Le Gentil et le Méchant
Qu'est-ce que la méchanceté ? ... Posons d'emblée l'idée qu'il existerait une méchanceté, un mal en soi. Peut-on être plus clair-obscur ? ... Et réciproquement avec la gentillesse et le bien : ce sont des notions qui peuvent fédérer, mais dans lesquelles chacun fourre ce qu'il veut. La preuve ? ... Ça n'est pas parce que sur Terre nous avons été plusieurs à en parler, que la question de l'harmonie universelle est réglée.

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Cette harmonie d'ailleurs, est-elle désirable ? ... Les dystopies sont là pour nous faire douter de leur désirabilité, etc. Donc bon : on ne philosophe pas avec une moralisation manichéenne, ou plutôt ça partait dans un manichéisme philosophique, une bipolarité sommaire. Je demande une réflexion ! ...
Par exemple, Jules trouve Jean méchant de lui soutirer son jouet. Sauf que Jean, c'est le père de Jules, Jules qui faisait n'importe quoi avec son jouet, ou bien alors qu'il est l'heure de manger. Jean est-il méchant pour autant ? ... Dans la pulsion de Jules, certainement, au moins pendant une seconde. Mais Jules n'a que quatre ans, et on se fiche qu'il s'imagine Jean idiot pendant une seconde.
Je pense qu'il faut relayer cela à la question plus générale des mœurs. Il est "bon" de partager des mœurs communes, justement pour que nous soyons d'accord pour cohabiter harmonieusement (pour que nous fassions "communauté" dans un sens communautarien, et non communautariste).
C'est ainsi qu'il peut être mature de partager "le manichéisme communautarien", du moins tant qu'on ne veut pas passer pour un intello, avoir à négocier, être sur la brêche, ni se marginaliser en effet. En fait, on défend ainsi un sentiment/besoin d'appartenance.
Seulement, même là, il se peut que les cas de figure jouent. Par exemple, le chef de la communauté peut-il se passer de ruser et effrayer, à la manière du renard et du lion chez Nicolas Machiavel ? Contrairement à ce que l'on dit, sa philosophie politique n'est pas une incitation à faire n'importe quoi, trahir et brutaliser, par contre c'est un réalisme disant qu'à un moment donner rester purement moral, c'est se tirer une balle dans le pied, quoiqu'on ait rarement intérêt à l'immoralité diplomatiquement, par exemple mentir, bien que ne-pas-tout-dire ou présenter-les-choses-sous-tel-angle - manipuler la vérité - n'est pas exactement mentir non plus. Et puis, si le gouvernant ne se fait pas craindre de ceux qui veulent le renverser au moins (les autres pouvant être supposés-alignés, sachant qu'il y a des alignements stratégiques toujours prêts à renverser le pouvoir ...) il n'est pas crédible comme gouvernement : on le voit manifestement en France entre LREM, son usage de la police, les Gilets jaunes, et leurs dérives. Je dis cela à titre d'exemple directement expérimentable, et non pour rentrer dans la polémique.
Cela dit même quand on n'est pas un gouvernant, il arrive que nous devions louvoyer, encore que dans l'idéal on préfère(rait) être le plus heureux dans le Meilleur des Mondes possible (Leibniz, Voltaire - Candide - et Huxley au diapason ...). Mais le fait est que la méchanceté peut aider. Pour commencer, j'aime beaucoup son étymologie : mé-chéance, "qui tombe mal". En fait, le méchant, c'est toujours celui qui - pour "moi" - tombe mal, et ainsi les Gilets jaunes de mal-tomber pour LREM, et réciproquement, toujours pour l'exemple sans entrer dans la polémique.
Finalement, ce qu'on appelle la maturité de la conciliation universelle, me semble un manque de réalisme, un idéalisme, aussi rude et triste soit mon réalisme, tandis que c'est cette rudesse et cette tristesse réalistes, que j'appellerai matures.
Ceci étant, on ne fait confiance qu'aux personnes qui nous font du bien honnêtement. Une personne qui te fait du bien malhonnêtement, tu peux en profiter, mais si tu as conscience de sa malhonnêteté tu ne lui fais pas confiance, sauf à être stupide ou bien à adhérer à "ses valeurs truandes" en faisant pareil.
Au final, donc, chacun cherche sa paix à mon avis, mais c'est précisément cela, même mâtiné de grands idéaux universalistes, qui provoque des tensions voire des guerres. Tout simplement parce que personne ne définit exactement le bon et le mauvais de la même manière, ne serait-ce que parce que le plaisir de l'un peut prendre sur celui de l'autre, et ainsi de suite. Le conflit arrive fatalement (c'est le cas de le dire), et c'est un effort constant voire impossible, de l'éviter dans l'absolu.
Le contraire, d'ailleurs, me semblerait totalitaire (dystopique).
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