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Accueil du site > Tribune Libre > Le Cogito cartésien au miroir de la Vraie science

Le Cogito cartésien au miroir de la Vraie science

J'ai lu je ne sais plus où que le Cogito amorçait une rupture par quoi LA science était née, comme LE Divin Enfant : par quelque action du Saint-Esprit... Le Saint-Esprit étant en l'espèce René Descartes. C'est concevable à la première inspection mais pas à la seconde. Car il y a évidemment ce qu'on appelle un substrat, un bouillon de culture grâce auquel l'individu, s'y berçant mais jamais n'y surnargeant, a des idées qui pointent. Ainsi ladite assertion est donc fausse, car nous sommes des animaux, ce qui signifie que notre culture se développe afin de devenir optimale sur une base préexistante. À charge ainsi aux hommes supérieurs d'en trouver la voie (à ce développement)... Donc nous sommes libres avec quelques garde-fous. Aucune nouveauté sans héritage.

  • Le reconnaissez-vous ?

 

Descartes, dit-on, a inventé la philosophie moderne. C'est que la philosophie moderne n'a pas eu besoin d'être inventée1 car, de toute évidence, une invention n'est pas une synthèse et exclue toute dialectique. Par voie de conséquence je ne puis aller dans ce sens, car ça implique des choses inconcevables, je veux dire les « flocons de neige » qu'autrefois je dénonçais comme des idées folles d'y adhérer sans réflexion.

Enfin, mon Dieu, qu'est-ce que ça implique l'idée vraiment incongrue de philosophie moderne, sinon que la philosophie moderne avec ses grosses pattes d'éléphant s'impose jusqu'à soumettre les récalcitrants ?

Qu'appelle-t-on une telle démarche ? Un maximalisme au mieux, un radicalisme pragmatiquement.

Il y a avant tout des synthèses, comme Descartes, dont c'est la vraie liberté d'avoir cultivé son jardin psychique (sans pour autant étendre sa singularité en dehors de ce champ pratique et sérieux qu'est l'attitude personnelle)... 

C'est à savoir que Descartes n'a pas utilisé sa liberté dans les termes d'un Cogito unique, alors qu'à certains égards il eût été difficile de ne pas le concevoir. En revanche, usée a été sa liberté dans l'application d'un angle spécifique – si bien que, mon Dieu, si on veut parler hardiment de liberté, on limitera son usage ici à parler seulement d'angle et non pas de création ex nihilo.

Comme vous le savez, ladite Création sortie du néant, c'est l'oeuvre (d'après la légende) de quelque Créateur divin. En conséquence de quoi à admettre la prérogative d'une telle omnipotence l'on va sans ambages s'en remettre à l'idolâtrie d'un penseur. Et c'est ce qu'on nomme chez les cuistres une « idéologie », jusqu'au totalitarisme ainsi que l'histoire amène à penser.

Je dis ça puisque des énergumènes y croient à la merveilleuse singularité d'un penseur.

Ce pourquoi je soutiens qu'à s'en rapporter ès doctrine philosophique à la supposée puissance d'un penseur-créateur, l'on passe de Vie (= Conscience) à Trépas (= Inconscience).

J'ai très peur d'autant plus qu'il est difficile de faire rétorsion de quoi que ce soit.

Alors j'ai à vous dire que toute vérité ainsi pointée par la liberté d'un heureux individu ne se conçoit que permise par la culture, laquelle au premier chef rend possible « la vie » (au sens le plus classique du terme) sans laquelle évidemment on ne peut rien concevoir. Donc la vie permet, ça ne souffre d'aucune contradiction, l'évidente possibilité, celle en particulier « d'avoir des angles ». Or, certains angles sont réalisables uniquement sous certaines conditions de notre culture.

Et ce criterium, enfin, de culture, j'ai déjà dit qu'il était conditionné par les religions qui sont des mythes, à savoir la façon dont les hommes se représentent eux-mêmes symboliquement. L'exprimé du symbolique étant en l'occurrence ce que j'ai appelé pour ma part « théophanie », Dieu étant Lui aussi le Symbole par excellence qui charrie tellement de choses que c'en est indescriptible.

Qu'on abandonne ensuite ou qu'on admette une vérité dit que celle-ci n'est plus convenable au développement individuel et/ou collectif. Notre seule liberté est donc d'être hommes.

Si les êtres humains sont imparfaits, ça signifie qu'idéellement ils le sont aussi (imparfaits). À savoir que leurs idées sont parfois justes parfois fausses, et que la fausseté de ces dernières sont un poids pour le dynamisme de l'humanité.

Qu'est-ce à dire sinon que certains idéologues sont des fardeaux quand ils nous soutiennent, par exemple ?

Ainsi donc la société elle-même se rapporte à mon propos quant à sa prétendue liberté instituante (« auto-imaginaire ») complètement hallucinée... Au fond, on en revient sempiternellement à cette maudite idée de rupture à laquelle il faudrait se soumettre pour devenir moraux, selon ces soi-disant moralistes dont les théories sont roupies de sansonnet. À vous aussi je l'espère : car le hasard n'a pas plus de place en science.

Il est bien évident que les individus d'une culture ne jouent pas aux dés. 

Qu'à force d'interpréter de façon hasardeuse on rate son chemin, ça me paraît l'évidence.

________

1 Ou alors il faudrait s'entendre sur la définition « d'inventé ».


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6 réactions à cet article    


  • Nicolas_M Nicolas_M 15 mars 15:57

    On dirait le discours d’un pote étudiant en philosophie qui était déchiré du matin au soir. Il était capable de vous soûler des heures avec ses théories.

    Quand on ne le connaissait pas bien, il faisait très intelligent, parce qu’il employait plein de mots sophistiqués. Par contre, dès qu’on essayait de décrypter ses discours, on se rendait vite compte que ça n’avait aucun sens.

    Il avait un certain succès en boîte, parce qu’il impressionnait au premier abord, du coup il se tapait plein de coups d’un soir. Par contre aucune fille n’a réussi à le supporter plus de quelques heures.

    Je me demande bien ce qu’il est devenu ...


    • Christian Labrune Christian Labrune 15 mars 20:16

      @Nicolas_M

      Vous êtes bien injuste. Je trouve ce texte sur Descartes fort inspirant. Il me donne envie d’écrire à mon tour quelque article sur des choses très pointues, et par exemple sur la chirurgie du cerveau, bien que je n’aie jamais fait d’études de médecine, mais s’il fallait que j’y porte un scalpel, je n’ignorerais quand même pas que cet organe se situe très au-dessus du nombril.
      Ce qui serait fâcheux, c’est qu’un spécialiste de ces questions pût me lire, mais il faut savoir prendre des risques. et s’affranchir du mot que les Romains prêtaient au peintre Apelle : « ne sutor ultra crepidam ».
      « De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace », disait aussi Danton.


    • Le Vautre Oméga Le Vautre Oméga 15 mars 20:37

      Ah, salut Nicolas. Qu’est-ce que tu deviens ?


    • Alren Alren 15 mars 19:06

      Le cogito, « Je pense donc je suis » est la seule affirmation philosphique qui est otalement irréfragable.

      Or personne ne l’a produite avant Descartes.

      De ce point de vue, il mérite autant d’agards qu’Einstein avec son E = mc², formule qu’avait pressentie Poincaré et qui ressort de travaux mathématiques sur la relativité (terme de Poincaré), travaux auxquels Einstein a eu accès.

      Si Descartes avait été Anglais, nul doute qu’il serait plus célèber à l’international qu’aujourd’hui.


      • Le Vautre Oméga Le Vautre Oméga 15 mars 20:42

        Son Cogito implique plus qu’une simple affirmation théorique, car c’est une morale. Sur ce plan, il n’a rien inventé et nous n’avons en général que peu de liberté d’action : la morale ne ressortit pas à la raison.


      • Decouz 16 mars 09:32

        Peut être vrai pour lui, d’avoir une pensée individuelle et d’en déduire son être.

        Mais d’autres avant lui ont pensé d’une manière individuelle ou à l’intérieur d’un cadre (difficile de partir de rien, autorité reconnue et directrice, ou prise comme point de départ ), sans en faire tout un plat, sans y voir d« une manière aussi éclatante l’existence de leur ego, parce que ce dernier pouvait être déduit d’autres réalités comme les émotions ou les diverses sensations du corps.

        La pensée rationnelle est parmi les facultés de l’être celle qui est la plus neutre et objectivable, comme peut l’être un raisonnement mathématique, alors que le »je suis« d’un artiste, né de ses émotions, de son inspiration, de sa volonté, tout en étant totalement vrai pour lui,est beaucoup plus sujet à caution d »un point de vue vérification.

        Son « je suis » est plutôt un choix de volonté, un choix philosophique de départ tout aussi arbitraire ou admissible qu’un autre, mais qui n’a pas plus d’objectivité.

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