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Le rôle américain en Syrie touche-t-il à sa fin  ?

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Le président américain Donald Trump a reçu de vives critiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, pour avoir abandonné les Kurdes et les avoir laissés en proie à l’agression militaire turque, puis a signé un accord rapide qui donne tout ou presque à la Turquie et lui permet d’atteindre ses objectifs militaires par la politique.

Le président Trump a par la suite retiré sa décision de retirer toutes les forces américaines de Syrie. Il a déclaré qu’il conservait une partie de ces forces pour protéger les réserves de pétrole et de gaz dans le nord-est de la Syrie.

Le ministre américain de la défense, Mark Esper, a récemment parlé de renforcer la présence militaire de son pays à al-Hasakah et à l’est de Deir Ezzor, et de protéger ces zones d’une éventuelle tombée aux mains des membre de Daech qui ont restés ou ont fui des prisons kurdes après les attaques des militaires turcs contre la région syrienne kurde.

Ce recul reflète l’absence de stratégie américaine dans le traitement de la question syrienne.

La décision de rester en Syrie n’est cependant pas un renversement de la décision d’abandonner les Kurdes que le président Trump défend vigoureusement.

Il semble qu’elle est née suite aux indications de ses proches que les zones de réserves de pétrole et de gaz en Syrie pourraient revenir au régime syrien ou tomber entre les mains de la Russie et peut-être de l’Iran ou de la Turquie.

C’est peut-être ce que le président Trump a voulu dire lorsqu’il a souligné la nécessité d’empêcher les champs de pétrole syriens de tomber entre les mains de Daesh ou de «  tout autre groupe [ayant] des activités malignes.  »

Il semble qu’une conversation téléphonique entre le président Trump et le commandant des FSD Mazloum Abdi ait ramené les relations entre les deux parties à la coopération après les accusations d’abandon par les États-Unis des Kurdes, qui ont accepté de retourner dans le camp officiel syrien par crainte de tomber entre les mains de la Turquie.

Mais il est apparu qu’il ne leur a fallu que quelques jours pour revenir à l’alliance avec les Etats-Unis.

Fait remarquable, l’annonce américaine d’un retour pour protéger le pétrole syrien a coïncidé avec les accusations du ministère russe de la Défense selon lesquelles «  le pétrole syrien était activement extrait et (...) massivement envoyé pour traitement en dehors de la Syrie.  »

«  C’est ce que Washington est en train de faire en ce moment - prendre et maintenir le contrôle par l’utilisation d’armes sur les champs de pétrole dans l’est de la Syrie - c’est-à-dire, pour dire les choses simplement, le banditisme international, parrainé par l’Etat ,  » a déclaré le général russe Igor Konashenkov à Russia Today TV.

Cette déclaration reflète l’indignation de la Russie face au retrait des Etats-Unis de leur décision de retirer leurs troupes, insistant pour rester dans l’équation syrienne et ne pas laisser les choses à la seule Russie.

Au-delà de ces accusations et de leur impact sur les calculs de l’alliance à l’intérieur de la Syrie, le fait est que les Etats-Unis ont renversé la décision de se retirer complètement de la Syrie et qu’ils reconsidéreront l’alliance avec les Kurdes lors d’une visite prévue d’Abdi à Washington prochainement. Cette visite pourrait alimenter les tensions entre les Etats-Unis et la Turquie qui a demandé à Washington d’extrader Abdi.

Depuis le début de l’invasion militaire turque du territoire syrien, les troupes américaines ont quitté des zones non situées dans les réserves pétrolières syriennes, situées au nord-est et à l’est de la Syrie (Deir ez-Zor et Hasakah), loin des zones de conflit militaire entre les forces turques et les FSD, qui maintiennent un contrôle complet sur les régions pétrolières.

Il ne fait aucun doute que la confusion ne se limite pas à la partie américaine. L’évasion des Kurdes de Syrie du retour dans le giron syrien et de leur ralliement aux Etats-Unis représente une nouvelle complication de la carte des alliances sur le sol syrien.

Toutefois, le différend turco-syrien reste un obstacle majeur à l’existence d’une alliance entre les parties pour affronter les forces kurdes dans le nord de la Syrie après qu’elle a retardé sa coopération avec le régime syrien.

Médiée par la Russie, cette coopération aurait pu rapprocher les deux parties dans un mouvement que les observateurs considéraient comme une victoire vitale pour le régime syrien, ouvrant la voie à la reprise du contrôle du nord du pays et à la fin de l’autonomie kurde dans cette région riche en pétrole.

Certes, sur la région pétrolière syrienne, tous les acteurs de l’arène syrienne bavent. Elle produit environ 300 000 barils de pétrole par jour, un atout énorme qui pourrait aider à reconstruire la Syrie après des années de guerre.

Par conséquent, la Russie est susceptible d’envisager d’aider les forces du régime syrien à reprendre le contrôle de ces zones afin de financer ultérieurement la reconstruction, ainsi que l’impact stratégique d’achever le contrôle du territoire syrien et de libérer le reste de celui-ci de l’emprise des organisations terroristes.

Les États-Unis sont de retour en Syrie sous prétexte de protéger les zones pétrolières, de même que leur alliance avec les forces kurdes.

Mais l’État syrien est devenu le seul perdant ces dernières semaines. L’assaut militaire turc a abouti à une réalité déterminée par deux accords avec les Etats-Unis et la Russie pour la présence turque indéfinie en Syrie. Cela exacerbe la complexité de la crise syrienne.

 


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5 réactions à cet article    


  • phan 2 novembre 22:57
    Certains analystes savaient depuis un certain temps que des individus et des particuliers occupant un certain niveau de responsabilité au sein de l’appareil bureaucratique du Gouvernement fédéral américain ainsi que des hommes d’affaires « transnationaux » figuraient parmi les bénéficiaires directs de la vente au marché noir du pétrole syrien par les rebelles ou Daech à la Turquie, Israël, aux Pays-Bas et à d’autres parties.
    Est-ce que Trump peut « garder le pétrole » ?
    Est-ce faisable ?
    Est-ce que cela tient debout ?
    Ce fil explique en quoi la réponse est un NON retentissant.

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 3 novembre 13:27

      Ce recul reflète l’absence de stratégie américaine dans le traitement de la question syrienne.

      C’est comme le Brexit, le feuilleton syrien continue.

      Il semble qu’il y ait plusieurs stratégies américaines... Une partie de l’état profond US n’obéit plus à Trump, ses intérêts sont de continuer la guerre sans fin au Moyen Orient.

      "Cette fois, une partie de la CIA a pris le contrôle de forces militaires US et a commencé à manœuvrer à l’extérieur sans même en informer la Maison-Blanche.

      En Syrie, des forces US sont de retour et des convois blindés américains ont repris leurs patrouilles dans l’extrême Nord de la Syrie alors que des patrouilles conjointes Russo-turques ont commencé dans la même région...etc"

      Les russes préviennent que les casques blancs vont reprendre du service, ces pseudo sauveteurs et vrais terroristes, obéissent à Trump qui les financent.

      Les « attaques chimiques sous faux drapeau », ils connaissent.

      Pendant ce temps , l’armée russe tire des missiles dans la région d’Idlib...

      Ils vont finir tous par se tirer dessus les uns les autres...


      • ASTERIX 4 novembre 09:36

        @Fifi Brind_acier

        Si les cons « volaient » TRUMP SERAIT LE PATRON DE L ’US AIR FORCE
         !!!  


      • Ouallonsnous ? 4 novembre 10:11

        @Fifi Brind_acier

        Le anglo-yankees n’ont toujours pas compris que leur place est à l’intérieure de leurs frontières terrestres, maritimes et aériennes !
        Dommage pour le peuple américain, mais il va falloir que le reste du monde leur fasse comprendre !


      • sls0 sls0 3 novembre 21:07

        Les russes se sont déjà occupé de la sortie illégale du pétrole. Quelques camions détruits par des missiles et l’affaire est close.

        Au moins les bidasses US ne seront plus génés par le bruit des pompes.

        Ou Putine fait les gros yeux à Erdogan et le pétrole ne va plus en turquie.

        J’aime la phrase : la Syrie est la seule perdante. Depuis l’intervention russe sa reconquête de son territoire marche plutôt bien.

        Si les Syriens décident de reprendre leur champs pétrolifères c’est pas 200 ou 500 bidasses US qui s’y opposeront, quand des légitimes propriétaires veulent récupérer leurs biens les voleurs ferment leur gueule.

        Pas sûr que l’armée syrienne doive intervenir, la population locale pourrait faire un remake de Mogadiscio.

        Une machette de journal : l’armée syrienne a dû intervenir pour sauver des militaires US de la vindicte populaire. Avec quelques photos de bidasses US pendus ou en charpie à force d’avoir été trainé derrière un 4x4. 21500 bidasses US en Somalie et il se sont fait avoir, en Syrie 200 et certainement éparpillés s’ils veulent surveiller autre chose qu’un seul derrick.

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