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Accueil du site > Tribune Libre > Le Fichage des blessés « jaunes »
#69 des Tendances

Le Fichage des blessés « jaunes »

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« Nous, médecins, rappelons notre attachement viscéral au secret professionnel. C’est pourquoi nous refusons le fichage des Gilets jaunes blessés arrivant aux urgences. De même que nous nous opposons à tout autre fichage des patients sans leur consentement, visant à une transmission des données en dehors de l’hôpital à des fins autres que médicales » (1). Ainsi commence le texte de cent médecins qui refusent le fichage des Gilets jaune blessés.

La bourgeoisie française non satisfaite d'avoir éborgné et mutilé des Gilets jaunes, exige maintenant qu'ils soient fichés lorsqu'ils arrivent blessés aux urgences. Ce fichage, réclamé par le pouvoir, se fait évidemment sans le consentement des patients. La bourgeoisie veut ainsi transformer la science médicale et les médecins en complices, en simples supplétifs de la police. Le secret professionnel, la déontologie et l’éthique médicale n'ont de valeur que lorsqu'ils servent ses propres intérêts. Précisons que toute transgression du secret professionnel peut entraîner des poursuites pénales ou disciplinaires. L'article R. 4127-4 du code de la santé publique dit clairement que « toute personne prise en charge par un professionnel, un établissement, un réseau de santé ou tout autre organisme participant à la prévention et aux soins a droit au respect de sa vie privée et du secret des informations la concernant ». « Ce qu'on nous demande de faire est illégal, un médecin n'a pas à ficher ses patients », s'insurge un médecin urgentiste de l'AP-HP (2). Mais pour cette classe, la loi c'est toujours la loi du plus fort. Pour elle, les Gilets jaunes ne sont pas des blessés, des patients, mais des opposants qu'il faut réprimer, traquer, ficher même dans les hôpitaux. Réclamer la justice fiscale et sociale dans la France d'aujourd'hui est une revendication devenue insupportable pour la classe dirigeante. Les barrières juridiques s'effacent progressivement laissant place à un régime autoritaire ne tolérant aucune opposition, aucune contestation populaire d'envergure comme c'est le cas en ce moment avec les Gilets jaunes.

Mais le fichage des blessés « jaunes » n'est que le symptôme, parmi tant d'autres, de la société capitaliste d'aujourd'hui. Le fichage n'est pas une dérive, mais une politique volontariste d'un système qui, pour se maintenir et se perpétuer, a besoin d'étendre sa surveillance, son contrôle sur l'ensemble des citoyens notamment les plus pauvres et les plus conscients d'entre-eux. Les contrôles, facilités par les technologies du numérique, se généralisent et touchent tous les domaines.(3).

Ce fichage « jaune » dont les médias bourgeois ne parlent plus, est en soi une autre forme de violence (4) faite aux Gilets jaunes et à tous les mouvements sociaux. Le but non avoué de ce silence est de rendre toute cette violence d'Etat invisible, inexistante. On ne parle plus du fichage des blessés « jaunes » comme on ne parle plus de Zineb Redouane, des yeux crevés, des mains arrachées, des centaines de signalements déposés à l'IGPN sans résultat, des mensonges répétés du pouvoir etc.etc. Dans l'immédiat, il faut créer chez les citoyens un sentiment, une impression que tous ces événements n'ont pour ainsi dire jamais existé. La bourgeoisie tentera par la suite de les effacer de la mémoire collective qui représente toujours une menace, un danger pour les régimes autoritaires. Il lui sera plus facile plus tard de réécrire sa propre vérité, légitimant et perpétuant son pouvoir.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://reporterre.net/Cent-medecins-refusent-le-fichage-des-Gilets-jaunes-blesses

(2)https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2019/04/24/fichage-des-gilets-jaunes-ce-quon-nous-demande-est-illegal-temoigne-un-urgentiste-de-lap-hp_868245

(3) Il existe d'innombrables articles sur ce sujet. Voir entre autres :

https://www.uspsy.fr/IMG/pdf/le_Fichage_des_patients_en_psychiatrie_LLPF_no195.pdf

(4).https://reporterre.net/Gilets-jaunes-La-question-de-la-violence-revele-une-crise-democratique?fbclid=IwAR2d93oMDXD6nof-yzeYSTC7TfLsqlLtTzoO6UvsBpF9yj37m_UT7j1qmTE

 


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16 réactions à cet article    


  • MagicBuster 16 mai 11:45

    Pour lutter contre l’insécurité , le fichage des muzz apparait comme la seule solution.


    • Cadoudal Cadoudal 16 mai 11:54

      @MagicBuster
      Sinon, pour lutter contre l’insécurité, il y a aussi la méthode des féministes Polonais :

      11.05.2019 - Polish Hooligans storm shop & attack turkish muslims for molesting woman, Krakow Poland

      https://www.youtube.com/watch?v=QXt2nmmUb3s&feature=youtu.be


    • Taverne Taverne 16 mai 15:23

      Je souscris pleinement à cette cause en ma qualité de juriste connaisseur de la question. Les données personnelles sont protégées par le RGPD et les lois et, plus particulièrement, les données dites sensibles. Le fichage est extrêmement réglementé.

      Il est interdit sous peine de poursuites de mentionner des données de nature médicale dans les zones libres du logiciel de fichage. Le secret médical continue même après le décès (délai de 25 ans pour la plupart des cas).

      Seul l’intéressé peut avoir accès à ses données de santé, pas les tiers.

      Dans les rares cas légaux où elles sont accessibles à certains tiers autorisés, les éléments médicaux transmis doivent être nécessaires à la réalisation de l’objectif invoqué. Le critère de la nécessité et de la finalité sont donc prépondérants ici. A cela s’ajoute la question du respect rigoureux du secret professionnel dont les manquements peuvent être sanctionnés par la loi pénale.


      • Taverne Taverne 16 mai 16:09

        La CNIL rappelle avec constance depuis toujours que le numéro de sécurité sociale (appelé NIR dans le jargon administratif : numéro d’inscription au répertoire des personnes physiques) est une « donnée sensible ».

        La raison est la nature très identifiante de ce numéro (en raison de sa construction : date et lieu de naissance, etc.)

        La mise en commun de cette donnée entre administrations est donc proscrite sauf pour les établissements et services sociaux et médico-sociaux et elle se limite aux finalités poursuivies dans le cadre de leurs missions. Le décret 2019-341 du 19 avril 2019 définit les catégories de responsables de traitement et les finalités pour lesquelles les traitements peuvent être mis en œuvre. Là encore, comme on le voit, le critère du but poursuivi dans le cadre de la mission est appliqué (critère de finalité). La Cnil a d’ailleurs retoqué ce décret dont une expression trop large risquait de conduire à des abus (Délibération CNIL n° 2019-029, 14 mars 2019).


      • Dom66 Dom66 16 mai 18:50

        @Taverne

        Désolé Monsieur le juriste connaisseur de la question ! J’ai lu vos deux commentaires aussi :

         Je vous donne une info importante : Le père Noel n’existe pas

        En macronie les décrets ne servent à rien. CNIL= de la mrd, du pipo (eau)

        La justice n’existe pas, si non cela ce saurait.

        bien à vous


      • Cadoudal Cadoudal 16 mai 19:06

        @Dom66
        Je pense que les gugus comme Taverne croient sincèrement encore habiter un pays ou l’administration fonctionne, ou l’état de droit n’est pas qu’un vague concept et ou la justice est indépendante et au service du peuple...

        Son réveil dans un pays du tiers monde en faillite n’en sera que plus douloureux...

        Et son espérance de vie en Nouvelle France ne dépendra que de ses qualités d’adaptation a des règles du jeu qu’il ne connait pas encore...

        Selon eux, les personnes en situation irrégulière seraient entre 150 000 et 250 000. Mais ils évoquent même la possibilité qu’ils soient 400 000.

        https://www.valeursactuelles.com/societe/la-population-de-seine-saint-denis-composee-de-20-de-clandestins-97037

        « A 80%, ce sont des documents d’origine algérienne, marocaine, congolaise et malienne ».
         

        https://www.valeursactuelles.com/economie/la-fraude-la-secu-couterait-14-milliards-deuros-par-102031


      • Dom66 Dom66 17 mai 00:07

        @Cadoudal

        Oui je suis d’accord et en plus ceci :

        " Son réveil dans un pays du tiers monde en faillite n’en sera que plus douloureux..."

        Nous y somme dans un pays du tiers monde.....J’ai pu apprécier ce Week-end pour quelqu’un de ma famille les urgences à l’hôpital...et ensuite hospitalisation....et bien pour un pays qui possède la bombe atomique, qui veut faire la guerre un peu partout et qui ouvre sa grande gueule, ça fait pitié...déplorable, minable, sale, manque de place, personnel en sous effectif, enfin le tiers monde.

        Par contre les politiciens sont bien payés....Oui les gugus comme Taverne croient sincèrement encore habiter un pays ou l’administration fonctionne, et bien c’est ça qui nous gonfle un max.

        Pauvre France


      • foufouille foufouille 17 mai 07:36

        @Dom66
        c’est normal car taverne est un fonctionnaire gagnant 4000€.


      • MagicBuster 16 mai 16:41

        Les services de police françaises sont-ils autoriser à interroger les fichiers du Mossad ou de la CIA  ?

        Il y a surement plus d’informations . . . que dans les fichiers de la France qui interdit de ficher avec les critères logiques qui s’imposent.

        En attendant, on criminalise le citoyen ordinaire qui dépasse les 30 Km/h .. ..

        ==> Justice ridicule qui protège les terroristes ( à nos frais )


        • suzanne_b 17 mai 00:33

          Gilets jaunes«  : comment de prétendus »street medics" ont effectué des prélèvements sanguins en pleine manifestation Capture d\’écran d\’une vidéo montrant des prélèvements réalisés en pleine rue, lors d\’une manifestation de \« gilets jaunes\ », le 20 avril 2019 à Paris

          Plusieurs groupes de secouristes bénévoles ont signé un communiqué s’alarmant de pratiques « illégales et immorales » réalisées en pleine rue

          Confrontés par de vrais « street medics »

          Dès le vendredi 3 mai, la page Facebook « Coordination 1ers Secours », qui regroupe plusieurs collectifs de « street medics », lance une première alerte. « Nous ne sommes pas là pour faire des gestes longs sauf en cas de défaillance vitale. Seule la prise en charge, la sécurisation et l’évacuation des victimes nous concernent », précisent ces secouristes de rue dans leur communiqué.

          Nous conseillons vivement aux victimes de ne pas accepter de se faire prélever dans de telles conditions, même avec les meilleures explications du monde.La Coordination 1ers Secourssur Facebook

          Selon un membre de la « Coordination 1ers Secours », contacté par franceinfo, ces pratiques auraient lieu depuis plusieurs semaines, à Paris mais aussi à Lyon. Sur la base de « différents témoignages », ces secouristes estiment que des prélèvements ont été effectués par « une huitaine d’individus » dès les manifestations du 16 mars. Confrontés récemment à des membres de la « Coordination 1ers Secours » dans un cortège, les prétendus « street medics » auraient retiré leurs tee-shirts avant de prendre la fuite. D’après le communiqué de « Coordination 1ers Secours », « quatre personnes qui font des prélèvements sanguins » auraient été identifiées par leurs soins. « Là on est dans l’insécurité totale »

          L’une d’entre elles est un généraliste, enregistré à Cayenne (Guyane). Contacté, le Conseil national de l’Ordre des médecins ne voit aucun « obstacle légal à [la] réalisation » d’un tel prélèvement, « si une personne consent à un prélèvement biologique pour des motifs qu’elle connaît et que ce prélèvement est effectué par un professionnel qualifié pour le faire ». Ce n’est pas l’avis de Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes, face à ces vidéos montrant des actes effectués sans gants en pleine rue, au milieu des gaz et de l’agitation.

          C’est complètement interdit : on n’a pas le droit de s’installer dans la rue et de faire une consultation, alors encore moins de prendre du sang. Pourquoi prélever du sang dans des conditions aussi peu favorables ? Là, on est dans l’insécurité totale.Christophe Prudhommeà franceinfo


          • suzanne_b 17 mai 01:01

            MAXIME NICOLLE poussent les gilets jaunes à faire des prélèvements sanguins dans les rues en sachant que c’est interdit

            Ces pauvres gilets jaunes ont-ils été empoisonnés ou piqués par des seringues usagers ??? Ces manifestants n’ont toujours pas compris que les représentants des gilets jaunes sont tous reliés à l extreme-droite et l extreme droite c est Israel Russie USA (Steve Bannon) et le grand capital

            Le but de ce mouvement est le répression qui nous mènera à la dictature

            Claire explique ne pas avoir douté au moment où on lui a prélevé du sang en pleine rue. Elle faisait « confiance » aux secouristes. « Je savais oui, qu’il y avait des prélèvements qui avaient été faits, mais pas des prises de sang lors de manifestations », explique la jeune femme. Elle fait référence à des messages postés sur Facebook, notamment par Maxime Nicolle, alias « Fly Rider », l’une des figures du mouvement des « gilets jaunes ». Ce dernier affirme s’être lui-même plié à un prélèvement sanguin, effectué par un des prétendus « street medics » présent lors de la même manifestation du 1er mai.

            Comme Claire et Maurice, Maxime Nicolle dit avoir été prélevé par une équipe de quatre personnes composée de trois médecins et d’un docteur en biologie. Pourquoi avoir accepté ce prélèvement ? "J’ai des symptômes, comme une perte de poids, des douleurs abdominales et musculaires, une perte du sommeil, comme par hasard après des gaz lacrymogènes, explique-t-il à franceinfo. Pour être factuel, j’aimerais avoir un lien de cause à ef


            • suzanne_b 17 mai 01:07

              Avec les prélèvements on peut faire du fichage en récoltant du sang A partir du moment où on récolte des éléments de d’un corps on a de l’ADN on peut faire ce qu’on veut


              • victormoyal victormoyal 17 mai 07:05
                Le Fichage en France est constant..le pays entier est fiché...mais le bon peuple s’en fout royalement !

                • zygzornifle zygzornifle 17 mai 09:01

                  C’est les cadres de la direction qui consulte les dossiers et qui donne les infos au gouvernement , le personnel soignant a autre chose a faire que de la délation , ils bossent comme des esclaves ....


                  • zygzornifle zygzornifle 17 mai 09:05

                    Bientôt ce con de mougeon viendra de lui même se faire pucer et après il couinera que ses infos perso se baladent un peu partout sur le net , aussi con que ceux qui se mettent en situation de débile sur fesse de bouc ou ceux qui roulent a 250 et mettent la vidéo sur you bulbe rachidien ....


                    • teuf-teuf 17 mai 09:29

                      Les Gilets Jaunes étant des hors la loi  , des délinquants ne respectant pas les libertés d’ autrui ....pilleurs saccageurs ne peuvent en aucun cas prétendre à quelconque respect  pour eux-mêmes . 

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