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Le Hirak et la contre-révolution

Au début du mouvement citoyen (22 févier 2019) ou ce qu’on appelle communément « hirak », les tenants du pouvoir algérien étaient abasourdis, tétanisés, ne sachant pas comment réagir devant l’ampleur de la déferlante humaine. En effet, personne n’avait anticipé ces évènements qui n’étaient pourtant ni spontanés ni ex nihilo. On savait depuis plusieurs mois, peut-être même depuis plusieurs années, que les choses n’allaient pas bien dans la maison Algérie… mais pas au point d’aboutir à une remise en cause du système bouteflikien tout entier. 

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Du fait des conséquences dramatiques de la décennie noire, sur lesquelles il est très pénible de revenir (et il n’est pas nécessaire de le faire d’ailleurs), le pouvoir algérien, incarné par un Président dont l’état de santé oscillait entre la vie et la mort, était rassuré, tranquillisé, pouvant même s’endormir sur ses lauriers si je puis m’exprimer ainsi. Il ne pensait pas que les Algériens et les Algériennes pouvaient, dans un élan de dignité et de solidarité, oublier ce qui leur est arrivé dans le passé et se mettre à réclamer de façon soutenue, vendredi après vendredi, mais pacifiquement un changement radical de tout le système qui a prédominé jusqu’ici. D’autant plus que la population, majoritairement jeune, n’avait pas, pour la plupart d’entre-elle, vécu les évènements des années 1990 liés au terrorisme islamiste. Le pouvoir ne pensait pas non plus que le peuple allait briser si facilement le mur de la peur et que les services d’ordre, sur lesquelles il pouvait compter par le passé, seraient complètement dépassés. La maitrise ou la gestion de la rue, telle que pensée par l’ex Premier ministre Ahmed Ouyahia, s’était avérée inefficace car, là, on avait affaire à la furie de tout un peuple. Les services de sécurité, tous corps confondus, avaient, durant la décennie noire évoquée ci-dessus, prouvé leur maîtrise et leur efficacité dans la lutte contre le terrorisme islamiste. On en convient. Tout le monde leur reconnait cette expertise. Mais, là, il s’agissait d’un mouvement citoyen PACIFIQUE qu’on ne pouvait pas réprimer sans s’attirer les foudres de guerre de l’opinion publique nationale et surtout internationale. Ce qui se passait en Algérie était très particulier, de par son ampleur et de par le civisme et le pacifisme des manifestants, que tous les pays du monde nous épiaient attentivement. Ce qui se passait en Algérie différait complètement du « printemps arabe » qui avait mené des pays comme la Libye voisine ou la Syrie de Bachar Al Assad à la ruine et presque à la disparition de la carte géographique. On le savait. Gouvernants et gouvernés le savaient. Et chacun essayait de mettre en garde l’autre. C’est ainsi que l’ex Premier ministre Ahmed Ouyahia avait osé une comparaison, lors de l’un de ses discours, tout à fait au début de ce mouvement citoyen, en disant « qu’en Syrie aussi ça a commencé par des fleurs » faisant allusion aux jeunes algéroises qui distribuaient des roses aux policiers au niveau de la Grande-Poste devenue au fil des jours le point nodal, le point de chute de tous les Hirakistes. En fait, cette comparaison n’avait pas lieu d’être car, en vérité, en Syrie, il n ya jamais eu de distribution de roses ou de fleurs par qui que ce soit à qui que ce soit. Le seul exemple historique connu en la matière est le Portugal où, en 1974, les lisboètes avaient su conquérir les cœurs des soldats du dictateur Salazar en leur offrant des œillets. « La révolution des œillets » avait mis fin à cette dictature sans aucune effusion de sang. Après plusieurs jours d’occupation de la rue et des places publiques de Lisbonne et certainement des autres villes du Portugal. Il n’est donc pas exagérer de dire que les citoyens algériens s’étaient bien inspirés de cet exemple. 

En fait, la plupart des observateurs algériens, journalistes, hommes politiques, intellectuels ou simples citoyens, s’accordent à dire que la goutte qui avait fait déborder le vase est ce 5e mandat de la honte. Sans cela, les choses auraient pu se passer autrement. Le plus normalement du monde. Si les partis de la coalition au pouvoir (FLN, RND, MPA, TAJ) avaient pu s’entendre sur un candidat commun ou si chacun de ces partis avait proposé son propre candidat aux élections présidentielles qui devaient avoir lieu le 18 décembre dernier, on n’en serait pas là aujourd’hui. Mais avoir opté d’un commun accord pour un candidat qui était entre la vie et la mort dans un service de soins intensifs à Genève alors que, constitutionnellement, ce candidat n’avait aucun droit à se présenter pour ces élections était une erreur monumentale. En revanche, les vrais patriotes, les algériens honnêtes et intègres qui voulaient en finir avec le règne d’Abdelaziz Bouteflika voyaient en cette conjoncture historique, en cette candidature insolite et insensée, une aubaine, une chance inespérée de se débarrasser définitivement de tout ce beau monde. Car on savait que la couleuvre était trop grosse, la supercherie trop criarde pour qu’elles soient acceptées et avalées par le peuple qui commençait à se poser des questions quant à son avenir. « Où allons-nous comme ça ? », disait-on. 


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4 réactions à cet article    


  • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 26 juin 11:20

    On est en pleine déstabilisation du Maghreb, et l’Algérie n’y échappe pas, avec les mêmes salauds à la manœuvre.


    • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 26 juin 13:15

      @GHEDIA Aziz

      vous aussi vous insistez sur la « Genèse du 22 février »...

      Vous aussi vous faites commencer le Monde à partir de Bouiteflika...

      Vous aussi vous êtes comme les journalistes faussaires, comme la fausse opposition et comme tous ceux qui s’opposent frontalement à la Vérité et à la Justice ! 

      Vous croyez qu’il y a une issue pour une fausse transition et donc pour un changement au profit des hors la loi ?

      N’y comptez pas ! Dieu refuse le projet hors la loi et nauséabond qui voudrait valider les fortunes diaboliques et tous les acquis illégaux ! 

      Je vous rappelle inlassablement que j’ai disséqué depuis le début des années 2000 l’histoire et la science au bistouri Laser, de sorte qu’aucun détail aussi infime n’échappe à mon analyse ! Dès le 1er mandat de Bouteflika j’avais proposé une TRANSITION HONNÊTE ET RESPONSABLE afin de remettre le pays sur les rails de la bonne voie... Les journalistes puis les faux opposants hypocrites se sont alors entendu et avaient agi ensemble pour taire mes propositions mais surtout pour plagier mes écrits et les reprendre à leur compte... J’avais compris dès le début mais j’ai continué à publier et à expliquer sur les réseaux sociaux... jusqu’à cette seconde !

      Les journalistes El Watan, Liberté, Le Soir d’Algérie, FOCUS Algérie, TSA, Algérie360 et bien sur France24 avaient décidé presque en même temps de me bloquer sur leurs sites... Normal, il travaillent tous pour le même objectif ! 

      Personne n’avait remis en cause la fausse gouvernance de OUYAHIA, si vous, avez avez dénoncé quoi que ce soit, dites-le ! 

      « MONSIEUR OUYAHIA, ACCEPTEZ-VOUS LE DIALOGUE » ?
      https://www.facebook.com/notes/mohammed-madjour/monsieur-ouyahia-acceptez-vous-le-dialogue-/2115918675100201/

      Je vous le dis, ou la TRANSITION telle que je l’ai proposée depuis 2007, ou le néant !


      • GHEDIA Aziz GHEDIA Aziz 26 juin 14:03

        @Mohammed MADJOUR. Bonjour.

        J’ai tout lu. Je suis d’accord avec vous. Nous sommes sur la même longueur d’onde. Pourtant, je ne comprends pas votre réaction hostile à mes écrits sur Agoravox. Vous trouvez toujours le moyen de dire « non, ce n’est pas comme ça, c’est moi qui suis dans le vrai ». N’est-ce pas que ce comportement, le votre bien sûr, est quelque peu narcissique... pour ne pas dire autre chose. Car, en ma qualité de médecin, je pourrais, facilement, si je le voulais, vous caser dans un chapitre pathologique spécifique.


      • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 27 juin 13:57

        @GHEDIA Aziz

        Non, vous n’avez pas tout lu et ceux qui ont tout lu et compris mes écrits, ces individus qui n’ont jamais dénoncé quoi que ce soit, ces opportunistes embusqués (journalistes faussaires, faux opposants, fausses société civile) qui me plagient mais veulent m’ignorer NE LE PEUVENT PAS ! 

        C’est mon expérience qui parle : Je suis passé par l’armée et par l’université... Deux périodes riches auxquelles s’ajoute un long chômage forcé. Vous comprenez bien que j’ai eu le loisir d’étudier la société algérienne comme personne ne l’avait jamais fait : Je parle scientifiquement et conformément à la vérité historique de sorte que personne ne peut repousser mes conclusions et moi-même je ne veux les imposer à personne. Cependant il est utile pour moi de dire les choses ainsi, le reste ne m’intéresse pas.

        Trop tard pour eux, mes écrits sont dans tous les milieux intelligents de la planète Terre, ils sont à l’académie des sciences françaises, au Cnrs, et partout ailleurs...

        Monsieur GHEDIA, vous pouvez essayer de me caser, mais ce sera par votre seul imaginaire, car en réalité ma sagesse refuse tout compartiment, tout confinement et toute limite.

        Retenez ce verdict  : La malhonnêteté, l’hypocrisie et l’ingratitude sont les vrais obstacles qui empêchent toute société d’avancer.

        Je ne suis pas médecin, mais j’ai énoncé une conclusion qu’aucun spécialiste des sciences humaines ne peut réfuter : « L’orgueil est la plus grande maladie humaine ». Si vous n’êtes pas d’accord dites-le.

        Alors pourquoi étant le premier et le seul qui propose depuis plus de dix ans, la TRANSITION afin d’aller vers un REDRESSEMENT NATIONAL qui ressusciterait l’Etat algérien mort depuis 1980, on se retrouve aujourd’hui avec des milliers de « propositions », des milliers de « feuilles de routes » sans que personne ne fasse allusion à mes écrits : C’est du mépris et plus... Permettez que j’insiste : La fausse opposition, la fausse société civile, les journalistes faussaires et criminels pi... dans un tas de sable !

        Je m’en voudrais le jour où j’essaierais de tromper les Algériens, mais s’ils se trompent eux-même volontairement, ils sont libres...

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