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Accueil du site > Tribune Libre > Le monde n’est pas une marchandise

Le monde n’est pas une marchandise

« Transition écologique » et « croissance verte » claironnées à tous vents seraient-elles le faux-nez d’une glaçante dystopie high-tech ? Au-delà du mirage d’un modèle prétendument "vertueux", une autre définition et une véritable pratique d’une « écologie » vraiment « responsable » s’imposeraient-elles ? L’économiste Hélène Tordjan rappelle l’urgence de sortir d’un rapport fondé sur l’exploitation sans limites des ressources naturelles comme des êtres humains et met en garde contre l’intrusion systématique de la technologie dans tous les domaines de la vie.

La frénésie spéculative issue de la « nouvelle économie » des années 90 n’a pas désarmé depuis. Elle fait toujours rage, se rallume à la frénésie techno-scientiste et se focalise sur les « possibilités de combinaisons presque infinies » ouvertes par des « secteurs de pointe » comme les nanotechnologies (N), les biotechnologies (B), les sciences de l’information (I) et de la cognition (C) fondues dans le « langage de la complexité ». C’est la « convergence NBIC », un projet de « bioéconomie » promu par les instances internationales dont Hélène Tordjman fait remonter la genèse à la conférence « Des technologies convergentes pour améliorer la performance humaine » tenue en décembre 2001 à Washington.

Un rapport paru en 2002 précise ce projet d’une humanité « augmentée » et « irrigue » les cercles de décideurs. Ainsi, l’Europe a « adopté l’objectif de convergence technologique ». Un scientifique et « transhumaniste » décomplexé, Kevin Warwick, déclare en 2002 : « La technologie risque de se retourner contre nous. Sauf si nous fusionnons avec elle. Ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s’améliorer auront un sérieux handicap. Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur. »

Hélène Tordjman met en garde contre une dystopie vert-de-gris plutôt que vert tendre qui fonctionne par « l’intelligence artificielle » en faisant l’économie de l’humain comme du vivant : « la « transition écologique et numérique, un des derniers noms de la croissance verte, ne s’annonce pas vraiment verte ni douce aux êtres vivants et à la nature  ».

 

La « dématérialisation de la nature »

De puissants intérêts à la manoeuvre font miroiter avec insistance les supposées « solutions » d’une économie « décarbonée » ainsi que d’une « croissance verte » parfois appelée « bioéconomie inclusive ». Outre le mirage des « énergies renouvelables » (panneaux solaires, éoliennes, etc) et des voitures électriques proclamées « propres » qui ne constituent pas une réponse appropriée à nos problèmes énergétiques, les industries NBIC lancent des projets tenant tout à la fois d’une liste à la Prévert et d’un catalogue d’aberrations : envois de nanoparticules dans l’atmosphère, « fertilisation » des océans, fabrication de « micro-organismes n’ayant jamais existé pour leur faire produire de l’essence, du plastique ou les rendre capables d’absorber des marées noires », transformation de « l’information génétique de tous les êtres vivants en ressources productives et marchandes », « semences augmentées » ou fabrication de « plantes réfléchissantes » pour jouer sur les rayons lumineux, mise au point d’organes artificiels, multiplication de capteurs et de « systèmes intelligents » susceptibles de remplacer l’homme à tous les étages, etc. Sans oublier la financiarisation des « services écosystémiques » rendus gracieusement par la nature comme l’attribution d’un prix à la pollinisation voire à la beauté d’un paysage. Hélène Tordjman démontre que les promoteurs d’une économie présumée « délivrée du charbon et du pétrole » s’acharnent plutôt à sauvegarder le modèle hyperindustriel qui est la cause de la dévastation écologique en cours et rappelle : « Puisque, par définition, il est à peu près impossible de prévoir les trajectoires des systèmes complexes, l’ambition d’instrumentaliser par la science et la technique les processus biologiques, les dynamiques climatiques et géologiques ou les institutions sociales avec l’intention d’en maîtriser les résultats agrégés devrait paraître vaine.  » Aujourd’hui, le phénomène de marchandisation de « choses non produites en vue d’un échange marchand mais devenues marchandises à travers un processus à la fois économique, juridique et politique compliqué et souvent violent » prend la forme inédite d’une « dématérialisation » de la nature, « transformée en information ».

Ainsi, parallèlement à la « digitalisation » de nos sociétés, les plantes et les animaux sont « réduits à leur dimension d’information génétique », en « services écosystémiques  » voire en « actifs financiers »... Economiste et maîtresse de conférences (Université Sorbonne Paris-Nord), elle montre que « la plupart des réponses apportées aujourd’hui aux défis écologiques reposent sur de fausses solutions, hyper-technologiques, sophistiquées et souvent hors-sol ». C’est l’évidence même dans son absolu chimique - et aveuglant : « Tant que la sphère financière « choisit » de développer ces hautes technologies fondées sur une maîtrise illusoire, elle ne pourra pas être verte »...

Mais le projet de « société technoscientifique » instrumentalisant les êtres humains et la nature s’accélère avec l’enseignement à distance, la 5G, la télémédecine, les drones, le commerce en ligne généralisé, la prolifération des « systèmes intelligents », des « outils d’aide à la décision » et autres « assistants artificiels » : il s’agit bien de « croiser et d’analyser les milliards de données générées par tous les objets connectés  », des smartphones aux voitures « autonomes ».

Mais l’extraction et le raffinage des « terres rares » indispensables à la fuite en avant des technologies dites « propres » n’en finissent pas de dévaster l’environnement – en aggravant la dynamique d’un modèle extractiviste et productiviste, « amorcé avec les débuts de la modernité occidentale d’une rupture radicale entre l’être humain et les règnes animal, végétal et minéral ». Bien entendu, il n’est pas question de produire moins et de « d’alléger nos prélèvements sur la nature ». Au contraire, il s’agit de croître et d’accumuler, encore et toujours. Et donc, de fabriquer toujours plus de gadgets électroniques et addictifs mais à partir « d’autres matières premières que le pétrole et ses dérivés  »...

Justement, les « outils de la biologie de synthèse permettent de transformer la biomasse (c’est-à-dire tout ce qui vit ou a vécu sur Terre, mais non fossilisé) en divers produits auparavant issus du pétrole, plastiques et carburants au premier chef  ». Telle est la folle logique d’un système qui ne peut « survivre que par la croissance, en explorant sans fin de nouveaux domaines de valorisation du capital ».

 

La « course vers la catastrophe »

Structurellement, le système agro-industriel est mortifère pour les humains et la nature. Ses nuisances sont exacerbées par le déploiement des nanosciences, Big Data, intelligence artificielle et autres biotechnologies investissant les champs pour les transformer en « désert vert » se substituant aux cultures vivrières... Mais à quoi donc peut servir un drone hors de prix pour « surveiller » une modeste parcelle de deux hectares en monoculture ? Le développement des agrocarburants révèle comment la « société occidentale mondialisée » compte répondre à la dégradation écologique : par « l’innovation scientifique et technique », encore et toujours plus...

Ainsi, en poursuivant l’objectif exclusif de la diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES) et en « négligeant toutes les autres dimensions de la nature, elle est prête à détruire forêts, prairies et autres écosystèmes et à transformer la Terre en désert, mais en désert décarboné ». La vie, issue de la chimie du carbone, n’est-elle pas précisément un processus « carboné » ?

Faute de réfléchir à la « démesure de la consommation énergétique » suscitée par cette approche hypertechnique et parcellisée des problèmes, ne compromet-on pas jusqu’à la possibilité même de se nourrir ? Est-ce en remplaçant la biodiversité dévastée par une « biodiversité artificielle » à partir de la fabrication de nouveaux organismes et en numérisant toutes les ressources génétiques mondiales que le capitalisme hyperindustriel et extractiviste compte se perpétuer ? La promesse de « lendemains verts et profitables » n’est tenable qu'au détriment de la survie de l'espèce présumée humaine. La véritable "urgence écologique" exige d’en finir avec la « financiarisation des esprits » comme avec cet acharnement technolâtre à instrumentaliser « les processus biologiques, les dynamiques climatiques et géologiques ou les institutions sociales ».

Le « social » sur notre planète surexploitée, s’étendrait-il désormais à tous les vivants ? Or, les choix fondamentaux concernant l’avenir de la planète et de l’espèce humaine sont « essentiellement faits par des experts travaillant de concert avec les grandes firmes transnationales en dehors de tout processus démocratique  »... Les lobbies pèseront-ils longtemps encore sur la survie de tous en imposant leurs « solutions » hyper-technologiques et en s’appropriant les processus au fondement de la vie sur Terre ? Cet appropriation génère systématiquement une expropriation dont la mesure n’est pas prise par les « intéressés » présumés « pensants »...

Alors que l’agriculture industrielle dévore la majorité des ressources pour nourrir une infime minorité, l’Office européen des brevets délivre des brevets sur des « séquences génétiques » assimilées à des inventions, ce qui aboutit à une « enclosure des processus vitaux », exacerbée par la numérisation des ressources génétiques mondiales... Une forêt n’est plus vécue comme une population d’arbres en interaction avec d’autres vivants mais perçue comme un « stock de biomasse » à exploiter sans vergogne...

Le remède à tout "ça" ? Hélène Tordjman rappelle : « La transformation radicale des systèmes agraires est une urgence écologique, de souveraineté alimentaire et de santé politique ». En somme, les humains devront reprendre la Terre aux machines qui la dévastent, à la machinerie du « New Deal numérique » et « infléchir la trajectoire » de leurs sociétés » afin d’instaurer des « relations plus harmonieuses » avec la nature nourricière. Un « changement de cap » qui passe notamment par des communautés actives se donnant des règles efficientes de « gestion des ressources communes », l’extension d’un système semencier reposant sur les semences paysannes, la préservation de savoirs-faire en danger et l’abolition de la propriété intellectuelle sur les organismes vivants : « Nul besoin d’OGM, d’agriculture connectée et autres délires high-tech pour nourrir la planète  ».

Nul besoin non plus d’injonction de rentabilité de l’homme sur la nature : la Terre n’en tournera que mieux dans son axe. Pour peu que ses occupants fassent ce travail en conscience pour marcher dans leur axe retrouvé.

Hélène Tordjman, La croissance verte contre la nature – critique de l’écologie marchande, La Découverte, 352 p., 22 €


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25 réactions à cet article    


  • Toujours d’accord à 100 pourcent avec l’auteur. Nous sommes à la croisée des chemin. Le RE-SETH ou la mort, le RE (RA) ou la Vie. La bible est clair : le Reset c’est : on met les compteur à zéro et on refait le mêmes conneries mais en pire.... ;.On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres se rompent, le vin se répand, et les outres sont perdues ; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le vin et les outres se conservent. 16Personne ne met une pièce de drap neuf à un vieil habit ; car elle emporterait une partie de l’habit, et la déchirure serait pire. 17On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres se rompent, le vin se répand, et les outres sont perdues ; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le vin et les outres se conservent. Augmenter, ce n’est pas trouver des solutions réellement neuves mais poursuivre et augmenter le mal. La fin est prévisible.


    • LE RE SETH ou le RE VEIL.... La mort ou la vie.... mais actuellement l’être humain est dans une logique tellement auto-destructrice qu’il est prêt à s’accrocher à n’importe quelle illusion...


      • lephénix lephénix 21 juin 09:54

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.
        en effet, « augmenter » c’est ajouter du mal au mal, prétendre « augmenter » l’humain c’est le dénaturer....
        l’humble mécano argentin, cubain ou malgache sont bien plus ’écolo« que le »gestionnaire« ou »énarque« hors sol : comment ceux-ci prétendent-ils conduire leur »transition écologique« en imposant à leurs »propriétaires« de jeter des millions de voitures thermiques à la casse pour les forcer à l’achat de gadgets électroniques sur roues fabriqués en pillant et gaspillant toujours plus de ressources ? l’écolo de base comprend qu’il faut commencer par réparer autant que possible ce qui existe déjà...
        à qui profite le gâchis ? y a-t-il si peu d’ »intéressés" pour connecter deux neurones et tenter de comprendre ce qui est en cours ?


      • Yann Esteveny 21 juin 09:30

        Message à l’auteur,

        L’écologisme vertueux avec son citoyen écoresponsable et son fauchage raisonné sont la marque d’un délitement intellectuel et non d’une prise de conscience.

        La nouvelle croissance verte se présente au service de l’écologie mais ne sait pas respecter la nature.
        Les OGM se présentent au service de l’agriculture mais ne savent pas respecter l’alimentation.
        Les vaccins Covid-19 se présentent au service de la survie de l’espèce humaine mais ne savent pas respecter le vivant.

        Les chasseurs de théories du complots se présentent au service de l’information mais ne savent pas respecter la vérité.

        La logorrhée de ce scientisme moderne au service de la finance masque l’absence de profondeur de l’âme humaine.

        Respectueusement


        • chantecler chantecler 21 juin 09:37

          @Yann Esteveny
          Et où la cultivez vous l’âme humaine ?


        • lephénix lephénix 21 juin 09:58

          @Yann Esteveny
          cet « écologisme techno-scientiste n’est que le nom de l’esclavage et de la dénaturation en cours pour assouvir d’aventureux appétits de »profits« (toujours plus !) à jamais inassouvis et constitués en »puissance techno-financière globale"...


        • Yann Esteveny 21 juin 10:21

          Message à l’auteur,

          La coupure de l’humain avec la nature s’inscrit dans le plan plus vaste pour couper l’humain d’une alimentation saine, couper l’humain en détruisant les liens réellement sociaux et non virtuels des « réseaux sociaux », couper l’humain avec le réel, etc...
          Le terme d’esclavage n’est pas trop fort. Certains cherchent des solutions sans s’apercevoir que leur acceptation à cette matrice même si elle est partielle leur retire tout espoir. Il faut une radicalité pour se libérer.

          Respectueusement


        • Géronimo howakhan Géronimo howakhan 21 juin 10:41

          @Yann Esteveny

          Salut,oui une radicalité il faut.

          Ces événements qui pour moi sont la création de tous sont là pour ça...
          Pour l’instant encore ça ne donne rien de bon et différent sur le fond du mental humain..
          Mais ces mêmes événements se produisant loin et ailleurs laissaient de marbre la quasi intégralité des populations occidentales, et là aujourd’hui c’est à notre tour de goûter aux effets déments de notre créature..

          respects..


        • lephénix lephénix 21 juin 11:55

          @Yann Esteveny
          une « radicalité » au moins égale à la frénésie qui nous lamine et nous détruit ? on en revient toujours au constat attristé de la boétie : « ils ne sont grands que parce que vous êtes à genoux »... seuls les joueurs du mégacasino sont capables de cette « radicalité » dans l’illimitation...les autres décrétés « sans valeur économique » en reviendront à leurs racines...


        • Yann Esteveny 21 juin 18:13

          Message à Géronimo howakhan,

          C’est bien cela. Rudolf Steiner exprime ces évènements comme étant l’égrégore matérialisé de nos mauvaises pensées.
          Il n’y a pas à désespérer de la nature humaine mais plutôt à se reprendre individuellement soi-même.

          Respectueusement


        • Yann Esteveny 21 juin 18:24

          Message à l’auteur,

          Je vous cite : « une « radicalité » au moins égale à la frénésie qui nous lamine et nous détruit ? »
          C’est bien cela. Il faut une radicalité c’est à dire une recherche active pour déterminer la cause première de cette situation, mais il faut également une radicalité au sens détermination humaine individuelle pour contrer ce Mal qui nous détruit. Bien entendu, je ne prône pas une révolution qui est le spectacle populaire et terriblement couteux en vie que les populistes présentent toujours comme « Le grand bond en avant » alors que c’est une chute mortelle organisée contre le pays.

          Respectueusement


        • Si l’écologie s’étendait à l’humain qui fait aussi partie de la nature, alors, nous auront fait un saut qualitatif. L’homme est, sans aucun doute, une partie de la nature : il est donc compris en elle. Mais il est tout aussi certain que l’homme comprend la nature, laquelle est par conséquent une idée ou une représentation humaine. c’est ce que les écologiste n’ont pas encore compris. Avant de s’occuper des salades il faut prendre le problème à la racine et changer le regard de l’humain sur la nature. 


          • Jour de solstice. UNE EXCELLENTE nouvelle (elles sont rares,..). Mithra innove une nouvelle pilule contraceptive d’origine naturelle et qui se concentre uniquement sur les organes génitaux. espérons qu’elles disparaisse dans les égouts. Peu de personne le savent, mais les anciens contraceptifs hormonaux sont un véritable poison, Ce n’est évidemment pas chanté dans les toits, mais ils furent la cause de nombreuses catastrophes médicales : AVC, cancer, féminisation des hommes, ces hormones chimiques et trafiqués ne sont pas filtrés, et passent dans l’eau de votre robinet).... Monsieur Esterney, songez-y....


            • lephénix lephénix 21 juin 12:03

              @Mélusine ou la Robe de Saphir
              effectivement, tous cobayes depuis longtemps  à commencer par le mâle coupé de sa virilité qui mute dans ce bain d’ondes et d’hormones permanent...parallèlement, tous dépossédés de l’accès à la nature, à l’Etat public centré sur le citoyen pour basculer dans le Système-monde qui se précise... à chacun de se découvrir « ressource » ou « matière première » encore exploitable ou non de ce système-là...


            • @lephénix
               une gynéco m’a révélé ce qui ne se dit pas sur les ondes,.... 


            • lephénix lephénix 21 juin 12:16

              @Mélusine ou la Robe de Saphir.
              on s’en doute, on constate l’ampleur du mal dans l’indifférence de ceux/celles qui s’en croient épargnés... mais il faudrait pouvoir citer les « sources autorisées »...


            • Claude Courty Claude Courty 21 juin 16:17

              « Le monde n’est pas une marchandise » 

              Et pourtant, le vivant, dont en premier lieu l’humanité, n’en est que le consommateur.

              Parce qu’il doit impérativement ne serait-ce que se nourrir, se vêtir, se loger et se soigner, l’être humain plus que tout autre est un consommateur. Et il l’est depuis sa conception jusqu’après sa mort, se doublant d’un producteur dès qu’il est en âge de travailler. Il est ainsi, avant toute autre opinion ou considération, un agent économique au service de la société, mais aux dépens de son environnement. Et plus le nombre de ces agents augmente, plus leurs besoins s’accroissent – outre ceux qu’ils s’inventent toujours plus nombreux –, plus ils produisent, consomment, échangent et s’enrichissent, avec l’aide du progrès scientifique et technique, quelles que soient les conditions du partage de leurs richesses. Qu’il s’agisse de ressources non renouvelables ou de pollution, les atteintes à l’environnement augmentent d’autant et s’ajoutent à celles d’une nature jamais avare de catastrophes inopinées ou cycliques.


              Tous les malheurs du monde, que l’homme a la capacité de maîtriser, en découlent




              • njama njama 22 juin 08:08

                @Claude Courty
                ah vous êtes converti au réchauffisme carbocentriste... avec le CO2 le coupable, la théorie est très controversée

                Climat : une nouvelle publication scientifique innocente le CO2
                (...)Comme on le voit au premier coup d’œil, les deux courbes sont pratiquement superposables. Al Gore, dans son fameux plaidoyer carbocentriste Une Vérité qui dérange, avait fait de ces deux courbes un moment fort de son film en faisant constater au spectateur leur grande similitude. Selon lui, cette similitude permettait de conclure que l’évolution du CO2 atmosphérique pilotait celle de la température (et donc que nos émissions massives de CO2 allaient réchauffer la Terre de façon catastrophique).

                En réalité, on sait depuis longtemps, et c’est même l’un des arguments les plus solides du climato-réalisme, que les deux courbes sont légèrement décalées l’une par rapport à l’autre, dans « le mauvais sens » pour les alarmistes : la température précède le CO2, d’environ 800 ans en moyenne. Comme un effet ne peut pas précéder sa cause, la conclusion est claire : le CO2 n’est pas le moteur de l’évolution de la température. C’est le contraire qui est vrai : l’évolution de la température entraîne celle du CO2, avec un retard de quelques centaines d’années qui correspond à une durée appelée « mémoire thermique » des océans. (Lorsque la température monte, les océans dégazent plus facilement le CO2 qu’ils contiennent, mais le processus démare avec lenteur.) Cala implique que nous n’avons pas de raison particulière de craindre un effet de nos émissions de gaz carbonique sur la température globale. Pascal Richet, comme bien d’autres, ne manque pas de revenir sur cette évidence, frappée au coin du bon sens et d’une logique qu’approuvait Aristote aussi bien qu’Occam (celui du rasoir).

                (...) https://www.climato-realistes.fr/publication-pascal-richet-co2-precede-temperature/


              • njama njama 22 juin 08:12

                Réchauffement climatique ? les mêmes savants climatologues affirmaient le contraire dans les années 1970 !

                Le bêtisier (extraits)

                La National Academy of Sciences (Américaine), 1975 : « Le climat présente actuellement des symptômes alarmants. Il y a tout lieu de craindre que la Terre subira un refroidissement dramatique de ses températures au cours des cent prochaines années. » En 2008, elle dit très exactement le contraire.

                Kenneth E. F. Watt, lors d’une conférence sur la pollution et le refroidissement de la planète, « Jour de la Terre » en 1970, repris par Lowell Ponte dans le livre intitulé “Le refoidissement” en 1976 : « En supposant que la tendance actuelle se maintienne, la Terre aura une température moyenne plus froide de quatre degrés en 1990 et de 11 degrés en 2000. Ces chiffres sont deux fois supérieurs au modèle d’une ère glaciaire ».

                Et encore, du même tonneau, des phrases que l’on répète de nos jours, dans un contexte inversé : Lowell Ponte en 1976 : « C’est une évidence brute : le refroidissement global de la planète représente pour l’humanité le défi le plus important qu’elle ait dû relever depuis dix mille ans, sur les plans social, politique et adaptatif. Votre engagement en faveur des décisions que nous allons prendre concernant ce problème est d’une importance vitale. Il s’agit de notre survie, et de la survie de nos enfants comme de toute l’espèce humaine. »

                http://www.pensee-unique.fr/ un site de référence avec des articles très pointus.


              • njama njama 22 juin 08:20

                @Claude Courty
                et pour vous documenter sur d’autres facteurs qui influencent le climat et ne pas réinventer l’eau chaude comme le fait le GIEC

                La théorie mathématique du climat de Milutin Milankovic
                https://fr.wikipedia.org/wiki/Milutin_Milankovi%C4%87

                et les Paramètres de Milankovic
                https://fr.wikipedia.org/wiki/Param%C3%A8tres_de_Milankovi%C4%87


              • lephénix lephénix 22 juin 20:40

                @njama
                merci pour votre visite et ces rappels
                la véritable écologie se vit dans la simplicité volontaire et la liberté, pas entre les murs de verre et de silice d’une escrologie prônant le suivi numérique forcé à partir de données et de modélisations faussées...


              • LeMerou 22 juin 06:39
                Le monde n’est pas une marchandise

                Ha bon ? c’est nouveau ?


                • Clocel Clocel 23 juin 08:14

                  Le climat, l’immigration, le terrorisme, les épidémies, sont les armes des mondialistes.

                  Ils les maîtrisent parfaitement.

                  Ils installent la peur dans chaque individu le mettant en situation d’accepter l’inacceptable.

                  C’est la stratégie du choc de Naomi Klein, Ne vous laissez pas détruire, ne soyez pas complice, à la différence des cobayes de Milgram, nous savons quelle part de nous-mêmes ils exploitent et la finalité.


                  • BA 23 juin 11:23

                    Extinctions, pénurie d’eau, exodes … L’alerte apocalyptique du Giec sur le changement climatique.


                    « La vie sur Terre peut se remettre d’un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes. L’humanité ne le peut pas. » 


                    On ne peut pas être plus clair. Dans un futur rapport de près de 4 000 pages, destiné à être publié en février 2022 mais dont le résumé technique a été obtenu ce mercredi en avant-première par l’AFP, les centaines de scientifiques composant le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) alertent sur les conséquences dramatiques du dérèglement climatique.


                    Quel que soit le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les impacts dévastateurs du réchauffement sur la nature et l’humanité vont s’accélérer, assurent-ils, bien plus alarmistes que lors de leur dernier rapport d’évaluation complet en 2014. La vie sur Terre telle que nous la connaissons sera inéluctablement transformée, et ce bien avant 2050.


                    Si l’accord de Paris de 2015 engage les signataires à limiter le réchauffement à +2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, et si possible à +1,5 °C, le Giec estime désormais que dépasser +1,5 °C pourrait déjà entraîner, « progressivement, des conséquences graves, pendant des siècles, et parfois irréversibles ». Or, selon l’Organisation météorologique mondiale, la probabilité que ce seuil de +1,5 °C soit dépassé dès 2025 est déjà de… 40 %.


                    Selon les chercheurs, même en limitant la hausse à 2 °C, jusqu’à 80 millions de personnes supplémentaires seront touchées par la malnutrition d’ici à 2050 et 400 millions d’habitants supplémentaires seront exposés aux pénuries d’eau dans les villes. Dans la prochaine décennie, 130 millions pourraient tomber dans la pauvreté extrême. Sans oublier les centaines de millions de personnes qui seront menacées par les canicules extrêmes et les vagues-submersion provoquées par la hausse du niveau de la mer.


                    Certaines régions (est du Brésil, Asie du Sud-Est, Chine centrale) et presque toutes les zones côtières pourraient être frappées par trois ou quatre catastrophes météo simultanées, voire plus  : sécheresse, cyclone, incendies, inondation, maladies transportées par les moustiques… A cela s’ajoutent les effets amplificateurs d’autres activités humaines néfastes pour la planète, comme la surexploitation des ressources, la pollution ou encore la propagation des maladies…


                    Or, les êtres vivants les moins à blâmer pour ces émissions sont ceux qui en souffriront le plus. Pour certains animaux et variétés de plantes, il est peut-être même déjà trop tard : « Même à +1,5 °C, les conditions de vie vont changer au-delà de la capacité de certains organismes à s’adapter », souligne le rapport, citant les récifs coralliens, dont environ 500 millions de personnes dépendent. Parmi les espèces en sursis figurent les animaux de l’Arctique, territoire qui se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne. Sur place, des modes de vie ancestraux de peuples vivant en lien étroit avec la glace pourraient aussi disparaître.


                    Les « points de bascule », ces éléments clés dont la modification substantielle pourrait entraîner le système climatique vers un changement violent et irrémédiable, sont aussi au centre des préoccupations des chercheurs. Au-delà de +2 °C, la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique de l’Ouest (qui contiennent assez d’eau pour provoquer une hausse du niveau de la mer de 13 mètres) pourrait par exemple entraîner un point de non-retour, selon de récents travaux. C’est pour cela que « chaque fraction d’un degré compte », insiste le Giec, alors qu’un autre point de rupture pourrait voir l’Amazonie transformée en savane.


                    Il n’y a malheureusement pas de remède miracle selon les chercheurs, même si des solutions existent. La conservation et la restauration des mangroves et des forêts sous-marines de varech, qualifiées de puits de « carbone bleu », accroissent par exemple le stockage du carbone, protègent contre les submersions, et fournissent un habitat à de nombreuses espèces et de la nourriture aux populations côtières. Pour les scientifiques, il n’est pas encore trop tard mais il va falloir très rapidement opérer des changements décisifs car « les niveaux actuels d’adaptation seront insuffisants pour répondre aux futurs risques climatiques ».


                    « Nous avons besoin d’une transformation radicale des processus et des comportements à tous les niveaux : individus, communautés, entreprises, institutions et gouvernement », plaident les chercheurs. « Nous devons redéfinir notre mode de vie et de consommation. » Le rapport ne sera officiellement publié qu’en février 2022, après son approbation par consensus par les 195 Etats membres. Si des modifications à la marge peuvent encore avoir lieu, ses principales conclusions ne devraient pas évoluer. Trop tard pour certains scientifiques, qui estiment que le rapport devrait être disponible pour les décideurs dès la fin de l’année, avec en ligne de mire la COP15 sur la biodiversité à Kunming, en Chine, en octobre et la COP26 sur le climat à Glasgow, au Royaume-Uni, en novembre.


                    https://www.liberation.fr/environnement/climat/extinctions-penurie-deau-exodes-lalerte-apocalyptique-du-giec-sur-le-changement-climatique-20210623_RPQTJBKNRFHEJDO7GMVHRTC5FM/


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