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Accueil du site > Tribune Libre > Le RIC hors des rets de l’oligarchie

Le RIC hors des rets de l’oligarchie

 La revue Temps Critiques a produit nombre de textes sur le sujet et nous allons tenter de répondre ici à l'argumentation critique qu'elle a élaborée dans un article intitulé « Dans les rets du RIC », article qu'il est indispensable de lire pour comprendre ce qui va suivre.

Le texte, anonyme, débute sur la difficulté à réaliser une union des luttes, en affirmant que le refus du mouvement de négocier n'a pas facilité les choses. Cette question semble plus compliquée qu'un unique refus. Les Gilets Jaunes n'ont pas refusé de négocier mais ce sont plutôt les représentants de l'État qui ont refusé les conditions formelles de négociations (en premier lieu, l'enregistrement des négociations qui est pourtant une condition démocratique qui devrait être systématisée. Le refus du gouvernement de ces conditions jette d'ailleurs un soupçon sur les méthodes de l'État : pourquoi refuser l'enregistrement ? Y aurait-il des éléments à cacher ?). De plus, nombreux ont été les groupes locaux qui ont rencontré les élus de leurs territoires. Par conséquent, il est hasardeux de lier la difficulté du mouvement à s'étendre avec ce supposé refus de négociation (« la difficulté qu’a le mouvement à s’étendre sur cette base  »).

 

Les échecs de la « jonction  » avec le monde syndical ou les lycéens tiennent à des raisons complexes. Ainsi le mouvement lycéen s'est-il quasiment écroulé sur lui-même en particulier – mais pas que – du fait d'une répression policière particulièrement brutale. Pour ce qui est des syndicats, il convient de rappeler que les difficultés à la jonction viennent d'abord des directions et non de la base et que localement, malgré tout, cette jonction se produit parfois. Mais alors pourquoi cette attitude des directions syndicales ? Il n'est possible ici que de procéder par hypothèses pour le moment mais gageons qu'une revendication telle que le RIC n'aide effectivement pas à l'union. Pourquoi ? Parce que le RIC est, dans son essence démocratique, une remise en cause de la forme usuelle de la revendication syndicale. Pourquoi ? Parce qu'avec le référendum, le peuple sort d'une logique de droits pour entrer dans une logique politique. Qu'est-ce à dire ? Le droit est ce que le dominé demande au dominant pour se protéger de sa férocité. Or la revendication syndicale se cantonne quasi-exclusivement au droit : droit à un salaire plus élevé, droit du travail, droit au travail, droit à des aides, à diverses protections, etc. L'entreprise est une structure foncièrement anti-démocratique et le syndicat est l'appareil qui, greffé à cet anti-démocratisme, permet d'adoucir la condition de la main-d’œuvre exploitée. Le RIC ne se situe pas sur ce plan. Il est le moyen d'aller bien au delà de la seule revendication de droits. Il est un processus de prise de décision. C'est tout-à-fait différent ! Ce faisant, il se situe sur un autre plan que l'action syndicale : on ne quémande plus de droits à nos maîtres, on prend des décisions à l'égal d'eux. Nous touchons peut-être ici à la raison majeure de la suspicion des centrales syndicales vis-à-vis des Gilets Jaunes : le RIC est un retour au politique et c'est toute une tradition de contestation qui est alors remise en cause. Il y a probablement aussi là une explication de la difficulté de la jonction avec tout autre groupement (lycéens, étudiants, stylos rouge, et autres coordinations). En effet, l'embarras pour les autres groupes sociaux à se joindre au Gilets Jaunes vient certainement du fait que les mentalités sont forgées sur des bases républicaines, c'est-à-dire gouvernementales, de demandes de droits par des revendications stabilisées. Les Gilets Jaunes et leur RIC, par le fait qu'ils prônent un retour au politique depuis longtemps déserté par la tradition occidentale, ne rentrent pas dans les cases de la contestation habituelle, ils n'en reprennent pas les codes. Il y a effectivement ici un avant-gardisme qui ne facilite pas la convergence, comme l'affirme Temps Critiques.

 

Il n'est qu'à voir la levée de boucliers que provoque encore la sortie d'Étienne Chouard sur le RIC qui rendrait obsolète la manifestation. Il s'agit certainement d'une parole malheureuse car il y a fort à parier au contraire que le RIC, s'il advenait, accroîtrait les antagonismes déjà présents dans la société et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il est une façon d'arracher une parcelle de pouvoir à l'oligarchie. Imagine-t-on qu'elle se laissera faire ? Que même une fois le RIC instauré, elle ne défendrait pas ses intérêts de la façon la plus extrême ? De plus, au delà encore de ce problème, le RIC exacerberait au contraire les débats dans la société, les rendant certainement plus intelligents puisque reliés à une prise de décision politique, il impliquerait donc une responsabilisation de chacun.

 

Bref, ce mot de Chouard mériterait un plus ample débat mais le fait est qu'il lui est beaucoup reproché. Pourquoi ? Souvent parce qu'il remet en cause l'idée même de manifestation ! Il y a dans certains milieux de gauche et syndicaux aujourd'hui une sorte de fétichisation de la manifestation, comme si elle était une fin en elle-même. Or, elle n'est jamais que la forme de protestation des populations soumises à la forme gouvernement. Or, tout gouvernement élu est anti-démocratique1 . Par conséquent, on voit ici des groupes de gauche et les syndicats critiquer Chouard et le RIC parce qu'il est une remise en cause des habitudes de contestation républicaine. Cette critique n'est que l'expression du rétrécissement considérable de l'horizon mental opéré par l'ordre social actuel et est un indice des immenses difficultés qu'il va y avoir à rassembler une population marquée par la domination et l'idéologie oligarchique, une population qu'on a tellement désespéré sur l'humain qu'elle ne parvient plus à concevoir la vie en dehors du Léviathan.

 

Temps Critiques voit le RIC comme une sorte de « sésame ouvre-toi », c'est-à-dire une revendication fourre-tout qui ouvrirait toutes les portes une fois son mystère exposé. L'auteur imagine là le RIC reposer sur une croyance magique qui permettrait de faire l'économie d'un débat sur son fond. Pour répondre à cela, rappelons d'abord la richesse des débats qui se tiennent sur les ronds-points, débats qui, par leur lucidité, n'ont souvent rien à envier à la qualité des propos d'amphithéâtres universitaires et indiquent la grande finesse d'esprit qui règne dans les strates inférieurs des classes moyennes et dans les classes populaires (il faudrait une étude pour clarifier cela mais il s'agit certainement des catégories les plus représentées sur les ronds-points. Notons également que les parties les plus désorganisées du prolétariat semblent bien peu présentes). Rappelons également qu'il ne saurait y avoir de « divulgation de ses principes » puisque le RIC est encore à formaliser (ainsi en va-t-il du droit de vote que Temps Critiques aborde en fin d'article). Or, le problème ici est que le peuple est seul. Il est privé de moyens dans une société où tout est étatisé et où l'État est l'outil des classes dominantes. En grande partie désorganisé par l'absence de toute structure sociale capable de l'aider à formaliser cette revendication (il n'y a en effet plus de communautés dans une société française où règne désormais l'anomie), le peuple des Gilets Jaunes est aussi cible du mépris d'une partie importante de la petite-bourgeoisie intellectuelle. Or, dépossédé par le système scolaire et l'appareil économique des moyens de production intellectuelle nécessaires à la formalisation du RIC, habité par un manque de confiance en soi caractéristique de strates qui subissent le joug des classes dominantes, le peuple des ronds points a besoin d'aide, de l'aide d'individus qui sauraient l'aider à formaliser le RIC. Non pas l'écrire à sa place, mais juste organiser cette procédure complexe de rassemblement des idées, dans la plus grande honnêteté. Ce dont a besoin le peuple des ronds points, ce n'est pas de quolibets mais de bienveillance, de coopération et ce parce que sa cause est noble : l'avènement d'une démocratie. Toutes les énergies sont les bienvenues, y compris celles des intellectuels. Cette coopération se doit d'être intelligente pour que personne n'écrase l'autre. Souhaitons que cela soit possible au plus vite car le mouvement s'enlise dans une routine démobilisante.

 

Ce projet est majeur car n'est-ce pas la démocratie qui, seule, est en mesure de sauver ce monde en chute libre ? Temps Critiques, à travers cet article, a-t-il bien saisi l'ampleur de ce qui se joue quand il écrit que « le RIC ne peut en effet rien contre le patronat, les licenciements, la fixation des revenus autres que le salaire minimum. C’est cette lutte-là qui serait délaissée au profit de la lutte contre la corruption, la prévarication, le revenu trop élevé des députés [...] » ? Pourquoi imaginer que la démocratie s'arrêterait aux portes du mode de production ? Les révolutions modernes ont porté les marchands au pouvoir. Pourquoi la démocratie ne pourrait-elle pas leur reprendre ? Il semble, au contraire, que ces sujets seraient également soumis à la souveraineté du peuple et du coup, nous pouvons nous prendre à rêver la fin du mode de production actuel ! Pourquoi ne pas imaginer rendre l'entreprise démocratique, d'en changer les propriétaires ? Pourquoi ne pas imaginer la fin du salariat ? De tels changements provoqueraient une modification radicale dans la technologie et notre façon de produire et il y a certainement là la clé (certainement la seule !) pour résoudre le problème de la catastrophe écologique : la seule façon de venir à bout des causes de ce désastre en cours, c'est la démocratie. Bien sûr, cela ne se ferait pas du jour au lendemain car nous revenons de loin mais finalement, en 1936, nous n'étions pas si loin d'un tel changement avant la trahison du Front Populaire et de la CGT ! Il est dommage que les marches pour le climat – dont on aimerait bien comprendre les raisons pour lesquelles elles ne sont pas polluées par les Black Blocks – n'aient pas réalisé ce point.

 

Globalement, on voit que Temps Critiques a quelques doutes sur le degré de conscientisation des Gilets Jaunes quand il indique que nombre d'entre eux « ne doutent pas de l’intelligence de leurs dirigeants politiques (ou patronaux) ». Cela est certainement vrai pour une partie d'entre eux mais pas tous, loin de là, puisqu'une large frange a conscience du fait que l'oligarchie sait et poursuit son agenda coûte que coûte, malgré le malheur qui se répand. De plus, si tant est que cette critique sur le niveau de conscience des Gilets Jaunes soit vraie, de quoi est-elle le signe si ce n'est qu'il est dur, pour une population qui subit sans cesse, de conscientiser les racines du mal ? Nous ne pouvons qu'être admiratifs de la capacité du peuple à, malgré tout, malgré la publicité, malgré l'école, malgré les divertissements télévisés, malgré l'industrie culturelle en général et ses films et musiques qui, tous, dirigent les esprits vers l'insignifiance, nous ne pouvons qu'être admiratifs de la capacité populaire à résister intellectuellement, à continuer à se dire qu'il y a quelque quelque chose d'anormal et à chercher quoi. Cette démarche est timide, réservée, parce que pleine de doutes et en cela, pleine de dignité. Ses maladresses ne sont que le signe que ce peuple a besoin d'aide. Le RIC, par la participation signifiante qu'il entraînerait, faciliterait la prise de conscience et grandirait l'intelligence politique collective. L'oligarchie l'a bien compris et s’arc-boutera jusqu'au bout contre un RIC qui dessert l'injustice de l'ordre qui la maintient. En cela, le fait que « le RIC ne relève que d’un raisonnement technique (ce serait un outil) de résolution des problèmes et non pas un principe politique de l’identification des problèmes à résoudre » n'est pas un vrai problème car la démocratie produira ses effets qui sont globaux : dans son principe, le RIC est heuristique et les questions et autres prises de conscience naîtront progressivement. C'est pour cela qu'il est source d'angoisse pour les classes dominantes à l'image de leur représentant, Édouard Philippe, qui affirmait le 25 janvier 2019 : « le RIC me hérisse ».

 

 

Ce supposé manque de conscience politique fait d'ailleurs écrire à Temps Critiques qu'il faudrait poser la question de la compétence des experts qui seront utiles pour le guider dans ses décisions, en indiquant que la notion n'est jamais questionnée. Si le RIC devait advenir – et il le doit – il semble difficile d'imaginer se passer des services de ceux qui possèdent la connaissance dans tel ou tel domaine. Cela est une question compliquée. Le fait que la place des experts ne soit pas questionnée dans la procédure du RIC tient aux difficultés de formalisation que nous évoquions plus haut. Nous avons un peuple que la domination sociale et le salariat maintiennent dans des tâches de plus en plus absurdes, un peuple que toutes les stratégies de domination éloignent de la réflexion, il n'est pas anormal qu'il éprouve alors toutes les peines du monde à imaginer ce que serait les outils de son émancipation ! Mais encore une fois, avec le RIC, les perspectives sont tellement intéressantes ! Nous savons, par de multiples exemples, que la démocratie permet d'agréger de la connaissance et améliore la réflexion. Tout le monde aurait à y gagner. Callon, Lascoumes et Barthe écrivent : « [...] il est possible de donner la parole au peuple, n'ayons pas peur de ce mot, sans pour autant plonger dans l'irrationnel ou l'obscurantisme. Le peuple parvient même à produire un effet de clarté que les experts, empatouillés dans leurs savoirs et leurs intérêts professionnels, n'arrivent pas à produire. »2

 

Tout le monde a à gagner à la démocratie. Le savoir, en voie d'effondrement dans cette civilisation décadente qui est la nôtre, s'en trouvera revigoré. Quel plus beau projet pour des intellectuels que celui du RIC des Gilets Jaunes ? Nous sommes bien loin ici de « l'acte individuel » qu'imagine Temps Critiques, au contraire ! Le RIC redonnerait ses lettres de noblesse à la politique et au débat qui, enfin, porterait à conséquence ! Le scenario ici présenté peut sembler un peu optimiste mais l'histoire nous enseigne que le partage des savoirs, leur libération, enrichi l'ensemble de la société3 ! « L'acte individuel » ne serait que le dernier moment du processus démocratique dans lequel se tiendrait un espace démocratique à l'abri des médias bourgeois qui permettrait de fonder un monde commun, pour parler comme Arendt, en restaurant le politique, ce qui ne manquerait pas d'engendrer une société nouvelle, avec de nouveaux rapports sociaux ! Voilà le « mystère [de] celui qui vote "mal" aujourd'hui [qui] votera "bien" demain » résolu. Celui qui « vote mal » aujourd'hui sera rendu intelligent par la société politique qui émergera et restaurera ses capacités d'animal politique.

 

Évidemment, au regard de telles perspectives, on ne peut que se demander pourquoi l'État laisserait-il le RIC advenir. Le questionnement de Temps Critiques est ici pertinent. Le RIC est la première marche de la reprise du pouvoir par le peuple qui est le pouvoir constituant par excellence et qui doit destituer progressivement les pouvoirs constitués de la république qui ne sont plus légitimes à l'heure qu'il est. La répression féroce qui s'abat sur les Gilets Jaunes atteste du fait que même l'oligarchie, dans toute sa médiocrité, a compris ce fait. Le combat pour la démocratie qui s'annonce pourrait être impitoyable. Le mouvement des Gilets Jaunes perdurera-t-il assez longtemps pour le mener ? Nul ne le sait. En cela, l'époque est à la fois terrible et passionnante.

 

Christophe Hamelin

 

 1Sur cette question, Aristote écrit : « Je veux dire, par exemple, qu'il est considéré comme démocratique que les magistratures soient attribuées par le sort et comme oligarchique qu'elles soient électives [...]. » Aristote, Les politiques, IV, 9, 1294b4

 

2Michel Callon, Pierre Lascoumes, Yannick Barthe, Agir dans un monde incertain – essai sur la démocratie technique, éditions du Seuil, 2001, pp.162-163.

 

3Il faut ici se pencher sur les propos d'Arendt et de Vernant sur l'avènement de la polis entre le VIIIème et le VIIème siècles avant Jésus Christ. La démocratisation des connaissances entraîna une impressionnante floraison de personnalités hors du commun et de talents à cette époque. Voir Hannah Arendt, Condition de l'homme moderne, Paris, Calmann-Lévi, 1983, p.256 et Jean-Pierre Vernant, Les origines de la pensée grecque, Paris, P.U.F., 2013, p.58.

 


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18 réactions à cet article    


  • bernard29 bernard29 15 avril 11:48

    le RIC a développé une très longue littérature et je crois qu’il faut poser les problèmes de façon ordonnée sur les ’ propositions ( RIC constituant, Ric législatif, RIC Abrogatoire, Ric révocatoire. )

    Donc voici déjà pourquoi je suis contre le RIC révocatoire. :

    Le référendum révocatoire.

    C’est une technique démagogique apparentée au dégagisme et à la défiance généralisée.. Elle est en général prévue dans les régimes autoritaires, imposée sous couvert de flatterie populiste.. Ça n’a rien à voir avec une procédure d’« impeachment », comme par exemple aux USA.

    En fait pourquoi révoquer un élu ?
    a) il a fait une faute pénalement répréhensible ; pour combattre cela il y a la justice.

    b) un élu a été choisi pour un mandat. la sanction politique c’est à la fin du mandat. Si un parti estime que son élu ne remplit pas ses obligations ou ne suit pas son programme, c’est le parti qui est en cause. C’est à son parti de prendre la mesure de rétorsion. D’ailleurs je remarque que la demande concomitante d’un système d’élection à la proportionnelle est contradictoire avec le RIC abrogatoire , puisque bien souvent les élus doivent aboutir à un compromis entre programmes ou partis pour constituer une majorité , et donc ils ne respecteront pas tous les choix qu’ils ont présentés aux citoyens. 

    c) En démocratie, Il n’existe pas de mandat impératif. (le mandat impératif c’est la dictature). Un élu a le droit d’évoluer et de réviser sa position selon les informations qu’il acquiert lors de son mandat. ( ça s’appelle de l’humanisme et les mouvements, qui disent « l’humain d’abord » puis qui souhaitent le référendum révocatoire, prennent les électeurs pour des idiots).

    d) Compte tenu de la force des réseaux sociaux, de l’utilisation intempestive de la démocratie du Clic, et du rôle de son facteur émotionnel, la pétition révocatoire préalable au référendum révocatoire, conduira à une chasse à l’homme permanente.

    e) Pourquoi les partis qui demandent le référendum révocatoire, ne l’appliquent-ils pas dans leur organisation respective. ?? Commencez par cela et on réétudiera la question.

    f)  sur le référendum révocatoire au Vénézuela introduite par « l’article 72 de la constitution : Tous les mandats sont révocables par referendum, y compris celui du président de la République.  » Il faut remarquer que cet article est complété par l’-article 72 bis, »seul le président peut annuler ou rendre inopérant le référendum révocatoire du président. "
     C’est ainsi que Maduro a renvoyé ses citoyens a de plus saines occupations.

    Maintenant reste a explorer les trois autres formules de RIC .


    • Fergus Fergus 16 avril 09:26

      Bonjour, bernard29

      Le RIC révocatoire est en effet une colossale ânerie pour toutes les raisons que vous avez énoncées avec beaucoup de pertinence.

      Sous ses autres formes, je n’en suis pas moins favorable à un RIC, mais limité aux questions d’aménagement du territoire (notamment au plan régional), et à quelques questions institutionnelles et sociétales. En aucun cas je ne suis favorable à un RIC touchant aux questions régaliennes ou à la fiscalité, cette dernière étant l’objet d’équilibres beaucoup trop complexes.


    • Le421 Le421 16 avril 13:30

      @bernard29

      il a fait une faute pénalement répréhensible ; pour combattre cela il y a la justice.

      Vu avez dû voir ça dans Mickey-Parade !!
      Parce qu’en France...


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 15 avril 12:15

      Comme le disait ce cher Coluche, « si voter changeait qq chose ... » vous connaissez la suite ^^

      Donc, partant d’un postulat simple, pourquoi une caste dirigeante, qui bénéficie d’un niveau de vie plus que suffisante, donnerait au peuple les moyens d’y mettre un terme ?


      • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 15 avril 12:30

        @ Bernard 29,

        Bonjour, jusqu’à présent dans l’élection représentative, pour qu’un élu soit sanctionné il faut attendre le bon vouloir de la justice dont- nous ne sommes pas sûrs de son indépendance, depuis notamment le décret de Valls en 2016.

        C’est le Code civil ou pénal qui va permettre aux juges d’appliquer la loi, s’ils l’appliquent, et statuer en toute « liberté » ou « non-liberté » suivant l’époque, le gouvernement en place, les intérêts en jeu, etc. Les électeurs, ceux qui ont élus leurs représentants, dans ce jeu-là n’ont aucun rôle à jouer, ni aucun droit du fait de l’agencement des institutions républicaines de décider si oui ou non un élu a bien fait ou mal fait son travail ; La seule chose qu’on va lui demander c’est de la fermer jusqu’aux prochaines élections, à chaque échéance des scrutins.

        Comme dit E. Chouard, vous élisez une crapule n° 1, elle ne vous convient pas alors vous élisez une crapule n° 2, elle ne vous convient pas non plus, alors vous revenez à la crapule n° 1.

        C’est la raison pour laquelle le cirque continue depuis des decennies entre des élus qui se contentent justement de se faire élire, sans que les électeurs aient un seul gage que leurs représentants tiennent les promesses faites avant chaque scrutin, une fois en place. 

        Avec le RIC révocatoire, il en sera tout autrement.

        Mais d’abord, il faudra que ce principe démocratique soit inscrit dans le marbre de la nouvelle constitution que se feront un plaisir de rédiger les citoyens eux-mêmes, désinfantilisés, décomplexés devant le titre, la fonction élective et tout ce qui se rapporte autour : argent et pouvoir exorbitants dont ces femmes et ces hommes s’arrogent des marges très confortables, alors que les électeurs ne les ont pas élus pour s’enrichir ou se pavaner devant les écrans de télé, mais pour BOSSER sérieusement sur des dossiers épineux qui engagent l’avenir de la population, son bien-être et la stabilité des institutions, l’indépendance du pays, du territoire, bref, la paix civile.

        Nous constatons tous les jours un peu plus et bien moins que demain que les élus ne RESPECTENT absolument pas ce pour quoi et pour qui ils ont été élus, par contre TRAVAILLENT d’arrache-pied pour EUX et leurs intérêts claniques. Ce genre d’élu est foison, pas tous bien sûr, gardons-nous de généraliser.

        Devant cette mascarade répétitive, il est temps que les citoyens apprennent enfin d’abord à se faire confiance, et non de remettre entre des mains incertaines leur destin. C’est trop grave pour que ce genre de désinvolture citoyenne perdure. Elire quelqu’un c’est facile, parfois on le fait sur un coup de tête, ou parce que le candidat ou la candidate a belle allure, ou autre qualité superficielle où bon nombre vont tomber dans le panneau. Mais dans l’absolu, dès que le bulletin est tombé dans l’urne, et c’est encore Etienne Chouard qui l’explique très bien : dès que le président du bureau a dit : a voté !, pour vous il est trop tard, vous n’avez plus aucun mot à dire. Alors oui, vous pourrez toujours faire le siège des permanences de vos élus, pour réclamer vos droits, lui écrire de longues lettre, ce sera peine perdue et on vous fera très vite comprendre que du moment que vous avez voté, vous avez mis votre avenir entre leurs mains et que donc, vous devez laisser faire soit par confiance, soit parce que moi, l’élu je suis le plus apte à décider pour vous, même se je suis un parfait imbécile. 

        Pardon pour la longueur du post, mais c’est important : le RIC révocatoire inscrit dans la constituante, avec une nouvelle constitution permettra aux citoyens de régler une bonne fois pour toutes, avec bien sûr les garde-fous nécessaires pour éviter toute tentation d’élimination arbitraire de l’élu, le problème récurrent de l’incompétence de l’élu ou de sa malhonnêteté.

        Il y a donc un effort à la fois de la part du citoyen et de l’élu qui avec ce genre d’épée de Damoclès sur la tête se tiendra à sa vraie place pour laquelle on l’a désigné par l’élection : derrière son bureau à plancher sur ses dossiers, et à assister systématiquement aux séances de l’Assemblée Nationale, pour voter les lois. Je pense qu’avec quelques bons principes constitutionnels érigés par une constituante, auxquels ils ne pourront se soustraire, les vocations vont baisser, nous aurons juste le nombre nécessaires d’élus révocatoires, sur des mandats courts, et non cumulables, contrôlés par des assemblées citoyennes. Plus de magouilles, plus de népotisme, plus de charlatanisme, plus de bouffonneries médiatico-politiques, plus rien de tout cela. 

        Autre chose aussi mandat révocatoire n’exclue pas aussi : une Assemblée Nationale Citoyenne composée de toutes les couches sociales du pays, sans parti-pris, et sans passe-droits et sans tomber non plus dans le corporatisme.


        • bernard29 bernard29 15 avril 14:11

          @Nicole Cheverney
          Etienne Chouard est un propagandiste sectaire, et je le connais depuis l’ouverture de son forum le Plan C auquel j’ai participé au début.

          Dans votre commentaire vous dites aussi que la justice est nulle. Ainsi donc tout est nul, donc pourquoi vous ne seriez pas nulle vous aussi ?

          Par ailleurs une remarque vous n’arrêtez pas de critiquer les élus . Mais les élus sont aussi des citoyens. Alors parlez plutôt de la nullité des systèmes électoraux au lieu de râler sur les citoyens qui sont tous des veaux ou des moutons sauf quand ils sont tirés au sort ou d’accord avec vous, et qu’ils sautent en criant RIC RIC.


        • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 15 avril 16:46

          @Nicole Cheverney

          « Avec le RIC révocatoire, il en sera tout autrement. »

          Il suffira de quelques pour cent de mécontents qui, rejoignant les non-électeurs de l’élu, le feront passer à la trappe. Ce sera effectivement un jeu de massacre.


        • vesjem vesjem 16 avril 09:10

          @bernard29
          donc pourquoi vous ne seriez pas nulle vous aussi 

          à cet instant, tu n’as pas tout compris ; peut-être es-tu encore un peu trop jeune


        • Fergus Fergus 16 avril 09:32

          Bonjour, Cateaufoncel3

          Exact ! Il suffira que n’importe quel battu lors d’un quelconque scrutin lance une campagne manipulatrice et mensongère pour que soit enclenché le processus d’un RIC initié par la frustration d’un mauvais perdant.
          Le RIC révocatoire n’existe quasiment nulle part sur la planète, et c’est heureux car là où il existe, notamment dans quelques états US, il est principalement utilisé pour des chasses au sorcières indignes !


        • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 16 avril 22:06

          @bernard29

          Bonsoir,je ne pense pas que vous ayez lu attentivement mon long post, il est vrai, où je détaille le bien-fondé du RIC. Quant à Chouard, je ne le connais pas personnellement, mais j’écoute ses interventions, dites sur un ton calme, prévenant avec ses interlocuteurs, et rigoureux dans ses explications sur le RIC. Cela suffit pour que l’on ait envie d’en savoir un peu plus sur le sujet.


        • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 16 avril 22:14

          @Cateaufoncel3

          Bonsoir, le RIC n’est pas qu’un simple sigle, s’il est adopté un jour, il le sera après la rédaction d’une nouvelle constitution, et pas avant, après que le système actuel complètement dévoyé ait été remplacé par une véritable démocratie participative, collective. IL faudra pour cela que le RIC révocatoire soit encadré par de solides principes constitutionnels.
          Mais il y a aussi des mots qui font peur, deux siècles de république sont passés par là : république très conditionnée, et comme dit encore E. Chouard, place à une Démocratie 1ère.


        • symbiosis symbiosis 17 avril 20:05

          @bernard29

          Le commentaire de Nicole ne résulte en rien d’un symptôme de nullité, bien au contraire, par contre qu’apporte ton commentaire en dehors d’allégations sans aucun intérêt et dénuées de fondement.
          L’heure est grave et il serait enfin temps d’arrêter ce genre de remarque et de réfléchir un peu mieux.
          Réfléchir n’étant pas un exercice impossible.
          Par ailleurs, les élus ne sont pas des citoyens comme les autres, même s’ils sont nés à poil et s’ils puent quand ils défèquent. Ils sont l’oligarchie et cela n’est pas anodin. Prétentieux, narcissiques, hautins et arrogants, en plus de piller les ressources des contribuables et de mépriser le peuple. Donc des citoyens dévoyés qui n’ont aucune état d’âme à organiser la razzia dont nous sommes témoin et contre nous.


        • Christophe Hamelin Christophe Hamelin 18 avril 01:13

          @Nicole Cheverney
          Je suis tout à fait d’accord avec vos commentaires (également avec celui de symbyosis). Je ne cesse d’être surpris par les opposants au RIC qui imaginent tous les problèmes possibles alors même qu’il n’est pas encore formalisé. Puisque ces opposants sont si visionnaires, et puisque, j’en suis sûr, ils sont honnêtes et pour l’émancipation du peuple, je n’ai aucun doute sur le fait qu’ils vont participer à la formalisation du RIC pour éviter les pièges qu’ils imaginent si bien, au lieu d’essayer de nous désespérer avant même qu’il soit formalisé.

          Opposants au RIC, reprenez-vous et au lieu de partir perdants, soyez dynamiques : apportez vos idées à la collectivité ! Avec votre pessimisme, il ne reste plus qu’à s’abandonner dans les rets de l’oligarchie


        • Jason Jason 15 avril 15:07
          Entièrement d’accord lorsque vous dites : « Nous touchons peut-être ici à la raison majeure de la suspicion des centrales syndicales vis-à-vis des Gilets Jaunes : le RIC est un retour au politique et c’est toute une tradition de contestation qui est alors remise en cause. »

          Les causes profondes remontent à la lointaine charte d’Amiens (1906-1912).


          « En France, la CGT, FO, l’UNSA, l’Union syndicale Solidaires, la CNT, la FSU, l’UNL, l’UNL-SD ou l’UNEF se revendiquent toujours de la Charte d’Amiens. Certaines de ces organisations syndicales ont toutefois abandonné son contenu révolutionnaire. » Et j’ajouterai, le politique au sens fort.

          Les syndicats, qui ne comptent que 8% des salariés y compris les fonctionnaires, et dont le fonctionnement est dû en grande partie aux subsides du gouvernement, sont dans une position très délicate, et sont réduits à une grande timidité politique.

          « Or, tout gouvernement élu est anti-démocratique1 » ; je nuancerais : je dirais quand il s’agit d’une démocratie représentative et non participative. Car, dans la représentation l’élu, s’il ne fait pas partie d’un groupe majoritaire passe son temps à débattre et chercher des alliances pour faire triompher son point de vue. De plus il n’a que des contacts lointains avec sa circonscription. C’est là le talon d’Achille de la représentation et la critique sévère et récurrente des électeurs.

          Davantage de contacts de la part de la Législative serait possible. Je pense aux 35000 ordinateurs (au moins un dans chaque commune) qui seraient à même de joindre les électeurs/citoyens. Mais la volonté manque, mis à part le projet de démocratie numérique mise sur pieds par le parlement il y a 2 ou 3 ans, et qui reste un vague projet.

          • biquet biquet 15 avril 15:37

            « il semble difficile d’imaginer se passer des services de ceux qui possèdent la connaissance dans tel ou tel domaine »

            Qui peut s’arroger d’un tel titre ? Les gens « qui ne sont rien » ont autant le droit au titre de « posséder la connaissance » que les autres. Etre instruit et un vrai connard n’est pas incompatible.


            • Christophe Hamelin Christophe Hamelin 18 avril 01:27

              @biquet
              J’entends bien votre propos. Mais il est un fait qu’avec la division du travail, certains ont plus de connaissances que d’autres dans leurs domaines. Si je devais faire électronicien, je serai nul, je n’ai pas de connaissances là-dedans. Donc il ne semble pas absurde d’organiser des forums avec ceux qui ont quelques connaissances dans tel domaine, avec d’autres citoyens, des utilisateurs par exemple, pour tenter de cerner un problème et le résoudre collectivement. Ce faisant, on réduirait le pouvoir des experts, justement, en montrant que même l’utilisateur a un savoir et peut participer à la prise de décision.


            • ddacoudre ddacoudre 15 avril 22:19

              Bonjour Intéressant lecture et analyse. Je t’invite tout de même à visiter mon site. Il y a de nombreuses analyses. Et un essai avangardiste ’Rémunéré. Les hommes pour apprendre " Sur l’article, L’évolution est un phénomène constant dans la quel nous nous situons et auquel nous ne pouvons échapper. L’homme n’a pas choisi ses territoires. C’est sa condition qui m’a contraint a s’installer pour produire. Ce sont les moyens de communication qui l’on conduit à modifier ces territoires. Il est passé du groupe au clan à la cité au pays et maintenant il est en route vers le monde. Quand nous ne, mettrons que 3h pour faire Paris Tokyo, nos enfants verrions le monde différemment les peuples ont toujours une résistance au changement car c’est par necessite que sa majorité permet la stabilité. Ce sont donc toujours les minorités qui innovent, mais rien ne garantit que ce soit pour un bienfait collectif. La mondialisation existe depuis que les hommes ont parcouru la terre et échanger a la vitesse de leur moyens de transports.

              Que l’organisation capitaliste ait exploiter au mieux ces possibilités pour pouvoir réduire le coûtt de production en les faisant produire par des pays où les citoyens n’ont pas notre bien être, et donc dépensent moins et de fait sont moins payé. Est une réalité. Mais ce sont nos citoyens qui votent pour cette organisation à chaque élection. Le Liberalisme et me capitalisme ne sont pas ma même chose

              Donc en quoi le RIC, le mouvement des Gilets Jaunes remet en cause cette organisation ou un salaire de 100€ est versé au salarié, l’entreprise le revend avec sa marge. D fait le salarié ne peut pas acheter son travail. C’est a dire faire un échange équitable, un troc équitable. Pour l’acheter il devra endetter de la marge ajouter par l’entreprise Est ce,est elle qui lui prêtera la monnaie pour le faire contre remboursement avec intérêt. Qui donc remet en cause cela dans notre société. Tous les marxistes, les anarchistes, ceux qui mettent l’humain d’abord (c’est trop long tu trouveras un article, nous ne survivrons pas a une comptabilisation de l’existence). LFI s’en approche le plus. Ensuite deux syndicats La CGT et FO qui dans leur charte fondatrice déclarent lutter contre l’exploitation de l’homme par l’homme. Tous les autres ne sont que des socio-démocrates qui gèrent le capitalisme, et chercher à le tendre social. Certains par le redistribution, d’autres par le capital. Parmi tous ces partis et autre citoyens un se distingue par des valeurs fascinantes c’est le RN et tous ces dérivés. Il ne s’agit pas pour moi de la montrer du doigt car il n’y a pas que lui les seul partis a ne pas avoir BDE critères fascisants, dont le PS et ses dérivés et le Modem. L’anti parlementarisme, l’anti libéralisme, le nationalisme, (à distinguer du patriotisme), la recherche d’un chef salvateur et l’anti humanisme. Pour les principaux, car ces critères induisent des législation liberticide. Notre société a dérivé vers une organisation autocratique par la suprématie d’une élite oligarques qui gère le capitalisme non par la redistribution mais par le capital. Cela la conduite a s’endette au niveau de l’état et a s’engager dans des organisations liberticides pour contenir tous les effets pervers de cette politique menée dans tous les pays occidentaux qui vont produire là où coût est moindre et génère par cela une immigration. Il faut bien comprendre alors que l’on ne peut pas rejeter les effets pervers d’une politique pour laquelle l’on vote puisque ont les fabriques. Cordialement (ddacoudre OverBlog)


              • Christophe Hamelin Christophe Hamelin 18 avril 01:20

                @ddacoudre
                Merci pour votre commentaire. Je ne vais pas répondre à tout car il est très dense. Un mot quand même sur la répartition des richesses. L’économique doit dépendre du politique. Les révolutions bourgeoises ont fait l’inverse. Avec le RIC, on aurait la possibilité de remettre les choses à l’endroit en reprenant le pouvoir politique et donc en, éventuellement, remettre l’économie à sa place. Je pense que ce sera difficile car les esprits sont incroyablement formatés et il faudra du temps pour que tout un chacun réalise l’immensité des possibles avec la démocratie.
                Je jetterai un oeil à votre site dès que possible, je le garde en mémoire.
                Cordialement

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