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Accueil du site > Tribune Libre > Le roman picaresque : humour et réalisme...

Le roman picaresque : humour et réalisme...

Le roman picaresque a connu un grand succès en France et s'est développé surtout au 18ème siècle : ce genre né en Espagne met en scène un héros d'origine modeste, un personnage débrouillard, le picaro, en espagnol, qui parti de rien essaie de sortir de son état et de gravir les échelons de la société : le héros picaresque aime les aventures et côtoie tous les milieux sociaux. On suit ce personnage depuis sa naissance jusqu'à la fin de sa vie .

 

Ce genre romanesque nous permet de découvrir la société de l'époque, il met en scène de nombreux personnages et a une fonction critique. Le premier roman qui inspira tous les autres fut écrit au 16ème siècle, en Espagne, par un auteur inconnu et s'intitule : La vie de Lazarillo de Tormes... Ce roman est rédigé à la première personne et a donc une apparence d'oeuvre autobiographique.

 

En France, René Lesage recueille cet héritage et écrit un des premiers romans picaresques français : Gil Blas de Santillane, un roman fleuve aux multiples péripéties et rebondissements.

 

Gil Blas naît en Espagne d'un père écuyer et d'une mère femme de chambre. On perçoit d'emblée ses origines modestes. Il reçoit quelques rudiments d'éducation auprès de son oncle chanoine, il apprend à lire, écrire et a la chance d'être confié à un autre maître pour l'apprentissage du latin et du grec, disciplines encore fondamentales à l'époque...

 

Gil Blas quitte Oviédo, sa ville d'origine à l’âge de dix-sept ans pour aller étudier à l’Université de Salamanque. Son avenir est rapidement bouleversé, car, en chemin, il devient le complice de voleurs de grand chemin. Pour survivre, il devient un simple valet, et peut ainsi observer toutes les classes de la société. Il rencontre des escrocs de bas étage et suit leur exemple...

 

Ainsi le héros est confronté à toutes sortes de personnages hauts en couleurs issus de milieux très divers : nobles, prélats, voleurs, domestiques, médecins.

C'est l'occasion de faire une satire acerbe et amusante de ces différentes catégories sociales : on perçoit la cupidité des plus riches, l'incompétence des médecins, les ruses des voleurs ....

 

Le héros n'a qu'une envie : échapper à ses origines modestes, pour ce faire, on le voit choisir et marchander chez un fripier des vêtements de noble en velours, brodé d'or : il est ébloui par cet habit qui lui donne l'illusion de sortir de son rang.

 

Le réalisme de cette oeuvre mêlé à un humour constant rend la lecture particulièrement savoureuse.

 

A travers ce personnage, on voit aussi une revendication du petit peuple qui rêve à plus de justice sociale, plus d'égalité ... Le roman picaresque représente bien les aspirations de la bourgeoisie à jouer un rôle plus important dans la société.

On retrouve ces thèmes dans deux grands romans de Marivaux :"La vie de Marianne ", où une jeune orpheline essaie de sortir de la condition la plus humble, et connaît de rudes épreuves avant de parvenir à la considération et à la fortune,et" Le paysan parvenu "qui met en scène un fils de paysan Jacob sans fortune qui fait son chemin dans le monde. 

 

Le roman picaresque, avec sa forme de récit à la première personne, donne une impression de réalisme et permet de passer en revue les différents milieux de la société avec un regard amusé et critique... La lecture en est à la fois riche d'enseignements et pleine de saveurs !

 

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/article-le-roman-picaresque-humour-et-realisme-111023327.html

 


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16 réactions à cet article    


  • Diogène diogène 31 janvier 12:17

    Dans le dernier roman picaresque à la mode, le héros épouse sa prof de français qui a 20 ans de plus que lui et possède une belle maison au bord de la mer. Après un parcours initiatique chez un prêteur sur gages qui lui enseigne les rudiments de la ruse phynancière, il se fourvoie à cour du roi où il intrigue en semant la zizanie chez les flatteurs et autres opportunistes. La narration s’achève quand le héros accède lui-même au trône, mais l’histoire n’est pas terminée, et le lecteur attend le prochain album qui sera publié chez Dargaud ou peut-être Casterman.


    • rosemar rosemar 31 janvier 12:22

      @diogène

      Oui, sauf que le « héros » en question n’a pas vraiment des origines modestes : fils de médecins.... , dont l’un professeur de neurologie au CHU d’Amiens et responsable d’enseignement à la faculté de médecine de cette même ville...


    • Diogène diogène 31 janvier 12:38

      @rosemar

      J’admire votre assiduité à la fréquentation des gazettes !
      Etre fils de médecin est en effet un atout pour avoir appris très tôt à dissimuler son ignorance en faisant croire qu’on parle latin alors qu’on ne fait que proférer des formules magiques abracadabrantesques.

    • rosemar rosemar 31 janvier 13:01

      @diogène

      Comme les médecins de Molière ? Mais ce temps est révolu... 

    • rosemar rosemar 31 janvier 13:02

      @rosemar

      Enfin, pas tout à fait car les médecins s’ils ne parlent plus latin peuvent user d’un langage amphigourique....



    • foufouille foufouille 31 janvier 13:15

      @rosemar

      les termes médicaux ont été crée à partir du latin et du grec, en bonne partie, et donc sans compréhension basique de ces langues, il faut apprendre toutes les significations par coeur. certains médecins, nuls, ne comprendront pas certains mots.


    • rosemar rosemar 31 janvier 13:32

      @foufouille

      Surtout à partir du grec... 

      Mais Diogène évoquait le latin de cuisine utilisé autrefois par les médecins pour impressionner les malades...


    • Diogène diogène 31 janvier 14:13

      @rosemar

      Le latin de cuisine a été remplacé par le Parler Creux, mais c’est pareil.

    • rogal 31 janvier 14:21

      @foufouille
      Effectivement, on voit maintenant de belles perles, si l’on se réfère à l’étymologie :
      – ’’osthéopathe’’ devrait servir à désigner un malade et non un médecin ; comparer à ’’névropathe’’ ;
      – le mot ’’pathologie’’, créé pour désigner l’étude ou la description d’une maladie – pathographie aurait d’ailleurs été plus juste pour ce dernier emploi – sert de plus en plus comme synonyme de maladie. Telle personne présente telle pathologie, dit-on, sans toutefois aller jusqu’à la qualifier de pathologue.


    • foufouille foufouille 31 janvier 15:31

      @rogal

      la signification n’est pas la même en psychiatrie. ostéopathie, naturopathie, homéopathie ne sont pas de la science et donc pas des termes médicaux.


    • rosemar rosemar 31 janvier 21:25

      @rogal

      En fait :-


      pathe \Suffixe indiquant une idée de maladie, et qui forme souvent un nom désignant soit un malade soit un thérapeute...

    • Diogène diogène 1er février 08:11

      @rosemar

      remarquez bien qu’il est parfois malaisé de distinguer lequel du psychologue ou du psychopathe est le plus atteint...

    • rosemar rosemar 31 janvier 17:30

      Un extrait sur le thème de la médecine :


      C’est ainsi que notre héros se souvient d’avoir exercé la profession de médecin. A l’approche de Valladolid, ce dernier ne peut s’empêcher d’éprouver quelques remords sur sa pratique de l’art de soigner pour le moins douteuse...***

      « À la vue de cette dernière ville, je ne pus m’empêcher de pousser un profond soupir. Mon compagnon, qui l’entendit, m’en demanda la cause : mon enfant, lui dis-je, c’est que j’ai longtemps exercé ici la médecine. Ma conscience m’en fait des secrets reproches dans ce moment.Il me semble que tous les malades que j’ai tués sortent de leurs tombeaux, pour venir me mettre en pièces. Quelle imagination ! dit mon secrétaire. En vérité, seigneur de Santillane, vous êtes trop bon. Pourquoi vous repentir d’avoir fait votre métier ? Voyez les plus vieux médecins ; ont-ils de pareils remords ? Oh ! que non ! Ils vont toujours leur train, le plus tranquillement du monde, rejetant sur la nature les accidents funestes, et se faisant honneur des événements heureux. Il est vrai, repris-je, que le docteur Sangrado, de qui je suivais fidèlement la méthode, était de ce caractère-là. Il avait beau voir périr tous les jours vingt personnes entre ses mains, il était si persuadé de l’excellence de la saignée du bras et de la fréquente boisson, qu’il appelait ses deux spécifiques pour toutes sortes de maladies, qu’au lieu de s’en prendre à ses remèdes, il croyait que les malades ne mouraient que faute d’avoir assez bu et d’avoir été assez saignés. » 

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