• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Le cirque médiatique des élections

Le cirque médiatique des élections

 

Vivons autrement les élections européennes, ne soyons pas victimes de la grand'messe télévisuelle.

Elections européennes : voilà du grain à moudre pour le « complexe médiatico-industriel ». On commence à s’échauffer en organisant des premières rencontres – des matchs amicaux en quelque sorte sans vraiment d’enjeu. Les invités se désignent eux-mêmes en fonction d’un passé recomposé, et quand il le faut avec un coup de pouce du juge – qui dit, là aussi, la règle (quand les magistrats sont sollicités, ils ne résistent pas au désir de rendre service, c’est dans leur ADN !). Les animateurs-journalistes sont déjà en place à la suite de luttes internes tenues secrètes, les femmes défendant leurs positions avec tous les artifices nécessaires : tenues haute couture, maquillages premium, coiffures dans le vent, les hommes n’ayant que de sombres costards pour leur répondre (parfois de Smalto s’ils trouvent quelqu’un pour le payer comme FF, ou se le faire offrir par le faiseur comme JL), même les meilleurs doivent gagner durement leur pupitre. En avoir été ne suffit pas, il faut être aussi une valeur montante (c’est comme à la Bourse). Le théâtre se met en place sous une lumière crue qui ne laisse rien passer des faux airs et des fausses notes des uns et des autres : un combat des chefs. Derrière les pupitres des prévenus, et sur les fauteuils les procureurs. Ils se connaissent tous étant de la grande famille bobo parisienne dans laquelle ne peuvent se glisser que ceux qui connaissent les codes, ou apporter une note pittoresque qui plait au téléspectateur, bonne donc pour l’audimat. Mais cette consanguinité n’affaiblit pas le combat, bien au contraire : plus on se connait plus les coups vont là où ça fait mal !

Les questions sont moulinées par des spins doctors et autres spécialistes en communication et gestuel qui empruntent au théâtre les fondamentaux comportementaux. Comme pour les coiffures de ces dames rien n’est laissé au hasard : pas de doublons (c’est provincial), pas d’hésitation dans la formulation (manque de culture littéraire), pas de termes qui pourraient n’être pas compris par le grand public (trop savant) – on ne parle jamais du petit public, il mériterait pourtant d’être traité avec l’égalité républicaine, mais personne n’y a encore pensé. Le débit des questions et des réponses est calibré pour que ça passe bien. Tout cela compose une pièce d’un ennui mortel, mais tant qu’il y a des bons chiffres d’audience, pourquoi changer ! Moi, ce que je regarde c’est la pub, car pendant ces moments de téloche-politicarde les annonceurs font le max.

On est confondu par la soumission de certains politiques qui, après quarante ans de carrière, répondent avec application à ces jeunettes savamment peinturlurées et ces types avec des barbes de taliban qui ont fait don de leurs personnes au « complexe médiatico-industriel », bénéficiant du titre de journaliste, et dont les questions sont du niveau du CM2. Mais cet exercice est pour eux une formation indispensable qui leur permettra d’écrire un bouquin dont le contenu affligerait celui qui prendrait le risque de l’ouvrir.

Ces journalistes-animateurs manipulent les candidats de façon à avoir des jeux de rôle qui rendent indispensables le recours à leur théâtre pour avoir quelque chance d’attirer l’attention de l’électeur, les obligeant à inscrire leurs discours dans un scénario qui assure la dramaturgie nécessaire, avec des suspenses dignes des meilleurs thrilleurs pour attirer la foule des grands rendez-vous… et les meilleurs annonceurs. C’est ainsi que les hommes vivent leur démocratie représentative, et se demander si le fonctionnement de la démocratie en occident n’est pas affecté par le pouvoir médiatique est une question qui porte en elle sa réponse !

Quel contre-pouvoir du « complexe médiatico-industriel », il ne viendra pas des « réseaux sociaux », sorte de poubelle psychanalytique de masse ; ni des Partis politiques éclatés en de multiples courants contraires ; ni des élus qui cherchent d’abord à tirer leur épingle du jeu en évitant tout geste malheureux et mot de trop ; ni des institutions qui ont besoin comme les élus et les Partis des médias pour corriger certains dysfonctionnements (pas d’affaire Cahuzac sans Médiapart, d’affaire Fillon sans Le Canard etc.) ; ni du CSA qui est une caution de papier pour le public et un rouage indispensable du système pour garantir la concurrence et rassurer les actionnaires, en défendant un éthique byzantine.

Mais n’est-on pas dans l’obligation d’imaginer une solution, face notamment à ces chaînes de télévision hyperpuissantes avec l’info en continu ? Que faire pour contrer ce pouvoir exorbitant, cette possibilité de tout commenter avant toute réflexion, et avant même que l’intervenant ait terminé son allocution, la diffusion des fake news et autres fantaisies ?… Acheter la presse papier payante… pour savoir comment va le monde… façon la moins risquée d’être connecté.


Moyenne des avis sur cet article :  4.4/5   (5 votes)




Réagissez à l'article

5 réactions à cet article    


  • Jason Jason 4 avril 14:20
    C’est le moment électoral
    Croyez-moi bien c’est pas banal
    L’époque bénie des saturnales.
    Branchez-vous vite sur un canal.
    Promesses, couleuvres, on en avale.
    J’irai en parler à mon cheval !

    Et comme disait un ancien président : ça m’en touche une sans faire bouger l’autre.

    Mille cordialités

    • Jeekes Jeekes 4 avril 14:57

      ’’ces types avec des barbes de taliban’’

       

      Celle-là, je l’adore !

      Elle me fait immédiatement penser à certains de ’’nos’’ ministres.

      De tout temps, leurs sales gueules mal rasées m’ont fait gerber.

       

      Ils se croient sans doutes trop ’’cool’’, trop ’’in’’, tout juste comme la plus grande partie des stars du show-biz, de celles du sport.

      Faut croire que ressembler à un clodo est devenu incontournable.

      C’est vrai que si, en plus, ils peuvent se dire drogué ou tafiole, c’est le summum !

       

      Quand je pense qu’on oblige les z’élus à faire acte de présence en costard-cravatte. Tenue digne et indispensable pour représenter le petit peuple...

      Ben on devrait aussi les obliger à se raser, ils auraient l’air moins crades !

       

      Quelle bande de cons !!!

       


      • Esprit Critique 4 avril 18:36

        Heureusement il y a France 2  !


        • ddacoudre ddacoudre 4 avril 22:45

          Bonjour Depuis1990 information a ?t ? r ?organise mod ?le made USA Voir info sans info. Ceci dit il fait savoir que ,92% des citoyens se font leur opinion politique au travers des chaine TF1, A 2, FR 3 Elles vendent de l’ ?motion dont l’objectif est de distiller de la peur d’o ? la prolif ?ration des faits divers et des drames et quid des avance scientifiques et autres, quid des d ?bat d’intellectuel dont plus personne ne veut. L’on ne d ?veloppe pas ma d ?mocratie en demeurant dans une crasse ignorance , m ?me si celle ci est ’otte lot a tous. Certains s’en sortent mieux en lisant autre chose que ma revunT V Il d ?tient le record des vente. Cordialement ddacoudre OverBlog.


          • zygzornifle zygzornifle 5 avril 12:34

            Je me marre, tout le monde va descendre le RN médias en tête, BFMacron en leader comme pour les présidentielles et l’accuser de coucher avec les Nazis , le choix vite fait entre le populisme et le Rothschildlisme,Macron est en marche pour réussir son sursaut Européen et faire passer le presse purée européen qui va vous extraire jusqu’au dernier centime, allez les mougeons bientôt c’est l’heure de la tonsure , ne rangez pas trop vite votre gilet jaune il pourra reservir ....

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès