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Accueil du site > Tribune Libre > Le Fou, son Médecin & la Société

Le Fou, son Médecin & la Société

Il y a quelques temps, les éditions LEH m'ont contacté afin d'utiliser l'image d'un de mes tableaux intitulé la ''Nef des Fous'', comme illustration de couverture pour le livre d'Alexandre Lunel ; ''le Fou, son Médecin & la Société''.

Ce livre nous raconte l'histoire du dialogue à caractère plutôt chaotique entre le fou et son entourage sociétal, de l'Antiquité à nos jours. C'est intéressant, et ça nous éclaire sur le jugement commun subjectif qui peut faire passer tel ou untel pour fou en fonction de son comportement, choquant à un moment donné de l'histoire.

 

Alexandre Lunel dédicace son livre ''Le Fou, son Médecin et la Société''

 

La soirée de lancement du livre s'est déroulée à Paris mi-octobre à l'hôtel Madrigal en présence de nombreuses personnalités, je n'ai pu y assister, mais pour ce qu'on m'en a dit, elle s'est très bien déroulée, l'image de la Nef des Fous sur la couverture a aussi interpellé le public présent par son caractère symbolique, le triptyque de ces trois dingos sur leur barque baroque s'accordant bien avec le titre ''le fou, son médecin et la société.'' L'image du livre ayant été recadrée pour raisons techniques, voici le tableau en entier ;

On pourrait y voir ; à gauche, le fou avec son entonnoir sur la tête, au milieu le médecin qui enlace, entrave le fou ? rame et cherche au loin une solution, et enfin la Société en haut à droite, avec sa baguette répressive. Le livre ayant été écrit avant que les éditions LEH me contactent, et ce tableau ayant été peint en 1987, soit il y a 32 ans, on peut dire que parfois le hasard fait bien les choses...

 

À titre personnel, j'entretiens des rapports étroits avec la folie depuis long temps. Le premier tableau où j'ai tenté de mettre en scène la folie date de 1982 et avait été inspiré en partie par une authentique histoire de fous, trop longue à raconter. Quant à la Nef des fous, quand j'ai peint cette toile, c'était suite à la découverte de cette histoire étonnante qui raconte qu'on mettait au Moyen-Âge les fous dans un bateau sans gouvernail, et qu'on les lâchait sans pitié en pleine mer, histoire s'en débarrasser à tout jamais. J'ai lu depuis quelque part que cette histoire serait un mythe mais peu importe. En réalité, ce que je voulais signifier avec cette toile librement inspirée de celle de Jérôme Bosch, est que ces trois personnages faisant partie de la même société, ils sont aussi fous les uns que les autres, mais bon...

 

Hyeronymus Bosch ; ''la Nef des Fous''

 

Certes ce qui était normal il y a mille ou deux mille ans ne l'est plus aujourd'hui, ceci aussi bien dans le sens positif que négatif. Ainsi, le ''Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens !'' des Croisades n'est plus vraiment de mise dans la chrétienté actuelle, assez nettement pacifiée.

Mais on peut constater encore aujourd'hui dans certaines mouvances plus vindicatives la validité de cet adage gore, qui signifiait à l'époque que les hérétiques n'avaient pas le droit de vivre et qu'en cas de meurtre d'un bon chrétien par erreur lors d'un massacre conventionnel effectué par les mercenaires de l'époque, celui-ci serait automatiquement intégré au Ciel Paradisiaque, nimbé de Lumière.

Le livre ''le Fou, son Médecin et la Société'' concerne en priorité les fous authentiques ou pathologiques, les psychotiques, les psychopathes, les furiosus, ou fous furieux ingérables devant être impérativement enfermés au vu du danger qu'ils représentent au sein de la communauté humaine.

On y distingue également les cas psychiatriques multiples qui conduisent l'homme ordinaire derrière les barreaux des asiles ou des prisons, de la délinquance à la folie il n'y a qu'un pas. Ce livre nous dévoile par exemple que le premier cas connu d'un homme ayant échappé à la punition de droit commun car jugé irresponsable, date du temps des romains.

Comme je le faisais remarquer à Sébastien Clément l'éditeur du livre, après avoir commencé la lecture du '' Fou, son Médecin et la Société'' on est là très loin du roman de Gare et des Guy des Cars, ou même de Maupassant. Ce livre est plutôt concentré et demande beaucoup d'attention du lecteur, étant avant tout destiné aux professionnels de Santé et aux décideurs du milieu hospitalier.

Pour autant ce livre est très intéressant et parfaitement lisible, et assorti de pas moins de 769 renvois de bas de page ! autant dire que si vous lisez tous les petits caractères et les liens qui s'y rapportent, préface, postface, vous saurez tout ce qu'il faut savoir sur le sujet épineux de la folie et son traitement à travers les âges et plus spécifiquement en France pour la période récente.

On apprend par exemple que Les furiosus, fous furieux au temps des romains, étaient à l'époque mis au même plan psychiatrique que les hilares, et les prodigues.

L'hilarité était en effet considérée comme un genre de folie qu'il convenait de soigner, au même titre que la prodigalité. En clair, mieux valait ne pas trop rire en ces temps lointains ou dépenser sans compter son argent, à condition d'en avoir évidemment…

À ce sujet, on pourrait voir dans le fait de psychiatriser les prodigues, une forme de matérialisme forcené, éclatant ; risquer, pour un bourgeois de l'époque de perdre ses biens en les dilapidant, était tout simplement assimilé à de la folie furieuse. Le détachement des biens matériels prôné en partie par le christianisme non-né à l'époque pourrait être une explication.

Parenthèse sémantique, il suffit d'enlever le u de prodigue pour faire prodige, de même qu'il suffit d'en intercaler un entre le r et le e de Brel pour faire ???

Eh oui. Ce qui, convenons-en, transforme par magie langagière le prodigieux Jacques Brel en un piailleur approximatif à mains balladeuses.

Digressons ; ce qui est fou pour l'un est souvent normal pour l'autre.

 

Le Roi & le Fou, huile sur toile 160cms x 120cms. P.Chalory 1997, Lien Article Huffington Post

 

Songeons, songeons aux différentes habitudes alimentaires de trois catégories de 'fous' contemporains, peut-être pas complètement fous d'ailleurs, hors le dernier exemple, mais une chose est sûre ; entre le végétalien pur et dur, terrifié à l'idée d'avaler un œuf d'origine forcément animale ; l'acteur hyper-épicurien Gérard Depardieu, dont la gloutonnerie légendaire est au moins aussi indiscutable que son talent ; et le sérial-killer cannibale Jeffrey Dahmer qui, après avoir drogué et étranglé ses victimes, a fini par les découper en petits morceaux et les dévorer comme un bifteck, l'éventail alimentaire est plutôt large chez les hommes du vingt et unième siècle après Jésus-Christ.

Si je parle de Jeffrey Dhamer, c'est que j'ai vu hier un reportage sur lui avec une interview surréaliste où il déclare tranquillement qu'il voulait par exemple zombifier certaines de ses victimes, sans les tuer mais en leur injectant diverses substances acides ou caustiques dans le cerveau, après leur avoir troué le crâne à la perceuse… Mais les expériences ne furent pas très concluantes, et Jeffrey déçu préféra trucider normalement les zombies défectueux. Jeffrey s'est aussi intéressé à l'Art Contemporain, en organisant chez lui des installations avec les cadavres de ses ex-amants, qu'il disposait dans des positions conceptuelles très élaborées et qu'il photographiait ensuite.

Des sculptures en bronze ont même été réalisées par des artistes d'avant-garde en prenant pour modèle certaines de ces œuvres peu ordinaires, on en a même retrouvé une qui ornait la maison de John Podesta, l'ex directeur de campagne de Killary Klingon, à l'époque ou le Pizza-Gate faisait la Une aux Usa et le régal malsain de complotistes abjects.

Le pire c'est que Jeffrey n'a rien en apparence en tout cas, d'un fou au sens psychiatrique, il a l'air parfaitement normal, presque trop, avec une vague ressemblance avec Malcom Mac Dowell dans Orange Mécanique. Encore que, bien qu'il s'agisse d'un jeu d'acteur, heureusement, Mac Dowell a l'air nettement plus barjo que Dahmer au naturel dans ce film culte de 1971, mais positivement moins que Macron quand même, faut pas exagérer non plus. Le pauvre Jeffrey n'ayant pas réussi à se faire passer pour fou avec ses 17 meurtres, a tout de même échappé à la peine de mort mais pas longtemps, Christopher Scarver, un de ses compagnons de cellule qui se prenait pour le fils de Dieu ; l'a achevé avec une barre de fer à haltères bien avant qu'il ait pu terminer ses 957 ans de prison.

En allant plus loin dans la folie si c'est possible, et sans remonter jusqu'à l'homme de Néanderthal dont on a découvert avec certitude les mœurs anthropophages, certaine tribus primitives dont les Korowaï, découverts en 1974 en Indonésie, pratiquaient le cannibalisme jusque très récemment. Ces furiosus arboricoles des temps modernes vivent dans des cabanes juchées sur des pieux hauts de dix mètres censés les mettre à l'abri des prédateurs :

 

Korowaï, Photo Dreamtimes

 

Brrr ; ainsi, hors contexte, si Jeffrey Dahmer était né ou même parti en vacances chez les Korowaï, il aurait pu assouvir ses instincts sans passer nécessairement pour un fou ? Il aurait pu, peut-être même, être embauché du côté d'Haïti pour proposer sa science novatrice aux zombistes ancestraux, et leur apporter en même temps les merveilles de la technologie récente, comme les perceuses à vitesse variable, l'acide chlorydrique, les couteaux céramiques et le poppers ?

Ici, aujourd'hui ; l'érudit sorcier facteur de zombies déterrés, soumis et vidés de leur substantifique moelle par magie vaudou, est avantageusement remplacé par les propagandistes zélés des grandes chaînes de télévision ; qui fabriquent des zombies à la pelle ; pauvres hères décérébrés capables de s'extasier sur Jauni, Bruhell, plus Bêle la Vie ou autres produits marketés comme la viande en polystyrène, la hifi mp3, Jeff Koons et Jeremstar pour les plus atteints.

C'est ça qui est amusant avec ce sujet du fou au sens large ; d'une époque ou d'un pays à l'autre la folie, la délinquance et la normalité se mélangent et ou se confondent, suivant les us et coutumes ; tenez moi qui vous parle, je passe pour un fou aux yeux de la majorité de la population civilisée depuis mon adolescence et vous savez quoi, je ne m'en porte pas plus mal et je le vis très bien.

Car d'à bord de ma Nef, une civilisation composée de gens si vils m'évoque plus des cons qui posent, fats, ridicules et niais, que des gens évolués. Par exemple, je préfère parler aux insectes qui me répondent plus clairement que ces légumes humanoïdes avariés dont le résonnement sonne juste comme une cloche en fer fendillé, martelé de concepts grotesques assénés par la bien-pensance à la bœufs-mode.

Souvent, je vois en rêve des hordes de limaces téméraires tenter de traverser l'autoroute et se faire écraser immanquablement ; à bien y réfléchir, peut-être ces bêtes bizarres et semi-liquides symbolisent-elles les gens perdus dont les idées seraient un mix de tf-one, bfm et rance-info, ressassé si long temps qu'il forme une trame indélébile dans leur cerveau, lent comme un limaçon.

Péniblement, dans un coma permanent duquel il ne sortiront jamais, les malheureux mougeons tentent de raccorder des bribes de phrases insanes pour les répéter mécaniquement, comme si c'était le fruit de leur réflexion propre ; de lier, avec le fil de leur pensée aussi puissante que celle des limaces suicidaires de mon songe, des images et des mots.

Revenons au livre d'Alexandre Lunel ; le fou confronté à la Société, et les différents soins apportés aux furiosus en tous genres suivant les époques, on soignait par exemple les hilares en leur racontant des choses graves, les furiosus en les rouant de coups, même s'il ne s'agissait pas d'une punition ou d'une torture, mais d'une thérapie musclée, et les prodigues en les mettant sous curatelle.

À croire au fait que par l'étang qui court, les médias-mainstream nous prennent tous pour des hilares ? des gens trop joyeux qu'il convient de soigner au catastrophisme non-stop ; pas une heure, pas une minute pas une seconde ne se passe sans qu'une nouvelle effrayante ne soit balancée sur les ondes, le papier et la toile...

Alexandre Lunel dit aussi que l'approche médicale du fou était tributaire des croyances religieuses ou des superstitions de l'époque ; la possession, les sorcières étaient soignées à la question, torture insupportable qui faisait que les malheureuses sorcières préféraient souvent avouer tout de suite être des suppôts du diable pour passer directement par la case bûcher, évitant au passage les horreurs sadiques de l'inquisition.

Aussi jadis, les médecins étaient les seuls qui pouvaient intervenir auprès du bourreau avant que celui-ci n'occise, par maladresse ou excès de zèle son patient du moment. Un peu comme aujourd'hui remarque, où des médecins vous auscultent au commissariat avant que vous ne passiez à l'interrogatoire façon Coluche dans Inspecteur la Bavure, des fois qu'un risque cardiaque menace le bon déroulement de l'enquête.

Bref, on pourrait continuer longtemps sur le sujet des fous, des médecins et de la société, pour en savoir plus, il vous faudra lire le livre d'Alexandre Lunel, en vente sur internet et dans les bonnes librairies*…

 

 

*Je précise que j'ai cédé les droits d'auteur de l'image à titre gracieux, et n'être aucunement intéressé aux ventes de cet ouvrage habile, à caractère exhaustif.

PC

https://www.leh.fr/edition


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26 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 5 novembre 09:14

    C’est quoi, le contraire de folie ? 

    Raison, sagesse ou soumission ?


    • Piere CHALORY Piere CHALORY 5 novembre 09:28

      @Séraphin Lampion

      Bonne question Séraphin, le contraire de la folie selon moi, serait peut-être un mix de ces trois états dits de conscience ; âge dit de raison après 7 ans et sagesse, relative, s’ensuivant, puis soumission obligatoire, totale ou partielle du sujet promis à l’absence de folie...

      Enfin, tout ça se discute évidemment, et j’ai une question moi aussi ; savez-vous pourquoi la raison du plus fou est toujours la meilleure  ?

      Eh bien, c’est parce qu’il n’y a pas de raison.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 5 novembre 09:48

      @Piere CHALORY

      « Moi, j’ai longtemps donné
      raison à tout le monde.
      Jusqu’au jour où je me suis aperçu
      que la plupart des gens à qui je donnais
      raison avaient tort !
      Donc, j’avais raison !
      Par conséquent, j’avais tort !
      Tort de donner raison à des gens qui avaient
      le tort de croire qu’ils avaient raison. »

      Raymond Devos  à tort ou à raison

    • Dr Frank-N-Furter Dr Frank-N-Furter 5 novembre 10:29

      @Séraphin Lampion
      « Raison, sagesse ou soumission ? »

      ..................................................
      ............Séraphin ......................
      .................................................


    • Loatse Loatse 5 novembre 10:27

      Bonjour Pierre,

      Vos oeuvres sont superbes comme toujours...(y’a t’il une symbolique cachée dans ce choix de couleurs ?) Ce livre me tente, pour l’offrir à « ma princesse des gares ;) qui aujourd’hui travaille dans ce milieu.. j’ai droit donc aux histoires et anecdotes des plus émouvantes aux plus effrayantes.. dont une qui pourrait vous inspirer

      C’est ainsi qu’une patiente un jour alors qu’elles étaient seules dans sa chambre, l’informa qu’il y avait du monde dans ce petit espace, notamment autour de fifille...

       »Ah bon, et que fait ce monde ?« questionna celle ci, pas vrairment rassurée, et qui sont ils (je résume)

      ce sont des démons continua cette dame, fixant un point invisible pour le commun des mortels,

      Ah, et que font ils ? insista malgré tout l’empathique et curieuse môme (qui aurait volontiers pris autrement ses jambes à son cou)

       »Eh bien là, ils vous touchent/caressent les cheveux. Vous avez de beaux cheveux. Mais ne vous inquiétez pas ; vous êtes gentille, ils ne font pas de mal aux personnes gentilles.."

      Grosse frayeur là (à dormir toutes lumières allumées).. et ce d’autant plus que les médecins aujourd’hui considèrent (enfin dans cet hopital du moins) que ces visions appartiennent aussi bien au réel que ce que nous voyons... Le personnel ne doit donc pas les mettre en doute et bien sur encore moins se moquer...

      Il s’agit donc d’une nouvelle approche... (quantique ???)

      M’enfin ce n’est pas la mienne qui aurait aspergée d’eau bénite la patiente, (des démons quoi !) ni celle d’un célèbre soignant qui lui exorcisait les malades psy à la pelle (dénommés possédés) avec le succès que l’on connait..

      quoique les pauvres cochons se jetant dans le vide de la falaise, c’est vraiment pas sympa.. et puis, que faisaient ces porcs ci dans cette contrée là ?.... ;)


      • Piere CHALORY Piere CHALORY 5 novembre 10:53

        @Loatse

        Bonjour Loatse et merci pour votre commentaire, travailler dans ce milieu doit-être assez éprouvant en effet, courage à votre’’princesse des gares’’,  smiley ce livre quoique un peu ardu à lire, doit résumer à peu tous les cas de figure de folies répertoriées depuis l’Antiquité. Pour la nouvelle approche je confirme, suite à la ’’loi kouchner’’ qui s’est heurtée à l’incompréhension des syndicats d’infirmiers, le fou doit être intégré et même amené à soigner ses semblables officiellement.
         smiley
        J’imagine la tête des infirmiers, qui doivent déjà se coltiner une équipe de furiosus suractifs, essayer de faire comme pour un stagiaire normal, de l’éduquer, de l’instruire pour enfin se retrouver au m^me niveau que les fous qu’ils soignent, réellement... Les fous étant parfois très intelligents, il se pourrait même que l’un d’entre eux finisse par remplacer le directeur de l’asile, ce serait presque drôle si dans les faits certaines pathologies sont hélas incompatibles avec la vie dite de groupe, et encore plus avec les soins professionnels de malades difficiles... 

        Bonne journée et bonjour à votre Princesse des gares...

        PC


      • Loatse Loatse 5 novembre 11:59

        @Piere CHALORY

        Je n’y manquerai pas. Merci et bonne journée à vous également Pierre.. (et bonne continuation artistique)


      • JL JL 5 novembre 10:34

        à Séraphin Lampion 

        qui demande ’’ C’est quoi, le contraire de folie ? Raison, sagesse ou soumission ? ’’

         

        Je risquerais la réponse suivante : 

         

        « Le fou est celui qui a tout perdu sauf la raison » Chesterton cité par Jacques Généreux (La Déconnomie, essai)

         

        Proposition : le fou serait celui qui ne se se soumet pas à un ordre insensé érigé en normalité.

         


        • Piere CHALORY Piere CHALORY 5 novembre 11:12

          @JL

          Bonjour,

          ’Proposition : le fou serait celui qui ne se se soumet pas à un ordre insensé érigé en normalité.’’


          tout à fait, et dans un monde composé de malades qui décident de tout et n’importe quoi, cette insoumission se paie très cher, croyez en mon expérience...


          Bonne journée





           


        • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 5 novembre 11:25

          @JL

          d’où le mot « a-normal »


        • JL JL 5 novembre 11:26

          @Piere CHALORY
          bonjour,
           
          « Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux » Guy Debord
           
          Félicitation pour votre article et vos illustrations.
           
           Bonne journée aussi.


        • Dr Frank-N-Furter Dr Frank-N-Furter 5 novembre 12:00

          @JL
          « Proposition : le fou serait celui qui ne se se soumet pas à un ordre insensé érigé en normalité »

          Oui mais dans un HP connu pour ses mauvais traitements, un grand malade qui vient d’égorger un infirmier, même s’il l’a fait avec une petite cuillère, pourra-t-il être qualifié de non-fou ? Par ailleurs arguer de la nécessité d’être fou pour légitimer une France insoumise ne me semble pas cohérent.  

          Pour ma part, un peu folle et donc extraterrestre je dirais que le non-fou est une entité capable de se voir dans un miroir, de se réfléchir. Les humains font cela très bien quelquefois. La folie qui nous entoure n’est pas humaine je vous assure, elle n’est qu’une manifestation singulière de la région des morts.


        • JL JL 5 novembre 13:14

          @Dr Frank-N-Furter,
          bonjour,
           
          Peut-être devrais-je modérer ma proposition et écrire : le fou serait celui qui ne se se soumet pas à un ordre qu’il perçoit comme insensé érigé en normalité.
           
          Parce que les fous sont aussi souvent qu’à leur tour sinon plus, affectés de biais cognitifs.
           
          Ps. Pour la FI : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » (Constitution du 24 juin 1793 : Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen)


        • Loatse Loatse 5 novembre 14:35

          @Dr Frank-N-Furter

          « La folie qui nous entoure n’est pas humaine je vous assure, elle n’est qu’une manifestation singulière de la région des morts.  »

          Vous voulez dire comme Werber dans son roman « Depuis l’au dela » que des âmes errantes agissent à travers les malades psy (en l’occurence des schizophrènes) ?

          ps : ce roman est génial et plein d’humour sur un sujet plutôt effrayant, je conseille


        • Dr Frank-N-Furter Dr Frank-N-Furter 5 novembre 14:52

          @JL

          « Peut-être devrais-je modérer ma proposition et écrire : le fou serait celui qui ne se se soumet pas à un ordre qu’il perçoit comme insensé érigé en normalité »

          Personnellement je ne vois pas pourquoi il serait fou de ne pas se soumettre à un ordre insensé fût-il érigé en normalité. En revanche je vois le danger consistant à auréoler la folie de quelque vertu, de confisquer la liberté, la douceur et la fantaisie à la sagesse. La folie est le pire de nos ennemis. Les hommes habités par la folie doivent retrouver leur reflet dans le miroir pour ne pas être emprisonnés de l’autre côté par ceux-là même qui le tendent. 


        • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 5 novembre 15:04

          @Dr Frank-N-Furter

          Tous ceux qui sont considérés comme « fous » ne sont pas des psychopathes (et encore moins des criminels), ni enfermés, ni soumis à des prises de médicaments.
          Par contre tous les psychopathes devraient être considérés comme « fous », or ce n’est pas le cas puisque certains nous gouvernent !


        • Dr Frank-N-Furter Dr Frank-N-Furter 5 novembre 15:21

          @Loatse

          Pour être franc, je n’ai pas de compétence particulière dans le domaine psy ! Je suis dans l’impro totale. Comment sortir de « là » sans devenir fou dans l’au-delà ? Je crains que ce ne soit aussi difficile qu’un voyage intersidéral. Mais trop vaste discussion, une réalité extérieure à celle que définit la raison, on est pas rendus. Le temps se dégage, je vais aller écouter l’incroyable chant des milliers d’étourneaux dans le grand arbre et pleurer un peu sans doute. 

          Merci pour le partage


        • Dr Frank-N-Furter Dr Frank-N-Furter 5 novembre 15:25

          @Séraphin Lampion

          Monsieur Lampion, j’espère que vous n’allez pas vous vexer si je vous dis que vous avez raison smiley


        • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 5 novembre 16:05

          @Dr Frank-N-Furter

          ça n’est pas infamant : les mariages de raison ne sont pas les plus malheureux.


        • Ruut Ruut 5 novembre 16:53

          @Séraphin Lampion
          Dans le mariage c’est surtout la volontée et capacité mutuelle de ne rien attendre de l’autre qui fait qu’il fonctionne.


        • un des P'tite Goutte un des P’tite Goutte 5 novembre 21:30

          @Dr Frank-N-Furter
          Bonjour, Dr Frank-N-Furter
          Proposition 1 : Je l’estime vrai en partie. En écartant des pathologies terribles, cerveau atteint, maladie avérée, souffrance intérieure difficile à vaincre du fait de son intensité. Mais j’abonde dans le sens : nous vivons un ordre insensé érigé en normalité. Cette folie (en particulier) du monde, qui nous entoure n’est qu’une manifestation singulière de la région des morts ; oui ; personnelllement, je dirais simplement mortifère.
          Cordialement.


        • Montagnais Montagnais 5 novembre 22:19

          Bonsoir Pierre,

          Votre texte est quelque peu terrifiant.. mais , à l’image de l’aventure des bipèdes, paroxystique en nos temps actuels.

          Vous êtes sans doute aucun un artiste de la Kehre : vos créations vont faire fureur ! votre notoriété dépassera celle des Banksy et autres basquiat.

          KGW


          • Piere CHALORY Piere CHALORY 6 novembre 08:47

            @Montagnais

            Merci pour votre commentaire, je vais aller lire votre article sur la Khere, dont le nom est encore assez abstrait pour moi..

            Cordialement


          • zygzornifle zygzornifle 6 novembre 08:26

            Sacré tableau , on reconnait bien Macron avec l’entonnoir , Edouard Philippe et Castaner .....

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