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Accueil du site > Tribune Libre > “Le Crime du Garagiste” – Le Casse Banco-centraliste (...)

“Le Crime du Garagiste” – Le Casse Banco-centraliste !

 

Voici tout juste un an s’amorçait, si l’on peut dire, le versant occidental de la « crise du covid », avec le plongeon des bourses, descendant d’un sommet où elles avaient réussi à se hisser au cours des douze années suivant la précédente crise, celle de 2007-2008. Pourtant, et moins d’un mois plus tard, et alors juste au moment où l’économie connaissait l’un de ses arrêts les plus brutaux et complet de l’histoire moderne, elles recommençaient déjà leur ascension, qui ne s’est pas démentie depuis, rejoignant déjà, un an après, les sommets perdus, et les dépassant même, pour ce qui est des bourses US… !

 

Et cela alors même que dans la même période, l’activité économique, soumise au chaos des confinements-déconfinements-reconfinements et autres couvre-feux, enregistrait globalement une récession nette et également d’ampleur historique, tout simplement également « oubliée » depuis la précédente crise, et même, la dernière guerre mondiale, en fait. Si le PIB US n’a reculé, si l’on peut dire, que de 3,5%, le PIB français, lui, a encaissé une perte de 8,3%. Mais, dans les deux cas, avec des conséquences sociales immédiates désastreuses, et relativement, encore plus marquées aux USA qu’en France.

 

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On en est donc arrivés à cette situation paradoxale qu’à un appauvrissement global de la société correspond une augmentation de l’accumulation du capital !

 Mais le corollaire spectaculaire de cette situation, bien que là aussi, paradoxalement, personne ne veuille réellement le voir pour ce qu’il est vraiment, c’est l’explosion de la dette mondiale, tant publique que privée.

 C’est donc, paradoxe supplémentaire, grâce au cycle de la dette que les bourses ont pu se maintenir et même, reprendre leur ascension, au cœur même de la crise.

 

 

Le mécanisme de ce cycle, avec l’intervention des Banques Centrales sur le marché de la dette publique, notamment, est maintenant bien connu (1), et donc, on n’y reviendra pas ici, où, passé ce constat, on cherche donc à aller plus loin dans l’analyse du paradoxe, à la recherche de son sens fondamental en terme d’évolution du système économique.

 

En effet, quelle peut être la signification d’une croissance du capital, si, dans le même temps, la dette globale croit encore plus, comme on doit simplement le constater ?

 Cet accroissement du capital ne compense-t-il donc pas pour les pertes subies par l’activité économique ?

 Au cours d’un récent débat, l’un de nos contradicteurs objecte qu’il n’existe pas de dette sans contrepartie, et donc que l’augmentation de la dette ne peut être que proportionnée au capital, d’une manière ou d’une autre.

 Mais, lorsque l’on cherche à analyser l’activité économique, on cherche donc à comprendre l’évolution du système capitaliste, c’est-à-dire le mouvement du capital engagé dans l’activité économique en vue de son élargissement. C’est, de plus, en résumé, la définition qu’en donne Marx.

 Sous ce rapport, la dette d’un consommateur pour l’achat de sa voiture particulière n’est donc pas, par exemple, un capital.

 Le fait patent qu’une grande partie de la dette ne soit donc pas du capital à proprement parler peut déjà nous aider à comprendre la réalité du fait que la croissance de la dette soit supérieure à la croissance du capital, même si cette croissance du capital est considérable.

 

Mais cela ne règle pas la question du paradoxe de l’accumulation du capital en dépit de la récession économique.

 Ce nouveau capital accumulé est-il donc, oui ou non, un accroissement des richesses de la société, qui se serait, en quelque sorte « condensé » dans les hauteurs boursières ?

 Autrement dit, toute accumulation de capital est-elle nécessairement le résultat d’une création de valeur nouvelle, d’une accumulation de plus-value réellement créée, d’une manière ou d’une autre, par l’activité économique ?

 

Pour illustrer cette problématique et la remettre à une échelle facilement compréhensible, prenons, cette fois-ci, un exemple dans le commerce des automobiles d’occasion…

 

Pour faire la meilleure estimation possible de la valeur réelle d’une voiture d’occasion, il faut déjà au moins connaitre sa durée de vie potentielle, en années et kilométrage…

Supposons, une voiture prévue pour durer quinze ans et parcourir 300 000 km…

Ce qui nous fait une moyenne de 20 000 km/an.

Supposons une vente qui se fasse à 10 ans d’âge de la voiture et qu’elle ait effectivement 200 000 km au compteur, et soit en très bon état général.

On peut donc estimer, de manière simplifiée pour notre exemple, que sa décote d’usure soit des deux tiers de son prix d’origine.

En supposant qu’il ait été de 15 000 euros, la nouvelle valeur d’usage réelle de cette voiture est donc de 5000 euros.

Autrement dit, si la vente se fait à ce prix, il n’y a ni gagnant ni perdant, dans cette affaire, et donc, pas de « plus-value », ni au sens bourgeois du terme, ni au sens marxiste.

Maintenant, supposons que le garagiste « marchande » lors de l’achat et arrive à avoir cette voiture pour 4000 euros…

Supposons même, encore, qu’il la revende, presque aussitôt, pour 6000 euros, à un autre client, en lui faisant valoir le bon état général de la voiture, ou autre argument, peu importe…

Peut-on dire qu’il a réalisé une « plus-value » de 2000 euros ???

Au sens de notre contradicteur et au sens de l’économiste bourgeois, oui, assurément !

Au sens marxiste, il a simplement fait une « bonne affaire » en accumulant 2000 €uros au passage, pour son compte, même si pas très honnêtement, quand au fond, mais il n’a, par contre, pas réalisé la moindre « plus-value » qui soit… !!!

En effet, supposons que le premier propriétaire de l’auto et le second client du garagiste soient classiquement et simplement des travailleurs salariés…

La seule valeur qu’ils ont réellement créée, dans leur existence, est celle créée par leur travail, dont la part qui leur est revenue, sous forme de salaire.

Dans l’échange, l’acheteur initial, en « neuf », de la voiture a donc investi 15 000 euros de cette valeur-travail dans son achat, dont il a « usé » normalement 10 000 euros en dix ans…

A l’issue desquels il n’en récupère donc que 4000 euros sur le 5000 qu’il lui reste, potentiellement.

Il se fait donc dépouiller par le garagiste de 1000 euros de la valeur qu’il a initialement créé par son travail.

Lequel garagiste dépouille donc encore de 1000 euros un autre client, qui paye la voiture 6000 euros au lieu de 5000, et se voit donc lui-même abusivement dépouillé de 1000 euros de la valeur crée par son propre travail, pour une voiture qui en vaut réellement 5000.

Au total, il y a donc un déplacement abusif de 2000 €uros de la valeur d’usage réelle et résiduelle de cette voiture, mais absolument aucune valeur nouvelle de créée, et pour cause, et donc, aucune « plus-value », au sens marxiste du terme.

Évidemment, la situation n’est pas différente, dans son principe, si l’opération est effectuée par un particulier qui achète et revend aussitôt.

 

Évidemment, dans un cas comme dans l’autre, l’opération est formellement tout à fait légale, alors que si le garagiste (ou le particulier), au lieu de se compliquer la vie avec les transactions, avait simplement agressé chacun de ses deux clients pour leur dérober 1000 €uros à chacun, elle ne l’eut point été !

 

Mais dans le principe, en termes de déplacement, d’accumulation et de non-création de valeur, la situation est tout à fait équivalente !

Tel est, quant au fond, le « crime du garagiste », en tant que commerçant de voitures d’occasion !

 

 

Avec cet exemple, il est donc important de comprendre qu’il peut donc exister un certain nombre de procédés tout à fait légaux, dans le cadre du capitalisme, par lesquels le capital peut donc s’accumuler sans pour autant que cette accumulation soit nécessairement le résultat d’une création de valeur nouvelle, d’une accumulation de plus-value réelle, et donc également au sens marxiste du terme.

Au sens bourgeois du terme, par contre, est donc considérée comme « plus-value » toute différence entre valeur d’achat et valeur de revente, quel que soit le processus considéré, et tout à fait indépendamment du fait que cette différence reflète ou non un accroissement réel de la richesse sociale par l’activité économique.

 

Alors que, par contre, la notion marxiste de plus-value est précisément aux antipodes de la simple « valeur ajoutée » arbitrairement, au moment de la vente de quoi que ce soit…

Mais c’est aussi effectivement ce que, assez généralement, les pseudos-« marxistes » eux-mêmes n’ont donc jamais compris, pour la plupart !

 

En réalité, on peut donc ainsi comprendre que si l’ensemble de la vie économique fonctionnait entièrement selon le processus achat-vente du garagiste « d’occasion », les uns gagnant simplement ce que les autres perdent, tout progrès économique et social, tout accroissement réel de la richesse sociale, serait absolument impossible.

C’est donc ce qui a poussé les économistes classiques, et Marx à leur suite, à rechercher ailleurs la source de l’enrichissement des sociétés humaines…

Pour ces économistes classiques, y incluant Marx, la source de la richesse économique et sociale nouvelle est la valeur nouvelle créée, en biens et services, par le travail productif humain, indépendamment de son mode d’accumulation.

Et plus précisément, pour Marx, la plus value est la différence entre la valeur d’usage de la force de travail et sa valeur d’échange.

On ne peut pas résumer ici, en trois lignes, les trois tomes du Capital, ni ses fondements philosophiques, supposément « hégéliens », tels qu’exposés dans les Grundrisse, les notes personnelles de Marx, mais on se contentera de rappeler, pour ceux qui sont supposés les avoir lu, et de poser le principe, pour les autres, c’est-à-dire, espérons le, la majorité des gens simplement honnêtes avec eux-mêmes, selon lequel la valeur d’usage de la force de travail est la valeur ajoutée par le travail, à la production, pour un temps déterminé, alors que sa valeur d’échange (salaire), est la valeur des intrants divers, en bien et services, nécessaires à sa reproduction, pour le même temps déterminé, et, évidemment, dans le même cadre de vie sociale.

Pour Marx, comme pour de nombreux économistes classiques et sociologues de toutes époques, c’est donc une particularité du travail productif humain que de reproduire plus de valeur, dans un temps donné, que nécessaire à la simple reproduction de la même force de travail.

 

C’est donc, pour Marx, la différence entre la valeur d’usage totale ajoutée à la production par le travail, et la valeur nécessaire et suffisante à la reproduction de la force de travail (salaire), qui constitue la base de la plus-value réelle et de l’élargissement du capital investi, et qui est donc très différente, en ce qu’elle est bien une part de la valeur nouvelle créée par le travail, de la simple accumulation au sens du « garagiste d’occasion » !!!

 

Du point de vue du développement de l’économie capitaliste, on comprend donc bien ainsi que la dette n’est pas un problème en soi, voire même, au contraire, dans la mesure où elle correspond à un investissement productif. Non seulement elle ne peut être que remboursée, in fine, mais même, contribuer à l’accroissement de la richesse totale de la société, indépendamment de sa répartition, et non pas seulement à l’accroissement numérique du capital total.

 

On comprend donc bien, également, que le stock total de la dette puisse varier, en fonction des périodes plus ou moins fastes et donc des cycles économiques conjoncturels.

 

Mais le problème réel surgit donc à partir du moment où, comme on le voit aujourd’hui, cette dette mondiale, qui n’a cessé de croitre depuis la crise de 2007-2008, malgré un embryon supposé de reprise, venait donc déjà de battre des records à la veille de la présente crise, et a donc encore littéralement fait un bond exponentiel avec elle…

 

Le fait que ce bond exponentiel corresponde avec la récession brutale causée par cette crise est donc encore un fait malheureusement relativement cohérent…

Ce qui à priori l’est moins, c’est donc bien que le capital, dans la même période, non seulement ne cesse de s’accumuler, mais atteint même des niveaux records.

 

Comme on l’a vu, et comme l’expliquent bien la plupart des économistes (1), c’est le mécanisme lui-même du cycle de la dette, tel que géré par les Banques Centrales, qui entretient et encourage ce niveau élevé de capitalisation, malgré la crise.

 

Et donc, si ce niveau de capitalisation correspond bien, néanmoins, selon les prétentions idéologiques des adeptes et/ou des critiques pseudos-« marxistes » du capitalisme, à un élargissement de la richesse sociale, d’une manière ou d’une autre, la dette devrait donc cesser de croître, et même, commencer d’être remboursée, et donc, diminuer, à mesure que le capital total s’élargit, et non pas croître encore davantage, et donc davantage que le capital lui-même !

 

 

Dans le cas présent, la conclusion qui s’impose donc, avec la croissance durable de la dette, c’est que, globalement, à l’échelle de l’économie mondiale et du capital total, la croissance de celui-ci n’est plus qu’une nouvelle fraction de la dette totale, qui reste, de ce fait, constamment croissante.

Dans l’économie mondiale actuelle l’élargissement du stock de la dette mondiale est donc, de ce fait, une fonction croissante du capital total, qui, en conséquence et par définition, ne pourra donc jamais la rembourser…

 

Bien entendu, au fil de la conjoncture, même si cette tendance, qui domine déjà depuis une bonne douzaine d’années, ne peut non seulement que perdurer avec la nouvelle crise, mais même y prendre, comme on le voit, un élan encore plus radical, elle n’est pas pour autant linéaire et on comprend bien qu’après la chute récessionniste brutale que nous venons de connaître, il y a, mécaniquement, un effet de rebond qui peut, provisoirement, paraître la contredire.

 

La question de fond n’est donc pas de savoir si l’économie peut « récupérer », peu ou prou, son « niveau d’avant crise » (…du covid), mais bien de savoir si l’expansion du capital total peut durablement contribuer à réduire la dette au lieu de continuer à l’accroître… !

 

Il s’agit bien là de deux voies fondamentalement différentes d’évolution du système économique et social.

 

Dans le premier cas, si l’expansion continue du capital correspond, à terme, à une réduction de la dette, on pourra écrire l’histoire de toute cette période, qui va déjà de 2007 à 2021 (…et ?), comme l’une des nombreuses crises cycliques du capitalisme, mais qui n’en altère pas réellement la nature, déjà suffisamment délétère, au demeurant.

 

Dans le deuxième cas, qui correspond, en fait, à un prolongement durable de la situation actuelle, inaugurée à partir de 2007, on comprend bien que c’est l’ensemble du cycle économique qui est soumis au cycle de la dette, et que la gestion du cycle de la dette, tel qu’il est actuellement contrôlé par les cinq principales Banques Centrales de la planète, est désormais le facteur déterminant et le « régulateur » de son niveau de développement économique.

 

 

Et notre garagiste dans tout ça ?

En quoi est-il donc emblématique, à son échelle, d’une économie banco-centralisée ?

 Dans le principe, l’accumulation de 2000 €uros qu’il réalise repose donc sur le fait qu’à une valeur d’usage déterminée, de 5000 €uros, il parvient à ajouter une fraction de valeur-travail, originellement produite sous forme de salaire, de deux fois 1000 €uros, alors que son opération commerciale n’implique en réalité aucun travail productif supplémentaire.

 A noter, pour bien comprendre, que le mouvement total de la valeur eut été le même si, rachetant « honnêtement » la voiture à 5000 €uros à son premier client, il n’en eut pas moins le culot de la revendre 7000 au deuxième…

 Moins habile, ou moins gourmand, il aurait également pu se contenter de se limiter à un « bonus » de 1000 €uros, soit en revendant 6000 après achat à 5000, ou bien encore en revendant 5500 après achat à 4500, etc…

 Dans un cas comme dans l’autre il manipule donc une valeur d’usage déterminée, de 5000 €uros, à laquelle il ajoute une « valeur » arbitrairement définie par lui-même, de 1000 à 2000 €uros, mais qui, en réalité, n’a aucune existence en tant que valeur économique réelle et constitue simplement un déficit pour d’autres échanges économiques correspondant à des besoins sociaux réels de ses « clients », et constitue donc un déficit de circulation monétaire correspondant éventuellement à des achats réellement « créatifs » en matière de valeur économique globale.

 Bien entendu, il ne s’agit pas ici de vouer aux gémonies la catégorie des garagistes, dont certains sont effectivement parfois honnêtes et font un vrai travail de contrôle et de remise en état des voitures d’occasion, mais le cas d’achat et revente directe, posé par notre « exemple », assez semblable à ce que font certains « particuliers » ne s’en produit pas moins assez souvent…

 

Maintenant, reprenons donc cet exemple, en l’appliquant à une voiture …neuve !

 

En effet, dans le cas d’une voiture sortant d’une usine entièrement automatisée, et qui n’est donc que le produit de la matière en mouvement, que ce soit celui des machines robotisées ou de la matière première qui passe entre leurs « mains » électroniques et informatiques, le « produit », à la sortie, se trouve tout à fait dans la situation de notre voiture d’occasion, avec une valeur d’usage déterminée, ici non pas par l’usage kilométrique, mais essentiellement par la valeur d’usage des matières premières utilisées, d’une part, et par la fraction de valeur d’usage des machines robotisées correspondant, pour chaque voiture produite, à leur coût d’amortissement, d’autre part.

 

Pour autant, on imagine assez bien que les groupes industriels et financiers capables de mettre en œuvre une telle technologie de production ne le font pas uniquement pour le plaisir de voir rouler leur production aux mains d’automobilistes heureux, mais bien pour en tirer un bénéfice financier substantiel…

Et c’est donc là, à propos de ce type de marge de profit, que le capitaliste « moderne » se trouve tout à fait, en réalité et à grande échelle, dans la situation de notre « garagiste d’occasion » !!!

Au stade actuel, les secteurs de production entièrement automatisés et robotisés, d’un bout à l’autre du processus, sont encore rares, mais dans tous les processus modernes l’automatisation et la robotisation gagnent tous les jours du terrain, réduisant la part du travail humain productif et augmentant la part nécessaire d’investissement en capital fixe, en machinerie automatisée et robotisée.

 

Or cette part croissante ne peut être « rentabilisée », pour le compte des investisseurs, que par un procédé de marges de profits qui s’apparente donc tout à fait à celui du « garagiste d’occasion » et ne correspond plus en rien à la valeur de marché réelle de la production.

 

Comme Marx l’a montré, dans une économie capitaliste « classique » les prix de marché oscillent autour de la valeur de marché (2), et même s’ils ne coïncident exactement que très rarement, c’est la moyenne des prix de marché qui coïncide bien, par contre, en période de développement et de croissance « normale »…

Dans cette situation « normale » on dira donc, pour simplifier, que le prix du marché inclus la plus-value créée par le travail, et même, plus exactement, par sa valeur d’usage. On peut donc dire que dans ce cas la valeur ajoutée, même au sens de l’économiste bourgeois, est égale à cette valeur d’usage.

On peut encore dire que dans ce cas, l’élargissement du capital, par l’appropriation capitaliste de la plus-value, correspond encore réellement à une nouvelle valeur créée, et donc par le travail.

Maintenant, si la moyenne des prix de marché, pour quelque raison que ce soit, s’élève nettement au dessus de la valeur « normale » de marché, il y a une baisse de consommation, une crise…

Si cela ne porte que sur un produit, mais indispensable, comme le carburant, par exemple, sa consommation ne réduira donc pas beaucoup, mais par contrecoup, il y aura moins de consommation sur d’autres, comme effet compensatoire.

Exemple bien connu : le choc pétrolier de 1973 !

Ceci-dit, il s’agissait, en fait, d’un « réajustement », mais l’effet, provisoirement, a été le même !

Quoi qu’il en soit, vendre au dessus de la valeur de marché, ce n’est donc possible, comme dans notre histoire de voiture d’occasion, qu’au détriment, non pas d’un individu particulier, mais des autres secteurs du marché, et c’est donc générateur de crise, autant que de surprofit !

Si cela devient une pratique courante, voire, généralisée, il faut donc bien remettre de la monnaie en circulation, au-delà de la valeur réellement créée par le travail productif !!!

Et là, on entre donc déjà dans quelque chose qui s’apparente au banco-centralisme, vu que cela passe par des crédits, et qu’au bout du compte, une partie des dettes ne peut donc pas être honorée, d’une manière ou d’une autre…

 

Le cycle actuel de la dette, tel que « pensé » par les banco-centralistes, suite à leur « expérience » de 2008, permet donc de « régler » le problème, en faisant gonfler le bilan des banques centrales, pour, en quelque sorte « absorber » la dette !

Contrairement à ce que pensent les pseudos-« marxistes » de salons et de groupuscules, il n’y a pas de limite réelle à ce principe. La dette est « renouvelée » (…« roulée ») en permanence et continuera donc à gonfler tant que les Banques Centrales n’auront pas pris le contrôle direct des monopoles.

Le gonflement actuel exponentiel de la dette n’est dû qu’à la nécessité de maintenir les marchés financiers à flots, et à travers eux, les monopoles qui contrôlent déjà l’essentiel de la production et des services.

Dès lors qu’ils seront directement alimentés en liquidités par les Banques Centrales, sans passer réellement par les marchés financiers, sauf, peut-être, formellement, comme « écran » pour les gogos du « grand public », il y aura donc possibilité d’établissement d’un cycle stable de la dette, même s’il repose carrément sur une monnaie de singe, de fait, mais qui aura alors cours forcé…

Et à ce stade, bien entendu, les « gogos du grand public » de ce nouveau spectacle seront eux-mêmes, de par le fait, question salaires, indemnités de chômage ou autre « revenu universel », payés directement par les Banques Centrales, via l’une ou l’autre des crypto-monnaies « banque centrale » déjà en cours de réalisation.

 

Et comme nous l’a si bien expliqué Patrick Artus, chef économiste de Natixis, pas vraiment une boîte de philanthropes, c’est bien ce type de cycle économique qui a été expérimenté, dès le premier « confinement », avec le principe du chômage partiel à grande échelle, directement financé par les banques centrales.(3)

 

Il s’agit donc bien, pour empêcher le système de domination de classe de s’écrouler, de financer à la fois et la production et la consommation !

Sans la nouvelle intervention massive des Banques Centrales, en plus de toutes celles des douze années d’ « entre-crises » de 2008 à 2020, non seulement les marchés financiers se seraient écroulés (…ils étaient bien partis pour le faire, à mi-Mars), entraînant avec eux la faillite des monopoles et des principales industries, mais la faillite de la plupart des États aurait rapidement suivi, incapables de faire face à une vague de chômage encore bien plus massive qu’elle ne l’a été, et qu’ils ne pouvaient déjà pas financer par leurs propres moyens !

Le « grand Reset » rendu possible par le « covisd-19 », c’est donc un déplacement complet du siège du pouvoir, qui passe du siège des CA des monopoles détenteurs des forces productives les plus modernes, et jusqu’alors « faiseurs de rois » (…et de « Présidents de la République »…), au siège des Conseils de Gouverneurs des Banques Centrales, qui contrôlent désormais l’ensemble de la chaîne économique, via le cycle de la dette.

C’est un déplacement complet du pouvoir des détenteurs des capitaux vers le pouvoir des détenteurs de la dette.(4)

Ce n’est donc plus, à proprement parler, du capitalisme, au sens « classique » du terme, mais bel et bien, du banco-centralisme, en tant que nouveau système de domination de classe.

Bien entendu, le capitalisme « classique » continue de coexister avec le nouveau système banco-centraliste, et pour quelques décennies encore, probablement, mais le principe économique en est néanmoins fondamentalement différent, en ce que ce nouveau type de pouvoir ne repose donc plus essentiellement sur l’accumulation de capital, et notamment plus, basé sur la valeur du temps de travail, et pour cause, vu qu’il aboutit inévitablement à financer, via le cycle de la dette, à la fois la production et la consommation ! La fraction du capital, essentiellement fictif, qui continue de s’y accumuler, n’étant donc plus qu’une fraction de la dette « non remboursée » et/ou « roulée », au bon vouloir des Banques Centrales.

En termes de domination, ce nouveau pouvoir vise simplement à préserver et même, à renouveler, donc, sous cette nouvelle forme banco-centraliste, le principe de la domination de classe d’une pseudo-« élite » bourgeoise, de plus en plus minoritaire, mais qui, par le biais du contrôle monopoliste progressivement de plus en plus total de la production de valeurs d’usage, maintient l’ensemble du reste de la population dans sa dépendance absolue, pour ses moindres besoins.

Durant les premiers mois de 2020, les médias occidentaux ont fait mine de s’offusquer de la dérive concentrationnaire néanmoins bien réelle de la société chinoise, ce qui leur permettait de masquer les ébauches de tentatives équivalentes dans leur propre zone d’influence, pourtant déjà dénoncées, quelques années plus tôt par Snowden et divers autres « lanceurs d’alerte ». Mais, que ce soit en matière de traçage du comportement social et économique des citoyens ou en matière de structuration financière banco-centraliste, les sociétés asiatiques chinoises et japonaises n’ont fait qu’être des précurseurs du « Merveilleux Monde d’Après » tel qu’il tend à s’imposer aujourd’hui partout sur la planète.

Dans ses rapports d’intégration/confrontation et d’interdépendance avec l’Occident, la Chine est la première grande économie mondialisée à avoir pratiqué des années durant, déjà, un cours forcé de sa monnaie et proposé, dès 2009, l’instauration d’une monnaie de réserve internationale(5) qui ne soit ni le yuan, ni le dollar, ni l’euro, mais bien une « monnaie banque centrale mondiale » en réalité, et qui donc, tôt ou tard, arrivera directement dans nos « poches » de prolétaires, c’est-à-dire dans nos smartphones, en fait, sous forme de « crypto-monnaie banco-centralisée »(6), dont l’utilisation effective sera donc nécessairement conditionnée par toutes les pressions sociales et injonctions comportementales voulues par le système(7).

Si le monde des monopoles financiers capitalistes était encore, sous le discours libéral, celui des rivalités concurrentielles exacerbées susceptibles de dégénérer en conflits mondiaux majeurs, le monde des Banques Centrales est, par nécessité impérieuse de sa propre survie, celui de l’entente monétaire internationale obligée, et, si des rivalités à fleurets mouchetés se manifestent encore, c’est bien dans la manière de concourir le plus efficacement possible à ce nouvel ordre mondial.

Même si avec les précautions de langage et circonlocutions pseudos-« démocratiques » d’usage médiatique appropriées, Christine Lagarde vient bel et bien d’engager la BCE sur la voie de la crypto-monnaie banco-centralisée.(8)

Le « Merveilleux Monde d’Après », c’est maintenant, et il serait donc temps d’ouvrir les yeux. Le billet de retour, de par l’évolution technologique des forces productives modernes, n’existe déjà plus. La voie de sortie vers un ailleurs réellement social et humain, si elle existe encore, tend, chaque jour qui passe, à se refermer un peu plus. Il serait donc temps de se réveiller et de tenter de forcer la porte, avant qu’elle ne se referme tout à fait, pour les générations à venir.

Luniterre

 

***************

 

( 1 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2021/01/13/great-reset-le-banco-centralisme-complot-et-ou-nouveau-systeme-nouvelle-edition-debat/

https://youtu.be/QZ7xqYJ6rE4

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/06/11/merveilleux-monde-dapres-face-a-lemergence-du-banco-centralisme-quelle-forme-de-resistance/ )

( 2 MARX, CAPITAL, LIVRE III, Chapitres 9 et 10 )

( 3 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/12/31/patrick-artus-le-banco-centralisme-a-visage-humain-ou-presque/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/09/18/pseudo-relance-monetisation-de-la-dette-banco-centralisme-un-nouvel-episode-du-debat-avec-gerard-bad/

ARTUS Patrick_épisode 7 – Monetisation des dettes publiques et la Theorie Monetaire Moderne-PDF )

( 4 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2021/01/23/paradoxe-et-suspense-economique-en-2021-le-capital-atteindra-t-il-ou-non-le-nirvana-par-la-dette-mondiale/ )

 

( 5 https://www.lemonde.fr/economie/article/2009/03/24/pekin-appelle-a-une-nouvelle-monnaie-de-reserve-internationale_1171825_3234.html

https://www.lejdd.fr/Economie/Une-seule-monnaie-pour-tous-75275-3075545 )

 

( 6 Yuan numérique : un nouvel outil de contrôle prêt à être légalisé

https://siecledigital.fr/2020/11/04/yuan-numerique-dcep/

https://journalducoin.com/blockchain/actualites-blockchain/chine-le-putsch-monetaire-numerique/

https://cryptoactu.com/pekin-a-loffensive-sur-le-champ-de-bataille-des-cbdcs/ )

 

( 7 https://institut-thomas-more.org/2019/07/29/le-systeme-de-credit-social-%e2%80%a2-comment-la-chine-evalue-recompense-et-punit-sa-population/

Le système de crédit social · Comment la Chine évalue, récompense et punit sa population-ITM-Note36-201907-PDF

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/comment-la-chine-invente-le-controle-social-au-xxie-siecle-1136115 )

 

( 8 Christine Lagarde « espère » un euro numérique « d’ici 5 ans » – Boursorama avec Media Services-13/01/2021

https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/christine-lagarde-espere-un-euro-numerique-d-ici-5-ans-5a6f5a284d52466c852aa7f505e2f778

https://www.lecho.be/les-marches/actu/general/l-euro-numerique-alternative-au-bitcoin-se-precise/10284819.html

https://www.clubic.com/antivirus-securite-informatique/cryptage-cryptographie/crypto-monnaie/actualite-353230-la-bce-prendra-une-decision-sur-l-euro-numerique-vers-le-milieu-de-2021-.html )

 

 

 

 

Sur le nouveau pouvoir des Banques Centrales :

 

Paradoxe et suspense économique en 2021 : le Capital atteindra-t-il, ou non, le Nirvana par la Dette Mondiale ?

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2021/01/23/paradoxe-et-suspense-economique-en-2021-le-capital-atteindra-t-il-ou-non-le-nirvana-par-la-dette-mondiale/

 

« Great Reset » : le banco-centralisme, « complot » et / ou nouveau système ? (…Nouvelle Édition ! …+ Débat)

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2021/01/13/great-reset-le-banco-centralisme-complot-et-ou-nouveau-systeme-nouvelle-edition-debat/

.

 

Première édition, avec d’autres éléments du débat :

« Great Reset » : le banco-centralisme est-il un « complot pervers » ou simplement la conséquence incontournable d’une évolution systémique ?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2021/01/11/great-reset-le-banco-centralisme-est-il-un-complot-pervers-ou-simplement-la-consequence-incontournable-dune-evolution-systemique/

 

« Merveilleux » Monde d’Après : face à l’émergence du banco-centralisme, quelle forme de Résistance ?

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/06/11/merveilleux-monde-dapres-face-a-lemergence-du-banco-centralisme-quelle-forme-de-resistance/

 

 

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13 réactions à cet article    


  • pipiou2 5 mars 17:48

    Ne toujours pas comprendre que les théories de Marx ont 150 ans et ne sont plus très bien adaptées à l’économie moderne ...


    • Luniterre 5 mars 18:49

      @pipiou2

      C’est donc votre avis et surtout, plus généralement, l’avis des gens qui n’ont rien compris à Marx...

      Mais ce n’est par contre pas le cas de tous les économistes du système, que ce soit en France ou aux USA... !!!

      https://medium.com/@MichaelMcBride/did-karl-marx-predict-artificial-intelligence-170-years-ago-4fd7c23505ef

      http://ses.ens-lyon.fr/actualites/rapports-etudes-et-4-pages/la-dynamique-du-capitalisme-est-aujourdhui-bien-celle-quavait-prevue-karl-marx-natixis-fevrier-2018

      Etc...

      Luniterre


    • Ben Schott Ben Schott 6 mars 08:20

      @Luniterre
       
      Cet abruti vient de se faire une culture expresse sur Wikipedia, faut pas trop lui en demander...
       


    • pipiou2 6 mars 11:43

      C’est pas très malin comment commentaire.
      Dire que les théories de Darwin ou Newton ont été corrigées et améliorées ce serait « n’y a avoir rien compris », avec votre discours.
      Et faire passer Marx pour Nostradamus n’est pas très lucide non plus.
      Restez bloqué au moyen-âge.


    • Luniterre 6 mars 12:17

      @pipiou2

      Sur l’ensemble de son œuvre, Marx examine l’histoire économique des sociétés humaines depuis leurs origines tribales jusqu’à l’ère du machinisme automatisé, dont il voyait déjà les prémisses à son époque.

      L’essentiel de son développement sur ce dernier stade, dont nous parle McBride (*), se trouve dans les Grundrisse, qui étaient ses notes personnelles, et non publiées de son vivant.

      La plupart de pseudos-« marxistes », comme de leurs adversaires, du reste, ne connaissent de Marx que la vision critique de la société capitaliste industrielle de son temps qu’il a essentiellement développé dans Le Capital.

      Et encore, donc, « connaissent » n’est pas le mot, car elle ne peut précisément se comprendre comme une sorte de segment de l’histoire coupé de l’ensemble... Lecture qui mène aux interprétations dogmatiques les plus courantes, et tout à fait stériles, effectivement !

      Et donc, le plus souvent, le « débat », que ce soit avec les pseudos-« marxistes » universitaires et/ou groupusculaires, ou avec leurs « adversaires », tourne très vite au dialogue de sourds !

      Un exemple récent, et qui, du reste, se trouve être en quelque sorte à l’origine du présent article se trouve ici :

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2021/02/07/une-approche-critique-resumant-le-passage-historique-du-capitalisme-classique-au-systeme-banco-centraliste/

      Dans un dernier mail en réponse, et après des années de débats acharnés entre nous, l’un de mes correspondants, et à l’occasion, agoravoxien, M. Hervé Hum, m’informe qu’il a entrepris de lire réellement Marx !!!

      Luniterre

      **********************************

      ( * https://medium.com/@MichaelMcBride/did-karl-marx-predict-artificial-intelligence-170-years-ago-4fd7c23505ef )


    • jjwaDal jjwaDal 6 mars 16:49

      La création de richesse est totalement ancrée sur le monde physique. On découvre un gisement à haute teneur en lithium, un nouveau gisement de gaz, une nouvelle technologie, une découverte fondamentale en physique ou chimie ou biochimie, on scolarise plus de monde et on forme plus de monde, on a plus de philosophes, d’artistes et d’ingénieurs et de médecins, tout cela est de la création de richesse.
      Tout ce qui concerne la monnaie relève de la croyance collective. C’est parfaitement illustré par le fait que les échanges monétaires quotidien sont au minimum d’un ordre de magnitude supérieurs aux échanges de biens et services, donc de la pure spéculation au casino planétaire.
      L’inflation des actifs est pilotée par les banques centrales pour éviter un effondrement de tout le système économique. Par ex aux USA, la déflation des actifs atomiserait la plupart des retraites, et donc effondrerait la consommation en générant une crise digne de celle des années 1930.
      C’est une pure fuite en avant, où l’argent coulant à flot exige une forme de matérialisation qui ne peut être trop matérielle (immobilier, terres agricoles, etc) sous peine de générer une inflation catastrophique qui aurait les mêmes effets d’appauvrissement global. D’où la ruée piloté sur les actifs les plus discutables, aussi longtemps que le joueur de pipeau leur joue sa sérénade.

      L’appauvrissement des Etats pour éponger la dette privée ne fait que faciliter les opportunités d’investissement de cet argent facile.
      C’est pas du Marx, mais ça me semble bien résumer.


      • Luniterre 6 mars 20:32

        @jjwaDal

        Bonjour,

        Ce n’est pas du Marx, mais comme c’est fondé sur le bon sens, ça y ressemble beaucoup… :

        « La création de richesse est totalement ancrée sur le monde physique. On découvre un gisement à haute teneur en lithium, un nouveau gisement de gaz, une nouvelle technologie, une découverte fondamentale en physique ou chimie ou biochimie, on scolarise plus de monde et on forme plus de monde, on a plus de philosophes, d’artistes et d’ingénieurs et de médecins, tout cela est de la création de richesse. »

        La « nuance », ici, est que votre approche tend simplement à confondre richesse et valeur…

         

        Une « richesse » telle qu’un minerai, ne devient « valeur » que par l’échange, en vue de sa consommation ultérieure, d’une manière ou d’une autre, et donc, généralement, par une nouvelle production industrielle.

        L’industriel « client », par exemple une aciérie, pour du minerai de fer, achète à la mine, un prix qui comprend donc les frais d’extraction, en machinerie, en énergie et en main d’œuvre, le tout « réajusté » au prix du marché, et c’est là, effectivement, que commence, le plus souvent, la spéculation…

        Ce que vous semblez bien comprendre, du reste… :

        « Tout ce qui concerne la monnaie relève de la croyance collective. C’est parfaitement illustré par le fait que les échanges monétaires quotidien sont au minimum d’un ordre de magnitude supérieurs aux échanges de biens et services, donc de la pure spéculation au casino planétaire. »


        « L’inflation des actifs est pilotée par les banques centrales pour éviter un effondrement de tout le système économique. Par ex aux USA, la déflation des actifs atomiserait la plupart des retraites, et donc effondrerait la consommation en générant une crise digne de celle des années 1930. »

        Tout à fait bien vu, mais comme annoncé au départ, ce n’est donc pas le sujet de cet article. Ce point ayant déjà été abordé précédemment dans les articles cités en lien et à la suite.


        « C’est une pure fuite en avant, où l’argent coulant à flot exige une forme de matérialisation qui ne peut être trop matérielle (immobilier, terres agricoles, etc) sous peine de générer une inflation catastrophique qui aurait les mêmes effets d’appauvrissement global. D’où la ruée piloté sur les actifs les plus discutables, aussi longtemps que le joueur de pipeau leur joue sa sérénade. »

        Par contre, ici, l’article tente précisément d’expliquer pourquoi, avec les forces productives modernes, faute de productivité du travail humain (capital variable), remplacé par le cycle du capital fixe (machinerie robotisée, automatisée, infrastructures et services informatisées) il y donc un besoin de « surplus » monétaire pour permettre des marges commerciales qui dépassent de beaucoup le simple amortissement de ce capital fixe.

        Le casino boursier rempli donc cette fonction de circulation monétaire superfétatoire qui « absorbe » en quelque sorte le trop plein de liquidités, « trop plein » qui se retrouve, in fine au bilan des Banques Centrales, en proportion des liquidités qu’elles ont déversé sur le marché financier.

         

        « L’appauvrissement des Etats pour éponger la dette privée ne fait que faciliter les opportunités d’investissement de cet argent facile. »

        La « dette » des Etats sert donc habilement de « relais » entre les banques d’affaires, qui la financent en premier ressort, avant d’être « débarrassées » de ce fardeau par les Banques Centrales, qui leur rachètent cette dette, les renflouant ainsi avec des liquidités que ces mêmes banques d’affaire réinvestissent aussitôt sur les marchés financiers, qui ne sont donc pas prêts de se « crasher », tant que les Banques Centrales continuent le système…

         

        C’est pourquoi le décalage reste énorme entre la situation économique réelle et celle des marchés financiers.

        Paradoxalement, ce système absurde, qui écrase la planète, présente donc une relative stabilité et pourrait durer très longtemps, tant que les peuples s’y soumettent, ce qui est, malheureusement et pour l’essentiel, actuellement le cas.


        « C’est pas du Marx, mais ça me semble bien résumer. »

        C’est donc effectivement assez bien vu, pour l’essentiel.


        Bonne fin de W-E à vous,

         

        Luniterre

         


      • Luniterre 7 mars 10:41

        @jjwaDal

        Un autre sujet, qui n’est pas abordé dans cet article, et bien évidemment essentiel quant aux conséquences de tout ça, c’est comment on peut éventuellement en sortir... !

        A l’origine du capitalisme industriel le cycle du capital total est essentiellement constitué de deux cycles liés l’un à l’autre : le cycle du capital fixe (essentiellement, la machinerie industrielle) et le cycle du capital variable (la masse salariale engagée dans le travail productif).

        A mesure que le niveau de technicité du capital fixe s’élève, avec le progrès technologique en matière d’automatisation, d’informatisation et de robotisation, sa valeur d’usage augmente de manière de plus en plus disproportionnée par rapport à la valeur d’usage de la force de travail. 

        Le capital fixe se reproduit et s’élargit, en tant que valeur d’usage, de manière de plus en plus indépendante du cycle de circulation du capital variable, généré, lui, parle travail productif humain, et dont la part décroit donc de plus en plus.

        Arrive nécessairement un temps où la plus-value générée par le cycle du capital variable ne suffit plus à refinancer l’expansion du capital fixe. 

        Dans une première tentative de « rentabilisation », celle du capitalisme monopoliste, le capital financier arrive à compenser la différence par des opérations spéculatives, et principalement, par l’exportation et la circulation internationale des capitaux (première et deuxième mondialisations).

        Mais cela n’empêche donc pas, néanmoins, le différentiel de s’accroitre inexorablement avec le progrès technologique, au contraire exacerbé du fait de la concurrence mondiale (deuxième mondialisation).

        Le système finit donc par bloquer et nécessiter un besoin permanent de réinjections de liquidités pour couvrir l’expansion du capital financier spéculatif, devenu, paradoxalement, à la fois de plus en plus fictif et de plus en plus indispensable à l’expansion du capital fixe.

         

        Le paradoxe trouvera néanmoins sa solution lorsque se produira, et seulement si elle se produit effectivement, la conscience que l’expansion naturelle de la valeur d’usage du capital fixe, produite par le progrès technologique, est donc en réalité le produit de l’accumulation du travail productif des générations passées et qu’elle ne peut donc plus servir de base à l’élargissement du capital spéculatif des générations actuelles de capitalistes et de spéculateurs.

         

        Dans la mesure où la circulation de cette valeur d’usage du capital fixe ne dépend plus que des crédits qui lui sont alloués, ce n’est donc que la gestion collective et démocratique du crédit qui permettra d’en assurer le développement sans crise économique et en concordance avec les besoins sociaux les plus urgents de l’humanité, et notamment, en matière de santé publique, comme on peut le voir quotidiennement, ces temps-ci !

         

        Luniterre

         


      • Luniterre 7 mars 12:13

        CORRECTIF >>>

        Évidemment il faut lire :

        "Le paradoxe trouvera néanmoins sa solution lorsque se produira, et seulement si elle se produit effectivement, la prise de conscience que l’expansion naturelle de la valeur d’usage du capital fixe, produite par le progrès technologique,..."

        Luniterre


      • Hervé Hum Hervé Hum 7 mars 22:11

        @Luniterre

        Ce que tu écris est juste, mais oubli un élément essentiel pour bien comprendre la dynamique du cycle monétaire actuel, qui est fondamentalement le même qu’avant mais qui s’accroit à un rythme exponentiel, c’est à dire, la faiblesse de l’imposition de ce même capital fixe et des profits réalisés par les propriétaires spéculateurs, fait que la monnaie sort de l’économie réelle (c’est à dire, essentiellement des salariés, donc, du capital variable) pour ne servir que (l’économie du luxe de) la minorité capitalisant cette masse monétaire gigantesque et que le seul moyen pour soutenir l’économie réelle est alors de faire tourner la planche à billet et donc, d’augmenter la dette d’autant. Bref, une grande partie de la dette est dû essentiellement à la fiscalité nourrissant la dette, le hic, c’est qu’il s’agit là d’une fraude mondiale et non pas nationale et puisque tous les pays actuels sont régis par le système capitaliste, le sens de circulation monétaire ne peut pas être changé, sauf en signant la fin du système dominant. Exigeant donc la mondialisation de l’action politique citoyenne, dont la seule issue est la collectivisation de l’appareil productif où la responsabilité se substitue à la propriété (avec ses avantages et inconvénients).

        Mais sans cela, ce que tu écris à la fin avec le paradoxe est exact, le hic, c’est de donner la bonne manière de gérer le crédit. Et là, je crains que tu n’a pas les bonnes manières, qu’il te manque de les apprendre !


      • Luniterre 9 mars 01:33

        @Hervé Hum

        « ...donner la bonne manière de gérer le crédit. » : ce point n’a aucun sens, vu que, par définition, le jour où une conscience collective s’éveillera et s’élèvera suffisamment pour rendre cette alternative possible, ce sont les décisions issues des voix majoritaires dans le débat démocratique qui s’imposeront comme étant la nouvelle loi !

        ...Et de plus, au train où vont les choses, il est très improbable que je sois encore vivant pour le voir... !!!

        Et donc, peu importent mes manières, si, d’ici là, elles ont au moins contribué à faire avancer le débat sur le fond du problème.

        Luniterre


      • Hervé Hum Hervé Hum 7 mars 10:12

        je vois que l’article reprend l’essentiel de notre discussion faites par ailleurs.

        Je ne vais pas répéter les mêmes choses déjà dites, je prépare une réponse dont je demanderai peut être la publication ici même et qui lèvera la confusion faites autour de la plus-value..

        Car selon les mots même de Marx, il faut distinguer la plus-value fondée sur le rapport valeur d’usage et d’échange de la force de travail et celle fondée sur le rapport valeur d’usage et d’échange des marchandises. C’est sur ce double rapport que je me pencherai, 

        En attendant, pour le salarié (et non pour le patron), le salaire est une valeur d’échange et non d’usage, cette dernière correspondant à la valeur de reproduction de la force de travail ou autrement dit de subsistance qu’on appelle en France SMIC et dont il pourra négocier une plus-value en fonction de ses qualifications ou compétences particulières et qui donne donc une valeur d’échange de sa force de travail. Sachant que, pour le patron, ce qui est pour le salarié une valeur d’échange de sa force de travail, est effectivement (comme tu le rappelle dans ton article) une valeur d’usage..

        C’est donc un peu plus complexe qu’il n’y paraît au départ et qui nécessite donc une réflexion plus poussée !


        • Hervé Hum Hervé Hum 7 mars 10:32

          @Luniterre

          En attendant, pour le salarié (et non pour le patron), le salaire est une valeur d’échange et non d’usage, cette dernière correspondant à la valeur de reproduction de la force de travail ou autrement dit de subsistance qu’on appelle en France SMIC et dont il pourra négocier une plus-value en fonction de ses qualifications ou compétences particulières et qui donne donc une valeur d’échange de sa force de travail. Sachant que, pour le patron, ce qui est pour le salarié une valeur d’échange de sa force de travail, est effectivement (comme tu le rappelle dans ton article) une valeur d’usage..

          je retire ce que je viens d’écrire, je n’aurai pas dû l’écrire ici, je m’en expliquerai dans un article dédié.

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