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Accueil du site > Tribune Libre > Le meurtre de l’âme ou meurtre psychique et la perversion (...)

Le meurtre de l’âme ou meurtre psychique et la perversion narcissique

Selon Bergson : « L’œil ne voit que ce que l’esprit est prêt à comprendre ». Mais « l’esprit ne croit que ce qu’il peut comprendre sans effort » pourrait-on lui rétorquer (voir par exemple : les travaux de Daniel Kahneman et Amos Tversky sur les deux systèmes de la pensée cités dans l’article « Peut-on faire confiance à notre jugement ? La fiabilité des “expertsˮ en cause »). Ce qui pose en toile de fond le problème de notre cécité mentale, ou de notre déni de réalité face à des situations complexes et/ou indicibles qui ne peuvent être appréhendées que par un effort intellectuel soutenu et une approche nécessairement pluridisciplinaire. En l’absence d’une telle astreinte pour nous aider à saisir la complexité de la vie, nous marchons dans la pénombre même en plein jour, car l’« ignorance est mère de tous les maux » comme le disait si bien Rabelais. Elle est aussi « la nuit qui commence l’abime » (Victor Hugo). Or, si l’ignorance est de toutes les époques, sa fabrique est devenue une stratégie commerciale vouant un culte au veau d’or d’une croissance effrénée et d’une hyper-consommation de masse destructrice et irresponsable.

Cette ignorance se traduit par la perte de notre esprit critique, de nos capacités d’analyses et de nos facultés de discernement qui sont la cible privilégiée des manipulations que nous subissons tous de par l’impact des « machines à décerveler ». Le risque auquel nous expose ce lavage de cerveau – ou ce décervelage quotidien –, certains auteurs l’ont nommé meurtre de l’âme ou meurtre psychique. Une notion que nous gagnerons tous à connaître, à explorer et à approfondir. Un travail d’une impérieuse nécessité, tant sur un plan individuel que sociétal, car « les hommes libres dans une société libre doivent apprendre non seulement à reconnaître cette attaque furtive contre l’intégrité mentale et à la combattre, mais ils doivent aussi apprendre ce qu’il y a dans l’esprit de l’homme qui le rend vulnérable à cette attaque[1] ».

Les lecteurs de textes psychanalytiques ont déjà rencontré cette expression que Freud a exposée dans son étude de cas sur la paranoïa d’après le livre Mémoires d’un névropathe de Daniel-Paul Schreber qu’il n’a jamais rencontré. Ainsi, Jeanne Defontaine, qui reprend cette analyse freudienne avec les outils conceptuels développés depuis lors par la troisième topique psychanalytique[2] de P.-C. Racamier, écrit : « Freud reconnaît qu’il y a une omission dans le texte des Mémoires : “On aimerait apprendre davantage sur ce que signifie cet assassinat d’âmeˮ, dit-il, “mais ici, les sources de notre information viennent à tarir.ˮ Et de conclure : “Nous restons dans l’ignorance de ce que Schreber entend par assassinat d’âme[3] »

Depuis ce texte inaugural de Freud (1911), une prolifération de théories et de constructions spéculatives sur la structure du délire paranoïaque du Président Schreber ont germé sans que l’énigme centrale du meurtre de l’âme n’ait été résolue de façon satisfaisante (Devreese, 2003). Les longues recherches littéraires et psychanalytiques de Devreese, pour brillantes et érudites qu’elles soient, n’ont toujours pas réussi à lever le voile de ce mystère. Pour ce faire, il lui aurait fallu suivre plus en profondeur la piste du transgénérationnel qu’il n’a fait qu’effleurer en citant Léonard Shengold sur lequel nous reviendrons abondamment dans cet article, car cette voie l’aurait probablement conduit à la découverte d’une autre psychanalyse, une psychanalyse sans divan initiée par Racamier dont Jeanne Defontaine est l’une des représentantes (cet « évitement » d’école propre aux psychanalystes traditionnels ou orthodoxes sera amplement développé et commenté dans de prochains billets ; cf. note2 supra). Ainsi, poursuit-elle son analyse par un constat sans appel qui révèle le mystère du meurtre de l’âme : « L’assassinat d’âme est, de toute évidence, à mettre en rapport avec ce noyau de perversion narcissique qui s’exerce par le père à l’endroit de son fils et qui a pour fin l’attaque et la destruction de la vie psychique de Daniel-Paul afin de se libérer soi-même de ce qui pourrait être source de folie.[4] »

Effectivement, « se libérer soi-même de ce qui pourrait être source de folie » tout en injectant cette folie chez autrui est bien ce qui caractérise la perversion narcissique dont l’expulsion psychique est le procédé majeur (cf. « Plongée au cœur de la perversion narcissique : l’expulsion psychique »). C’est ce processus d’injection projective[5] qui agit tel un psychovirus et par lequel l’injecteur joue sa survie psychique aux dépens de la mort psychique du destinataire de l’injectat. Tel est le mécanisme du meurtre de l’âme que nous allons aborder dans cet article.

Nous venons de voir le lien existant entre l’assassinat d’âme et le noyau de perversion narcissique consistant en l’expulsion[6] chez autrui de la part de folie dont un sujet cherche à se protéger, mais pour nous aider à mieux comprendre ce phénomène, examinons comment Léonard Shengold définit le meurtre de l’âme.

Pour cet auteur : « Le meurtre de l’âme n’est ni un diagnostic ni une maladie, mais l’expression tragique qui décrit des évènements aboutissant à un crime : la tentative délibérée d’éradiquer ou de mettre à mal l’identité d’un individu. Les victimes d’un meurtre d’âme restent très largement possédées par un autre, leur âme devient l’esclave de l’autre[7]. » Illustrant largement son propos à l’aide du roman 1984 de George Orwell, Shengold poursuit : « Ainsi, à la fin de 1984, Winston Smith aime Big Brother, qui a investi son esprit. La torture et les privations dans un contexte de dépendance totale ouvrent la voie à une combinaison effroyable et terrifiante d’impuissance et de rage – autant d’émotions insupportables que la victime doit réprimer pour survivre. Le lavage de cerveau permet d’effacer le cortège d’émotions épouvantables qui, associées à ces évènements, constituent une expérience inracontable. Tandis que la victime se protège de toute forme d’émotion, bonne et mauvaise, ses émotions les plus profondes restent prisonnières de l’assassin de son âme (comme Big Brother domine l’univers émotionnel de Winston Smith). Assassiner une âme, c’est priver un individu d’éprouver joie et amour. Dans 1984, O’Brien dit à Winston Smith : “Vous serez creux. Nous allons vous presser jusqu’à ce que vous soyez vide puis nous vous emplirons de nous-mêmes[8].” »

Ainsi, pour Shengold : « Le meurtre de l’âme est l’expression dramatique qui [lui] permet de désigner une certaine catégorie d’expérience traumatique, consistant en une alternance, imposée délibérément par une autre personne, de périodes de stimulations extrêmes, répétitives et chroniques, et de périodes de privation émotionnelle. Cette expression, qui ne définit pas une entité clinique, s’applique plus à des circonstances pathogènes qu’à des effets spécifiques[9]. »

Précisons à cet effet que l’alternance « de période de stimulations extrêmes, répétitives et chroniques, et de période de privation émotionnelle », qui est similaire dans ces effets à la privation sensorielle, est une technique de torture psychologique enduisant des hallucinations comparables à des prises de drogues et aboutissent à une régression mentale et un chaos existentiel insupportable. D’où les troubles de l’identité (TDI) en raison des dissociations structurelles de la personnalité que de tels traitements induisent (Janet 1898 ; Van den Hart & al. 2006, 2010 ; auteurs et théories présentés dans l’article : « Perversion narcissique et traumatismes psychiques »).

Shengold rajoute que « l’abus sexuel, la privation d’affection, la torture psychique et physique peuvent aboutir au meurtre d’âme ; le lavage de cerveau permet à l’esclavage émotionnel de perdurer. La dépendance physique et émotionnelle presque totale des enfants envers les adultes les désigne comme des victimes faciles. Incapable d’échapper au tyran-bourreau, l’enfant se soumet et s’identifie à celui qui abuse de lui […]. Un meurtre de l’âme est le plus souvent perpétré par des parents psychotiques ou psychopathes qui traitent leur enfant comme une extension d’eux-mêmes ou comme l’objet d’assouvissement de leurs désirs[10]. » Mais pour Shreber qui emploie ce terme, « le meurtre de l’âme entraîne une perte d’identité de la victime, y compris son identité sexuelle », il « parle autant du viol que du meurtre des âmes[11] ».

Du constat que pose ici Shengold, il nous est facile de comprendre que le lavage de cerveau (le décervelage) est une condition préalable et nécessaire à toute tentative d’emprise. Condition préalable inhérente au meurtre de l’âme. C’est si vrai que pour venir en aide à une personne sous emprise, il faut lui donner les moyens d’intellectualiser la situation inacceptable qu’elle vit. Ce qui n’a rien à voir avec une analyse des problématiques qu’elle a pu vivre dans son enfance.

Poursuivant sa démonstration Shengold précise : « Orwell décrit dans 1984 comment on utilise le lavage de cerveau pour imposer l’idée délirante que Big Brother est bon. La “double-pensée” d’Orwell fonctionne comme un système de clivages psychiques verticaux destinés à faire croire que deux et deux font cinq :

Connaître et ne pas connaître. En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement agencés. Retenir simultanément deux opinions qui s’annulent alors qu’on les sait contradictoires et croire à toutes deux… Oublier tout ce qu’il est nécessaire d’oublier, puis le rappeler à sa mémoire quand on en a besoin, pour l’oublier plus rapidement encore. Surtout, appliquer le même processus au processus lui-même… Persuader consciemment l’inconscient, puis ensuite devenir inconscient de l’acte d’hypnose que l’on vient de perpétrer.

En parvenant à la “double-pensée” (imposée par le besoin d’être secouru pendant la torture psychologique), Winston Smith continue à s’identifier à son bourreau et à “aimer Big Brother”. Un adulte peut aisément devenir Big Brother : éteindre la joie de vivre chez l’enfant, “assassiner son âme”, n’offre guère de difficulté[12]. »

Faire croire que deux et deux font cinq est un effort pour rendre l’autre fou qui nécessite d’infliger des tortures psychiques (et parfois physiques) particulières qui aboutissent, in fine, au pervertissement de la raison et à la double-pensée qu’Orwell décrit si bien dans 1984 (sur les procédés rhétoriques utilisés pour pervertir la raison cf. « L’arme fatale du pervers narcissique : la communication harcelante »).

Cette double-pensée est le prototype de la pensée perverse telle que définie par P.-C. Racamier. Elle « désigne le type de pensée qui prévaut dans la perversion narcissique, présidant à la mise en œuvre des conduites perverses, et subsistant à leur inhibition lorsque celle-ci s’exerce en vertu d’un empêchement extérieur. Exactement à l’inverse de la pensée créative et de la pensée psychanalytique, la pensée perverse est tout entière tournée vers la manipulation d’autrui, l’emprise narcissique et la prédation. Experte en manœuvre, apparemment socialisée, capable d’essaimer et prompte à la persécution, la pensée perverse n’a aucun souci de vérité (seul le résultat compte), débarrassée de fantasmes et d’affects, foncièrement disqualifiante, elle ne vise qu’à rompre les liens entre les personnes et les pensées. Toute tournée vers l’agir, le faire-agir, et le “décervelage”, spécialiste en attaque de l’intelligence c’est une pensée formidablement pauvre[13]. »

Ainsi, tant Shengold que Racamier nous indique l’origine traumatique de cette « perversification » de la pensée qui parvient à se cliver ou à se dissocier en plusieurs parties qui, phénomène difficile à comprendre, s’ignorent l’une l’autre[14], car effectivement « le meurtre de l’âme entraîne une fragmentation de l’identité de la victime en des morceaux contradictoires au fonctionnement indépendant, sans synthèse efficace. En termes psychanalytiques, les images mentales que la victime a de son soi et de ses parents sont clivées verticalement, de manière irréconciliable[15]. » (Et en termes janetiens ces images mentales sont structurellement dissociées pour des conséquences similaires : fragmentation de l’identité, échec de la synthèse, présentification, etc., cf. article sur les traumatismes psychiques cité supra.)

En s’inspirant largement du roman 1984 pour illustrer le concept de meurtre de l’âme, Shengold nous renseigne très clairement sur l’objectif visé par ce genre de procédés : il s’agit, comme le « prophétisait » également Aldous Huxley, de nous faire aimer notre servitude selon le principe d’identification à l’agresseur[16] propre à S. Ferenczi. La psychotraumatologie et les connaissances scientifiques qu’elles nous apportent au niveau du fonctionnement biologique et neurologique de l’humain en situation de stress nous confirment ces informations au travers des concepts psychiatriques de TDI (Trouble dissociatif de l’identité du DSM) et de TPM (Trouble de la personnalité multiple de la CIM-10). Sauf à contredire ou à remettre en cause ces découvertes actuelles qui font aujourd’hui autorité dans le domaine médical, et à moins de faire preuve d’un sectarisme idéologique comme seuls les doctrinaires de tous poils savent s’y employer, il y a donc tout lieu de se conformer à ces enseignements, y compris même pour les partisans d’une discipline qui vise à développer un modèle métapsychologique de ces phénomènes psychiques comme l’ambitionne la psychanalyse.

Il résulte de tout ceci que « distinguer entre fantasme et réalité est un enjeu difficile, mais fondamental, et une question brûlante pour quiconque connaît le joug d’un terrible traumatisme[17]. » Or, pour Freud, « l’impossibilité de distinguer entre fantasme et réalité » est précisément l’une des raisons qui l’ont poussé à renoncer à sa théorie de la séduction pour lui substituer celle des pulsions et du complexe d’Œdipe. Au grand dam de toutes les victimes d’un meurtre de l’âme. C’est pourquoi la psychanalyse traditionnelle est passée à côté de l’une des plus importantes découvertes concernant le fonctionnement psychique de l’humain et, qu’à son corps défendant, elle se rend complice des manipulations en tout genre perpétrées à l’encontre des individus ou des populations, car « […] ce qui est par-dessus tout destructeur de l’âme, c’est l’opération de lavage de cerveau destinée à empêcher l’enfant [ou quiconque] d’enregistrer ce qui est arrivé[18]. » Ce qui est une caractéristique commune des abus émotionnels dont nos médias de masse, mais il n’y a pas qu’eux, font un usage excessif.

Comme l’écrivait déjà de son temps Joost Meerlo cité supra, il revient à chacun d’entre nous la responsabilité d’apprendre à reconnaître ce genre d’attaques contre l’intelligence et ce qu’il y a dans l’esprit de l’homme qui le rend vulnérable à ces attaques. Il y va de nos vertus critiques et de notre humanisme seuls garants de nos libertés (cf. Edgar Morin, Science avec conscience). Ce qui n’est pas le moindre des enjeux de nos « démocraties » pour lesquelles le lavage de cerveau et le décervelage sont les garants de la modernité sociale basée sur le mythe de la croissance et de l’hyperconsommation. C’est dire l’ampleur et la complexité du problème. En outre, il faut également garder présent à l’esprit que nombreux sont ceux qui « aspirent à sortir des responsabilités que la démocratie et la maturité républicaines [leur] imposent ». Ceux-là, pour la plupart victime d’un meurtre de l’âme, se battent becs et ongles pour « faire taire et priver de parole ceux qui savent et pourraient dire ce qu’ils ont compris des dérives perverses, des mécanismes séducteurs et du fonctionnement désubjectivant des entreprises et de l’état ». C’est ainsi que les narcisses pervers de société[19], véritable vampire de l’âme humaine, recrutent leurs complices parmi ceux qui succombent à l’identification à l’agresseur (cf. syndrome de Stockholm).

Philippe Vergnes


[1] Meerloo, Joost A. M. (1956), Le viol de l'esprit : la psychologie du contrôle de la pensée, du menticide et du lavage de cerveau, San Diego : Progressiv press, 320 p (réédition de 2009).
La citation complète est celle-ci : « Les hommes libres dans une société libre doivent apprendre non seulement à reconnaître cette attaque furtive contre l’intégrité mentale et à la combattre, mais doivent aussi apprendre ce qu’il y a dans l’esprit de l’homme qui le rend vulnérable à cette attaque, ce qui fait que, dans de nombreux cas, il aspire à sortir des responsabilités que la démocratie et la maturité républicaines lui imposent. »

[2] La référence « psychanalytique » pourrait être source de confusion pour certains, mais d’une part le lecteur doit savoir que la psychanalyse a connu de nombreuses scissions et donc diverses orientations, d’autres part, la psychanalyse groupale et familiale de Racamier englobe, dépasse et corrige les apories des conceptions freudiennes, ce que les psychanalystes orthodoxes ou traditionnels ont beaucoup de mal à accepter.

[3] Defontaine, Jeanne (2007), L’empreinte familiale. Transfert, Transmission, Transagir, Paris : L’Harmattan, 296 p, (p. 151).

[4] Ibid. (p. 151)

[5] Racamier, Paul-Claude (1993), Cortège conceptuel, Paris : Apsygée, 124 p. (p. 47).
« INJECTION PROJECTIVE. – Désigne l’identification projective en toute sa puissance d’injection dans l’objet ou dans autrui. Le produit de ce processus, à la fois fantasmatique et interactif, pourrait être appelé un injectat. »

[6] Ibid. (p. 40).
« EXPULSION : DE DEUIL ET DE DÉPRESSION. – Désigne une façon d’exporter hors de soi les processus de deuil qui sont répudiés par la moi et les menaces de dépression consécutive dont le moi se débarrasse en en faisant porter le poids par un proche ou par l’entourage. C’est le processus même du deuil qui est expulsé et non pas proprement (ou non pas seulement) l’affect de tristesse ; de plus ce processus est expulsé par voie de dilemme après avoir été défiguré et ainsi rendu infaisable, et par conséquent persécutif. »

[7] Shengold, Léonard (1998), Meurtre d’âme : le destin des enfants maltraités, Paris : Calmann-Levy, 406 p. (pp. 10).

[8] Ibid. (pp. 10-11).

[9] Ibid. (p. 26).

[10] Ibid. (p. 11).

[11] Ibid. (p. 30).

[12] Ibid. (p. 37).

[13] Racamier, Paul-Claude (1993), Cortège conceptuel, Paris : Apsygée, 124 p. (p. 58).

[14] Pour autant, cette singularité de la psyché humaine avait été formidablement bien décrite par Sandor Ferenczi à propos de son approche du traumatisme dont on sait le traitement scandaleux que Freud et certains psychanalystes traditionnels et orthodoxes lui ont réservé par la suite.

[15] Shengold, Léonard (1998), op. cit.  (p. 92).

[16] Le persiflage effectué par certains auteurs de ce concept phare de S. Ferenczi pour lui substituer celui d’A. Freud est à lui seul évocateur du déni de réalité d’une large majorité de psychanalystes orthodoxes ou traditionnels. Déni dont il est important de prendre conscience pour comprendre le rôle qu’a joué la psychanalyse freudienne dans certaines idéologies perverses qui sont aujourd’hui diffusées dans l’espace public et en conditionnent les croyances propagées par des prédicateurs pédophiles ou complices (cf. les travaux d’Ariane Bilheran sur L’imposture des droits sexuels et l’idéologie d’une « éducation sexuelle dès le plus jeune âge » prônée sous l’égide des organisations internationales telles que l’OMS, l’ONU, l’UE, etc.).

[17] Shengold, Léonard (1998), op. cit. (p. 33).

[18] Ibid. (p. 116).

[19] Sirota, André (2003), Figures de la perversion sociale, Paris : EDK, 238 p.


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127 réactions à cet article    


  • Bonjour Philippe Vergnes. Il serait intéressant de faire un lien avec l’analyse sur la franc-maçonnerie et la dissociation traumatique (extrait sur Agora). Ne sommes nous tous pas les enfants d’Auschwitz : l’indicible qui ne peut conduire qu’au déni, au morcellement et au chaos profond. Le travail thérapeutique consistant à traverser la mort, la dissociation pour renaître à une dimension spiritualisée et mentalisée, intégrant le bien et le mal en une seule unité ?



    • Philippe VERGNES 5 mars 13:56

      @ Bonjour Mélusine ou la Robe de Saphir,


      C’est certainement une bonne idée, mais avez-vous des liens renvoyant vers la franc-maçonnerie ? Car le souci pour moi pour traiter d’un tel sujet est ma méconnaissance de la franc-maçonnerie : elle n’est que vague et ne me permet pas d’en juger de façon un tant soit peu « rationnelle ».

      Sur le fait « d’être les enfants d’Auschwitz », je ne peux qu’abonder dans votre sens. C’est aussi en toile de fond l’une des raisons intimes qui m’ont guidé pour rédiger mes articles sur le deuil originaire et l’expulsion de deuil.

    • Gollum Gollum 5 mars 15:10

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Il serait bon de ne pas faire de publicité pour les délires d’intégriste chrétien de Nigari SVP. Ce genre de truc doit aller direct à la poubelle… 

    • @Gollum


      Si nous voulons connaître la vérité, il faut parfois aller puiser dans les poubelles de l’info et se faire sa propre idée,...Vous savez parfaitement que sur de nombreux sujets, nous ne sommes pas d’accord. C’est de la rencontre que n’est la réflexion et parfois la solution. C’est le choc des idées, même « douteuses ». Si les mères Tatins n’avaient pas fait une erreur dans la cuisson, elle n’auraient jamais découvert ce délicieux dessert. Ceux qui restent figés dans leur certitudes ne vont jamais loin,...

    • Gollum Gollum 5 mars 15:29

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.


      Arrêtez votre moraline à 2 balles avec moi. J’ai montré plusieurs fois que vous déliriez. Vous avez des aptitudes littéraires mais pour le reste….

      Je connais bien NIgari qui n’arrête pas de relayer toutes les « diableries » qui trainent sur le net, des escrocs comme Schnoebelen, prétendu ancien FM, et qui dit qu’il a fait l’amour avec des succubes, pratiqué la magie noire, vu des milliers d’OVNI, j’en passe et des meilleurs… et qui est maintenant de confession protestante après avoir profané des hosties (c’est pour dire la cohérence interne du discours)

    • @Gollum


      Le beau-père de mon beau-père (Georges-Maris Baltus) fut ami de Péladan,...j’en sais bien plus que vous sur le sujet. Du vrai et du faux. Comme pour Jodorowski dont j’ai connu la première femme et Crowley.,....Certains ont fait des expériences limites et d’autres sont arrivés aux mêmes conclusions sans LSD, ni autres subterfuges. Juste par l’analyse des rêves,.....

    • Gollum Gollum 5 mars 15:39

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.


      .j’en sais bien plus que vous sur le sujet

      Vous en savez toujours plus que moi je sais. C’est pour cela que je n’arrête pas de relever vos incohérences… Enfin, passons. Faut bien que jeunesse se passe. Même à 63 ans passés...

    • @Gollum


      au Contraire. Bernard le Trévisan vous dira que pour rentrer au Royaume des Cieux il faut garder son âme d’enfant,...

    • Voici le lien : ://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/franc-maconnerie-et-schizophrenie-76326. Comme j’ai fait un peu tout le tour de la question du côté freudien, sans délaisser mes précurseurs, je me tourne plus vers l’Alchimie qui m’apportent de nombreuses réponses à mes questionnement. Plongée dans Bernard Roger 5Edition danglès) et Kabaleb, j’arrive à prendre une certaine hauteur (rasssurez-vous, tout en gardant parfaitement les pieds sur terre,...). Le chaos psychique pour reconstruire le corps morcelé psychose), d’Osiris. Nous avons tous connu des traumatismes. Imaginez mon désarroi à quatre ans, me retrouvant seule face à une gamine en pleine crise d’épilepsie,...Personnellement, j’ai gardé une vision très claire de mes traumas,...mais ils étaient toujours compensé par la présence d’un ange bienveillant. Pourquoi ????


      • Le trickster le traître, le menteur, celui qui vous joue des « tours de cochon » le prédateur,... et la définition qu’en donne Jung, me semble une bonne piste. Tous ces gouvernants et surtout Trump (celui qui trompe,...), n’est-il pas l’exemple type du trickster,.... ? Ce chaos plus ou moins organise n’a-t-il pas pour fonction de recoller les morceaux éparpillés d’Osiris pour retisser les liens entre cerveaux gauche et droit,....Hypothèse,....


        • colibri 17 mars 18:21
          @Mélusine ou la Robe de Saphir.
          je ne comprend pas ce que vous avez contre Trump ;même si il n’est pas parfait et a de nombreux défauts il n’est pas un PN même si il est orgueilleux , manipule , aime les femmes et le sexe , fait des connerie, il n’est pas l’outil du chaos ,
          c’est même le contraire , il n’a pas été mis en place par les mondialistes comme Soros qui a soutenu H Clinton ...G Soros lui est le bras armé des forces du chaos , et pourtant en apparence il est « gentil » il finance des ONG , les révolutions de couleurs , il est pour le peuple etc 
          Le fait que G Soros haisse Trump est un signe ....

        • Plutôt que de fuir les manipulateurs-pervers comme le conseillent de nombreux psys, il faut au contraire savoir jouer avec eux. Les MP, c’est un peu comme dans le livre de Maupassant : La (ou le) Horla). Une ombre, un karma qui surgit de votre passé. Nous ne les rencontrons pas par hasard et avons beaucoup à apprendre sur eux puisque nous leur servons de réservoir de leur psychose (lire : Le Don-Juan et le double). Ce qu’ils nous renvoient est aussi une partie de nos propres dénis,...Ils suffit de leur tendre gentiment un miroir et il s’envoleront dans les airs,..C’est le principe d’inviduation de Jung précédé par l’inévitable : Oeuvre au noir,..Evidemment, la majorité des individus y laisseront leur vie ou de nombreuses plumes,.. Lire "Survivre de Bettelheim. De l’avantage de connaître son ennemi. Il peut même devenir une allié,...C’est ce que le Christ voulait dire quand il parlait de : PARDON.


          • séraphim 5 mars 19:39

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            « Plutôt que de fuir les manipulateurs-pervers comme le conseillent de nombreux psys, il faut au contraire savoir jouer avec eux »


            Votre conseil est extrêmement dangereux. On voit que vous n’avez pas la moindre idée de ce qu’est un PN, si vous « pouvez » jouer avec lui, c’est que quelque part vous avez déjà fuit. 

            On peut jouer avec un PN, on peut jouer aux échecs contre Kasparov ou disputer un match de boxe avec Tyson aussi smiley

            Le Horla n’a rien à voir avec le champ des PN, de même, leur tendre un miroir provoque une inimaginable déferlante de violence et non pas un évanouissement dans les airs. Faut arrêter de raconter n’importe quoi, des gens meurent de ce genre de conseil foireux.

            Le PN est une coquille vide, sans âme, un psychopathe de la pire espèce, on ne joue pas, on ne lutte pas, on fuit, c’est une question de vie ou de mort, point.

          • @séraphim


            D’accord, mais dans certaines circonstances, comme dans les camps de concentration, si vous êtes disons acculés, il faut identifier sont « persécuteur » et savoir exactement comment il fonctionne. Bettelheim explique comment il s’est sorti des camps d’extermination : en s’identifiant à l’agresseur, parce que justement, il n’était pas dupe. Je viens de voir un film sur Arté racontant le vie d’un semi-travesti joueur de Flamenco et juif pendant l’époque nazie. Comme il a d’emblée haï les allemands (contrairement à de nombreux juifs qui ne voulaient pas ouvrir les yeux,...) il avait compris, il s’est travesti, a joué au chat le souris et a ainsi réussi à se faire un ami parmi un allemand qui lui même n’aimaient pas trop. Il a réussi a duper tout le monde et a survécu jusqu’à l’an deux mille. 

          • @séraphim


            Quand les MP seront trop nombreux, vous verrez que vous serrez acculés à être tacticiens,... Ma perception est trop nouvelle pour être assimilée. Mais une psychanalyste a très bien compris comment surmonter le trauma. https://www.babelio.com/livres/Pinkola-Estes-Femmes-qui-courent-avec-les-loups/2702. Fuyez votre ombre, elle vous poursuivra à vie,...

          • @séraphim


            Je sais parfaitement comment fonctionnent les manipulateurs pervers et d’ailleurs comme le dit très bien PH. Vergnes j’ai un profil à les attirer. Ils adorent les proies difficiles, le menu fretin, c’est pour s’exercer,...

          • @séraphim


            J’ai un voisin qui est un MP. Je n’ai pas envie de déménager, ce serait lui faire un trop grand cadeau. Alors, je louvoie. Exemple : désamorcer le conflit quand il se présente (le MP adore les conflits, pour des broutilles). je me montre encore plus emmerdeuse. Genre : Ah vous voulez ceci, ...mais, vous me donnez une excellente idée car j’ai un dossier rempli de travaux à faire, bon d’accord, cela risque de coûter un peu cher,...Fini le conflit et chacun retourne dans ses pénates. L’incident est clos.

          • séraphim 5 mars 20:11

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            Je connais (malheureusement) le sujet à la perfection, un oppresseur ou même un psychopathe n’est pas forcément MPN, il lui manque une dimension d’anguille sociale qui peut laisser une certaine place à la « tactique ».
            Dans le cas d’un MPN, il y a un énorme problème : lorsque vous vous rendez compte que vous êtes en prise avec ce genre de profile, il est déjà nettement trop tard. Il (ou elle) est complètement parano, quoi que vous puissiez envisager, il l’a déjà psychoté dans tous les sens dans son esprit (peur de la perte de contrôle sur la proie) et a déjà fait en sorte que vous ne puissiez pas choisir cette voie. Il faut ajouter à cela la dimension « vampirisante », l’environnement complètement factice (mensonges permanents) et déconstruit qu’il créé autour de vous, et vous comprenez que toute tactique perd grandement en efficacité.

            En fait, je crois qu’être tacticien avec eux, ça n’est possible qu’une fois qu’on s’en est sorti, qu’ils n’ont plus d’emprise, et qu’on s’est un minimum reconstruit. Un peu comme on jouerait avec un chien enragé derrière une clôture épaisse.


          • séraphim 5 mars 20:22

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.
            « J’ai un voisin qui est un MP [...] Fini le conflit et chacun retourne dans ses pénates. L’incident est clos. »


            Je ne connais pas du tout votre voisin, je ne me permettrais de le juger, mais le comportement que vous décrivez n’est pas celui d’un PN. Sauf si évidemment vous ne lui êtes d’aucune utilité (c’est rare mais ça peut arriver), et que vous ne remettez aucunement en cause sa toute-puissance. 

            Il y a une façon de les débusquer (utilisée lors des expertises psy), plutôt efficace : vous discutez de tout et de rien avec lui, en toute bienveillance, en principe il ne parlera rapidement que de lui. Si à la fin vous ressentez une irrationnelle colère ou haine envers une tierce personne (ou groupe de personne) qui ne vous a pourtant rien fait, alors s’en est un smiley

          • @séraphim


            C’est exactement cela, la personne ramène tout à elle-même et vous n’existez pas pour elle, avec une nette tendance à monter les uns contre les autres. Par contre, comme elle souffre de vacuité intérieure, les conflits remplissent ses journées (cela s’appelle avoir un os à ronger),..IL y en a beaucoup parmi les commentateurs. En plus la personne vous regarde de haut avec arrogance (aussi un test,...).

          • @séraphim


            Elle a cru pouvoir se servir de moi pour monter les uns contre les autres,..mais j’ai mis de la savonnette sur son parcours. Parfois je joue celle qui est de son côté,..mais c’est tactique et ne dure pas longtemps,...

          • Gollum Gollum 5 mars 15:37

            J’ai trouvé votre texte remarquable.


            La dépendance physique et émotionnelle presque totale des enfants envers les adultes les désigne comme des victimes faciles. 

            Effectivement tout vient de là. Et il suffit que l’un des deux parents soit psychopathe et cela peut vitre virer au drame.

            Un meurtre de l’âme est le plus souvent perpétré par des parents psychotiques ou psychopathes qui traitent leur enfant comme une extension d’eux-mêmes ou comme l’objet d’assouvissement de leurs désirs

            Rien à dire. C’est exactement ça. On peut y voir même comme une sorte de possession de l’enfant par l’âme du parent oppresseur. Une perte d’identité. Une perte d’âme. Comme chez les primitifs.

            Et pour s’en tirer ce n’est pas facile du tout.

            Cela correspond assez à un processus initiatique. Se faire engloutir par le monstre et renaître. Après bien des souffrances et crucifixions. Jung doit évoquer cela dans ses écrits. Stanislav Grof aussi.


            • @Gollum


              Oui, mais un jour, une barrière de feu doit s’ériger entre les enfants et ses parents. C’est le sens du buisson ardent. La difficulté est dans le perte des illusions et la coupure du cordon ombilical. Ce ne sont QUE nos parents après tout. Pas nécessairement notre vraie famille (celle-ci, nous la choisissons, c’est le libre-arbitre). Lire : Femmes qui dansent avec les loups,... 

            • arthes arthes 5 mars 16:09

              @Gollum

              C est la résilience.. .Mais les parents qui étouffent les enfants en les considérant comme des projections de leur moi , qui se servent de chantage affectif ou materiel pour obtenir d eux une dependence c est très courant...

              La télé est un monstre bouffeurs d âmes.. La politique le star système.. Notre époque hyper matérialiste en somme dévore tranquillement nos âmes.. .

            • Philippe VERGNES 5 mars 18:51

              @ Bonsoir Gollum,


              Merci pour l’appréciation !

              Nous sommes effectivement bien devant une perte d’identité, comme je n’ai eu de cesse de le souligner différemment dans d’autres articles. Mais c’est peu connu et surtout fort mal interprété alors que nous disposons aujourd’hui de toutes les bases scientifiques nécessaires pour démontrer cela.

              S’en tirer n’est effectivement pas facile du tout... peut-être aborderais-je le sujet un jour (cf. ma réponse à arthes ci-dessous).


            • Philippe VERGNES 5 mars 19:07

              @ Bonsoir arthes,


              Oui pour tout ce que vous dites de notre époque et des parents, mais attention toutefois, il est des situations insurmontables. Notamment celles où l’enfant se trouve au prise avec un parent psychotique ou psychopathe (parfois les deux mais plus rarement), si le parent « sain » ne prend pas conscience du problème pour l’enfant et ne prend pas fermement position « contre » le parent psychotique ou psychopathe (ou pervers, c’est la même chose), alors l’enfant court à la catastrophe : LA RÉSILIENCE EST UN MYTHE auquel il est bon de croire et de s’illusionner.

              (Ne me demandez pas pourquoi, je ne voudrais pas briser les rêves de certains, mais il se trouve que je suis assez bien documenté sur le sujet. Je connais l’origine de l’invention de ce terme - la véritable histoire -, pas le mythe construit après coup... et la réalité dépasse la fiction et fait froid dans le dos. Lorsque je dis « mythe », je tiens à préciser que c’est parce que les conditions de réussite de cette résilience sont extrêmement complexes à mettre en place et dépendent de très nombreux facteurs que notre société ne garantie en rien à l’heure actuelle. Les gens que l’ont dit « résilients » actuellement sont ceux qui pourraient se passer d’aide s’ils avaient conscience de leur potentiel, et il suffit de très peu parfois pour qu’ils en prennent conscience. Quasiment pas besoin de thérapie pour cela... une seule séance suffit parfois. Par contre, pour les autres, là, il faut des « spécialistes » ultra compétents et nous en avons moins que ceux que nous croyons. Il y a même un déficit de professionnels à ce niveau en France... et ça commence par la connaissance des processus psychiques qui sont à l’oeuvre dans le meurtre de l’âme ou le meurtre psychique et la perte d’identité qu’ils induisent.)

            • @Philippe VERGNES


              D’autant plus quand la notion de résilience est vue sous l’angle américain. Celui qui retombe aisément ses facultés d’action après un traumatisme. Nous sommes bien plus proche du déni. La véritable résilience suppose un changement dans le mode relationnel et les capacités créatrices qui sont plus authentiques parce que justement, au lieu de nier le trauma, la personne l’intègre dans ses créations (à tous le niveaux). Mais je n’y crois pas sans un minimum de travail sur soi et l’analyse de ses rêves.

            • corrigé : celui qui retombe sur ses pattes ou retrouve aisément ses facultés d’action,...


            • arthes arthes 5 mars 20:22

              @Bonsoir Philippe VERGNES


              A quel moment peut on parler de décès de l’ame, si il y a meurtre ?

              Par ailleurs, et en effet, j’ai connaissance de cas qui ne sont pas passés par des psycho et qui ont surmonté des traumatismes de l’enfance ...La résilience n’est pas un mythe dans ces cas, je vous accorde que le terme est un peu ’fourre tout’ comme « empathie » à toutes les sauces quant il ne s’agit que de parler de compassion ou d’identification et de contagion émotionnelle......
              Des traumas, Il en reste toujours quelque chose, mais des « décentrés » qui n’ont pas eu de parents psychotiques, il y en a aussi...Certains tempéraments sont plus « délicats et sensibles » on dira..

              Est ce que le passage chez des psy n’est pas parfois plus néfaste que bénéfique ?


              Je me méfie pour ma part des « docteurs de l’âme » qui sont blindés de certitudes.

            • arthes arthes 5 mars 20:27

              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

              Au lieu de nier le trauma la personne l’intègre dans sa propre construction...(je préfère)

              L’analyse des rêves n’est pas nécessaire, elle peut même devenir handicapante, obsessionnelle et fourvoyer dans l’illusion..

              Travail sur soi, et la chance (qu’on se donne) de faire les bonnes rencontres.

            • Philippe VERGNES 5 mars 22:17

              @ arthes,


              Dans cette problématique, tout est une question de degré (fréquence, intensité, durée)... qui diffère d’un individu à l’autre et d’une situation à l’autre, ce qui rend toute généralisation caduque. La seule chose que l’on puisse faire, c’est de « démonter » (dévoiler ou dénoncer) les mécanismes qui mènent au meurtre de l’âme : les techniques de lavage de cerveau ou de décervelage et dont la plus dangereuse est la communication paradoxale (déviante, perverse ou harcelante selon les auteurs et les descriptions) induisant un clivage (ou dissociation) de la psyché en deux ou plusieurs parties qui s’ignorent les uns les autres. C’est le plus dur à comprendre... même pour les professionnels qui sont pourtant sensés connaître ce genre de phénomène.

              Pour les personnes véritablement clivées (psychotique ou pervers), le passage chez le psy est délicat. Nous verrons pourquoi lors de mon prochain article.

            • Tous les 14 ans (vol de l’oie, je rencontre un trickster sur ma route). Expérience qui déroute et est à la fois fascinante et très créative. Un peu comme la Lune noire ou Hécate qui aidait les Pélerins grecs perdus à retrouver leur route dans le chaos. Lire absolument : Jean-François Vézina. Ce sont des périodes très synchronistiques,..Il les compare au voyageur perdu dans une gare et qui suit le chemin de son intuition, une sorte de Voyageur sans bagage. Mais à un moment, il faut taper le clap de fin,...


              • A Philippe Vergnes de faire le tri,...


                • Le meurtre d’âmes, c’est bien la perte de notre capacité à nous émerveiller et créer : comme les enfants,....qui font de très beaux dessins jusqu’à l’entrée de la période dite de latence,...


                  • pallas 5 mars 17:33
                    Philippe VERGNES

                    Bonjour,

                    Votre article est très interessant à lire, il est dans la droite ligne sur mes propres interrogations sur la psyché humaine.

                    Salut


                    • Philippe VERGNES 5 mars 19:12

                      @ Bonsoir pallas,


                      Content que cet article ait pu répondre à certaines de vos interrogations alors.

                      Salutations

                    •  C BARRATIER C BARRATIER 5 mars 20:32

                      Tres bon papier, merci, savoir nos limites avec des éclairages différents pourrait être tragique, mais le sens de la relativité de ce que voit notre cerveau à partir de nos yeux et des déferlantes d’images où nous pourrions sombrer, ce sens de la relativité fait finalement notre grandeur et notre force relative. Je ne souscris pas à l’expression la mort de l’âme...car je ne sais pas ce que c’est...Notre moi intérieur probablement.
                      Je respecte les personnes qui ont des visions, à Lourdes par exemple, mais qui les ont seules, une caméra de voit rien, ces images se mêlent à ce que transmet l’oeil au cerveau à des images apprises bien en place dans notre cerveau. Nous ne voyons rien, nous n’entendons rien avec nos yeux et nos oreilles, c’est notre cerveau qui interprètent ce que nos influx nerveux transmet. Donc je ne suis pas sûr non plus de ce que je vois et entend.
                      Connais toit toi même reste l’important même si cette connaissance est clairement relative...


                      • Philippe VERGNES 5 mars 22:20

                        @ Bonsoir C BARRATIER,


                        Merci... et oui... pour le « connais-toi toi même ». Ce qui passe obligatoirement par la connaissance de sa propre part d’ombre et si l’on en croit C G Jung, rares sont ceux qui, au final, acceptent (ou supportent) de s’y confronter.

                      • velosolex velosolex 5 mars 23:49

                        Bravo d’abord pour votre article. Cette mort de l’âme me parait tout de même un panel d’expériences très différentes, dans le produit de la rencontre entre des gens très différents, aboutissant forcément à des résultats très différents. Celle, liée à l’éducation, et ses messages double blind, sans affects, et l’autre, auquel vous faite allusion en parlant de 1984 : Je pense pour cette dernière allusion, à expérimentation pratique, et aux patients ayant été victime du docteur Cameron, psychiatre ayant inspirée, associé aux théorie économistes de Norman Friedman, le livre de Noamie Klein. La stratégie du choc. Quand un état totalitaire devient destructeur, et pratique le sentiment de déréalisation, associé à des messages contradictoires...Il ne suffit plus alors de garder sa capacité intellectuelle, ou plutôt celle ci est rapidement court-circuité par des postulats de survie, et c’est fatalement le cerveau archaïque qui lamine le supérieur. Nous obtenons donc à grand échelle, le même processus que vis à vis de quelques victimes : Sidération, acceptation, soumission, régression.....Des victimes vont ainsi parfois pactiser avec leur bourreau, comme pendant la seconde guerre mondiale. Anna Arendt, dans « Eichman à Jerusalem »pointera l’étrange soumission des conseils juifs, et rencontrera incompréhension, hostilité et colère. Comment pouvait on accabler les victimes ?..Ce n’était pas son propos. Juste une observation de cette philosophe, n’hésitant pas à déranger, et qui montrait que les révoltés s’en sortaient mieux, refusant la mort de l’âme et la mort tout court. Il semble que tout un panel de la critique fasse l’impasse sur un fonctionnement psychologique de défense, aussi dérisoire souvent il est vrai que celui du hérisson sortant ses piquants et s’immobilisant au milieu de la route quand une voiture arrive. En d’autre terme tendre son cou au bourreau. Le refus de juger, et même d’ouvrir les yeux, est la petite sœur de la soumission. 

                        Naomi Klein La Stratégie du Choc, résumé, vidéos, commentaire ...

                        • Philippe VERGNES 6 mars 10:27

                          @ Bonjour velosolex,


                          Et merci pour votre commentaire qui vient enrichir cet article déjà long.

                          Cette mort de l’âme est effectivement un panel d’expériences très différentes sur lequel un nombre considérable de facteurs peut jouer. Effectivement, le livre de Noami Klein sur la stratégie du choc explique également se phénomène qui peut être assimilé à un processus de soumission... pour sa survie. Et comme vous le faites si bien remarquer, le processus est similaire sur un plan individuel autant que collectif. « Pactiser avec le bourreau », c’est ce que S. Ferenczi (et non pas Anna Freud) a appelé « l’identification à l’agresseur ». Concept que l’on connait désormais dans sa forme très réductionniste, donc mutilé et mutilante, de « syndrome de Stockholm ». Des articles à venir en perspective, car nous y sommes en plein... et c’est l’une des principales raisons qui fait que les peuples ne se rebellent pas contre leur geôlier. Si nous sommes des moutons... c’est que nous y sommes conditionnés.

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