps à faire le tour des erreurs de cet article.

            Non si il y a du chômage, c’est parce qu’on utilise les banques et qu’on pille les ressources des autres nations sans les payer. 
            On échange du papier contre des produits manufacturés et des ressources naturel, inutile d’utiliser nos bras ou nos ressources local, on a des esclaves mondialisés pour ça et ça ne profite qu’au plus riche.

            Donc pour créer de l’emploi il suffi de regarder nos relations et échange avec les autres nations, puis prendre conscience que le papier de toilette qu’on leur donne finira par ne plus leur suffire.

            J’adore le discours de Trump « América First », car c’est exactement ce qu’il faut faire pour relancer l’emploie et l’économie.

            • titi 8 juin 22:46

              @sweach


              « Interdit le licenciement et les patrons embaucheront tout autant, permet qu’ils soient licencier comme ils veulent et ils embaucherons tout autant. (ça n’a aucun impact) »

              Bah je crois que vous rêvez.
              Personne ne tentera d’embaucher une personne qui « risque » de couter plus cher en un prud’homme qu’elle ne rapportera dans toute sa carrière de production.

              Le monde est devenu prudentiel.



            • sweach 11 juin 13:36

              @titi

              *Personne ne tentera d’embaucher une personne qui « risque » de couter plus cher en un prud’homme qu’elle ne rapportera dans toute sa carrière de production.*
              Vous n’avez pas comprit mon propo, effectivement personne n’embauche si cela ne rapporte pas, c’est juste une logique absurde mais si cela rapporte peut importe les conditions la personne sera embauché.

              C’est le besoin qui fait l’emploie et non ses conditions.

              Si un patron a un « besoin » celui-ci sera pourvue quelques soit les conditions, effectivement il fera son maximum pour que les conditions aille toujours dans son sens.

              Mais en réalité elles ont assez peu d’impact sur la création d’un emploi ou non, c’est vraiment le besoin qui prime. C’est une erreur sociétal que les capitalistes sont incapable de comprendre.

              Prenez l’exemple de la suisse ou de Paris, les salaires sont supérieur car il y a des besoins a couvrir, les conditions d’un salaire plus élevé n’empêche pas la création d’emploi.

              Modifier les conditions ne changera pas le besoin donc on peut faire autant d’austérité qu’on veut, ça pourrira la vie des gens pour rien, mais ça ne créera pas d’emploi.

            • zygzornifle zygzornifle 8 juin 13:51

              Et avec l’IA et la robotisation le travail sera a chercher au rayon homéopathie .....


              • zygzornifle zygzornifle 8 juin 13:53

                Le chômage est « en marche » ....


                • Charles Martel Charles Martel 8 juin 17:32

                  deux choses :
                  1- la croissance dans un monde finie ne peut être que finie
                  2- nous sommes dans une époque de temps libre comme il n’y en n’a jamais eu auparavent. Il s’avère donc que pour vivre convenablement, une société évoluée n’a besoin que de 20% d’actifs, peut être moins.

                  il en découle que le travail « salarié » au sens où il est connu au XXème siècle a sans doute vécu. Il aura été une parenthèse dans l’histoire de l’humanité.


                  • L'enfoiré L’enfoiré 8 juin 17:52
                    @Charles Martel
                    Le chômage n’est pas une fatalité, mais il faut choisir une profession qui soit en adéquation avec les besoins des gens et des sociétés,La dimension du monde est finie mais pas les besoins.De plus, la population ne fait qu’augmenter.
                    Le mot « travail » qui par son étymologie  vient du latin tripalium, qui était un instrument de torture à trois pieux. ...
                    Et cela c’est fini.
                    Faudra utiliser les neurones pour contrer les machines qui feront ce qui est répétitif..

                  • L'enfoiré L’enfoiré 9 juin 13:04
                    @belin,

                     Un peu de patience, bientôt on insérera quelques extensions de mémoire avec l’homme augménté smiley

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