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Le Meilleur des iMondes

2. Donald au ‘Morris Human Zoo’

 Donald Bokanovsky quitta le centre un peu découragé. Bien sûr les applaudissements avaient été nourris, mais l’auraient-ils été autant sans l’épandage massif de gaz hilarant dans la salle ? Les médias, les réseaux sociaux, le sommet de Davos avaient donné des versions dithyrambiques des conférences, mais auraient-ils été autant loué sans les financements massifs qui leur avaient été alloués ? Le découragement le gagnait : c’était beaucoup de recherches et développement pour fabriquer à grande échelle des semi-imbéciles opérationnels, beaucoup d’argent, beaucoup d’efforts. D’après les biogénéticiens les plus éminents, dont celui qui a gagné le ‘Trump-Johnson Academic Award’ deux années consécutives, il n’est même pas exclu que certains de ces semi-imbéciles génétiquement modifiés se rendent compte que, sous l’effet d’un environnement social inattendu, qu’on se fout de leur gueule à un point tel qu’ils en arrivent à se rebeller, ruinant ainsi des décennies de recherches et d’innovations scientifiques porteuses d’une nouvelle humanité, de nouvelles mentalités, de nouveaux paradigmes dont les axiomes ne sont plus contraints à rester dans un espace euclidien même si l’on néglige les effets relativistes. Et puis Internet est devenu omniprésent, pourra-t-on cacher au monde la fabrication guidée des semi-imbéciles. Il décida d’aller consulter Bill Portes qui, bien qu‘amérindien (il avait été autorisé à changer de nom), avait constitué la première multinationale d’informatique et de microélectronique au monde. Ne sachant plus quoi faire de son temps après ce succès, qui devenait pourtant de plus en plus restreint avec l’âge, il avait proposé de diriger un zoo pour acclimater les semi-imbéciles aux différents climats, aux différentes cultures, aux différentes religions, aux différentes ethnies . Le ‘Morris Human Zoo’ devait devenir rapidement rentable car les visiteurs pourraient choisir de visu leurs obligés après éventuellement un échange verbal pour vérifier leurs tenues intellectuelles. C’est là que Donald Bokanovsky le rencontra.

 - « Ça va Bill ? »

 - « Oui, ça va… mais c’est dur d’être riche dans un pays de pauvres. »

 - « je ne te le fais pas dire, d’ailleurs c’est de ça que je viens causer. »

 - « Tu te lances dans le caritatif ? »

 - « Non, mon fils dans le cadre de son Master ‘Comment commander aux sous-fifres’ fait déjà un stage ouvrier dans le Michigan. Non ! C’est à propos de mes semi-imbéciles, j’ai peur qu’ils se débauchent malgré le soin que l’on a eu de parfaire leur bagage génétique. »

 - « Tu vas revenir aux robots ? »

 - « Non ! Tu sais bien que c’est trop coûteux, en plus on manque massivement de cobalt, de nickel, de lutécium, de néodyme… ce n’est pas possible. Avec le Net, tu pourrais peut-être me donner un coup de pogne. »

 - « Tu devrais arrêter de fréquenter ton fils, tu commences à t’exprimer comme lui ! »

 - « T’inquiète ! Alors ce Net ? »

 - « Tu sais bien que le Net est la plus vaste usine à cons de l’histoire de l’humanité. Mieux que les charias de tout type, mieux que les catéchèses les plus abouties, mieux que les guerres qui permettaient d’éliminer ceux qui bramaient un peu trop fort : ils participent tout seuls, y sont volontaires, on les force pas, ça fait jeune, c’est tendance, on se rue sur la dernière connerie sortie qui ne sert pas plus que les précédentes versions, on montre son Smartphone pour éblouir la galerie comme auparavant on montrait sa quéquette… Je peux pas faire mieux Donald ! »

 - « C’est d’accord, mais un con ce n’est pas un semi-imbécile, il râle, il gueule, il critique, il manifeste même quelquefois, il pétitionne… bref, il emmerde le monde. »

 - « Peut-être, mais le con est fiché, catégorisé, répertorié, surveillé, espionné, localisé et si il nous emmerde il peut devenir machiste, homophobe, pédophile, raciste, islamophobe, antisioniste voire même antisémite… et là c’est la grande descente aux enfers. On n’a même plus besoin des flics, je veux dire des vrais, avec une carte, une matraque, des flash balls, une casquette, un ceinturon… la populace règle ça toute seule avec les réseaux sociaux. Même enterré au fin fond de la Creuse ou du Michigan, le ‘con qui nous emmerde’ peut même plus aller chercher son litre de lait à la ferme sans se faire insulter par au moins aussi con que lui. »

 - « Tu sais Bill, je sens comme une critique des mes semi-imbéciles, tu sembles sous-entendre que tu peux transformer toute la population en connards, que tu n’as pas besoin de moi, de la génétique, de la biologie, de la Science ! »

 - « Si mon biquet, parce qu’il y a des groupes franchement réticents à ma modernité, des groupes religieux, je te précise en langue des signes au cas où nous serions déjà sur écoute, des groupes ethniques, des cultures revêches. En général ces mecs là, question reproduction, ils ont pas dépassé le niveau ‘Francine et sa biquette’ alors une contamination par l’introduction judicieuse de semi-imbéciles garde tout son sens : certains ont passé leur smartphone dans leur sanibroyeur tellement ils l’avaient mauvaise. »

 - « Bill, t’es un génie, tu n’es pas devenu milliardaire par hasard. Comment la Nature a-t-elle pu produire un être aussi visionnaire, aussi grand, aussi beau, sans recourir aux manipulations génétiques. Ton patrimoine n’est pas modifié Bill que je sache ? »

 - « Je n’aime pas qu’on parle de mon patrimoine, ça évoque trop les îles Fidji, la Barbade, Vanuatu et ça me donne mal au cœur. »

 - « Tu as raison, c’est moralement condamnable, la société attend de son élite une attitude responsable et irréprochable. »

 - « C’est pas tellement ça, mais j’ai le mal de mer et pour livrer je suis obligé d’y aller en bateau, les aéroports, les ports sont fliqués, le bitcoin n’est plus ce qu’il était… »

 - « Non seulement tu es grand Bill, mais tu es généreux, tu fortifies les iliens par des placements judicieux, il n’y a plus qu’à attendre que ça ruisselle et même le prolo en profite…. Non ! Je suis pas marxiste, pourquoi… Ah oui ! Prolo ! Non… j’ai appris ça à la Business School… non pas Harvard, celle de la Queue-les-Yvelines, c’était un programme d’échange, je voulais connaître des françaises… oui des français aussi… dans le cadre de la dernière année d’école. T’es grand Bill !!! »

 - « Toi t’a besoin de thune Donald. Ta Melania t’a déjà rincé, t’es raide ? »

 - « Bill tu me chagrines, je ne me permettrai pas de te solliciter pour des besoins personnels. Et puisque tu parles de Melania, je peux t’affirmer que je ne suis pas raide, d’ailleurs elle s’en est plainte, ça va mieux depuis qu’il y a le nouveau garde du corps. Non, mon appel à des subventions concerne ma fondation ZanGo (Zoo for Anthropomorphic Googledoc)… incidemment tu peux en déduire une fraction significative de tes impôts payés en France. »

 - « C’est bon, c’est bon, mais qu’est-ce que je peux faire d’autre pour toi. »

 - « Je sais fabriquer des coronavirus ou d’autres virus à ARN activables par des ultrasons (30 Kilohertz environ), est-ce que tu pourrais engendrer ces ultrasons lors de la mise en route des ordinateurs : on neutralise avec précision et on atteint les proches pour éradiquer complétement la source des problèmes. »

 - « Tu me vexes Donald, c’est super-facile ton truc, d’ailleurs j’y avais pensé mais sans virus, l’ultrason rendait impuissant, c’était plus éthique, pas encore conforme aux Droits de l’Homme mais presque. »

 - « Alors, on se lance ? »

 - « On se lance ! »

 


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