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Accueil du site > Tribune Libre > Le début d’une grande lutte pour l’avenir de l’Europe

Le début d’une grande lutte pour l’avenir de l’Europe

Les défis auxquels l'Union européenne a été confrontée au cours des dernières années, et que les forces au pouvoir n'ont franchement pas réussi à relever, ont menacé la communauté de graves changements politiques.

Le parti populaire européen a été le leader de la course. Il a reçu, selon les dernières données, 182 sièges à la législature. L'Alliance progressiste des socialistes et démocrates se trouve en deuxième position et sera représentée par 147 députés. L'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe obtient 109 sièges au Parlement européen. Les Vert, 62 places, les conservateurs et réformistes européens, 59 places, le parti nationaliste « Europe des nations et des libertés », 58 places, les conservateurs de droite du parti « L'Europe pour la liberté et la démocratie », 54 places, la Gauche unie européenne, 38 places.

Avec tout cela, il est impossible de ne pas noter le succès de « Rassemblement national » de Marine Le Pen en France, qui était en avance sur le parti du président Français "La République en Marche". Comme on le sait, Marine le Pen est partisane d’un partenariat avec la Russie en vu de se libérer des quotas sur l’immigration en France établit par l’UE et a déclarée être prête à reconnaitre la Crimée comme une région russe pour cela. Succédant à son père le 16 janvier 2011, elle déclarait déjà le 25 février de cette même année : « Il faut repousser dans les eaux internationales les migrants qui voudraient entrer en Europe »

En Allemagne, si le chef de l'alliance CDU est resté le leader, il a sérieusement perdu du terrain par rapport aux dernières élections. Mais une grande réussite peut être considérée comme un soubresaut des « Verts », qui étaient à la deuxième place, ayant presque doublé leurs notes depuis 2014. On voit aussi une augmentation du nombre de partisans et populiste de droite "Alternative pour l’Allemagne", rendu à la troisième place.

En Italie, le triomphe a été remporté par le vice-Premier ministre d’extrême droite, Matteo Salvini, qui se trouve être un nouvel allié de poids pour Marine Le Pen, avec son parti « la Ligue », connu pour ses déclarations à scandale comme celui fait a Recco, en Ligurie, au cours d'une campagne de la Ligue le 18 février 2017 : « Un nettoyage de masse est nécessaire aussi en Italie, rue par rue, quartier par quartier, place par place, en utilisant la force s'il le faut  ». 

Comme prévu, le leader en Hongrie était le parti du Premier ministre Viktor Orban, connu pour ses déclarations anti-européennes et ses critiques de la politique de migration de Bruxelles.

Ces statistiques étaient nécessaires à une compréhension générale de la répartition des forces sur la scène politique européenne. Nous allons maintenant en venir à l’essence de la situation actuelle, qui s’est avérée beaucoup plus intéressante que l’on pourrait imaginer.

À la suite des élections, il apparaît clairement que l'Union européenne était dans une phase de transition lorsque l'ère de la domination conservatrice et socialiste, qui contrôlait le Parlement européen depuis sa fondation, a effectivement pris fin.

Maintenant, ils ne peuvent pas voir l’ancienne domination sans une alliance avec d’autres factions. Les candidats potentiels sont les Verts ou les Libéraux, dont le succès démontre que les questions environnementales et le sujet de la sécurité inquiètent de plus en plus les Européens.

Les forces de droite et les eurosceptiques ont renforcé leurs positions. Oui, ils n'ont pas obtenu la majorité nécessaire pour tenir leurs promesses de changer le cours politique de l'Union européenne, mais leur succès ne doit pas être sous-estimé. Nous pouvons dire qu'ils n'ont pas perdu la guerre.

Le Parlement européen a été divisé et ce facteur implique des changements majeurs à moyen terme. En termes simples, une confrontation interne importante, probablement de longue durée, commence dans cette Union Européenne. Idéalement, les politiciens doivent atteindre un certain équilibre difficile à mettre en place, étant donné la différence d'idées des partis qui ont été élus au Parlement européen.

La politique étrangère de l'Union européenne pour cette période sera donc au stade du gel car il ne reste plus aucune force pour faire autrement. Il n’est donc pas nécessaire d’attendre des changements fondamentaux. Il est prudent de dire que les tendances de la politique étrangère deviendront une arme dans la lutte pour la domination européenne.

Abandonnant l’idée d’indépendance, l’avenir des pays européens est désormais divisé entre deux vecteurs clés :

Le premier est un partenariat avec la Russie, dont le renouvellement sera promu encore plus activement, car les partisans de ce cours ont pu s’établir de manière significative aux élections. Les sanctions anti-russes ont été un échec et Moscou peut mettre en avant comme preuve les résultats du processus électoral. La victoire de Salvini en Italie et de Le Pen en France dans leurs luttes anti-immigration permet de créer une coalition dans l'arène politique européenne qui promouvra l'idée de la levée des restrictions et d’un rapprochement avec Moscou.

Le second est un partenariat avec les États-Unis, qui a déjà été assombri par les pressions considérables exercées par Washington pendant la présidence de Donald Trump. Il faut admettre que des forces arrivent au pouvoir en Europe, avec lesquelles les idées nationalistes refont surface, comme d'ailleurs aux États-Unis. Ces deux pôles sont incompatibles et si on considère que les Américains eux-mêmes sont embourbés dans une lutte de politique intérieure, le partenariat transatlantique peut être marqué par une crise grave.


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4 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 28 mai 08:27

    On peut aussi envisager l’Europe sans la mafia bruxelloise et son ersatz de démocratie qui n’agglomère que les veaux et les affairistes qui les cornaquent.

    Bien dissocier le continent de cette association criminelle aux racines obscures me semble primordial pour rétablir des relations avec la Russie que nous avons injustement malmené avec un narratif historique corrompu.

    Que pouvons-nous espérer d’autre dans la poursuite de la construction actuelle que des traités vacillants qui établissent notre impuissance politique ?



    • William 28 mai 19:19

      Les deux partis qui constituaient dans le PE précédent une « grande coalition » (selon l’exemple allemand) n’auront pas de mal à intégrer dans leur alliance les partis qui sont entre eux dans l’hémicycle : centristes et/ou verts (en France les écolos sont gauchistes, mais ailleurs il sont libéraux). En bref une « très grande coalition » européiste.

      Mais les instances européennes auront intérêt à se poser la question des raisons de la montée eurocritique (voire carrément de l’europhobie, ou plutôt UEphobie), et réformer la maison -même Macron parlait de refondation-.

      La question de l’appartenance diplomatico-militaire au bloc atlantiste se pose bien évidemment, même si cela n’a pas été un élément primordial de la campagne. Comme Trump lui-même est réticent concernant l’OTAN, il ne faudrait pas être plus atlantiste encore que l’Oncle Sam, et adopter une attitude non-alignée, en renouant avec la Russie qui fait partie du continent, sans pour autant en être à la remorque..


      • microf 29 mai 19:50

        La question que j´aimerai poser serait de savoir si par exemple tous les pays Européens nettoyaient rue par rue, place par place, quartier par quartier les immigrés qui y vivent la situation en Europe va s´améliorer.

        L´histoire est encore rècente en Europe d´une certaine population Européenne qui a été nettoyée rue par rue, place par place, quartier par quartier, chacun de nous connait les résultats et ce que celá a donné, alors, avis.

        Avis á ceux des Européens qui veulent encore recommencer á nettoyer rue par rue, place par place, quartier par quartier une certaine population á savoir les immigrés qui y vivent paisiblement et qui n´ont qu´un seul désir, qu´on les laisse tranquille.

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