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Le jugement par Dieu et votre peuple annoncé par le diplomate américain au monarque musulman arabe sur l’usage du don du ciel, le pétrole

 Un excellent article que le Dr Boumezrag a écrit mérite un approfondissement. L’auteur a mentionné la déclaration du Président Houari Boumediene à la réunion de l'Organisation de la conférence islamique en février 1974 où il est dit : « Les hommes ne veulent pas aller au paradis le ventre creux, un peuple qui a faim n'a pas besoin d'écouter des versets. Je le dis avec toute la considération pour le Coran que j'ai appris à l'âge de dix ans  ». (1)

 

Ici le président parle d’aller au paradis et sous-entend ceux qui ont faim, et qui ne veulent pas aller au paradis le ventre creux. Donc il y a ce peuple qui a faim et n’a pas besoin d’écouter des versets et s’il les écoute ces versets, c’est tout au plus pour prier Dieu qu’il vient à son secours parce qu’il a faim. Or, quelqu’un qui a faim et surtout si cette faim le taraude continûment, il a besoin de manger, surtout de manger. Et c’est la réponse du président algérien que le besoin des versets n’est pas essentiel et entrevoit pour ces gens qui ont faim déjà le paradis sauf qu’ils ne veulent pas aller le ventre creux.

 

Dès lors d’une manière ou une autre, ces gens iront au paradis combien même ils seront toujours confrontés à la faim. Ou bien c’est parce qu’ils ont faim que Dieu les a choisis pour le paradis. Pour le riche, par exemple, par rapport à celui qui a faim, il ne figure pas du tout dans la déclaration du président et l’allusion qu’il a faite du paradis.

 

De même, le Dr. A. Boumezrag écrit : « Au cours d'une entrevue privée avec un monarque arabe musulman à la fin des années soixante-dix, un diplomate américain aurait dit : « C'est Dieu qui a mis du pétrole dans votre sous-sol, ce sont nos machines qui l'extraient, ce sont nos firmes qui l'exploitent, quel est votre mérite ? ». Le souverain musulman aurait souri ; et le diplomate de poursuivre : « c'est de l'usage que vous ferez de vos revenus pétroliers, que vous seriez jugé par Dieu par votre peuple : si vous en faites un bon usage, vous seriez béni par Dieu et votre jeunesse vous en sera reconnaissante, par contre si vous les dilapidez, Dieu vous maudira et les générations futures déterreront et retireront vos os pour les brûler sur la place publique. » (1)

 

Là encore, Dieu est cité, le diplomate américain qui avance cette pensée que « Dieu qui a mis du pétrole dans votre sous-sol  », et il le dit au monarque arabe souverain qui aurait souri. Oui, bien sûr, le monarque peut sourire parce qu’il s’estime heureux, honoré même par le fait que Dieu a tant mis de pétrole dans le sous-sol de son pays.

 

Cependant Dieu, le Créateur de l’Univers a mis le pétrole en terre arabe, et pas seulement en terre arabe, en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, en Asie, en Afrique, bref un peu partout dans le monde. Sauf que dans le Moyen-Orient, Dieu y a mis beaucoup, et cela relève des desseins de Dieu.

 

Le diplomate poursuit : « ce sont nos machines qui l'extraient, ce sont nos firmes qui l'exploitent, quel est votre mérite ? » Le diplomate a raison de dire que ce sont les firmes américaines qui l’exploitent, mais dans l’absolu, et on a droit de le dire dans l’absolu, parce que, dans l’humain, ce que le diplomate énonce n’est pas suffisant pour l’objectivité absolue, qui passe avant l’objectivité humaine. Ceci dit si on veut comprendre les vrais ressorts qui font l’humain.

 

Aussi posons-nous la question : « Est-ce que ce sont les machines américaines qui l’extraient ? » Certainement, incontestablement ce sont les machines américaines que le font. Mais ne peut-on pas rétorquer que si Dieu a mis beaucoup de pétrole en terre arabe, il a mis aussi beaucoup de pétrole dans les machines américaines sauf que c’est un pétrole de science, de technique, de technologie… En clair, c’est Dieu qui a orienté l’Amérique et l’Occident tout entier pour l’amener à ce niveau d’industrialisation auquel l’Occident est arrivé aujourd’hui. Les peuples d’Occident ont reçu de Dieu un don encore plus grand que le pétrole des Arabes. Et qui commande la pensée humaine ? Est-ce les êtres humains ? Non, bien sûr, les êtres humains pensent sans même savoir l’origine de cette pensée en eux, sans même prendre conscience qu’ils pensent ou qu’en fait c’est la pensée qui pense en eux.

 

Donc il existe un équilibre entre les deux pétroles, le pétrole arabe qui a besoin du pétrole de science occidental. Un processus en fait naturel décrété par Dieu puisque les deux parties, au fond, n’y sont pour rien. Ils sont ce qu’ils devaient être selon le décret de Dieu.

 

Maintenant la question du diplomate : « Quel est votre mérite ? » La réponse du souverain arabe : « Il aurait souri. » Le sourire peut être interprété comme on veut. Le pétrole, un don du ciel, une autosatisfaction, etc. mais pour le diplomate occidental, la même question peut lui être retournée : « Quel est votre mérite ? » Les machines ? Les firmes ? N’est-ce pas un don de Dieu d’avoir amené les Européens, les Américains à ce niveau d’industrialisation jamais atteint et par le seul prodige du formidable réservoir de la pensée, dans les calculs, la connaissance des lois de tous les domaines de la vie et des sciences qui les régentent. Et encore, l’humanité est encore dans l’abc de ce qu’elle a découvert.

 

Quel est alors le mérite de l’Occident dans les machines, les firmes ? Comme pour les Arabes, un don de Dieu. Ouvrons une parenthèse pour comprendre le don de Dieu dans l’absolu de l’être humain tel qu’il est créé, tel qu’il a été créé et tel qu’il sera demain dans sa création d’être humain.

 

Prenons la mission spatiale que les États-Unis ont envoyée sur Mars. Le lancement de Perseverance par une fusée Atlas V de United Launch Alliance a eu lieu jeudi 30 juillet à 13h50, heure de Paris, depuis Cap Canaveral en Floride. Il est prévu que, s'il arrive intact, qu’il sera sur Mars le 18 février 2021.

 

Tout a été programmé sur terre… le choix de la NASA (agence spatiale américaine) sur le cratère Jezero, situé dans un delta asséché à l'extrémité ouest d'Isidis Planitia, un bassin d'impact géant juste au nord de l'équateur martien, la phase d'atterrissage, les mouvements de l’astromobile (rover) Perseverance sur le sol martien, le vol de son hélico...

 

Effectivement, à la date prévue, après six mois et dix-neuf jours de voyage, le rover s'est posé sans encombre sur Mars le 18 février 2021. Après que l’astromobile Perseverance ait foulé le sol martien, il procéda à l’exécution de son programme. La NASA a fait voler un hélico quelques secondes dans l’atmosphère martien dont l’atmosphère est moins de 1% par rapport à l’atmosphère de la Terre.

 

La question qui se pose dans ce prodige de faire marcher un robot sur une planète distante de la Terre de 480 millions de km et tout est dirigé de la Terre : « Est-ce les humains qu’ils soient américains, européens, chinois, hindous, arabes, peu importe, qui sont à l’origine de ce prodige, qui en fait n’est plus prodige puisqu’en se répétant il devient naturel, c’est le cinquième voyage américain réussi sur Mars ? » N’est-ce pas que c’est la pensée qui meut l’être humain ? Et on ne sait où la pensée va mener les êtres humains dans les systèmes galactiques dont le système solaire n’est qu’une étoile parmi d’autres étoiles dans la galaxie appelée Voie lactée, comprenant des dizaines de millions d’étoiles et des dizaines de millions de planètes, voire même des centaines. Et, par comparaison, moins de 8 000 millions d’êtres humains (- de 8 milliards) vivent sur la Terre.

 

Mais qui donne ces chiffres ? Ce sont les savants ? Non, ce sont leurs pensées.

Donc on voit très bien qu’il faut tout relativiser dans l’absolu. Bien sûr, dans l’absolu seulement.

 

Et sur le plan de l’industrialisation, la Chine a fait en l’espace de quarante ans un bond gigantesque. L’a-t-elle fait par elle-même ? Oui, l’Occident s’est retrouvé par un étrange processus de délocalisation d’entreprises industrielles européennes, américaines, japonaises à courir vers la Chine, pour produire des biens et services, motivée par la main d’œuvre chinoise peu chère. Et seulement parce qu’elle est peu chère que la Chine se retrouve aussi à travailler avec le pétrole de la science qui a été donné en premier à l’Occident, puis transféré par ce même Occident à la Chine. N’est-ce pas « les voies du Seigneur du monde sont impénétrables  ».

 

L’Occident, en transférant ses entreprises à la Chine savait-il qu’il allait faire un redoutable challenger ? Et aujourd’hui, il craint d’être dépassé par cette même Chine. Non, il ne savait pas et même s’il savait, il ne savait pas assez…

 

Donc « Quel est votre mérite ? » que le diplomate américain adresse au monarque arabe musulman. Dans l’absolu ? Il n’y a pas de mérite, celui-ci appartient à l’Essence divine qui le donne à qui elle veut. Et ceci dans l’absolu et le relatif.

 

Maintenant que ceux qui font bon usage ou mauvais usage des revenus pétroliers, c’est-à-dire souverains, présidents, hauts fonctionnaires, banquiers, hommes d’affaires, entrepreneurs et donc tous ceux qui activent dans le système politique et économique des pays arabes, à quelque niveau que ce soit, et qui ont la responsabilité politique et économique de la nation, bien sûr qu’ils seront jugés par Dieu et leur peuple. S’ils font un bon usage, ils seront bénie par Dieu et leur jeunesse leur sera reconnaissante, s’ils dilapident, Dieu les maudira.

 

Et quand le diplomate américain affirment que « les générations futures déterreront et retireront leur os pour les brûler sur la place publique », c’est une vérité qu’ils seront déterrés et brûlés sur la voie publique. Évidemment ceux qui dilapident ne savent pas ce qui ressort de leurs actes, et que cette métaphore paraît un peu amusante pour la bonne raison que celui qui dilapide et quel que soit le niveau de l’échelle, peut penser qu’il est à l’abri, qu’il ne court aucun risque.

 

Le seul inconvénient c’est qu’à la fin de son existence, et que lorsqu’il sera enterré, c’est là qu’il sera déterré, non pas que ses os seront retirés de la terre, mais les os de son âme qui auront rejoint le Seigneur des mondes et qui auront à rendre des comptes. Les êtres humains croient qu’ils meurent et qu’il n’y a plus rien après la mort et ce sont ceux qui ne croient pas en Dieu qui pensent ainsi, de même ceux qui dilapident ou font du mal à quelque degré qu’il soit ce mal, et qu’ils soient croyants, et pensent qu’ils sont à l’abri, qu’ils se détrompent, ils auront à subir le Tribunal du monde. Ils auront à répondre de leurs actes. Et c’est ce que le diplomate américain veut dire par « déterrer leurs os et brûler sur la voie publique. »

 

Ils seront effectivement déterrés et brûlés sur la voie publique. Il faut se dire que lorsque l’on a été vivant et qu’on a eu mal, que l’on a souffert dans l’existence, que l’on a eu faim, que l’on n’a pas mangé à notre faim, que l’on a subi des brimades par autrui, que l’on nous a coupé une main, une jambe, en fait, ce n’est pas notre corps qui souffre, mais notre pensée qui souffre. C’est elle qui a senti cette souffrance, c’est par elle que nous sentons notre souffrance comme nous sentons nos joies.

 

Par conséquent, si nous mourons, si notre corps s’arrête de vivre, ne fonctionne plus soit par la vieillesse, soit par la maladie, soit par une autre raison, un accident qu’il soit physique : biologique, violence, etc., il demeure que nous cesserons de vivre. Mais c’est uniquement notre corps qui cessera de vivre, l’enveloppe charnelle retournera à la terre. Mais notre pensée qui quitte notre corps restera toujours vivante, et elle a été le témoin de toute notre existence. Donc tout fait bon ou mauvais que l’être humain aurait fait est enregistré, et la précision de l’enregistrement de nos faits et gestes sera identique à ce qui a été opéré avec le voyage spatial de l’astromobile Desesperance vers Mars. Nos âmes elles aussi vont migrer vers quelques destinations qui ne nous sont pas connues.

 

Et ce qu’on parle d’enfer et de paradis n’est juste qu’une simple et lointaine vision ne montrant pas du tout ce qui en ressort réellement. Précisément ce retour à la vie du mort que nous aurons été en fait n’a jamais été notre mort puisque notre pensée dont on ne sait d’où elle nous vienne et que c’est elle qui fait vivre et fait vivre notre corps, et que c’est par elle que nous ressentons la faim, la souffrance, la maladie, etc., ne peut pas mourir. Elle vit éternellement.

 

Donc, par l’image métaphorique du diplomate américain, le déterré des os et brûlés sur la voie publique ce sont les âmes qui auront corrompu la Terre et qu’ils vont devoir subir le supplice de leurs actes, en présence de toutes les âmes qui ont existé par leurs corps terrestres. Et la peine qui leur sera appliquée sera à la hauteur exacte de leur turpitude sur terre, et donc ni plus ni moins. Et si les textes bibliques et coraniques en parlent, la logique même de l’univers est ainsi.

 

Ce sont là les points les plus importants de l’excellente analyse un peu véhémente du Dr A. Boumezrag qui est directe et qui se veut constructive. Un apport pour la compréhension de la marche de l’humanité qu’a cherché l'auteur de ces lignes dans la réponse qui se veut aussi constructive et surtout profonde de ce que sont les êtres humains sur terre. Et ce qu’ils peuvent entrevoir après leur mort.

 

Medjdoub Hamed
Auteur et chercheur spécialisé en Economie mondiale,
Relations internationales et Prospective

 

Note :

1. « Pétrole et développement : « L'Algérie, l'exemple à ne pas suivre… »

par Dr. A. Boumezrag, journal Le Quotidien d’Oran. Dimanche 9 mai 2021

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5301422

 


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3 réactions à cet article    


  • microf 11 mai 17:33

    Bravo, tout simplement bravo á l´auteur de cet article très profond qui appele á la reflexion et á la méditation.


    • sylvain sylvain 11 mai 20:32

      L’Occident, en transférant ses entreprises à la Chine savait-il qu’il allait faire un redoutable challenger ? Et aujourd’hui, il craint d’être dépassé par cette même Chine. Non, il ne savait pas et même s’il savait, il ne savait pas assez…


      A peu près tout le monde le savait, mais c’était trop facile .


      • Rémi Mondine 18 mai 19:06

        Surpennant. Les gens qui changent le monde c’est dieu qui les inspire. Peut-être mais ils se sont donné du mal.

        Ceux qui en laissent d’autre exploiter leur sous sol se contentent d’exploiter une rente.

        Faites moins de dieu et plus de cervelle.

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