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Le Mouvement Autonomie et Coopération

Le Mouvement Autonomie et coopération

Une voie sans issue

Comment empêcher la destruction de notre santé et celle de la terre alors que se généralisent des méthodes industrielles contre nature rompant tous les équilibres du vivant. Comment empêcher que la majorité de la population mondiale, déracinée, déshéritée, marginalisée, augmentant de façon non maîtrisée et sombrant dans la misère, ne déferle sur la minorité restante qui s’est accaparée toutes les richesses et qui cherche à en profiter sans partage en toute impunité.

Nous prétendons redresser la barre grâce à la science sans remettre en cause de façon fondamentale nos modes de vie. Mais tout cela n’est qu’un leurre car, malgré toutes nos tentatives de correction, les déséquilibres ne cessent de s’accroître. De plus en plus de personnalités sonnent l’alarme mais nous refusons de voir les faits et nous préférons écouter ceux qui nous bercent de douces illusions, politiciens, industriels et autres affairistes qui prétendent que tout se réduit à une histoire de croissance économique, de gain de productivité et de défis technologiques à relever.

Il est clairement énoncé par les pouvoirs en place que les sociétés qui ne sauront pas trouver les bonnes armes pour rester compétitives, se condamneront au déclin économique et social. Loin de représenter une solution, la logique de croissance nous entraine dans une fuite en avant qui nous conduit dans une impasse.

Si, aujourd’hui, le pouvoir réel se trouve entre les mains des multinationales, c’est avant tout du fait de la démission et de l’irresponsabilité des citoyens qui s’en remettent à la science, aux politiques et autres spécialistes pour régler tous leurs problèmes et satisfaire tous leurs désirs. Les structures étatiques, censées représenter les peuples sont devenues le lieu de tous les enjeux de pouvoir et de domination. Elles ont été prises en otage par les puissants, ceux qui détiennent les cordons de la bourse, et qui se disputent les richesses du monde. La science matérialiste est devenue le nouveau pourvoyeur de bienfaits. Fascinés par tous les attraits de la modernité et toutes les facilités qu’elle procure, les populations se sont graduellement détournées de l’essentiel.

Les solutions

Que sont devenus les symboles de la république et l’espoir de l’avènement d’un nouvel humanisme ?

Liberté- Egalité-fraternité

Le libéralisme est censé permettre à l’individu de s’exprimer et d’agir en toute liberté, en toute indépendance, d’accéder au statut de personne à part entière, différente des autres avec ses talents propres, son originalité, de revendiquer le bonheur individuel.

Le socialisme exprime que la liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres et qu’il faut nous donner des règles pour que chacun ait autant de chance d’accéder au bonheur. Nous sommes tous égaux en valeur et en droit.

Pour quelles raisons notre système républicain est-il en panne et ne semble plus en mesure d’apporter les bonnes réponses ?

Nous avons fait vivre les deux premiers termes à travers le libéralisme et le socialisme mais nous avons perdu le troisième en chemin : la fraternité. Elle devait permettre l’éclosion d’un nouvel humanisme. L’élan spirituel à l’origine de cette belle initiative s’est trouvé plombé par la pesanteur de nos appétits de domination et de jouissance matérielle. Notre pensée s’en est trouvée obscurcie et nos objectifs dévoyés.

 Il est à craindre que ce soit à l’occasion d’épreuves lourdes que nous comprendrons tout le sens à donner au mot fraternité et comment organiser les sociétés humaines pour faire vivre cet idéal.

 

La fraternité ne deviendra effective que par la pratique d’une coopération véritable entre individus et populations accédant ainsi à une réelle autonomie de vie.

Cela illustre l’importance de deux nouvelles valeurs qui sont  :

 L’autonomie et la coopération

Commençons par les définir clairement.

L’autonomie

Il n’y a pas de liberté sans autonomie réelle. Un individu ne peut se prétendre autonome que s’il évolue au sein d’un groupe humain qui, lui-même, est parvenu à une véritable autonomie de vie.

L’autonomie véritable, c’est celle qui permet à une communauté humaine de satisfaire par elle-même tous ses besoins essentiels (eau, nourriture, habillement, déplacements, énergie) bref à s’auto suffire.

Les communautés rurales cherchant à régénérer leur culture locale et les citadins cherchant à redonner un sens à leur existence, sont destinés à se rejoindre sur des objectifs de reconquête d’autonomie.

La coopération

Cette autonomie n’est possible qu’à la condition que soit mise en œuvre son complémentaire : la coopération, une coopération entre tous les individus et entre toutes les communautés.

Chaque individu doit avoir autant le souci des autres que de lui-même. Chaque communauté doit avoir autant le souci des autres communautés que d’elle-même. Dans le mot « autant » réside la clé, le bon équilibre à trouver entre soi-même et les autres et entre toutes les communautés humaines. L « Avoir le souci de » représente l’acte d’amour en faveur de la vie dans sa globalité qui conçoit que tout est lié et qu’il est nécessaire d’aimer et de respecter de la même façon soi-même, les autres, la nature, tout en sachant tirer toutes les leçons du passé pour mieux préserver l’avenir.

 

Le mouvement de transformation sociale : Autonomie et Coopération

Ses quatre niveaux d’expression :

  • L’individu, le groupe local, la communauté autonome, l’humanité

1 l’individu

C’est l’élément moteur. C’est par son initiative que toute la dynamique se met en mouvement. Il agir sur lui-même comme à tous les autres niveaux. Il devient acteur à part entière.

2 Le groupe local

C’est la cellule de base où se tissent les relations humaines, où l’on s’initie à la coopération, où l’on s’entraide pour grandir ensemble C’est le lieu des échanges d’idées, d’émergence de projets, lieu où se mûrissent toutes les décisions.

3 La communauté autonome

C’est une population qui acquiert la capacité d’accéder à une véritable autonomie de vie sur son territoire. Sa taille et son organisation permettent à l’ensemble des groupes locaux de participer pleinement à la réalisation de son autonomie.

4 L’humanité

A travers différentes structures (régionales, nationales, continentales, mondiales), les représentants des communautés autonomes ont en charge la gestion des affaires internationales. L’objectif sera de favoriser l’émergence des différentes communautés, d’en assurer le fonctionnement et de faire en sorte que chacune acquiert la plus grande autonomie possible grâce à une coopération active entre toutes. Les instances internationales permettent une répartition équitable des ressources naturelles et humaines et organisent la coopération. 

 

La communauté autonome

Elle a une importance toute particulière car elle représente l’unité géographique fondamentale à partir de laquelle toute la société va s’organiser.

A l’image des peuples anciens, une population doit tendre vers son autonomie réelle, c’est-à-dire à s’auto suffire. Ainsi, elle peut faire le choix de s’ouvrir plus ou moins au monde extérieur. Sa liberté et son indépendance sont à ce prix.

La dimension de son territoire ne doit pas être trop petite car celui-ci doit disposer d’une variété de sites et de ressources naturelles et humaines suffisantes, ni trop grande ni trop peuplée car il doit conserver une dimension humaine. Ses contours ne doivent pas être décidés et imposés par des instances extérieures. Ces territoires doivent émerger à partir de la capacité des populations à prendre en main leurs propres problématiques de survie en partenariat étroit avec les autres territoires.

L’autonomie des communautés repose avant tout sur les choix concernant la gestion des ressources locales pour l’eau, la nourriture et l’habitat. Cela peut apparaître comme une difficulté insurmontable pour les populations connaissant des pénuries graves, des structures sociales et des écosystèmes très dégradés. Mais s’il existe de la part des populations une réelle volonté de rester sur leur territoire et si coopération fonctionne à plein, tout redevient possible :

  • Les sites dévastés peuvent être réhabilités,
  • Les pratiques anciennes retrouvent leur pertinence,
  • L’apport des techniques nouvelles devient pleinement bénéfique,
  • De nouvelles perspectives s’offrent aux jeunes qui peuvent rester ou revenir au pays,
  • Tout le tissu social peut se régénérer.

Les populations qui ont conservé un lien privilégié avec leur lieu de vie, les populations rurales à forte identité culturelle sont amenées à être à la pointe de ce renouveau. Une identité forte est un atout mais il peut devenir un handicap si la dynamique d’autonomie n’est pas gérée correctement. Il devenu impératif de nous réconcilier avec notre passé mais ce n’est pas pour le faire revivre à l’identique ou pour nous laisser envahir par le désir de vengeance ou de revanche en souvenir de toutes les souffrances et les humiliations subies. Il nous faut prendre les moyens de régler tous les contentieux existants entre les peuples en évitant d‘en créer de nouveaux comme c’est trop souvent le cas encore aujourd’hui.

Ainsi nous contribuerons à l’émergence d’une véritable culture des temps modernes, multiforme, haute en couleur, à l’image de la diversité de la vie, de ses territoires et de ses habitants. Ainsi toutes les communautés pourront s’ouvrir sur le monde et s’enrichir mutuellement tout en sauvegardant leur propre identité.

L’organisation mondiale

Tous les niveaux d’organisation (régionaux, nationaux, continentaux, mondiaux) ont un rôle à jouer en complémentarité les uns avec les autres. Il ne peut y avoir antagonisme d’intérêt entre eux dans la mesure où les responsables de l’ensemble de ces structures émanent directement des communautés et travaillent dans l’intérêt bien compris de l’ensemble des communautés.

La nation en tant que réalité historique, culturelle et linguistique doit voir son rôle pleinement réhabilité au service de l’ensemble de sa population.

Les régions voient également leur rôle renforcé du fait de la nécessité de créer des pôles de compétence décentralisés dans tous les domaines. Mais leur délimitation géographique doit sûrement être repensée.

Ainsi sont mis en place les outils les mieux adaptés en vue de renforcer les autonomies locales. Les représentants des communautés oeuvrent à la mise en place de toutes les structures internationales. Ils en assurent le fonctionnement et en gardent la pleine maîtrise.

Ainsi l’ensemble des populations peut se réapproprier entièrement le pouvoir politique, celui d’assurer la gestion de la société et d’améliorer les conditions d’existence de tous. On peut alors parler de véritable démocratie participative.

 

Mise en place

L’objectif de chacun est de constituer un groupe local ou de rejoindre un groupe existant en vue de s’engager dans cette démarche d’autonomie et de coopération. Mais les dynamiques actuelles ne s’inverseront pas du jour au lendemain. Il est donc nécessaire de s’investir à tous les niveaux simultanément.

En effet, ceux qui veulent avancer localement se heurteront vite à deux limites :

  • A leur propre limite car il faudra affiner les pratiques.
  • Aux limites extérieures, celles qu’imposeront les pouvoirs en place.

Ce n’est qu’au fur et à mesure que les différentes communautés se mettront en place, créeront entre elles des liens étroits et parviendront à se renforcer mutuellement de façon équilibrée à l’échelle planétaire, qu’émergeront de véritables alternatives aux pratiques actuelles. Cela signifie que ceux qui ont de l’avance doivent aider ceux qui sont en retard à parvenir au même niveau qu’eux. Chacun doit pouvoir apporter sa contribution car nous avons à apprendre de tous et de toutes les situations. Il n’y a plus le même souci de la performance mais l’unique souci du bien-être de chacun.

La coopération est l’art le plus subtil qui soit. Elle est vécue à tort comme contre-productive par ceux qui ont baigné dans une culture de la compétition depuis leur plus jeune âge. Elle est pourtant notre unique voie d’accès à l’expression de ce que nous avons de meilleur en nous et de ce fait, le plus puissant facteur d’épanouissement humain.

 


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3 réactions à cet article    


  • Old Dan Old Dan 6 juin 23:39

    Vous ne retranscrivez ici que l’inquiétude légitime de ceux qui ont des doutes et encore des neurones intacts...

    .

    [ L’entraide plutôt que Madmax comme issue biologique ?... ]


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 juin 23:53

      @Old Dan

      Bof t’as autant de neurones intacts que l’employé de Renault qui flippe .


    • caillou14 rita 8 juin 09:53

      Comment empêcher la destruction de notre santé et celle de la terre ?

      En supprimant les poisons dans l’agriculture afin d’éviter d’empoisonner les peuples ça serait un bon début ?

       smiley

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