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Le «  message de dissuasion  » américain a-t-il échoué  ?

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Le secrétaire d’État américain Anthony Blinken, après le bombardement récemment de militants pro-iraniens en Irak et en Syrie, a déclaré qu’il s’agissait d’un «  message dissuasif clair et sans ambiguïté  » dans l’espoir de trouver des oreilles attentives.

Ces raids dissuadent toute future manœuvre iranienne, a-t-il dit, décrivant la position de son pays comme de l’autodéfense «  essayant de ne pas encourager de nouvelles attaques.  » Mais ce qui s’est passé, c’est que le message n’a pas atteint ses objectifs.

La base d’Ain Al Assad dans la région d’Anbar, dans l’ouest de l’Irak, était visée. La base américaine a été attaquée par des drones à l’aéroport international d’Erbil. Un drone a été abattu au-dessus de l’ambassade américaine dans la zone verte de la capitale irakienne. De même, un grand champ pétrolier à l’est de Deir ez-Zor, en Syrie, où se trouve la plus grande base de la coalition occidentale, a été attaqué par des drones. Ce développement représente un changement qualitatif dans la mobilisation des milices pro-iraniennes pour attaquer les bases et les intérêts américains en Irak et en Syrie.

Le message de dissuasion américain a perdu son adresse. Il n’a pas trouvé d’écho auprès de la partie iranienne. L’Iran a envoyé un message faisant pression pour la fin de la présence militaire américaine en Irak et en Syrie. Les milices pro-iraniennes en Irak semblent suivre l’approche des talibans afghans.

Il s’agit de poursuivre les frappes pour faire pression sur l’administration afin qu’elle retire ses troupes d’Irak. Elles profitent d’une résolution non contraignante du parlement irakien demandant aux forces américaines en Irak de partir immédiatement et considérant leur présence dans le pays comme illégale.

Ce qui est remarquable dans les arènes irakienne et syrienne, c’est que ça coïncide avec une autre démarche officielle de l’Iran vers des relations rigides avec les États-Unis. Le régime des mollahs a annoncé son intention de produire de l’uranium métal en utilisant de l’uranium enrichi à 20 % pour alimenter les réacteurs de Téhéran. Ça revient à violer les termes de l’accord nucléaire.

Il est interdit à l’Iran de mener des activités de recherche et développement dans la fabrication de plutonium ou l’extraction d’uranium, utilisés pour fabriquer des armes nucléaires. Les mollahs affirment que l’objectif est de développer la recherche médicale et de produire des médicaments radioactifs importants pour la médecine nucléaire.

Le régime des Mollahs affirme que l’enrichissement de l’uranium à 20 % est destiné à la recherche médicale dont ont besoin quelque 800 patients traités par médecine nucléaire dans le pays, mais se déclare prêt à renoncer à cette démarche une fois les sanctions américaines levées. La question n’a donc rien à voir avec les patients qui font l’objet d’un jeu politique pour réaliser les ambitions des mollahs. Ça signifie aussi que tous les développements sont liés les uns aux autres.

Ce qui se passe actuellement, que ce soit les pourparlers de Vienne ou l’escalade contre les forces américaines en Irak et en Syrie, vise à renforcer la position de l’Iran lors du septième cycle de négociations la semaine prochaine. Des questions clés sont censées être discutées et des décisions substantielles prises.

Certes, lorsque des milices pro-iraniennes lancent trois attaques à l’aide de missiles ou de drones contre des intérêts américains en Irak et en Syrie en l’espace de 24 heures, le message ici est que les mollahs ont décidé de procéder à une escalade à bout portant.

Leur partie de poker avec les États-Unis se fait plus serrée. Il met l’administration de Joe Biden à rude épreuve, que ce soit en termes de réponse militaire plus agressive et décisive que jamais, menaçant d’une contre-escalade et risquant une confrontation directe avec l’Iran avant l’approbation du Congrès, ou en termes de silence avec tout l’impact négatif que ça signifie sur la position de la Maison Blanche.

Cette dernière a brandi le slogan de la restauration du prestige des États-Unis au niveau mondial et parle toujours de la nécessité de posséder la dissuasion face aux adversaires et aux ennemis.

Les attaques de la milice pro-iranienne contre les intérêts américains en Irak ne sont pas nouvelles. Les intérêts américains ont été touchés par environ 300 attaques de missiles, principalement l’année dernière.

Cependant, beaucoup d’entre elles ont été menées avec des engins explosifs improvisés visant des convois de ravitaillement. C’est ainsi que l’entrée des drones sur la ligne de ces attaques, et le rythme accéléré de leur survenue (une moyenne de 3 attaques en 24 heures) signifie que les règles du jeu pourraient changer.

Les drones sont dotés de capacités opérationnelles importantes pour infliger des pertes, sont difficiles à arrêter et sont capables d’atteindre des cibles avec plus de précision que les attaques de missiles de fabrication iranienne. La réaction des États-Unis est donc susceptible de changer. Les attaques de la milice pro-iranienne contre les intérêts américains en Irak ne sont pas nouvelles.

Les intérêts américains ont été touchés par environ 300 attaques de missiles, principalement l’année dernière.

Cependant, beaucoup d’entre elles ont été menées avec des engins explosifs improvisés visant des convois de ravitaillement. C’est ainsi que l’entrée des drones sur la ligne de ces attaques, en plus du rythme accéléré de leur survenue (une moyenne de 3 attaques en 24 heures), signifie que les règles du jeu pourraient changer.

Les drones sont dotés de capacités opérationnelles importantes pour infliger des pertes, sont difficiles à arrêter et sont capables d’atteindre des cibles avec plus de précision que les attaques de missiles de fabrication iranienne. La réaction des États-Unis est donc susceptible de changer.

Les mollahs iraniens jouent un jeu dangereux en Irak. Ils mettent au hasard la sécurité et la stabilité de ce grand pays arabe pour leurs intérêts et leurs négociations avec les Américains. C’est une erreur de leur faire des cadeaux gratuits dont ils rêvent, et ils devraient être complètement dissuadés de violer la souveraineté des États et de faire fi de leur sécurité.


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4 réactions à cet article    


  • Jean 17 juillet 18:17

    Même en répétant des lignes sans cesse on arrive à un nartik de 30 lignes, c’est pas brillant.


    • samy Levrai samy Levrai 18 juillet 09:08

      De quel droit les américains occupent ils l’Irak ? Ont ils un mandat de l’ONU ? de quel droit bombardent ils les irakiens ?

       


      • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 18 juillet 09:20

        @samy Levrai
         
         ’’De quel droit les américains occupent ils l’Irak ? Ont ils un mandat de l’ONU ? de quel droit bombardent ils les irakiens ?’’
         
         Parce qu’ils savent mieux que les Irakiens ce qui est bon pour eux ?
         
        « Comme ils ont en poche les clefs des prisons et qu’ils font métier de mentir Ils s’appellent les réalistes. » (Marcel Martinet, militant révolutionnaire socialiste et pacifiste et écrivain prolétarien)


      •  C BARRATIER C BARRATIER 18 juillet 17:22

        Pourquoi les USA, l’Urss, la Chine, la France etc...auraient ils droit à l’arme nucléaire et pas les autres pays ? C’est absurde. Il ne s’agit pas de droit international, mondial, mais d’un rapport de forces. On sait que dans la durée les forces les plus puissantes reculent un jour comme les autres.

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