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Le patriotisme perdu des sociaux-étatistes

Dans le film Les sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, longtemps interdit en France, des généraux hautains envoyaient à la mort inutile (sans intérêt stratégique) des cohortes de soldats pour gagner une étoile de plus qui leur permettait de briller dans les salons de la République dont ils avaient la prétention d'agir en son nom. Cela m'a sauté aux yeux lorsque j'ai vu sur "ONPC" le dénommé Aymeric Caron reprocher, avec beaucoup de morgue de hargne voire de haine, à Denys Payre (l'actuel animateur de Nous Citoyens) le fait de s'être exilé en Belgique parce qu'il ne pouvait pas payer l'ISF déplafonné par…Juppé (un autre social-étatiste) à moins de brader les actions qu'il possédait, ce qu'exigeait de lui Caron, car en tant que "Français" Payre doit donner "300.000" euros sur "20 millions d'euros" même si ceux-ci étaient hypothétiques en réalité.

 Peu importe, l'idée pour Caron, mais aussi Ayrault (avec Depardieu) et tant d'autres, consiste à considérer que le "patriotisme républicain" exige de non seulement payer son dû à la société mais, en plus, de le payer de plus en plus si l'on gagne plus (impôt dit progressif) jusqu'à payer un impôt spécial (une sorte de dîme nouveau genre) afin de contribuer encore plus à une solidarité que pourtant l'État bénéficiaire fragilise voire handicape ; puisqu'il opte pour une politique économique qui non seulement va à l'encontre de ce qui permettrait une vraie prospérité pour tous, mais gaspille, détruit, donne l'impression que l'on donne, certes, mais pour rien, ou pour entretenir une nouvelle classe parasitaire se gargarisant avec les mots "République, service public" alors qu'elle fait précisément le contraire de ce qu'il faudrait faire (sauf que dans ce cas elle deviendrait inutile). Voilà le paradoxe.

L'État social-étatiste d'aujourd'hui croit en effet que la richesse provient de l'extorsion (la "domination"). Il faut donc organiser la "redistribution des richesses" pour y suppléer. Sauf que celles-ci ne proviennent pas de l'extorsion, du moins en majorité, mais de tout ce qui permet de faciliter la prospérité du plus grand nombre (liberté d'entreprendre). Le tout dans des règles contractuelles données, certaines étant rendues universelles (comme le droit de propriété et le droit de s'associer pour se défendre). Cette facilité à prospérer dans un cadre protégé par le Droit se trouve être la seule clé et source de la véritable solidarité comme le prouve l'expérience historique, jusqu'à tout récemment lorsque le PCC a considéré que le marché est en réalité un élément "décisif" et non pas seulement circonstancié de la production. En fait la véritable redistribution des richesses s'effectue au fil des innovations et du mouvement historique propre aux stratifications sociales.

La redistribution étatiste des richesses, elle, donne l'illusion, au départ, telle une drogue, qu'elle soulage les plus démunis, de façon identique d'ailleurs à l'idée que l'on peut combattre la misère en distribuant sans fin de la nourriture, alors que l'expérience montre encore une fois qu'il vaut mieux organiser la production de telle sorte que la population dans son ensemble devienne de plus en plus prospère.

Or, en France on a préféré recréer un corps intermédiaire, la classe sociale-étatiste (fusionnant en fait noblesse d'Etat et clergé idéologique) qui, au nom d'un patriotisme imaginaire, drapé dans un moralisme de type tartuffien, va justifier son action, bien payée par ailleurs, alors que celle-ci est inutile, du moins lorsqu'elle se substitue à ce que pourrait faire la société civile. Voilà le message de Denys Payre mais aussi de tant d'autres en France. Ce qui ne veut pas dire qu'il faille supprimer 8000 gendarmes qui manquent cruellement ou qu'il faille rogner sur l'armée. Voilà le problème. Le coût éducatif français est supérieur de 30 milliards € à celui existant au R.U et en Allemagne. Il convient plutôt de diriger au moins la moitié de cette somme vers la rénovation de services régaliens de l'Etat de droit comme une bonne police, armée, justice. Pour le reste, en effet, la société civile peut y pourvoir (même si Nathalie Polony, l'alter ego de Caron pense le contraire), à charge que des Autorités indépendantes, à l'instar de la Cour des Comptes, puissent réguler l'ensemble.

Les travailleurs frontaliers français proches de la Suisse ne cessent de le réclamer par exemple en exigeant de recevoir tout leur salaire, plutôt que de voir une partie s'évaporer dans une protection sociale de moins en moins remboursée par ailleurs.

Car ce qu'il faut aussi dire, il ne s'agit pas de "déréguler" en supposant ainsi qu'il n'y aura plus de règles, mais de confectionner de nouvelles règles permettant de mieux aller vers la prospérité : n'en déplaise à Nathalie Polony, Tony Blair et Bill Clinton ont bénéficié des réformes entamées par Thatcher et Reagan, même si "on" aurait pu mieux faire ; sauf que leur incomber la crise financière comme cette animatrice le fait est une contre vérité car la crise des sub primes provient plutôt de l'interventionnisme étatique, démocrates et républicains confondus, faisant marcher la planche à billets et abaissant les critères de la solvabilité. C'est bien plus cela, que la "financiarisation", qui a créé les différentes bulles…

Mais il y a plus à écouter Caron. Ou l'on s'aperçoit que le social-étatisme est le pendant "gauche", la Vénus, du social-nationalisme (revendiqué par Soral) ou sa fourrure virile d'un Mars en peau de lapin tant par exemple Caron justifie la "une" du Nouvel Ob's mettant dans le même sac Dieudonné Soral Zemmour (Finkielkraut). Parce qu'il s'agit de tirer un trait d'égalité entre le fait de nier les chambres à gaz (ou s'en moquer), de critiquer l'islam, l'effacement des frontières, et l'égalité de fait entre immigrés et citoyens, tout cela serait la même chose, ce qui est évidemment faux, et atteint facilement le point Godwin. Le problème alors est de se demander pourquoi un Caron, est devenu ainsi un troll qui se pâme de la toge républicaine : sans doute parce qu'il se différencie seulement en degré et non en nature d'un Soral ou d'un Nabe.

Mais il n'est pas le seul.

Lorsqu'un Finkielkraut s'en prend à Dieudonné en oubliant que ce dernier dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas (jusqu'à le protéger) il participe lui aussi à un débat sur des bases qui ne font que renforcer la conception complotiste voyant dans le sionisme le mal fondamental de notre temps. Il est navrant que beaucoup d'institutions juives françaises, de médias, d'intellectuels juifs aussi, soient tombées dans le panneau, du CRIF jusqu'au B'nai B'rith, en passant par BHL, Jean Daniel etc, ne voyant pas par exemple que l'islam est profondément antijuif, c'est écrit noir sur blanc dans le Coran, et qu'il doit être critiqué pour ce faire puisque le public d'un Dieudonné s'en nourrit surtout via une critique mensongère, ignare, d'Israël, nourrie à la base par le Monde Diplomatique et les amis de Besancenot sans oublier la version soft made in MediaPart.

En fait, les responsables et intellectuels juifs français font (de nouveau) confiance aux autorités françaises pour leur sécurité (les expériences de 1942 au Vel d'Hiv et de 1962 en Algérie n'ont pas suffi) et vont donc être en première ligne dans la curée anti-islamophobie actuelle, jusqu'à justifier le fait de pouvoir mettre en doute la légitimité même d'Israël (comme le fait Finkielkraut) alors que la France, elle, n'est pas mise en doute, en tant que telle, même si elle a écrasé les Occitans, Basques, Bretons, Bourguignons Vendéens (500 000 tout de même…) pour se construire. Israël n'a rien écrasé, s'est défendu, les Arabes se sont enfuis, les Juifs ne les ont pas retenus plus que nécessaire (mais ils ont essayé).

Les bourgeois vendront la corde pour les pendre s'extasiait Lénine. Il n'y a pas qu'eux. Ou le syndrome de Stockholm sans doute. Surtout lorsque l'on entend les "autorités" palestiniennes traiter Sharon de "criminel"en guise d'épitaphe alors qu'il leur a tendu la main et qu'elles l'ont mordu jusqu'au sang. L'OLP exigeant le retour de 4,5 millions de "réfugiés" au sein même d'Israël (même pas dans le "futur" Etat palestinien), le Hamas, le retour de 7 millions, certains autres idem. Le tout avec la bénédiction de la République française en général, de Caron et ses frères ennemis du Crif et autres écuries de la "Paix maintenant" (dont BHL et Finkielkraut) en particulier. Nous en subissons les impasses respectives. Qui "nous" ? C'est aussi la question…

 


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11 réactions à cet article    


  • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 16 janvier 2014 12:45

    Ce que vous dites des généraux de 14 -18 est faux : le pouvoir politique qui n’y connaissait rien exigeait des résultats immédiats de leur part sinon ils étaient immédiatement limogés et quand le résultat était une boucherie ils étaient également limogés.

    Evidemment, ça fout le film de Kubrick par terre mais ça permet d’ouvrir une autre réflection sur la nature des relations entre les autorités militaires et les autorités civiles dans une démocratie.


    • foufouille foufouille 16 janvier 2014 12:49

      c’est du second degré ?
      sinon tes diplômes servent a rien


      • foufouille foufouille 16 janvier 2014 12:51

        la seule peur du bourgeois libertaryen est que le peuple lui coupe la tête. ce qui fait qu’il veut la flicaille a ses ordres


        • escoe 16 janvier 2014 16:03

          Rien de pire que les arabes néolibéraux !


          • Hecetuye howahkan Buddha Marcel. 16 janvier 2014 17:43

            l’histoire truquée ne sert à rien du tout , sauf à truquer encore plus le présent, revivre le passé toujours mort sans arrêt c’est de la névrose, et la névrose augmente de plus en plus , d’autant plus si ce n’est même pas la votre en plus, ça n’est alors qu’un imaginaire qui n’eiste pas , une illusion pure que la partie du cerveau qui nous reste( 5 à 10 %) , qui crée des concepts peut faire semblant de prendre pour la sienne donc pour réel....c’est balaise...

            cela dit je n’ai rien compris a l’article.... smiley


            • OMAR 16 janvier 2014 18:38

              Omar33

              @Lucien-Samir-Moshé-Klarsfeld  ;« .. lorsque l’on entend les »autorités« palestiniennes traiter Sharon de  »criminel« en guise d’épitaphe alors qu’il leur a tendu la main... »..

              OUI, sauf que cette main de Sharon, tenait un lance-flamme...


              • fredleborgne fredleborgne 17 janvier 2014 09:02

                Que le système soit biaisé, que les ressentiments conduisent à l’égoisme, soit.
                Mais jeter avec l’eau du bain des valeurs fondamentales, c’est aller un peu vite en besogne.
                Mélanger ensuite avec le « problème sioniste » et l’histoire de France, c’est osé, maladroit et contre-productif.
                Cet article est un mauvais amalgame prêt à se dissocier à la moindre occasion, une mayonnaise qui ne prend pas, avec en dessous des insinuations un peu « reloues ».
                Le fil conducteur « patriotique » n’est qu’une grosse corde sinueuse qui s’écarte franchement d’une pensée claire.
                Vous devriez élaguer certains rajouts et creuser un peu plus sur ce que vous gardez, si vous voulez convaincre sur les « sociaux-étatistes »


                • Badinho 17 janvier 2014 11:04

                  Difficile de comprendre le sens de cet article... Derrière des « concepts théoriques » se cachent des incohérences, des imprécisions et même des erreurs historiques (volontaires ou involontaires ?). 
                  La défense d’Israël et du criminel de guerre Sharon est « abracadabrantesque » pour qui connait le rôle joué par cet homme à différents moments de l’histoire de son pays et en particulier Sabra et Chatila en 1982. Défendre cet État est votre droit le plus strict, mais utilisez des arguments convaincants et non dénués de sens ou totalement éloignés de la véracité historique.


                  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 17 janvier 2014 12:00

                    Quel méli-mélo...

                    Vous vouliez dire quoi exactement ?

                    Qu’Israël n’est pas gentil avec les Palestiniens ? On le sait depuis 70 ans.

                    Qu’il n’applique aucune décision de l’ ONU ? On le sait aussi, de Gaulle le disait déjà.

                    Même l’ Union européenne le dit : « L’UE critique durement la politique de colonisation d’ Israël »

                    What else ?

                    Peut-être un peu de géopolitique qui remettrait un peu les pendules à l’heure ...

                    « Vers un séisme au Moyen Orient ? »


                    • Badinho 17 janvier 2014 22:12

                      Outre l’incohérence d’ensemble et le peu d’intérêt du propos, il me semble nécessaire de souligner les approximations.
                      Lorsque vous écrivez : « l’islam est profondément antijuif, c’est écrit noir sur blanc dans le Coran »
                      Le lien auquel vous renvoyez prouve ce qui est au minimum une imprécision de votre part, au pire une manipulation. Les sourates évoquent « des Juifs » et non LES Juifs. Pour comprendre leur sens il faut resituer le contexte historique de la Révélation coranique et les rapports de force alors en vigueur dans la péninsule Arabique. Certains Juifs ont vigoureusement combattu le Prophète Mohamed, et ces personnes, et seulement elles, sont stigmatisées. Généraliser comme vous le faites est assez surprenant de la part d’un docteur en sociologie... Ce titre que vous possédez et arborez ne laisse guère de doutes sur vos intentions réelles.
                      Enfin , vous reprochez à Caron de tout mélanger. Mais lorsque vous comparez 1942 et 1962, la Collaboration et la décolonisation, et au final le maréchal Pétain et le général De Gaulle, vous faites pire que cela. Vous entretenez une confusion grave sur le plan intellectuel car vous mettez sur le même plan un mouvement idéologique d’indignité nationale avec un mouvement de libération anti-impérialiste. Là encore le docteur en sociologie hdr en science politique est assez léger.


                      • Badinho 17 janvier 2014 22:13

                        Outre l’incohérence d’ensemble et le peu d’intérêt du propos, il me semble nécessaire de souligner les approximations.
                        Lorsque vous écrivez : « l’islam est profondément antijuif, c’est écrit noir sur blanc dans le Coran »
                        Le lien auquel vous renvoyez prouve ce qui est au minimum une imprécision de votre part, au pire une manipulation. Les sourates évoquent « des Juifs » et non LES Juifs. Pour comprendre leur sens il faut resituer le contexte historique de la Révélation coranique et les rapports de force alors en vigueur dans la péninsule Arabique. Certains Juifs ont vigoureusement combattu le Prophète Mohamed, et ces personnes, et seulement elles, sont stigmatisées. Généraliser comme vous le faites est assez surprenant de la part d’un docteur en sociologie... Ce titre que vous possédez et arborez ne laisse guère de doutes sur vos intentions réelles.
                        Enfin , vous reprochez à Caron de tout mélanger. Mais lorsque vous comparez 1942 et 1962, la Collaboration et la décolonisation, et au final le maréchal Pétain et le général De Gaulle, vous faites pire que cela. Vous entretenez une confusion grave sur le plan intellectuel car vous mettez sur le même plan un mouvement idéologique d’indignité nationale avec un mouvement de libération anti-impérialiste. Là encore le docteur en sociologie hdr en science politique est assez léger.

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