• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Le Pétrole en négatif : un scénario possible pour l’Or (...)

Le Pétrole en négatif : un scénario possible pour l’Or ?


​Que s'est-il passé lorsque le pétrole est passé en négatif le 21 avril dernier ?

Personne ne s'attendait à du pétrole brut négatif en avril dernier. L'impact économique du coronavirus a eu de fortes conséquences sur l'industrie pétrolière. Le Covid-19 a d’abord détruit la demande, car le confinement a fermé les usines, gardé les chauffeurs routiers chez eux et pénalisé les transports aériens. Le stockage a ensuite commencé à saturer et les tankers (navire-citerne) ont massivement stocké le brut dans l'espoir de le vendre à meilleur prix plus tard.
 
Ceux qui étaient investis sur le pétrole en bourse ont eu quelques surprises. Le pétrole se négocie particulièrement sur le marché à terme (aussi appelé futures).
 
Les futures sont des contrats à terme où un acheteur s’engage à acheter à échéance un baril à un prix fixé à l’avance. Il existe des futures à échéance d’un mois tous les mois de l’année et jusqu’à dix ans en avance. Vous pouvez regarder ici les différents prix des futures sur le pétrole.

Il existe deux grands standards de pétrole, le West Texas Intermediate (WTI), un pétrole brut extrait en Amérique du Nord. Le WTI est plus léger que le Brent qui est quant à lui produit en mer du Nord. Les règles du WTI sur les marchés financiers diffèrent de celles du Brent.

Les investisseurs achètent en début de mois des contrats sur le marché WTI qu'ils revendent ensuite à la fin du mois en empochant la plus-value générée par la différence de prix.

Le 22 avril dernier était l'échéance de mai avec la livraison physique du pétrole.

Toute personne ayant une position « long » sur le pétrole avec un contrat à terme (futures) après le mardi 21 était supposée être livrée via les installations de NYMEX à Cushing, en Oklahoma.

Mais les installations à Cushing n’avaient plus d’espace de stockage. Il n'y avait ni besoin ni demande pour détenir les contrats en cours pour livraison, car le prix du pétrole avait chuté à cause du confinement et de la récession due à la pandémie.

Les parties qui sont restées sur le contrat future du 20 mai se sont donc précipitées pour vendre avant l'échéance et quel qu'en soit le prix, mais il n’y avait aucun acheteur… 

Nous avons ainsi assisté un véritable marché sans enchère :
Chute du WTI
 
krach pétrolier
 

Le prix du WTI est passé en négatif et s’est ensuite redressé au fur et à mesure que les acheteurs réémergeaient.

Pour la première fois de son histoire, le prix du brut américain s'est négocié en dessous de zéro : à - 38,94 $. Autrement dit, les vendeurs ont payé pour qu'on les débarrasse de leurs stocks.

Et tout cela a été causé par une surabondance de la marchandise physique. En l'absence de demande pour le physique sous-jacent (le pétrole), la valeur des produits dérivés s’y rattachant (les futures ou contrats à terme) s'est effondrée.
 
Dérivés sur le pétrole
 


​Imaginez la même situation sur l'or du COMEX

Est-ce vraiment possible ? Comment cela pourrait-il se dérouler ?

L'or du New York Commodities Exchange (COMEX), bourse de référence spécialisée dans l'énergie et les métaux précieux, a également des contrats à terme (futures) sur le mois de livraison. Les futures servent de base pour le négoce du métal jusqu'à la livraison, moment auquel le volume des transactions passe au mois suivant.

Lors de la livraison, toute personne avec un contrat à terme peut se présenter pour la livraison via les coffres du COMEX à New York. Mais lorsque de nombreuses raffineries, mines et institutions monétaires officielles sont fermées dans le monde en raison du Covid-19, la demande mondiale d'or physique dépasse ainsi l'offre. Ainsi, pour le mois du 20 avril 2020, les livraisons d'or totales sur COMEX dépassaient les 3 Moz. Cela représente plus de 3 fois la demande d'un mois de livraison classique.

À la moindre panique bancaire, économique ou géopolitique, la situation serait similaire. Si une pénurie extrême se développe ou si une sorte de ruée vers l’or intervient, la demande de livraison via le COMEX et la LBMA (à Londres) montera en flèche et la demande pour le contrat spot et future augmentera.

Cependant pour acheter un contrat, nous avons également besoin d'un vendeur, autrement dit quelqu'un intéressé d’ajouter une position « short » à son portefeuille ou de vendre un « long »[1] existant.

Dans un cas exceptionnel de panique, il peut n'y avoir aucun vendeur soit un marché sans offre.

Le résultat potentiel pourrait donc être l'exact opposé de ce que l’on a vu sur le pétrole.
Explosion de l'or
 

​Si ce scénario semble inimaginable pour certain, rappelons que l'idée d’un prix négatif pour le produit le plus essentiel de l’économie mondiale (le pétrole) était également improbable et sans précédent.
 

L’Or physique en propre battra celui du COMEX

Avec la panique suscitée par la pandémie, les contrats à terme sur l’or ont eu la prime la plus élevée par rapport au prix au comptant en quatre décennies, attirant des acquisitions de métaux aux États-Unis (via les ETC/ETF) du monde entier. Les commerçants qui avaient vendu des contrats à terme sur l’or ont fermé des positions alors que les frontières étaient fermées et les avions cloués au sol.

Ceci a suscité des inquiétudes quant à la possibilité d'obtenir son or physique sur le marché du Comex à New York ; les titulaires de contrat savaient qu’ils ne pouvaient pas prendre livraison massivement en cette période inédite.

Le problème est donc similaire à celui établi dans le pétrole brut, bien que légèrement différent : la vente de contrats à terme d’or n’a pas empêché une ruée vers l’or physique en période de crise. Si le marché de l'or de New York fait défaut par manque d’acheteur/vendeur de contrats à terme en cas de crise, le prix de l’or restera élevé, car la demande physique explosera dans le même temps.

Avec les forts investissements dans les ETC/ETF depuis la crise du Covid-19 (cf. Revue Or & Argent n°3 de mai 2020), des déséquilibres importants sur le marché de l’or pourront se faire sentir lors d’un prochain choc mondial. Il est donc essentiel de privilégier l’or physique en nom propre en guise de protection : avec l’augmentation de la demande d'or en tant que valeur refuge, la suite des évènements s’annonce épique.

Franck Pengam 

Article initialement paru dans Or & Argent et sur Or.fr.

Cliquez sur la vidéo pour aller encore plus loin



​[1] La position longue est une position acheteuse où l'investisseur détient des actions/contrats et souhaite les voir évoluer à la hausse (il est dit « bull »). Une position short est au contraire une position courte où l'investisseur joue à la baisse du marché en pratiquant des ventes à découvert : il vend aujourd'hui des titres dans l'espoir de les racheter plus tard à un cours plus faible (il est dit « bear »).

Moyenne des avis sur cet article :  2.71/5   (7 votes)




Réagissez à l'article

10 réactions à cet article    


  • In Bruges In Bruges 6 octobre 15:29

    Scandale !

    Je saisis aussitôt Marlène et tous les biens pensants associatifs du site( ça manque pas, hein Chalot, Uleski and co...) pour demander le retrait immédiat de cette photo sexiste.

    -D’abord, la fille est jolie : or c’est désormais interdit : vous êtes appelés à vous concentrer sur les boutonneuses enrobées à la peau grasse

    -le pistolet est un symbole phallique évident, surtout avec une fille en short, ce qui laisse croire qu’elle ne demande qu’à se faire remplir ( alors que non, œuf corse)

    le message envoyé subrepticement (si, si les belges du site, « subrepticement » ça existe en français, p’tet pas chez les informaticiens, mais en langue française, oui), c’est que sous prétexte de plaisir d’essence SP98 cette fille veut faire couler son plaisir des sens.

    Bref, révoltant, quoi.

    Allez, tchao les bouffons...


    • In Bruges In Bruges 6 octobre 15:35

      Bref , cher Mr. bêtise profonde, vous essayez de nous faire croire que cette fille est une pétroleuse.
      Et ça c’est pas bien...


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 octobre 23:14

      @In Bruges

      Merde en voyant la super mimi de la photo et les foudres qui vont me tomber dessus d’après vous , je suis passé d’une demie dure a une demie molle en un instant.


    • Septime Sévère 6 octobre 15:32

      Sondage : depuis que cet auteur vante l’or, qui en a acheté ? 

      Vous êtes alors invité à donner en clair vos nom et adresse.

      Bercy beaucoup. 


      • Septime Sévère 6 octobre 15:36

        Je sourirai comme cette jeune personne devant la pompe lorsque les litres défileront plus vite que les euros. 

        Je me demande si dans son lycée sa tenue est considérée comme « républicaine ». 


        • Iris Iris 6 octobre 20:05

          @Septime Sévère
          C’est tout bon, on voit pas le nombril.


        • Septime Sévère 6 octobre 20:31

          @Iris
          .
          Le nombril ne m’a jamais particulièrement excité. D’autant plus que j’ai toujours aux femmes nues préféré celles qui conservent quelque chose : nuisette, fond de robe...


        • Iris Iris 6 octobre 20:51

          @Septime Sévère
          Aie Aie Aie ! Ne me cherchez pas  !


        • Ruut Ruut 7 octobre 11:05

          @Septime Sévère
          L’élégance d’une robe longue :)


        • devphil30 devphil30 6 octobre 15:40

          La station d’essence se trouve où ?

           La pompiste est bien sympathique 

           smiley

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité