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« Le club des ex » : ces anciens ministres qui s’accrochent au pouvoir au Mali

La rue bamakoise leur a trouvé un surnom : « le club des ex ». Anciens ministres ou présidents, ils sont issus de la même génération, sont aux affaires sans interruption depuis le début des années 1990, et sont tous devenus des « fonctionnaires milliardaires » dont l’origine des fortunes respectives demeurent opaques. Avec l’élection présidentielle de juillet en vue, ils n’ont aucune intention de prendre leur retraite… à moins que les électeurs ne leur indiquent finalement la sortie.

C’est une gérontocratie qui ne dit pas son nom. Des baby-boomers, accrochés au pouvoir depuis trente ans, qui refusent de céder la place. Quatre de ces dinosaures de la vie politique malienne seront candidats à la présidentielle pour maintenir un statu quo qui leur convient parfaitement bien. A l’heure actuelle, ils font figure de favoris….

A moins qu’il ne s’agisse de l’élection de trop pour ces apparatchiks dont les électeurs ont fini par se lasser. A l’image de ce surnom de « club des ex » que l’on entend sur les marchés de Bamako, les Maliens sont fatigués de cette génération qui les a conduits à la faillite, à la guerre, à l’insécurité, et à la partition du pays.

Une élite politico-financière bamakoise souvent qualifiée de « fonctionnaire milliardaire » tant son train de vie ne semble pas coller avec les maigres émoluments dont bénéficient les serviteurs de l’Etat malien. De là des soupçons récurrents de corruption et de collusion sur lesquels la Justice malienne se garde bien d’enquêter.

Ibrahim Boubacar Keïta, Soumaïla Cissé, Modibo Sidibé. Tous issus de la haute bourgeoisie bamakoise. Formés en France dans des écoles prestigieuses avant de prendre les rênes du pays dès 1992 sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré. Pour ne plus les rendre.

Mais les jeunes loups des années 1990 commencent à fatiguer. Ils ont allègrement passé soixante ans, soixante-dix ans pour certains.

 

La situation dramatique du Mali pourrait rebattre les cartes d’une vie politique sclérosée depuis trente ans. En attendant, petit tour d’horizon des membres du « club des ex » et de leurs parcours étrangement similaires.

 

Ibrahim Boubacar Keïta (73 ans)

Le président sortant, qui sollicitera un second mandat en juillet, a commencé sa carrière politique en 1992 comme porte-parole du président Alpha Oumar Konaré. Dès l’année suivante, il devient ministre des Affaires étrangères, avant d’être nommé Premier ministre en 1994. Une fonction qu’il occupe jusqu’en 2000.

En 2002, il tente une première fois sa chance à l’élection présidentielle, mais est éliminé au premier tour. Il soutient au second tour Amadou Toumani Traoré, qui lui offre en retour la présidence de l’Assemblée nationale.

En 2007, il est à nouveau candidat à la présidentielle, et se qualifie pour le second tour. Il est toutefois battu par le président sortant.

Il profite de la guerre civile et du coup d’état militaire qui s’en suit pour reprendre la main. Il se fait élire en 2013 président de la république malienne.

Temps passé loin du pouvoir depuis 1992 : 5 ans

 

Soumaila Cissé (68 ans)

Candidat malheureux à la présidentielle de 2013, Soumaila Cissé a également commencé sa carrière politique sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré. Il est nommé ministre des Finances en 1993. Il occupe divers postes ministériels d’importance (Commerce, Equipement, Aménagement du territoire) jusqu’en 2002.

Comme IBK, c’est en effet la date à laquelle il tente de voler de ses propres ailes et de se présenter à la présidentielle. Il se qualifie pour le second tour, mais est battu par ATT.

Soumaila Cissé s’éloigne alors du Mali. Mais pas des affaires politique. Avec le soutien du président ATT (qu’il combattait encore quelques mois auparavant), il est nommé président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Poste qu’il occupe de 2004 à 2011.

Il fait donc l’impasse sur le scrutin de 2007, remporté par ATT, mais réapparait dans le paysage politique malien en 2013, où il se qualifie à nouveau pour le second tour du scrutin. Cette fois battu par IBK.

Temps passé loin du pouvoir depuis 1992 : 5 ans

 

Modibo Sidibé (66 ans)

Autre candidat à la présidentielle de 2013, Modibo Sidibé a également grandi dans les jupons d’Alpha Konaré. Directeur de cabinet d’ATT pendant la transition, il devient ministre de la Santé, de la Solidarité et des Personnes âgées en 1993. Poste qu’il occupe jusqu’en 1997 et sa nomination comme ministre des Affaires étrangères.

Après la victoire d’ATT en 2002, il quitte le gouvernement… pour devenir secrétaire général de la présidence. En 2007, il est nommé Premier ministre jusqu’au putsch de 2012.

En 2018, il se présente pour la première fois à l’élection présidentielle.

Temps passé loin du pouvoir depuis 1992 : 5 ans


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3 réactions à cet article    


  • troletbuse troletbuse 23 mai 15:52

    Ca n’existe pas en France. Ouf. A part Hollandouille qui se croit encore président.


    • Esprit Critique 23 mai 19:30

      Ségolène et Hollande pourraient avantageusement Vous aider …..


      • Dom66 Dom66 24 mai 10:45

        Ha ! Bon...c’est comme en France alors ! Effectivement ouf !! smiley

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Mkoute


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