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Accueil du site > Tribune Libre > Le lent déclin démocratique de l’Occident

Le lent déclin démocratique de l’Occident

Sommes-nous de la génération qui vivra le plus intensément le long mouvement vers « l’après-démocratie » du monde occidental ? Sommes-nous de ceux qui auront moins de droits pour plus de devoirs et moins de liberté pour plus de sûreté (hypothétique) ?

Comment, en quelques années, sommes-nous passés de l’abolition de la peine de mort, de l’écriture de la charte des droits fondamentaux, de l’instauration de la Cour pénale internationale à cette nouvelle dynamique qui va de la loi sur la rétention de sûreté au fichage numérique en passant par la privatisation du vivant par et pour des intérêts strictement privés ? Que s’est-il passé pour que la torture redevienne acceptable, que le camp de Guantanamo puisse exister, que des policiers français entrent dans des écoles pour emmener des enfants ?

Si le monde occidental n’a jamais été exemplaire, il se fondait néanmoins sur de solides bases démocratiques dans son ère géographique et le mouvement a toujours semblé être celui de l’émancipation et du progrès. Pourtant, aujourd’hui, force est de constater que nos fameuses certitudes démocratiques et morales ont tendance à très nettement s’effriter. Et ce, non pas parce qu’elles n’auraient plus de validité, mais par un mouvement plus pernicieux qui tend simplement à les rendre obsolètes.

Il n’y a pas si longtemps, les voix d’intellectuels nous servaient souvent de rappel à une certaine morale et éthique. Nous connaissions un débat clair, conservateurs contre progressistes, qui, malgré les erreurs d’engagements des uns ou des autres, a su nous accompagner sur le chemin d’un progrès démocratique. Aujourd’hui, ces voix sont d’un effrayant consensualisme et parfois même apportent leur soutien aux idées les plus réactionnaires. Plus aucune ne vient les contrebalancer dans le grand concert médiatique. Les penseurs radotent souvent, mais aucun de nos médias ne souhaite nous proposer de vrais débats, nous soumettre les vrais enjeux, nous laisser entendre de nouvelles voix.

Ce qui va suivre ne prétend pas relire le monde d’une manière simpliste, mais simplement s’attarder sur une situation présente par le biais du prisme démocratique. Sans pouvoir traiter de toutes les causes et en en énonçant quelques-unes, il s’agit de dire ce qui apparaît comme un inquiétant recul.

Il existe un lien étroit entre l’économie, le social et la démocratie. L’économie est aujourd’hui mondiale et anarchique. Pourtant la régulation, contrairement à ce que l’on nous a vendu, n’est pas le contrôle obscène d’États qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas, mais simplement l’intervention démocratique des citoyens pour poser des règles. Les peuples le perçoivent car ils en sont les premières victimes. La démocratie régresse alors que la mondialisation dérégulée impose actuellement des mesures allant à l’inverse du progrès social, de l’enrichissement du peuple, de la réduction des inégalités sociales, de la diversité culturelle, de la paix sociale et de la bonne répartition des richesses. La dérégulation n’impose rien de moins que le contrôle de la situation, non par les citoyens, mais par les pouvoirs économiques. Les États se mettant le plus souvent au service de leurs « champions ».

L’« ultralibéralisme » ne répond plus aux règles libérales originelles, mais correspond de facto de plus en plus à la privatisation et à l’appropriation de tout par quelques-uns. Cela implique le risque que chaque marché catégoriel soit dominé par un seul fournisseur ou producteur qui, dès lors, contrôle le prix de vente du bien ou du service. Aussi, on assiste de plus en plus souvent à des situations d’ententes très basiques de quelques acteurs désireux de contrôler un marché (téléphonie, ascenseurs, informatique, FAI, etc.). Le citoyen n’a alors plus aucune marge de manœuvre et sa liberté de choix de vie s’en trouve in fine menacée. Cela est encore plus inquiétant dès lors que l’on touche au vivant, ce qui est de plus en plus fréquent : ainsi une entreprise comme Monsanto qui possède près de 90 % des OGM cultivés dans le monde, tend à contrôler la production alimentaire internationale et en partie celle énergétique.

Dans le monde global d’aujourd’hui, les politiques et l’État se désengagent peu à peu, ne permettant plus un marché au service des citoyens, mais plutôt exactement l’inverse. Bien loin de certains objectifs louables de la « Stratégie de Lisbonne  », nos États n’ont pas su (ou pas voulu) préparer la transition vers une « société et une économie fondées sur la connaissance ». Cet échec, couplé à la concurrence sauvage entre pays développés pour attirer les entreprises tentés par les pays émergents, contribue à la précarisation des emplois : conditions de travail de plus en plus dures, multiplication des contrats à durée déterminée, des stages faiblement rémunérés et de l’intérim, hausses successives de la durée du temps de travail. La hausse très nette du coût de la vie et l’inflation sont, elles, difficilement contrôlables. Depuis plusieurs années, les populations ressentent de plus en plus la baisse de leurs niveau et qualité de vie, ce qui explique dans le monde occidental les importantes migrations internes ou externes, mais aussi les manifestations de plus en plus courantes de salariés du privé, ce qui, il y a peu, était tout à fait inconcevable. Si la hausse du niveau de vie ne signifie pas toujours démocratisation, sa baisse est toujours accompagnée de celle de la démocratie. Ainsi, pour maintenir en l’état une certaine docilité de la population, l’étau de surveillance et de répression se referme sur lui. Plutôt que de s’attaquer aux causes connues, les dirigeants, soucieux de ne pas s’empêtrer dans des problèmes avec leurs choix politiques à très courts termes, ne font qu’aller dans le sens d’un système qui pourtant s’effondre. La répression des manifestations lors des sommets mondiaux ou leur interdiction sont d’inquiétants révélateurs : le peuple n’a plus son mot à dire.

Si internet permet à de nombreux citoyens de manifester leur opposition au système actuel à travers de nouveaux médias et à organiser une nouvelle solidarité, notre situation économique et l’absence de contrôle étatique favorisent les concentrations du côté des médias traditionnels. Seuls quelques groupes privés dirigent aujourd’hui l’ensemble des médias écrits et audiovisuels et ce dans l’ensemble du monde occidental. Dans presque tous ces médias, une chose est frappante : tout le monde pense à peu près pareil. La concurrence est faible. En ce qui concerne l’idéologie véhiculée par les plus importants, on note une mise en avant du profit rapide ou facile. On constate des diffusions de programmes télévisés jouant facilement des défauts humains de n’importe quel téléspectateur guère conscient, après une grosse journée de travail, de ce qu’il regarde. Des programmes clairement démagogiques, voyeuristes et parfois violents et malsains. Leurs succès sont incontestables et entraînent là encore une perte des idées civiques les plus basiques. Ajoutons à cela quelques programmes de propagande allant invariablement dans le sens « commun » libéral1, le tout dans le cadre d’une sphère médiatique aujourd’hui plus que jamais omniprésente, et nous voilà dans une démocratie plutôt biaisée.

Voilà pourquoi le retour du politique, du véritable dialogue social et du contrôle étatique - qui ne signifie pas immixtion systématique - sont essentiels. Ils doivent apporter des règles de comportements et des limites au pouvoir financier. Après tout, le contrôle des pouvoirs n’est-il pas la base même de la démocratie ? Pourquoi le pouvoir financier dont les intérêts n’ont aucun besoin d’être compatibles avec ceux des peuples devrait être le seul à vivre sans contrôle ?

C’est devenu un pouvoir si fort que nous en sommes arrivés à un point où le peuple n’a plus le droit de lui dire « non » même lorsqu’il s’est avéré irresponsable et a conduit des millions de citoyens à la « faillite ». Ces financiers, après voir milité activement contre l’intervention étatique, ne se dérangent pas le moins du monde pour exiger que l’État (le contribuable) renfloue les caisses que sa bêtise a vidé (crise des subprimes). Comment pouvons-nous accepter que nos autorités publiques acceptent de débourser plusieurs dizaines de milliards d’euros sans contre-partie réelle pour des banques dont les méthodes sont plus que douteuses, mais refusent de verser un dixième de cette somme pour sauver des millions de vies humaines victimes de la famine dont nous sommes, nous Occidentaux, au moins indirectement responsables ?

Certes, le marché étant mondial et l’économie globale, un État et sa politique ne peuvent raisonnablement imposer des règles ayant de véritables répercussions. Mais l’Union européenne, première puissance économique véritablement stable2 (du moins, jusqu’à peu) est en revanche bien assez conséquente sur le commerce mondial et pourrait, en s’affirmant en tant que force supranationale, commander de nouvelles règles internationales plus équitables et mieux adaptées, et donc pérenniser et encourager la démocratie.

Je me souviens avoir très naïvement lancé cet appel (comme beaucoup d’autres) à travers un mémoire, il y a quatre ans. Aujourd’hui, nous pouvons constater que, bien loin d’une Europe porteuse d’espérance et d’alternatives, les nationalismes ont repris une vraie vigueur et les politiques encore un tantinet actifs ont « démissionné », laissant l’Union européenne à l’abandon et sans pouvoir, de peur de ne pas intéresser leurs concitoyens et ainsi d’hypothéquer leurs carrières nationales personnelles.

En disant cela, je ne veux épargner personne, pas même bien des personnalités de la formation politique dont je suis issu et que je soutiens toujours. La responsabilité est générale. Si je suis profondément attaché au réformisme européen, au pragmatisme et au dialogue social et ne veut pas d’un « tout État », je suis persuadé que cette pensée - que certains définissent comme étant « social-démocrate » ou d’une « gauche moderne » - doit rester extrêmement ferme sur les principes et les valeurs qui ne sont pas ou ne devraient pas être négociables. Comment accepter le silence face ne serait-ce qu’aux exemples que j’ai cités dans mon propos introductif ? Il y a de nombreux autres exemples révélateurs de renoncements ou de dérives qui n’ont pas été empêchés. Il en est ainsi du fichage des personnes qui constitue une base de données tentaculaire et insensée, concernant ceux qui ont pu porter plainte, des coupables, des innocentés et, parfois même, des témoins. Il en est de même des fichiers ADN qui, au départ, ne devaient concerner que les délinquants sexuels. Ou encore du renoncement européen (de la responsabilité des États membres) face aux diktats américains sur le biométrique et les exigences démentielles sur le renseignement des voyageurs à destination ou revenant de l’Amérique du Nord.

Si, à l’exception des vrais « libéraux » (en faveur d’une véritable ouverture des frontières tant pour les marchandises que pour les personnes), la droite n’a jamais vraiment brillé par ses luttes pour les libertés individuelles, il est incroyable de constater que la gauche ne semble plus se sentir concernée par ce combat qui devrait être le sien. Ses élus n’ont presque jamais su harmoniser leurs positions et n’ont été audibles sur quasiment aucun de ces sujets, préférant de ridicules batailles internes n’impressionnant plus personnes et lassant tout le monde. Convertis au culte du raisonnable et de la mollesse du consensus le plus creux, ils oublient du haut de leur tour que ces atteintes aux droits n’ont rien de « raisonnable » et touchent concrètement et quotidiennement leurs concitoyens. Chaque pas est un pas de trop sur lequel il sera difficile de revenir.

C’est cette « tour » qui est en partie responsable de leur démission du champ réel du politique. Si Ségolène Royal a su lancer une démarche utile en permettant de redonner la parole à chacun et en la prenant en considération, la plupart des élus ont peur de leur propre peuple, sont sans contact, parfois hautains, et parcourent d’autres sphères oubliant celle du vécu commun. Combien de temps leur faudra-t-il pour réaliser qu’on ne comprend pas ses concitoyens en ne parlant qu’avec d’autres élus, d’autres anciens membres de cabinet ou des « experts » estampillés « grandes écoles » ?

Issu de l’ÉNA ou de l’usine, de l’ENS ou du certificat d’étude, de droit ou de médecine, le bon politique est toujours celui qui, sans mépris, n’oubliera pas pourquoi il est là. Qu’il ne s’agit pas de devenir un gestionnaire, mais qu’il s’agit d’accompagner un peuple. Qu’il ne s’agit pas de se transformer en chef d’entreprise, mais d’avoir le pouls du pays, de l’aimer, de le respecter et de vouloir le porter plus loin. Le ressenti est essentiel pour se lancer dans larène politique. Sinon, à quoi bon ? Pourquoi faire de la politique si on ne ressent pas le besoin ?

Aujourd’hui, la plupart de nos politiques et leurs premiers cercles ne se sentent pas vraiment concernés par une loi liberticide (sauf, on le notera, ceux qui en ont connu dans leur vie ou dans leur chair les effets dans des temps pas si lointains, et qui sont eux de tous les combats, de droite comme de gauche). Étonnamment conseillés, ils préfèrent alors suivre les courbes de sondages et constater une soi-disant acceptation populaire, sans comprendre quil ny a pas vraiment dopinion puisque celle-ci se positionne sur le seul discours audible  : celui démagogique du tout sécuritaire. La politique, c’est convaincre ses concitoyens sur des convictions. Si celles-ci sont laissées au placard, ce n’est plus de la politique, mais de la communication.

Le « monde libre » dégringole, mais les politiques ne semblent guère s’en soucier. Le peuple ne votera pas pour plus de liberté et de démocratie si on ne lui parle que de peur, de sûreté et de réformes soi-disant forcément synonymes de régressions. Au-delà de porter la critique sur les seuls sujets « faciles », les politiques soucieux de l’idéal républicain doivent donner un autre son de cloche que celui de la droite dure du chef de l’État. Un autre son basé sur nos convictions qui peuvent se traduire par notre devise nationale « liberté, d’égalité, fraternité ». Pour conclure, méditons deux phrases prononcées il y a deux cents ans : « Un homme qui ne lit jamais est plus cultivé qu’un homme qui ne lit que les journaux ». « Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre ». Thomas Jefferson était un sacré bonhomme, un vrai politique comme il n’en existe plus beaucoup.

Nicolas Cadène

1Entendons ici par « libéral » : aucun contrôle public sur toute action privée.

2On entend par « stable » sa situation de dépendance relative aux flux financiers et aux industries externes, à la différence des Etats-Unis, puissance particulièrement dépendante.


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114 réactions à cet article    


  • jondegre jondegre 25 avril 2008 11:06

    Brillant constat qui n’oublie rien.

    Reste a analyser pourquoi on en est la, quels sont les vecteurs qui poussent dans cette direction. Si ce n’est pas le peuple, qui pousse alors ? a relier avec l’article de monolecte mercredi dernier http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=39082

     


    • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 25 avril 2008 11:16

      Merci beaucoup.

      On peut également le relier au récent article de Jean Zin ici même sur AgoraVox : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=39140


    • Zalka Zalka 25 avril 2008 12:22

      La "démocratie quand ça les arrange" , tu dois bien connaître le sujet, puisque tu récites en permanence le couplet du "tout le français veulent les immigrés dehors", alors qu’il est clair, qu’il n’y a qu’une minorité de couillons dans ton genre pour le vouloir.


    • sisyphe sisyphe 26 avril 2008 10:27

      le rex est toujours aussi rigolo ! Je ne sais pas si ce personnage existe vraiment, ou si c’est un gag, mais quelle caricature ! Il faudrait ne demander « qu’aux français de souche » s’ils acceptent l’immigration.. De quelle souche ? En remontant jusqu’où ? Au XVIème siècle, peut-être ? C’est sûr que ce serait plus vite dépouillé ! smiley

      Et puis, ne vous avisez pas de tutoyer le rex : il en infère que vous n’êtes qu’une racaille, à mettre dans les bateaux et les charters avec les autres...

      Sacré rex, va ! Toujours pas de muselière ? smiley


    • impertinent3 impertinent 27 avril 2008 14:05

      J’offre un litron de rouge et un béret basque à celui qui peut prouver sa totale "francitude" (lol) depuis au moins 5 génération


    • sisyphe sisyphe 25 avril 2008 11:46

      Merci pour cet article.

      Excellent constat, très juste analyse des dérives antidémocratiques qu’a entrainé et que continue d’entraîner l’ultralibéralisme.

      Il faut le dire et le répéter : la mainmise des marchés financiers, de la spéculation, et de la toute-puissance économique sur le système global, nous dirige à vitesse grand V vers un monde autocratique, policier, répressif, dictatorial, violent, sanglant, meurtrier.

      Bientôt, face aux émeutes généralisées pour l’accès à la simple nourriture et à l’eau de milliards d’individus, les milices étatiques et privées comme seule réponse : insurrections, répression, guerres civiles, exodes, refoulements, conflits généralisés...

      Il ya extrème urgence, et l’exemple, DOIT, effectivement, venir de l’europe, pour une véritable REGULATION, une mise sous tutelle (d’organismes internationaux), sous contrôle, et légiférée, de toutes les transactions financières internationales. Tout laisser aller, tout attentisme, ne peut qu’accélerer la chute vers une catastrophe annoncée.

       


      • 1984 25 avril 2008 12:36

        Malheureusement il ne sortira que du fascisme économique du quatrième reich...pardon de l’europe !


      • Jason Jason 25 avril 2008 13:14

        @ sisyphe,

         

        Je voudrais bien que l’exemple vienne de l’Europe. Mais celle-ci n’a ni la puissance militaire, ni la puissance financière pour imposer des règles du jeu nouvelles et planétaires. 

        Regardez l’exemple de la révolution française qui devaitt essaimer et faire adopter des principes nouveaux à travers l’Europe.

        Il ne nous reste, hélas, que des discours et des remontrances, ce dont le monde de la finance se fout royalement. Question de pouvoir.

         

         


      • sisyphe sisyphe 25 avril 2008 14:26

        Pas besoin de forces militaires.

        Une forte mobilisation des citoyens (grève générale, manifs, désobéissance civique, actions en justice en nom collectif, boycott, etc...) serait largement de nature à peser sur le cours des choses, en obligeant , déjà au niveau européen, à une législation régulatrice , qui pourrait s’étendre au niveau international., sous différentes mesures coercitives réelles : taxation des produits venant de la zone hors-euro, et ne respectant pas cette législation, sorte de "protectionnisme" actif ; qui contraindrait le reste du monde (dépendant également de la zone euro, par la diversité des échanges dans les deux sens), à progressivement adopter ces règles, sous la pression de leurs citoyens...

        Le "marché" planétaire ne peut se passer de l’euroland, ni se comporter comme s’il n’existait pas : à nous de lui imposer les nécessaires régulations, de le plier aux nécessités démocratiques d’une plus juste redistribution des richesses, via la taxation réelle des opérations spéculatives.

         


      • Jason Jason 26 avril 2008 12:17

        @ Sisyphe, 14:26

         

        Vous prêchez la grève générale. Avec 8% de salariés syndiqués ? Avec une récupération certaine des mouvements des salariés par les mêmes syndicats comme en ’68 ? Des actions collectives en justice avec ce que l’on voit ? Intervention au niveau de la finance ? Vous oubliez la première année Mitterrand avec nationalisations des banques, contrôle des changes, e tutti quanti... Le résulat ne se fit pas attendre : paralysie partiemlle de l’économie.

        La structure dominante possède un arsenal redoutable de mesures, de systèmes, de procédures pour faire échouer tout mouvement contestataire sérieux.

        Je souhaite vivement un changement, mais je ne crois pas que ce sera pour demain. En attendant, il faudra avaler bcp de couleuvres.

        Cordialement.

         


      • arturh 25 avril 2008 12:01

        Evidemment, pas la peine de chercher dans le développement de Cadène une analyse du fait qu’il y a 60 ans, toute l’Europe vivait sous la dictature du Totalitarisme. Ca gênerait sa démonstration sur le "déclin de la Démocratie". Où que jusqu’en 1989, une bonne partie de l’Europe vivait sous la dictature du Totalitarisme. Tout ça, pour Cadène, ce sont des "détails" de l’histoire dans son long et pénible plaidoyer pour que les fonctionnaires gardent l’essentiel du pouvoir politique, économique et culturel.

        Cadène, un fonctionnaire au service des fonctionnaires.

        Allez Cadène, du courage. Il y a encore de l’epoir dans ce monde livré à la liberté, que vous appelez "libéralisme". Il y a encore de l’espoir, voyez Cuba, la Corée du Nord. Ils sont encore protégés des maux du "libéralisme".

         

         


        • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 25 avril 2008 12:49

          Je constate que comme à votre habitude, vous commentez sans lire l’article. Premièrement, je ne suis pas particulièrement tendre avec certains hauts fonctionnaires (mais je ne les stigmatise pas non plus) conseillant certains politiques. Deuxièmement, et ce n’est pas la première fois que je vous l’indique, je ne suis pas fonctionnaire (mais je ne vois pas le problème qu’il y aurait à être un fonctionnaire, puisqu’au service de son pays). Enfin, je n’ai jamais dis que l’Europe n’avait pas permis une certaine pérenisation de la démocratie sur le continent suite à la seconde guerre mondiale, je suis un européen convaincu. Je n’ai pas plus dit que l’URSS était un État respectant les droits fondamentaux. Simplement, il s’agit dans cet article de traiter du déclin démocratique dans l’ensemble de l’Occident que nous connaissons ces dernières années, avec parfois des racines plus éloignées. Il n’y a là aucune incohérence. Soyez courageux et débattez sur le fond.


        • arturh 25 avril 2008 13:30

          Sur le fond, c’est très simple. la Démocratie a fait de fantastiques progrès depuis, en particulier, la seconde guerre mondiale. Ce que votre article, que j’ai lu, nie de manière maladroite. 

          Comme votre article nie maladroitement le fait que depuis la "Déclaration des droits de l’homme et du citoyen" dont vous vous servez pour illustrez votre article, la Démocratie a fait de fantastiques progrès. Ce que vous vous gardez bien d’analyser aussi.

          Ce sont des remarques de fond sur un article superficiel qui s’en tient à suggérer de manière grossière que depuis que les socialistes ont perdu le pouvoir depuis quelques années en France, la Démocratie est en déclin dans le monde occidental. Il faut oser...


        • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 25 avril 2008 13:41

          Je m’en prend également à bien des élus socialistes. Comme je l’écris, "je ne veux épargner personne et la responsabilité est collective". M’avez-vous bien lu ? Mon constat est général, dans tout l’Occident, au-delà des clivages politiques, et ne traite que d’un déclin post-moderne. Je ne reviens pas sur la montée de la démocratie dans nos pays du Nord, démocratisation dont je prends acte dans mon introduction : "il [le monde occidental] se fondait néanmoins sur de solides bases démocratiques dans son ère géographique et le mouvement a toujours semblé être celui de l’émancipation et du progrès." Lisez un peu plus consciencieusement.

           

           

           

           


        • arturh 25 avril 2008 17:12

          C’est justement l’élargissement de cette démocratisation qui vous fait peur. J’ai bien lu. Vous croyez que vous êtes si difficile que ça à comprendre ? Vous êtes le symbole même du conservatisme qui mythifie un hypothétique passé pour dénoncer les progrès de la liberté dans le monde. Le mot liberté étant ici vilipendé comme étant un "libéralisme" chargé de tous les maux.

          C’est malheureusement le cancer du socialisme de cette opposition en France qui ne parvient pas à s’adapter et dont vous constituez un exemple parfait.


        • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 25 avril 2008 17:32

           ? Votre commentaire n’a plus aucun sens et tend à l’attaque personnelle. Etes-vous à ce point satisfait de la tournure que prend le monde ? C’est la liberté qui se répend pour vous lorsque les paysans africains se retrouvent sans terre ou sans possibilité d’exercer leur métier librement ? Les exemples sont tellement nombreux et la crise alimentaire mondiale est actuellement tellement symptomatique, que votre commentaire parait, au moins, grossier.


        • arturh 25 avril 2008 17:48

          Ah bon ? C’est maintenant que les paysans africains se retrouvent sans terre. ? Tiens ! Extraordinaire ! J’aurais juré que c’était du temps de la colonisation. Et que grâce aux progrès continuels de la Démocratie, colonialisme et néocolonialisme tendent a disparaître et les africains retrouvent peu à peu leur autonomie. Même si l’exemple diu Zimbabwee montre le chemein qui reste à accomplir.

          Cadène. Quel démagogue ! Pas étonnant que vous ne trouviez rien d’autre à répondre que "c’est incompréhensible" !


        • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 25 avril 2008 18:17

          Pourquoi vous vous obstinez à être "hors sujet" ? Mon article traite du déclin démocratique dans notre société post-moderne. Évidemment que dans le passé, nous avons connu de terribles périodes autoritaires ou totalitaires... La question n’est pas là.


        • dalat-1945 26 avril 2008 12:26

          Bien d’accord Arthur.


        • Radix Radix 25 avril 2008 12:32

          Bonjour

          La démocratie a abdiquée devant les puissances économiques et leur a remis les clés de la maison.

          C’est ce qui s’est passé au USA après la seconde guerre mondiale : l’établissement d’une ploutocratie malgré les avertissements de Franklin Roosevelt.

          Le reste en découle car tout pouvoir, quelqu’il soit, tend à se protéger, d’où les lois sécuritaires, le renforcement des polices (ce sont les seuls fonctionnaires dont les effectifs augmentent), la non prise en compte des votes des citoyens (voir la constitution européenne) quand ils ne vont pas dans la bonne direction et bientôt, comme aux USA, la généralisation des machines à voter "bien"  !

          Dans le constitution européenne était déjà prévu qu’un état pouvait utiliser tout les moyens pour réprimer les émeutes ! Quelles émeutes ? Au momment où elle a été écrite ils n’y avait eu aucune émeute en Europe ! A croire qu’ils avaient anticipé les réactions à ce changement, voire à d’autres "problèmes" qui nous attendent !

          Radix


          • arturh 25 avril 2008 12:37

            Ah radix ! Le monde était bien mieux avant la seconde guerre mondiale.... snifff !


          • Jason Jason 25 avril 2008 13:07

            Je serais incliné à dire qu’une démocratie qui n’inclut pas dans ses textes fondateurs l’abolition de l’exploitation l’homme par l’homme ainsi que la formulation d’un contrat social clair et dont on peurt suivre le développement, ne débouche que sur une usurpation du mot.

            Le décalage flagrant, scandaleux, entre les intentions, les discours lénifiants des élus et les réalités, fait que je prends mes distances avec ce que je considère, au mieux, comme une imposture.

            Ma définition de la politique telle qu’on l’entend actuellement : des inepties couchées dans un langage (pas toujours) châtié.

            Cordialement


            • Tristan Valmour 25 avril 2008 13:08

               

              @ Nicolas Cadene

               

              La démocratie et les droits de l’homme sont le fruit d’écrivains romantiques que l’on qualifie abusivement de philosophes. La France s’est emparée de leur message pour asseoir une domination culturelle sur le monde alors qu’elle n’a jamais été en ce domaine un modèle de vertu.

               

              De plus, on confond volontiers démocratie et libertés publiques, ce que vous faites abondamment dans cet article. Les « libertés publiques » sont une matière en Droit, distincte du Droit Constitutionnel.

               

              Il y a effectivement un dangereux recul des libertés publiques, et une atteinte à la démocratie en ne respectant pas le « non » français au TCE. Mais les libertés publiques ont toujours été conditionnelles, quels que soient les pays et l’époque. Tout Etat se méfie du peuple. Preuve s’il en est, dans notre pays, on peut arrêter n’importe qui n’importe quand. Cela n’est pas une nouveauté due à notre actuel président.

               

              La nouveauté réside dans ce que nos libertés publiques, autrefois conditionnées au bon vouloir exclusif de l’Etat, sont aujourd’hui conditionnées par des organisations privées, entreprises commerciales ou associations.

               

              A notre carte d’identité se sont ajoutées des cartes de fidélité qui permettent de tracer nos achats, de nous étudier, de créer une sorte de monnaie virtuelle par le biais des rabais et chèques cadeau. Nous sommes listés dans plusieurs fichiers. Qui sait, par exemple, que certaines associations de parents d’élèves vendent les coordonnées de leurs adhérents ? Les entreprises, et associations (comme la scientologie) ont un service d’ordre, des équipes d’espions et n’hésitent pas à recourir au slapping (procès) pour faire taire les opposants. Tout cela grâce à la complicité de l’Etat et des consommateurs qui abandonnent librement une partie de leur liberté, ou plutôt qui n’ont plus le choix car leur porte-monnaie ne le leur permet pas, pas plus qu’une absence d’information éclairée.

               

              A un problème historique – l’autorité excessive de l’Etat – s’est ajouté un problème récent, l’autorité excessive des grandes entreprises et associations. Nous subissons donc une double tutelle qui restreint notre espace de liberté.

               

              Que faire pour changer cette réalité ?

               

              1. Militer pour limiter le pouvoir individuel. Or, celui-ci est intimement lié à la fortune personnelle qu’il convient de plafonner. Ceux qui disposent de centaines de millions ont un pouvoir exorbitant sur le fonctionnement de nos institutions, de notre environnement social, culturel et économique. Ils peuvent fausser la concurrence, influencer les lois, mettre une économie régionale ou nationale en danger par le biais des investissements massifs qui créent une dépendance, puis un vide lorsqu’ils s’en vont ailleurs…
              2. Le point 1 est complètement utopique car les conventions internationales limitent les libertés politiques d’un pays d’une part, d’autre part les députés et sénateurs ont partie liée avec de puissants intérêts financiers. Houspiller c’est bien, mais agir c’est mieux. Il appartient donc à chaque citoyen de s’investir dans l’action économique en créant des sociétés commerciales et associations régies par une charte éthique stricte, et fédérées en réseaux. Le b2b et b2c se feraient exclusivement au sein de ce réseau. L’un de ces réseaux existe déjà, dans une forme approchante, j’en parlerais peut-être dans un prochain article.

               

              La liberté politique ne pourra se conquérir que par la conquête de la liberté économique, ce qui suppose un plafonnement des revenus, tout en laissant ce plafond suffisamment élevé pour rendre attractive l’initiative individuelle, mais trop bas pour permettre à des individus de peser lourdement sur les décisions publiques, au motif du seul profit.

               

               

               


              • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 25 avril 2008 14:26

                Je suis assez d’accord. Mais mon "amalgame" se justifie. En effet, quelque soit la définition que l’on fait de la "démocratie", nous en connaissons un recul tant il y a de plus en plus une confiscation du pouvoir du peuple (par le lobbying, la privatisation et l’appropriation de tout, etc).


              • Radix Radix 25 avril 2008 17:59

                Bonjour

                Vous dites : "A un problème historique – l’autorité excessive de l’Etat – s’est ajouté un problème récent, l’autorité excessive des grandes entreprises et associations."

                J’ajouterais que le cumul des deux c’est le ciyoyen de base qui le subit pas les grandes entreprises pour qui "l’autorité excessive de l’Etat" est plutôt douce pour ne pas dire inexistante, c’est d’ailleurs là le fond du problème.

                Dans ce monde "libéral" pour être libre il faut être puissant économiquement, pour les laissés pour compte la liberté existera de moins en moins.

                Radix


              • Tristan Valmour 25 avril 2008 21:01

                 

                @ radix

                 

                Il faut effectivement être puissant, peu importe le système économique. Ce n’est pas une nouveauté. Même le système soviétique comptait ses puissants qui pervertissaient le système. Là se situe le problème.

                 

                Le libéralisme n’est pas mauvais en soit. Il apparaît même à mes yeux comme le meilleur système pour réguler les échanges humains. Mais les libéraux se trompent sur la notion de liberté, de responsabilité et de marché. Ce dernier, par exemple, ne peut pas s’autoréguler parce qu’à un moment, il y a déséquilibre dans le rapport de forces, et il est normal que l’acteur suprême souhaite conserver sa position.

                 

                En, réalité, ce sont les excès qu’il faut combattre, et il y en a dans tous les camps. Les systèmes collectivistes ont partagé la pauvreté quand les systèmes capitalistes ont, malgré leurs imperfections, contribué à la richesse collective. Seulement, aujourd’hui, la vitesse de circulation et le montant des capitaux disponibles constituent un danger pour les équilibres sociaux.

                 

                Que l’on me comprenne bien quand j’appelle à plafonner les fortunes. Je me fiche pas mal de la possibilité qu’elles offrent dans l’acquisition de biens matériels. Si certains prennent plaisir à posséder, grand bien leur fasse. En revanche, le danger réside dans le fait que ces fortunes offrent une puissance qui dépasse infiniment l’aspect matériel. Vivre ne se résume pas à courir après le profit. Et c’est un entrepreneur qui vous dit cela ; idée partagée par biens d’autres entrepreneurs.

                 

                Il faut donc bâtir un capitalisme (ou libéralisme) éclairé, or cela passe par un plafonnement des revenus. Cela étant posé, on pourrait laisser la plus grande liberté aux acteurs économiques.

                 

                 


              • Nicolas Cadène Nicolas Cadène 25 avril 2008 21:13

                Intéressant point de vue, qui peut lancer un débat très utile, notamment sur le plafonnement des revenus. Merci.


              • Mr Mimose Mr Mimose 25 avril 2008 13:14

                Tiens, un militant socialiste qui critique l’ultralibéralisme !

                C’est l’hopital qui se fout de la charité.

                Je comprend pas qu’on puisse etre socialiste et se dire de gauche, pour moi y’a aucune différence entre l’ump et le ps, sauf que le ps ils te la mettent en douce, alors que l’ump tu sais à quoi tu t’attendre.


                • sisyphe sisyphe 25 avril 2008 13:17

                  par Mr Mimose (IP:xxx.x08.230.3) le 25 avril 2008 à 13H14

                   
                  Tiens, un militant socialiste qui critique l’ultralibéralisme !

                  C’est l’hopital qui se fout de la charité.

                  Je comprend pas qu’on puisse etre socialiste et se dire de gauche, pour moi y’a aucune différence entre l’ump et le ps, sauf que le ps ils te la mettent en douce, alors que l’ump tu sais à quoi tu t’attendre.

                   

                  Voilà le genre d’intervention qui va faire avancer le débat !

                  Mr Mimose a ....les boules ??


                • Yannick Harrel Yannick Harrel 25 avril 2008 13:36

                  Bonjour,

                  Merci pour votre réquisitoire. Je relève un point qui m’a frappé, celui-ci :Il n’y a pas si longtemps, les voix d’intellectuels nous servaient souvent de rappel à une certaine morale et éthique. Nous connaissions un débat clair, conservateurs contre progressistes, qui, malgré les erreurs d’engagements des uns ou des autres, a su nous accompagner sur le chemin d’un progrès démocratique. Aujourd’hui, ces voix sont d’un effrayant consensualisme et parfois même apportent leur soutien aux idées les plus réactionnaires. Plus aucune ne vient les contrebalancer dans le grand concert médiatique. Les penseurs radotent souvent, mais aucun de nos médias ne souhaite nous proposer de vrais débats, nous soumettre les vrais enjeux, nous laisser entendre de nouvelles voix.

                  En réalité le problème se situe sur deux plans. L’intellocratie de 68 a veilli, et a changé son fusil d’épaule avec la chute du mur, évènement qui marquait la fin du marxisme-léninisme, de sorte à conserver sa main-mise (monopole) sur la pensée nationale. Regardez bien, les gens qui ont marqué leur temps dans les années 70-80 sont les mêmes que maintenant (excepté ceux qui sont décédés, ce qui est avouons-le assez compréhensible) mais avec un tropisme différent qu’à l’époque. Le deuxième plan se trouve dans l’anathémisation systématique des penseurs dissidents et de la fustigation du fascisme à tout vent. De fait, l’ostracisme dont furent victimes certaines personnes a été préjudiciable à un vrai épanouissement intellectuel du fait d’un coterie ne voulant pas voir ses privilèges remis en cause, et l’obsession de vilipender toute trace manifeste de "fascisme" (les guillemets sont très importants) a abouti à une lassitude et surtout à un abaissement de la vigilance républicaine.

                  En somme, les intellectuels en vue ont joué un trouble jeu qui n’a été profitable qu’à leur propre business et non à la défense des intérêts du peuple.

                  Cordialement


                  • arturh 25 avril 2008 13:54

                    En Démocratie, le "peuple" ça n’existe pas. Il n’y a que des gens, des individus, des citoyens.

                    Le mot "peuple", qui a eu une certaine signification à une certaine époque de la fin du 18ème siècle au début du 19ème siècle n’appartient plus qu’au vocabulaire du Totalitarisme où il est est encore opérant. Comme en Chine est son "Parti du peuple", par exemple.


                  • Yannick Harrel Yannick Harrel 25 avril 2008 14:01

                    Bonjour,

                    Et l’étymologie de démocratie, savez-vous ce que c’est ? Kratos = Pouvoir, Démos = Peuple.

                    Le peuple existe, il faut l’accepter non comme un tout homogène (ce qui relèverait de l’utopie) mais comme une richesse protéiforme. Je me méfie de tout ramener à l’individu, c’est une logique (économique notamment) visant à atomiser la société avec une visée qui est toute sauf philantrophique...

                    Cordialement


                  • arturh 25 avril 2008 17:03

                    On a un peu évolué depuis les grecs anciens, non ?

                    Dans la phrase que je reprenais de votre réaction, vous séparez les "intellectuels" du "peuple" Pourquoi ? Les "intellectuels" ne font pas partie du "peuple" ? Aujourd’hui, en particulier avec internet, "les intellectuels" n’a plus aucun sens. Pas plus que le mot "peuple".

                    La Démocratie, c’est le gouvernement des gens par les gens.


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 25 avril 2008 17:05

                    Entre le peuple, notion fantasmatique fourre-tout et qui permet de légitimer tout et son contraire, même le pire, et les individus apolitiques il y a les citoyens électeurs, plus ou moins en désaccord, vivant sur le territoire de la république française..

                    Le peuple versus les citoyens , en tant qu’individus conscients de leurs droits et devoirs civiques et politiques.

                     


                  • Yannick Harrel Yannick Harrel 27 avril 2008 23:27

                    @Sylvain Reboul,

                    Je ne vois pas de dichotomie entre peuple et citoyen électeur, d’ailleurs lorsque le citoyen s’exprime il apporte une voix parmi de nombreuses autres lui permettant de s’exprimer tout en respectant le choix des urnes.

                    Simplement, je reprends à mon compte l’idée d’Ernest Renan qui veut que le peuple Français soit soudé par une unité de destin. Encore faudrait-il qu’il soit consulté sur les grandes affaires le concernant, mais ceci est une autre histoire...

                    @Arturh,

                    Quant aux intellectuels que je vilipende, vous aurez remarqué que je ne globalise pas mais que je cible une caste très particulière n’ayant pas son pareil pour faire le grand écart idéologique et pérorer depuis plusieurs décennies devant les médias de masse en assénant la vérité, enfin leur vérité, celle qui poursuit souvent plus des buts personnels et lucratifs que réellement intellectuels.

                    Cordialement


                  • Le péripate Le péripate 25 avril 2008 14:16

                    Peut-on parler de lent déclin de la démocratie ? Il y a dans l’article quelques constats assurément justes, d’autres qui manquent probablement de recul, mais la question qui m’intéresse n’est pas là. J’ai le sentiment que nos démocraties empruntent, souvent simultanément deux voies pourtant contradictoires : une démocratie d’opinion, démocratie sans limites et totalitaire, dans le sens d’une dictature de la majorité sur les minorités ; une macro-gouvernance d’experts éloignée des citoyens (l’Europe en est un excellent exemple). Ces deux tendances aboutissent effectivement à pervertir la démocratie.

                    Un fédéralisme, ou plus exactement un "localisme" rapprocherai certainement le citoyen de la chose publique.


                    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 26 avril 2008 02:09

                      @Peripate. Je vous bisse 5/5 et je vais diner. Il faudrait tout de même en reparler, il y a beaucoup à dire . Il y a même des solutions... http://nouvellesociete.org/6.html

                       

                      Pierre JC Allard


                    • aquad69 25 avril 2008 15:12

                      Bonjour Nicolas,

                      excellent et très nécessaire constat.

                      Eh oui ! Et pourtant nous avions cru fonder un empire démocratique et "moderne" qui devait durer mille ans !

                      ... sans vouloir nous rendre compte que la démocratie, les droits de l’homme, l’Etat de droit, les systèmes techniques mêmes, etc, ne sont pas des phénomènes naturels imposés par des lois physiques ou biologiques universelles, mais des petites structures, des petites conventions humaines que nous nous étions défini, des constructions qu’il ne suffit pas d’édifier, mais qu’il faut ensuite entretenir en permanence, et dont le destin est malgrès tout de rester éphémère à l’échelle des durées naturelles, géologiques et des espèces.

                      La seule manière aujourd’hui de retrouver une vision cohérente des choses qui ne soit pas désespérée, c’est de sortir du système de pensée moderne ("sortir du cadre", toujours, mon dada !), et de prendre du recul.

                      Et avant tout de remettre en question toute pensée "des lumières", en particulier "l’humanisme"lui-même qui est au coeur de nos préjugés, en l’éclairant du point de vue des cultures traditionnelles anciennes, qui ont tout de même duré et fait preuve de stabilité et d’harmonie avec leur environnement sur des périodes d’une durée sans rapport avec la nôtre, la plus éphémère de toutes.

                      Un exemple rapide pour l’illustrer :

                      Quand on retrouve des écrits, des paroles et des pensées anciennes ou classiques, une chose saute à l’oeil : ces gens ne parlaient jamais des "êtres humains" en temps qu’individus ou de race, mais des "créatures" en général, et du rôle et de l’influence que les créatures humains, créatures particulières de par leur dons et leur rang, avaient le devoir d’exercer sur les monde, ainsi que des "principes" d’harmonie régissant ces mondes avec lesquels il leur fallait s’accorder.

                      Il y avait bel et bien des "liens" et des "devoirs" réciproques entres toutes créatures, et pas seulement vivantes d’ailleurs...

                      Toute différente est notre vision du monde "humaniste : une "race" humaine, supérieure aux autres par droit d’évolution, dont le destin serait, au nom "d’elle-même" de maîtriser et d’exploiter tout ce qui l’entoure sans vergogne, d’en faire son profit sans rien en rendre en retour.

                      Les écologistes eux-même, dans leur majorité, n’ont dans leur idée de protection de la nature qu’une vision "utilitaire" qui ne remet pas en question leur vision d’eux-même : "protégeons-là pour nous qui aimons sa beauté, par exemple, et qui en avons besoin pour vivre" ; Mais en éludant cette sorte de respect et de fraternité entre "créatures existantes" que l’on connaissait et que l’on goûtait jadis...

                      En vérité, à l’observer de près sans préjugés, l’humanisme moderne révèle sa véritable nature : un véritable "communautarisme" humain en face de l’univers, qui rejette tout ce qu’il ne comprend pas et qu’il ressent comme étranger. C’est d’ailleurs la base d’une vision colonialiste toujours bien vivante chez nous, et c’est comme celà que nous avons toujours réagi en face des points de vues différents des autres cultures et de ce que nous ne comprenions pas en elles, en les réduisant à des points de vues "primitifs", pour les réfuter.

                      C’est une vérité à la Palice que de dire que le communautarisme d’un groupe l’empêchera toujours de s’intégrer dans son entourage et fera que ses membres s’y sentiront toujours plus étrangers et rejetés.

                      Et voilà comment l’homme moderne, enfermé dans ses superstitions du "progrès" depuis trois à cinq siècles, s’est coupé de son "entourage" naturel, s’est privé de toute harmonie avec lui, et n’a d’autre ressource que de l’agresser de plus en plus pour se "protéger" lui-même ; et voîlà comment la victoire de "l’homme" sur les éléments ne correspond à rien d’autre que la pire et la plus définitive défaite qu’il puisse enrégistrer contre lui-même. 

                      Cordialement Thierry

                       

                       


                      • arturh 25 avril 2008 16:57

                        On rêve. Revoilà Rousseau et son "l’homme est naturellement bon, c’est la société qui le perverti".


                      • Paul 25 avril 2008 16:34

                        Croyez vous vraiment que le danger puisse venir uniquement des sociétés privées ?

                        Dans certains pays, où il est interdit d’entreprendre et de faire des profits à titre privée, où l’Etat est partout, les libertés sont inexistantes : c’etait le cas pour les pays du bloc de l’Est, et c’est d’actualité pour Cuba.

                        La position monopolistique est un danger pour les libertés : que le monopole soit d’Etat ou privée. L’Etat doit prémunir la communauté nationale des situations monopolistiques : mais par les lois uniquement, non par tranfert du monopole vers une société d’Etat !!! Ca c’est du libéralisme : ou de l’ultra liberalisme. Dans une société libérale vous avez toutes les libertés : même celle de crée une communauté socialiste !! Et dans une société socialiste ou sociale démocrate ?

                        Lisez Bastia, puis ensuite vous pourrrez envisager une critique du libéralisme : ou peut être le deviendrez vous à votre tour, qui sait ?

                         

                         

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