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Accueil du site > Tribune Libre > Le cinéma américain en 2017 et les théories du complot

Le cinéma américain en 2017 et les théories du complot

Près de 20 ans ont passé depuis le testament de Kubrick, presque tout autant depuis les énigmes de Lynch Lost Highway, Mulholand Drive, Inland Empire… Dorénavant les productions US dites indépendantes ne font plus mystère d’appréhender plus frontalement les théories dites conspirationnistes et de les donner à lire avec franchise.
 
Kubrick avait abordé l’essentiel par signes accumulés - manipulation mentale, pédo criminalité, corruption des élites et collision de celles-ci avec les sociétés occultes, rituels satanistes, reprogrammation et manipulation des cerveaux à distance ou de près. Lynch, quant à lui, avait dressé de l’usine à rêves hollywoodienne un portrait au scalpel ou l’illusion masquait l’empire du mal.
Deux œuvres sorties cette année nous proposent avec davantage de clefs cette même réalité sous tendue par le masque des apparences, et nous permettent de l’appréhender émotionnellement au travers de deux fictions puisant à même les racines du mal.
 
Sorti en février, The cure of Wellness de l’allemand Gore Verbinski envoie le patron d’un organisme financier oligarchique dans une cure thermale d’un genre tout particulier, dans les murs d’un étrange château en Suisse fondé par un baron deux cent ans auparavant, accusé par ses paysans d’avoir pratiqué sur eux des expériences diaboliques, et le punissant en brulant son épouse. Ce vieil américain, arrivé au terme de son ambition, dévoile au début du film combien la réussite est, plus que creuse, destructrice de sa personne même, et qu’il lui faut par cette cure se régénérer entièrement pour ne pas sombrer dans les flammes de l’enfer.
 
 
Affolé, son organisme financier, en passe de fusionner avec un autre, dépêche sur place un jeune ambitieux pour faire revenir le dissident et lui faire signer des documents compatibles les mettant eux à l’abri de délits d inities avérés.
 
Le jeune va donc pénétrer un univers, plus qu’étrange, aseptisé, ou gambadent de riches vieillards tout de blanc vêtus, ayant ici abandonné tout pouvoir à la faveur d’une équipe médicale prétendant les guérir au moyen d’une eau locale aux pouvoirs supposément guérisseuse.
 
 
 
Sans révéler trop l’incroyable et diabolique suspense, on peut dire, sans trop en dévoiler, que ce que tous viennent ici chercher sera comme un piège se retournant sur chacun. Le monstre de la cure dévore évidemment ces anciennes gloires ayant signé toutes auparavant le pacte de Faust. Parabole à peine voilée sur l’abandon de son âme a Satan, et au sort que ce dernier réserve à celles et ceux qui ont eu l’immense prétention de se croire puissants au point de tout détruire et de s’échapper eux-mêmes du châtiment collectif.
 
Bande annonce 
 
 
 
Sorti en Mai, Get Out puise aux racines de la pensée WASP à la Obama Clinton, et plonge un jeune couple, une jeune bourgeoise de type enfant gâtée et son nouveau petit ami noir, parfaits représentants tous deux de la réussite américaine et de la bien pensance. Ces deux tourtereaux s’en vont rencontrer les parents de la belle, parfaits électeurs de l’ancien Président, dans leur immense et superbe propriété.
 
 
Dès leur apparition, ces parents parfaits et propres en apparence, ainsi que leur personnel noir, inquiètent. Sous le vernis des élégances et de la convivialité, sourd une menace, celle d’un totalitarisme manipulateur déguisé en agneau. Lui est chirurgien du cerveau, elle hypno thérapeute, rien que les métiers inquiètent.
 
A peine dans les murs que voilà nos tourtereaux envahis par une réunion annuelle dans le jardin, ou les parents convient tout le gratin démocrate oligarchique. Là, dans ces couples aux masques engoncés, le bizarre se mêle à l’étrange et au malsain. Cette assemblée en apparence souriante a tout de l’occulte, et plus le temps passe plus se multiplient les signes de l’anormal.
 
Le jeune homme noir sera évidemment - je n’en dis pas davantage - la proie idéale de l’asservissement en cours, avec au bout du chemin la possibilité de lui voler son âme pour mieux l asservir à un vaste complot.
 
Bande annonce
 
 
 
Les deux films traitent bien, avec des intrigues différentes, de la même chose. Le mal déguisé en bien, la bien pensance WASP totalitariste cachant ses desseins, la capacité de manipulation et de destruction sous couvert de soigner, le désir de prise de contrôle pour cloner, la certitude de l’impunité pour les puissants. L’aveuglement de beaucoup du sort qui leur sera en définitive réservé aussi, en guise de remerciements de s’être adonnés à des rites et pratiques sataniques.
 
Tant dans le château suisse que dans la propriété des parents de Get Out circulent les cerveaux reptiliens, insensibles à autrui, froids, roués, manipulateurs, se délectant de la douleur de l’autre, s’appuyant sur des techniques médicales et scientifiques pour littéralement aspirer les corps et les cerveaux de leurs proies, dans le sens littéral du terme. 
 
Dans les deux œuvres, un quidam se pensant libre pénètre tel l’agneau leur univers hautement toxique, s’y affronte, devient la proie à abattre, découvre horrifié le dessous des cartes, se confronte seul à un univers autrefois sécurisant et qui soudain révèle son véritable visage. 
 
On est là dans deux illustrations parfaitement limpides de la théorie conspirationniste dans le cadre de fictions construites en paraboles et faisant appel au cinéma d’horreur à la Rosemary s Baby. Le Mal était déguisé en Bien, on y avait jusque-là contribué sans le savoir, on avait de très près fréquenté d’authentiques monstres sanguinaires, et on découvre o combien tard que ceux-ci sont prêts à faire de toi un jouet en aspirant tes neurones et toutes tes fonctions vitales pour te recycler et faire de toi un esclave.
 
Plus que tout documentaire ou interview de repenti du système, ces deux fictions, par le processus d’identification à l’agneau dans le viseur qu’elles induisent, permettent à tout un chacun un réveil. Non de la raison déraisonnable qui devant l’accumulation des preuves se raccroche à sa vision du monde jusqu’à les nier pour des motifs pseudo rationnels. Mais bien parce que l’émotion et donc l’intuition permet à chacun face à ces images de percevoir le sens directement.
 
Et donc, pour les plus éveillés des spectateurs, de commencer à entrevoir et à comprendre que non, ceci n’a peut-être rien d’une fiction.

Documents joints à cet article

Le cinéma américain en 2017 et les théories du complot Le cinéma américain en 2017 et les théories du complot Le cinéma américain en 2017 et les théories du complot Le cinéma américain en 2017 et les théories du complot

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15 réactions à cet article    


  • attis attis 12 juin 16:47

    Vos prémisses sont erronées.

    Vous pensez que l’objet de ces films est de dénoncer des conspirations, mais vous ne semblez pas avoir compris que Hollywood est l’usine à propagande du gouvernement américain - et par extension de l’oligarchie qui contrôle ce dernier.
    Le but est ici de contrôler la vision qu’a la population de telle ou telle problématique (pratiques oligarchiques,contrôle mental, etc.). Tous ces films que vous citez mentent, et leurs auteurs (Kubrick, Lynch, et tous les autres) sont des agents de désinformation. Le seul intérêt que présentent ces « oeuvres » est de voir quel type de propagande le pouvoir souhaite imposer à la population à un moment donné.

    • cathy cathy 12 juin 18:19

      @attis
      C’est tout à fait ça, ces films ne sont vraiment pas à mettre entre toutes les mains, surtout sur des esprits faibles prenant tout pour argent comptant. Tout cela n’est qu’une énorme propagande.


    • christophecroshouplon christophecroshouplon 12 juin 19:45

      @attis . Aucune démonstration dans votre commentaire, juste une affirmation gratuite (« vos prémisses etc. ») et un avis, le vôtre, discutable. Comme le mien j’en conviens. Quant à mettre Kubrick dans ce panier, renseignez-vous sur l’homme, sa carrière et l’histoire occulte (sa fille, au hasard). Quant a Lynch presque tous ses films sont produits hors Hollywood. Assener sans argumenter, voyons ...


    • anaphore anaphore 12 juin 20:58

      @christophecroshouplon
      Pour une fois qu’il me semble être d’accord avec vous, je ne vais pas me défendre d’être un conspirationniste *


    • anaphore anaphore 12 juin 21:00

      @anaphore
      Alors ’Get Out’ c’est de la merde, je le sais je l’ai vu deux fois pour vérifier ... effort méritoire et qui mériterait d’être souligné.  smiley


    • anaphore anaphore 12 juin 21:07

      @anaphore

      The cure of Wellness c’est pire, juste un très mauvais film de genre car enfonçant les portes ouvertes du genre en question... Jusqu’à l’éclat de rire.

      Je revois : American Horror Story saison 2 ...... je vous conseille la série toute entière ô grand !


    • attis attis 12 juin 21:17

      @christophecroshouplon
      Allez faire un tour sur mon blog, lisez les articles relatifs à Hollywood et ceux sous la rubrique « contre-culture » (ces derniers plus en lien avec le monde de la musique, mais la logique est la même qu’avec le cinéma). Réfléchissez, laissez infuser, et on discutera sérieusement par la suite.

      Sur David Lynch, il me semble qu’il a longtemps été financé par la famille Bouygues. Indépendant, vraiment ?
      Je connais plutôt bien Kubrick et son oeuvre. Sa fille est (était ?) membre de la scientologie, une branche non-officielle du renseignement américain.

    • christophecroshouplon christophecroshouplon 12 juin 22:16

      @attis

      BLOG intéressant sur bien des points, quoique non signé (j’ai toujours énormément de mal avec les blogs, lieu d’expression personnelle par essence, dont les auteurs demeurent masqués – quand on a l’ambition noble de dénoncer on ne met pas un masque, c’est mon avis), pas simple de s’y retrouver. Je note que vos billets sur Hollywood (la plupart des billets de votre BLOG, qui est une somme de RECYCLAGES +++ de travaux faits par d’autres) sont des traductions et non les vôtres, que ces articles que j’avais lus sont passionnants d’enseignements mais que vous leur faites dire autre chose que ce qu’ils disent (en clair : vous faites adire à autrui autre chose que ce qu’il a écrit, ce qui, pour un simple « passeur/relai » est embêtant). A AUCUN MOMENT les auteurs cites n’indiquent que la CIA, le Pentagone etc.. n’avalise ou n’intervient dans TOUTES les productions. Pour Kubrick et sa fille enlevée par la Scientologie (et uniquement autorisée à assister à l’enterrement de son père encadrée par deux vigiles de la secte) creusez encore. Quant à Lynch = Bouygues : je vous attends avec une critique de fond d’Inland Empire, vous verrez, le plus machiavélique des cadres sup de Bouygues n’y a strictement rien compris ! Bien à vous.


    • Leonard Leonard 12 juin 22:22

      @christophecroshouplon

      Les films qui auraient vraiment un impact ne sont pas produits.

      CF le projet du remake du « meilleur des mondes » par Ridley Scott avec en tete d’affiche Di Caprio qui n’est jamais sorti en 2012.

      Apres en effet chacun peut avoir son interprétation...
      Asséner sans argumenter... voyons...

    • christophecroshouplon christophecroshouplon 12 juin 22:52

      @Leonard : « les films qui auraient un veritable impact ne sont pas produits »... par Hollywood !

      Sauf exceptions (par Hollywood) : Eyes wide shut (meme ampute de 40 mn)
      Assener etc...

      Si je suis votre raisonnement comment « laisse t-on » Attali(un parmi d’autres) en dire/en ecrire autant de maniere aussi ouverte ?

    • Leonard Leonard 12 juin 23:34

      @christophecroshouplon

      Parce que quelque soit le film ou la personne qui parle. Les gens sont trop lobotomises pour qu’il se passe quoi que ce soit...

    • attis attis 13 juin 00:22

      @christophecroshouplon
      Vous lisez vite... 

       
      A AUCUN MOMENT les auteurs cites n’indiquent que la CIA, le Pentagone etc.. n’avalise ou n’intervient dans TOUTES les productions.
       
      C’est effectivement moi qui l’affirme. Ces auteurs sont plus prudents, et s’appuient sur des éléments tangibles (documents déclassifiés, généalogies, etc.). Mais vous admettrez que les productions touchées de façon avérée sont extrêmement nombreuses, et les « artistes » liés de façon certaine au milieu du renseignement sont tout aussi nombreux. Pas besoin de faire un gros effort d’imagination pour comprendre que l’ensemble du milieu du divertissement est touché.
      Il est possible d’identifier une oeuvre comme étant une oeuvre de propagande sans avoir besoin d’éléments tangibles (comme une fiche de paie émise de la CIA au nom d’un scénariste, par exemple). Les thèmes traités et la manière dont ils sont traités sont amplement suffisants, en tout cas pour celui qui a l’habitude d’identifier la propagande pour ce qu’elle est (j’ai la prétention de croire que c’est mon cas, le plus souvent).
       
      Le cas de David Lynch, que vous évoquez, est intéressant, parce que ses thèmes de prédilection sont typiquement ceux sur lesquels insiste la communauté du renseignement. Il n’y a pas, à ma connaissance, de faits connus du grand public le liant à la communauté du renseignement (hormis son financement par mamy et papy Bouygues). Mais quand un réalisateur répète ad nauseam dans ses films que la réalité est constituée de réalités parallèles entremêlées et saupoudrées d’une touche de magie, ou qu’il fait la promotion de la version de MKULTRA servie par la CIA et ses séides (i.e. un programme de fragmentation de la personnalité permettant de créer des super-assassins ou des esclaves sexuels), je n’ai pas besoin de plus pour qualifier cette personne d’agent de propagande, surtout si la personne en question est une célébrité internationale. 
      Je n’ai vu qu’une heure de Inland Empire - je ne supporte plus toutes ces conneries. Mais ça a été suffisant pour me conforter dans mon opinion de Lynch. Déjà, l’actrice principale est Laura Dern, son actrice-fétiche, qui outre le fait d’être moche comme un pou et d’être totalement dénuée de talent, est avant tout la fille de Bruce Dern et est issue de la famille oligarchique du même nom (cf. cet article). Ensuite, ce film est une caricature de ce que j’évoquais plus haut : une pincée de réalités parallèles, un doigt de MKULTRA version propagande de la CIA, et pour augmenter la confusion rajoutez un peu de sexe malsain, de langues étrangères (sous-titrées ou pas) et une réalisation faite les yeux bandés, et vous obtenez le résultat désiré : le public est complètement désorienté, ne sait plus distinguer le vrai du faux, et est donc plus aisément malléable (l’objectif principal de ce type d’oeuvres). Il suffit alors d’une campagne de presse appropriée (menée par d’autres agents, bien entendu), pour faire croire aux gogos et à tous ceux qui veulent paraître hype que l’on a affaire à un sommet du surréalisme, et le tour est joué.

    • christophecroshouplon christophecroshouplon 13 juin 15:27

      @attis . Chacun a son interprétation, et concernant la vôtre sur les œuvres que je cite total désaccord. Notamment envers ce que vous écrivez sur Inland Empire, auquel vous n’êtes pas sensible. Un film (comme un écrit) est une surface de projection ou chaque spectateur se « fait son film ». Vous vous êtes fait le vôtre, moi le mien : soyons a minima conscients de la projection. Au niveau des intentions réelles de l’auteur surtout. Me concernant, comme amateur et analyste de Lynch, comme auteur aussi, je vais bien plus loin dans son univers que vous qui le balayez sur ce film d’un revers de main. IE est empli de signes de dissidences et de décryptage d’un réel éminemment complexe, d’une façon tellement complexe que celle-ci est justement faite pour s’adresser aux sens davantage qu’au mental. Manière astucieuse de déjouer la censure. Que les spectateurs que nous sommes (ou les lecteurs, bref : le public) ayons l’humilité, pour peu que nous ne créions pas, d’avoir cette prétention de comprendre un artiste mieux que lui-même – lui qui nous tend un miroir …

      PS : votre argumentation / Laura Dern ne prouve rien et m’apparait pauvre intellectuellement. Un coté LEGO-CQFD en somme


    • anaphore anaphore 13 juin 16:59

      @christophecroshouplon
      C’est pas faux une fois de plus..... Inland Empire, même lynch n’a pas d’explication pour cette daube qui a fini de tuer sa carrière !

      3 heures sans m’ennuyer mais à la fin : C’est quoi ca ???? Un manifeste féministe ?


    • Lengage Lengage 14 juin 00:07

      Mais mon ami tout le monde sait que les complots n’existent pas voyons ! Notre modèle de société humaine est à la pointe du progrès et tous ceux qui veulent réussir peuvent le faire. Les pauvres sont utiles pour servir les puissants c’est ça l’ordre naturel des choses ! Et s’ils ne sont pas content qu’ils crèvent tous ! Voilà voilà la réalité de notre monde.

      Retrouvez toutes les infos engagées sur le Portail engagé contre le NOM

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