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Le psittacisme est-il dangereux pour un Premier Ministre ?

Le psittacisme consiste à répéter quelque chose comme un perroquet sans comprendre le sens des mots que l'on utilise. Depuis la malencontreuse sortie de Manuel Valls sur la « guerre de civilisations », son entourage n’a de cesse d’expliquer qu’il faut comprendre autre chose que les mots qu’il a prononcés, à savoir : Il n’y aurait plus d’affrontement Est-Ouest comme à l’époque de la guerre froide, mais une guerre entre la civilisation moderne et une forme archaïque de barbarie.

Le discours de Manuel Valls, explicité par ses ministres, pose comme principe que « notre civilisation » est porteuse de liberté, de démocratie et de prospérité : elle incarnerait la modernité et représenterait le point ultime du progrès et la fin de l’Histoire. La déclaration de guerre aurait eu lieu le 11 septembre 2001 à New-York et « l’ennemi barbare » se serait à nouveau manifesté à Paris le 7 janvier 2015 pour ressurgir là où on ne l’attendait pas : en Isère, en Tunisie et, forcément, au Moyen-Orient : la tyrannie islamiste qui opprimerait le monde arabo-musulman tenterait d’imposer le Califat mondial, et les « démocraties » devraient conjuguer leurs efforts pour combattre ce monstre hideux. Il ne s’agit plus comme autrefois d’une guerre entre le despotisme des États et des groupes de résistants, mais de la lutte du Bien contre le Mal. L’adversaire ne serait plus l’Est, mais l’Orient.

Or, Valls n’a pas sorti le slogan de son chapeau, il ne lui est pas venue par hasard à la bouche. Consciemment ou inconsciemment, il n’a fait que répéter des formules qui ont fait, un temps, le succès de Bush junior qui lui-même ne les avait pas inventées.

La notion de « clash des civilisations » a été créée par un sujet britannique, Bernard Lewis, qui a publié sous ce titre un article dont le contenu développait l’idée que « l’islam ne donne rien de bon et les musulmans en conçoivent une amertume qui se transforme en fureur contre l’Occident. Mais la victoire des États-Unis est certaine, ainsi que la libanisation du Proche-Orient et le renforcement d’Israël. » Puis, Samuel Huntington a fait évoluer l’idée dans un livre intitulé « Le clash des civilisations et le remodelage de l’Ordre du monde » : Il ne s’agit plus seulement de se battre contre les musulmans, mais d’abord contre eux, puis contre le monde chinois. Il faut dire que ce visionnaire très apprécié à l’époque par Henry Kissinger avait fait fort dès ses débuts en affirmant dans son premier livre, Le Soldat et l’État, paru en 1957, qu’il existe une caste militaire idéologiquement unie alors que les civils sont toujours politiquement divisés, et il prône une conception de la société où le commerce serait dérégulé, où le pouvoir politique serait détenu par les patrons des multinationales sous la tutelle d’une garde prétorienne. Mais la théorie de la guerre des civilisations connait son apogée avec Laurent Murawiec, un ancien conseiller de Chevènement reconverti dans la Rand Corporation. Pour lui, le contrôle judéo-chrétien de Jérusalem est nécessaire à la victoire globale. Si l’Occident civilisé perdait la ville sainte, il perdrait la force pour accomplir sa destinée manifeste, sa mission divine. Réciproquement, si les musulmans perdaient le contrôle de La Mecque, leur religion se déliterait.

Cette filiation de justifications idéologiques aux agissements des Etats-Unis a eu un grand succès médiatique outre Atlantique, car les images sont simples et une vision manichéenne du monde orchestrée par des virtuoses de la « fabrication du consentement » a toutes les chances de trouver preneurs. Mais, comme les contes, elle ne sert qu’à endormir les enfants qui demandent toujours de nouvelles histoires, au point que l’administration d’Obama a dû renouveler le stock. Et les perroquets européens qui racontent toujours les mêmes fadaises éculées made in USA risquent fort de lasser leur auditoire.


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4 réactions à cet article    


  • Le p’tit Charles 1er juillet 2015 08:52

    Valls (comme tout ce gouvernement) vient de montrer ses limites intellectuelles..en cela imitant le cher de « Les-Tas »..trou du cul notoire et incompétent.. !
    Ces gens pensent avec ce que l’on trouve sous la ceinture.. !


    • Miona Miona 1er juillet 2015 22:33

      Quand l’aigle américain déploie ses ailes, le petit coq français baisse la tête et reprend son rôle de perroquet servile. Hugh !


      • troletbuse troletbuse 2 juillet 2015 15:22

        Valls est un arriviste inculte. Vous pouvez toujours chercher ce qu’il a comme diplômes sur internet. Alors, il utilise des mots ou des expressions dont il ne comprend pas le sens. Même en géographie, il est nul car, à la Réunion, il se croyait au milieu du Pacifique. Désolant. Quand il parle, on remarque qu’après chaque mot, il met des euh euh tandis qu’il cherche le mot suivant qu’il pourra bien sortir. Ainsi on retrouve systématiquement : racisme, valeur, antisémitisme, travail et quelquefois « Merde quand même ».


        • Garance 2 juillet 2015 18:39

          @troletbuse


          Vous omettez ses ; 

          « C’est intolérable.....nous ne le supporterons pas »

          Lorsqu’il était ministre de l’intérieur , à chaque règlement de comptes chez les dealers marseillais : il descendait tout exprès de Paris pour les balancer comme un coq balance ses « cocoricos !!! » sur son tas de fumier

          Résultat : aucune arrestation sur une quarantaine de meurtres en 2 ans

          Ce mec c’est du vent.....c’est un « socialo » cuvée hollandaise 

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