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Accueil du site > Tribune Libre > Le politiquement correct, un appauvrissement de la pensée

Le politiquement correct, un appauvrissement de la pensée

Le problème avec le politiquement correct n’est pas qu’il soit de gauche ou de droite mais qu’il s’agit d’une forme de pensée véhiculée par les médias qui refuse la complexité du monde. Qu’il s’agisse de racisme, de féminisme, de mariage homosexuel, de différences culturelles ou religieuses, les réponses qu’il apporte sont toujours simples ou plutôt simplistes, données sous forme d’injonctions d’une pseudo-morale qui vous dit « ce n’est pas bien d’être sexiste, homophobe, islamophobe, raciste » sans se donner la peine de bien définir ces expressions. Il faut donc être antiraciste, pour le mariage pour tous, généreux, tolérant, écolo, au moins en paroles, gentils et tout ira mieux, nous irons vers un monde meilleur sans qu’il soit nécessaire de pousser la réflexion plus loin.

Il y a quelques années. Olivier Faure, député de Seine-et-Marne, m’avait invité ainsi que divers représentants d’associations, à une réunion où nous étions censés débattre de la question du mariage homosexuel. C’était avant le vote de la loi Taubira qui devait ouvrir une nouvelle ère, rien moins qu’un « changement de civilisation » selon la garde des sceaux. La discussion commença par un discours bien policé montrant qu’il s’agissait de donner les mêmes droits à tous, homos comme hétéros et de poursuivre avec le PS la marche vers le progrès, vers plus de liberté, de nouveaux droits pour l’humanité et de quitter un passé dominé par l’intolérance et les préjugés religieux ou autres.

Le député était soutenu par quelques jeunes femmes qui regardaient avec des yeux admiratifs l’étoile montante du PS, buvant chacune de ses paroles et critiquant les personnes qui s’y opposaient comme des réactionnaires bornés ou des opposants à la laïcité de l’Etat (plusieurs associations chrétiennes étaient représentées). Faure s’efforçait de garder une posture relativement modérée mais il devint rapidement clair que le débat se limiterait à opposer le camp du bien, de la tolérance et la liberté au camp de la réaction et du retour en arrière. Dans cette ambiance, la question de l’absence du père biologique dans un couple de lesbiennes en cas de mariage avec PMA, de la souffrance que pouvait engendrer chez l’enfant cet absence d’un père relégué au rôle de fournisseur de sperme, même si cette souffrance est bien documentée en France et à l’étranger dans le cas d’enfants nés sous X ou de père inconnu, passait rapidement à la trappe. La discussion était sans cesse ramenée à un affrontement de positions pour ou contre la liberté et l’égalité pour tous sans trop creuser ce que l’on entendait par là, en particulier pour les enfants.

On peut en dire autant de tous les thèmes chéris du politiquement correct. Ainsi, l’antiracisme lancé il y a déjà longtemps lors d’une habile opération politique de F. Mitterrand en perte de popularité aidé de quelques « intellectuels » médiatiques à l’origine du mouvement SOS racisme, se résumait à faire un amalgame entre les inquiétudes justifiées d’habitants modestes de quartiers où la proportion d’immigrés Nord Africains et Africains ne cessait d’augmenter, inquiétudes concernant la bonne intégration de ces nouveaux arrivés et le racisme. Si de plus ces habitants avaient le malheur de voter pour Jean-Marie Le Pen, on poussait un peu plus loin la charge en les accusant de vouloir un retour aux « heures les plus sombres de notre histoire », expression un peu passée de mode depuis. Cela avait l’avantage considérable de ressouder une gauche quelque peu démotivée et même de gagner une partie du centre face à un prétendu retour du fascisme.

Mais s’agit-il vraiment d’une opposition au racisme véritable ? Certains aspects permettent d’en douter. Ainsi, cet « antiracisme » a la particularité d’être à sens unique, il s’agit toujours de dénoncer le « mâle blanc » jamais le racisme anti-blanc dont pour simplifier on va simplement nier l’existence malgré les nombreux faits divers qui montrent sa réalité. On dénonce le commerce triangulaire mais on parle beaucoup moins de la traite des noirs par les arabes, un esclavage qui a duré bien plus longtemps et perdure encore dans certaines régions de l’Afrique. Cette traite était dans une certaine mesure encore plus cruelle que le commerce triangulaire, s’accompagnant de l’émasculation des jeunes gens après leur traversée du désert en Afrique du nord ou dans les pays du golfe. Mais il s’agit toujours de dénoncer la culture occidentale tout en étant bien plus tolérant à l’égard des fautes des autres cultures.

On retrouve cette même diabolisation des opposants et ce refus de discuter sur le fond dans les débats sur le féminisme ou l’Islam.

Ainsi, les revendications féministes présentent des femmes heureuses de travailler et dont le but est de réussir aussi bien professionnellement que les hommes. Or, de nombreuses études montrent un conflit entre le désir d’éduquer des enfants dans un foyer stable et la pression professionnelle exercée par la société. On a même vu des entreprises encourageant leurs cadres féminins à congeler leurs ovules en attendant une période où elles seraient moins actives professionnellement. Il y a aussi des réalités biologiques ; le fait de repousser toujours plus tard l’âge du premier accouchement en Occident et au Japon n’est pas selon de nombreux gynécologues favorable à des accouchements sans problèmes, nécessite de plus en plus des méthodes de lutte contre la stérilité et s'accompagne d'un déclin démographique.

Bien sûr, il ne s’agit pas de défendre comme le voudrait le politiquement correct, le machisme, les violences envers les femmes, les réflexions lourdes au bureau et ailleurs mais curieusement, on voit des contradictions dans l’approche féministe. Une première est la relative indifférence face aux défis soulevés par l’Islam avec les burkas, les mariages arrangés au pays, les droits limités des femmes par rapport aux hommes dans les pays musulmans même s’il y a des changements dans ce domaine y compris en Arabie Saoudite. Concernant la forte présence de populations d'origine étrangère rue de la Chapelle et le harcellement des jeunes femmes dans cette rue, on a vu une militante féministe proposer simplement d'élargir les trottoirs, proposition qui n'aurait sans doute pas été la même s'il s'était agi de harcellement sur les trottoirs d'une rue du 16ème arrondissement.

Une autre est une forme de passivité des organisations féministes face à un phénomène comme la pornographie qui véhicule, particulièrement auprès des adolescents, une image très négative de la femme, objet de jouissance sexuelle et destinée à assouvir tous les fantasmes. Ces associations féministes devraient joindre leurs efforts avec ceux d’associations souvent d’origine chrétienne qui luttent contre la pornographie sur Internet et dans les médias et s’inspirent d’un pape comme Jean-Paul 2 qui proposait une véritable éducation sexuelle dans les écoles, une sexualité responsable en harmonie avec tous les aspects de la nature humaine et impliquant un engagement des personnes. Or, c’est loin d’être le cas.

Mais le politiquement correct ne se limite pas à ces débats sur le racisme, le féminisme ou l’Islam. On peut retrouver cette approche qui simplifie tout dans des sujets complexes comme les débats sur le réchauffement climatique ou sur les vaccins.

Dans tous les cas, on voit les mêmes procédés : ne pas discuter sur le fond, dans les détails mais opposer le plus vite possible un camp du bien, du progrès, de l’avenir à un camp du conservatisme, de la réaction, du passé, du mal.

Le philosophe américain Allan Bloom dans son livre au titre plus ou moins bien traduit en français par « L’Ame désarmée », livre qui reste une référence sur le politiquement correct dans les campus américains, avait bien défini la chose en parlant du « Closing of the American mind », la fermeture de l’esprit de ces jeunes étudiants, de leur capacité à tout questionner associée à leur ignorance des grands textes de la littérature classique remplacée par leur formatage par une culture de masse, une idéologie qui se cache sous des bons sentiments antiracistes, antisexistes et critiques de la culture occidentale en général.

Ces procédés ont un grand avantage en dehors de celui de servir les intérêts de certains lobbies, ils permettent de simplifier les choses. Or, les journalistes sont comme les autres hommes assez paresseux, c’est compliqué de s’informer à fond sur un sujet et encore plus compliqué de transmettre ces informations ou les vulgariser intelligemment auprès du grand public. C’est tellement plus simple d’avoir une grille de lecture bien/mal, progrès/réaction et parfois gauche/droite, cette dernière opposition tendant à perdre de sa force dans la période actuelle pour avoir été un peu trop usée dans le passé. De plus, les médias aiment les confrontations d’opinion supposées faire de l’audimat plutôt que des discussions constructives cherchant à rapprocher les points de vue.

Toutefois, quand une idéologie ignore certaines réalités, la réalité finit par se venger.

De même qu’a la fin de la période communiste, la langue de bois qui était d’une certaine manière un ancêtre du politiquement correct mais alliée à la force militaire et policière, perdait son pouvoir de séduction en Europe de l’Est devant les réalités des différences de niveau de vie entre les parties est et ouest de l’Europe et de l’Allemagne, les élections en Italie après l’Autriche, la Hongrie et d’autres pays européens après le Brexit ont pris nos grands politologues par surprise. L’un de nos grands penseurs, BHL en personne, en défenseur du politiquement correct s’est trompé dans ses prévisions à la fois sur le Brexit et l’élection de Trump devenant quelqu’un de relativement fiable pour ceux qui prennent le contrepied de ses analyses et ses prévisions.

Bien sûr, il ne s’agit pas ici de prendre partie pour ou contre Trump (une étude de la politique économique ou internationale du président américain nécessiterait plusieurs articles) ou pour ou contre les nouveaux dirigeants à l’Est de l’Europe et en Italie mais simplement de voir dans ces changements le refus d’un monde policé qui ne tient pas compte des souffrances de larges parties de la population, aux USA avec le basculement vers Trump du vote des blue collar workers dans des Etats traditionnellement démocrates et en Europe avec le sentiment largement partagé d’une menace sur l’identité nationale de différents pays.

Les migrants selon le discours dominant étaient supposés être aussi bien ou mieux éduqués que les populations qui les recevaient, être automatiquement une source de richesses pour le pays accueillant et ne poser pratiquement pas de problème d’intégration. Au début, ces migrants étaient supposés en grande majorité s’échapper des prisons et des camps en Syrie, puis il est devenu clair que cette grande majorité venait plutôt de régions comme l’Albanie ou l’Afrique sub-saharienne et que la raison de leur déplacement était avant tout économique et non une fuite devant l’oppression politique. Tous ces discours et affirmations finissent par éclater confrontés à la réalité qui se révèle plus complexe que prévue.

Un écrivain chrétien, Jean-Claude Guillebaud, défendant la position du pape François sur les migrants, déclarait au micro de RCF que l’on était revenu actuellement d’une certaine naïveté concernant les migrants mais qu’il valait mieux être d’abord généreux et accueillant quitte à apprendre la prudence par la suite. Or le bon sens nous apprend dans la vie courante qu’il vaut mieux exercer la prudence des le début, sans attendre que les faits remettent en cause notre naïveté, avant de faire des erreurs aux conséquences lourdes, ce qui n’empêche pas d’être charitable.

Bien sûr, un Chrétien a la foi que la vérité finira par triompher sur l’erreur mais cela ne veut pas dire qu’il faille rester passif entre temps : que de souffrances, de gâchis pourraient être évitées si les mensonges étaient rapidement dénoncés évitant ainsi à des populations entières se fassent mener en bateau pendant de longues périodes comme cela a été le cas avec la période communiste, Soljenitsyne dénonçant le pouvoir conjoint de « la violence et du mensonge » pour asservir des populations.


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73 réactions à cet article    


  • Raymond75 19 juillet 09:02
    Je partage tout à fait les réflexions de l’auteur.

    On confond (ou on feint de confondre) politesse, débats respectueux, et ce ’politiquement correct’ qui n’est autre que la langue de bois, qui consiste à parler pour ne rien dire et à ne surtout pas aborder le fond des sujets.

    Et ce qui est plus grave, c’est que le ’politiquement correct’ induit une autocensure dans les médias, et par retour entraine un recours de plus en plus fréquent aux procédures judiciaires, avec pour finalité d’infliger des sanctions financières qui détruisent ceux qui parlent.

    Et l’autre conséquence, c’est que là ou le débat est libre, par exemple sur Internet, c’est un déferlement de haine, d’insultes et de dénigrement.

    C’est à nous tous, en nous exprimant correctement, de mettre fin au ’politiquement correct’, très incorrect.

    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 19 juillet 10:03

      @Raymond75 C’est vrai que l’on passe du politiquement correct aux insultes sur Internet mais les deux sont peut-être liés : c’est parce qu’il y a une telle autocensure et un tel discours convenu sur les grands médias que l’on voit ce défoulement sur Internet. D’autre part, la haine peut se cacher derrière un discours politiquement correct.


    • zzz'z zzz’z 19 juillet 16:35

      @Bernard Mitjavile
      La « distance » entre les thèses sur internet est due aux langues de bois véhiculées sur les « médias autorisés » ; quand cette distance est trop grande, nous faisons face à des « croyances » ; Le gouffre au milieu ne peut être traversé qu’avec seulement du texte en cas de divergence ; amha c’est le but du jeu : scinder le peuple sur des clivages à deux cents, qui nécessiteraient des stories-telling interminables débunkant ces bullshits — Le vocabulaire est issu des entités ayant généré cette mode, je m’en excuse, ma stigmatisation de ce phénomène ne peut, pour être précis, que passer par ces barbarismes, peut-être le traducteur que vous êtes pourrait reformuler pour combler un peu cette « distance » —. 


    • L'Astronome L’Astronome 20 juillet 08:33
       
       @Raymond75
       
       Politiquement correct = lavage de cerveau généralisé
       

    • JL JL 19 juillet 09:25
      Ce n’est pas sur Agoravox que l’on verra désormais autre chose que du politiquement correct si ce n’est pire, puisque cette expression est une auberge espagnole qui voit midi à sa porte, je m’explique :
       
      Depuis que ce site, sous couvert de chasse aux trolls, a institué le système de blocage sans appel, n’importe quel tordu peut, sous couvert de non-respect de la Charte, càd le politiquement correct à sa sauce à lui, bloquer abusivement et sans n’avoir à fournir aucune justification, tous les contradicteurs susceptibles de rétablir la vérité des faits qu’il évoque.
       
       Et c’est ainsi que l’ on peut désormais constater un appauvrissement des débats et probablement à une désertion des lecteurs, commentateurs ou pas.

      • Raymond75 19 juillet 09:59

        @JL

        C’est exact : un bon exemple est Christelle Néant, qui génère régulièrement des articles pro-russes sur la guérilla du Dombass en Ukraine, et qui censure toute intervention non favorable aux Russes.

        Elle ne laisse passer que des réactions qui traitent les Ukrainiens de nazis, et font l’éloge des dissidents qui ont déclenché la guerre civile.

        Il ne s’agit que de basse propagande avec les méthodes et la censure héritée de l’époque soviétique, mais elle peut le faire.

      • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 19 juillet 10:10

        @JL C’est pour cela que personnellement, j’ai évité jusqu’à maintenant tout blocage. Effectivement, c’est une arme à manier avec grandes précautions et il ne suffit pas d’insultes pour justifier son usage.


      • Fanny 19 juillet 10:35

        @Raymond75
        Oui, cette possibilité offerte aux auteurs, avec bien entendu de bons arguments, de supprimer des commentaires dits « trolls » s’avère être une mauvaise décision.


        La pollution des articles par des trolls est préférable à la censure. Les trolls sont certes irritants, mais faciles à zapper. Les commentaires valables censurés, eh bien on ne les voit pas, ce qui est plus ennuyeux.

      • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 19 juillet 10:53

        @Raymond75 Je n’ai pas lu les articles de C Néant mais je pense que dans une société relativement ouverte, la propagande finit par être contre-productive.


      • hunter hunter 19 juillet 18:25

        @Raymond75


        Christelle, La bobo naturiste du 33 ( aka la singette).....liste non exhaustive !

        Adishatz

        H/

      • Allexandre 19 juillet 19:19

        @Bernard Mitjavile
        Peut-être faudrait-il connaître le sujet avant d’en affirmer les méfaits.

        Tous les élèves de 4ème ont étudié l’esclavage atlantique, précédé par l’esclavage arabo-musulman (et pas seulement arabe comme vous l’écrivez), à ceci près qu’entre les deux traites, il existe des différences fondamentales. Quoi qu’il en soit, renvoyer dos à dos ces pratiques c’est accepter avec politesse correcte, que les uns l’ayant fait, pourquoi les autres ne le feraient pas, ? C’est une réflexion, si l’on peut dire, assez pitoyable, quand on sait le pourquoi de toutes ces pratiques.

      • Xenozoid Xenozoid 19 juillet 19:37
        @Allexandre


        renvoyer dos à dos ces pratiques c’est accepter avec politesse correcte, que les uns l’ayant fait, pourquoi les autres ne le feraient pas, ?
        C’est une réflexion, si l’on peut dire, assez pitoyable, quand on sait le pourquoi de toutes ces pratiques.

        bravo,c’est le bac a sâble

      • foufouille foufouille 19 juillet 19:48

        @Allexandre

        c’est vrai, les arabes castraient ou châtraient les hommes ......
        et transformaient les femmes en esclaves sexuelles.


      • Allexandre 19 juillet 21:39

        @foufouille
        Quelle différence avec ce que faisaient les Européens ?


      • Allexandre 19 juillet 21:42

        @Xenozoid
        Si l’on connaît et comprend le pourquoi de tout cela !!! Mais est-ce le cas ????


      • Xenozoid Xenozoid 19 juillet 22:26
        @Allexandre

        c’est pas le probleme en fait,de comprendre ou pas

      • Xenozoid Xenozoid 19 juillet 22:29
        @Xenozoid
        c’est comme dire que la propriété est sacré.c’est simple ...non ?


      • Jonas 19 juillet 23:12
        @JL "Depuis que ce site, sous couvert de chasse aux trolls, a institué le système de blocage sans appel, n’importe quel tordu peut, sous couvert de non-respect de la Charte, càd le politiquement correct à sa sauce à lui, bloquer abusivement et sans n’avoir à fournir aucune justification, tous les contradicteurs susceptibles de rétablir la vérité des faits qu’il évoque. "

        APPEL À VIRER christophecroshouplon de AGORAVOX !
        qui choisit qui a le droit de commenter ses articles, et qui doit se taire.

      • Allexandre 21 juillet 18:43

        @Xenozoid
        C’est tout le problème !! donner des leçons sur un sujet que l’on ne comprend pas est la spécialité des idiots qui se donnent l’impression d’être intelligents. Hélas, ce ne sera jamais le cas. Surtout quand le racisme anti-arabe à vomir est en jeu. Vous me comprenez là ? c’est clair et sans bavures !


      • Dr Faustroll Clark Kent 19 juillet 09:30

        Bien vu.


        Le « politiquement correcte » est inséparable de la « discrimination positive » (affirmative action).
        Les deux phénomènes sont nés dans le même pays, au même moment, pour les mêmes raisons, ce sont les deux pages d’une même feuille.
        Les deux phénomènes visent pour l’un à se donner bonne consciente en gommant dans le langage certains mots sans toucher aux réalités qu’ils révèlent et pour l’autre en compensant avec l’argent des contribuables les injustices flagrantes que le système auquel on ne veut surtout pas toucher génère par sa structure-même.
        Il ne s’agit pas d’une mode mais de la manifestation par les mots et les règles sociales d’une illusion : celle du « réformisme » qui croit pouvoir changer les effets sans toucher aux causes.

        • Fanny 19 juillet 10:57

          @Clark Kent
          Certes, le « réformisme » ne rendra pas la vue aux « non voyants », mais il y a comme un soupçon général que la « révolution » non plus ne leur rendra pas la vue.

          C’est le drame de notre temps. Dans le doute, on poursuit la route, droit dans le mur. C’est pas drôle.

        • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 19 juillet 11:26

          @Clark Kent C’est vrai les deux sont liés même si dans certaines conditions une discrimination positive peut être justifiée. 


        • Dr Faustroll Clark Kent 19 juillet 15:42

          @Bernard Mitjavile

          la discrimination « positive » :

          - est contraire au principe d’égalité devant la loi et donc inconstitutionnelle en France
          - est stigmatisante pour les populations qui en bénéficient sur des critères ethniques, ce qui encourage le repli communautaire,
          - suscite un sentiment d’injustice de la part d’autres groupes discriminés.

          les effets pervers sont nombreux :
          - en réservant des postes sur des critères d’appartenance ethnique et non sur des critères de compétences, on dévalorise les fonctions des postes concernés
          - ceux qui ne bénéficient pas d’une surcompensation se trouvent lésés de fait et le vivent mal : alors qu’il n’étaient ni favorisés ni défavorisés avant, ils passent dans le camp des défavorisés non éligibles
          - l’effet « miroir aux alouettes » fonctions comme un aimant attirant des populations qui auraient choisi d’autres stratégies si elle n’était pas en place

          s’il existe des effets « positifs », ils ne sont pas durables : comme le disent vos propres maïtres à penser, il vaut mieux offrir une canne à pêche que de livrer du poisson tous les jours (surtout s’il est frais alors que ceux qui l’achètent ne peuvent s’offrir que de la daube.



        • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 19 juillet 16:30

          @Clark Kent Vous avez raison sur le principe général mais je pensais par exemple au pourcentage d’handicapés que la loi impose aux entreprises et qui est une bonne chose. A la limite on pourrait considérer cela comme une discrimination positive mais c’est une façon de lutter contre des préjugés et de changer notre regard sur le handicap. 

          Bien sûr, dire comme une pdg du service public de télé je crois, qu’il faut réduire le nombre de mâles blancs à la télé est ridicule et à la limite raciste et sexiste, la télévision publique souffre avant tout d’un problème de qualité et pas d’une insuffisance de personnes de couleur ou de sexe féminin, personnes qui ont l’air aussi doué que les mâles blancs pour faire des émissions de variété nulles à mon avis et qui n’ont aucun besoin d’être financées par nos impôts.

        • foufouille foufouille 19 juillet 16:36

          @Bernard Mitjavile

          « par exemple au pourcentage d’handicapés que la loi impose aux entreprises et qui est une bonne chose. »
          c’est pas obligatoire du tout même avec les aides nombreuses.


        • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 19 juillet 17:15

          @foufouille En tout cas, c’est une bonne chose et au final je pense que la société y gagne.


        • foufouille foufouille 19 juillet 17:23

          @Bernard Mitjavile

          la plupart des entreprises préfère payer l’AGEFIPH plutôt que d’embaucher et en pratique le seul boulot réel est dans les ESAT.


        • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 19 juillet 17:57

          @foufouille Je connais des gens sourds ou mal-voyants qui ont trouvé des postes de cadre dans des entreprises donc, il y a certainement des progrès à faire mais ce n’est pas si simple que vous le dites.


        • foufouille foufouille 19 juillet 18:20

          @Bernard Mitjavile

          les seuls cas dont j’ai entendu parler, les entrepreneurs ont de la famille invalide.
          ça fait 25 ans que je suis invalide.

        • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 19 juillet 18:34

          @foufouille en tout cas, le regard des gens change je crois même si l’on ne peut généraliser trop vite. 


        • foufouille foufouille 19 juillet 19:40

          @Bernard Mitjavile

          tout dépend des endroits, la haine se sent très bien dans certaines villes ou villages.


        • Fanny 19 juillet 10:00

          Bien vu. Je crois que nous portons en nous une sorte de gène du totalitarisme, du grégarisme, de la simplification qui nous permet de définir un « camp », celui du « bien », dont bien entendu on fera partie. Cette opposition « bien/mal » qui ne cesse de tourner dans nos têtes est paradoxale à notre époque qui tend (du moins en Europe) à réduire le fait religieux fondé justement sur la notion du « mal ». La pensée laïque réinvente l’inquisition, qui ressort comme une permanence, un invariant de nos structures mentales.

          A propos de liberté d’expression, je me suis fabriqué un indicateur : le site du Figaro. Les commentaires sont ouverts à tous, ce qui est assez remarquable quand on pense au confrère Le Monde qui a fermé ses commentaires aux non abonnés il y a de cela une dizaine d’années. Ce qui fait que Le Monde compte 50 commentaires sur un sujet donné, quand Le Figaro en compte 500 voire 1000.

          Je poste sur Le Figaro des avis opposés au mainstream, un peu provocateurs (juste un peu), avis qui ne reflètent pas forcément mon avis sur le fond mais visent à tester la modération, et attends de voir la réaction de la modération. Mes posts respectent la forme et la charte du forum. Certains de mes commentaires sont publiés, d’autres refusés. La tendance est au resserrement des avis autorisés. On perçoit en ce moment une certaine nervosité de la modération. C’est dans l’air du temps quand on pense aux nouvelles lois de censure en préparation, au transfert de Frédéric Taddei sur RT, ce journaliste libre ne pouvant plus s’exprimer sur le service public.

          A titre d’exemple, voici un de mes commentaires qui a d’abord été publié, qui a reçu des réponses (« consternant », « vous avez forcé sur le Bourbon » …) puis a été supprimé, passant du statut de « publié » à « refusé ». Que s’est-il passé ? Une 2ème modération est-elle passée derrière la 1ère ? Mon commentaire a été « signalé » ? Je l’ignore.

          Voici ce commentaire finalement censuré :

          « Bravo Donald  ! Trump est en train de remettre à leur place tous ces vat-en-guerre qui n’ont jamais connu la guerre, tous ces néoconservateurs frustrés d’une guerre contre la Russie, tous ces américanolâtres de chez nous à la cervelle de coucou. Que ces derniers aient la rage de voir Trump insulter l’UE et traiter les barbares russes avec respect est compréhensible. Ils n’ont simplement pas compris que Trump fait d’abord du business, et encore du business et que l’UE est un plus gros concurrent que la Russie. Trump, c’est business + business. Les néoconservateurs, c’est business + guerre. Trump navigue comme il peut face aux néoconservateurs type McCain. Au moins défend-il son pays, le business et la paix mondiale. Un modèle pour tous les dirigeants. »


          • cassini 19 juillet 10:23

            Si la gauche avait les yeux en face des trous, elle verrait toute seule que rester à la maison protège les femmes des agressions sexuelles au travail. 


            • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 19 juillet 10:25

              Pourtant votre commentaire sur Trump me paraît tout à fait publiable. Les médias mainstream expriment une véritable haine pour Trump depuis bien avant son élection cela ne suffit pas à valider tout ce qu’il fait mais devrait nous inciter à prendre avec une grande prudence tous ces commentaires de journalistes prétentieux qui le présentent comme un idiot irresponsable et dangereux.


              • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 19 juillet 10:26

                @Bernard Mitjavile c’était une réponse à Fanny


              • jymb 19 juillet 13:33

                @Bernard Mitjavile

                La traduction pratique est qu’un massacre médiatique me rends une personne d’emblée intéressante, et à l’inverse, la glorification outrancière...plus que suspecte 

              • jymb 19 juillet 13:34

                @jymb
                En d’autres termes, les opinions courantes...laissez les courir 


              • jymb 19 juillet 11:37

                Excellent article 

                Effectivement la rponse à toute opinion déviant de la ligne rigide écolo bobo cyclo-antiraciste proclamée végétarienne c’est la mise au pilori ( homophobie ! harcèlement ! pollueur ! ) en ne s’attaquant jamais, au grand jamais aux problèmes de fonds
                Aimer blaguer avec des copains sans trier les blagues...infâme pratique à rééduquer voire à condamner judiciairement
                Enfermer des femmes au fond des cités, à double tour...Ah oui, mais là c’est..culturel ! 

                Etc, les exemples sont sans limites

                • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 19 juillet 11:55

                  @jymb Merci pour votre commentaire. La réponse au politiquement correct est de faire passer une information correspondant à la complexité des événements. Cela ne veut pas dire qu’il faille sombrer dans le relativisme mais de ne pas utiliser une pseudo-morale ou une grille de lecture simpliste.


                • L'enfoiré L’enfoiré 19 juillet 17:22
                  @Bernard Mitjavile

                   « Culturel » voilà le mot à la mode.
                   On condamne tout de maux imaginaires.
                   Qu’est-ce qui diffère avec les autres espèces vivantes : quelques neurones de plus, et des moyens de communication performants.
                   Qu’il les utilise avec sa science devient sa seule force parce qu’il est bien mal bâti pour résister aux effets de la nature.
                   Aucune force physique suffisante pour faire face à un prédateur animal.
                   Même les chiens ressentent qu’un tremblement de Terre est imminent.

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