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Le crépuscule de la Chancelière

Angela Merkel, partir ou rester ?

A quelques heures d’un vote crucial de la base du SPD, cette question est essentielle pour l’avenir de l’Allemagne et de l’Europe.

 Angela Merkel a réussi beaucoup de choses. Elle a notamment :

- géré avec succès l’économie allemande, rétabli un budget public excédentaire, accru la prospérité du pays et ramené la dette publique à un niveau convenable tandis que la balance commerciale continuait à dégager des surplus mirifiques, 

 - dirigé l’Allemagne et l’Europe d’une main souple mais ferme et limité les répercussions potentielles que la crise économique de 2008 aurait pu avoir pour l’économie européenne dans son ensemble, pour l’Euro, les banques et les entreprises .

-  joué le rôle d’une mère rassurante, calme et réfléchie, garante de la stabilité de la nation et protectrice de chaque citoyen allemand,

 Mais Angela Merkel a également commis de graves erreurs politiques et effectué des choix très préjudiciables pour l’avenir de l’ Allemagne et de l’Europe.

Elle n’a pas su réduire la dépendance redoutable qui lie son pays aux fournitures énergétiques russes, compromettant ainsi l’autonomie politique de l’Allemagne et de l’Europe vis-à-vis de Poutine.

 En sacrifiant l’industrie nucléaire allemande, elle a aggravé cette dépendance et transformé son propre pays en premier pollueur d’Europe en raison des rejets massifs et nocifs des centrales à charbon qui remplacent la production d’électricité d’origine nucléaire.

 Elle a fermé les yeux sur les fraudes de l’industrie automobile allemande et n’a pris aucune mesure réelle pour combattre la pollution dramatique, générée par les véhicules fonctionnant au diesel, qui affecte la santé des habitants des grandes villes allemandes.

 Elle a ouvert très imprudemment, sans préparation ni réflexion suffisantes, les frontières allemandes et européennes à un flux croissant d’immigrés économiques en voulant accueillir les réfugiés syriens, victimes malheureuses de la guerre impitoyable qui affecte leur pays.

 Or nos concitoyens redoutent d'être soumis contre leur volonté à un modèle mondialiste, ouvert à tous les vents, à toutes les cultures, à toutes les valeurs, à tous les mœurs, à toutes les croyances et à toutes les civilisations, qu’ils jugent porteur de graves menaces pour leurs emplois, leurs acquis sociaux et leurs niveaux de vie.

 Elle a placé en position de maître chanteur, le Président Turc Erdogan, qui menace sans cesse l’Europe de lancer des centaines de milliers de réfugiés extra-communautaires vers nos côtes et prétend interférer dans nos élections, exiger l’expulsion des opposants turcs résidant dans nos pays ou faire taire les journalistes européens qui se hasarderaient à lui déplaire.

Elle a jeté dans les bras de partis néofascistes, identitaires, xénophobes et partisans de la fermeture des frontières, un nombre croissant d’allemands qui ne comprennent pas comment la chancelière peut dépenser autant de milliards pour accueillir un flux constant d’immigrés quand son gouvernement prétend depuis des années qu’il est impossible d’augmenter les salaires, de maintenir les acquis sociaux ou de soulager l’état d’extrême pauvreté dans lequel se trouvent leurs compatriotes sans emplois.

 Au niveau européen, Angela Merkel a divisé les 27 :

-entre un bloc de pays de l’Est refusant de se voir imposer des quotas obligatoires d’immigrés extra-communautaires, vécus comme une atteinte intolérable à leur identité et à leur droit de décider librement qui peut vivre chez eux et partager leur destin,

-et un bloc de pays de l’Ouest, supposés plus coopératifs, mais tentant de facto, pour des raisons identiques, d’accueillir le nombre le plus limité possible d'étrangers en vertu des quotas qui leur échoient.

 Elle a ainsi contribué à susciter le vote négatif sur l’Europe des citoyens britanniques, farouchement attachés à leur identité anglo-saxonne, et à renforcer l’extrême droite partout en Europe.

 Bien pire encore, Angela Merkel n’a pas su ou voulu expliquer aux citoyens allemands combien il était essentiel de préserver la solidarité européenne.

En refusant d’aider la Grèce, en condamnant les citoyens grecs les plus pauvres à subir une austérité intolérable, à supporter une baisse sans précédent de leurs revenus, de leurs prestations sociales et de leurs pensions et parfois même à finir à la rue, Angela Merkel a commis une faute impardonnable et fracassé l’idée de solidarité qui formait la base de l’Union Européenne.

Comment les citoyens européens pourraient-ils désormais croire en une Europe qui se détourne de ses citoyens quand ils souffrent et ont besoin d’aide, une Europe où les intérêts égoïstes prennent le pas sur l’amitié et la solidarité et où les faibles et les pauvres sont abandonnés à leur triste sort par les plus forts et les plus riches ?

Le peuple a une longue mémoire et n’oublie jamais ceux qui l’ont aidé ni ceux qui lui ont manqué. Les citoyens européens n’oublieront pas, avant longtemps, comment l’Allemagne, imposant sa décision à l’Europe, a volontairement laissé sombrer les citoyens grecs les plus fragiles dans la misère sans leur apporter aucune aide généreuse, gracieuse ni fraternelle.

Face à ce bilan désastreux, pour le bien de son pays et de l'Europe , Angela Merkel doit renoncer à la Chancellerie.

Les temps nouveaux et difficiles qui viennent, exigent la présence à la tête de l’Allemagne d’un Homme ou d’une Femme d’Etat, doué d’un sens aigu des enjeux et d’une vision claire des politiques fondamentales nécessaires à l’Allemagne et à l’Europe pour survivre et prospérer dans le monde.

Pour Angela Merkel, la nuit s'approche . 

 

L'heure est désormais venue de partir dans la dignité avant qu’il ne soit trop tard .

 


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6 réactions à cet article    


  • lloreen 1er mars 22:28

    Crépuscule des « dieux »...


    • Attilax Attilax 2 mars 12:48

      @lloreen

      des vieux, plutôt !


    • zygzornifle zygzornifle 2 mars 13:03

      La pauvre , le pire c’est qu’elle n’a plus l’épaule gélatineuse de son vice chancelier Hollande pour chialer dessus ..... 


      Pauvre tatie Merkel , il ne lui reste plus qu’a prendre une barcasse pour traverser la méditerranée et aller migrer chez ses amis migrants .... 

      • baldis30 3 mars 12:29

        @zygzornifle
        bonjour,

        Non pas une barcasse pour aller sur la méditerranée mais simplement comme Ourrias de Mireille embarquant sur le bas pour franchir le Rhône coule .... et le chœur de Gounod peut entonner alors « Béni sois-tu qui nous délivre..... »


      • baldis30 3 mars 12:35

        @baldis30
        en complément c’est plutôt dans le Rhin qu’elle doit disparaître : elle n’est pas Freia, déesse de la beauté - faut pas être dégoûté - ni Erda la sagesse mais bien une de ces filles qui gardent l’Or du Rhin ...

        Attention les Nibelungen peuvent se comporter comme des traitres ... !


      • L'apostilleur L’apostilleur 2 mars 15:59

        « ... Les citoyens européens n’oublieront pas... comment l’Allemagne, imposant sa décision à l’Europe, a volontairement laissé sombrer les citoyens grecs les plus fragiles dans la misère sans leur apporter aucune aide généreuse, gracieuse ni fraternelle... »


        l’Allemagne ET la France pour les mêmes raisons.

         https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/j-ai-demande-a-mon-voisin-pourquoi-201751

        « ...la présence à la tête de l’Allemagne d’un Homme ou d’une Femme d’Etat, doué d’un sens aigu des enjeux et d’une vision claire des politiques fondamentales ... » 

        Ce voeu pieux est d’autant plus difficile à envisager que les difficultés urgentes sont importantes. Son affaiblissement vient de son opposition grandissante qui l’a contrainte à se renier ;  « accélérer le rythme des expulsions ». A propos de 215 000 migrants déboutés de leurs droits d’asile « La chose la plus importante dans les mois à venir, c’est le rapatriement, le rapatriement et encore une fois, le rapatriement ». 
        Celui qui lui succéderait n’aurait pas les mains libres avant longtemps.

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