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Accueil du site > Tribune Libre > Le joker coronavirus : l’occasion rêvée pour Airbus ?

Le joker coronavirus : l’occasion rêvée pour Airbus ?

La pandémie a causé à Airbus la perte de 40% de son activité d'avions civils presque du jour au lendemain. Cela ne fonctionnera pas sans ajustements de personnel, a expliqué le président exécutif Guillaume Faury à Die Welt. 

Les syndicats sont en colère et les salariés s'inquiètent de perdre leur emploi. Avec la restructuration de toute l'économie engagée sur le dos du coronavirus, l'industrie est en train de s'adapter et de quitter les anciens modèles d'avant la crise sanitaire. Un « reset » général est en train d'être effectué sur le dos des salariés et des voyageurs. Airbus a d'ailleurs déjà construit un modèle de transporteur commercial pour l'après crise du coronavirus qui suit le concept alternatif d'avions qui consomment peu de carburant pour suivre la décroissance aéronautique. 

Guillaume Faury, 52 ans, est le PDG d'Airbus depuis plus d'un an. Au lieu de penser à une nouvelle expansion de la production comme au début, il doit maintenant freiner et la réduire. L'industrie aéronautique fait face à la pire crise de son histoire, officiellement en raison de la pandémie de coronavirus, et des voyages qui se trouvent être limités. 135 000 personnes sont employés par Airbus à travers le monde. Airbus a annoncé fin juin son intention de supprimer environ 15.000 postes d'ici l'été 2021, dont un tiers en France, dans le cadre d'un plan de restructuration mis en place pour faire face à la crise du transport aérien provoquée par l'épidémie due au nouveau coronavirus. Des fournisseurs aux fabricants et aux compagnies aériennes, c'est la survie de toute une industrie qui est en jeu. Les compagnies aériennes du monde entier annoncent des suppressions d'emplois ou la mise en place de nouvelles stratégies. A titre d'exemple, Lufthansa, qui a présenté un plan social, a évoqué que le nombre de passagers de 2019 ne sera probablement pas atteint avant 2023. Le groupe a déclaré le 10 juin devoir licencier 26 000 employés après des négociations entre les syndicats UFO, Verdi et Vereinigung Cockpit.

Die Welt, le PDG d'Airbus estime que le retour à la normale, si il n'y a pas une seconde vague de coronavirus, devrait se faire en 2025 : « Après des études de marché et des discussions avec les compagnies aériennes, nous supposons que le volume précédent sera de retour d'ici 2025 au plus tard. Nous prévoyons que la demande d'avions monocouloirs augmentera plus rapidement que pour les modèles à grande échelle. Nous prévoyons donc actuellement que la famille A320 augmentera progressivement sa production à partir de 2022/2023. Nous prévoyons une faible demande d'avions gros-porteurs au cours des cinq prochaines années, car il y avait déjà une offre excédentaire sur le marché avant la crise ». Déjà, comme le journal Les Echos l'écrit en août 2019, avant la crise du coronavirus, la politique était de s'orienter « ces dernières années » à choisir « les avions monocouloirs, des appareils de taille moyenne pouvant transporter 150 à 250 passagers qui ont fait suffisamment de progrès pour ne plus être dans l'ombre des gros-porteurs du type Airbus A350 ou Boeing 787 ». Est-ce que la crise sanitaire permet aux industriels de justifier des pertes d'emploi ? 

Toujours à Die Welt, Guillaume Faury déclare qu' « il est difficile de fournir des garanties pour le moment dans une situation qui pourrait empirer. Jusqu'à présent, nous prévoyons que le trafic aérien intérieur reprendra en été et le trafic international d'ici l'été de l'année prochaine. S'il y avait une deuxième vague de la pandémie de coronavirus, avec des restrictions de voyage plus longues, la situation serait encore pire. Je ne veux donc pas faire de promesses ». Déclaration étonnante de la part du PDG d'Airbus, car le gouvernement français a déclaré vouloir supprimer les vols intérieurs en France par la voix de Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, qui a demandé dès la fin du mois d' avril dernier une réduction drastique des vols intérieurs dès qu'une alternative ferroviaire de moins de deux heures trente existe.

Le PDG d'Airbus évoque dans l'entretien à Die Welt un « changement structurel » car « la production de moins 40% signifie que nous reviendrons au niveau où nous étions il y a environ 10 à 15 ans » et « la question fondamentale d'un changement structurel pourrait se poser plus tard lorsque nous aurons plus de clarté sur l'évolution du marché. Si l'industrie de l'aviation retrouvera sa trajectoire de croissance précédente en 2023. Nous ne sommes pas là aujourd'hui ». Au salon aéronautique de Singapour, qui s’est tenu du 11 au 16 février 2020, Airbus a dévoilé son projet d’aile volante : Maveric. Très tôt, le constructeur aéronautique s’est fixé l’objectif de repenser l’avion de manière à réduire son empreinte carbone et Airbus souhaite faire voler un modèle grandeur nature du prototype qui pourrait voir le jour d’ici à 2035. La réduction des effectifs chez l'avionneur européen semble annoncer, en fait, une restructuration planifiée bien avant la crise sanitaire pour mettre en place une aviation « décarbonnée » sous la pression des nouvelles directives écologistes. D'ailleurs, les mesures du gouvernement sont insuffisantes pour le journaliste Sébastien Porte, auteur de « Le dernier avion : comment le trafic aérien détruit notre environnement » paru le 11 juin dernier.

Philippe Rosenthal

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs

 

Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1735


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14 réactions à cet article    


  • caillou14 rita 3 juillet 10:01

    Le petit virus met des nations entières à genoux et ce n’est pas fini because il est toujours là !

    Il faudrait que les politiciens en charge de la planète trouvent des idées, mais là ce n’est pas gagné, d’un côté il y a les patrons qui veulent faire du fric et de l’autre le bon sens sur une situation critique !

    To be or not to be ?

     smiley


    • Slipenfer 1er Slipenfer 1er 3 juillet 11:29

      La pensée économiste est irrationnel,une fiction mortifère qui à empoisonné un très grand nombre d’esprit.


      • McGurk McGurk 3 juillet 14:00

        Airbus est vraiment une société de merde, perverse et immonde.

        Après avoir reçu des milliards les futures charges sur les dos des Français , celui-ci licencie en masse...

        Curieusement, le gouvernement n’hésitant pas à déchaîner la Justice contre le simple citoyen ne dit absolument rien car pour lui « c’est normal ».

        Ces sommes auraient dû être des hypothèques afin de tenir les grandes sociétés sous contrôle étatique dans l’hypothèse où les citoyens auraient la main sur l’Etat afin de remettre sur le droit chemin et sur les rails les grands groupes.

        Nous avons opté, par notre silence assourdissant, pour plus d’esclavage via les dettes. Bravo...


        • Yaurrick Yaurrick 3 juillet 15:29

          @McGurk
          Vous êtes au courant que le secteur aérien a été quasi totalement bloqué pendant 3 mois ? Que le trafic aérien ne reprendra son niveau de 2019 qu’au plus tôt en 2023 voire bien des années après ?
          Airbus a dû réduire énormément sa cadence de production et pire encore, les livraisons ont été divisées par 2 par rapport à l’an dernier, entre reports voire annulations de commande...Or si pas de livraisons, pas de recettes non plus.

          La situation est réellement catastrophique, comment voulez vous qu’Airbus s’en sorte, si ce n’est en adaptant sa masse salariale à ses nouvelles conditions, environ 3400 postes supprimés sur les 25000 de Toulouse. Et je ne parle pas des sous-traitants divers, qui rencontrent de très grosses difficultés aussi.
          Le « plan d’aide » de l’état, c’est de la com’ pour que les politiques se fassent mousser, il n’y a pas le début du commencement de ce plan qui soit en place, et Airbus le sait, et ne restera pas à perdre environ une centaine de millions d’euros par jour pour le plaisir de garder tout son personnel payé à ne rien faire.


        • McGurk McGurk 3 juillet 15:59

          @Yaurrick

          Oui je le suis, l’un de mes proches y travaillant et m’informant de la situation sur place.

          Pourtant, on ne peut avoir simultanément le beurre et l’argent du beurre. Soit on œuvre pour une aide conditionnée à l’emploi (donc au maintien de l’économie locale) soit on se débrouille par soi-même.

          Avoir les deux signifie que le contribuable est une vache à lait et que les bénéfices aux grands actionnaires sont la seule chose visée. Des grandes fortunes qui totalisent des fortunes incroyables capables de renflouer les Etats et de renverser le marasme économique mondial mais, sans volonté de sortir du schéma de l’esclavage économique, cet argent ne sert à rien.

          Si nous en sommes arrivés là, c’est avant tout à cause de ces décideurs fous et incapables, préférant stopper net en une seule journée l’économie, la vie sociale et mettre en place une crise infinie dont ils sont les seuls vainqueurs.

          Et encore, ce n’est pas tout à fait exact. Les puissances pharmaceutiques, fabricants de matériel médical, supermarchés et pharmacies se sont fait des couilles en or sur le dos des Français.


        • Ruut Ruut 3 juillet 16:57

          @Yaurrick
          Pourquoi ?
          Il y avais un traitement a 12 euro....


        • ZenZoe ZenZoe 3 juillet 14:39

          Le secteur aérien est boursouflé depuis longtemps, avec une flopée de compagnies qui cassent les prix et se mettent en danger. Toute crise a pour effet de faire le ménage dans les rangs et atomiser un secteur. Ne resterons que les plus solides, et tant qu’à faire, je préfère que ce soit Airbus que Boeing.


          • McGurk McGurk 3 juillet 15:03

            @ZenZoe

            L’un et l’autre sont dangereux.

            Les deux sociétés cherchent l’hégémonie sur ce marché et non y avoir une place durable.

            Boeing préfère faire des projets à court terme avec dans les 90% de « contrats de mission » quitte à faire crasher ses avions pour une question d’argent.

            Airbus préfère prendre l’argent public et licencier ensuite. D’autant que l’Allemagne doit certainement dominer l’entreprise (comme elle domine la France, à genoux, en ce moment). Et une domination allemande de plus n’est guère souhaitable...


          • HELIOS HELIOS 3 juillet 15:46

            ... comme d’habitude, les parisiens veulent limiter la vitesse, l’acces aux centre urbains et même la possession d’un vehicule automobile, parce que eux, ils n’en ont pas(plus) besoin.

            ... ceux qui ne prennent pas l’avion, c’est exactement la même chose, l’avion ne les interresse pas, ils vont a Rennes, Bordeaux ou Lyon et ne comprennent pas que l’avion puisse servir... aux autres

            Il y a donc deux manieres... :

             soit vouloir orffir a tous des transports en commun ou des transports collectifs basiques mais repondant a toutes les demandes, ce qui est impossible parce que le point a point ne permet pas.... et dans ce cas le terrorisme de l’urbain concentrationnire va persister jusqu’a ce qu’un jour ou l’autre une guerre qui sera perdue par le collectif remette tout a plat...

             soit accepter le developpement pour tous et pour y arriver il faut que les solutions soient cherchées et trouvees par tous donc il faut faire payer le VRAI prix du metro bus et train a ceux qui l’utilisent et nous verrons alors comment leur bon sens reviendra a l’essentiel.

            Quand le parisien pour aller bosser paiera 10 euros son passage de metro il cherchera a travailler plus pres ou il exigera de rouler avec sa voiture, et prendre son avion lorsqu’il le jugera bon.

            Il existe pourtant une autre alternative, celle que nous offrent nos amis ecologistes, qui est d’interdire les déplacements tout court et beaucoup d’entre vous ont voté pour. 


            • Ruut Ruut 3 juillet 16:59

              L’excuse du covid pour virer est le signe d’une compagnie mal gérée et non vertueuse pour ses employés.


              • Esprit Critique 3 juillet 17:27

                Les dirigeants de Boeing eux n’ont rien comprit au lieu de mettre a profit le creux et la marge de temps que leur offre le Covid pour concevoir un nouvel avion , ils persiste pour faire voler leur Fer a repasser 737 Max en ajoutant un logiciel de secours sous le siège du pilote.

                Ce n’est pas de l’informatique qui va transformer un engin dessiné pour le vol en Piqué, en Planeur longue distance ! ?

                La chance pour Airbus serait que Boeing soit devenu un repère d’abrutis par le fric.


                • ETTORE ETTORE 3 juillet 21:03

                  Bah....Boeing crashe ses avions...

                  Airbus, crashe ses employés.

                  L’avantage de l’un par rapport à l’autre, c’est qu’il peut choisir le lieu du crash et communiquer, avant, sur les raisons du trou d’air et trouver le moyen d’envoyer ses ouvriers fabriquer des cerfs volants chez Pôle Emploi, plutôt que de remplir les tombes.

                  Ce sont ces entreprises, véritables conglomérats européens qui prouvent que les ententes financières, n’ont pas à tenir compte des spécificités sociales, politiques, existentielles d’un pays en particulier.

                  Une forme de supra nationalité, qui permet absolument tout !


                  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 3 juillet 21:20

                    @ETTORE

                    J’ai pas les compétences pour le faire mais ce qui me parait le plus inquiétant est la tonne de sous traitants ayant des compétences , brevets etc ...et qui risquent de prendre le bouillon , donc rachetables a pas cher par nos amis chinois et étasuniens . Et la ce sera complètement mort pour Airbus .


                  • ETTORE ETTORE 3 juillet 22:40

                    Aita Pea Pea@

                    C’est peut être à cela que sert cette grande « débandade » !

                    Trop voyant si cela était fait sciemment (on n’as pas oublié la dernière cagade de Micron avec Alstom)

                    Etre Judas une fois, ça peut passer, ( déjà qu’il est en deuxième position) en faire sa profession.....ça craint.

                    De cette façon, les Judas malicieux passent de traitres à ....sauveurs anonymes.

                    Mais la croix, les clous, la couronne d’épines.....sont toujours pour le peuple.

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Patrice Bravo

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