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Le Moyen-Orient peut-il se permettre les erreurs du passé  ?

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Il est patent que le régime des mollahs iraniens a atteint un tel stade qu’il est devenu un véritable problème stratégique pour les puissances régionales et internationales. La conclusion qui s’impose est que ce régime sort désormais de l’orbite de l’ordre et du droit internationaux. Il est en passe de faire partie des États dont le comportement est extrêmement difficile à prévoir.

Du coup, il est encore plus difficile de lui faire pièce et de contenir ses menaces. Le danger du régime des mollahs s’aggrave du fait qu’il persiste dans son comportement, profitant de deux contextes délétères.

Le premier est la division des positions des grandes puissances dans la menace que représente ce régime et qui nuit à la sécurité et à la stabilité au Moyen-Orient et à l’échelle mondiale.

Deuxièmement, la superpuissance qui règne sur les décisions internationales, les États-Unis, ne dispose pas d’alternatives et d’options stratégiques efficaces à même de dissuader ce régime de défier la volonté du collectif mondial.

Avant tout, il faut dire que personne n’est en désaccord avec l’approche du président Joe Biden visant à trouver une issue à la crise nucléaire iranienne par le biais d’outils diplomatiques. Personne dans la région ne veut vraiment voir une escalade dans la région du Golfe, si stratégique pour le monde entier.

Il faut rappeler, a contrario, que la diplomatie a historiquement échoué à persuader des régimes kamikazes tels que les mollahs de respecter cette approche et de souscrire à une logique «  pas de gagnant, pas de perdant  » en acceptant des règles de négociation équitables.

Personne ne doute que le président Biden et son équipe comprennent l’idéologie et la mentalité iraniennes, compte tenu des expériences politiques passées. Mais il est fondamental que les États-Unis profitent de l’occasion pour consulter leurs amis sur la recherche d’une troisième voie (entre les options de la guerre et des concessions sans retour) pour traiter avec les mollahs d’Iran.

Force est de remarquer que le président Baden n’a pas beaucoup parlé, jusque-là, avec la plupart des dirigeants et chefs d’État alliés des États-Unis dans le Golfe et au Moyen-Orient.

Les USA sont pourtant censés partager leurs idées, discuter de toutes les alternatives et suggestions, et faire connaître leurs intentions en matière de politique étrangère sur la question la plus importante qui préoccupe ses alliés.

Ce qui me soucie le plus en tant qu’observateur et chercheur sur la question iranienne, c’est le registre courtois que les responsables américains affichent à l’égard des mollahs iraniens. Non, ce langage n’a rien à voir avec les signaux positifs que l’on retrouve dans les relations internationales traditionnelles. C’est plutôt une sorte de racolage.

Suffisant pour qu’un journal arabophone qualifie cette approche de «  choyer les mollahs.  » Les récentes déclarations de Robert Malley, l’envoyé des États-Unis en Iran, en sont peut-être la parfaite illustration. Dans celles-ci, il a souhaité engager un dialogue qui puisse satisfaire Téhéran.

Dans une interview accordée à BBC Persian, l’envoyé américain a expliqué que son pays reconnaît que ses sanctions contre l’Iran créent une situation problématique. Les États-Unis ne sont pas convaincus par ces sanctions, qu’il décrit comme une politique infructueuse.

«  Ce que nous aimerions faire, c’est parler à l’Iran dans n’importe quel format avec lequel le gouvernement iranien est à l’aise, pour arriver à la position dans laquelle nous pouvons lever ces sanctions en conformité avec nos engagements dans le cadre de l’accord.  »

Une chose est vraie, ces déclarations peuvent être ciblées et délibérées, notamment à travers les canaux empruntés pour les envoyer.

Elles cherchent à assouvir l’ego des mollahs et à leur ménager une victoire médiatique et une propagande fictive en reconnaissant l’échec de la politique de sanctions maximales, peut-être. Ceci, même si cette reconnaissance est totalement contraire à la réalité, qui reflète l’ampleur des pertes subies par l’Iran du fait des sanctions.

Mais, ces tactiques politiques américaines ne sont pas du tout appréciées par les mollahs. Ces derniers y voient une faiblesse de l’administration démocratique. C’est pourquoi ils redoublent de rigueur et d’exigence dans leurs demandes.

Cela explique leur rejet de toutes les propositions de négociations lancées par les médiateurs européens en accord avec les Etats-Unis.

Étonnamment, le ton du responsable américain, vraisemblablement le plus au fait du mode de pensée des dirigeants iraniens parmi l’équipe du président Biden, était moins sévère que celui du président français Emmanuel Macron. Macron a appelé les mollahs à agir de manière responsable et à ne pas envenimer la situation par rapport à l’accord nucléaire.

Le dilemme de la stratégie de l’administration Biden à l’égard de l’Iran est que, jusqu’à présent, elle se calque sur l’approche de l’ancien président Barack Obama. Celui-ci a approché les mollahs avec des mots doux pour parvenir à un accord nucléaire sans tenir compte des exigences de sécurité et de stabilité des alliés des États-Unis dans le Golfe.

Il faut alors lancer un avertissement  : les choses vont dériver au vu de cette nouvelle recherche américaine d’un chemin vers la table des négociations avec les mollahs. Géopolitiquement, le Moyen-Orient n’est plus ce qu’il était en 2015, et les conséquences de l’expérience douloureuse à laquelle a donné lieu l’accord nucléaire signé à l’époque sont bien visibles pour tous.

La dimension du dérèglement et du chaos causés par l’expansion militaire de l’Iran est sans ambages. Ce n’est pas non plus un mystère qu’en raison de la fragilité de la situation dans cette région du monde, elle est une zone explosive qui ne tolère pas de nouvelles erreurs stratégiques dans le traitement des facteurs de risque.

 


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2 réactions à cet article    


  • samy Levrai samy Levrai 8 avril 11:36

    Toujours plus nul, vers l’infini et au delà...


    • Gégène Gégène 8 avril 11:52

      pour revenir dans l’accord de Paris sur le climat, nul besoin de renégocier

      pour revenir à l’accord sur le nucléaire iranien, pourquoi vouloir renégocier ?

      cherchez l’embrouille !!!

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